Cantines scolaires et Ramadan, le paiement des repas en question

Le conseil général de l’Essonne harmonise les pratiques dans les 100 collèges du département. Les familles musulmanes ne pourront plus être exonérées du paiement des repas durant le mois de Ramadan.

La question de la prise en compte de la diversité religieuse des élèves par les services de restauration scolaire continue régulièrement de revenir dans l’actualité. Ainsi, le maire de Chevigny-Saint-Sauveur, près de Dijon, vient-il de décider de supprimer à partir de la rentrée les plats de substitution au porc comme cela se fait dans la plupart des autres communes.

Une autre problématique s’invite désormais sur le sujet, celle du fonctionnement des cantines durant le mois de Ramadan. Au mois de mai dernier, le conseil général de l’Essonne a décidé d’harmoniser les pratiques des 100 collèges dont il a la charge en fixant une règle générale qui s’appliquera à la prochaine année scolaire.

Tous les parents d’élèves inscrits à la cantine devront payer le service de cantine, y compris lorsque les collégiens observent le jeûne du mois de Ramadan. Jusqu’à présent, chaque établissement avait son propre usage. « Il y avait là une situation d’inégalité de traitement, observe François Durovray, président LR du conseil général. Un groupe de travail a été mis en place pour trouver une même solution. »

Frais fixes

Le président « assume » cet arbitrage mais, au lieu de mettre en avant le principe de laïcité, il invoque les règles de gestion d’un service public. Les familles, argumente le responsable, paient 20 à 30 % du prix de la cantine (soit environ entre 70 centimes et 3 € selon le revenu parental), le reste étant donc à la charge du contribuable.

Or, dans un budget de service de restauration, la part des denrées alimentaires est marginale. L’essentiel est absorbé par la masse salariale du personnel. Des frais fixes qui demeurent, quel que soit le nombre d’élèves présents. « Il est juste que ce soit non pas le contribuable mais l’usager qui assume les conséquences d’un choix de convenance », explique François Durovray.

Détournement de laïcité

Au conseil général, l’opposition ne partage pas cette opinion. Le 23 juin, le Rassemblement de la gauche et des écologistes a publié un communiqué affirmant que « la droite départementale détourne la laïcité ».

Avec cette mesure, elle « s’attaque donc directement à une catégorie de la population ! Notamment celle qui vient d’achever un mois de Ramadan et qui va payer un mois de repas non consommés », dénonce la gauche. Ce nouveau règlement « va supprimer des aménagements favorables aux familles souvent établis en concertation avec les associations de parents d’élève ».

Une accusation que réfute totalement le président du Conseil départemental de l’Essonne. « On respecte toutes les religions mais il n’est pas question d’adapter à elles un service public qui s’adresse à tous », estime François Durovray.

 

La Croix