Une nouvelle église cible d’exactions en Israël

Une église située dans l’enceinte d’un monastère salésien, à l’ouest de Jérusalem, a été profanée mercredi 20 septembre.Depuis plusieurs années en Israël, des sites religieux, chrétiens et musulmans, sont la cible d’attaques perpétrées par des juifs extrémistes nationalistes.

 

Une croix de bois brisée au sol, une statue de la Vierge à l’enfant en morceaux, des vitraux endommagés : tel est le constat des dégâts de la profanation perpétrée mercredi 20 septembre dans la petite église Saint-Étienne, située dans l’enceinte du monastère salésien de Bet Gemal, près de Bet Shemesh en Israël.

Des individus se sont introduits en milieu d’après-midi dans l’édifice qui était ouvert. « Ils savaient ce qu’ils faisaient et s’en sont délibérément pris aux figures saintes, indique frère Antonio Scudo, un des sept religieux de la communauté vivant sur place. Sur les vitraux qui racontent la vie de Jésus, tous les visages ont été détruits. »

Punir les coupables

Située à l’arrière du monastère, l’église, datant du XIXe siècle, n’est pas le lieu de prière des frères et son tabernacle ne contenait pas d’hosties consacrées. « Des images chrétiennes très fortes ont été visées », constate Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, l’évêque auxiliaire de Jérusalem, qui s’est rendu sur place le 21 septembre au matin. « Nous [le Patriarcat latin de Jérusalem] condamnons très fermement cet acte et demandons à l’État d’Israël de punir les coupables ».

La police israélienne s’est rendue sur les lieux le jour même de l’incident, pour constater l’ampleur des dégâts : une enquête a été ouverte. L’identité des auteurs reste inconnue et l’acte n’a pas été revendiqué.

Cependant, la colline de Bet Gemal, où se trouve aussi un couvent de sœurs, est régulièrement la cible d’attaques commises par des juifs extrémistes, issus de Bet Shemesh et de ses environs. « Depuis deux ans, cinq actes de vandalisme antichrétien y ont eu lieu », indique Wadie Abunassar, conseiller et porte-parole de l’Assemblée des évêques et ordinaires de Terre Sainte, laquelle a également condamné la profanation dans un communiqué.

Vandalisme antichrétien

Les actes de vandalisme antichrétien perpétrés par des activistes israéliens, nationalistes d’extrême droite, se sont multipliés ces dernières années en Israël. En juin 2015, le sanctuaire de la multiplication des pains à Tabgha, au bord du lac de Tibériade, avait été incendié. Le mois suivant, deux jeunes Israéliens, de confession juive, avaient été inculpés, accusés d’avoir agi « pour des motifs de haine envers le christianisme », avait indiqué le ministère israélien de la justice.

Ce dernier incident ne doit donc pas être ignoré, selon Wadie Abunassar. « Il faut organiser un mouvement de protestation, recommande-t-il. Et surtout rencontrer les responsables politiques israéliens pour clairement signifier que de tels actes ne sont pas acceptables en Israël. »

 

La Croix