Le nouveau plan national de prévention de la « radicalisation islamiste » dévoilé

Edouard Philippe a dévoilé, vendredi 23 février, le plan national de prévention de la radicalisation promis au début de quinquennat par Emmanuel Macron. Quelles en sont les principales mesures ?

« Prévenir pour protéger », tel est le mot d’ordre du nouveau plan national de prévention de la radicalisation dévoilé vendredi 23 février à Lille par le Premier ministre Edouard Philippe. A l’issue d’une réunion du Comité Interministériel de la prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) pour laquelle une dizaine de ministres et de secrétaires d’Etat ont fait le déplacement à Lille, le chef du gouvernement a dévoilé une série de mesures « pour réorienter la politique de prévention » de la « radicalisation islamiste ».

« La radicalisation islamiste menace notre société, pas seulement quand elle conduit à la violence. Elle nous défie en vérité à chaque fois que les lois de la République sont mises en balance avec les préceptes religieux, (…) à chaque fois qu’à l’école, le statut de la connaissance se voit opposer la revendication de la croyance, à chaque fois que, dans l’espace public, il est porté atteinte aux exigences minimales de la vie en société », a déclaré le Premier ministre lors de la conférence de presse de présentation du rapport aux 60 mesures. Au 20 février 2018, 19 745 individus sont recensés au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).


Quelles sont les principales mesures du plan ?

EDUCATION. Le gouvernement souhaite « systématiser » l’éducation aux médias et à l’information, pour « prémunir les élèves face au risque de radicalisation dans l’espace numérique et aux théories du complot », ceci « tout en développant leur pensée critique et la culture du débat ».

RESEAUX SOCIAUX. Edouard Philippe veut aussi « enrayer efficacement la diffusion de la propagande terroriste sur Internet » en réclamant des grandes plateformes numériques de mettre en place des outils d’ici mai 2018 permettant d’identifier et de supprimer des contenus « moins d’une heure après leur mise en ligne ». Le cas échéant, la France plaidera pour une initiative législative européenne en ce sens.

FONCTION PUBLIQUE. De nouvelles dispositions législatives visant à écarter les agents de la fonction publique considérés comme radicalisés sont à l’étude. Sont visés en particulier ceux « en contact avec des publics sur lesquels il est susceptible d’avoir une influence, et dont le comportement porte atteinte aux obligations de neutralité, de respect du principe de laïcité, voire comporte des risques d’engagement dans un processus de radicalisation ».

JUSTICE & PRISON. Le gouvernement annonce la création de 1 500 places de prison pour isoler les détenus radicalisés des autres, dont 450 d’ici à la fin de l’année. Outre la création de nouveaux quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR), quatre nouveaux quartiers d’évaluation de la radicalisation (QER) seront créés, passant leur nombre à sept. A ce jour, 1 123 détenus de droit commun ont été identifiés comme radicalisés dont 504 sont détenus pour des faits de terrorisme islamiste.

Trois nouveaux centres de prise en charge individualisée en milieu ouvert à destination des personnes radicalisées ou en voie de radicalisation seront aussi créés. Ces personnes, dont certaines revenues de la zone irako-syrienne, seront suivies par « un référent cultuel ».

Selon les dernières statistiques, 255 personnes majeures – à 56,8 % des hommes – sont recensés comme des « revenants » de la zone irako-syrienne, ainsi que 68 mineurs dont 66 ont moins de 13 ans. Ils sont encore un millier à être « sur zone » (680 adultes et plus de 500 enfants dont 53 seulement ont plus de 13 ans).

SANTE & SPORTS. Le gouvernement prévoit d’organiser cette année des États généraux de la recherche et de la clinique en psychologie et en psychiatrie sur la radicalisation et favoriser la diffusion des bonnes pratiques.

Il souhaite également « développer une culture commune de la vigilance dans le champ sportif en lien avec les référents « radicalisation » du ministère des Sports », qui passe par la sensibilisation des cadres techniques des fédérations sportives comme les organisateurs d’activités physiques et sportives non instituées et l’intégration de la prévention de la radicalisation « à la formation interfédérale des éducateurs sportifs et des formateurs de formateurs ».

Saphirnews