Projet de loi pour renforcer la laïcité et les principes républicains : haro sur la liberté religieuse !

Alors que la France traverse l’une de ses plus graves crises économiques depuis la seconde guerre mondiale à cause notamment du Covid-19, le président Macron, jusque-là plutôt discret sur les questions d’islam et des musulmans, sans doute bousculé par une extrême droite habituée à donner le ton sur cette thématique, a frappé fort lors de son discours aux Mureaux dans les Yvelines le 2 octobre dernier, sur le projet de loi visant à « Renforcer la laïcité et les principes républicains » prévu pour la fin de l’année. Ce projet initialement intitulé « Séparatisme islamiste », considéré comme trop stigmatisant à l’endroit des musulmans, installe le président Macron dans son costume de candidat à la prochaine élection présidentielle. Ou, faut-il y voir le symptôme du déclin des libertés individuelles avec une mesure totalitaire de plus, dans un contexte d’état d’urgence sanitaire dû au Covid-19, qui fait fi, dans ce cas présent, des libertés religieuses. Une fois encore, la maxime du « Diviser pour mieux régner » met au centre d’un programme d’ingénierie sociale bien rôdé depuis des années, les musulmans qui, rappelons-le, dans leur immense majorité, ne remettent pas en cause les principes de la Loi sur la laïcité de 1905. L’État, nous dit Carl Schmitt, est une unité essentiellement politique qui dispose du jus belli, c’est-à-dire de la possibilité effective de désigner l’ennemi, le cas échéant, par une décision qui lui soit propre, et de le combattre. Longtemps déjà, et en particulier depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’islam est désigné comme l’ennemi qu’il faut combattre, accusé de menacer l’ordre républicain. Les musulmans, divisés, atomisés et socialement dominés, sans ancrage politique, menacent-ils vraiment de désintégrer l’État en tant qu’unité politique organisée de l’intérieur ou de l’extérieur ? Le CFCM[1], absent sur cette question et censé représenter les musulmans de France, fait-il le poids face aux mesures décidées par l’État sur les questions du culte musulman ? Organise-t-il à l’instar du CRIF[2] un dîner annuel où toute la classe politique se bouscule pour avoir une table ? Pour de nombreux musulmans, le CFCM est perçu comme un organe fantoche à la solde du Ministère de l’intérieur et d’ États étrangers, qui ne les représente pas.

Avec ce discours, le président Macron foule aux pieds les principes de la Loi sur la laïcité de 1905 en voulant réformer l’islam, et, insulte une religion pratiquée par plus d’un milliard d’individus en affirmant que l’islam vit une crise, une religion des ténèbres qu’il faudrait extirper vers la lumière.  D’ailleurs, le problème ne serait pas lié à l’islam mais relèverait de l’évolution de la place et du rôle de la religion dans les sociétés. En France, la laïcité est politique : elle s’est construite en opposition avec l’Église.

Ce n’est pas l’islam qui est en crise, mais plutôt une partie des musulmans qui vit au sein du monde occidental. Dans cette crise de la modernité, le religieux est réinvesti comme moteur de solidarités, de repères aux identités individuelles et collectives. Le post-modernisme voire l’ultra-modernisme qui affecte la crise morale, politique, économique et culturelle que traverse la France, engage l’individu, confronté à un avenir incertain dans une quête identitaire où la religion est un refuge. L’islam fonctionne alors comme un système de sécurité plus que comme un élan métaphysique. Mais dans une société où le changement est constant, la religion peut être aussi l’objet d’une croyance délirante où la culture d’un groupe ne permet plus d’assimiler les croyances religieuses ou mystiques au contenu actuel de l’expérience. La Tradition peut être alors perçue comme une forme d’abstraction et d’aliénation pour le musulman en contexte occidental, et engendrer des déséquilibres cognitifs. Il y a un décalage entre les lois de la République et les lois de Dieu et ceci explique un fossé cognitif entre les deux. Les musulmans oscillent entre une inconscience collective traditionnelle et une conscience collective moderne qui leur posent un problème d’ancrage dans la société française d’où, en partie, l’échec de leur intégration.

L’islam est un mode de vie qui guide le croyant dans tous les domaines profanes. La transmission religieuse est vitale dans les foyers musulmans qui ne veulent pas se laisser emporter par le courant dominant de la sécularisation. Les musulmans sont prisonniers de leur subjectivité, ils n’ont aucun référentiel autre que celui de leur famille, où l’enfance est le moment privilégié de la formation de l’esprit. Ils ont connaissance de la matière mais pas des choses de l’esprit pour reprendre Platon. C’est une des raisons qui explique l’explosion du marché halal et d’un islam identitaire. Dieu ne dit-il pas dans le Coran (Sourate 7, verset 178) « Quiconque Allah guide, voilà le bien guidé. Et quiconque Il égare, voilà les perdants ». Mais que l’État se rassure, dans leur grande majorité, les musulmans ne veulent ni d’une charia, ni d’un Califat. Ils sont conscients d’avoir plus de libertés en France, dont celle du culte, que dans la plupart des pays musulmans. Ils respectent les lois républicaines, mais seraient sommés malgré tout, avec ce projet de loi, de faire passer ces dernières avant les lois de Dieu. Au nom d’une lutte contre l’islamisme, ce projet de loi pédagogique ambitionne de ramener les brebis égarées dans « l’étable républicaine » jusqu’aux enfants déscolarisés qu’il faudra renvoyer à l’école de la République dès la rentrée 2021. Une initiative que nous jugeons positive  pour la minorité d’enfants musulmans déscolarisés et perdus dans les affres du rigorisme.  Par ailleurs, l’État sort complétement du champ d’action de la Loi de 1905, en proposant une labélisation de la formation des imams qui officieront au sein des mosquées pour enseigner un « islam modéré ».

Une telle loi est-elle nécessaire pour une minorité d’individus, alors qu’il existe déjà un arsenal juridique pour lutter contre le radicalisme depuis les attentats de 2015 ? N’y aurait-t-il pas des agencements locaux avec les acteurs ancrés dans le champ social et les représentants de l’État pour lutter contre l’islamisme au lieu de décider d’une loi au niveau national. Cette loi, destinée à renforcer la laïcité, sera perçue une fois encore, comme une valeur de rejet de l’autorité religieuse et considérée comme répressive à l’égard des musulmans, leur rappelant principalement leurs obligations et dans une moindre mesure, leurs droits. Cette situation ne fera qu’augmenter la résistance et la radicalisation des musulmans attaqués dans leur foi et dans leur liberté religieuse, et augmentera leur ressentiment vis-à-vis de l’État. Les pratiquants piétistes qui valorisent les lois de Dieu, n’entendent pas se faire dicter leur culte dans une société qu’ils considèrent décadente. Nous nous trouvons face à un sujet épineux entre l’opposition d’un côté des lois humaines et des lois de Dieu. Par ailleurs, si de nombreux musulmans n’acceptent pas et n’accepteront jamais certaines lois émises par un État qu’ils jugent affaibli, cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne les respectent pas. Majoritairement, les musulmans ne sont pas en accord avec certaines lois républicaines mais s’en accommodent, de même pour les lois divines qu’ils bricolent à leur guise. Le sentiment religieux peut s’associer d’une manière durable à d’autres sentiments, il est souvent plutôt accouplé.

Le concept de liberté, d’égalité et de fraternité, mille fois rebattu, est un instrument idéologique particulièrement utile pour diviser les citoyens, pour désigner l’adversaire en l’occurrence ici les musulmans, accusés de vivre à part, d’être des terroristes, de ne pas se mélanger aux autres, sous-entendu aux mécréants, de ne pas respecter les femmes, d’être antisémites, d’être homophobes, etc.  Les musulmans auront le sentiment du deux poids deux mesures, lorsqu’il s’agit d’émettre des lois exclusives à leur endroit, et des lois inclusives envers les autres minorités. Une fois de plus, le droit est utilisé pour réfuter l’activité des citoyens de confession musulmane, qui mènera notamment à la mort de nombreuses associations qui exerçaient localement une fonction sociale. Ici, l’État voudra contrôler les corps dans les espaces publics, les écoles, les salles de sport, les associations, ailleurs les musulmans seront taxés pendant le pèlerinage, tout en s’assurant que les barbes ne sont pas trop longues, que les femmes ne sont pas trop couvertes dans la rue et que le Coran ne trône pas en nombre sur les étagères d’associations ou d’écoles. Toutes ces mesures, au nom de la lutte contre l’islamisme, dont découlerait le séparatisme géographique, social, culturel, économique…, que l’État français a favorisé et laissé faire pendant plus de quarante ans, avec la complicité de politiques de tout bord.

Face à l’Occident et sa toute puissance, c’est aux écoles de l’islam et non à l’État français que revient la tâche d’accomplir la Réforme consistant à libérer l’esprit du poids de la Tradition accumulé par des siècles d’une lecture strictement littérale et dont le principe était le conformisme avant tout. Avec ce projet de loi, le président Macron presque en campagne présidentielle, semble vouloir donner des gages à l’aile droite de son parti et prendre de l’avance sur le Rassemblement National de Mme Le Pen. Emmanuel Macron ne s’interroge pas sur l’idée de savoir si cette loi est légitime ou pas, si elle tombe au bon moment, alors que notamment plus d’un million de Français ont basculé dans la pauvreté depuis le confinement de mars dernier, et que l’État est pointé du doigt pour sa gestion calamiteuse du Covid-19. Il faut donner en priorité le sentiment aux Français d’un État puissant, omniprésent et qui agit. Le président Macron envisage ce projet de loi surtout pour ses effets dans l’opinion publique en misant sur la stratégie du chaos, du « Diviser pour mieux régner » en opposant les musulmans au reste de la population. Depuis le confinement, sous prétexte d’état d’urgence sanitaire, l’État a basculé dans un excès de souveraineté où la restriction des libertés individuelles est devenue la règle. Des voix s’élèvent au sein des mosquées et sur Internet pour dénoncer ce projet de loi qui porterait atteinte à la liberté religieuse des citoyens musulmans. Des musulmans devenus des identités vulnérables, et qui font les frais dans un contexte Covid-19 d’une loi liberticide, dans un silence assourdissant des instances représentatives de l’islam et de leur complaisance que nous ne pouvons que déplorer.

 

 

Fatima Achouri

 

 

 

 

 

 

[1] Conseil Français du Culte Musulman.

[2] Conseil Représentatif des Institutions Juives de France.

Arabie saoudite: reprise limitée du petit pèlerinage musulman

Des fidèles musulmans sont retournés dimanche à La Mecque pour effectuer la Omra, le petit pèlerinage, entouré de strictes mesures de précaution après sept mois d’interruption en raison de la pandémie de Covid-19.

Par petits groupes encadrés par des soignants veillant au respect du port du masque et des règles de distanciation physique, ces fidèles ont commencé à effectuer le « tawaf », consistant à faire sept fois le tour de la Kaaba, construction cubique vers laquelle se tournent les musulmans pour prier qui trône au milieu du patio de la Grande mosquée de La Mecque.

Le petit pèlerinage ou Omra peut être effectué toute l’année contrairement au hajj, limité dans le temps. Il attire annuellement des millions de fidèles venant du monde entier.

En raison de la pandémie, les autorités saoudiennes ont décidé de relancer le petit pèlerinage en trois étapes avec des mesures destinées à empêcher, comme pendant le hajj organisé fin juillet, toute contamination.

Dans un premier temps, seuls 6.000 Saoudiens et résidents étrangers seront autorisés, chaque jour à partir de dimanche, à effectuer ce pèlerinage.

Les 6.000 fidèles seront divisés en 12 groupes pour permettre la fluidité de mouvement et assurer le respect de la distanciation physique lors des circonvolutions autour de la Kaaba, a expliqué le ministre du Hajj et de la Omra, Mohammed Benten la semaine dernière à la télévision saoudienne.

Le 18 octobre, le nombre de fidèles (Saoudiens et résidents étrangers) autorisés à effectuer le petit pèlerinage sera porté à 15.000 par jour et 40.000 autres seront admis dans la Grande mosquée pour les prières quotidiennes.

Les fidèles venant de l’étranger seront eux autorisés à partir du 1er novembre, quand le nombre de pèlerins admis s’élèvera à 20.000 par jour et celui des personnes autorisées à effectuer les prières à 60.000.

Les pays d’origine des pèlerins étrangers seront sélectionnés par le ministère de la Santé sur la base de l’évolution de la pandémie de Covid-19.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu effectuer le hajj cet été contre 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019.

Cette réduction drastique du nombre de pèlerins et les restrictions sanitaires ont permis aux autorités de proclamer qu’il n’y avait eu aucune contamination lors du grand pèlerinage, qui n’a rien rapporté au royaume alors qu’il génère habituellement des milliards de dollars par an.

AFP

Séparatisme : les syndicats unis pour dénoncer « une loi de stigmatisation » visant les musulmans

« Nous refusons une loi de stigmatisation, de division et une nouvelle attaque des principes de laïcité. » C’est en ces termes que cinq syndicats, la CGT, la FSU, Solidaires, l’Unef et l’UNL, ont dénoncé le projet de loi contre le « séparatisme » sur lequel planche l’exécutif.

Ensemble, « nous ne laisserons pas ainsi diviser, fracturer la société française et plus particulièrement les classes populaires par une nouvelle campagne islamophobe de stigmatisation des populations musulmanes ou perçues comme telles qui sont systématiquement visées dans les propos des ministres et au plus haut sommet de l’État », ont signifié ces organisations dans un communiqué intersyndical paru vendredi 25 septembre.

« Personne n’est dupe : ce sont nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane qui sont visés par ce projet de loi », ont affirmé les syndicats, pour qui le projet de loi « vise à désigner un « ennemi intérieur » ».

« Dupes d’aucune offensive réactionnaire, nos organisations rappellent leur attachement à la laïcité qui permet l’exercice réel de la liberté d’opinion, d’expression et de conscience. Cela impose d’investir massivement dans des services publics », lit-on également.

« Modifier la loi de 1905, comme le projette l’exécutif avec sa loi sur le prétendu « séparatisme » risque de détruire cet équilibre et de renforcer l’instrumentalisation de la laïcité », poursuivent les organisations, appelant l’ensemble des Français « à refuser ces divisions, à se battre ensemble contre tous les racismes, à faire face ensemble pour exiger et construire des réponses aux urgences sociales ».

 

Saphirnews

Normalisation avec Israël : la Palestine renonce à exercer la présidence de la Ligue arabe

La Palestine a décidé de renoncer à la présidence tournante de la Ligue arabe, a annoncé, mardi 22 septembre, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki.

Cette annonce intervient deux semaines après le refus de la Ligue arabe de condamner les accords de normalisation conclus entre Israël et les Emirats arabes unis, suivis du Bahreïn.

« La Palestine a décidé de concéder son droit à présider le conseil de la Ligue (des ministres des Affaires étrangères) lors de sa session actuelle. Il n’y a aucun honneur à voir les Arabes se précipiter vers la normalisation pendant sa présidence », a fait savoir Riyad al-Maliki lors d’une conférence de presse à Ramallah.

Les Palestiniens, toutes tendances politiques confondues, voient dans les accords de normalisation des relations avec Israël un acte de trahison à leur cause. La Palestine « n’est pas heureuse de voir des Arabes se bousculer pour une normalisation sans contrepartie avec Israël sous sa présidence du Conseil de la Ligue », a indiqué le ministre.

Néanmoins, ce renoncement à la présidence, qui débutait le 7 septembre pour prendre fin en mars, « ne signifie pas que nous allons abandonner notre siège à la Ligue, car cela créerait un vide pouvant engendrer différents scénarios. (…) Nous le ne souhaitons pas en cette période sensible », a-t-il affirmé.

Plusieurs pays arabes seraient actuellement en discussion avec Israël pour une normalisation des relations. Un coup dur porté aux Palestiniens, qui n’ont obtenu en contrepartie des accords de normalisation aucune avancée véritable dans la réalisation d’une paix juste et durable au Proche-Orient.

 

Saphirnews

Vatican : soupçonné de malversations financières, un cardinal très en vue démissionne de ses fonctions

L’Italien Giovanni Angelo Becciu a présenté sa démission au pape. Le Vatican n’a pas fourni d’explications, mais cette décision pourrait être liée à une enquête à paraître dans la presse.

L’un des cardinaux les plus influents du Vatican, l’Italien Giovanni Angelo Becciu, a démissionné jeudi 24 septembre de ses fonctions au sein du gouvernement du Saint-Siège. L’information a été révélée dans un communiqué laconique du Vatican, sans aucune explication.

Cette démission, prématurée dans les usages de l’Eglise, a toutes les allures d’une sanction. Le court communiqué du Vatican précise en effet qu’il reste cardinal mais perd tous les droits attachés à cette fonction, notamment la possibilité d’élire un nouveau pape lors d’un conclave ou de conseiller l’actuel souverain pontife.

Le nom du cardinal, âgé de 72 ans, a été maintes fois évoqué dans le cadre d’une enquête explosive, lancée voici un an, sur d’opaques montages financiers pour acheter un immeuble dans le chic quartier londonien de Chelsea. En début d’année, il avait défendu le bien-fondé de cet achat immobilier dans des entretiens.

Des fonds de l’Eglise reversés à ses frères

Selon des révélations du magazine italien L’Espresso à paraître dimanche, le cardinal aurait notamment dirigé à plusieurs reprises des centaines de milliers d’euros de l’épiscopat italien et du Saint-Siège vers une coopérative en Sardaigne gérée par son frère lorsqu’il était à la secrétairerie d’Etat, l’administration centrale du Vatican.

L’enquête, partiellement dévoilée vendredi dans le quotidien italien La Repubblica et qui pourrait avoir précipité la brusque chute du cardinal jeudi soir, affirme que le prélat a également favorisé durant sa carrière les activités de deux autres frères. Des fonds étaient réinvestis par la famille dans des activités financières, dont des fonds offshore, selon la même source.

 

Franceinfo

Abattage rituel : vers l’interdiction en Pologne de l’exportation de viande halal et casher

La Pologne a décidé de mettre un coup d’arrêt aux exportations de ses viandes issus de l’abattage rituel. Dans le cadre d’une loi sur la protection animale voté vendredi 18 septembre, le gouvernement polonais dirigé par Mateusz Morawiecki, membre du parti conservateur Droit et Justice (PIS), a décidé d’interdire la vente vers l’étranger des viandes polonaises sacrifiées selon les rites juifs et musulmans ainsi que l’exploitation de la fourrure.

Ces nouvelles ont suscité la colère des professionnels du secteur de l’abattage rituel, la Pologne étant l’un des plus gros exportateurs de viande halal et casher en Europe. Même colère du côté des exploitants de fourrure. Malgré la contestation, qui se fait entendre jusque dans les rangs de la majorité présidentielle, le projet de loi a été adopté par 356 voix pour et 75 contre.

Le gouvernement a tout de même assuré vouloir venir en aide aux professionnels impactés par cette réforme. « Nous allons compléter le projet de loi par une compensation pour ceux qui dirigent des entreprises où l’abattage rituel est pratiqué », a précisé Marek Suski, député du parti au pouvoir.

Par ailleurs, les minorités musulmanes et juives de Pologne pourront toujours produire et consommer pour leurs besoins de la viande halal et casher, bien que non issue d’abattage sans étourdissement préalable. Néanmoins, le coup est rude pour les deux filières.

Le projet de loi doit désormais être approuvé par le Sénat pour être adopté définitivement d’ici la mi-novembre. Un temps que les professionnels des secteurs concernés entendent mettre à profit pour organiser la contestation et tenter de faire fléchir le gouvernement, pour le moment bien décidé à aller jusqu’au bout de sa réforme.

 

Saphirnews

Face à Jean Castex, le CFCM demande une commission d’enquête parlementaire contre la haine antimusulmane

Les appels à créer une commission d’enquête parlementaire sur l’islamophobie se multiplient ces derniers mois. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a réitéré cette demande, cette fois auprès du Premier ministre Jean Castex.

A l’heure où le projet de loi contre le « séparatisme » fait débat, le Conseil français du culte musulman (CFCM) plaide pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur « le radicalisme qui s’attaque aux citoyens de confession musulmane et à leurs institutions ». Cette demande a été formulée auprès du Premier ministre, Jean Castex, lors d’une rencontre organisée mercredi 16 septembre à Matignon à laquelle étaient présents le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, et ses deux vice-présidents, Chems-Eddine Hafiz et Ibrahim Alci.

« La lutte contre le radicalisme se réclamant de l’islam a fait, à juste titre, l’objet de nombreuses missions et commissions parlementaires. Il est temps que le radicalisme qui s’attaque aux citoyens de confession musulmane et à leurs institutions (…), fasse également l’objet d’une commission d’enquête parlementaire », a fait savoir le CFCM à l’issue d’une rencontre qui a « permis de passer en revue les préoccupations et les attentes des musulmans de France. Le chef du gouvernement a été attentif et à l’écoute et a pris le temps de répondre à nos interrogations ».


« Prendre au sérieux la question de la lutte contre la haine antimusulmane »

Une telle demande n’est pas nouvelle ; le souhait d’une commission d’enquête parlementaire sur l’islamophobie a été formulé maintes fois par le CFCM et diverses associations musulmanes. Un collectif de personnalités de la société civile parmi lesquelles Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, ou encore Radia Bakkouch, présidente de l’association Coexiter France, avait fait une demande similaire dans une tribune parue en juin.

« Le théâtre destructeur du mythe de l’islamisation sur fond du mythe du grand remplacement nous amène à devoir prendre au sérieux la question de la lutte contre la haine antimusulmane », ont-elles signifié, appelant les plus hautes autorités de l’Etat pour « mettre hors d’état de nuire ces groupuscules identitaristes, séparatistes qui font de la haine anti-musulmane leur cheval de bataille ».

« Nous appelons nos parlementaires à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la « haine antimusulmane », qui aurait la capacité de dresser un état des lieux indépendant et objectif sur cette forme de racisme, de xénophobie et les moyens de les combattre, en bonne intelligence entre le monde politique, nos institutions républicaines et la société civile. Notre République doit combattre cette forme de radicalisation et de séparatisme sans faille ! », lit-on.

En juillet, face à la crainte grandissante des musulmans d’une loi stigmatisante contre le séparatisme, le CFCM avait lancé un appel à « lutter avec la même détermination contre toutes les formes de séparatismes » dont « celui qui est nourri par des personnes condamnées à maintes reprises pour provocation à la haine religieuse et qui continuent malheureusement de s’exprimer librement et de déverser leur haine sur les Français de confession musulmane ».

Lors de sa rencontre avec Jean Castex, l’instance musulmane est aussi revenue sur les difficultés que rencontrent des musulmans pour inhumer leurs défunts. « L’absence des carrés musulmans dans certaines communes met souvent les familles devant des choix très douloureux et des situations d’angoisse et d’inquiétude », rappelle le CFCM.

Celui-ci rapporte que le Premier ministre soutient « l’idée d’un nécessaire dialogue de proximité avec les municipalités concernées ». Les Conseils départementaux du culte musulman (CDCM) « accompagnés par les préfets peuvent négocier des solutions locales adaptées aux différents territoires et respectueuses du principe de neutralité des cimetières ».

Saphirnews

La Ligue arabe refuse de condamner la normalisation des relations entre Israël et les Emirats

La Ligue arabe a refusé, mercredi 9 septembre, de condamner l’accord de normalisation signé en août entre Israël et les Emirats arabes unis sous la houlette des Etats-Unis. Les Etats membres de cette organisation ne sont pas parvenus à un consensus en ce sens, déboutant ainsi les Palestiniens de leur demande.

« Cette réunion doit rendre publique une décision rejetant cette démarche. Sinon, nous paraîtrons lui donner notre bénédiction, y concourir ou essayer de la dissimuler », avait signifié le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, au cours de la réunion.

« Les discussions sur ce point ont été intenses. Elles ont été exhaustives et ont pris du temps, mais elles n’ont finalement pas abouti à un accord sur le projet de communiqué proposé par la partie palestinienne », a fait savoir Hossam Zaki, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, lors d’une conférence de presse.

L’accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats est appelé à être officiellement signé le 15 septembre lors d’une cérémonie organisée à Washington.

 

Saphirnews

Au Koweït, des femmes nommées juges à la Cour suprême, une première

Une première au Koweït. Huit femmes sont parvenues, jeudi 3 septembre, au poste de juges de la Cour suprême du pays.

Cette décision est intervenue après une longue bataille pour permettre aux femmes d’exercer cette profession.

Ces femmes font partie des 54 juges nommés à la Cour suprême, selon l’agence officielle Kuna.

Leur travail sera évalué après un certain temps, a indiqué Youssef al-Matawa, président de Conseil supérieur de la magistrature et de la Cour de cassation, sans préciser la durée de cette période.

Au Koweït, le droit de vote et le droit pour les femmes de se présenter à une élection leur a été accordé en 2005. Massouma al-Moubarak avait alors, cette année-là, été la première femme nommée ministre. Des femmes ont été élues pour la première fois au Parlement en 2009.

 

Saphirnews

Séparatismes : un projet de loi présenté “avant la fin de l’année” selon Marlène Schiappa

Marlène Schiappa et Gérald Darmanin devraient présenter le projet de loi contre les séparatismes d’ici la fin de l’année. La nouvelle ministre déléguée à la Citoyenneté a assuré, au Journal du Dimanche, que le texte serait présenté en conseil d’Etat puis devant le conseil des ministres avant la mi-octobre afin que les discussions parlementaires puissent débuter en début d’année 2021.

Dans un entretien publié dans les colonnes du JDD ce dimanche 30 août, Marlène Schiappa a assuré que « la sécurité » serait « l’une des priorités de la rentrée ». En ce sens, le projet de loi contre les séparatismes devrait être présenté en conseil d’Etat puis en conseil des ministres d’ici la fin de l’année 2020.

Si, comme le précise la ministre déléguée, « l’ensembles des discussions sur le contenu du projet de loi » ne sont pas terminées, elle en précise néanmoins les contours au JDD. Selon elle, « l’idée est de donner un cadre juridique à tout ce qui relève de la zone grise ».

En outre, explique-t-elle : « depuis le début du quinquennat, nous avons déjà mené beaucoup d’actions pour lutter contre la radicalisation et les séparatismes : 210 débits de boisson ont été fermés par les services de l’État, ainsi que 15 lieux de culte, 12 établissements culturels et associatifs et quatre écoles, parce qu’il s’agissait de lieux de regroupement pour organiser le séparatisme islamiste ». Or, l’idée, avec ce projet de loi, est d’ « aller plus loin », non plus seulement de pouvoir « poursuivre quelqu’un qui se revendique comme imam et remet en cause dans ses prêches l’égalité femmes-hommes » mais également de pouvoir fermer le lieu où il officie, ce qui aujourd’hui, n’est pas permis par le cadre législatif.

D’autre part, Marlène Schiappa entend également, entre autres, réglementer davantage « le financement des associations loi 1901, non-cultuelles, qui n’entrent normalement pas dans le champ de la loi de 1905 ». En outre, précise-t-elle, « les subventions publiques seront désormais conditionnées par la signature d’une « charte de la laïcité et des valeurs de la République », avec possibilité d’opposition du ministère de l’Intérieur ».

 

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