La polémique enfle autour de la croix de Ploërmel

La décision du Conseil d’État, mercredi 25 octobre, de faire retirer la croix surmontant une statue de Jean-Paul II en Bretagne a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, réunies sous le hashtag #MontreTaCroix.

Le gouvernement polonais a annoncé vouloir « sauver de la censure » cette statue de l’ancien pape, proposant de la transférer en Pologne.

 

 

Contraire à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, la croix qui surmonte la statue de Jean-Paul II à Ploërmel (Morbihan) ? Oui, a tranché le Conseil d’État le mercredi 25 octobre, confirmant une injonction déjà prononcée en première instance. Non, ont rétorqué, depuis, de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.

Le hashtag #MontreTaCroix est devenu viral au cours du week-end. Les utilisateurs du réseau Twitter s’en sont servis pour partager des photos de croix prises dans toute la France, revendiquant ainsi les racines chrétiennes du pays. De Limoges à Verdun et de Saint-Tropez à la Normandie, en passant par les sommets de Haute-Savoie ou des Pyrénées, chacun y est allé de son image, exhibant des croix de bois, de granit ou de fer forgé.

« La cathédrale de Reims vue du ciel forme une croix », rappelle un internaute, photo à l’appui. « N’oublions pas que la croix est aussi le symbole de millions de soldats morts pour que nous restions libres », précise un autre en partageant un cliché de cimetière militaire. « Chers purificateurs du Saint Conseil d’État, pourriez-vous ordonner en urgence le démontage de la croix qui se trouve sur le dôme du Panthéon ? », ironise un troisième.

Personnalités de droite et d’extrême droite

Parmi ces internautes offusqués, plusieurs se disent athées mais attachés malgré tout au patrimoine religieux. « Pas besoin d’être une grenouille de bénitier pour participer à #MontreTaCroix, il suffit juste d’être intellectuellement honnête », assure ainsi un certain Arthur Pithude.

L’initiative a été saluée et suivie par de nombreuses personnalités politiques, principalement issues de la droite et de l’extrême droite : Valérie Boyer et Isabelle Balkany des Républicains, Jean-Frédéric Poisson et Christine Boutin du parti chrétien-démocrate, ou encore Louis Aliot et Gilles Penelle du Front national.

La Pologne s’interpose

De son côté, la première ministre conservatrice polonaise Beata Szydlo a annoncé samedi 28 octobre que la Pologne tenterait de « sauver de la censure »cette statue de Jean-Paul II à Ploërmel. « En cas d’accord des autorités françaises et de la communauté locale », le monument pourrait ainsi être transféré en Pologne.

« Notre grand compatriote, un grand Européen, est un symbole de l’Europe chrétienne unie, a déclaré Beata Szydlo à propos de l’ancien pape, décédé en 2005. Le diktat du politiquement correct – de la laïcisation de l’État – laisse la place libre à des valeurs qui nous sont étrangères culturellement et qui mènent à terroriser la vie quotidienne des Européens. »

La statue de la discorde, don de l’artiste russe Zourab Tsereteli, a été installée sur une place de Ploërmel en 2006. À l’époque, elle avait déjà suscité quelques remous auprès de militants laïques.

Après la décision du Conseil d’État le 25 octobre, la commune bretonne a six mois pour procéder au retrait de la croix. La statue en elle-même n’est pas remise en cause.

 

La Croix