Depuis la guerre éclatée le 28 février dernier entre les États-Unis/Israël et l’Iran, les États du Golfe, Arabie saoudite en tête, ont subi une défaite historique. Malgré la protection militaire des États-Unis à coup de milliards de dollars, les monarchies du golfe, belligérantes contre l’Iran, ont subi le feu de l’armée iranienne sur leur propre territoire. Cette guerre a révélé la servilité à l’Amérique des dirigeants du Golfe et mis au grand jour leur rôle d’États fantoches. Le prince Mohamed ben Salman d’Arabie saoudite, récemment humilié par un vulgaire Trump, est certainement celui dont l’image sort la plus ternie de ce conflit. Une position d’autant plus déplorable dans l’inconscient collectif, pour le pays qui abrite les lieux saints de l’Islam mais n’applique en rien la haute valeur morale de ses préceptes. Car, au sein du Royaume saoudien, vous pouvez être criminalisé pour votre soutien au peuple palestinien où des soit-disant prédicateurs avertissent qu’il est illicite (haram) de manifester ou de faire des invocations lors de la prière en faveur des Gazaouis.
Les dirigeants saoudiens se sont illustrés par leur passivité durant le génocide palestinien, révélant ainsi leur trahison et leur soumission à l’axe États-Unis/Israël, et plus récemment dans la guerre face à l’Iran. Faut-il rappeler aussi, que ces mêmes dirigeants entretiennent des relations insidieuses avec Israël depuis des années, allant même jusqu’à confier la sécurité de La Mecque à une société israélienne[1], tout en s’affichant en modèle théocratique. Un Royaume qui, juste avant le 7 octobre, était en voie de normalisation avec un gouvernement israélien d’extrême-droite, et ne s’était pas préoccupé, outre mesure, du triste sort des Palestiniens. Les dirigeants arabo-musulmans ont privilégié les affaires en signant les accords d’Abraham où chacun veut profiter des investissements colossaux dans la région, sous la tutelle des Américains et des Israéliens. Aujourd’hui, la rue arabe, mais pas que, se réjouit majoritairement de la déliquescence des États du Golfe, en raison notamment de leur prise de position vis-à-vis de la Palestine. Ces États sortent considérablement affaiblis aux yeux de leur population et plus généralement du monde musulman, alors que l’Iran renforce son rôle de puissance majeure dans la région.
Le conflit iranien a révélé la lâcheté doublée de l’hypocrisie institutionnelle des dirigeants du Golfe qui appliquent la loi islamique (charia) envers leur peuple, mais s’en exonèrent pour eux-mêmes, et utilisent l’islam depuis toujours afin de pérenniser un pouvoir autoritaire et inique. Durant des décennies, la propagande wahhabite à l’œuvre à travers le monde musulman, à coup de pétrodollars, qui n’a eu de cesse notamment de nuire au chiisme, est désormais écornée. Depuis toujours, l’idéologie wahhabite associe en effet les chiites à des hérétiques voire à des non-musulmans, ce narratif semble brisé et sera difficile à renverser dans l’opinion. Le monde musulman découvre, non sans fierté, que la République islamique d’Iran est la seule théocratie à tenir réellement tête aux États-Unis et à Israël, des pays responsables de la destruction d’une partie du monde musulman majoritairement sunnite. L’idéologie anti-chiite émanant des « toutous » de l’Occident qui font d’ailleurs le jeu des opposants à un monde musulman unifié autour d’une Oumma, s’effrite sous nos yeux et tout cela, grâce aux Iraniens.
F.Achouri
[1] https://www.tribunejuive.info/2019/07/04/la-mecque-2019-la-societe-israelienne-g4s-gagne-le-marche-de-la-securite/
