Plus de 60 morts dans un attentat contre une mosquée en Afghanistan

Vendredi noir dans le district d’Haska Mina, dans l’est de l’Afghanistan. Au moins 62 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée contre une mosquée du village de Jaw Dara, en pleine prière hebdomadaire vendredi 18 octobre.

Selon le porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, Attaullah Khogyani, « des explosifs qui avaient été placés à l’intérieur de la mosquée ont été déclenchés », a-t-il affirmé. Selon des témoignages rapportés par l’AFP, le toit du lieu de culte s’est effondré sur les fidèles, au nombre d’environ 350 ce vendredi sur les 700 que peut contenir la mosquée.

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué est le plus meurtrier de l’année en Afghanistan, après celui qui avait fait 91 morts en août lors d’un mariage à Kaboul, revendiqué cette fois par l’Etat islamique.

La veille de l’attaque, un rapport de la Mission de l’ONU en Afghanistan (Manua) a déploré 1 174 morts et 3 139 blessés entre le 1er juillet et le 30 septembre 2019, un nombre de victimes « sans précédent » en un trimestre depuis plus d’une décennie. « Tuer de la sorte autant de civils en pleine prière est un crime de guerre », a dénoncé Amnesty International, déplorant une « escalade » de la violence en Afghanistan dont les premières victimes sont les civils.

 

Saphirnews

Fiche « détection » à la radicalisation : quand l’Université de Cergy-Pontoise déraille

Fiche « détection » à la radicalisation : quand l'Université de Cergy-Pontoise déraille

 

A la direction de l’Université de Cergy-Pontoise (UCP), on a bel et bien déraillé au nom de « la vigilance ». Clément Carbonnier, professeur d’économie à l’UCP, a dénoncé publiquement un email envoyé à tous les personnels de l’université, lundi 14 octobre, les invitant à remonter les « signaux faibles » de la radicalisation. « J’ai honte », a-t-il écrit sur son compte Twitter en reprenant quelques critères qui devraient « alerter » selon le mail reçu.

« Bonjour, il existe deux types de menaces d’attaques terroristes : la menace exogène liée à des individus extérieurs à la structure (type Bataclan) ; et la menace endogène où c’est un ou plusieurs individus appartenant à la structure qui commettent les attentats (type Préfecture de police) », lit-on dans le mail en question provenant du « référent radicalisation » qui dirige également la direction de l’Hygiène, de la Sécurité et de l’Environnement de l’établissement universitaire.

Souhaitant attirer l’attention des enseignants et des personnels de l’université sur la « menace endogène », l’auteur du mail a fourni en pièce jointe un tableau à remplir pour signaler les comportements suspects d’un « étudiant ou collègue ».

Le tableau comporte trois volets qui complète l’identité d’une personne suspectée. Les « signaux de rupture » incluent la rupture familiale, sociale et scolaire/professionnelle, dont l’« absentéisme récurrent aux heures de prière et le vendredi ». Les « phénomènes d’isolement » et de « remise en cause » figurent également dans cette première catégorie.

La fiche appelle aussi à relever les « signaux d’appartenance », à l’instar du « changement de tenue vestimentaire », comme le « port d’une djellaba » ou d’un « pantalon dont les jambes s’arrentent à mi-molets », le « port de la barbe sans moustache », l’« arrêt de consommation de boissons alcoolisées » ou de « nourriture à base de porc », le changement des comportements avec les femmes et l’« intérêt soudain pour l’actualité nationale et internationale » ainsi que pour « la religion ».

Le troisième volet concerne les « signaux inquiétants liés au comportement d’une personne connue », incluant les « phénomènes d’acculturation » dont la « fréquentation d’individus radicalisés » et de l’« apprentissage intense de nouvelles pratiques « religieuses » » ; et la « légitimation de la violence ou d’une idéologie ».

Mieux encore dans la bêtise, la case « dissimulation des signaux faibles » peut aussi être cochée. Une véritable fichage de la honte d’autant qu’il cible uniquement les personnes de confession musulmane sur la base de « signes » ne disant absolument rien de l’état de l’individu.

 

Les excuses de l’université, la réaction de sa ministre de tutelle

A peine dévoilé au grand public, le tollé est immediat. Le président de l’UCP, François Germinet, a estimé qu’il s’agissait d’une « maladresse » de la part de l’auteur, qui a pris seul cette initiative. « Je ne l’accable pas. Il a cru bien faire, car beaucoup de personnels viennent le voir pour lui demander quoi faire s’ils sont témoins de tels comportements », a expliqué François Germinet, avant de s’excuser « publiquement auprès des personnes qui ont été blessées ».

Par ailleurs, le président de l’UCP a rédigé un rectificatif dès qu’il a eu connaissance de l’email. « Nous souhaitons lever toute ambiguïté quant à son objet. La démarche de l’établissement consistait à apporter une assistance aux personnes qui peuvent être touchées par ces phénomènes et, en aucun cas, organiser un système d’alerte », plaide l’université.

Elle dit regretter « d’avoir pu heurter ou choquer certaines personnes au sein de l’université et à l’extérieur par une formulation inappropriée et source d’incompréhension » avant de présenter « ses excuses ».

L’UCP a rappelé qu’elle « a toujours été une université de la diversité, porteuse de valeurs de tolérance et d’ouverture ». Son président a d’ailleurs ajouté que, « quand un débat national s’ouvre sur le voile à l’université, (il est) le premier à monter au créneau pour demander de (les) laisser tranquilles ».

« Je désapprouve la « fiche de remontée de signaux faibles », justement retirée par l’@UniversiteCergy. Si la lutte contre la radicalisation appelle la vigilance de chacun, ce combat ne sera jamais gagnant s’il s’appuie sur des préjugés et des caricatures », a réagi la ministre de l’Enseignement supérieure, Frédérique Vidal.

Cette affaire intervient plusieurs jours après le discours du président de la République appelant la société à la « vigilance » mais aussi des propos de son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner sur les « signes de radicalisation » à relever.

Saphirnews

Hydre islamiste ou opportunisme électoral ?

Suite au récent attentat perpétré par Mickaël Harpon présenté comme un converti à l’islam en 2009 et radicalisé depuis 2015 parce qu’il n’était pas notamment « Charlie », la France est passée en vigilance écarlate vis-à-vis de la menace islamiste. Il faut dixit le président Macron « appeler à une société de vigilance pour faire bloc contre l’hydre islamiste en demandant à chaque citoyen de signaler des comportements suspects ». Cette fois, l’heure est grave, car l’attentat a été commis au coeur du renseignement français et a fait quatre victimes et une blessée. L’ère du soupçon déjà présente au sein de la société française à l’égard du musulman, a été ravivée par les propos du président Macron lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attaque de la préfecture le huit octobre dernier.

Depuis, c’est la confusion qui règne au sein des services chargés entre autres de la sécurité du territoire, où chacun est appelé à dénoncer toute personne qui montrerait des signes de radicalisation. Évidemment, personne n’est formé pour ce genre de situation inédite et, bien incapable de désigner formellement un individu radicalisé. Nous entendons ici ou là dans les médias parler de musulman potentiellement radicalisé en termes de signaux faibles ou de signaux forts, mais qu’en est-il ?  Si, par malheur vous êtes récemment converti, si vous êtes basané avec une barbe, si vous refusez de serrer la main à une femme, si vous priez au travail, si vous vous rendez à la mosquée en kamis (vêtement traditionnel masculin) ou si vous vous « réjouissez » d’un attentat islamiste, vous présentez tous les symptômes de la radicalisation, qu’un de vos collègues ou plusieurs, c’est dans l’ère du temps, ira dénoncer auprès de votre hiérarchie.

Être musulman serait-il devenu un mauvais choix de vie en France ? Nous sommes en droit de nous poser la question de façon inquiétante car, pendant que certains médias se déchaînent sur l’amalgame entre islamisme et islam, voile et soumission, musulman et jihadiste…, des responsables politiques jettent de l’huile sur le feu pour attiser les tensions communautaires. En vue des prochaines élections municipales, les vannes de la stigmatisation sont grandes ouvertes et les temps sont troubles pour les musulmans, en particulier ceux « d’apparence » pour reprendre l’expression de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était à la tête de l’État français. Sur le terrain de la stigmatisation voire de l’humiliation, est-il nécessaire de rappeler que les femmes voilées en sont les premières victimes dans l’indifférence la plus totale et que leurs agresseurs restent souvent impunis. Elles sont soumises à des dressages de corps où il est question de les intimer à abandonner leur voile signe d’une époque rétrograde selon leurs détracteurs. Situation révoltante, leur parole est toujours désappropriée au profit des mêmes sur les plateaux télé, très virulents pour ne pas dire les chantres d’une laïcité radicale. À qui profite tout cela ? Certainement pas aux musulmans car, quel besoin y a-t-il à vouloir nous faire croire qu’à travers cette tragédie, c’est l’islamisme radical qui menace l’ordre républicain. La volonté d’interpréter ces événements sous cet angle, revient à stigmatiser toujours les mêmes, en semant dans l’inconscient collectif un doute inacceptable et à moitié avoué lorsqu’implicitement, on attend de la part des musulmans une invisibilité alors qu’ils sont citoyens français.

En effet, la grande majorité des musulmans vit sa foi paisiblement dans un État laïc tirant profit de son cadre institutionnel et juridique sans avoir le sentiment de rompre avec l’islam et ses préceptes cultuels. L’islamisme n’est pas l’islam, il en est sa corruption. Il représente une idéologie véhiculée par des individus animés par le pouvoir, qui en tirent sa substance dans la confusion du religieux et du politique. Musulmans de France anciennement UOIF, d’obédience Frères musulmans, ne représente aucunement  la grande majorité des musulmans en France qui ne veulent, ni d’une charia, ni d’un califat.

Plutôt que de persister à brandir la menace islamiste, peut-être faudrait-il s’attacher à en comprendre les causes et l’attirance pour l’islam radical de personnes nées en France et souvent jeunes. La France est malade d’un vide religieux, d’un vide de sens, d’un affaiblissement de ses institutions et d’une absence de récit commun, qui jettent de jour en jour de plus en plus d’individus dans les mailles du radicalisme musulman dont le programme cristallise le rejet de l’Occident, enfonçant un peu plus le clou du fameux choc des civilisations, tant désiré par ses promoteurs. Par ailleurs, il n’y aura une véritable reconnaissance et acceptation de l’islam que lorsque le cercle du trouble et de l’amalgame sera rompu, permettant d’entrevoir enfin les musulmans pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes, d’horizons diverses et variés, qui aspirent à vivre sereinement leur foi en accord avec les lois de la République, et non comme c’est le cas depuis des décennies, d’être perçus dans une France périphérique comme des « sous-Français» dont on attend qu’ils adhèrent avec plus de ferveur à un pacte républicain auquel ils ne croient plus.

Notre société est en crise et le combat majeur se situe avant tout sur le terrain social et économique. Car, expliquer l’intérêt des études à des jeunes en situation de violence sociale, dont les parents vivent dans la précarité et qui voient leurs aînés, même les plus diplômés, discriminés sur le terrain de l’emploi, sera un défi difficile à relever. Quarante années de politiques déficientes en matière d’intégration, menées aussi bien par la gauche que par la droite, ne pourront pas être comblées par des discours de stigmatisation à l’endroit des musulmans. Dans un tel contexte, les jeunes et moins jeunes sont en permanence rappelés à leur origine, assignés à être arabes ou musulmans même lorsque ces référents n’expliquent plus leurs comportements quotidiens. Les vexations quotidiennes (dans la recherche d’un emploi ou d’un logement, de démarches administratives…), envers leurs parents hier, et envers eux aujourd’hui, ne seront pas réglées en brandissant l’hydre islamiste comme menace, islamisme dont par ailleurs certains politiques se sont accommodés durant des années ; les mêmes qui aujourd’hui le pointent  comme un problème prioritaire en France.

Le récent attentat à la préfecture de Paris a été révélateur du fossé entre la classe politique et le citoyen musulman qui se creuse davantage. En effet, peu se sont sentis concernés malgré une énième injonction illégitime de se désolidariser de cette tragédie.  Ils restent muets, en dehors du champ social, car leur liberté d’expression, à commencer par leur droit le plus fondamental, celui d’avoir un travail ou un environnement de vie décent, est depuis trop longtemps resté bafoué, et leurs revendications multiples inaudibles aux yeux de la classe politique. Ils ont perçu l’attentat commis par Mickaël Harpon comme un énième blang seing attribué aux médias et à certains politiques pour douter de leur citoyenneté et dévoyer sans retenue leur foi.

Il est fondamental qu’une prise de conscience ait lieu si l’on veut envisager des pistes afin de réduire les effets pervers de  cette islamophobie ambiante car le climat de haine qui en découlera n’apportera rien de positif à personne. La France se trouve confrontée à deux crises majeures, sur le terrain socio-économique et sur le terrain religieux. Tous les ingrédients sont réunis pour attiser les tensions et raviver des périodes sombres de l’histoire avec, cette fois, le musulman tout désigné comme bouc-émissaire. Si cette situation de crises multiples donnait raison aux tenants de la théorie de la fin des Temps, nous dirions alors que notre société vit son âge de dégénérescence.

 

Fatima Achouri

Deux policiers soupçonnés de radicalisation désarmés après la tuerie à la préfecture

En poste en région parisienne, ils sont soupçonnés de radicalisation. La psychose gagne les rangs policiers.

C’est l’une des répliques de l’affaire Mickaël Harpon. Après le traumatisme provoqué par l’absence de détection du tueur de la préfecture de police de Paris (PP), une certaine psychose gagne les rangs des policiers : et si d’autres collègues en poste cachaient leur radicalisation pour passer à l’acte le moment propice? Une interrogation qui peut vite tourner à la paranoïa. Selon nos informations, les signalements se multiplient depuis l’attentat et deux policiers de la région parisienne ont d’ores et déjà été « désarmés ». L’un d’eux a été suspendu à titre provisoire.

C’est que la préfecture de police, frappée au sein de son sanctuaire de la direction du renseignement, a haussé le ton. Dans une note du 7 octobre, Didier Lallement, le préfet de police, appelle les directeurs de service « à signaler immédiatement à [leur] hiérarchie les signes d’une possible radicalisation d’un agent ». Et de citer comme indices : « les changements vestimentaires et alimentaires, le refus de serrer la main du personnel féminin, un repli sur soi, le rejet de l’autorité »… « Cette note a mis le feu aux poudres, témoigne un policier parisien. À la DOPC, une des directions de la PP, des policiers ont voulu signaler un gardien de la paix car il ne faisait plus la bise aux filles alors qu’il n’est pas même pas musulman. C’était plus de la misogynie. »

Suspendu « par principe de précaution »

Deux cas ont déjà fait l’objet d’un processus disciplinaire. De sources concordantes, il s’agit d’abord d’un capitaine de police affecté à la brigade d’exécution des décisions de justice, un service de la PJ parisienne chargée de traquer les fugitifs. Âgé de 39 ans, ce chef de groupe a été prié de rendre son arme de service ce jeudi matin et a été suspendu « par principe de précaution ». Le comportement de cet officier avait été signalé dès 2011 après qu’il a contracté un mariage avec une avocate de confession musulmane. Selon ses collègues, il s’ostracise, se laisse pousser la barbe, refuse tout contact avec le personnel féminin et s’épanche de plus en plus sur la religion. Il s’adonne aussi à la prière au bureau.

Une enquête administrative et de sécurité est alors diligentée par l’Inspection générale de la police nationale et la Direction du renseignement de la PP. Celle-ci conclut que l’agent est certes religieux, mais pas radicalisé. En 2018, le policier est transféré sur un poste moins opérationnel mais néanmoins sensible : il a en charge le Fijait, le fichier qui recense les auteurs d’infractions terroristes. Plus aucune alerte n’est émise. Au contraire, le fonctionnaire, séparé depuis de son épouse, s’est rasé la barbe et ne semble plus aussi isolé. Mais à la lumière de la tuerie de la PP, ses collègues s’inquiètent d’une possible « taqiya », une technique de dissimulation prônée par les islamistes, et le signalent. Les autorités préfèrent jouer la prudence. Sa suspension laisse dubitative certains policiers, d’autant que ses méthodes de management jugées trop rudes avaient été critiquées en interne. C’est sur son cas qu’a été interrogé Christophe Castaner, ce jeudi matin, par la commission des lois du Sénat.

Le second policier désarmé cette semaine est un gardien de la paix en poste au commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Il n’a pas été suspendu à ce stade. Âgé de 34 ans, ce converti avait déjà été révoqué de la police en septembre 2018, une sanction contestée et annulée en début d’année par le tribunal administratif. Son comportement avait été jugé prosélyte et sectaire : il incitait les jeunes adjoints de sécurité à faire la prière et refusait les contacts avec les femmes. Il avait par ailleurs croisé l’auteur de l’attaque contre des militaires de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret en 2017 et avait prêté son arme et son badge police à un ami du terroriste à l’occasion d’une photo. Ce qui lui a valu d’être entendu comme témoin à la sous-direction antiterroriste.

« C’était une photo qui devait rester dans un cadre personnel. J’ai fait une bêtise, je ne voyais pas le mal sur l’instant », a déclaré le jeune policier à l’IGPN en décembre 2017, expliquant n’avoir « aucun lien » avec le terroriste. Quant à son attitude avec les collègues féminines, il a expliqué que c’était « par pudeur » car il s’était marié. Ses discussions sur l’islam ? « Elles étaient souvent liées à l’actualité. »

« Personne n’a été formé »

Comme après chaque attentat, une hausse des appels a été enregistrée sur le numéro vert pour signaler un proche radicalisé (CNAPR). Mais, fait nouveau lié à la tuerie la PP, des signalements de fonctionnaires ont aussi été observés. « La vigilance doit s’appliquer et il est nécessaire de détecter les effectifs radicalisés. Mais il faut le faire avec sans-froid, rigueur, sans tomber dans la chasse aux sorcières », prévient Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du syndicat des cadres de la sécurité intérieure.

« Le problème, ajoute David Le Bars, secrétaire général des commissaires de la police nationale, c’est que personne n’a été formé aux signes de la radicalisation et on manque de connaissance sur l’islam. Il y a un risque de signalements intempestifs mais au moins on y verra plus clair. »

Le Parisien

Ouïgours : Washington accentue la pression sur Pékin

Les Etats-Unis ont annoncé des « restrictions de visas » à des responsables chinois accusés d’être responsables d’une « campagne de répression » contre les musulmans ouïgours au Xinjiang.

Après la liste noire, les « restrictions de visas » : les Etats-Unis ont encore accentué la pression sur la Chine, mardi 8 octobre, pour dénoncer une « campagne de répression » contre les Ouïgours (minorité turcophone de confession musulmane) au Xinjiang malgré les protestations de Pékin. « La Chine détient par la force plus d’un million de musulmans dans le cadre d’une campagne systématique et brutale pour éradiquer leur religion et leur culture au Xinjiang », dans le nord-ouest de la Chine, a dénoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

En réponse, il a annoncé des « restrictions » dans l’octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d’être « responsables » ou « complices »de cette « campagne de répression ». Il n’a pas cité le nombre ni les identités des responsables visés, se bornant à ajouter que ces sanctions concerneraient aussi les membres de leur famille.

Le secrétaire d’Etat a précisé que ces restrictions de visas venaient « compléter » l’inscription, lundi, sur une liste noire du département du commerce américain de vingt-huit organisations gouvernementales et commerciales chinoises impliquées dans la surveillance au Xinjiang. Ces entités ne peuvent plus importer de produits depuis les Etats-Unis. « La Chine doit mettre fin à sa surveillance et à sa répression draconiennes et libérer toutes les personnes arbitrairement détenues », a affirmé mardi M. Pompeo.

Des camps de rééducation politique

Selon des organisations de défense des droits humains ainsi que la diplomatie américaine, plus d’un million de musulmans, principalement de l’ethnie turcophone ouïgour, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans cette région du Nord-Ouest chinois.

Pékin dément ce chiffre et parle de « centres de formation professionnelle » afin de lutter contre l’islamisme, le séparatisme et le terrorisme, le Xinjiang ayant été par le passé le théâtre d’attentats attribués aux Ouïgours.

Sans surprise, la réaction chinoise a donc été vive après l’annonce de la liste noire américaine : « La Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue », a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, estimant qu’il n’y avait « pas de problème de droits humains » au Xinjiang.

Alors que l’administration de Donald Trump et Pékin se livrent depuis plus d’un an une guerre commerciale sans merci, il a accusé les Etats-Unis d’utiliser la question du Xinjiang « comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ».

La décision américaine intervient à quelques jours de la reprise des négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Surveillance d’une population

Le gouvernement américain a précisé que huit des vingt-huit organisations visées étaient des entités commerciales, les autres étant des organismes gouvernementaux, dont le bureau de sécurité publique, c’est-à-dire la police du Xinjiang. « Cette mesure permettra que nos technologies (…) ne soient pas utilisées pour réprimer des populations minoritaires sans défense », a expliqué le ministre du commerce, Wilbur Ross.

Parmi les entités concernées figure la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d’intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux Etats-Unis.

Hikvision, numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance, avec 34 000 employés, a profité à plein de l’omniprésence des caméras de surveillance en Chine, notamment au Xinjiang. La société a critiqué une décision « sans base factuelle », demandant « au gouvernement américain un réexamen », « fondé sur les principes d’équité, de justice et de non-discrimination ».

Megvii, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba, a aussi estimé dans un communiqué que la mesure américaine dénotait « une incompréhension » de cette entreprise, qui vante l’« incidence positive sur la société » de sa technologie. Quant à SenseTime, elle s’est dite « profondément déçue » et va « travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation ».

Au printemps, Huawei, numéro deux mondial des smartphones, avait été placé sur liste noire par l’administration Trump, dans ce contexte de rivalité technologique et sur fond de soupçons d’espionnage au profit de la Chine.

Le Monde.fr

Israël se prépare avant le début de Yom Kippour

Tout le pays va marquer une pause pendant les 25 heures de cette fête, parmi les plus sacrées du judaïsme

Les autorités israéliennes ont achevé la mise en place d’un dispositif exceptionnel avant le début de la fête la plus sacré du calendrier juif, Yom Kippour, qui démarre mardi en fin de journée, et s’achèvera le lendemain à la tombée de la nuit.

Les transports publics cesseront de fonctionner en début d’après-midi, tandis que les voitures déserteront petit à petit les routes du pays avant la soirée. Ce sont alors des milliers de juifs laïques qui en profiteront pour emprunter les routes du pays avec leurs vélos, comme le veut la tradition en Israël.

Le jeûne de Yom Kippour, qui dure 25 heures, commencera, à Jérusalem, à 17h40, et se terminera le lendemain à 18h51.

La police et les services médicaux seront déployés à grande échelle dans tout le pays. Les ambulanciers paramédicaux du Magen David Adom sont, chaque année, très sollicités pendant cette journée spéciale pour des accidents, des cas de déshydrations, ou encore des malaises provoqués par le jeûne.

Le trafic aérien à l’aéroport international Ben Gourion cessera mardi après midi et reprendra mercredi soir. Les émissions de télévision et de radio cesseront également d’émettre leurs émissions habituelles pendant cette journée spéciale.

Enfin, l’armée israélienne a bouclé lundi soir la Cisjordanie et la bande de Gaza, et seuls les cas humanitaires seront autorisés à franchir les points de passage, dans les deux sens.

Cette mesure est prise chaque année pendant cette période de fêtes juives, considérée comme particulièrement sensible.

i24News

Belgique : le durcissement des règles pour la reconnaissance des mosquées acté en Flandre

Dans la région flamande, les lieux de culte, et plus particulièrement les mosquées, devront désormais se soumettre à une période d’examen d’une durée de quatre ans pour bénéficier d’une reconnaissance des autorités régionales et bénéficier de subventions publiques. Cette décision fait partie des grandes lignes du nouvel accord du gouvernement flamand dévoilé mardi 1er octobre.

Le gouvernement dirigé par Jan Jambon fait valoir l’obligation de transparence pour les lieux de culte concernant leurs sources de financements et la nécessité de contenir les influences étrangères.


L’obligation de neutralité religieuse des enseignants en vue

Dans la même optique, toutes les écoles qui veulent être reconnues par les autorités régionales et, ainsi, bénéficier de subventions devront honorer les droits humains et fondamentaux, stipule aussi l’accord gouvernemental. Le protocole de coopération entre la Sûreté de l’État et le domaine de l’enseignement sera renforcé, avec un accent mis sur la lutte contre le radicalisme.

Aussi, le nouveau gouvernement flamand entend imposer la neutralité à tous les enseignants et personnel des écoles provinciales et de la Communauté flamande, précise l’agence Belga. Aucun signe religieux ne sera alors toléré.

Enfin, tous les accords de subsidiation avec des associations devront contenir désormais des clauses relatives à « l’usage actif du néerlandais », notamment pour la communication des structures vers le public. Une disposition qui confirme la volonté de la coalition gouvernementale de renforcer l’identité flamande à travers la langue néerlandaise.

Saphirnews

L’Arabie Saoudite délivre désormais des visas de tourisme, la omra permise

Dorénavant, le royaume saoudien s’ouvre aux touristes internationaux. Tel est l’objet d’une déclaration officielle émanant des dirigeants saoudiens vendredi 27 septembre. Cette décision s’inscrit dans le cadre de Vision 2030 initié par le prince héritier Mohammed Ben Salmane afin de diversifier l’économie saoudienne.

« Découvrir l’hospitalité chaleureuse du peuple saoudien : notre riche héritage, culture vibrante et divers paysages à en couper le souffle, depuis les montagnes d’Abha jusqu’aux plages de la Mer Rouge en passant par le sable mouvant de l’Empty Quarter », voilà ce que le visa de tourisme promet aux voyageurs de découvrir, explique le royaume sur un site dédié.

Les ressortissants de 49 pays dont la France* peuvent dès à présent demander un visa auprès des consulats du royaume installés à l’étranger ou à travers le portail numérique visa.visitsaudi.com.

Une fois obtenu, le visa de tourisme est valable pendant un an et autorisera les voyageurs à rester pendant trois mois d’affilée par visite pour la formule à entrée multiple ou pour un mois pour la formule à entrée unique. Après présentation des documents requis, la demande est traitée en 5 à 30 minutes sur le portail numérique et entre un et deux jours ouvrés auprès du consulat, promet-on. Le coût du visa est établi à 108 euros (440 riyals saoudiens).

Les femmes non accompagnées pourront visiter sans entrave le pays et les règles vestimentaires à leur endroit seront assouplis. L’ensemble du territoire saoudien pourra être visité, à l’exception des villes de La Mecque et de Médine, ouvertes qu’aux seuls musulmans. Ces derniers, autre nouveauté, peuvent faire la demande d’un visa touristique pour accomplir le petit pèlerinage (omra).

*Sur les 49 pays, 38 sont européens (Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Suède et Ukraine).

S’ajoutent l’Australie, le Canada, les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. En Asie, on compte sept pays (Brunei, Chine, Corée du Sud, Japon, Kazakhstan, Malaisie et Singapour). En revanche, les citoyens des pays d’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient et d’Amérique du Sud ne sont pas éligibles, à ce jour, au visa touristique.

 

Saphirnews

Une chaîne de télévision contre l’islamophobie annoncée par la Turquie, le Pakistan et la Malaisie

La Turquie, le Pakistan et la Malaisie, représentés respectivement par le président Recep Tayyip Erdogan et les Premiers ministres Imran Khan et Mahathir Mohamad, ont annoncé conjointement, fin septembre, le lancement prochain d’une chaîne de télévision qui mettra la lumière sur les vrais fondements de la religion musulmane et combattra l’islamophobie croissante dans le monde, en particulier dans les pays occidentaux.

Cette décision a été prise, mercredi 25 septembre, lors d’un sommet tripartite entre ces dirigeants, en marge de la 74e session de l’Assemblée générale onusienne, à New York.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a délivré, lundi 30 septembre, plus de détails via Twitter sur la nature de cette chaîne de télévision qui diffusera en langue anglaise.

Celle-ci exposera, indique-t-on, les problèmes auxquels les musulmans sont confrontés. Elle sera également « dédiée aux défis causés par l’islamophobie et au rétablissement de la vérité sur notre grande religion », l’islam, a-t-il annoncé.

« Les mauvaises perceptions qui rassemblent les gens contre l’islam seront corrigées ; la question du blasphème sera correctement contextualisé ; des séries et des films sur l’histoire des musulmans seront produits pour éduquer, informer notre propre peuple et le monde ; les musulmans bénéficieront d’une présence médiatique qui leur est dédiée », a-t-il plaidé.

Ce sommet à New York faisait suite à une autre réunion tripartite réunissant alors les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays, lors du Sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Jeddah, le 30 mai dernier.

Outre la création d’une chaîne de télévision, les dirigeants se sont également entendus sur le renforcement de la coopération entre la Turquie, la Malaisie et le Pakistan.

 

Saphirnews

La police nigériane libère plus de 300 garçons torturés et violés dans une école coranique

Plus de 300 garçons victimes de tortures et de viols ont été secourus jeudi soir par la police nigériane dans une école coranique à Kaduna, dans le nord du Nigeria.

Elle est désormais surnommée « la maison de l’horreur ». Vendredi 27 septembre, le Nigeria a découvert avec effroi l’existence d’une école coranique à Kaduna (nord du pays) où plus de 300 garçons étaient victimes de torture et de viol. La police les a secourus.

C’est lors d’une descente, menée jeudi soir dans une maison du quartier Rigasa, que la police de Kaduna a découvert plus de 300 élèves et étudiants de « nationalités différentes » enfermés et enchaînés.

Les responsables de l’établissement les faisaient vivre dans « des conditions inhumaines et dégradantes sous couvert de leur apprendre le Coran et de les redresser » pédagogiquement, explique le porte-parole de la police de l’État de Kaduna, Yakubu Sabo.

Le propriétaire de l’établissement et ses six assistants ont été arrêtés, a-t-il précisé.

« Chambre de torture »

« Nous avons trouvé une centaine d’étudiants, dont des enfants de neuf ans à peine, enchaînés dans une petite pièce, dans le but de les corriger et de les responsabiliser », a déclaré Yakubu Sabo, précisant que « les victimes ont été maltraitées ». Certaines d’entre elles ont déclaré avoir été violées par leurs professeurs, a-t-il ajouté.

Quelques photos ont été diffusées dans la presse nigériane. Sur certaines, on y voit un enfant avec le dos couvert de plaies à vif, visiblement causées par des coups de fouet. Un autre a les pieds enchaînés à des barres de fer, et une foule de jeunes garçons sont entassés dans une cour insalubre.

Une « chambre de torture » a été trouvée par la police. Des élèves y étaient suspendus à des chaînes et battus lorsque les enseignants estimaient qu’ils avaient commis une faute.

Des plaintes répétées de voisins, qui se doutaient que quelque chose d’anormal se passait à l’intérieur de l’école, ont permis de déclencher le raid policier ayant mené à la libération des enfants.

« Les victimes étaient de nationalités différentes et deux d’entre elles ont déclaré lors de leur interrogatoire qu’elles avaient été amenées par leurs parents du Burkina Faso », a ajouté le porte-parole.

« D’autres étaient morts avant »

Bello Hamza, l’un des garçons, cité par plusieurs journaux locaux, a affirmé qu’il devait partir étudier les mathématiques en Afrique du Sud lorsque sa famille l’a amené dans « la maison de l’horreur », il y a trois mois.

« Ils prétendent nous enseigner le Coran et l’islam, mais ils font beaucoup de choses ici. Ils obligent les plus jeunes à avoir (des rapports) homosexuels », a-t-il témoigné. « Ceux qui ont tenté de s’échapper d’ici ont écopé de punitions sévères : on les attachait et les suspendait au plafond. »

« Au cours de mon court séjour ici, quelqu’un est mort des suites des tortures », ajoute-t-il. « D’autres étaient morts avant à cause de problèmes de santé et des tortures. Ils nous donnent une nourriture très pauvre et nous ne mangeons que deux fois par jour. »

Enseignement religieux strict

L’école, ouverte il y a une dizaine d’années, hébergeait des étudiants amenés par leur famille pour leur apprendre le Coran, mais surtout remettre dans le droit chemin des petits délinquants, ou consommateurs de drogues.

Majoritairement musulman, le nord du Nigeria accueille un grand nombre de « maisons de correction » plus ou moins formelles dispensant un enseignement religieux strict, en l’absence de structures publiques à même de prendre en charge les jeunes livrés à eux-mêmes.

Les parents de certaines victimes originaires de Kaduna, convoqués par la police, ont été « choqués et horrifiés » quand ils ont vu l’état de leurs enfants. Ils n’avaient aucune idée de ce qu’ils vivaient, selon le porte-parole. Ils apportaient régulièrement de la nourriture à leurs enfants et étaient autorisés à les voir une fois tous les trois mois.

Toutefois, Yakubu Sabo précise que les parents n’étaient pas autorisés à entrer dans la maison pour voir ce qui s’y passait. Les enfants étaient amenés à l’extérieur pour les rencontrer un bref instant.

 

France 24 – AFP