Après les attentats de Christchurch, les pays musulmans appellent à la lutte contre l’islamophobie

En marge d’une réunion en session ordinaire convoquée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, les pays membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI) ont publié, vendredi 22 mars, une déclaration commune, appelant à la prise « des mesures concrètes, exhaustives et systématiques » pour lutter contre l’islamophobie.

Cette réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OCI, à laquelle a été convié spécialement le ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande Winston Peters, intervient une semaine après les attentats de Christchurch qui ont coûté la vie à 50 fidèles musulmans. Le communiqué décrit ces derniers attentats, ainsi que les nombreux autres visant les musulmans dans le monde, comme les « conséquences brutales, inhumaines et horribles » de l’islamophobie.

C’est en ce sens que l’OCI a appelé les dirigeants du monde à « garantir la liberté de culte » des musulmans et à « ne pas imposer de restrictions sur leurs droits et libertés ». Parallèlement, cette organisation panislamique a exhorté tous les pays comptant des musulmans parmi leurs citoyens à « s’abstenir de toute politique, déclaration ou acte associant l’islam au terrorisme et à l’extrémisme ».

Les pays membres de l’OCI ont suggéré la création d’une « Journée mondiale de la solidarité contre l’islamophobie » qui serait célébrée tous les 15 mars, en mémoire des victimes des fusillades de Christchurch.

Le président turc a déclaré que, « de la même manière qu’elle a combattu l’antisémitisme après la catastrophe de l’Holocauste, l’humanité doit combattre avec détermination la haine de l’islam qui est en hausse ».

Après ses propos fortement controversés envers l’Australie et la Nouvelle-Zélande,Recep Tayyip Erdogan a rassuré personnellement Winston Peters que les Néo-Zélandais seraient toujours « les bienvenus » en Turquie. De son côté, ce ministre néo-zélandais s’est engagé à « faire en sorte que les communautés musulmanes se sentent en sécurité » en Nouvelle-Zélande.

 

Saphirnews

Le pape François refuse la démission du cardinal Barbarin

Philippe Barbarin a été reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, le 7 mars.

Le pape François a refusé, mardi 19 mars, la démission de Philippe Barbarin, plus haut dignitaire de l’Eglise de France condamné pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles. Le pape a notamment invoqué « la présomption d’innocence » pour justifier sa décision, a précisé le prélat français dans un communiqué.

Selon Mgr Barbarin, qui reste donc archevêque de Lyon, le pape François « m’a laissé la liberté de prendre la décision qui me paraît la meilleure pour la vie du diocèse de Lyon, aujourd’hui ».

« A sa suggestion et parce que l’Eglise de Lyon souffre depuis trois ans, j’ai décidé de me mettre en retrait pour quelque temps et de laisser la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten ».

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin, 68 ans, a été reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, le 7 mars. Le cardinal Barbarin avait annoncé le jour même qu’il allait remettre sa démission au pape tout en faisant appel de sa condamnation.

Il a répété durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement considère qu’il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ». Ses avocats ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

La conférence des évêques « s’étonne »

Le président de la conférence des évêques, Mgr Georges Pontier, s’est dit « étonné » de la situation « inédite » concernant le cardinal Barbarin, dont le pape a refusé la démission mais qui a annoncé mardi se mettre en retrait temporaire de son diocèse de Lyon.

« Je ne m’attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénario prévisibles », à savoir l’acceptation de sa démission par le pape ou son refus, a-t-il affirmé à l’Agence France-Presse, soulignant que cette situation « inédite » résultait du « conflit entre deux exigences », celle de « respecter le cheminement de la justice » et celle de « se préoccuper du bien du diocèce de Lyon ».

François Devaux, cofondateur de l’association La Parole libérée qui regroupe des victimes d’un prêtre pédophile, a jugé pour sa part que cette annonce du pape était « l’erreur de trop ». « Cela montre à quel point on a raison et que le problème est intrinsèque au dogme », a-t-il poursuivi, affirmant en outre que « cet homme-là (le pape) va réussir à tuer l’Eglise ».

Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté la démission du prélat, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.

 

Le Monde

Etam : la responsable d’un magasin de Montpellier, accusée de discrimination à l’embauche, mise à pied

La ligne de prêt-à-porter Etam a décidé, mercredi 13 mars, une « mise à pied à titre conservatoire » pour la responsable du magasin situé dans le centre-ville de Montpellier après qu’une jeune femme voilée a raconté la veille sur Twitter la manière dont cette responsable a refusé sa candidature spontanée du fait qu’elle soit voilée.

Dans un communiqué officiel publié mercredi 13 mars, Etam a reconnu que « la manière dont elle (la femme voilée, ndlr) a été reçue par la responsable du magasin » ne reflétait pas les valeurs du groupe en rappelant qu’« Etam est une entreprise engagée en faveur de la diversité et de l’inclusion et s’oppose fermement à toute forme de discrimination ».

Outre la mise à pied, Etam a également annoncé le lancement d’un « processus d’enquête interne pour déterminer les faits avec précision ». Parallèlement, les équipes de recrutement seront à nouveau formées sur le processus à suivre selon les normes du groupe, indique-t-on.

La victime a rapporté, mardi 12 mars, comment les faits se seraient déroulés. « Non mais c’est une blague, j’espère que vous n’êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée et vous me demandez un travail, en plus ça fait même pas deux jours, c’était la (journée des droits des femmes) », se serait exclamée la responsable du magasin, selon les dires de celle qui se fait appeler Oumaima. « Je ne savais pas quoi dire. Tout le monde me regardait. Tout le monde était choqué, mais personne (n’a osé) parler », regrette la jeune femme.

Le groupe, qui déclare être entré en contact avec la jeune femme pour s’excuser, s’est engagé à ce que sa candidature « fasse l’objet d’un traitement équitable » selon les processus de recrutement habituels. Le groupe a tout de même rappelé qu’il demande aux employés en contact avec les clients « de respecter dans le cadre de leurs fonctions une totale neutralité dans leur expression comme dans leur apparence ».

Saphirnews

Suisse : le projet d’interdiction du recrutement d’aumôniers musulmans dans l’armée rejeté

Interdire le recrutement d’aumôniers musulmans dans le rang de l’armée suisse, telle fut la proposition de Jean-Luc Addor, député du parti de droite xénophobe Union démocratique du centre (UDC). Les députés ont rejeté cette initiative, mercredi 13 mars, à 102 voix contre 67 et 9 absentions.

Par cette décision, le Conseil national, la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse, s’accorde avec une résolution adoptée en 2018 par le Conseil fédéral d’autoriser les aumôniers musulmans dans l’armée dans la mesure où ils remplissent les critères exigés pour un tel poste.

Le conseiller national, fidèle à la ligne xénophobe et islamophobe du parti, a prétexté les « racines chrétiennes » de la Suisse et de supposés risques de prosélytisme « islamiste » au sein de l’armée pour fonder son initiative. Il a également remis en cause l’intégrité d’un aumônier musulman qui, selon lui, est « adepte d’une religion sans Église ni clergé ».

En votant contre cette proposition, la majorité reconnait le droit de tout militaire à un accompagnement spirituel, quelle que soit sa religion, rapporte le quotidien suisse La Liberté, qui indique que « les conditions à remplir pour accomplir un service en tant qu’imam aumônier constituent une barrière pour d’éventuels recruteurs islamistes ».

 

Saphirnews

 

Nouvelle-Zélande : les attentats contre deux mosquées de Christchurch ont fait au moins 40 morts et 20 blessés graves

Quatre personnes ont été arrêtées, trois hommes et une femme. La Première ministre du pays néo-zélandaise évoque une « attaque terroriste ».

Les attentats contre deux mosquées du centre-ville de Christchurch (Nouvelle-Zélande) ont fait au moins 40 morts et 48 blessés, a annoncé la Première ministre du pays, vendredi 15 mars. Trente des victimes ont été tuées dans l’un des lieux de culte. On compte aussi 20 blessés graves. Selon Jacinfa Arden, « cela ne peut être décrit que comme une attaque terroriste. » Quatre personnes ont été arrêtées. Suivez la situation sur franceinfo.fr.

Quatre arrestations. Il s’agit de trois hommes et d’une femme. Ils étaient inscrits sur aucun fichier de surveillance de la police, précise la Première ministre néo-zélandaise. Son homologue australien a annoncé qu’un tireur était identifié comme étant un Australien, « terroriste d’extrême droite et violent ». Des engins explosifs ont été retrouvés sur les véhicules des suspects.

Une ville en état de siège. En ce jour de prière, la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées partout en Nouvelle-Zélande. La municipalité a ouvert une ligne de téléphone d’urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à une marche contre le changement climatique non loin de là. Des bâtiments publics comme la bibliothèque centrale étaient aussi fermés.

Des « actes de violence sans précédent ». Pour la Première ministre Jacinda Ardern, la Nouvelle-Zélande connaît l’une de ses journées « les plus sombres » après ces fusillades « sans précédent ».

 

Franceinfo.fr

Liberté et laïcité, les religions en équilibre

Si les chrétiens montrent des réticences à afficher leur foi dans l’espace politique, juifs et musulmans revendiquent une plus grande liberté, tout en s’exposant aux mêmes critiques et aux mêmes soupçons.

Les élus qui affichent leur foi catholique ne sont pas les seuls à se retrouver au centre de polémiques, ou à se voir soupçonner de ne pas respecter les principes de la laïcité. Peu après les élections législatives de 2017, on se souvient par exemple du tollé suscité par la députée (LREM) de Mayotte Ramlati Ali, arrivée à l’Assemblée nationale un foulard sur la tête, qu’extrême droite et militants laïques avaient aussitôt dénoncé comme un voile islamique. Non seulement l’élue s’en était défendue en expliquant qu’il s’agissait d’un traditionnel « châle mahorais », mais encore avait-il fallu rappeler que les parlementaires, à la différence des fonctionnaires, ne sont nullement astreints à un devoir de neutralité, et ont tout à fait le droit de porter des signes religieux.

« La République est laïque mais assure la liberté de conscience »

À la même période, le député (UDI) Meyer Habib s’était lui aussi attiré les foudres de mouvements laïques. L’élu des Français de l’étranger, qui revendique sa foi juive, avait en effet remercié Dieu pour sa réélection par une bénédiction en hébreu. Un geste qu’il ne regrette absolument pas. « En tant que croyant, je considère que rien n’est hasard et qu’il y a toujours une part de divin », explique-t-il à La Croix. « J’assume mon judaïsme : la République est laïque mais assure la liberté de conscience, c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire », insiste Meyer Habib en se désolant que « de nos jours, croire en Dieu est de plus en plus perçu comme ringard. »

De même, et bien qu’il n’y ait pas de musulman revendiqué au Parlement, « les musulmans ont moins de crispation ou d’autocensure pour exprimer leur foi, car il n’y a pas le poids de l’histoire qui existe entre l’État et l’Église catholique », estime Anouar Kbibech, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Pourtant, l’islam se retrouve régulièrement au cœur de controverses sur la laïcité. « Il y a de plus en plus de réflexes laïcards, déplore sans ambages Anouar Kbibech. Cela alimente un sentiment de deux poids, deux mesures et une victimisation déjà répandue chez certains musulmans. » Ce qui ne les empêche pas de s’exprimer et de dire leur foi, ni les représentants des Français musulmans d’expliquer le regard de l’islam sur des débats de société, lorsqu’ils sont auditionnés dans le cadre institutionnel.

« Il existe toujours le soupçon du retour du religieux en politique »

Mais les personnalités politiques restent rares, notamment chrétiennes, qui affichent leurs convictions religieuses de façon décomplexée. « Il existe toujours en France, un fond de soupçon du retour du religieux en politique. Une crainte que la loi de 1905 n’a pas réussi à effacer », analyse le pasteur Thierry Le Gall, missionné par le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) pour être une présence évangélique auprès des parlementaires. « Il y a chez les parlementaires chrétiens une grande prudence, pour ne pas dire une crainte, car beaucoup se disent qu’à la moindre visibilité de leur foi, ils vont voir se dresser face à eux des associations, des partis, des médias… » Pour des raisons différentes, selon les convictions, estime-t-il : « pour les catholiques, il y a le poids de l’histoire, pour les évangéliques, c’est plutôt le soupçon du prosélytisme ».

Le pasteur regrette que beaucoup de parlementaires – dont, assure-t-il, des évangéliques – ne parlent de leur foi que dans l’intimité de leur bureau, même s’il reconnaît que certains séparent aussi les choses volontairement. « Un parlementaire avec une spiritualité porte des valeurs importantes, nécessaires même pour le service du bien commun », argumente-t-il, indiquant d’ailleurs qu’un François-Xavier Bellamy, avec sa foi assumée, ne manque pas d’intéresser chez les évangéliques. « Je crois que nous sommes à la croisée des chemins, poursuit Thierry Le Gall. Soit nous allons voir des élus de la jeune génération assumer ses convictions, soit nous allons voir notre foi se diluer dans de grands faisceaux de valeurs humanistes déconnectés de leurs racines. »

 

La Croix

En Turquie, une jeunesse moins pratiquante

Malgré la pression des islamo-conservateurs, une partie de la population, y compris les femmes, relâche sa pratique religieuse.

 

Les Turcs seraient-ils moins religieux ? Malgré la construction de nouvelles mosquées, l’accent mis sur les cours d’éducation religieuse, l’importance démesurée prise par la direction des affaires religieuses (Diyanet), dont le budget (2 milliards de dollars pour 2019) a quadruplé ces dernières années, une partie de la population semble avoir perdu la foi. Plusieurs signes attestent d’un léger relâchement de la pratique religieuse. Cela peut sembler paradoxal au moment même où l’islam, religion majoritaire en Turquie, a considérablement gagné en visibilité dans l’espace public sous la houlette des islamo-conservateurs du Parti de la justice et du développement (AKP), aux manettes du pays depuis 2002, qui ont fait de la religion un instrument de conquête de leur pouvoir politique.

Parmi les indices de cette récente désaffection, des centaines de femmes turques ont publié, en janvier, sur leurs comptes Facebook des photos d’elles-mêmes « avant/après » : voilées en 2009, dévoilées en 2019. S’étant emparées du hashtag #10yearschallenge, qui consiste à partager sur les réseaux sociaux une photo de soi-même prise il y a dix ans avec un cliché récent, ces femmes ont justifié leur décision de la façon suivante : « Nous sommes devenues nous-mêmes, plus belles, plus libres. » Une prise de parole courageuse dans un pays où n’importe qui peut recevoir des menaces de mort ou se retrouver en prison pour un mot, un article, un Tweet. Après avoir reçu des volées de bois vert de la part d’internautes ulcérés, plusieurs d’entre elles ont préféré fermer leurs comptes.

Des jeunes séduits par le « déisme »

Mal vu à l’époque kémaliste, le carré de tissu islamique, qui encadre le visage sans le cacher, a repris ses droits dans l’espace public depuis que le numéro un turc, Recep Tayyip Erdogan, l’a autorisé, à l’université, à l’école, dans l’administration et, tout récemment, dans l’armée. Pour autant, le foulard n’est pas obligatoire en Turquie. Son utilisation dépend du milieu familial, de l’origine sociale, de l’appartenance politique. Il se décline en plusieurs variantes, que seul un œil exercé parvient à déchiffrer. Cinquante-trois pour cent de la gent féminine turque le porte actuellement, soit seulement 1 % de plus qu’en 2008, selon un sondage publié, en janvier, par l’institut turc d’étude de l’opinion publique Konda. Dans le même temps, toujours selon Konda, le pourcentage des personnes se décrivant comme « pieuses » a tendance à diminuer. Elles étaient 55 % en 2008 et ne sont plus que 51 % dix ans plus tard. Réalisé fin 2018 sur 5 800 citoyens à travers 36 des 81 provinces du pays, le sondage indique aussi une légère augmentation des sondés se déclarant « athées » (3 % en 2018 contre 1 % en 2008).

Non évoqué par les sondages, il est un concept, le « déisme », qui donne bien des sueurs froides aux religieux conservateurs. Déçue par la religion officielle, une partie de la population se revendique « déiste », c’est-à-dire qu’elle reconnaît l’existence de Dieu tout en rejetant les rituels et les dogmes. Un phénomène qui concerne essentiellement la jeunesse, selon un constat dressé en avril 2018 à Konya, dans le centre du pays, à l’occasion d’un séminaire organisé par le ministère de l’éducation.

Le Monde

Al-Azhar alerte sur les injustices découlant de la pratique de la polygamie

Les propos prêtés au grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayyeb, sur la polygamie ont fait grand bruit en Egypte et par-delà ses frontières. Mais est-il allé jusqu’à suggérer d’interdire purement et simplement cette pratique permise en Egypte et par la tradition islamique (sous de strictes conditions) ?

Retour sur les propos. « Les femmes représentent la moitié de la société. Si l’on ne prend pas soin d’elles, c’est comme si l’on marchait sur un seul pied », a déclaré ce haut dignitaire religieux lors d’une émission télévisée sur une chaîne égyptienne vendredi 1er mars.

Il a ainsi affirmé que la polygamie, telle que pratiquée, est « souvent une injustice envers la femme et les enfants » et que ceci résulte d’une « incompréhension du Coran et de la tradition du Prophète ».

 

« La polygamie doit obéir à des conditions d’équité »

 

Le grand imam ne s’est pas contenté de ces déclarations mais certains ont cependant compris qu’Al-Azhar appelait à une interdiction formelle de la polygamie. En réponse au début de polémique engendrée par l’incompréhension des propos de son grand imam, l’institution a apporté plus d’explications, samedi 2 mars, en indiquant que le droit à la polygamie n’est pas remise en question dans l’absolu.

Lors de l’émission en question, Ahmed al-Tayyeb a insisté sur une bonne compréhension de l’intégralité du verset qui traite la question de la polygamie dans le Coran. Il a ainsi interpellé les Egyptiens à « bien lire ce qui vient avant et après » les textes sur la polygamie. C’est en ce sens qu’il a rappelé les conditions qui sous-tendent cette pratique.

« La polygamie doit obéir à des conditions d’équité et, s’il n’y a pas d’équité, il est interdit d’avoir plusieurs épouses », a expliqué le grand imam. Pour appuyer ses propos, il s’est référé à un passage du Coran stipulant que « si vous craignez de n’être pas justes avec celles-ci, alors n’en épousez qu’une seule ».

En islam, les règles qui permettent à un homme de se marier à quatre femmes sont en effet très strictes : il doit obtenir l’autorisation de la première épouse avant d’en épouser d’autres et doit garantir l’equité totale pour chaque femme, jusqu’à quatre au maximum. Autrement, la polygamie est interdite. Mais, dans les faits, de nombreuses injustices sont commises envers les femmes au nom d’une pratique mal comprise ou devoyée.

Le Conseil national de la femme, par la voix de sa présidente Maya Morsi, figure parmi celles et ceux qui ont félicité les propos du grand imam. « La religion musulmane a fait honneur à la femme, lui a rendu justice et lui a accordé de nombreux droits qui n’existaient pas auparavant », a-t-elle fait savoir.

Saphirnews

« Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise », un documentaire choc qui met à mal le Vatican

« Après la pédophilie, c’est l’autre crime que l’Eglise doit affronter. Partout dans le monde, des prêtres abusent sexuellement de religieuses placées sous leur autorité. » Quelques jours après le sommet inédit du Vatican sur la lutte contre la pédophilie et les abus sexuels au sein de l’Église catholique, un documentaire choc révélant les nombreux cas de viols sur des religieuses, « l’autre scandale de l’Église », a été diffusé sur Arte le mardi 5 mars.

Ce documentaire, résultat d’une enquête de deux ans réalisée sur quatre continents, pointe du doigt le rôle du Vatican pour étouffer les faits à travers des temoignages forts des religieuses, qui racontent des viols commis sous prétexte, entre autres, de « pénitence » ou de témoignage de « l’amour véritable de Dieu ».

« Quand on dénonce un prêtre, on dénonce aussi l’Église », témoigne Cécilia, abusée sexuellement par un prêtre. Elle comme d’autres religieuses soulignent la difficulté pour elles de dénoncer les actes sordides commis contre elles, car, bien qu’elle décide de les signaler, le système ecclésiastique ne se positionne pas en leur faveur.

La douleur est d’autant plus rude pour ces religieuses qui ont vu leurs vœux de chasteté brisés par des hommes d’Eglise. Obligée de se taire, renvoyée de la congrégation ou contrainte à l’avortement, les victimes payent les frais des crimes de leurs bourreaux qui ne sont que peu ou pas inquiétés. Le documentaire, en replay jusqu’au 3 mai dénonce de cette façon l’omerta de l’Église et la culture de l’impunité qui règne au sein du tribunal clérical.

A la diffusion du documentaire, la Conférence des Évêques de France (CEF) a indiqué, dans un communiqué, « s’associe(r) pleinement à la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) dans sa profonde indignation, sa tristesse et sa colère », et exprime son soutien, « ses pensées et ses prières » envers les victimes.
Selon la CEF, « la lutte contre les abus sexuels et toute autre sorte d’abus dans l’Église est aujourd’hui une priorité que chacun doit porter en pleine responsabilité ». « C’est avec cette conviction que la CEF et la CORREF poursuivent leurs efforts pour accueillir et écouter les personnes victimes mais aussi, avec elles, pour continuer ce combat contre tout abus dans l’Église : abus de pouvoir, abus de conscience, abus sexuels », conclut-elle.

 

Saphirnews

Près d’une tonne et demi de viande avariée découverte dans des boucheries halal

Le halal se conjugue aussi avec hygiène. Trois boucheries situées près de Douai, dans le Nord, et qui se présentent comme halal étaient loin de ce principe.

Près d’une tonne et demi de viande avariée a été découverte et saisie pour destruction fin février dans trois établissements des villes de Flers-en-Escrebieux et de Sin-le-Noble selon La Voix du Nord.

Le contrôle visait à l’origine quatre boucheries, mais l’une était fermée le jour de l’opération. Une grosse équipe composée de contrôleurs de l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations (Urssaf), des services fiscaux, de la police aux frontières, de la direction départementale de la population et des policiers de Douai a été dépêchée sur les lieux.

Le contrôle a révélé l’existence d’« entre 1200 et 1500 kilos de viande avariée ». Des PV ont été dressées, des enquêtes ouvertes mais les boucheries n’ont pas été fermées pour le moment.

 

Saphirnews