Rencontre à Bruxelles sur « le rôle de l’imam dans le contexte européen »

Une rencontre sur « le rôle de l’imam dans le contexte européen : entre défis actuels et enjeux à avenir » s’est tenue samedi à Bruxelles, à l’initiative du Conseil européen des Oulémas marocains (CEOM).

 

Plus de 150 imams en provenance de différents pays européens ont pris part à cette rencontre qui met l’accent sur le rôle central de l’imam dans l’encadrement religieux en Europe et la nécessité de l’associer en tant que partenaire pour la promotion de la paix sociale et le vivre-ensemble entre les différentes composantes de la société.

A l’ouverture de cette rencontre, le président du CEOM, Tahar Tajkani, a souligné la pertinence de la thématique de cette réunion au vu du rôle majeur dont l’imam est appelé à jouer dans les sociétés européennes pour consacrer la stabilité et le vivre-ensemble.

La mission de l’imam ne se limite pas à guider la prière à la mosquée ou au prêche, selon M. Tajkani qui estime que l’imam est censé intervenir aussi en tant qu’éducateur et encadrant social, devant inspirer l’apaisement au sein de la société. Tout en appelant les imams à jouer pleinement leur rôle dans ce sens, il a insisté sur l’impératif de faire un diagnostic objectif de l’action de l’imam, loin de toute considération théorique.

De son côté, le premier vice-président de la Commission européenne, M. Frans Timmermans, a mis en avant, dans une allocution lue en son nom à cette occasion, le statut privilégié dont jouissent les musulmans en Europe en tant que « partenaires en citoyenneté« , réitérant à cet égard le soutien de la Commission européenne à cette composante intégrante des sociétés européennes.

Pour Virginia Manzitti, conseillère politique de l’envoyé spécial pour « la promotion de la liberté de religion et de conviction en dehors de l’Union européenne« , Ján Figel, l’Europe est appelée à construire une société ouverte et plurielle permettant la cohabitation de toutes les religions. D’où le rôle déterminant de l’imam pour contribuer à relever ce défi, a-t-elle dit.

Soulignant l’importance de la religion pour faire face à l’extrémisme et le terrorisme, Mme Manzitti a fait remarquer que nombre de personnes impliquées dans des actes terroristes ignorent les principes de la religion, ce qui impose de travailler en étroite collaboration avec les imams, notamment dans le domaine éducatif. Elle a exprimé la disposition de l’Union européenne à soutenir les acteurs religieux pour édifier une société européenne vivant dans la cohésion.

Faisant état des difficultés que rencontrent les musulmans en Europe, Mme Manzitti a cité la discrimination sur la base de l’appartenance religieuse en tête de ces problèmes. Elle a noté en revanche que 75 pc des Musulmans d’Europe ont confiance dans les institutions européennes, selon une récente étude.

Le secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Abdellah Boussouf, a aussi mis en exergue la place de l’imam dans les sociétés européennes, notant que si le terrorisme est une menace mondiale qui a divisé plusieurs pays, l’Europe est restée soudée, grâce au rôle central de l’imam qui vise à contrer les prêcheurs des discours de haine et de violence.

M. Boussouf a exhorté les Européens à accorder toute l’attention nécessaire aux imams et à les consulter dans les affaires liées à l’Islam, insistant qu’en tant que promoteurs du discours religieux, les imams et les Oulemas doivent être appuyés pour mener à bien leur mission.

Il a noté que l’Islam n’est pas en contradiction avec la démocratie et les droits de l’homme, y compris les droits des minorités, mettant en avant la capacité de cette religion à cohabiter avec les autres religions en Europe d’autant plus que l’apport des musulmans dans les sociétés européennes est indéniable.

Réfutant l’amalgame entre terrorisme et Islam, il a soutenu que « le terrorisme n’a pas de religion et n’a aucun lien avec l’Islam qui est une religion qui prône la paix et la quiétude ». M. Boussouf a fait observer à cet égard que la plupart des victimes du terrorisme commis dans différents régions du monde sont des musulmans.

Dans leurs interventions, des imams ont abordé les difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leurs missions en Europe, citant la langue en tant que principal obstacle à la communication avec les jeunes de la communauté musulmane, en particulier les deuxième et troisième générations ou encore avec les non musulmans, les problèmes d’assimilation du contexte européen, outre l’absence d’un cadre légal approprié aux imams, sans oublier d’autres considérations d’ordre matériel.

Ce colloque vient couronner une série de rencontres de formation initiées par le Conseil européen des Oulémas marocains (CEOM) dans différentes capitales européennes. Le CEOM a organisé dans l’après midi une autre rencontre sous le thème « le Saint Coran, un message de paix », ponctuée par la récitation de versets du livre saint par des déclamateurs venant d’Europe, mais aussi du Maroc et d’autres pays islamiques.

Le secrétaire général du Conseil européen des oulémas marocains, Khalid Hajji, a expliqué, dans une déclaration à la MAP, que cette rencontre intervient pour éclairer l’opinion publique européenne et dire que contrairement aux idées véhiculées dans les médias, le Saint Coran livre un message de paix prônant la culture du vivre-ensemble.

Et d’ajouter que cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts du CEOM visant à communiquer avec les membres de la Communauté musulmane établie en Europe ainsi qu’avec les institutions européennes qui considèrent le conseil comme partenaire dans la consécration de la paix sociale et la coopération entre les différentes composantes de la société.

 

Maroc Diplomatique

La « guerre du shabbat » affaiblit le gouvernement israélien

Un ministre israélien ultraorthodoxe a démissionné, dimanche 26 novembre, pour protester contre la réalisation de travaux publics durant le shabbat.Le soir même, un compromis était annoncé sur cette question du travail le samedi, sujet de frictions récurrent au sein du gouvernement depuis sa formation en 2015.

La crise semble avoir été contenue à temps. Quelques heures après la démission surprise du ministre israélien de la santé Yaakov Litzman, dimanche 26 novembre, le premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé avoir trouvé un accord avec ses partenaires ultraorthodoxes juifs de la coalition gouvernementale au sujet de l’observation du repos du shabbat (« samedi » en hébreu) en Israël.

Une loi devrait consolider le statu quo concernant l’interdiction de travailler le samedi, journée hebdomadaire de repos pour les juifs. En revanche, des petits commerces de Tel-Aviv pourront rester ouverts ce jour-là, et les matchs de football professionnels seront autorisés. Quant à Yaakov Litzman, il ne quitte finalement pas le ministère de la santé, où il devrait devenir vice-ministre.

Si le dénouement de la crise est un soulagement pour le premier ministre israélien, qui pouvait craindre une plus grande déstabilisation de son gouvernement, la démission de son ministre de la santé n’en reste pas moins révélatrice de tensions persistantes entre les partis ultraorthodoxes (Shass et Judaïsme unifié de la Torah) et les partisans d’une conception plus laïque de l’État hébreu. Ces crises ponctuelles, les médias israéliens les surnomment les « guerres du shabbat ».

« Violation » du shabbat

C’est bien pour protester contre la « violation du caractère sacré du shabbat » que Yaakov Litzman, l’un des chefs de file du parti Judaïsme unifié de la Torah, a remis sa démission dimanche 26 novembre, après avoir menacé de le faire quelques jours plus tôt. À la radio militaire, il a dit regretter que les responsables du transport ferroviaire aient « transformé le shabbat en une journée nationale de maintenance de la voie ferrée ».

En effet, alors que du vendredi après-midi au samedi soir, la loi juive interdit toute forme de « melakha » (activité créatrice), des travaux de construction et d’entretien sur les voies ferrées sont effectués le samedi en Israël. En septembre 2016, ces travaux avaient été repoussés sous la pression des partis religieux, entraînant pendant plusieurs jours une vaste pagaille dans les transports.

La coalition préservée

Avant le dénouement de dimanche, le quotidien israélien « Maariv » a estimé que cette nouvelle « guerre du shabbat » pourrait faire tomber le gouvernement de Benyamin Netanyahou, comme elle avait causé la chute du gouvernement d’Yitzhak Rabin en 1976 et celui d’Ehud Barak en 1999.

Le premier ministre Netanyahou a pour sa part assuré lors du conseil des ministres de dimanche que « tous les membres de la coalition sont intéressés par sa continuation ». « Le shabbat est important pour nous, a-t-il poursuivi, comme le sont les besoins de tous les citoyens d’Israël, y compris le besoin de transports permanents et sécurisés. »

La coalition gouvernementale israélienne, au pouvoir depuis mars 2015, repose sur une majorité de 66 députés sur 120, dont les 13 sièges de deux partis religieux, Shass et Judaïsme unifié de la Torah.

 

La Croix

En banlieue, les juifs veulent affirmer leur identité

Les attentats de 2012 et de 2015 ont entraîné le départ de nombreux Français juifs, notamment dans les banlieues où s’exacerbent les tensions entre les communautés. « La Croix » s’est rendue à Créteil, où ce contexte n’a pas affecté la démographie mais renforcé l’affirmation identitaire.

Avec ses 20 000 membres (plus d’un habitant sur cinq), la communauté juive de Créteil est la plus importante de la banlieue parisienne, devant Sarcelles. Cette grande ville située entre la Seine et la Marne, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Paris, abrite une vingtaine de synagogues et oratoires, un important réseau d’écoles Ozar Hatorah, des commerces casher…

« Créteil reste un pôle d’attraction communautaire, assure Albert Elharrar, président du centre communautaire, créé par des juifs venus du Maghreb dans les années 1960. Nous vivons dans une ville multiconfessionnelle, devenue un exemple de la cohabitation entre les hommes. »

« Je peux vous le dire : Créteil a beaucoup changé. »

Une promenade dans le quartier du Port apporte quelques nuances à ces affirmations. L’esplanade des Abymes, dont la courbe épouse celle du vaste lac artificiel de Créteil, est quasi déserte en ce bel après-midi d’automne. « Ici, dans les années 2000, c’était des restaurants casher tout le long ; il n’y en a plus que deux aujourd’hui, déplore Lévi, un rabbin loubavitch (courant très observant du judaïsme) de passage avec ses courses. Je suis né ici et je peux vous le dire : Créteil a beaucoup changé. »

À quelques mètres de là, dans la seule librairie juive du Val-de-Marne, Nataniel attend le client. « Les quartiers de Créteil prennent de la couleur, beaucoup de couleur… », lâche ce jeune libraire. À l’entendre, ces habitants musulmans « ne sont pas méchants, mais il faut s’habituer ». En tout cas, lui ne voudrait pas vivre « comme en Seine-Saint-Denis » – c’est dans ce département du nord de la capitale qu’une famille juive a été molestée en septembre à Livry-Gargan.

Les agressions antisémites qui secouent régulièrement d’autres villes de la banlieue parisienne marquent les esprits. Créteil, elle aussi, a connu des faits de violence, comme la séquestration en 2014 d’un jeune couple juif, dans son appartement. De fait, les actes antisémites ont beau être en recul numérique rapport à 2015 (800 avaient alors été recensés, contre 335 l’année suivante), la moitié des actes racistes commis en France continuent de viser des juifs, qui ne représentent que 1 % de la population.

Une forme d’exode intérieur

Ce sentiment d’insécurité a poussé les juifs de région parisienne, ces quinze dernières années, à entreprendre une forme d’exode intérieur : de banlieue à banlieue, ou vers Paris intra-muros. « Le mouvement général va d’est en ouest, précise Albert Myara, responsable du Conseil des communautés juives du Val-de-Marne. Les 16e et 17e arrondissements de Paris sont devenus très attractifs, ainsi que certaines villes de la banlieue ouest, comme Neuilly ou Levallois. A contrario, notre département du Val-de-Marne a perdu 10 à 15 % de sa population juive en dix ans : une perte significative, mais loin derrière la Seine-Saint-Denis, qui s’est vidée de la moitié de ses juifs. »

Dans le Val-de-Marne, Créteil attire moins, désormais, que certaines villes moins populaires. Charenton, Saint-Mandé ou Vincennes ont ainsi vu leur vie communautaire juive s’étoffer considérablement ces dernières années. Voilà aussi ce qui explique la fermeture de plusieurs restaurants casher de Créteil, qui attiraient jusque-là les habitants juifs de communes voisines moins pourvues en la matière.

À l’exode intérieur des juifs de banlieue s’ajoute la tentation persistante de l’Alya, la « montée » en Israël. En France, on dénombre 4 000 départs par an, après un pic à près de 8 000 départs en 2015.

Cette année-là, des dizaines de familles de Créteil étaient parties définitivement pour Israël. « Moi aussi, j’ai failli m’en aller », se souvient Sandra Sasportas, présidente adjointe de la communauté, marquée, comme beaucoup, par les attentats de Toulouse et de Paris. Juive non pratiquante, attachée à la laïcité, elle n’en n’a pas moins retiré sa fille de l’école publique à cause des agressions et insultes antisémites dont elle avait été victime.

L’enseignement public est délaissé

La plupart des familles juives de Créteil mettent désormais leurs enfants dans le privé confessionnel – juif et, dans une moindre mesure, catholique. Vanessa Rouah est la directrice de l’école Tsohar, qui a des élèves sur liste d’attente. Pour elle, si l’enseignement public est délaissé, c’est pour des raisons sécuritaires et identitaires.

« Après l’attentat de l’Hypercasher, nos enfants nous ont demandé :’Pourquoi nous ? On est différents ?’ Il a fallu leur donner des fondamentaux identitaires. » Pour Albert Myara, qui parle volontiers d’un « réveil de la conscience juive », certains parents sont aussi « ramenés » au judaïsme par leurs enfants, scolarisés dans le privé juif pour des questions de sécurité.

N’y a-t-il pas, dès lors, un risque de repli identitaire ? Fait révélateur : Yona et Elsa, en première au lycée Ozar Hatorah, n’ont chacune qu’« une copine non-juive ». Elles se souviennent encore du jour de leur brevet, où elles avaient exceptionnellement été mélangées avec des élèves de l’enseignement public. « Ça nous avait changé ! C’est bien, aussi, de s’ouvrir au monde… »

Leurs aînés dans la communauté tiennent au contraire à afficher un sens de l’ouverture « exceptionnel ». Les rencontres régulières entre le rabbin, l’imam et l’évêque de Créteil inspirent les fidèles des trois communautés, assurent-ils. « L’Expo-Bible, en 2013, nous a considérablement rapprochés des chrétiens,explique Sandra Sasportas. Sans oublier la journée champêtre que l’on organise chaque année pour la fête juive de Lag Baomer, en mai, devenue un véritable événement municipal. »

Son mari Michel, membre du conseil municipal, ajoute : « Contrairement aux mairies communistes du Val-de-Marne, qui brandissent sans cesse le conflit israélo-palestinien, nos élus jouent l’accalmie sur ces questions. »

Le risque d’une « dilution de l’identité juive »,

Plutôt que le risque du repli identitaire, c’est celui de l’assimilation que redoutent certains membres de la communauté juive de Créteil. C’est contre cette « dilution de l’identité juive », notamment à travers des mariages mixtes, que tente de lutter la maison des étudiants Zéoute (« identité » en hébreu).

Située à proximité des facultés, elle abrite des salles d’études de la Torah ainsi qu’un restaurant casher où les étudiants juifs peuvent venir déjeuner. « Ici, on accueille tout le monde : certains de ces jeunes n’ont pas mis les pieds dans une synagogue depuis leur Bar Mitzvah », rite de passage à l’âge de 13 ans, insiste le rabbin Benjamin Smadja.

Bien qu’elle ne mange pas casher chez ses parents, la jeune Keren, étudiante en ingénierie, déjeune volontiers à Zéoute. Après une scolarité dans le public, elle s’est rapprochée de ce groupe de jeunes avec qui elle est récemment partie au Brésil.

« Dans ma famille, certains se marient avec des non-juifs, mais moi je ne préférerais pas », explique-t-elle. Pourrait-elle rencontrer son futur mari ici, à la maison des étudiants ? Peut-être, mais ce n’est pas pour ça qu’elle est venue, promet-elle en riant.

 

La Croix

Le soufisme, ennemi de Daech

La mosquée égyptienne visée vendredi 25 novembre par un attentat, qui a fait 305 morts, était fréquentée par des musulmans soufis.

Ce courant mystique de l’islam est honni par les islamistes qui le considèrent comme hérétique.

Pourquoi la mosquée al-Rawda de Bir al-Abd, située dans le Nord-Sinaï en Égypte, a-t-elle fait l’objet d’un attentat qui a causé la mort, vendredi 25 novembre, de 305 personnes dont 27 enfants ? Tout porte à croire que le fait qu’elle soit fréquentée par des musulmans soufis est à l’origine de cette attaque.

En effet, même s’il ne l’a pas officiellement revendiqué, Daech voue une haine aux partisans du soufisme qui expliquerait l’attentat. Et qui avait déjà conduit, en novembre 2016, le groupe terroriste à tuer le prédicateur soufi Suleiman Abou Harraz aux alentours de la ville d’El-Arich, au motif qu’il pratiquait la sorcellerie.

Ne plus faire qu’un avec Dieu

Les extrémistes musulmans reprochent aux soufis, qu’ils ont moult fois attaqué par le passé en Égypte comme au Pakistan, de gommer la distinction – fondamentale dans l’islam – entre Dieu et l’homme. En effet, le but déclaré du soufi est de s’immerger en Dieu au point de ne plus faire qu’un avec lui.

Dans cette branche traditionnelle de l’islam – aussi bien sunnite que chiite – qu’est le soufisme (le mot viendrait de l’arabe safa : « limpidité »), ses adeptes cherchent un chemin spirituel personnel, jalonné d’expériences mystiques, d’élévation, voire d’ascèse. Cet islam de paix, tourné vers l’autre, est aux antipodes de l’islam guerrier, prôné par les islamistes qui lui reprochent sa dimension ésotérique et son caractère hérétique.

Ainsi, l’Iranien Abu Yazid Bistami (mort vers 875) raconte-t-il l’expérience mystique fulgurante qu’il a vécue. « Au prix d’une ascèse forcenée, il entame un voyage initiatique et voit son être dialoguer avec Dieu, se refléter en Lui à tel point qu’il y a substitution des deux personnes », raconte Éric Geoffroy, soufi lui-même, dans un ouvrage paru sur le sujet en 2013 aux Éditions Eyrolles. Et lorsque quelqu’un frappe à sa porte et le demande, le grand mystique peut répondre : « Non, il n’y a que Dieu dans cette maison. » La présence divine a annihilé en lui l’ego humain ordinaire.

Dompter le « moi »

Comme l’islam en général, le soufisme a pour objectif la soumission à la volonté de Dieu et la préparation pour la rencontre attendue avec lui. Mais, plus que les autres musulmans, les soufis insistent sur la nécessité de dompter en eux le nafs, le « moi » égoïste, fréquemment comparé à un cheval fougueux, et influencé par ­Satan.

Dans leur combat quotidien, les soufis s’appuient sur un hadith (parole prêtée au Prophète) comparant le « petit djihad », à mener sur les champs de bataille contre les ennemis de l’islam, avec le « grand djihad », intérieur celui-là. Ce n’est qu’une fois que le nafs est maîtrisé qu’une place est libérée pour Dieu dans le cœur du croyant et qu’une rencontre, un dialogue deviennent alors possibles avec lui.

« Le soufi s’élève alors vers ce Dieu qui est également Absolu, Vérité et Unité, remontant le long d’une échelle intérieure ponctuée de stations (maqam), prenant conscience que la Création dans sa totalité n’est qu’une manifestation de l’Incréé. Il goûte alors à l’état d’annihilation en Dieu », écrit Thierry Zarcone, dans Le Soufisme, voie mystique de l’islam (Gallimard, La Découverte). Une remontée parfois décrite comme « extase » ou « transe », pouvant prendre la forme d’une attraction « vers le haut » ou « vers l’intérieur », menant vers Dieu sous la forme de cercles concentriques…

Le soufisme s’est structuré à partir du XIIe siècle sous la forme de confréries (tarîqa), systématisant les doctrines et les expériences des premiers « maîtres » (cheikh) : Râbi’a, Bistami, puis Ibn’Arabî (mort en 1240) et surtout Rûmî, fondateur à Konya, en Turquie, de la confrérie des mevlevis (ou derviches tourneurs). Les tombeaux des saints de la confrérie sont également vénérés et deviennent lieux de pèlerinage ou de rassemblements festifs (moussem). Élitiste au départ, le soufisme se fait aussi populaire, coloré de traditions différentes selon les régions du monde où il est implanté.

 

La Croix

En Birmanie et au Bangladesh, le pape François veut promouvoir le dialogue

À travers la question des Rohingyas, c’est toute la question des minorités qui se posera au pape pendant cette semaine en Birmanie, où il arrive lundi 27 novembre et au Bangladesh.

 

« Plus qu’un voyage : une aventure ! », sourit Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège à propos du voyage du pape François en Birmanie, où il doit arriver lundi 27 novembre, avant le Bangladesh à partir de jeudi 30 novembre.

Un voyage dont les détails ont été réglés jusqu’au dernier moment. Il y a dix jours, le cardinal Charles Bo était encore dans le bureau du pape pour le convaincre de quelques ajouts à son programme : une réunion interreligieuse, dès mardi matin 28 novembre avec des représentants de toutes les confessions présentes en Birmanie – et donc, probablement, des musulmans – et une rencontre « privée » avec le chef de l’armée birmane, celle-là même que l’ONU accuse de « nettoyage ethnique » vis-à-vis des Rohingyas.

En contrepartie, à Dacca, avant la rencontre interreligieuse de vendredi 1er décembre, François rencontrera quelques Rohingyas dont il écoutera le témoignage, lui qui ne cesse de plaider en leur faveur depuis plusieurs mois.

La question des Rohingyas, au cœur du voyage papal

Si le pape vient d’abord à la rencontre de deux petites Églises (0,24 % de la population au Bangladesh, 1,27 % en Birmanie), c’est bien la question des Rohingyas qui sera au cœur de son 21e voyage. L’emploi même du mot pourrait poser problème même si, au Vatican, on assure que « Rohingya n’est pas un mot interdit ». « Il pourrait plutôt parler des « musulmans de l’État Rakhine » », suggère néanmoins le cardinal Bo qui, comme le reste de l’Église birmane, a essayé de faire en sorte que le pape n’insiste pas trop sur le sujet.

Non qu’elle se désintéresse du sort des Rohingyas, mais elle sait que, à travers eux, c’est toute la question des minorités qui est en jeu. « On parle beaucoup des Rohingyas mais on oublie que beaucoup d’autres minorités ont vécu la même chose », rappelle le père Bernardo Cervellera, directeur de l’agence d’information italienne AsiaNews, qui cite les Karens, dans l’est du pays, ou les Kachins, dans le Nord, ethnies majoritairement chrétiennes.

« En arrivant au pouvoir, Aung San Suu Kyi a trouvé une situation très polarisée et a lancé un vaste programme de réconciliation », explique encore ce spécialiste de l’Asie. Selon lui, si l’Église soutient si fortement Aung San Suu Kyi, c’est parce qu’elle a bien compris que ce qui se passe avec les Rohingyas est une tentative des militaires pour l’affaiblir et la faire partir une fois qu’elle aura perdu le soutien de la communauté internationale.

« Le soutien du pape à Aung San Suu Kyi sera aussi un message à la Chine »

À cet égard, la rencontre avec les moines bouddhistes, mercredi après-midi 29 novembre, sera cruciale pour François. « Il y a dix ans, ce sont eux qui ont commencé les marches pour la démocratie, rappelle le père Cervellera. Ils sont une vraie force dans le pays mais, depuis quelques années, les militaires ont placé des gens à eux dans les monastères pour exciter le nationalisme. »

Pourtant, cette confrontation n’est, pour lui, « religieuse qu’en apparence ». « Le programme des nationalistes bouddhistes coïncide avec celui politique mais surtout économique des militaires », explique-t-il, décrivant le projet de port en eau profonde pour accueillir les navires chinois prévu dans l’État Rakhine, où vivent les Rohingyas, qu’un pipeline et une autoroute relieront à la Chine, justement à travers les terres des minorités chrétiennes du Nord. « Le soutien du pape à Aung San Suu Kyi sera aussi un message à la Chine », affirme le père Cervellera.

Appeler au dialogue

Mais c’est bien sur le dialogue que François entend insister tout au long de cette semaine asiatique : vis-à-vis du bouddhisme en Birmanie, comme de l’islam au Bangladesh. Et aussi l’hindouisme. Dacca ne sera qu’à une encablure de l’Inde où un voyage avait été envisagé, rendu difficile par le discours nationaliste et antichrétien du parti au pouvoir à New Delhi.

De ces deux « petits » pays que le pape visitera, il s’adressera donc aux deux géants de l’Asie, la Chine et l’Inde (2,7 milliards à eux deux !). Comme le reconnaît Greg Burke, « ce sera sûrement le voyage le plus intéressant de François sur le plan diplomatique ».

 

Un nouvel appel pour l’accueil des migrants

Le pape François a placé la Journée mondiale de la paix, qui aura lieu le 1er janvier, sous le signe des migrants. « Ceux qui fomentent la peur des migrants, parfois à des fins politiques, au lieu de construire la paix sèment la violence, la discrimination raciale et la xénophobie, sources de grande préoccupation pour tous ceux qui ont à cœur la protection de chaque être humain », affirme-t-il, dans son message publié vendredi 24 novembre.

Le pape souligne que les migrants et les réfugiés « n’arrivent pas les mains vides ». « Ils enrichissent la vie des nations qui les accueillent », selon les mots de François qui appelle à les « accueillir », les « protéger », les « promouvoir » et les« intégrer ». Au cours de l’année 2018, il souhaite également « la définition et l’approbation par les Nations unies de deux pactes mondiaux : l’un pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et l’autre concernant les réfugiés ».

 

La Croix

Égypte : une attaque dans une mosquée au Sinaï fait au moins 155 morts

Des hommes armés ont pris pour cible la mosquée al-Rawdah, vendredi 24 novembre dans le nord du Sinaï, une région régulièrement prise pour cible par les terroristes.

 

155 personnes ont été tuées vendredi 24 novembre dans l’attaque d’une mosquée par des hommes armés dans le nord du Sinaï égyptien, selon un bilan encore provisoire dévoilé par la télévision d’État. Au moins 120 personnes ont également été blessées dans cette attaque qui a visé les fidèles pendant la grande prière hebdomadaire, selon la même source.

D’après les autorités égyptiennes, les assaillants ont également fait l’usage d’une bombe avant d’ouvrir le feu dans la mosquée al-Rawdah située dans la ville de Bir al-Abd. Les nombreuses victimes ont été prises en charge dans des hôpitaux de la région. La présidence a décrété trois jours de deuil national.

Depuis 2013 et la destitution par l’armée du président islamiste élu Mohamed Morsi,des groupes djihadistes, dont la branche égyptienne de l’organisation État islamique, attaquent régulièrement les forces de sécurité égyptiennes dans le nord du Sinaï.De nombreux policiers et soldats, ainsi que des civils, ont été tués dans ces attaques.

 

AFP

Au moins 50 morts dans un attentat-suicide dans le nord-est du Nigeria

 

Au moins 50 personnes sont mortes dans un attentat-suicide contre une mosquée de Mubi, dans le nord-est du Nigeria, mardi 21 novembre. Le kamikaze est un adolescent qui a actionné son engin explosif lors de l’arrivée des fidèles pour la prière du matin. « Pour l’instant nous avons au moins 50 morts » et plusieurs blessés, a déclaré à l’Agence France-Presse le porte-parole de la police de l’Etat d’Adamawa, Othman Abubakar.

 

« Le kamikaze s’est fait exploser parmi les fidèles pendant les prières du matin : une quinzaine de fidèles ont été tués et plusieurs autres blessés », a ajouté Haruna Furo, responsable de l’Agence de gestion des urgences de l’Etat d’Adamawa. De nombreux blessés ont été transférés vers les hôpitaux de la région pour être soignés en urgence, selon les différentes sources, qui n’ont pu en préciser le nombre.

La marque de Boko Haram

L’attentat n’a pas été revendiqué pour l’heure, mais le mode d’action et la situation géographique portent la marque de Boko Haram. Le groupe terroriste islamiste mène régulièrement des attaques contre des villages et des attentats-suicides.

L’Etat d’Adamawa, touché par les violences au pic de l’insurrection en 2014-2015, avait connu un progressif et fragile retour au calme, en comparaison avec l’Etat voisin du Borno, épicentre du conflit, qui n’a connu aucun répit. Ces dernières semaines, pourtant, les attaques djihadistes ont repris. La région, frontalière du Cameroun, est proche des monts de Mandara, où Boko Haram a plusieurs camps.

Au moins deux femmes et un soldat ont été tués début novembre dans une attaque menée par des dizaines de djihadistes à Gulak, dans la région de Madagali, dans le nord de l’Etat d’Adamawa.

 
Le Monde Afrique

La Mauritanie veut systématiser la peine de mort pour blasphème

Un projet de loi durcissant la législation en vigueur contre les auteurs d’apostasie et de blasphème a été adopté par le gouvernement mauritanien selon l’agence de presse AMI. « Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager, ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort même en cas de repentir », a déclaré le 16 novembre le ministre de la Justice Brahim Ould Daddah.

Ce projet de loi abroge et remplace l’article 306 du Code pénal. Cette décision a été prise suite à l’affaire Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir. Ce blogueur mauritanien a été détenu en prison pendant près de quatre ans pour un article jugé blasphématoire. Le 25 décembre 2014, la cour criminelle de Nouadhibou, dans le nord-ouest du pays, a condamné à mort le blogueur pour s’être rendu coupable d’apostasie car il avait « parlé avec légèreté » du Prophète Muhammad.

Dans son article, Mohamed Ould Mkheitir avait affirmé que certaines personnes en Mauritanie se servent de la religion pour justifier des discriminations raciales ou de caste. Il s’était appuyé sur des exemples inspirés de la vie du Prophète Muhammad pour condamner ces pratiques. Le jeune homme a ainsi dénoncé les discriminations dont sont victimes les membres de sa communauté, les Maalmines (la caste des forgerons et des artisans), tant sur le plan social que religieux.

Le 9 novembre dernier, le blogueur a finalement vu sa condamnation à mort être convertie en une peine de prison de deux ans. Il a été libéré dans la foulée. La Cour d’appel de Nouadhibou a suivi l’article 306 du Code pénal qui prévoit que, si le prévenu se repent avant la décision de justice, elle peut commuer la peine capitale en sentence de trois à vingt-quatre mois de prison. Le projet de loi est la (mauvaise) réponse de l’Etat à la libération du militant.

Selon un rapport du Département d’Etat américain, la Mauritanie n’a jamais mis à exécution une peine capitale pour apostasie depuis son accession à l’indépendance en 1960. De plus, l’Etat mauritanien a ratifié le Pacte international des Nations unies relatifs aux droits civils et politiques dont l’article 6 stipule que les pays qui n’ont pas aboli la peine de mort doivent la réserver « exclusivement aux crimes les plus graves ».

 

Saphirnews

Abd al-Wahid Pallavicini, figure de l’islam et du dialogue interreligieux en Italie, est mort

Abd al-Wahid Pallavicini s’en est allé. Cet acteur important du culte musulman et du dialogue interreligieux en Italie, fondateur de la Communauté religieuse islamique italienne (COREIS), est décédé dimanche 12 novembre à Milan. Retour sur le parcours d’un homme qui a marqué de son empreinte le paysage religieux italien.

Il a marqué de son empreinte le paysage religieux italien. Abd al-Wahid Pallavicini est décédé dimanche 12 novembre à Milan à l’âge de 91 ans, apprend-t-on par ses proches mercredi 15 novembre. Une prière funéraire est organisée vendredi 17 novembre dans la mosquée milanaise Al-Wahid, siège de la Communauté religieuse islamique italienne (COREIS) que le très respecté cheikh a crée 24 ans plus tôt. Qui fut-il ?

Abd al-Wahid (en arabe, le serviteur de l’Unique), né Felice Pallavicini en 1926 à Milan, grandit dans une ancienne et noble famille lombarde catholique. La présence musulmane en Italie était alors très faible. Sa quête spirituelle le mène à voyager dans les pays à majorité musulmane, notamment au Maroc où il finit par choisir l’islam pour religion.

« Sa conversion à l’islam dans les mains de Titus Ibrahim Burckhardt eut lieu le 7 janvier 1951, tandis que s’éteignait au Caire le métaphysicien René Guénon », rappelle l’Institut des hautes études islamiques (IHEI), fondé en 1994 par Abd al-Wahid Pallavicini et aujourd’hui présidé par son fils Yahya.

Un fervent disciple de René Guénon

Titus Ibrahim Burckhardt, un Suisse allemand né à Florence en 1908, consacra sa vie à l’étude de l’art traditionnel et sacré après sa conversion à l’islam dans les années 1930. Mort en 1984, il s’inscrivit dans la même tradition soufie que René Guénon, homme qu’Abd al-Wahid Pallavicini considéra comme son « guide spirituel ». Son admiration pour le métaphysicien, aussi appelé Abd al Wâhid Yahya, le poussa d’ailleurs à adopter le même nom que lui malgré qu’il n’ait jamais eu l’occasion de le rencontrer dans cette vie.

Après un voyage à Singapour, où il reçut l’autorisation de conduire une branche autonome de la confrérie Ahmadiyyah Idrisiyyah Shadhiliyyah – d’inspiration guénonienne – en Europe, Abd al-Wahid Pallavicini, honorée du titre de cheikh (ou shaykh), fonda dans les années 1980 en Italie et en France une communauté de musulmans rattachée au soufisme traditionnel. « Ses témoignages pour un œcuménisme « au sommet » font écho aux enseignements des maîtres spirituels musulmans qui renouvellent dans l’humanité le souvenir de Dieu », indique l’IHEI.


Un pionnier du dialogue interreligieux

En 1986, Abd al-Wahid Pallavicini est désigné par les administrateurs de la mosquée de Rome comme leur représentant officiel auprès du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. C’est la même année qu’il participe à la rencontre historique des religions pour la paix à Assise en 1986, initiée par le pape Jean-Paul II.

Passant son temps entre Rome et Milan, cet infatigable promoteur du dialogue interreligieux a depuis participé à des centaines de conférences et de rencontres à travers le monde avec de hauts responsables des religions abrahamiques.

En véritable disciple de René Guénon, il créa en 1990 le Centre d’études métaphysiques à Milan, qui rassemble chrétiens et musulmans afin de « contribuer à faire retrouver le sens originel des valeurs traditionnelles ». Le Centre vise à promouvoir « le langage métaphysique », source d’échanges interreligieux « privilégiés » qui évitent « un mélange de rites en un syncrétisme nivelant », selon la revue Politica Hermetica parue en 2002 pour le 50e anniversaire de la mort du métaphysicien. « L’approfondissement des aspects fondamentaux des diverses Traditions orthodoxes permet de réaliser un véritable œcuménisme « par en haut », et non une simple comparaison des théologies », lit-on.

En 2007, Abd al-Wahid Pallavicini lança à Milan l’Académie des études interreligieuses (ISA), un institut de formation permettant au grand public d’approfondir leurs connaissances sur les trois grands monothéismes.

 

Yahya Pallavicini

Yahya Pallavicini

Sa contribution essentielle à la construction d’un islam européen

Abd al-Wahid Pallavicini, auteur en 1991 de « L’islam intérieur – Message d’un maître soufi » est surtout connu pour avoir lancé en 1993 l’Association italienne pour l’information sur l’islam, devenue en 1997 la Communauté religieuse islamique italienne (COREIS). Celle-ci, qui fédère dès le départ une majorité d’Italiens convertis à l’islam, jette ainsi les bases d’un islam italien et même européen.

L’islam ne figure pas, aujourd’hui encore, parmi les religions officiellement reconnues en Italie mais la COREIS est devenu un interlocuteur incontournable de l’Etat et de ses institutions s’agissant du culte musulman, du fait de son importance dans le paysage religieux italien.

La structure a ainsi signé en avril 2017, avec d’autres associations musulmanes, un « pacte » avec le gouvernement visant à assurer de meilleures conditions de pratique de l’islam dans le pays en contrepartie d’un engagement des cadres religieux à, entre autres, appuyer la lutte contre l’extrémisme. « Une étape historique pour la formation d’un islam italien » à laquelle Abd al-Wahid Pallavicini a contribué, toujours aux côtés de son fils Yahya, vice-président de la COREIS.

Son héritage spirituel est désormais entre les mains de ce dernier. A 52 ans, l’imam de la mosquée Al-Wahid suit avec ferveur le chemin emprunté par son père dans le dialogue interreligieux.

Saphirnews

Pour la première fois, Barbie porte le voile

Mattel a présenté sa poupée voilée, créée en l’honneur de l’escrimeuse américaine Ibtihaj Muhammad.

C’est une première en plus de soixante ans d’existence. Le groupe américain Mattel a présenté lundi 13 novembre sa poupée Barbie créée en l’honneur de l’escrimeuse américaine Ibtihaj Muhammad, devenue en 2016 la première sportive américaine voilée à participer aux Jeux olympiques. Cette poupée arbore la tenue de l’escrimeuse ainsi qu’un voile, ce qui en fait la première Barbie voilée jamais fabriquée et vendue par Mattel.

« Un rêve d’enfance devenu réalité »

« Nous sommes ravis d’honorer Ibtihaj Muhammad avec une poupée Barbie unique ! Ibtihaj continue d’inspirer partout les femmes et les jeunes filles pour qu’elles repoussent les barrières », écrit sur Twitter Mattel, dont la poupée sera commercialisée en ligne à compter de 2018.

Cette poupée Barbie voilée a suscité toutefois des réactions très diverses sur les réseaux sociaux, déclenchant notamment un déchaînement de messages haineux.

 

Franceinfo