Le droit au Hajj garanti aux ressortissants du Qatar, interdits en Arabie Saoudite

Après l’annonce, lundi 5 juin, de la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, l’Arabie Saoudite entend-t-elle interdire aux Qataris d’accomplir le pèlerinage à La Mecque ?

La décision, prise par l’Arabie Saoudite mais également l’Egypte, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen, la Libye et les Maldives, implique en effet la fermeture de leurs frontières terrestres, aériennes et maritimes qui empêchent l’accès des Qataris à tous ces pays. Elle implique également le renvoi des ambassadeurs sous 48h et l’expulsion sous deux semaines des ressortissants et touristes qataris présents dans les sept pays.

Pourquoi l’Arabie Saoudite ne peut pas interdire le hajj aux Qataris

Face aux inquiétudes suscitées par l’annonce choc, les autorités saoudiennes ont assuré que les pèlerins qataris sont toujours autorisés à effectuer le petit et grand pèlerinage à La Mecque (Hajj et Omra), tout comme le sont les Iraniens depuis mars dernier malgré les tensions constantes entre le royaume saoudien et l’Iran.

Le Hajj faisant partie des cinq piliers obligatoires pour tout musulman ayant les moyens physiques et financiers, difficile pour les autorités saoudiennes d’interdire l’accomplissement de ce rite aux Qataris qui en font la demande, dans la limite du nombre de visas accordés par l’Arabie Saoudite, un quota fixé à 1 200 pour Doha en 2016.

« Conformément à la décision de rompre les relations diplomatiques et consulaires, il est interdit aux citoyens saoudiens de se rendre au Qatar, d’y résider, ou d’y transiter, qu’ils soient résidents ou visiteurs, et la nécessité pour eux de quitter ce territoire dans un délai de 14 jours », font part les autorités via l’Agence de presse saoudienne.

« Cette décision empêche malheureusement, pour des raisons de sécurité, l’entrée ou le transit des ressortissants qataris par l’Arabie Saoudite, les résidents et les visiteurs ayant ainsi 14 jours pour partir, tout en assurant son engagement à fournir tous les services pour les pèlerins qataris », ajoute-t-elle, avant de conclure : « L’Arabie Saoudite continuera de soutenir le peuple qatari, sa sécurité et sa stabilité, indépendamment des pratiques hostiles commises par les autorités de Doha. » La seule frontière terrestre que le Qatar partage est celle qui la sépare de l’Arabie Saoudite. En la fermant, les conséquences risquent cependant d’être lourdes pour Doha.

Saphirnews