Twitter se met à nouveau à l’heure du Ramadan

Pour Twitter, la plate-forme de gazouillis, plus ou moins bien inspirés, aux plus de 500 millions d’utilisateurs inconditionnels à travers le monde, plus ou moins bien-intentionnés, l’arrivée du Ramadan se célèbre en différentes langues, notamment en arabe, grâce au hashtag tout trouvé #Ramadan, en affichant un objectif ambitieux : faire grimper en flèche sa courbe d’audience, à l’aune du potentiel exceptionnel que représentent les 1,6 milliards de musulmans disséminés sur les cinq continents.

Renouvelant sa campagne virtuelle à succès, facilement identifiable à son émoticône illustrant un croissant lunaire, le réseau social, connu pour faire et défaire les buzz en un rien de temps sur une toile qui s’enflamme rapidement, cherche, cette année encore, à fédérer la galaxie musulmane autour de son programme Spécial Ramadan. Les horaires de prière, les débuts et ruptures du jeûne, ainsi que des émissions de télévision sont ainsi diffusés sur le blog de Twitter, dont les têtes pensantes ont mesuré l’importance de proposer une sélection de 13 chaînes arabes, dont les dubaïotes MBC et Sama Dubai TV et les égyptiennes Al Nahar TV et CBC Egypt.

A la pointe de l’innovation, ce programme thématique s’élargit désormais à la plate-forme de vidéos en direct Periscope, à partir de hashtags animés en gif, les cœurs se transformant en croissants lunaires lorsqu’on commente la vidéo partagée.

En l’espace de quelques jours seulement, le hashtag #Ramadan a été utilisé 21 000 fois, et ce, pour une large variété de contenus. Fort de ses tweets vus 8,4 milliards de fois en 2015, Twitter peut légitiment espérer égaler ou battre ce record, et souhaiter ardemment que l’agora virtuelle ne soit plus qu’un immense bourdonnement de tweets ayant trait au mois sacré de l’islam.

« Le Ramadan n’est pas seulement un mois de spiritualité, mais également un mois d’échanges sur les traditions culinaires, les horaires de l’iftar et du Souhour, le shopping, et même les voyages », a précisé la direction de l’un des réseaux sociaux les plus populaires et tentaculaires du monde, dont le programme thématique s’adresse à un cœur de cible prioritaire : les pays du Moyen-Orient mais aussi à l’Indonésie et la Malaisie, l’Afrique sub-saharienne semblant être encore le parent pauvre de sa vaste campagne ramadanienne version 2016 .

 

Oumma.com

Laïcité dans le football : la FFF a adopté de nouveaux statuts

 

ENQUETE EUROPE 1
Quand tu mets tes crampons, tu caches ta religion. C’est un peu le sens des nouveaux statuts de la Fédération française de football (FFF) sur la laïcité, qui ont été adoptés ce samedi. Les représentants des ligues et des districts du football français (amateur et professionnel) se réunissent ce week-end à Tours dans le cadre de leur assemblée générale. Et parmi les points soumis au vote, il y avait ceux concernant la laïcité et la neutralité religieuse sur les terrains. Les anciens statuts ont été jugés trop imprécis face à différentes situations conflictuelles constatées, notamment dans le football amateur. Europe 1 a pu consulter en avant première les nouveaux statuts. A quoi vont-ils servir ? Décryptage.

Pourquoi les anciens statuts ne suffisaient plus. L’article 1 des statuts de la Fédération française de football, qui était en vigueur jusqu’à samedi, interdisait « toute discrimination », et notamment celles à caractère religieux. Ainsi : un joueur ou un arbitre ne peut pas être exclu ou suspendu à cause de sa religion. Toutefois, le même article 1 posait une restriction : « tout discours, manifestation ou affichage à caractère politique, syndical ou confessionnel est interdit à l’occasion des matchs ».

« Il y a des situations nouvelles, d’atteinte à la laïcité »
Le hic ? Pas assez précis, cet article ne suffisait plus pour résoudre un certain nombre de situations conflictuelles constatées ces derniers temps sur les terrains de football amateur. « Il y a des situations nouvelles d’atteinte à la laïcité, notamment de la part de clubs que l’on pourrait appeler ‘communautaire’ », explique à Europe 1 Eric Borghini, membre du comité exécutif de la FFF. « On nous a remonté des cas de prières sur les terrains en plein match, parfois même de la part d’arbitres, des joueurs qui refusaient de serrer la main à des femmes etc. C’est très marginal, mais cela arrive de temps en temps. Or, avec les anciens statuts, ce type de cas n’était pas précisément pris en compte et les clubs ou les arbitres ne savaient pas précisément ce qu’ils devaient sanctionner », poursuit Eric Borghini.

En mai dernier, un rapport des RG indiquait également qu’un petit groupe de clubs amateurs était surveillé pour des questions de prosélytisme. Or, aucune mention n’était faîte à ce propos dans les statuts. « Nous voulions réaffirmer toute interdiction de prosélytisme. Nous ne voulons pas que des individus attendent aux abords des terrains pour influencer des enfants qui jouent au foot », insiste Eric Borghini.

Que prévoient les nouveaux statuts ? Le texte qui a été soumis au vote samedi prévoit donc des indications plus précises sur ce qui est interdit. Ces nouvelles indications s’appliqueront dans toutes les « compétitions ou manifestations organisées sur le territoire » de la FFF ou « en lien avec celles-ci », c’est-à-dire autant à l’entraînement que lors d’un match, sur le terrain comme dans les tribunes ou le vestiaire. Quelles sont ces nouvelles interdictions ? Les discriminations religieuses restent proscrites. Mais selon les nouveaux statuts, auxquels Europe 1 a eu accès, seront également interdits :

– « Tout discours ou affichage à caractère politique, idéologique, religieux ou syndical,

– Tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale,

– Tout acte de prosélytisme ou manœuvre de propagande »

Le club ou le joueur qui ne respectera pas ces nouveaux interdits pourra faire l’objet de sanction disciplinaire, comme une interdiction de match par exemple.

Juridiquement, la FFF s’est blindée pour ses statuts… Pour établir ses nouveaux statuts, la FFF a consulté l’Observatoire de la laïcité qui a, selon nos informations, validé les textes en l’état. En France, l’affirmation de sa religion sur la place publique n’est pas interdite. Même le prosélytisme est, de manière générale, autorisé dans l’espace public. Mais ces libertés peuvent faire l’objet de plusieurs restrictions, sous certaines conditions. Et la FFF en respecte quelques unes.

Concrètement, la FFF fait partie de la Fifa, qui a reçu de l’Etat une « délégation de mission de service public ». A ce titre, les instances du football français sont obligées d’imposer une neutralité religieuse absolue à leurs salariés. Mais elles sont aussi autorisées à interdire toutes démarches de prosélytisme (même chez les amateurs, non salariés), comme c’est le cas à l’école ou dans les hôpitaux par exemple (où le personnel ET les patients sont interdits de prosélytisme, et pas seulement le personnel). En outre, la FFF a le droit d’imposer des restrictions sur la tenue des joueurs : le code du sport et la règle 50 de la Charte olympique lui permettent en effet d’imposer des tenues sportives ou d’interdire certains types de comportement jugés contraires « à l’esprit du sport ». Tout comme elle peut interdire à un joueur de jouer torse nu ou de faire des doigts d’honneur, la FFF a le droit de proscrire les croix apparentes et les foulards, selon l’Observatoire de la laïcité.

« Nous n’avons pas peur d’aller jusqu’en justice »
… Mais attention à leur interprétation ! En revanche, s’il a validé le texte en l’état, l’Observatoire de la laïcité a, selon nos informations, émis quelques doutes sur les possibles interprétations que pourrait en faire, au cas par cas, un président de club ou un arbitre un peu trop zélé. L’interdiction de tout « affichage à caractère religieux » est en effet une formulation plutôt floue. Une interprétation radicale pourrait conduire à sanctionner un joueur qui ferait un signe de croix après un but, par exemple, ou un autre qui ferait une prière discrète à l’écart du terrain. De telles interdictions seraient susceptibles d’être attaquables devant les tribunaux, car elles ne relèvent pas du prosélytisme (encore faut-il que la sanction soit validée en commission disciplinaire, ce qui a de faibles chances d’arriver). Pour éviter autant que possible de se mettre hors des clous du droit, et pour « éviter tout amalgame », la FFF va éditer un guide pratique sur la laïcité, qu’elle diffusera « prochainement » à tous les acteurs concernés.

De manière générale, il est toutefois difficile de déterminer précisément ce que les instances auront le droit de faire dans l’application concrète de ces statuts. Aucune jurisprudence précise n’existe sur ces questions. Une prière dans un vestiaire, avec un tapis, une croix apparente ou des chants par exemple, peut-elle être assimilée à un comportement « contraire à l’esprit du sport » ? Aux yeux de la loi, la question n’est pas tranchée. « Nous n’excluons pas qu’une association décide de nous attaquer en justice ici ou là. On verra bien ce que disent les juges et le Conseil d’Etat, si cela va jusque-là. Nous n’avons pas peur. Il faut choisir, à un moment, quelle vision de la société française et du sport on veut offrir », commente Eric Borghini.

 

Europe 1

Belgique : Interdire le foulard en entreprise peut être licite

     Une interdiction du foulard islamique en milieu professionnel peut se justifier dans le cadre d’une « politique de neutralité » fixée par une entreprise, a estimé mardi l’avocat général de la Cour de justice de l’UE.

La CJUE, basée à Luxembourg, pourra tenir compte de cet avis pour rendre son arrêt, dans une affaire concernant une réceptionniste contestant son licenciement par une entreprise belge qui refusait qu’elle porte son foulard.

Dans l’affaire en question, Samira Achbita, de confession musulmane, ne portait pas le foulard au moment de son embauche par cette entreprise fournissant des services de surveillance, de sécurité et de réception.

Mais elle avait décidé de le porter trois ans après, malgré le refus de son entreprise, laquelle a invoqué des « principes de neutralité » interdisant en son sein le port de signes politiques, philosophiques ou religieux.

Mme Achbita, s’estimant discriminée en raison de sa religion, avait contesté son licenciement devant la justice belge, en première instance et en appel, sans succès. Saisie à son tour, la Cour de cassation belge, avant de trancher, a demandé à la CJUE de l’éclairer sur ce que dictait en la matière le droit européen.

L’avocat général de la CJUE a estimé mardi que l’interdiction du foulard en entreprise « ne constitue pas une discrimination directe », selon ses conclusions publiées dans un communiqué.

Et que la possible « discrimination indirecte » induite « pourrait être justifiée pour mettre en oeuvre, dans l’entreprise concernée, une politique légitime de neutralité fixée par l’employeur en matière de religion et de convictions ».

Il appartiendra toutefois à la Cour de cassation belge d’évaluer que cette discrimination indirecte respecte bien « le principe de proportionnalité », pour lequel les autorités nationales disposent d’une marge d’appréciation, a estimé l’avocat général.

L’arrêt de la CJUE dans cette affaire est attendu à une « date ultérieure », a indiqué la Cour, sans plus de précision.

Ses arrêts vont souvent dans le même sens que les propositions de l’avocat général. Mais les juges ne sont pas liés par son analyse juridique et un raisonnement différent de leur part peut sensiblement modifier la portée d’un jugement à première vue conforme aux conclusions de l’avocat général.

 

La Libre.be

Les Iraniens n’iront pas en pèlerinage à La Mecque cette année

       Les Iraniens n’iront pas en pèlerinage à La Mecque, a déclaré dimanche 29 mai le ministre iranien de la culture faisant état d’« entraves » de la part de l’Arabie saoudite.

« Après deux séries de négociations sans résultats à cause des entraves des Saoudiens, les pèlerins iraniens ne pourront malheureusement pas effectuer le hadj », a déclaré le ministre, Ali Janati.

Une délégation iranienne s’est rendue la semaine dernière en Arabie saoudite pour tenter de s’entendre sur le pèlerinage des fidèles iraniens à La Mecque. Mais elle a quitté vendredi l’Arabie saoudite faute d’accord. « Le ministère saoudien du hadj et ses responsables n’avaient pas l’autorité nécessaire pour prendre des décisions », avait alors déclaré Saïd Ohadi, président de l’Organisation iranienne du hadj. Il avait ajouté que les Saoudiens n’avaient pas accepté les conditions de l’Iran.

Le ministre des affaires étrangères saoudien a, quant à lui, affirmé que l’Iran avait posé des conditions « inacceptables » à la participation de ses ressortissants. « L’Iran a réclamé le droit d’organiser des manifestations ainsi que des avantages (…) qui créeront le chaos au hadj, ce qui est inacceptable », a déclaré Adel Al-Jubeir lors d’une conférence de presse commune avec son homologue britannique Philip Hammond à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite.

Bousculade meurtrière

Ces discussions étaient la deuxième tentative des deux grandes puissances rivales du Moyen-Orient pour fixer les conditions de l’organisation du pèlerinage cette année, une gigantesque bousculade ayant fait 2 300 morts dont 464 Iraniens lors du dernier hadj de septembre 2015.

 

Les premiers pourparlers en avril en Arabie saoudite n’avaient pas non plus donné de résultat, dans un climat particulièrement tendu depuis la rupture des relations diplomatiques en janvier entre les deux pays.

Riyad avait proposé que les Iraniens puissent obtenir des visas électroniques imprimables, toutes les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran étant fermées. Ce que Téhéran avait alors accepté.

 

Rupture des relations diplomatiques en janvier

Mais au début du mois, l’Iran a reproché à l’Arabie saoudite de ne pas avoir prévu d’arrangements satisfaisants pour que les fidèles iraniens puissent se rendre au grand pèlerinage annuel qui se tiendra à la fin de l’été, accusant Riyad de « sabotage ».

Riyad a rompu ses liens diplomatiques avec Téhéran après que des manifestants iraniens eurent endommagé des missions diplomatiques saoudiennes, dont l’ambassade à Téhéran, pour protester contre l’exécution par le régime saoudien d’un opposant et dignitaire religieux chiite.

 

Le Monde.fr

Mantes-la-Ville: perquisition à la mairie pour un fichage présumé de musulmans

    La police soupçonne l’ancienne équipe municipale socialiste de Mantes-la-Ville, passée depuis au FN, d’avoir procédé au référencement de musulmans à partir de liste électorale avant les élections municipales de 2014.

La mairie Front nationale de Mantes-la-Ville, 20 000 habitants, a été perquisitionnée par la police judiciaire de Versailles mercredi matin pour un fichage présumé de musulmans dans la commune.

Mais, ce n’est pas le FN qui est visé en l’occurrence: selon Le Parisien, l’enquête, lancée à la suite d’une plainte adressée anonymement au parquet, concerne l’ancienne majorité socialiste, pour des faits remontant à la campagne municipale 2014.

« Je n’ai jamais entendu parler d’un tel fichier que je n’aurais jamais toléré ni cautionné, a réagi dans le quotidien l’ex-maire PS Monique Brochot. Durant les campagnes électorales, il est fréquent de se procurer les listes électorales auprès de l’état civil pour ensuite démarcher des électeurs bien particuliers comme des commerçants, mais il est formellement interdit de les ficher par catégorie. »

Un quadrangulaire sanglante en 2014

Quoi qu’il en soit, l’affaire a fait réagir… Robert Ménard. Dans un tweet, le maire de Béziers a ironisé sur le fait que « la presse n’en fait pas les gros titres », faisant allusion à la polémique dont il avait été l’objet en 2015. L’élu, en se basant sur les « prénoms » des élèves des écoles de sa ville, avait donné un pourcentage du nombre d’enfants de confession musulmane dans sa ville, lors d’une émission de télévision. Une enquête avait été ouverte, avant d’être classée sans suite.

Après des décennies à gauche, Mantes-la-Ville a basculé Front nationale en 2014, à l’issue d’une quadrangulaire sanglante. Au 2e tour, le candidat FN Cyril Nauth a obtenu 30,26% des suffrages, moins d’un point devant Monique Brochot (29,35%). Cette dernière s’était déchiré avec la dissidente de gauche Annette Peulvast-Bergeal, maire PS de la ville de 1995 à 2008.

 

L’Express.fr

Tunisie : à Djerba, le pèlerinage juif de la Ghriba sous haute sécurité

     Selon plusieurs témoins sur place, le pèlerinage juif de la Ghriba, sur l’île tunisienne de Djerba, dans le sud du pays, a débuté mercredi sous haute surveillance, du fait des craintes d’attentats entourant ces célébrations annuelles.

En milieu de matinée, sous une chaleur déjà accablante, de petits groupes de pèlerins ont commencé, mercredi 25 mai, à se présenter devant la synagogue de la Ghriba, la plus ancienne d’Afrique.

Les organisateurs disent attendre jusqu’à 2 000 personnes, malgré les craintes grandissantes liées à la sécurité. Une forte présence de la police et de l’armée était d’ailleurs visible sur l’ensemble de la petite île tunisienne.

La « hara kbira », le « grand quartier » juif de l’île, a été bouclé et les fouilles sont systématiques à l’entrée du site.

Baisse de fréquentation

Organisé chaque année au 33e jour de la Pâque juive, ce pèlerinage, qui s’étale sur deux jours, est au coeur des traditions des Juifs tunisiens, une communauté qui ne compte plus que quelque 1 500 âmes contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Mais des pèlerins viennent aussi traditionnellement de pays européens, des États-Unis ou encore d’Israël. Leur nombre a également considérablement diminué depuis l’attentat-suicide au camion piégé commis contre la synagogue en 2002, qui avait fait 21 morts. Avant cette attaque terroriste, l’affluence pouvait atteindre 8 000 personnes.

La baisse de fréquentation s’est en outre accentuée ces dernières années avec l’essor de la mouvance jihadiste en Tunisie.

Israël deconseille Djerba à ses ressortisssants

Comme l’an dernier, Israël a exhorté ses ressortissants de ne pas se rendre à Djerba, évoquant « un haut niveau d’alerte contre les cibles juives » du fait « des éléments terroristes, particulièrement ceux affiliés au jihad mondial, continuant à opérer en Tunisie ».

Quelques semaines après l’attaque du musée du Bardo, les festivités de 2015 s’étaient déroulées sans incident.

 

Jeune Afrique

Les femmes musulmanes sont discriminées à l’embauche, confirme un rapport

Le Réseau européen contre le racisme ENAR (European Network Against Racism) a publié jeudi un rapport intitulé « Femmes oubliées » sur l’impact de l’islamophobie sur les femmes musulmanes dans huit pays: la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni.

 

     Ce rapport estime la population musulmane à 8% en France (4,1 millions), 6% en Belgique (630.000) et aux Pays-Bas (1 million), 5% en Allemagne (3,8 à 4,3 millions), 4,9% en Suède (451.000) et 4,5 au Royaume-Uni (2,7 millions). La répartition en Belgique est estimée à 22% à Bruxelles, contre 4% en Flandre et en Wallonie.

La publication recommande en premier lieu de réduire les restrictions liées aux interprétations restrictives du principe de neutralité, qui entravent le droit à la liberté d’expression, à manifester sa religion ou ses croyances et au port de tenues et signes religieux. Il conseille de définir strictement le principe de justification objective et raisonnable concernant les exigences professionnelles essentielles.

Au niveau de l’emploi, les femmes musulmanes sont victimes d’une triple discrimination, de genre, ethnique et religieuse. En Belgique, selon les données du Centre interfédéral pour l’égalité des chances (UNIA), 50% des plaintes déposées par des femmes pour motifs relatifs à la religion en 2014 concernaient l’emploi. En matière de discrimination religieuse, 9 dossiers sur 10 étaient constitués par des personnes musulmanes en 2014. L’interdiction de signes religieux dans le secteur public a entraîné une appropriation du concept de neutralité publique dans les règlements des entreprises privées. Selon UNIA, 44% des employeurs s’accordent à penser que le port du voile peut influencer de façon négative la sélection des candidats.

Dans les huit pays étudiés, les femmes musulmanes sont les principales cibles des violences islamophobes, spécialement celles qui portent le voile. En Belgique, selon le Collectif Contre l’Islamophobie en Belgique (CCIB), 63,6% des crimes et délits islamophobes identifiés entre janvier 2012 et septembre 2015 concernaient des femmes. Ce nombre a été estimé à 59% en Allemagne, à 90% en 2015 aux Pays-Bas et 81,5% en 2014 en France.

 

Le Vif

« Les relations d’amitiés entre chrétiens et musulmans sont premières »

Le P. Christian Delorme est délégué épiscopal aux relations inter religieuses dans le diocèse de Lyon. Il réagit à la visite de l’imam d’Al Azhar, le cheikh Ahmed Al Tayeb, au pape François lundi 24 mai.

« Tous les papes successifs depuis Jean-Paul II ont eu le souci d’entretenir des relations au moins cordiales avec les grands responsables religieux : avec le souci de la paix mondiale, et aussi pour protéger les chrétiens vivant dans les pays majoritairement musulmans. Il y a dans ces rencontres une dimension diplomatique.

Le pape n’ignore pas les guerres internes à l’islam, les rivalités entre courants soucieux de se présenter comme les vrais gardiens de l’orthodoxie : il sait qu’Al Azhar est concurrencée à la fois par l’Arabie saoudite – et ses universités de La Mecque et de Médine, où vont se former de plus en plus de jeunes imams –, et par les Frères musulmans. Mais il est de la responsabilité de l’Église de chercher les partenaires les plus coopératifs.

Selon moi, les relations d’amitiés nouées à la base sont premières  : ce sont elles qui assureront une paix sociale durable. Mais le fait que les plus hautes autorités religieuses chrétiennes et musulmanes se manifestent du respect, peut avoir un effet d’entraînement dans les communautés locales. Si le pape reconnaît dans le grand imam un authentique chercheur de Dieu et réciproquement, comment des catholiques et des musulmans sunnites ‘‘de la base’’ pourront-ils continuer à justifier des discours et des attitudes de dénigrement de la foi de l’autre ? »

 

La Croix

Une rencontre pour la paix

Le pape François a reçu lundi 23 mai l’imam de l’Université Al-Azhar, plus grande autorité morale de l’islam sunnite.

         Lundi 23 mai, le cheikh Ahmed Mohamed el-Tayeb, l’imam de l’Université Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a été reçu pour la première fois au Vatican. Une rencontre historique pour tenter de mettre fin à seize ans de relations en dents de scie. Accueilli par le pape François dans la bibliothèque du Palais apostolique, l’imam d’Al-Azhar s’est entretenu avec lui en privé pendant 25 minutes.

Selon le Saint-Siège, il a été question lors de cet entretien de « l’engagement commun des autorités et des fidèles des grandes religions pour la paix dans le monde, du refus de la violence et du terrorisme, de la situation des chrétiens dans le contexte des conflits et des tensions au Moyen-Orient et leur protection ».

Le pape François a offert à l’imam el-Tayeb un exemplaire de l’encyclique Laudato si’ ainsi qu’un médaillon représentant l’olivier de la paix. Il a alors longuement expliqué au chef religieux sunnite le sens de cette médaille sur laquelle figure un olivier faisant le lien entre les deux parties d’un même rocher, avec cette inscription en italien : « Dépasse ce qui divise, recherche ce qui unit. »

Dégel
Au terme de la rencontre, sur le pas de la porte de la bibliothèque, le pape François et l’imam Ahmed Mohamed el-Tayeb se sont embrassés. Puis, dans une autre salle du Palais apostolique, l’imam et sa délégation ont participé à une brève rencontre avec la délégation vaticane menée par le cardinal Jean-Louis Tauran.

Le pape et l’imam ont ensuite été rejoints par les huit membres de la délégation du grand imam sunnite, dans laquelle figuraient deux autres religieux et l’ambassadeur d’Egypte auprès du Saint-Siège Hatem Seif el-Nasr. Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, s’est aussi joint au groupe accompagné de quelques membres de son dicastère.

La visite au Vatican du cheikh Ahmed Mohamed el-Tayeb doit marquer le dégel des relations entre Rome et la plus haute instance de l’islam sunnite. Depuis le début de son pontificat, le pape François a beaucoup œuvré dans cette direction.

La diplomatie de François
Le premier geste marquant du Saint Père fut de signer lui-même en août 2013 le traditionnel message envoyé par le Saint-Siège à l’occasion du Ramadan « comme expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans ». En octobre de la même année, il recevait le grand mufti du Caire, avant d’envoyer en décembre au Caire le secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Mgr Miguel Àngel Ayuso Guixot. Des actes qui renouent le contact après deux années délicates. En janvier 2011, Benoît XVI avait jugé nécessaire de protéger les chrétiens en Égypte après un attentat contre la cathédrale copte d’Alexandrie. L’institution égyptienne avait alors considéré ces déclarations comme une influence occidentale indue.

En novembre 2014, le pape François avait, à son retour de Turquie, fait le vœu que « tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux, universitaires, se prononcent clairement et condamnent la violence (djihadiste) qui nuit à l’islam ». Autre étape décisive, l’invitation en juin 2015 d’Ahmed al-Tayeb par la communauté Sant’Egidio, à laquelle il répond favorablement. L’imam se rend à Florence où il participe à une conférence internationale sur le dialogue des cultures, organisée par la communauté catholique. Il se dit alors disposé à rencontrer le Pape : « Si le Vatican fait un pas dans notre direction, nous en ferons dix dans la sienne », assure-t-il à l’agence de presse catholique italienne, SIR. Début 2016, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux s’était dit disposé à recevoir le Grand Imam et à l’accompagner officiellement en audience auprès du pape François.

Jean-Paul II
Inauguré en 1998, avec la création du comité de liaison islamo-catholique, le dialogue entre Rome et l’Université Al-Azhar a connu une première période fructueuse, jusqu’à la mort du pape Jean-Paul II. Le pape polonais avait rendu visite au cheikh Mohammed Sayed Tantawi dès le 24 février 2000, affirmant que « l’islam est porteur d’une grande culture. C’est seulement en reconnaissant cela que l’on pourra construire l’avenir de l’humanité et de l’histoire. » « L’avenir dépendra du dialogue et des relations entre les différentes cultures religieuses », avait alors déclaré l’imam Tantawi.

Le discours controversé de Benoît XVI à Ratisbone, en septembre 2006, a tendu les relations avec Al-Azhar. En mars 2007, une visite historique au Vatican du cheikh de la grande mosquée d’Al-Azhar est annulée, et les rapports entre Al-Azhar et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux se dégradent. Une dégradation qui se confirme début 2011 lorsque Benoît XVI appelle à protéger les minorités chrétiennes après un attentat à la bombe contre une église, à Alexandrie, au nord de l’Egypte.

 

La Vie

Le pape François va recevoir l’imam de la mosquée sunnite Al-Azhar

C’est la première fois qu’un pape et un grand imam d’Al-Azhar se rencontreront. Le pape François recevra le cheikh Ahmed Al-Tayeb lundi, au Vatican.

     Le pape François va recevoir lundi pour la première fois au Vatican le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d’Al-Azhar, plus haute autorité de l’islam sunnite dans le monde, a annoncé jeudi le porte-parole du Vatican. « Cette audience est en préparation et elle est prévue pour lundi », a déclaré à l’Agence France-Presse Federico Lombardi, sans donner plus de précisions sur l’entrevue avec le grand imam de cette institution sunnite basée au Caire. Il n’y avait encore jamais eu de rencontre entre un pape et un grand imam d’Al-Azhar.
L’audience marquera aussi la fin du dégel entre l’institution sunnite et le Saint-Siège, dont les rapports sont très délicats depuis les propos controversés de Benoît XVI lors d’un discours à Ratisbonne (Allemagne) en 2006. Les relations avaient même été complètement interrompues en 2011, la Grande Université du Caire ayant réagi avec force à une prise de position publique du pontife allemand après un attentat meurtrier contre une église copte orthodoxe d’Alexandrie.
Le dialogue a repris petit à petit après l’arrivée de François, avec l’envoi d’émissaires de part et d’autre. En mars 2014, un représentant de la mosquée, Mahmoud Azab, avait ainsi participé à une initiative interconfessionnelle pour lancer un réseau de lutte contre toutes les formes d’esclavage moderne et de traite des personnes. « Le dialogue n’a jamais été coupé, il était juste suspendu », avait-il alors assuré.

 

AFP