Au ministère de l’intérieur, l’islam de France reste une priorité

La création d’un cadre pour l’islam de France et la formation des imams sont les priorités de la politique de Christophe Castaner envers les cultes.

Pas de révolution place Beauvau. En matière de politique des cultes, l’action du nouveau ministre de l’intérieur Christophe Castaner, nommé le 16 octobre pour succéder à Gérard Collomb, devrait s’inscrire dans la continuité de celle de son prédécesseur.

« Il n’y a pas de mystère, les chantiers principaux demeurent ceux qui ont été clairement affichés par le président de la République dans son discours au Conseil français du culte musulman (CFCM) en juin 2017 », fait-on savoir au ministère. Prioritaire entre tous, le dossier de la structuration de l’islam de France devrait avancer dans les mois qui viennent pour aboutir à une série d’annonces d’ici au début de l’année 2019.

 

« Les musulmans ont envie de s’impliquer »

Afin d’associer les fidèles musulmans à ce travail, des assises territoriales de l’islam se sont tenues à l’échelle nationale tout au long de l’été. Les conclusions, transmises début octobre par les préfets au ministère de l’intérieur, seront prochainement présentées au premier ministre et au président de la République.

« Il en ressort que les musulmans ont envie de s’impliquer dans l’organisation et le financement de leur religion », a déclaré Christophe Castaner dans d’un entretien au JDD paru le 21 octobre. Reste à savoir quelles actions concrètes émergeront de ces débats.

 

Poursuivre le dialogue

Pour l’heure, le calendrier demeure flou, de même que la nature des travaux préparatoires, qui auront lieu durant l’automne. Les sujets les plus pressants sont néanmoins identifiés. « La formation des imams est un autre sujet essentiel, sur lequel il y a un vrai consensus avec les acteurs du culte musulman », commente-t-on place Beauvau. « Ils sont confrontés à des situations sociales parfois très inquiétantes, parfois à des radicalisations, et il faut qu’ils soient formés pour y faire face. »

Il apparaît notamment crucial au gouvernement que cette formation ait lieu en France dans un cadre institutionnel, pour s’assurer que les imams peuvent s’exprimer en français, et possèdent une connaissance des lois de la République.

Le ministère de l’intérieur entend poursuivre le dialogue ouvert par le biais des assises territoriales de l’islam avec les acteurs du culte musulman. « Ce n’est pas une discussion ponctuelle, l’idée est de maintenir le lien, on va voir sous quel format et avec quels interlocuteurs cela va se poursuivre », poursuit un conseiller du ministre. Pour lui, le dialogue avec le CFCM, « même très régulier », ne saurait être « l’alpha et l’oméga » des interlocuteurs de l’État.

 

La Croix