Messe à Abou Dhabi : les Béatitudes, plan de vie pour les catholiques

Le Pape François a célébré une messe publique aux Émirats arabes unis devant 180 000 fidèles, un évènement d’une ampleur inédite. Il a pu ainsi rencontrer la communauté catholique du pays, entièrement composée de travailleurs immigrés. Environ 4000 musulmans ont aussi assisté à cette messe.

Cette seconde et dernière journée du Pape François à Abu Dhabi a été placée sous le signe de la rencontre avec la communauté chrétienne des Émirats arabes unis. Si les musulmans sont majoritaires dans le pays, la population des Émirats est composée à 85 % d’étrangers. Un million d’entre eux sont catholiques : des Européens, des Libanais, des Latino-Américains, et surtout de très nombreux Asiatiques originaires des Philippines, d’Inde ou du Sri Lanka.

Le Pape a débuté sa journée par une courte visite à la cathédrale, durant laquelle il a donné sa bénédiction à quelques familles rassemblées dans cette église inaugurée en 1965 et élevée au rang de cathédrale en 1983. Bien que l’édifice soit de modeste dimension, il s’agit de l’une des plus grandes paroisses du monde, puisque plus de 100 000 fidèles s’y rattachent géographiquement, dont une proportion considérable suit les messes proposées chaque semaine dans les différentes langues de ces travailleurs expatriés.

François s’est ensuite déplacé dans un stade pour une messe en extérieur, qui a représenté le plus grand rassemblement public de toute l’histoire des Émirats arabes unis. Ce mardi matin, ils étaient 180 000 fidèles réunis au total, en comptant à la fois ceux qui étaient rassemblés à l’intérieur du Zayed Sports Center, et ceux qui étaient massés à l’extérieur et qui n’ont pas pu entrer, faute de place, mais pour lesquels des écrans géants avaient été installés. Le gouvernement leur avait octroyés une journée de congé pour qu’ils puissent assister à cette messe.

Les Béatitudes, un plan de vie

Dans son homélie, le Pape François, est revenu sur les Béatitudes dans l’Évangile de saint Matthieu. Il a rappelé que «si tu es avec Jésus, si, comme les disciples d’alors, tu aimes écouter sa parole, si tu cherches à le vivre chaque jour, tu es heureux». Les Béatitudes, «c’est se savoir en Jésus», «c’est entendre la vie comme une histoire d’amour, l’histoire d’amour fidèle de Dieu qui ne nous abandonne jamais et veut être en communion avec nous toujours».

Ce texte nous surprend, a expliqué François car on y voit un «renversement de la pensée commune» : ce ne sont pas les riches, les puissants qui sont heureux mais «les pauvres, les doux, ceux qui restent justes même au prix de faire triste figure, les persécuté». Ceci n’est possible car Jésus, «pauvre de choses mais riche d’amour», «est venu pour servir, non pour être servi». «Il nous a enseigné que ce n’est pas celui qui a qui est grand, mais celui qui donne». Sa seule force, c’est l’amour divin.

Rendre le monde propre

Le Pape a insisté, soulignant que «vivre les Béatitudes ne demande pas de gestes éclatants». «Il nous a demandé de réaliser une seule œuvre d’art, possible pour tous : celle de notre vie. Les Béatitudes sont alors un plan de vie», nous demandant d’imiter Jésus dans la vie de tous les jours. «C’est la sainteté du vivre-au-quotidien, qui n’a pas besoin de miracles et de signes extraordinaires». Et le bénéfice n’est pas que pour soi, car «celui qui vit ces Béatitudes selon Jésus – a affirmé François –  rend le monde propre».

Et dans ce monde, «le chrétien part armé seulement de sa foi humble et de son amour concret», comme l’avait rappelé saint François. Heureux les doux, ainsi, a reconnu le Pape, qui a insisté également sur une autre béatitude : heureux les artisans de paix. «Le chrétien promeut la paix, à commencer par la communauté dans laquelle il vit.» Le Saint-Père a constaté qu’«une Église qui persévère dans la parole de Jésus et dans l’amour fraternel est appréciée du Seigneur et porte du fruit».

Le Seigneur est à nos côtés

Le Pape a choisi pour cette messe le texte des Béatitudes, qui, dans le contexte des Émirats arabes unis prend un tout autre relief. Le Saint-Père a prévenu en effet que «suivre la voie de Jésus ne signifie pas toutefois être toujours dans l’allégresse». C’est vrai où que ce soit, pour celui «qui est affligé, qui subit des injustices, qui se dépense pour être un artisan de paix». Mais c’est d’autant plus vrai pour ces fidèles que le Pape rencontre à Abu Dhabi. «Ce n’est pas certes pas facile de vivre loin de la maison et de sentir bien sûr, en plus de l’absence de l’affection des personnes les plus chères, l’incertitude de l’avenir».

Le Pape a donc rappelé que, malgré tout, «le Seigneur est proche. Il peut arriver, devant une épreuve ou dans une période difficile». «Même s’il n’intervient pas tout de suite, il marche à nos côtés».

Face à lui, le Pape a eu «un chœur qui comprend une variété de nations, de langues et de rites ; une diversité que l’Esprit Saint aime et veut toujours plus harmoniser, pour en faire une symphonie». «Que vos communautés soient des oasis de paix», a exhorté François qui a demandé pour elles «la grâce de garder la paix, l’unité, de prendre ici soin les uns des autres, avec cette belle fraternité pour laquelle il n’y a pas de chrétiens de première et de seconde classe».

 

Vatican News

Le catholicisme dans la péninsule arabique

Le voyage à partir de dimanche de François aux Emirats arabes unis marque la première visite d’un pape dans la péninsule arabique, perçue comme conservatrice et où résident plus de 2,6 millions de catholiques.

Alors que l’écrasante majorité des catholiques sont des expatriés selon les vicariats apostoliques de l’Arabie du nord et du sud, le voyage du pape dans une région où l’islam est né est une nouvelle étape importante dans ses efforts pour renforcer les liens avec cette religion.

Relations diplomatiques avec le Vatican

Le Koweït a été le premier pays de la région à formaliser ses relations avec le Vatican en 1968. Le Yémen a fait de même en 1998, Bahreïn en 2000, le Qatar en 2002 et les Emirats arabes unis en 2007.

L’Arabie saoudite et Oman n’ont pas encore établi de relations diplomatiques formelles avec le Vatican.

L’année dernière, l’Arabie saoudite, qui abrite les lieux saints de l’islam de La Mecque et Médine, a accueilli des représentants de diverses traditions chrétiennes, alors que le prince héritier Mohammed ben Salmane multipliait les signes d’ouverture de son royaume ultra-conservateur.

En avril 2018, l’Arabie saoudite a accueilli le cardinal français Jean-Louis Tauran qui a présidé le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux du Vatican.

Décédé en juillet 2018, il était considéré comme un promoteur énergique du dialogue entre l’Église catholique romaine et l’islam. Et, en novembre 2017, le chef de l’église maronite du Liban, Bechara Rai, a effectué une visite officielle en Arabie saoudite où il a rencontré le roi Salmane et le prince Mohammed.

Catholiques dans la Péninsule arabique

Il y a plus de 3,5 millions de chrétiens dans le Golfe, dont environ 75% sont catholiques, pour la plupart des travailleurs migrants des Philippines et d’Inde.

Selon les vicariats apostoliques, il y a plus d’un million de catholiques rien qu’en Arabie saoudite, environ 350.000 au Koweït, 80.000 à Bahreïn et entre 200.000 et 300.000 au Qatar, bien qu’aucun chiffre officiel n’existe.

Environ un million de catholiques vivent aux Emirats arabes unis, selon Mgr Paul Hinder, évêque du vicariat apostolique d’Arabie du sud, qui comprend les Emirats arabes unis, Oman et le Yémen.

Eglises catholiques

Il y a 22 églises catholiques dans la région où les fidèles sont les bienvenus pour visiter et prier.

Les Emirats arabes unis comptent le plus grand nombre d’églises catholiques de la région, soit huit.

Le sultanat d’Oman, le Koweït et le Yémen en ont quatre chacun, tandis que le Qatar et le royaume de Bahreïn en ont un chacun.

La messe célébrée dans les églises le vendredi, qui marque le premier jour du week-end dans la région, est généralement la plus fréquentée. Aux Emirats arabes unis, la messe a lieu à différents moments de la semaine et dans différentes langues (anglais, tagalog, malayalam, hindi…) pour accommoder les différentes nationalités.

L’Arabie saoudite interdit encore toute maison de prière non musulmane.

Selon le vicariat apostolique d’Arabie du nord, les catholiques « jouissent de la liberté de culte dans l’enceinte de la paroisse ».

Il signale cependant certaines difficultés en raison d’une « restriction sur le nombre de prêtres, du trop petit nombre d’églises et de l’espace limité dans les églises », en particulier à Noël et à Pâques où la participation à la messe peut atteindre 25.000 personnes.

« Il est également interdit (sous peine de punition) de se livrer à toute activité publique ou d’afficher sa religion, y compris le prosélytisme », précise le vicariat apostolique.

Citoyens chrétiens

Si la majorité des chrétiens de la région sont des travailleurs migrants, il y a un faible pourcentage de chrétiens nationaux au Koweït, à Bahreïn et au Yémen.

Selon le père Emmanuel Gharib, chef de l’Église évangélique nationale du Koweït, il y a environ 260 chrétiens koweïtiens de huit familles élargies.

Selon des estimations non officielles, il y aurait un millier de citoyens bahreïnis chrétiens et des milliers de Yéménites chrétiens.

 

AFP

Au Caire, les Egyptiennes tombent le voile

Ces deux dernières années, de plus en plus de femmes, en particulier chez les jeunes, renoncent au hijab, y compris chez les ministres, les députés et les fonctionnaires.

 

Une émission de milieu d’après-midi sur une chaîne égyptienne dédiée aux femmes est consacrée à la cuisine. Deux présentatrices s’activent entre les légumes coupés et les casseroles sur le feu tout en donnant des précisions sur leur recette. L’image serait tout à fait traditionnelle si les deux dames n’étaient pas apprêtées comme pour une grande soirée. L’une, en robe noire à strass avec une épaule nue, laisse tomber ses cheveux longs en grandes boucles. L’autre, en satin rouge, affiche un grand décolleté et une crinière noire. Une apparence impensable il y a quelques années encore en Egypte, où la même émission était animée par des femmes portant le hijab.

Loin d’être réservé à la télévision, le phénomène du renoncement au hijab s’est accéléré ces deux dernières années, en particulier chez les jeunes Egyptiennes. Celles-ci s’irritent de devoir expliquer ou justifier leur décision en affirmant leur droit à «la liberté de choix» dans ce domaine. Dans les discussions sur les réseaux sociaux, elles récusent un lien avec la vague anti-islamiste et la diabolisation des Frères musulmans par le régime autoritaire du Président Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. Il reste que le nombre de femmes qui apparaissent tête découverte dans l’espace public, y compris parmi les ministres, les députés et les fonctionnaires, est en nette augmentation.

On s’était en effet habitué depuis des décennies à voir plus de 90 % des Egyptiennes dans les rues, tête recouverte d’un voile étroitement serré autour du cou. Certes, cela n’a jamais interdit à leur coquetterie de s’exprimer par des foulards aux couleurs éclatantes, aux tissus brillants et aux imprimés voyants, encadrant souvent un visage lourdement maquillé. Tandis que leurs jupes longues très moulantes soulignant leurs formes contredisent l’objectif du hijab de cacher l’apparence des femmes. On avait oublié que, dans les années 60, l’écrasante majorité des étudiantes à l’université du Caire, comme des femmes dans les rues de la capitale, ne portaient pas de couvre-chef. Qu’elles se référaient encore au geste historique des premières militantes nationalistes des années 20, qui avaient ôté leur voile en signe d’émancipation religieuse, sociale et nationale.

La vague actuelle de renoncement au symbole des années de conservatisme social et religieux qui a touché l’ensemble des pays arabo-musulmans est sans doute bienvenue. Si seulement les Egyptiennes ne poussaient pas l’excès jusqu’à présenter des émissions de cuisine en tenue de gala…

 

Libération

245 millions de chrétiens fortement persécutés en 2018

 

L’association Portes Ouvertes vient de publier son Index mondial de persécution des chrétiens, déplorant une situation qui ne fait qu’empirer. L’Inde et la Chine pèsent sur les chiffres globaux.

© Portes Ouvertes

Les persécutions contre les chrétiens dans le monde n’en finissent pas d’augmenter. C’est ce qu’observe l’association Portes Ouvertes, fondée en 1955, qui publie chaque année son Index mondial de persécution des chrétiens. L’Index 2019 rapporte qu’entre le 1er novembre 2017 et le 31 octobre 2018, 245 millions de chrétiens ont été fortement persécutés. Soit 1 chrétien sur 9, contre 1 sur 12 en 2017. Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France, compare la violence et l’oppression à « un lac » qui devient « plus profond et plus large ». L’oppression quotidienne a augmenté de 16 % depuis 2014 et 4 305 chrétiens ont été tués en 2018, contre 3 066 en 2017.

L’Inde fait son entrée dans le « Top 10 », qui se décline comme suit.

1. Corée du Nord

2. Afghanistan

3. Somalie

4. Libye

5. Pakistan

6. Soudan

7. Érythrée

8. Yémen

9. Iran

10. Inde

 

La Corée en tête depuis 2000

Portes Ouvertes établit son classement en prenant en compte aussi bien les violences physiques et matérielles que les discriminations quotidiennes. La Corée du Nord est à la tête du classement depuis dix-huit années, « aucun changement » n’étant constaté. Entre 50 000 et 70 000 chrétiens y sont retenus dans des camps de travail. En Afghanistan, la pression familiale et tribale est comparable à celle d’un État totalitaire, tandis que la Somalie est devenue une plaque tournante du terrorisme islamiste. L’extrémisme islamique est souvent un facteur aggravant. Ainsi, Lybie, Pakistan, Soudan, Érythrée, Yémen et Iran figurent au classement depuis des années. Pour la première fois, l’Inde intègre le classement et prend la dixième position. Légère amélioration, suite à la victoire contre Daech dans ce pays, l’Irak a cédé la 8e place pour la 13e.

Les pays où la violence est la plus forte ne sont pas forcément dans le « Top 10 ». 90 % des assassinats de chrétiens enregistrés se sont produits au Nigéria, classé 12e. Les chrétiens y subissent les exactions du groupe islamiste Boko Haram qui a notamment enlevé 110 jeunes filles en février 2018. Ainsi, Leah Sharibu, 15 ans, ayant refusé de renier sa foi, reste esclave à vie de l’organisation, contrairement aux autres jeunes filles qui ont été libérées. « Ce sont surtout les Peuls qui sont responsables », détaille Portes Ouvertes. Poussés vers le sud par la désertification, ces éleveurs nomades s’attaquent aux villages chrétiens qu’ils rencontrent.

La Chine détient aussi le triste record de la première place en ce qui concerne la détention. 1 131 chrétiens y ont été arrêtés ou emprisonnés en 2018. Avec des persécutions en très forte hausse, le pays passe de la 43 e place à la 27e. Dans la région du Xinjiang, 6 000 chrétiens ouïghours (tous les Ouïghours ne sont pas musulmans) auraient été envoyés dans des « camps de rééducation ». Le gouvernement attend de l’Église qu’elle « réponde aux exigences du PCC ». Un processus de sinisation est à l’œuvre. Contrôle et identification des croyants se développent via les nouvelles technologies.

L’ère du pessimisme

Le futur s’annonce difficile. Le pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église protestante d’Algérie (EPA) témoigne pour son pays. Passée de la 42e place à la 22e, l’Algérie connaît la plus forte progression dans le palmarès. Le pasteur décrit une religion en plein essor, de forts taux de conversion, surtout chez les Kabyles, et des « églises pleines ». Depuis quelques années, les Églises évangéliques de ce pays mènent des campagnes de prosélytisme. Démarche risquée, car il est « interdit d’ébranler la foi d’un musulman ». Pour Youssef Ourahmane, c’est le dynamisme de l’EPA qui inquiète les autorités. « Je suis convaincu qu’ils veulent nous rendre la vie difficile. Mais il est déjà trop tard. » La pression administrative augmente : des églises ont été mises sous scellées et les autorisations pour ouvrir de nouveaux lieux de culte ne sont jamais délivrées. La reconnaissance légale de l’Église Protestante d’Algérie est remise en cause.

Très fortement peuplée, l’Inde influe sur les chiffres globaux, à l’instar de la Chine. Les persécutions y prennent une ampleur inédite, et les chrétiens étant « intimidés et attaqués » par des extrémistes hindous. « Les mouvements nationalistes hindous existent depuis 50 ans, mais le phénomène s’accentue sous le gouvernement nationaliste de Narendra Modi. » Huit États ont déjà voté des lois anticonversion. En Inde, 14 % de la population est musulmane et 8 % chrétienne ; les nationalistes souhaitent une nation « 100 % hindoue ». Si les élections de 2019 voient la victoire des nationalistes, les pressions contre les minorités ethniques pourraient encore s’accentuer. Et les chiffres de l’Index 2020 continuer de décoller.

 

Le Monde des Religions

Visite historique du pape François aux Emirats arabes unis

Le souverain pontife est arrivé dimanche à Abou Dhabi. Il devient ainsi le premier chef de l’Eglise catholique à fouler le sol de la péninsule Arabique, berceau de l’islam.

Le pape François est arrivé dimanche 3 février aux Emirats arabes unis pour une visite historique. L’avion du souverain pontife a atterri à Abou Dhabi, peu avant 19 heures (heure de Paris). Le pape François est ainsi devenu le premier chef de l’Eglise catholique à fouler le sol de la péninsule Arabique, berceau de l’islam.

Avant de se rendre aux Emirats, le pape avait pressé les parties impliquées dans le conflit au Yémen, pays pauvre de la péninsule Arabique, de « favoriser de manière urgente le respect des accords »pour une trêve à Hodeida (ouest), essentielle à l’acheminement de l’aide internationale :

« Je suis avec une grande préoccupation la crise humanitaire au Yémen. La population est épuisée par le long conflit et de très nombreux enfants souffrent de la faim. Le cri de ces enfants et de leurs parents monte devant Dieu. »

Une visite qui doit être dominée par le dialogue interreligieux

Le pape argentin a également posté un message sur Twitter, affirmant se rendre aux Emirats « comme un frère pour écrire ensemble une page de dialogue et parcourir ensemble les chemins de paix. Priez pour moi ! ».

 

Dans l’avion, le pape a dit avoir appris qu’il pleuvait à Abou Dhabi. « Dans ces pays, ceci est perçu comme un signe de bénédiction », a-t-il souligné. Sa visite doit être dominée par le dialogue entre les religions, et une rencontre interreligieuse internationale est prévue lundi.

Dimanche, des fidèles se sont pressés sous une pluie inhabituelle aux abords de la cathédrale Saint-Joseph d’Abou Dhabi, décorée aux couleurs du Vatican et des Emirats, pour obtenir les derniers billets de la messe papale de mardi, présentée comme le plus grand rassemblement dans le pays, avec plus de 130 000 fidèles. Le père Elie Hachem, qui officie à la cathédrale, n’avait que le mot « historique » à la bouche. Le pape vient avec « un message de paix », a-t-il dit.

La répression des opposants

Environ un million de catholiques, des travailleurs asiatiques pour la plupart, vivent aux Emirats, pays dont la population est composée à plus de 85 % d’expatriés, qui peuvent pratiquer leur religion dans huit églises. Les Emirats ont toujours cherché à projeter l’image d’un pays ouvert et tolérant, même si ce pays pratique une politique de « tolérance zéro » à l’égard de toute dissidence, notamment celle des adeptes de l’islam politique incarné par les Frères musulmans.

Après Amnesty International, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé le pape François à soulever lors de sa visite la question des violations des droits humains au Yémen, où les forces émiraties interviennent militairement aux côtés de l’Arabie saoudite, et celle de la répression des opposants aux Emirats. « En dépit de ses affirmations sur la tolérance, le gouvernement émirati n’a montré aucun intérêt réel pour améliorer son bilan », fait savoir Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord.

Au Yémen, une trêve entre le pouvoir, soutenu par Ryad et Abou Dhabi, et les rebelles, appuyés par l’Iran, a été difficilement obtenue par l’ONU en décembre. Elle s’applique à la ville portuaire de Hodeida, par où transite l’essentiel des importations et de l’aide humanitaire. Cette trêve a été saluée comme la meilleure chance pour le Yémen de mettre fin à une guerre qui dure depuis quatre ans, mais elle semble ne tenir qu’à un fil.

Depuis le début de son pontificat, le pape s’est rendu à plusieurs reprises dans des pays dont la population est majoritairement musulmane, comme l’Egypte, l’Azerbaïdjan, le Bangladesh et la Turquie. En mars, il est attendu au Maroc. Il s’agit au total du vingt-septième voyage de ce pape à l’étranger.

 

Le Monde.fr

À la reconquête du leadership musulman en France

Dans un précédent article, nous mentionnions l’idée qu’un islam de France n’existe pas, mais qu’il serait plutôt préférable de parler de « musulmans de France ». La France abrite environ six millions de musulmans, traversés par des modes de pratiques et de croyances subjectives et variées. Davantage fiers de leur islamité que de leur nationalité, une majorité de musulmans est confrontée aux échecs successifs de politiques de développement et du déficit de justice sociale qui règnent depuis plus de cinquante ans, qui ont fracturé le pacte d’intégration d’une grande partie de citoyens souvent issus de la France « d’en bas ».

En ce début du XXIème siècle, les musulmans font face à des changements structurels fulgurants qui les plongent dans un lendemain d’incertitude. En effet, la vie des musulmans a si profondément changé, qu’il leur est difficile de se conformer à une loi qui correspond à une réalité sociale différente de la leur. L’islam, plus qu’une religion, est un mode de vie, qui valorise notamment les liens sociaux, la justice et la solidarité, là où l‘Occident, prône des valeurs tels que l’individualisme et le matérialisme, dans lesquelles le musulman se sent perdu face à la rationalité moderne. Comment trouver un équilibre de vie dans un monde marchand qui valorise le culte de la performance et du narcissisme ?  Comment trouver sa place dans un monde en crise où l’individu ne se projette pas ou plus ? Face aux doutes de l’existence, l’individu trouve dans l’islam un refuge dans des valeurs et des symboles issus d’une tradition ancienne. L’islam fonctionne alors comme un système de sécurité plus que comme un élan métaphysique.

Phénomène inédit, avec l’explosion d’Internet, la diffusion de la religion n’est plus monocentrée, mais elle a plusieurs centres. La famille et la mosquée qui étaient jadis les principales courroies de transmission de la foi, sont dépassées par Internet, devenu une véritable forme sociale et politique constituée de communautés. Internet a démultiplié l’offre religieuse jusqu’ici inaccessible au plus grand nombre et a généré des formes nouvelles d’adhésion à la foi. Confronté à une crise de la démocratie, le citoyen dont le rôle est de veiller, d’être en état d’alerte et sur ses gardes[1], s’exprime sur Internet, vecteur d’une contre-démocratie, où l’anonymat favorise la liberté d’expression. L’islam n’échappe pas à ce phénomène. Le désenchantement idéologique a entraîné une approche plus individualisée de la foi et des questions religieuses, en particulier envers ceux qui sont censés parler au nom des musulmans. Le problème de la confiance personnelle accordée à la représentativité musulmane s’est du même coup aiguisé, aggravé dans un contexte où l’islam sunnite n’a pas de clergé. L’affaire Tariq Ramadan fin 2017[2], est emblématique de l’atomisation d’une communauté plus que jamais méfiante à l’égard d’éventuels leaders ou de représentants musulmans. La centralité des scandales, et par conséquent, des politiques de dénonciation s’en est trouvée accrue[3]. La réputation des individus est devenue une variable clef de la production de la confiance. Il suffit à cet égard, de relever le phénomène de l’évaluation, critère de la confiance attribuée aux prédicateurs sur Internet, à travers les commentaires laissés sur les réseaux sociaux.

Dans un climat de crise et de défiance de l’autorité, il paraît d’autant plus difficile de structurer l’islam en France, lorsque les velléités d’un énième organe chargé de la surveillance du culte, émanent de personnalités désignées par l’État ou autoproclamés leaders dont les « effets d’autorité » pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu auprès des musulmans seront nuls. Il suffit de demander à un musulman s’il connait Ahmet Ogras (président du CFCM[4]), Tareq Oubrou (imam de Bordeaux), Hakim el Karoui (potentiel président de l’AMIF[5]) ou encore Ghaleb Bencheikh (président de la Fondation de l’islam de France), dans la majorité des cas, la réponse sera négative. A l’inverse, demander lui s’il connaît Bassem Braîki (animateur radio), Ayman TR (prédicateur), Abdelmonaim Boussena (prédicateur) ou Hassen Iquioussen (prédicateur), la réponse sera souvent affirmative.Cela n’a rien de surprenant car Internet est aujourd’hui le support central de la circulation de l’information religieuse, de l’interaction et de l’opinion publique. Sur ce point, nous vous renvoyons à notre ouvrage Islam 2.0 où nous traitons notamment du succès croissant des prédicateurs 2.0.

Autre phénomène inédit résultant d’un islam de marché, jamais autant d’organes indépendants de représentation des musulmans de France, exclusivement sous l’impulsion d’hommes d’origine maghrébine, ne se sont concurrencés sur le terrain du leadership. Ces nouveaux conquérants usent souvent de stratégie de dénonciation des structures existantes afin de se positionner en tant que nouvel acteur individuel ou nouveau groupe, sans servir les intérêts de leurs membres. Le vide « symbolique » laissé par un Tariq Ramadan, très médiatisé et apprécié au sein de la communauté musulmane, a visiblement auguré de nombreuses ambitions carriéristes.

L’organisation du culte musulman sur le volet pratique tels que l’éducation religieuse, les mosquées, les carrés musulmans, l’aumônerie, le halal, le recrutement des imams… devrait revenir à des hommes et à des femmes ancrés localement, religieux ou non, animés avant tout par une vision éthique et humaniste conformément aux valeurs islamiques, et non par une démarche égotique et de pouvoir. La couverture des besoins religieux des musulmans se ferait probablement mieux grâce à des compromis sur le plan local qui assureraient aussi bien l’enracinement des groupes, qu’une part de visibilité symbolique. Combien de fonds récoltés pour la construction de mosquée ou de dons de fidèles sont gérés en toute opacité. Combien d’imams dévoient les fondements islamiques en encourageant les fidèles à enfermer davantage la femme à travers le couvrement du corps tout en favorisant son oppression. Combien de familles éduquent leurs enfants à travers le schéma de structuration identitaire basé sur une dichotomie entre le halal (autorisé) et le haram (interdit).

Il faudrait en premier lieu créer des espaces intellectuels et scientifiques qui favoriseraient l’éducation religieuse des musulmans de France. La circulation de l’information religieuse n’a jamais été aussi massive avec Internet, pourtant l’aporie de l’ignorance persiste. Il y aura moins de problèmes lorsque ces initiatives seront encouragées comme les établissements catholiques « à caractère propre ». Le financement de l’ensemble de ces projets en coordination avec l’État, dans un cadre juridique conforme à la Loi de 1905, ne devra pas faire l’économie de la création de comités éthiques afin d’en assurer la bonne gestion tout en se débarrassant des dépendances extérieures.

L’enjeu majeur pour les musulmans de France est de désigner des acteurs qui serviront leurs intérêts et non, pour ces derniers, d’utiliser les musulmans pour assoir des ambitions personnelles. Ce schéma est au coeur de la méfiance de la communauté musulmane à l’égard de tout organe de représentation de l’islam en France et in fine de sa politisation. Il est utile de rappeler que, dès son origine, l’islam a souffert de dissensions graves causées par des hommes l’ayant manipulé comme instrument politique et de pouvoir. Les problèmes liés à l’islamisme perdurent à ce jour au sein des sociétés musulmanes.

Le CFCM créé en mai 2003 par N. Sarkozy, organe central censé  représenter l’islam en France, peine toujours à se faire entendre et voit depuis sa création toujours les mêmes responsables se succéder, avec son lot de promoteurs affiliés à des États étrangers. Il n’existe pas dans l’islam sunnite de clergé, ce qui crée un rapport horizontal entre les croyants et rend difficile l’acceptation, même symbolique, d’une quelconque représentativité religieuse. Dans ce cas, nous comprenons le tâtonnement et surtout l’incapacité des autorités politiques depuis plusieurs décennies, à trouver des représentants d’une communauté musulmane qui, en tant que telle, n’existe pas.

 

Fatima Achouri

 

 

 

 

[1]La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance-Pierre Rosanvallon – Editions Points -2014.

[2]Personnalité musulmane très populaire auprès des musulmans de France, T. Ramadan est accusé de viols par plusieurs femmes et placé en détention préventive fin 2017.

[3]La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance-Pierre Rosanvallon – Editions Points -2014.

[4]Conseil français du culte musulman

[5]Association musulmane pour l’islam de France.

Philippines : au moins 18 morts dans un double attentat contre une église

Au moins sept personnes ont péri dans l’explosion de deux bombes contre une église de Jolo, une île du Sud des Philippines qui est le bastion de l’organisation islamiste Abou Sayyaf. La première bombe a explosé dans l’église au moment de la messe, et la seconde dans le parking quand les militaires sont arrivés, a déclaré le lieutenant-colonel Gerry Besana, porte-parole régional de l’armée.

Cinq soldats et douze civils ont été tués dans ce double attentat. « C’est probablement un acte terroriste. Il y a des gens qui ne veulent pas la paix », a déclaré l’officier qui a de son côté fait état de 20 morts et 81 blessés. « Nous utiliserons toute la force légale pour amener devant la justice les auteurs de cet incident », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Défense Delfin Lorenzana.

L’attentat intervient deux jours après l’annonce de l’approbation massive, lors d’un référendum lundi dernier, de la création de la région autonome Bangsamoro, dans le sud des Philippines. La mise en place de cette zone sur un territoire à majorité musulmane (alors que l’archipel est majoritairement catholique) vise à rétablir la paix après des décennies d’un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Un accord signé avec le gouvernement

Dans les années 1970, des musulmans avaient pris les armes pour réclamer l’autonomie ou l’indépendance du sud des Philippines, qu’ils considèrent comme leur terre ancestrale. Cette insurrection a fait 150.000 morts.

Le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération (Milf), avait signé en 2014 un accord de paix avec le gouvernement prévoyant d’octroyer l’autonomie à la minorité musulmane dans certaines parties de la grande île de Mindanao et des îles de l’extrême sud-ouest.

Conformément à cet accord, 2,8 millions d’habitants de cette région ont été appelés lundi à voter et 1,7 million se sont prononcés en faveur de la création de la nouvelle région autonome nommée Bangsamoro, quelque 254.600 ayant voté contre, a fait savoir vendredi 25 janvier la commission électorale.

L’organisation Abou Sayyaf dans le viseur

Ce processus, qui a débuté dans les années 1990, n’inclut pas les organisations islamistes comme Abou Sayyaf, encore très actives dans le sud des Philippines et que le Milf combat aux côtés des forces gouvernementales, avec lesquelles il a fait alliance. La province de Sulu, à laquelle appartient Jolo, bastion d’Abou Sayyaf, a globalement voté contre la création de la nouvelle région.

Abou Sayyaf, qui s’est spécialisé dans les enlèvements crapuleux, est aussi accusé d’avoir organisé les pires attentats perpétrés dans l’archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004. Abou Sayyaf est une ramification extrémiste de l’insurrection séparatiste musulmane. Il a été créé dans les années 1990 grâce aux financements d’un membre de la famille du chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden.

 

AFP

Grand débat national : la laïcité introduite parmi les sujets phares, Macron critiqué

« Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? » C’est une des questions posées par Emmanuel Macron dans sa « Lettre aux Français » publiée dimanche 13 janvier. Alors même que cette thématique ne figure aujourd’hui pas parmi les grandes préoccupations des gilets jaunes, le président a ainsi décidé de l’introduire parmi les sujets du grand débat, lancé officiellement mardi 15 janvier, à l’heure où le projet de modification de la loi de 1905 est en discussion.

Emmanuel Macron a exprimé à Bourgtheroulde, en Normandie, sa vision d’une « vraie réforme ambitieuse pour renforcer la laïcité » en France. « Ce n’est pas une loi contre une religion ou une autre, ce n’est pas une loi de neutralité de la société – il y a une neutralité de l’État et des services publics – mais (une loi, ndlr) qui permet dans la société une concorde », a plaidé le président français. Abordant rarement ce sujet en public, il a rappelé que la laïcité est associée à la liberté « de croire ou de ne pas croire, de croire à toutes les religions sans être ennuyé, et de respecter absolument toutes les lois de la République en croyant à religion ou pas ».

Cependant, aborder la thématique dans le cadre du grand débat fait grincer bien des dents. Jean Baubérot, spécialiste en histoire et en sociologie de la laïcité, a expliqué à l’AFP la non-pertinence du choix de parler de laïcité « alors que l’insatisfaction des « gilets jaunes » est surtout socio-économique ». Il a exprimé sa crainte que ce débat « renforce l’idée que la laïcité est une opinion et que chacun peut avoir son opinion sur la laïcité, et que le débat se fasse sans référence au droit et aux principes juridiques ».

De son côté, l’ordre de la franc-maçonnerie a reconnu craindre un nouveau « sujet de division ». Édouard Habrant, grand maître de la Grande loge mixte de France, a souligné des termes « confus » dans la mesure où « la laïcité est un principe d’organisation, essentiel, mais pas une valeur ».

L’Observatoire de la laïcité a assuré, pour sa part, qu’il « s’investira dans le débat (…) pour donner des éléments objectifs de pédagogie sur les mesures prises et la gestion du fait religieux ces dernières années ».

 

Saphirnews

États-Unis : Amazon retire des produits jugés offensants pour des musulmans

Le site de vente Amazon a retiré une douzaine de produits de son site après que le Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) a publié un communiqué invitant le géant du e-commerce à retirer des articles jugés « offensants » pour les musulmans.

L’organisation musulmane, saisie par de nombreuses plaintes, a détaillé dans son communiqué paru début janvier une liste d’articles incluant des paillassons, des tapis de bain et autres produits ménagers sur lesquels sont inscrits des versets coraniques, des noms divins ou encore le nom du prophète Muhammad, très souvent sous des formes calligraphiques. En mettant en vente ces articles, et au vu de leur usage, des symboles de la religion musulmane sont susceptibles d’être « piétinés ou non respectés », a rapporté le communiqué.

La requête du CAIR a été entendue, des produits ayant été très vite retirés du site selon CNN. Masih Fouladi, directeur du CAIR à Washington, a ainsi remercié Amazon « pour son action rapide pour résoudre le problème ».

Au Royaume-Uni, Amazon avait déjà retiré en 2016 de son site des paillassons pour les portes ou pour des niches de chien contenant l’inscription « Allah » en arabe.

 

Saphirnews

Expulsion des Juifs des pays arabes : Israël va réclamer 250 milliards de dollars !

En perspective du plan de paix de l’administration Trump, Israël envisage d’exiger 250 milliards de dollars aux pays arabes en réparation du préjudice subit par les Juifs ayant été spoliés et expulsés après l’indépendance de l’Etat juif, rapporte la télévision israélienne Hadashot.

Une loi israélienne de 2010 stipule que tout accord de paix doit prévoir une compensation pour les avoirs des communautés juives et des Juifs individuels forcés de quitter les pays arabes et l’Iran.

“Le temps est venu de corriger l’injustice historique des pogroms contre les Juifs qui ont eu lieu dans sept pays arabes et en Iran, et de leur restituer les biens auxquels ils ont droit,” a déclaré samedi la ministre israélienne de l’Égalité sociale, Gila Gamliel.

Selon l’estimation d’un cabinet international mandaté par l’Etat juif, le préjudice des 856 000 juifs chassés des pays arabes avoisinerait les 250 milliards de dollars. Huit pays sont principalement visés par ces réparations financières : l’Irak, le Maroc, la Syrie, l’Égypte, le Yémen, l’Iran, la Libye et à la Tunisie. L’Algérie et le Liban en font partie mais ne figurent pas dans la liste des pays pour lesquels des demandes de restitutions de bien seront effectuées.

Selon le rapport, les demandes de restitution des biens sont déjà en cours de finalisation pour deux pays: Israël pourrait récupérer 35 milliards de dollars de la Tunisie et 15 milliards de dollars de la Libye.

 

Le Monde Juif. info