Le lycée musulman Averroès remporte une victoire judiciaire contre la Région Hauts-de-France

Marteau, Balance, Assiette, JusticeLe bras de fer judiciaire engagé depuis 2020 entre le lycée Averroès et la Région Hauts-de-France tourne en faveur de l’établissement privé musulman de Lille. Le pourvoi en cassation du conseil régional dirigé par Xavier Bertrand a été rejeté la semaine dernière par le Conseil d’Etat.

« La Région est désormais tenue de respecter la loi qui prévoit le versement du forfait d’externat aux établissements privés sous contrat d’association », affirme Amar Lasfar, président de l’association Averroès, dans un communiqué en date du mercredi 20 octobre. « Aussi comme la Région n’a toujours pas versé les forfaits d’externat dus au titre des années 2020 et 2021, l’association Averroès relance sa procédure judiciaire contre elle », ajoute-t-il.

Le tribunal administratif de Lille avait donné raison à Averroès en mars https://www.saphirnews.com/La-justice-donne-raison-au-lycee-musulman-Averroes-face-a-la-Region-Hauts-de-France_a27958.html en sommant la Région de lui verser les subventions auxquelles l’établissement a droit et dont il a été privé depuis trop longtemps. « Sous astreinte de pénalités, la Région a été obligée de verser la somme, due en 2019, mais a attaqué ce jugement devant le Conseil d’Etat » en juillet dernier, rappelle le lycée. En vain donc pour la Région, appelée à verser au plus vite la somme due au titre de l’année 2020-2021.

 

Saphirnews

Sarthe : la fermeture de la mosquée d’Allones engagée sur ordre du ministère de l’Intérieur

 

Mosquée, Lune, Étoiles, Nuit, ÉlémentLa mosquée d’Allones, près du Mans, est dans le viseur du ministère de l’Intérieur. La préfecture de la Sarthe a annoncé, mercredi 13 octobre, la fermeture administrative de ce lieu de culte géré par l’Association allonnaise pour le Juste Milieu (AAJM) et l’association Al Qalam.

La mosquée, qui accueille quelque 300 fidèles, est accusée de faire de prêches légitimant « le recours au jihad armé, la mort en martyr, la commission d’actes de terrorisme et le recours à la violence », selon les mots du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter.

La mosquée, également accusée d’être fréquentée par des individus appartenant ou proches de la mouvance islamiste radicale, abrite une école coranique accueillant environ 110 enfants « devant lesquels a été valorisé le jihad armé et qui constitue donc un lieu d’endoctrinement », selon la préfecture.

« Aux termes de la loi, l’ensemble de ces faits constitue des propos tenus, des idées et théories diffusées, ou des activités incitant à la violence, à la haine ou à la discrimination, provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes », indique-t-elle dans son communiqué. « Au regard de ces éléments, à la demande de M. le ministre de l’intérieur, le préfet de la Sarthe a engagé une procédure de fermeture de ce lieu de culte. »

 

Saphirnews

Jérusalem : les juifs autorisés par un tribunal israélien à prier sur l’esplanade des Mosquées

Mur Des Lamentations, JérusalemUn tribunal israélien a ouvert la possibilité aux juifs de venir prier sur l’esplanade des Mosquées, abritant aujourd’hui le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa, à la condition que leurs prières se fassent en silence. Cette décision de la Cour des magistrats de Jérusalem, qui remet en cause des décennies de statu quo sur ce lieu emblématique de Jérusalem, a été prise après qu’un rabbin a été interpellé fin septembre par la police israélienne car il priait sur l’esplanade, aussi appelé Mont du Temple par les juifs. Interdit de visite pour deux semaines, il a saisi la justice, qui a donc révoqué la décision de la police.

Depuis l’annexion de Jérusalem-Est par Israël en 1967, un accord permet aux juifs d’accéder à certaines heures à l’esplanade, mais pas d’y prier. La prière a lieu normalement au Mur des Lamentations, en contrebas. Mais depuis plusieurs années, des juifs religieux provoquent des incidents en entreprenant de prier subrepticement sur l’esplanade après y être montés en simples visiteurs, créant alors des tensions avec les fidèles palestiniens musulmans qui craignent qu’Israël ne tente de modifier les règles d’accès au site.

« Le plaignant prie en silence dans un coin, sans public autour. Je ne vois pas en quoi il représente un danger pour l’ordre public comme l’affirme la police », a déclaré la juge. La police israélienne, qui contrôle les entrées du site sacré, a fait appel de la décision de justice, estimant que le rabbin avait eu « une conduite impropre dans un lieu public ».

Le directeur de la mosquée Al-Aqsa, Omar Al-Kiswani, a fustigé, , jeudi 7 octobre, la décision de justice israélienne. « Ces prières sont des provocations et une violation du caractère sacré d’Al-Aqsa », a-t-il indiqué à l’AFP. « La décision n’a aucune légitimité, car nous ne reconnaissons pas les lois israéliennes sur Al-Aqsa. »

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a appelé Israël à ne pas imposer un « nouveau fait accompli » sur l’esplanade et exhorté les Etats-Unis à « respecter son engagement à maintenir le statu quo » sur les lieux saints de Jérusalem.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a dénoncé « une attaque sans précédent sur les droits religieux inaliénables des musulmans » et a rejeté « toute mesure prise par la puissance occupante, Israël, qui puisse affecter le statut d’Al-Qods et la présence palestinienne dans ses lieux, ou qui porte atteinte aux lieux saints islamiques et chrétiens ». L’Egypte y a vu une « violation » qui aurait des répercussions sur « la sécurité et la stabilité de la région », tandis que la Jordanie s’est engagée à s’opposer « fermement » à tout jugement israélien visant les lieux sacrés à Jérusalem.

 

 

Saphirnews / AFP

Le secret de la confession « plus fort que les lois de la République » : Mgr Éric de Moulins-Beaufort convoqué par Darmanin

Confessionnal, Confessionnal En ChêneLe ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a décidé de convoquer dans les    prochains jours le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de
-Beaufort, après ses propos tenus sur France Info mercredi 6 octobre que « le secret de la confession s’impose à nous et en cela, il est plus fort que les lois de la République » au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (Ciase).

Le secret de la confession « ne peut pas être opposé à l’obligation de dénoncer les atteintes graves sur les mineurs et les personnes vulnérables », avait recommandé Jean-Marc Sauvé, le président de la Ciase. Une recommandation balayée à ce stade par l’épiscopat français.

Aujourd’hui, selon l’article 434-3 du code pénal, « le fait, pour quiconque ayant connaissance d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n’ont pas cessé est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende », jusqu’à « cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende » pour des faits concernant un mineur de moins de 15 ans.

Ses propos ont suscité plusieurs réactions d’indignation. « Rien n’est plus fort que les lois de la République », a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue du conseil des ministres jeudi 7 octobre, indiquant que « le président de la République a demandé au ministre de l’Intérieur de recevoir le président de la Conférence des évêques de France pour que les choses soient claires ».

 

Le président de la CEF apporte des précisions

Avant sa convocation au ministère de l’Intérieur, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a apporté des précisions dans un communiqué, sans pour autant revenir sur sa déclaration polémique. « La confession est un moment durant lequel une personne peut dévoiler ce qu’elle subit ou ce qu’elle porte, en toute confiance, car le secret lui permet de dire ce qui est le plus difficile. Le secret de la confession peut donc participer à cette « protection de la vie et de la dignité de la personne » qu’évoque Monsieur Sauvé » dans le rapport de la Ciase, a-t-il affirmé.

« Il ne faut pas opposer le secret de la confession aux lois de la République puisque celles-ci n’imposent pas sa levée. Le droit canonique, qui impose aux prêtres le secret de la confession comme absolu et inviolable, n’est pas donc contraire au droit pénal français », a ajouté l’archevêque de Reims. « Prévoir une exception au secret serait contreproductif pour la protection des personnes victimes. Se confieraient-ils s’ils savaient que ce n’était pas secret ? Ne leur enlevons pas ce lieu qui peut être une première étape dans la libération de la parole. »

« Il nous faut en revanche renforcer la formation des prêtres à l’écoute de ces cas graves, pour accompagner toujours mieux les victimes à identifier les lieux et personnes ressources en dehors de la confession, et s’assurer que cette confession sot une étape, le début d’un chemin qu’on peut accompagner et non une fin », estime Mgr Éric de Moulins-Beaufort.

Saphirnews

Belgique : l’interdiction de l’abattage halal et casher sans étourdissement préalable confirmée par la justice

La Cour constitutionnelle belge confirme le maintien de l’interdiction de l’abattage des animaux sans étourdissement préalable en Flandre et en Wallonie, au grand dam des organisations juives et musulmanes de Belgique qui s’inquiètent des conséquences de décrets qui vont, à leurs yeux, à l’encontre de la liberté religieuse. Néanmoins, la plus haute juridiction de Belgique estime les interdictions conformes à la Constitution, en faisant valoir des arguments qui vont dans le sens des associations de défense des droits des animaux.

Photo pour Pig carcasses cut in half stored in refrigerator room of food processing plant - image libre de droitL’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable est confirmée en Belgique. La Cour constitutionnelle belge a rendu, jeudi 30 septembre, deux arrêts rejetant les recours en annulation introduits par des organisations musulmanes et juives dont l’Exécutif des Musulmans de Belgique et le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) contre ces mesures en vigueur en Flandre et en Wallonie depuis 2019.

La protection du bien-être animal est « un objectif légitime d’intérêt général permettant de justifier une ingérence dans les droits garantis par l’article 19 de la Constitution (relative à la liberté de religion, ndlr), lu en combinaison avec l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme », estime la Cour constitutionnelle, pour qui les autorités ont tenté de trouver un équilibre, rapporte Belga, en autorisant les associations religieuses à user du « procédé d’étourdissement réversible et insusceptible d’entraîner la mort de l’animal » dans le cadre de l’abattage halal et casher.

 

Le bien-être animal, un « motif justifiant une restriction de droits et libertés »

« La protection du bien-être animal constitue une valeur éthique à laquelle la société belge attache une importance accrue, ainsi que d’autres sociétés démocratiques contemporaines. Il convient de tenir compte de ces évolutions sociales dans l’appréciation du bien-être animal en tant que motif justifiant une restriction de droits et libertés et, notamment, la restriction apportée à la manifestation extérieure des convictions religieuses », estime la juridiction, qui a rejeté les autres griefs avancés par les requérants : le non-respect du principe de séparation de l’Église et de l’État, du droit au travail et au libre choix d’une activité professionnelle, et du principe d’égalité et de non-discrimination.

Pour la juridiction, « il n’y a pas d’incidence sur la possibilité, pour les croyants, de se procurer de la viande provenant d’animaux abattus conformément aux préceptes religieux, étant donné qu’aucune disposition n’interdit l’importation d’une telle viande » vers les Régions wallonne et flamande.

Cette décision fait suite à l’avis rendu en décembre 2020 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Celle-ci avait estimé qu’imposer l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement préalable est possible au nom du bien-être animal sans qu’elle n’entrave la liberté de culte.

 

Vers une interdiction prochaine dans la Région Bruxelles-Capitale

« Ainsi s’achève une longue bataille juridique en faveur de décrets qui ont pour seul but de ne pas infliger des souffrances animales scientifiquement prouvées en suffisance et pratiquement évitables lors de la mise à mort des animaux, sans exception pour des abattages effectués dans un contexte religieux », a réagi le président de Gaïa, Michel Vandenbosch, qui a salué l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

L’association veut désormais que l’interdiction de l’abattage sans étourdissement préalable soit introduite dans la région bruxelloise. « Maintenant que la Cour constitutionnelle a statué en validant les décrets flamands et wallons, il n’y a plus aucune raison valable pour ne pas introduire une interdiction légale dans la Région de Bruxelles-Capitale également. Gaia insiste auprès du gouvernement et du parlement bruxellois afin qu’une telle interdiction soit introduite à Bruxelles sans plus traîner », insiste Gaïa. « Sans faire une exception pour des rituels religieux, la liberté de culte ne peut être confondu avec la liberté de faire souffrir des animaux. »

Selon Belga, le ministre bruxellois en charge du Bien-être animal, Bernard Clerfayt, qui avait indiqué attendre l’arrêt définitif de la Cour constitutionnelle, a annoncé après la publication des arrêts qu’il compte mettre le dossier sur la table du gouvernement Vervoort avant la fin du mois d’octobre.

Mise à jour : L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) n’exclut pas un recours devant le Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour contester la décision. Sa réaction.

 

Saphirnews

Les Français croient de moins en moins en Dieu au fil des années, selon un sondage

A la question « Vous, personnellement croyez-vous en Dieu? », 51 % des sondés répondent « non », contre 44% en 2011 et 2004.

Astro, Théologie, ChristianismeUn peu plus de la moitié (51%) des Français ne croit pas en Dieu, et l’épidémie de Covid-19 a eu peu d’effet sur la pratique religieuse, selon un sondage Ifop pour l’Association des journalistes d’information sur les religions (Ajir) publié jeudi 23 septembre.

A la question « Vous, personnellement croyez-vous en Dieu? », 51 % des sondés répondent « non » (contre 44% en 2011 et 2004). Les Français étaient 66% à croire en Dieu en 1947, selon un sondage Ifop de l’époque. Dans le détail, les plus croyants sont chez les 65 ans et plus (58%) puis chez les 18-34 ans (48%).

L’épidémie de Covid-19 les a-t-elle rapprochés d’une pratique religieuse  ? « Non », disent les interviewés, à 91%. Seuls 9% répondent par l’affirmative.

Sondés sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2019, 79% répondent que cet événement n’a pas réveillé en eux de « sentiment religieux » ni de « fibre spirituelle ». Mais 21% ressentent le contraire.

« Toutes les religions se valent »

Autre enseignement: les Français parlent de moins en moins de religion en famille: ils sont 38%, contre 58% en novembre 2009. Et seuls 29% en parlent avec leurs amis (49% en 2009).

L’étude s’intéresse aussi à leur avis sur le pape François ; 41 % pensent qu’il défend « plutôt bien » les valeurs du catholicisme, 44 % qu’il les défend « ni bien ni mal » et 15% « plutôt mal ».

Par ailleurs, 68% des Français pensent que les religions « peuvent contribuer à transmettre aux jeunes des repères et des valeurs positives: respect de l’autre, tolérance, générosité, responsabilité ». Ils étaient 77% à le penser en 2009.

Pour 54% des personnes interrogées, « toutes les religions se valent » (62% en 2007). Pour 47% des Français, « le message et les valeurs du christianisme sont toujours d’actualité ». Et pour 47%, « les religions peuvent contribuer positivement aux grands débats de société: bioéthique, moralisation de l’économie, famille » (contre 51% en 2009).

L’enquête a été menée du 24 au 25 août auprès d’un échantillon de 1.028 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus par questionnaire auto-administré en ligne, selon la méthode des quotas.

 

Nice-matin

Mort de Bernard Sesboüe, théologien catholique jésuite

Le jésuite Bernard Sesboüé qui vient de mourir à l’âge de 92 ans est un grand théologien catholique qui a écrit une quarantaine d’ouvrages fondamentaux sur les différents aspects de la foi, notamment les dogmes et la christologie. En plus de ces registres, c’était un homme qui a abordé pratiquement tous les domaines de la théologie à l’image d’un Hans Küng en Allemagne. Parmi ces livres, nous en retiendrons trois qui sont des sortes de manuels qui ont leur place dans les ouvrages de base d’une bibliothèque de théologie.

Le caractère encyclopédique de son travail l’a conduit à s’engager dans les relations œcuméniques. Il a été membre du groupe des Dombes pendant plus de 40 ans et a participé à diverses commissions officielles de dialogue œcuménique en France et au plan international. Cela l’a conduit à écrire un Pour une théologie œcuménique (Cerf, 1990) dans laquelle il insiste sur les conditions historiques qui ont provoqué la Réforme : au XVIe siècle il souligne que l’Église catholique était dans un piteux état. De nos jours, les conditions ont changé et il souligne que la réconciliation des Églises ne peut être que le fruit d’une conversion.

Voix intérieure

Son livre Croire, invitation à la foi catholique pour les hommes et les femmes du XXIe siècle (Mame Desclée 2003) est une sorte de catéchisme pour adulte dans une présentation de la foi compréhensible et crédible pour notre temps. Comme exemple de sa démarche pour rendre accessible la notion de conscience, il prend l’image d’un jeune homme en train d’écrire à sa fiancée. Il veut lui faire partager les sentiments profonds qui sont en lui mais il n’arrive pas à les décrire. Il a toujours le sentiment que ses mots expriment mal ce qu’il ressent. Il essaye alors de jouer au poète, mais c’est encore pire, ses vers sont ridicules. Ce qui est dit là du jeune homme devant sa lettre peut l’être du peintre devant son tableau, du scientifique devant son expérience, du musicien devant sa partition. La conscience s’inscrit dans l’inadéquation entre l’intention et la réalisation, elle est cette voix intérieure qui nous dit que nous sommes plus que ce que nous faisons.

Enfin, il faut évoquer sa monumentale Histoire des dogmes en quatre volumes et plus de 2500 pages (Mame, Desclée) qui revisite l’ensemble des dogmes chrétiens en insistant sur les conditions historiques de leur apparition. Pour prendre un exemple sur la question des dogmes mariaux qui sont questionnés par les protestants, il écrit “qu’ils n’appartiennent pas au centre de la foi, mais qu’ils sont des conséquences de l’incarnation du Seigneur”. Il montre que la théologie a procédé à une hellénisation du langage de la foi pour la rendre accessible au langage de son époque. Nous trouvons une sorte de résumé de son travail en 200 pages dans son Introduction à la théologie (Salvator, 2017).

Bernard Sesboüé était une figure majeure du paysage théologique qui nous aide à être plus intelligents dans notre compréhension de la foi.

 

Revue Réforme

Accusé d’antisémitisme, l’imam de Toulouse relaxé par la justice

Mohamed Tataiïat, qui était poursuivi pour « provocation à la haine raciale », a été relaxé, mardi 14 septembre, par le tribunal correctionnel de Toulouse.

Le parquet avait requis en juin dernier contre l’imam de la Grande Mosquée de Toulouse six mois de prison avec sursis pour avoir relayé en arabe un hadith qui inciterait les musulmans à tuer les juifs lors d’un prêche datant de décembre 2017.

« L’infraction n’est pas caractérisée », a signifié le tribunal, qui « ne retrouve pas dans les propos tenus par Mohammed Tataïat de volonté de provoquer à la haine ou à la discrimination ». « Les propos ont pu être tenus imprudemment mais pas dans une volonté de discriminer », a ajouté le président du tribunal, soulignant que rien dans le passé de l’imam en France ne démontre une quelconque velléité contre les juifs.

« Nous saluons l’indépendance d’esprit du tribunal qui a résisté à une tentative inédite de voir criminaliser le commentaire parfaitement licite d’un hadith par un imam respecté depuis des années », ont réagi auprès de l’AFP deux de ses avocats, William Bourdon et Vincent Brenghart. « Le débat public que souhaitent instaurer les autorités sur la responsabilisation des imams ne saurait conduire à leur ingérence dans le fait religieux s’agissant d’une expression publique qui, si elle peut faire débat, n’avait strictement rien de délictuel. »

Mise à jour mardi 21 septembre : Le parquet de Toulouse a décidé de faire appel de la relaxe. La représentante du parquet, avait réclamé six mois d’emprisonnement avec sursis à l’encontre de l’imam, estimant que « l’intention de la provocation à la haine apparaît caractérisée ».

 

Saphirnews

USA : la distribution d’aide alimentaire halal et casher d’urgence soutenue par des députés

Sandwich, Casher, AlimentsDes députés américains ont apporté leur soutien à l’initiative d’organisations juives et musulmanes appelant le gouvernement fédéral à distribuer une aide alimentaire casher et halal, ceci dans le cadre du Programme d’aide alimentaire d’urgence (TEFAP) du Département d’agriculture (USDA) mis en place dans le contexte de la pandémie de la Covid-19.

Une lettre en ce sens, à l’initiative de l’élue de New York Grace Meng, a été signée par 48 représentants démocrates et envoyée mercredi 16 septembre à l’adresse de Tom Vilsack, secrétaire à l’Agriculture.

« Alors que les États-Unis continuent à se battre contre la pandémie de la Covid-19, pas moins de 29 millions d’Américains souffrent, encore et toujours, d’insécurité alimentaire », indique la lettre consultée par l’agence JTA. « La pandémie a exacerbé ce problème et nous sommes profondément préoccupés par l’approvisionnement en viande casher ou halal – et autres options de source de protéines – pour les nombreuses personnes et familles pratiquantes qui ont recours » au TEFAP.

Pour Alexander Rapaport, directeur de l’organisation juive Masbia Soup Kitchen Network, « c’est une expérience inspirante de travailler avec nos frères et sœurs musulmans dans la lutte contre la faim, et en particulier s’agissant de la nécessité de respecter nos obligations casher et halal ».

 

Saphirnews

Une maison d’édition accusée de « légitimer le jihad » visée par une procédure de dissolution

La Charia, Irak, Afghanistan, Crime, MiliceUne procédure de dissolution a été engagée par le ministère de l’Intérieur contre la maison d’édition associative Nawa. « Sa ligne éditoriale est clairement anti-universaliste et en contestation directe des valeurs occidentales. Elle a diffusé plusieurs ouvrages légitimant le jihad », a fait savoir à l’AFP l’entourage de Gérald Darmanin vendredi 17 septembre. Ses dirigeants, précise-t-on, sont « en lien avec la sphère jihadiste ».

La maison d’édition, déclarée en 2008 sous le nom de « Nawa Centre d’études orientales et de traduction », et installée à Pamiers, dans l’Ariège, fait valoir sur son site – qui n’est plus accessible aujourd’hui – sa « volonté de valoriser les sciences humaines et politiques issues de l’héritage musulman » et de contribuer « au renouveau de ces disciplines via l’étude du monde occidental ou occidentologie, l’histoire des idées et des doctrines politiques contemporaines ».

Une mesure de gel des avoirs visant Nawa et ses deux dirigeants, Sami Mlaiki, alias Abû Soleiman Al-Kaabi, et Aïssam Moussadak, alias Aïssam Aït Yahya, a également été prise, et ce pour une durée de six mois, selon l’arrêté paru jeudi 16 septembre au Journal officiel.

 

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