Un courriel demandant que les présidents d’université respectent les fêtes religieuses juives dans l’élaboration du calendrier universitaire est l’occasion pour Frédérique de la Morena, maître de conférences à l’école de droit de Toulouse, et Benoît Drouot, professeur agrégé d’histoire-géographie, de rappeler les bases et grands principes de la laïcité.
Depuis plus de trente ans se multiplient les revendications confessionnelles – le port de signes et tenues islamiques n’en est que la plus visible –, dans des lieux d’où la religion avait été sortie (école publique, prétoires par exemple) ou d’où elle était demeurée jusqu’à présent largement absente (entreprises, activités sportives, etc.). Cette offensive s’est doublée d’une réinterprétation de la laïcité, transformée en précepte d’affirmation et de valorisation des identités religieuses en tout temps et en tout lieu.
Dernier exemple en date : un courriel adressé le 23 juin dernier par l’aumônerie nationale des étudiants juifs, aux président(e)s d’université au sujet du « calendrier des fêtes juives » pour l’« année universitaire 2026-2027 ». Le rabbin, auteur du courrier, y soutient qu’« il est essentiel de prendre en compte ces dates [six fêtes mentionnées et « tous les samedis »] dans l’élaboration du calendrier académique, afin de respecter la diversité culturelle et religieuse de [la] communauté étudiante » et « des membres du corps professoral ». Il demande que ces dates soient prises « en considération lors de la planification des cours, des examens et des événements universitaires ».
Marianne
