Laïcité à deux vitesses

Laïcité à deux vitesses – Le report d’examens pour les fêtes juives passe mal chez les étudiants

 

Certains étudiants en droit à l’université Paris-Est – Créteil (Val-de-Marne) auront quelques jours de plus pour réviser.

La nouvelle aurait dû soulever l’enthousiasme général, mais pas cette fois.

Des examens de licence 3 et master 1 étaient prévus les deux jours qui viennent. Mais ces partiels sont reportés aux 17 et 21 mai.

 Un décalage annoncé peu de temps avant les vacances de printemps et qui a suscité bien des interrogations, le calendrier des épreuves étant fixé en début d’année scolaire.

« On s’est renseignés auprès de l’administration, qui nous a avoué que c’était à cause de fêtes religieuses », raconte Caroline*, en licence 3. C’est incroyable. En cours, on nous rabâche les principes de , d’égalité mais ils n’existent pas en droit à Paris-XII. » Avec d’autres camarades, Caroline a découvert qu’il s’agissait des fêtes juives de Chavouot.

Du coup, certains étudiants se sentent lésés. « J’ai pris des billets d’avion pour l’étranger. Je ne peux pas me faire rembourser. Je fais comment ? se désole une jeune femme. En master, être au rattrapage est éliminatoire. »

Les futurs avocats ou magistrats mettent également en avant la surcharge de travail.

« On se retrouve avec quatre partiels le même jour », a calculé l’un d’eux. Résultat, dans les couloirs de la fac, des tensions sont palpables.

« Avec des décisions pareilles, on peut facilement nourrir l’antisémitisme », considère cette étudiante en master 1, qui préfère garder l’anonymat.

Pour l’Unef, syndicat étudiant, ce report pose question « dans un établissement public où les religions n’ont pas à entrer en ligne de compte, d’autant que, décidé au dernier moment, cela peut nuire à la réussite des élèves ».

L’association d’étudiants Alter, de son côté, confirme qu’« habituellement, le calendrier est fait en fonction des fêtes religieuses, mais on ne le sait pas ».

« Il n’y a pas eu de report. On est resté dans le calendrier voté qui a été réaménagé pour tenir compte de contraintes matérielles et de la circulaire ministérielle de 2004 qui impose le respect des fêtes religieuses aux établissements d’enseignement, explique le doyen de la faculté de droit, Jean-Jacques Israël. C’est une tradition à la fac de droit. La laïcité n’est pas remise en cause. »

* Le prénom a été changé.

 

Source : Le Parisien.fr