Sarthe : La mosquée d’Allonnes a rouvert après un an de fermeture administrative

Mosquée, Masjid, Dieu, Vénération, IslamLe lieu de culte avait été fermé administrativement en fin d’année 2021 après des soupçons de pratique radicale de l’islam. Dans la Sarthe, la mosquée d’Allonnes a rouvert ses portes vendredi, a-t-on appris auprès du maire confirmant une information des médias locaux.

« Une nouvelle association s’est créée, une convention a été signée, nous avons travaillé de longs mois avec les services de la préfecture, la nouvelle association et les services de la ville pour que tout se passe du mieux possible », a déclaré Gilles Leproust, maire de cette commune de 11.000 habitants, jouxtant Le Mans.

Les associations gérantes dissoutes

« Tout est passé en conseil municipal et a été validé. Ça a été un traumatisme plus d’un an de fermeture », a ajouté le maire communiste, soulignant que la communauté musulmane de la ville était « satisfaite » de cette réouverture.

La préfecture avait engagé en octobre 2021 une procédure de fermeture de cette mosquée, qui accueillait environ 300 fidèles, en estimant que des prêches y légitimaient « le recours au djihad armé ». Le Conseil d’État avait confirmé cette fermeture et les deux associations gérantes de la mosquée avaient été dissoutes en Conseil des ministres en janvier 2022.

 

20 Minutes / AFP

 

 

Vaucluse : les menus de substitution à la cantine supprimés par le maire RN

 

L'École, Président, Cantine, CantineDepuis janvier 2023, les 600 élèves des écoles maternelles et élémentaires de Morières-lès-Avignon, une commune située dans l’est d’Avignon, dans le Vaucluse, ne bénéficient plus de choix à la cantine. Fini les repas de substitution, un seul et unique menu est proposé. Seuls les enfants allergiques pourront, sur présentation d’un certificat médical, continuer à apporter leur propre nourriture. Une discrimination qui touche en priorité les familles musulmanes de la commune.

Les parents ont été informés mi-novembre 2022 par un courrier glissé dans le carnet de correspondance de leurs enfants. Le maire explique qu’il s’agit juste d’économiser sur la facture car les finances de la commune sont bousculées par l’inflation. De cette façon, il n’y a pas cumul « des achats de denrées alimentaires différents, des stockages différents et la multiplications des menus et donc du travail en cuisine ». Grégoire Souque, le premier édile, précise à BFM TV que toute cette affaire « est une tempête dans un verre d’eau. Et ça ne touche que très peu de personnes ».

De son côté, Anne Vitard, représentante des parents d’élèves, affirme que cette décision va concrètement engendrer une baisse de la consommation de viande chez les enfants des familles musulmanes : « Ca veut dire que les enfants qui, pour la plupart, ne savent pas discerner le porc d’une autre viande, auront pour consigne de ne plus manger de viande. » Officiellement, le maire veut juste tenir l’engagement de campagne de ne pas augmenter le prix de la cantine, tout en minimisant l’impact pour le budget de la commune.

Mais l’opposition dénonce une décision arbitraire et non concertée qui vise plutôt à contenter l’électorat du parti d’extrême droite. « Il n’y avait qu’un ou deux repas de substitution par mois », affirme Annick Dubois, l’élue socialiste à la mairie. « Il y a juste une certaine population que monsieur le maire n’accepte pas. C’est une discrimination pour les musulmans mais aussi pour tous les autres parents ». La conseillère municipale d’opposition songe à saisir la préfecture, le Défenseur des droits des enfants, voire le tribunal administratif pour faire revenir le maire sur sa décision. La loi ne crée toutefois pas obligation aux collectivités territoriales de proposer un menu de substitution.

 

Saphirnews

Arabie Saoudite : La Mecque et Médine en voie de devenir des centres financiers du monde islamique

 

La Kaaba, Guide Des Visiteurs, ReligionTrois chambres de commerce saoudiennes se sont associées pour faire évoluer La Mecque et Médine en des centres financiers et commerciaux du monde islamique. La Chambre de commerce de La Mecque, la Chambre de commerce et d’industrie de Médine et la Chambre islamique de commerce, d’industrie et d’agriculture ont signé, mercredi 28 décembre, un accord de partenariat. L’événement, selon Arab News, a eu lieu en présence de représentants des 57 Etats membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI).

L’accord vise à fournir un soutien logistique sur le terrain dans les deux villes saintes, par le biais d’investissements et d’une planification intégrée pour les événements mondiaux, a déclaré Abdullah Saleh Kamel, le président de la Chambre de commerce de La Mecque. Il a ajouté que les commerces et l’économie des deux villes devraient bénéficier de ce partenariat car un certain nombre d’expositions, de forums et de conférences seront organisés avec les décideurs du monde islamique.

Munir Mohammed Nasser, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Médine, a précisé que cet accord est conforme aux objectifs de Vision 2030. Présenté en avril 2016 par Mohammed ben Salmane, ce plan de développement vise à faire sortir l’Arabie Saoudite de sa dépendance au pétrole en diversifiant son économie. Sans oublier l’objectif plus particulièrement assigné aux deux villes saintes de promouvoir les valeurs islamiques tout en encourageant leur développement social et économique.

 

Saphirnews

Mort de Benoît XVI : les fidèles peuvent se recueillir devant sa dépouille jusqu’à mercredi

Décédé le 31 décembre dernier, Joseph Ratzinger sera enterré jeudi prochain place Saint-Pierre lors d’une cérémonie religieuse présidée par le Souverain Pontife, François.

 

Papa, Benoît, Messe, Prier, CatholiqueDeux jours après la mort de pape Benoît XVI, survenue samedi 31 décembre à l’âge de 95 ans, les fidèles pourront se recueillir devant son corps du lundi 2 janvier au jeudi 5, date de son enterrement. Parée du rouge papal, sa dépouille sera exposée dans la basilique Saint-Pierre avant d’être inhumé dans une crypte après ses obsèques. En mois d’une demi-journée, déjà 40.000 personnes se sont empressées auprès du pape émérite, selon la gendarmerie vaticane.

Les fidèles pourront venir lui rendre un dernier hommage de 9h à 19h lundi et dès 7 heures mardi et mercredi. Aucun billet ne leur sera demandé, précise le Vatican.Depuis samedi, des milliers de fidèles ont afflué au Vatican pour saluer la mémoire du premier pape allemand. «Je suis arrivée à 06h00, il me semblait normal de venir lui rendre hommage après tout ce qu’il a fait pour l’église», raconte à l’AFP sœur Anna-Maria, une religieuse italienne.

Lundi matin, pour le premier jour d’ouverture au public de la dépouille, une longue file d’attente serpentant sur la célèbre place Saint-Pierre entourée par la colonnade du Bernin s’est formée dès l’aube, en présence de nombreux médias et d’un important dispositif de sécurité.

Benoît XVI, le «bien-aimé»

À l’occasion de la messe du 1er janvier, en honneur de la Vierge Marie, le pape François a salué la mémoire du «bien-aimé» Benoît XVI, son prédécesseur dont il célébrera les obsèques jeudi 5 janvier au matin sur la place Saint-Pierre, où ont déjà afflué des milliers de fidèles. «Aujourd’hui nous confions le bien-aimé pape émérite Benoît XVI à la très sainte Mère (la Vierge Marie) pour qu’elle l’accompagne de ce monde vers Dieu», a-t-il tout d’abord déclaré lors d’une messe sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome.

«Nous nous unissons tous pour rendre grâce à Dieu pour le don de ce fidèle serviteur de l’Évangile et de l’Église», a ensuite affirmé le souverain pontife argentin à la mi-journée, à l’occasion de la prière hebdomadaire de l’Angélus. Il s’exprimait depuis la fenêtre du palais apostolique devant les fidèles rassemblés sur l’esplanade enserrée par la célèbre colonnade du Bernin. Il a ensuite observé un moment de silence.

Brillant théologien et fervent gardien du dogme, Benoît XVI, qui avait annoncé renoncer à sa charge en 2013 à cause de ses forces déclinantes, s’est éteint, le 31 décembre, paisiblement dans le monastère où il s’était retiré, au cœur des jardins du Vatican. Les funérailles célébrées par François pour son prédécesseur, à la tête de l’Église catholique de 2005 à 2013, constitueront un événement inédit dans l’histoire deux fois millénaire de l’Église catholique.

 

Dans son village natal en Allemagne, Marktl, le drapeau de la mairie a été mis en berne, comme sur tous les bâtiments publics en Bavière. Son décès met fin à la cohabitation insolite de deux hommes en blanc : d’un côté l’Allemand Joseph Ratzinger, brillant théologien peu à l’aise avec les bains de foule, de l’autre l’Argentin Jorge Bergoglio, jésuite doté d’une parole incisive qui a voulu remettre les pauvres et les migrants au centre de la mission de l’Église.

 

Le Figaro

La justice ordonne de retirer la crèche de Noël dans l’Hôtel de Ville de Béziers

La justice a ordonné mercredi à la mairie de la cité héraultaise de retirer la crèche située dans la cour d’honneur de l’Hôtel de ville d’ici 24H00 sous peine d’astreinte de 100 euros par jour.

Copier, Noël, Réveillon De NoëlSaisi par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) en référé – une procédure d’urgence -, le tribunal administratif de Montpellier a estimé que la crèche mettait «en évidence la scène de la nativité» et donc que «cette installation dans l’enceinte d’un bâtiment public méconnai(ssai)t les dispositions de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et les exigences attachées au principe de neutralité des personnes publiques», détaille-t-il dans sa décision que l’AFP a consultée.

«On obéit, mais je regrette cette mesure qui est d’une grande brutalité face à quelque chose qui, pourtant, rassemble», a réagi le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Rassemblement national (RN), interrogé par l’AFP. Il compte désormais déplacer la crèche sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

La LDH avait sollicité sans succès le préfet de l’Hérault «pour faire respecter la loi». Dans une lettre datée du 5 décembre que l’AFP s’est procurée, le préfet avait prévenu qu’«il ne sera pas demandé, par l’État, au maire de Béziers de renoncer à cette installation», estimant que cette crèche était «une animation parmi d’autres».

«Le préfet ne met plus en œuvre son pouvoir et ne fait pas appliquer la loi. C’est pour cela que nous avons saisi le tribunal. La violation systématique de la loi doit être sanctionnée», avait expliqué à l’audience mardi Me Sophie Mazas, présidente de la LDH de l’Hérault.

«Nous nous réjouissons de voir que le juge fait respecter le droit et la décision du Conseil d’État, mais nous sommes très interrogatifs sur la décision du préfet de l’Hérault de ne pas faire respecter la loi. Nous allons demander un rendez-vous en préfecture mais également à sa hiérarchie», a-t-elle réagi mercredi.

Les crèches de Beaucaire (Gard) et de Béziers sont régulièrement poursuivies en justice mais continuent à être installées chaque année par les maires concernés. Celle de Perpignan fait également l’objet d’une saisine auprès du tribunal administratif de Montpellier par la LDH, dont l’audience est prévue le 20 décembre.

Le 16 novembre, le Conseil d’État avait confirmé l’interdiction de la crèche de Noël de la mairie de Beaucaire, dirigée par le maire RN Julien Sanchez.

Le Figaro / AFP

Financement des cultes : l’État demande à Strasbourg de revoir sa copie

La préfète du Bas-Rhin a enjoint jeudi 8 décembre à la ville de Strasbourg d’annuler une délibération fixant de nouvelles règles sur le financement des lieux de culte. Ce texte avait été adopté après une polémique provoquée par une subvention destinée à la construction d’une mosquée par une association turque.

 

Mosquée, Religion, Islam, IslamiqueLa préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier a demandé au conseil municipal de Strasbourg de revoir sa copie en matière de financement des cultes et d’annuler une délibération adoptée au mois de septembre, a-t-on appris jeudi 8 décembre. Cette nouvelle passe d’armes entre la représentante de l’État et la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, fait suite à l’adoption le 26 septembre d’une délibération fixant de nouvelles règles sur le financement des lieux de culte. Celles-ci plafonnaient la participation de la municipalité et renforçaient la consultation de l’État.

Irrégularités

Mais la préfète y décèle plusieurs irrégularités et demande au conseil municipal de rectifier la délibération en cause « pour en renforcer la sécurité juridique en tenant compte des observations techniques que je vous ai faites ». Jeanne Chevalier donne à la municipalité deux mois pour revoir sa copie.

Le conseil municipal de Strasbourg avait adopté ce nouveau cadre de financement après une vive polémique sur une subvention à une mosquée d’obédience turque au printemps 2021. « Nous nous dotons d’un cadre clair, transparent, partagé », permettant de « garantir des principes de neutralité, de transparence et d’équité », s’était félicitée Jeanne Barseghian le 26 septembre.

La délibération fixait notamment à un million d’euros maximum le soutien de la ville aux associations cultuelles. Pour les nouveaux lieux de culte ou projets importants, il était proposé que le préfet « soit saisi pour avis concernant le projet », notamment pour permettre « d’informer la municipalité sur les liens éventuels de l’association avec des puissances étrangères » ou sur « toute alerte relative à la sécurité nationale et/ou aux dérives intégristes ou sectaires ».

Polémique autour de la Millî Görüs

La municipalité écologiste avait été au cœur d’une controverse en mars 2021 après le vote par le conseil municipal du principe d’une subvention de 2,5 millions d’euros pour la construction, toujours en cours, de la mosquée Eyyub Sultan, portée par l’association turque Millî Görüs.

Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin avait accusé la ville de financer une « ingérence étrangère » sur le sol français, entraînant de très vifs échanges entre la mairie et la préfecture. Millî Görüs avait finalement renoncé à demander cette subvention, évitant à la ville de Strasbourg d’avoir à se prononcer définitivement sur son octroi.

 

La Croix/ AFP

Manifestations en Iran : « Les revendications vont bien au-delà du port du voile »

L'Iran, Drapeau, Drapeau NationalLa petite phrase a rapidement fait le tour du monde. Dimanche un peu après 10 heures, l’Agence France presse annonce l’abolition de la police des mœurs en Iran. Une information qui fait le tour du monde, pourtant, elle est inexacte. Et même si elle avait été fondée et vérifiée, la disparition supposée de cette police dédiée à contrôler le bon respect des contraintes islamiques dans l’espace public aurait-elle suffi à calmer le vent de colère qui gronde dans les rues iraniennes depuis bientôt trois mois ?

Pas du tout, selon Jonathan Piron, historien spécialiste de l’Iran pour Etopia et Armin Arefi journaliste grand reporter au Point spécialisé sur le Moyen-Orient et auteur d’Un printemps à Téhéran. Les deux spécialistes contactés par 20 Minutes assurent que les revendications multiples des manifestants sont bien plus profondes que la question du voile et de la police des mœurs.

Situation ambiguë

L’annonce ambiguë que vous avez sans doute vu passer dans les médias en fin de week-end, voire en début de semaine, n’est en réalité pas ce qui a tourné dans les titres du monde entier. Il n’est pas question de l’abolition de la police des mœurs, mais de réflexion autour du port du voile obligatoire, avec des « réponses attendues dans les quinze jours », précise Armin Arefi à 20 Minutes. Aucune décision n’a donc été prise. D’autre part, la personne qui a prononcé la phrase mal interprétée est le procureur général d’Iran, soit une personnalité qui « n’a pas l’autorité pour abolir la police des mœurs », ajoute Jonathan Piron. Et même si cette police était abolie par le régime, « le port du voile resterait obligatoire, donc qui reprendrait ses compétences ? », interroge l’historien.

Finalement, cette sortie pourrait marquer une volonté du régime de faire une sorte de diversion face à la violente répression des manifestations, à la fois à destination de la communauté internationale et des manifestants. Alors que le régime ne parvient pas à faire cesser les manifestations depuis plus de deux mois, « cette pseudo-ouverture a pour but de donner l’impression que le régime a pris en compte une partie des revendications des manifestants, mais aussi de détourner l’attention », explique Armin Arefi. Car cette annonce, qui n’en est pas une, arrive à point nommé : depuis lundi et jusqu’à mercredi, une grève nationale est organisée dans tous le pays et suivie par de nombreux commerçants. La fin de la police des mœurs pourrait alors servir à voler la vedette, ou du moins jeter un voile sur la mobilisation sans précédent dans le pays. Dans tous les cas, l’abolition de la police des mœurs n’a été ni confirmée ni infirmée.

Renverser le régime

Et même si elle était annoncée officiellement par les pouvoirs compétents, les manifestants n’ont jamais réclamé ni l’abolition de la police des mœurs ni la fin du port du voile obligatoire. « Leurs revendications sont bien plus profondes », assure Jonathan Piron. « Cette colère est multifactorielle : elle a été déclenchée par la mort de Mahsa Amini, mais reflète aussi une volonté d’égalité hommes-femmes, de respect des différentes communautés, une grogne des étudiants, des grèves d’avocats et de certains ouvriers du secteur des hydrocarbures, développe-t-il. C’est un syncrétisme ». Les images des magasins qui ont baissé leurs volets lundi et mardi, même dans des villages reculés du pays, montrent bien l’étendue de la mobilisation. D’autant que dans une économie déjà fragilisée par les sanctions internationales, le manque de redistribution et la précarité qui touche de plus en plus les classes moyennes, « c’est audacieux d’être en grève en ce moment », souligne l’historien.

Par ailleurs, « il n’y a aucun slogan qui parle du voile ou de la police des mœurs, les manifestants parlent du régime », rappelle Armin Arefi. Et aujourd’hui, contrairement à tous les mouvements contestataires qui ont secoué le pays depuis plusieurs années (on se souvient notamment du « mouvement vert » en 2009), « les jeunes ne croient plus que le régime peut être réformé de l’intérieur », explique Jonathan Piron. « Le temps des réformes est révolu, c’est trop tard », abonde Armin Arefi. La colère qui s’exprime se dirige contre le pouvoir en place, contre le régime de la république islamique. Selon le spécialiste du Moyen-Orient, « il n’y a que la fin du régime » qui pourrait satisfaire les personnes mobilisées. Toutefois, « aucun des deux acteurs n’a le pouvoir d’éteindre ou renverser l’autre, car les manifestants ne sont pas assez nombreux et le régime n’arrive pas à écraser la mobilisation qui est partie pour s’installer dans le temps », commente à son tour Jonathan Piron.

Une répression contre-productive

Alors pour se maintenir, le régime emploie son arme fétiche : la répression. Mardi, cinq nouvelles condamnations à mort ont été prononcées contre des participants à des manifestations, ce qui fait un total de onze personnes condamnées à la peine capitale. « Le pouvoir brutalise pour démobiliser, utilise la peur, brandit le scénario syrien, mais désormais, la plupart des manifestants sont au-delà de la barrière de la peur et si les condamnations à mort sont exécutées, le ressentiment va s’accroître », prédit Jonathan Piron.

Cela pourrait pousser encore plus de personnes dans la rue, convaincre des indécis de se battre aux côtés des manifestants. « A partir du moment où le tabou de la mort est dépassé, cette menace va accentuer la mobilisation », insiste-t-il. « La répression féroce n’a fait que pousser davantage les manifestants à être intransigeants, il y a une vraie logique révolutionnaire aujourd’hui », ajoute Armin Arefi. Et en effet, parmi les slogans scandés dans les rues iraniennes, celui-ci transmet bien cette ligne de crête sur laquelle joue le régime : « Si vous exécutez les manifestants, ce sera le soulèvement. »

 

20 Minutes

Le chauffeur de bus qui a imposé l’écoute du Coran à ses passagers vers Marseille viré

 

Coran, Texte Sacré, Islam, IslamiqueMais qu’est-ce qui lui a pris ? Dimanche 20 novembre, un chauffeur de la navette Aix-Marseille, une ligne empruntée par 10 000 à 15 000 personnes par jour en semaine, a imposé à ses passagers l’écoute des versets du Coran tout au long du parcours de 40 minutes. Le volume sonore est fort au point qu’un passager interpelle le chauffeur, rapporte France Bleu. « Vous n’avez pas à nous infliger ça ! » Une autre personne, un retraité d’origine algérienne, précise : « Vous ne respectez pas la laïcité, vous n’avez pas le droit ! ».

Le chauffeur leur aurait répondu vertement : « C’est mon bus ! Je fais ce que je veux. Si t’es pas content, tu descends. » Parmi la cinquantaine de passagers présent dans le véhicule, quasi personne n’ose réagir si ce n’est le retraité. La récitation coranique va se poursuivre pendant tout le trajet jusqu’à la gare Saint-Charles à Marseille, comme le révèlent des vidéos enregistrées par certains passagers. Les témoins sont choqués. Le retraité, lui, est indigné : « Cela me rappelle l’Algérie, avec le FIS. Les islamistes, ils passaient ça dans les bus. C’est interdit aujourd’hui en Algérie ! Et j’entends ça ici ! C’est la première fois. C’est catastrophique ! Il faut réagir. Ce jeune, quand il fait ça, il fait monter le Rassemblement national ! »

L’incident est inédit selon la Métropole Aix-Marseille, qui rappelle que toute manifestation religieuse dans un transport public est « très grave et inacceptable ». Après enquête interne, la Régie des transports de Bouches-du-Rhône (RDT13) a identifié le conducteur. Il s’agit d’un jeune homme embauché depuis six mois par les Autocars de Haute-Provence, un sous-traitant.

Convoqué mardi 22 novembre dès sa prise de service pour une procédure disciplinaire, il prétend que les versets n’ont pas été diffusés dans l’enceinte du car mais seulement sur son téléphone… Son contrat de travail a immédiatement été rompu au nom de cette entorse à la charte de la laïcité et de la neutralité qui est imposée à tous les conducteurs, informe Europe 1. La RDT13 a présenté mercredi ses excuses à ses usagers. « Le chauffeur a été démis de ses fonctions », a effectivement indiqué la secrétaire d’État en charge de la Citoyenneté auprès du ministre de l’Intérieur Sonia Backès, saluant au passage « la réaction rapide et ferme des autorités locales ».

 

Saphirnews

Angleterre et Pays de Galles : les musulmans vivent dans les quartiers les plus déshérités

Islamique, Ramadan, Kareem RamadanLes musulmans britanniques, qui représentent selon le dernier recensement 6,5 % de la population en Angleterre et du Pays de Galles, sont prisonniers d’une trappe à pauvreté, déplore le Conseil musulman de Grande-Bretagne (MCB) en se basant sur le dernier recensement révélé le 29 novembre.

Selon les statistiques, 39 % des musulmans vivent dans les quartiers les plus défavorisés d’Angleterre et du Pays de Galles. Si la proportion de la population qui se présente comme musulmane a commencé à s’installer en dehors des centres urbains, les chiffres montrent une corrélation inquiétante entre les zones de grande pauvreté et le nombre de musulmans présents. 61 % des musulmans en Angleterre et au Pays de Galles vivent dans 40 % des zones enregistrées comme les plus pauvres, alors que 4 % seulement des musulmans vivent dans les zones les plus aisées.

« Nous en sommes maintenant à la deuxième ou troisième génération. Les musulmans sont plus nombreux dans notre pays mais nous ne sommes pas sortis de la pauvreté et de la précarité. Je pense qu’une partie des raisons qui expliquent cette situation est liée aux conditions socio-économiques subies par la population musulmane et au manque d’opportunité économique », dénonce Zara Mohammed, secrétaire générale du Conseil musulman de Grande-Bretagne (MCB). au Guardian. La responsable ajoute que les stéréotypes concernant les musulmans ont beau dos et n’expliquent pas cette situation qui doit être corrigée.

Sufia Alam dirige le centre Maryam de la mosquée d’East London. Présente depuis bientôt trois décennies dans ce quartier qui est l’un des plus pauvres de Londres et même du pays, elle n’est pas surprise par le constat issu du recensement. « Il y a tant de facteurs explicatifs : l’islamophobie, les biais culturels, le racisme au sein des institutions, de l’éducation au marché du travail. Je me souviens avoir déjà constaté déjà cette situation en 2011 et depuis, rien ou presque a changé. »

« Il incombe aux décideurs politiques de s’engager auprès d’organismes communautaires représentatifs qui sont conscients des réalités du terrain et de l’expérience vécue par les poches défavorisées de la société », signifie le MCB pour qui les constats réalisés « nous donnent l’occasion d’apporter maintenant des changements significatifs et de créer une Grande-Bretagne meilleure pour tous ».

 

Saphirnews

Pays basque : une restauratrice condamnée pour discrimination après avoir refusé l’entrée à une femme voilée

Hijab, Fille, Jeune, Femme, MusulmanLa restauratrice de Hendaye, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui avait refusé l’accès de son établissement à une femme portant le voile en mai dernier a été condamnée, mardi 29 novembre, à 600 euros d’amende par le tribunal de Bayonne. La sexagénaire, qui a été reconnue coupable de discrimination fondée sur la religion, devra aussi verser 1 300 euros au titre du préjudice moral subi par la cliente et son fils, et effectuer un stage de citoyenneté « en vue de l’apprentissage des valeurs de la République ».

La cliente était venue avec son fils le jour de la Fête des mères mais elle a été refoulée par la restauratrice qui déclarait ne pas vouloir d’une femme « habillée comme à la préhistoire ». Des propos jugés « infamants » par le tribunal. L’histoire avait fait grand bruit après que le fils a posté une vidéo sur les réseaux sociaux de ce moment vécu comme une humiliation par les concernés.

« Je me suis sentie très humiliée, elle m’a énormément blessée. Maintenant j’ai toujours cette crainte quand je vais dans un restaurant », avait témoigné la cliente refoulée lors du procès mi-novembre. « On s’est senti comme des sous-citoyens », avait appuyé son fils à la barre.

L’avocat de la restauratrice avait plaidé la relaxe pour sa cliente, arguant d’une « acceptation de l’entrée au restaurant sous condition », à savoir que la cliente retire son voile, et non pas d’un « refus pur et simple »qui aurait été opposé par la restauratrice. Or si tant est que la défense tienne, rien n’oblige une personne a retiré son signe religieux à l’entrée d’un restaurant en France. Par ailleurs, au moment où avait éclaté l’affaire, la restauratrice avait assumé son refus auprès de la presse en déclarant qu’elle n’accepte « rien de ce qui peut s’apparenter à un outil de soumission de la femme ».

 

Saphirnews