Jérusalem : l’Iran met en garde Trump

Le président iranien Hassan Rohani a averti qu’il ne « tolérerait pas » que les États-Unis reconnaissent Jérusalem comme capitale d’Israël.

 

Sa réaction a été l’une des plus fermes face au projet de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Lors d’un discours prononcé mercredi devant des responsables à Téhéran, le président iranien, le modéré Hassan Rohani, a affirmé que l’Iran ne « tolérera pas une violation des lieux saints musulmans » et s’est engagé à participer à un sommet extraordinaire de l’Organisation de coopération islamique (OCI) convoqué le 13 décembre à Istanbul par le président turc Recep Tayyip Erdogan. « Le monde islamique s’opposera à ce complot », avait assuré quelques heures plus tôt l’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême et véritable chef de l’État iranien.

Ces déclarations ne sont pas étonnantes de la part d’une République islamique qui ne reconnaît pas Israël et qui a fait de la cause palestinienne un des piliers de sa politique étrangère depuis 38 ans. Au nom de la lutte contre ce qu’il nomme l’ « entité sioniste », l’Iran aide financièrement et militairement le Hamas ainsi que le djihad islamique dans la bande de Gaza.

L’Iran avait calmé ses ardeurs

Toutefois, le gouvernement iranien semblait dernièrement avoir calmé ses ardeurs vis-à-vis de l’État hébreu, notamment à l’aune de l’annonce de la réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas à Gaza. « Si les Palestiniens acceptent un accord avec Israël, nous le soutiendrons même si cela ne nous satisfait pas », glissait récemment un haut responsable iranien, prêt à reconnaître implicitement son ennemi israélien en cas de paix signée avec les Palestiniens.

Cette perspective semble aujourd’hui s’éloigner. D’après Nabil Chaath, haut conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, toute reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël signifierait la fin de la médiation américaine pour relancer le processus de paix, à l’arrêt depuis l’échec de la dernière tentative américaine en 2014.

Proposition saoudienne mise à mal

La décision de Donald Trump pourrait également mettre à mal le fragile plan de paix saoudo-américain actuellement en discussion. À en croire le New York Times , le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le gendre et conseiller personnel de Donald Trump, Jared Kushner, unis par leur opposition commune à l’Iran, auraient concocté une proposition prévoyant un État palestinien sans continuité territoriale ni Jérusalem-Est pour capitale.

Celle-ci aurait été présentée le mois dernier à Riyad au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui s’en serait alarmé auprès de responsables européens et arabes.

 

Le Point