« De la suspension à la révocation »: le ministre de l’Intérieur envisage des sanctions contre le maire qui a tenu des propos antisémites

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, envisage de prendre des sanctions « qui peuvent aller de la suspension à la révocation » contre un maire de Dordogne qui a tenu des propos antisémites, a indiqué le ministère de l’Intérieur ce lundi.

Laurent Nuñez, qui « condamne fermement les propos tenus par le maire d’Augignac », Bernard Bazinet, « estime par ailleurs que ce maire ne possède plus l’autorité morale nécessaire à l’exercice de ses fonctions ». « Il a donc demandé à la préfète de la Dordogne d’entendre le maire pour lui faire part de la gravité de ses propos, incompatibles avec sa qualité de maire. »

Selon Ici Périgord, Bernard Bazinet est convoqué ce mardi à la sous-préfecture de Nontron (Dordogne). À la suite de cet entretien, le ministre envisage « de prendre des sanctions qui peuvent aller de la suspension (arrêté ministériel) à la révocation (en Conseil des ministres) ».

Le 4 décembre, l’édile d’Augignac, une commune de 825 habitants dans le nord du département, avait commenté « Oui au boycott! La France est trop youpine pour boycotter! » sous une publication Facebook du journal Libération consacrée à la participation d’Israël à l’Eurovision, dont l’édition 2026 est menacée de boycott par plusieurs pays.

« Un commentaire qui a dépassé ma pensée »

« C’est un commentaire qui a dépassé complétement ma pensée. J’étais hors de moi par rapport à ce que je pouvais lire dans des reportages sur la Palestine. Quand j’ai vu que la France avait accepté la participation d’Israël, ça m’a amené à réagir de façon conne », avait déclaré Bernard Bazinet, ancien membre du Parti socialiste.

« Je n’avais pas forcément conscience que le terme, qui pour moi était argotique, avait des relents antisémites. Quand j’ai voulu le retirer, j’ai vu qu’il avait été partagé partout et repris sur CNews », avait-il ajouté.

Le maire est convoqué en janvier pour injure publique à caractère raciste devant le délégué du procureur de Périgueux et devra s’acquitter d’une amende de 500 euros, selon Ici Périgord. Le PS a annoncé le 9 décembre avoir exclu l’élu périgourdin, estimant que « l’antisémitisme est un mal odieux. Aucune tolérance, aucune explication n’est entendable ».

Selon le code général des collectivités territoriales, la suspension d’un maire ou d’un adjoint « est une mesure conservatoire prononcée par un arrêté ministériel, motivé pour un temps qui n’excède pas un mois », tandis que la révocation entraîne une inéligibilité « pendant une durée d’un an ».

BFMTV.com / AFP

F. Achouri

Sociologue et consultante en développement des ressources humaines.

Articles recommandés