Stop l’espionnage basée sur la religion : victoire des musulmans contre la police de New York

Les musulmans de New York ont obtenu gain de cause contre le Département de police de la ville de New York (NYPD). Celui-ci, dans la foulée des attentats du 11-Septembre, avait mis en place un programme d’espionnage visant des individus, lieux de culte, commerces et écoles uniquement en raison de leur appartenance à la confession musulmane. Un système de fichage qui n’a, en outre, servi à rien, relevait l’Associated Press en 2012. Cette information ainsi mise à la connaissance du grand public est à l’origine de poursuites judiciaires engagées contre la ville de New York. Cinq ans après les révélations, la fin des poursuites est actée.

Le NYPD s’est en effet engagé, jeudi 5 avril, à ne plus entreprendre la surveillance de personnes et d’organisations sur la base de leurs origines ou encore de leur religion. Cet engagement est le résultat d’un accord trouvé entre la police et les musulmans à l’origine de poursuites judiciaires.

 

« Une victoire monumentale de la communauté musulmane américaine »

Le NYPD, qui avait déjà annoncé en 2014 la fermeture de son unité chargée de surveiller les musulmans, s’est également engagé à faire preuve de plus de transparence sur ses pratiques mais aussi à changer ses méthodes en associant les plaignants et les organisations qui les représentent à la rédaction d’un manuel de formation contre les discriminations policières.

En outre, la Ville de New York devra payer 75 000 dollars (60 000 euros) de dommages et intérêts aux plaignants ainsi que 950 000 dollars (770 000 euros) au titre des frais d’avocats.

Se réjouissant de l’accord, Farhana Khera, directrice de Muslim Advocates, une des organisations qui a intenté le procès contre la ville de New York, considère que l’issue de cette affaire « marque une victoire monumentale de la communauté musulmane américaine qui réclamait un traitement juste et équitable ». Il envoie, dit-elle aussi, un message des plus clairs aux forces de l’ordre et à la société : « Le simple fait d’être musulman ne constitue pas un motif de suspicion et ne peut servir de base pour l’espionnage. »

Saphirnews