Nice: la reconnaissance faciale testée dans les rues

Un millier de volontaires participeront à cette expérimentation qui aura lieu pendant le Carnaval de Nice.

C’est une première en France sur la voie publique, selon le maire de Nice. La ville a été autorisée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) à tester un système de reconnaissance faciale sur la voie publique via ses caméras de vidéo-protection, a indiqué lundi Christian Estrosi.

 

La ville va ainsi tester pendant deux jours le logiciel de reconnaissance faciale les 19 et 20 février, dans l’enceinte du carnaval de Nice dont la 135e édition a commencé samedi, a-t-il précisé. A l’issue de cette expérimentation, un rapport sera remis à la CNIL dans un délai de deux mois.

Un millier de « cobayes » volontaires

Concrètement, l’expérimentation va permettre de tester différents scénarios, comme celui d’un enfant perdu dans la foule, d’une personne âgée vulnérable elle aussi égarée ou encore d’une personne dite « d’intérêt », c’est-à-dire recherchée, en mettant en oeuvre six caméras de vidéosurveillance positionnées sur le périmètre de test, limité à une partie de l’enceinte du carnaval.

Encadré par la CNIL, le test consiste à demander à un millier de volontaires venant au Carnaval de jouer le rôle de « cobaye » et d’accepter le principe de la reconnaissance faciale, ce qui permettra ensuite de rechercher parmi eux des personnes disparues ou suspectes dont les opérateurs de vidéosurveillance auront la photo.

Les personnes qui ne seront pas volontaires auront le visage flouté et ne seront pas reconnaissables sur les images. La CNIL a également imposé la pose de panneaux informatifs pendant cette expérimentation.

Nice, adepte de la vidéosurveillance

Le logiciel « Any Vision » utilisé permet notamment, indique Jean-Philippe Claret, président de Confidentia qui dispose de sa licence, « de reconnaître quelqu’un même si la photo a trente ans » ou encore de reconnaître une personne passant de profil près d’une caméra, même si la photo fournie est de face.

Christian Estrosi a rappelé que la ville de Nice comptait 2350 caméras, soit une pour 145 habitants. Il se bat depuis 2016 pour faire modifier la législation sur l’utilisation de la reconnaissance faciale. A l’occasion de l’Euro 2016 de football, quelques semaines avant l’attentat de Nice sur la promenade des Anglais, il avait déjà demandé sans succès au gouvernement l’autorisation d’utiliser cette technique à l’entrée de la fan zone installée dans sa ville.

L’Express

Avec l’appli Absher, les Saoudiennes contrôlées au doigt et à l’œil

Parmi d’autres fonctions, l’appli Absher permet aux hommes «gardiens» des femmes dans les familles saoudiennes de surveiller encores plus leurs déplacements.

Une application saoudienne permettant notamment de contrôler les mouvements des femmes est dénoncée par les organisations des droits humains et un membre du Congrès américain, qui appellent Apple et Google à suspendre son téléchargement.

Lancée depuis 2015 par le gouvernement saoudien, l’application Absher – un nom tiré d’une expression du dialecte local qui peut être traduite par «à vos ordres» –, compte 11 millions d’utilisateurs dans le Royaume, soit près de la moitié de la population. Car il s’agit d’un portail permettant à tous les habitants, hommes ou femmes, d’accéder à toutes sortes de services en ligne: formalités administratives, comptes en banque, paiement du stationnement. Mais parmi ses nombreuses fonctions, elle autorise les «gardiens», c’est-à-dire les personnes souvent en charge d’une famille – père, fils majeur ou grand-père –, à contrôler les déplacements et empêcher les sorties du territoire des personnes dont ils ont la charge.

«Les sociétés américaines ne devraient pas faciliter le patriarcat du gouvernement saoudien»

Parmi ces dernières, les épouses, sœurs et filles, dans un pays où les femmes dépendent encore de la tutelle des hommes. Selon la loi rigoriste du Royaume elles n’ont pas le droit de se marier, de signer un contrat de travail et surtout de voyager sans l’approbation de la personne ayant autorité sur elle. Même si dans la pratique, les Saoudiennes se sont affranchies de ces mesures, y compris en étant récemment autorisées à conduire une voiture, la possibilité pour les hommes de contrôler leurs mouvements demeure. Grâce à Absher, lorsqu’une femme s’identifie auprès des autorités, dans un aéroport ou à un poste-frontière, son mari peut être prévenu de sa localisation par SMS et tous ses déplacements sont enregistrés sur l’application.

 

Les patrons d’Apple et Google ont été interpellés cette semaine, notamment par le sénateur démocrate américain Ron Wyden. «Les sociétés américaines ne devraient pas faciliter le patriarcat du gouvernement saoudien en permettant aux hommes saoudiens de contrôler les membres de leur famille à partir de leurs smartphones», écrit Wyden dans la lettre qu’il a adressée aux deux géants de la technologie. Chez Apple, Tim Cook, qui n’avait pas entendu parler de l’application, a promis d’enquêter rapidement sur la question. Mais jusqu’au week-end dernier, on pouvait en moins d’une minute télécharger Absher sur iPhone à partir de l’Apple Store.

 

Libération

Les pays arabes veulent une reconnaissance mutuelle de leurs certificats halal

En marge de la 4e plateforme mondiale de l’industrie halal organisée par l’Autorité des Émirats pour la normalisation et la métrologie (ESMA), les Émirats Arabes Unis ont annoncé, lundi 18 février, la création d’un cadre unifié pour la reconnaissance mutuelle par tous les pays arabes des certificats de produits et services halal.

« La plateforme mondiale de l’industrie halal, organisée conjointement avec Gulfood Dubaï, est considérée comme le point de rencontre des acteurs mondiaux les plus éminents de l’industrie halal. Elle représente également une grande occasion d’échanger des idées et des visions de croissance, car il y a plus de 1,6 milliard de musulmans dans le monde qui consomment les produits alimentaires halal »,s’est exprimé Abdulla Al Maeeni, directeur général de l’ESMA, dans un communiqué.

Cette initiative vise à améliorer la compétitivité des aliments certifiés halal sur les marchés internationaux, alors que le marché de l’alimentation halal à l’échelle mondiale devrait passer d’une estimation de 2 500 milliards de dollars aujourd’hui à 3 000 milliards de dollars en 2023, selon une étude menée par le Centre de développement de l’économie islamique de Dubaï.

Selon Abdulla Al Maeeni, les Emirats Arabes Unis ne cessent de mobiliser leurs efforts pour un meilleur épanouissement du marché halal. C’est en ce sens que les EAU ont créé le Centre de développement de l’économie islamique de Dubaï, le Forum international sur la certification halal réunissant 32 pays et l’initiative « Dubaï, capitale de l’économie islamique », lancée depuis 2013.

 

Saphirnews

Pourquoi est-il faux de considérer le Coran comme antisémite

Dans son livre Les Juifs dans le Coran*, l’islamologue Meir Michael Bar-Asher observe que chaque sourate du Coran est empreinte d’éléments bibliques, juifs ou chrétiens, et que les rapports entre islam et judaïsme sont bien plus complexes que la caricature qui en est souvent faite.

La place des juifs dans le Coran constitue un sujet brûlant aujourd’hui. Pourquoi ?

Tout d’abord, parce que ce sujet traite de deux religions, chacune portée par un peuple. Ces deux peuples que sont les Arabes et les Juifs se sont combattus à divers niveaux, non seulement au siècle dernier, mais dans plusieurs moments de leurs histoires respectives. Les problématiques évoquées dans l’ouvrage sont, pour certaines, cristallisées par le conflit israélo-palestinien, bien que ce conflit ne soit pas nécessairement d’ordre religieux. Pourtant, à plusieurs reprises, des penseurs des deux côtés ont tenté de donner une facette essentiellement religieuse à ce conflit. Ces penseurs ont dépeint cette situation d’opposition entre Juifs et Arabes par une terminologie et une conceptualisation religieuse. C’est de cela dont on hérite aujourd’hui, et qui rend la question si complexe et prenante.

 

Comment sont nommés les Juifs dans le Coran ?

Chacune des dénominations des Juifs dans le Coran implique une conception particulière de ce groupe. L’un des termes qui est abondamment utilisé est le terme Banû Israʼîl, que l’on peut traduire par « fils d’Israël » ; ce terme désigne les anciens israélites cités dans la Bible. Lorsque le Coran raconte des événements se rapportant à cette période, c’est presque toujours ce terme qui est utilisé pour désigner les ancêtres des juifs. C’est lui que l’on retrouve dans ce verset : « Ô Fils d’Israël, n’oubliez pas la grâce dont je vous ai comblé en vous choisissant parmi toutes les nations » (s. 2, v. 122). Un autre terme, yahud, désigne les juifs dans un sens plutôt péjoratif. Ce terme est très répandu dans les sourates médinoises, donc ultérieures, les plus hostiles aux juifs et aux chrétiens. Un troisième terme présent à plusieurs reprises est celui d’ ahl al-kitâb, « peuple du Livre », qui désigne par moments juifs et chrétiens. Ce terme est tantôt positif, tantôt négatif : il évoque parfois le don de la Torah aux juifs, mais rappelle aussi « l’âne chargé de livres » qu’est le peuple juif ayant reçu le don de la révélation, tout en étant incapable de le porter proprement. On voit donc que chacune de ces trois dénominations implique une conception de ce qu’est le judaïsme par rapport à l’islam.

 

Quelles étaient les relations entre Juifs et Arabes dans l’Arabie préislamique ?

Avant Mahomet, les Juifs étaient établis dans la péninsule arabique, principalement au sud, dont les Juifs yéménites seraient les descendants, et dans le Hedjaz, c’est-à-dire au nord-ouest de la péninsule où l’islam est né. On peut estimer que les Juifs dominaient une grande partie de l’Arabie ; ils s’appuyaient sur le royaume juif d’Himyar, établi dans l’actuel Yémen. Les rapports culturels et commerciaux entre Juifs et Arabes étaient intenses jusqu’à l’Hégire (l’exil). Ces éléments sont importants car ils constituent l’arrière-plan culturel auquel Mahomet est confronté en Arabie. Quelques chercheurs diraient même la chose suivante : le Prophète a choisi d’émigrer en 622 à Médine, une région fortement peuplée de Juifs, car il comptait sur ces derniers pour le rejoindre autour d’une conception nouvelle du monothéisme. Mahomet a sans doute estimé qu’il serait accepté par les Juifs du Hedjaz. On constate également la pensée politique fine de Mahomet lorsqu’il envoie vers 616 un groupe de ses adeptes à destination du royaume chrétien d’Éthiopie, pour les mêmes raisons. La forte présence de juifs et de chrétiens en Arabie à l’époque du Prophète explique l’omniprésence d’éléments bibliques, juifs ou chrétiens, dans chaque sourate du Coran.

 

L’islam a-t-il hérité de pratiques issues du judaïsme ?

Du point de vue philologique et historique, c’est certain. Au-delà des éléments bibliques, on peut déjà dire que l’islam, au même titre que le judaïsme, est une religion « légale », centrée sur la loi et les commandements, à l’inverse du christianisme. La jurisprudence, le rôle de la halakha ou de la sharia est fondamentale dans ces deux religions, et des ressemblances s’ensuivent, mais elles s’arrêtent à un certain point. Au début de la prédication de Mahomet, on voit un désir de se rapprocher des pratiques juives. Une fois passé le moment où la majorité des juifs refuse de le suivre, s’exprime un désir d’émancipation de l’islam par rapport au judaïsme et au christianisme. Cela est naturel : toute religion doit finir par affirmer son indépendance vis-à-vis des traditions passées dont elle hérite. Pour donner un exemple : au départ, la direction de la prière pour les musulmans est Jérusalem ; une fois consommé le divorce entre les juifs et les premiers musulmans, La Mecque devient la nouvelle direction pour la prière. On voit clairement ici les deux étapes : ressemblance, puis différenciation.

 

Le Coran est-il « antisémite » ?

Il est faux et anachronique de considérer le Coran ainsi, et certains le font dans un but de propagande contre l’islam. Tout d’abord, le terme « antisémitisme » fait référence à un phénomène ultérieur, tandis que l’antijudaïsme a lui été présent bien plus tôt. J’aurais dit, à la limite, qu’il y a dans le Coran des versets qui peuvent servir à nourrir une pensée antisémite. Mais dire explicitement que le Coran est un texte antisémite, c’est totalement faux. Je vis mal cette conception en tant que juif : je lis le Coran depuis mon adolescence avec beaucoup d’intérêt. Je l’ai appris avec des Arabes, je l’enseigne à l’université hébraïque de Jérusalem et en d’autres endroits du monde depuis plus que trente ans… J’ai beaucoup de respect pour ce texte qui m’a énormément appris. Il y a des passages extraordinaires dans le Coran : par exemple « le verset de la piété » (s. 2, v. 176) ou « le verset du Trône » (s. 2, v. 255). D’autres me gênent en tant que juif, comme ils gêneraient un chrétien, ou tout simplement un être humain ! On peut dire exactement la même chose de versets bibliques qui sont violents, inacceptables, sans remettre en cause l’intérêt de ces Écritures.

 

Le Coran semble donner une image paradoxale des juifs. Comment dépasser ce paradoxe ?

Lors d’un séminaire sur ce thème, un étudiant musulman chiite m’a dit la chose suivante : « Je pense que cela vaut la peine que les sages musulmans adaptent ou suppriment la sourate 9 du Coran (la plus tardive, et donc la plus polémique vis-à-vis des juifs et des chrétiens) , pour aider à construire une autre image du judaïsme et faciliter la rencontre. Qu’en pensez-vous ? » Je lui ai répondu que je suis contre toute altération d’un texte canonisé. Il y a des millions de personnes qui croient en la sainteté du Coran, on ne peut donc rien y changer. Ce qu’on peut changer en revanche, c’est notre attitude face au texte. Le fait qu’il y ait un paradoxe est, d’après-moi, une clé vers la solution. Le Coran s’exprime de diverses manières sur les juifs, les chrétiens, sur bien d’autres sujets aussi. Pour comprendre ces apparentes contradictions, il faut les ramener à leur contexte initial : les polémiques contre les juifs sont à replacer dans le contexte de la prédication de Mahomet dans une région donnée, durant une époque donnée, et ne doivent pas être considérées comme une généralisation sur qui sont les juifs. Le fait que le Coran semble paradoxal et contradictoire constitue en vérité un remède au littéralisme.

 

Le Monde des Religions

Sept mosquées fermées dans le cadre de la loi antiterroriste adoptée en 2017

Quinze mois après l’entrée en vigueur de la loi la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (Silt), le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’État, Laurent Nuñez, ont dressé, mardi 12 février, un bilan chiffré, plutôt « positif » à leur sens, de son application.

Vivement critiquée par les défenseurs des libertés publiques pour introduire dans le droit commun des mesures autorisées seulement dans le cadre de l’état d’urgence, la loi Silt est entrée en vigueur en novembre 2017. Devant la commission des lois du parlement, le duo actif de Place Beauvau a dressé un bilan positif de cette loi en soutenant que « les outils créés ont été utilisés à bon escient et ont eu des effets utiles ».

Le ministère de l’Intérieur a pu « viser juste », selon les mots de Laurent Nuñez qui s’est félicité de la fermeture de sept mosquées pour « apologie de terrorisme, de haine ou de la discrimination ». Malgré les recours judiciaires, ses ordres de fermeture émanant des préfectures ont été systématiquement confirmés.

Ce « bilan positif » évoqué par Christophe Castaner se rapporte également aux 93 « visites domiciliaires », l’équivalent de « perquisitions administratives », qui, selon lui, ont permis « de déjouer un attentat en préparation et de stopper la création d’une filière de recrutement et d’acheminement de combattants vers le Levant (Syrie et Irak, ndlr) ».

Ces « visites domiciliaires » ont d’ailleurs débouché sur la saisine de la justice pour association de malfaiteurs préparant des actes de terrorisme.

Le même bilan qui semble satisfaire l’exécutif révèle également 106 mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (Micas), signifiant plus simplement des assignations à résidence ou à une zone géographique délimitée. « Sur 40 recours contre elles, 37 ont été confirmées par le juge », a fait part le ministère de l’Intérieur.

Depuis l’application de la loi Silt, la France a déjoué dix attentats mais a tout de même « été touchée à trois reprises par le terrorisme ». Le ministère se réfère ainsi aux quatre personnes tuées lors de l’attentat de Trèbes le 23 mars 2018 ; l’attaque au couteau dans le quartier de l’Opéra à Paris ayant coûté la vie à une personne le 12 mai 2018 ainsi que la fusillade sur le marché de Noël de Strasbourg le 11 décembre 2018 qui a fait cinq morts.

 

Saphirnews

Egalité hommes-femmes : et si l‘islam en France s’inspirait des réformes de la Tunisie ?

Ce n’est pas un hasard si Neziha Labidi a choisi Paris et, plus précisément, la Sorbonne, un lieu emblématique qu’elle connaît bien pour y avoir étudié. La ministre tunisienne a souhaité que le dernier événement du programme « Tunis, capitale de la Femme arabe 2018-2019 » se déroule dans ce haut lieu international du savoir. Car le savoir est une des solutions pour lutter contre toute forme d’intégrisme et de terrorisme. Mais il faut y voir également une volonté d’unir les deux rives de la Méditerranée en réunissant des spécialistes et des représentants officiels afin de rendre internationales ses actions en faveur de l’égalité hommes-femmes.

Dans notre monde devenu un village planétaire de par la mondialisation, il est nécessaire d’avoir des normes communes car les problèmes sont mondialisés, pour ne citer que le changement climatique, les inégalités sociales, la lutte contre la pauvreté ou le terrorisme. Réseau international et savoir sont ainsi les deux piliers sur lesquels s’appuie la ministre qui souhaite rassembler et fédérer autour des nombreuses réformes et actions en faveur de l’égalité hommes-femmes que la Tunisie met en place ces dernières années.


Des réformes tunisiennes en faveur de l’égalité hommes-femmes

La Tunisie propose des projets de réforme inédits dans le monde arabe, renouant ainsi avec son passé réformateur initié dès le XIXe siècle. Pionnière en matière des droits des femmes dans le monde arabe, notamment depuis le président Habib Bourguiba, la Tunisie a adopté une nouvelle Constitution en 2014 où les « citoyens et citoyennes sont égaux en droits en en devoirs », ce qui inclut bien sûr des réformes visant à abolir des dispositions jugées rétrogrades.

En 2017, le Parlement tunisien a voté une loi visant à en finir avec toutes les formes de violences contre les femmes. Ainsi, la ministre Neziha Labidi, qui a soutenu ce projet historique depuis le début, a réussi à faire voter un texte dont découlent de nombreuses réformes, notamment la suppression de la possibilité pour l’auteur d’un viol sur mineure d’échapper aux poursuites en épousant sa victime. Bien sûr, il existe toujours un décalage entre les lois et leur application réelle dans la société. Ainsi, il est à espérer que des programmes spécifiques initiés par le gouvernement tunisien permettront d’ancrer ces principes dans la société.


Une influence des réformes tunisiennes bien au-delà de ses frontières

Les réformes tunisiennes, comme l’égalité successorale hommes-femmes discutée actuellement, déclenchent bien sûr des débats en Tunisie et bien au-delà de ses frontières. Dans le riche programme de « Tunis, capitale de la femme arabe 2018-2019 », il est à noter en août 2018 un événement exceptionnel tant par sa portée symbolique que diplomatique : la tenue du premier conseil ministériel maghrébin des ministres de la femme et de la famille. Cinq premiers pays ont décidé de créer ce conseil et de se réunir régulièrement afin de coordonner des actions communes en faveur des femmes et de la famille, à savoir la Tunisie, Le Maroc, la Mauritanie, la Libye et l’Algérie.

Œuvrant pour le rayonnement à l’international de la Tunisie, le président tunisien Béji Caid Essebsi, invité à Malte à coprésider le 6 février dernier une conférence sur l’égalité des genres avec son homologue maltaise, a déclaré être convaincu qu’il n’y avait pas de démocratie sans présence de la femme dans la vie publique. Ces réformes s’appliquent à la vie publique mais ne souhaitent pas s’opposer à la religion, l’islam en l’occurrence, qui fait partie d’un socle identitaire tunisien aux influences multiples et plurielles. Au contraire, les réformes actuelles du gouvernement tunisien apportent une vision contemporaine et respectueuse de l’islam.

 

La vision contemporaine de l’islam en Tunisie pourraient inspirer l’islam en France

Ainsi, le culte musulman français dont l’organisation est en pleine mutation pourrait s’inspirer des réformes et des bonnes pratiques initiées par la Tunisie pour permettre, enfin, aux femmes d’être présentes, à égalité avec les hommes, dans les instances de prise de décisions ou de représentation des différentes associations et fédérations musulmanes françaises. L’égalité hommes-femmes à tous les niveaux de l’organisation devrait être une priorité dans les chantiers de réforme du culte musulman en France.

A l’heure actuelle, il est utile de rappeler que les femmes sont absentes de ces instances de prises de décisions ou de représentation, à quelques rares exceptions près. La visibilité des femmes est également trop minorée dans les cercles intellectuels et culturels, dans les conférences, en lien avec la pensée et culture d’islam.

Les organisations musulmanes, cultuelles ou culturelles, devraient se sentir davantage impliquées dans le chantier sur la parité entre les hommes et les femmes entrepris dans la société française. Car rien n’interdit cette parité en islam qui, bien au contraire, permet aux femmes de prendre leur place dans la société et dans la vie religieuse à égalité avec les hommes.

Saphirnews

Le programme du voyage du Pape François au Maroc

Ce court voyage sur un week-end sera essentiellement consacré à la capitale Rabat.

Le Pape partira le samedi 30 mars à 10h45 de l’aéroport de Rome Fiumicino et arrivera à 14h à l’aéroport international de Rabat Salé. Après l’accueil à sa descente d’avion, il se rendra immédiatement au Palais royal pour la visite au roi Mohammed VI. Il s’adressera ensuite à la fois au peuple marocain, aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique depuis l’esplanade de la mosquée Hassan.

Il se rendra ensuite au mausolée du roi Mohammed V, puis à l’institut Mohammed VI de formation des imams, prédicateurs et prédicatrices, où il prononcera un salut, avant de conclure sa journée par une visite au siège de la Caritas diocésaine pour une rencontre avec les migrants, où il prendra également la parole.

Le dimanche 31 mars, il se rendra au centre rural des services sociaux de Témara, ville située au sud de l’agglomération de Rabat. Il reviendra ensuite dans la capitale marocaine pour la rencontre à la cathédrale avec les prêtres et consacrés, ainsi que le Conseil œcuménique des Églises. Il y prononcera un discours ainsi que la prière de l’angélus.

L’après-midi, il célèbrera une messe, avant de repartir vers Rome par un vol dont le départ est prévu à 17h15. Il atterrira à 21h30 à l’aéroport de Rome Ciampino.

Aucun décalage horaire n’est à prendre en compte pour la journée du samedi, mais pour celle du dimanche, il faut compter une heure d’avance en Europe compte tenu du passage à l’heure d’été.

 

Vatican News

Série de profanations d’églises à travers la France depuis trois jours

Des lieux de cultes ont été vandalisés depuis le 4 février dans toute la France, dont certains à plusieurs reprises. Les délinquants ont renversé des objets, y ont mis le feu et même utilisé des excréments pour dessiner dessus.

Trois églises ont été profanées en France depuis le début de la semaine, notamment à Nîmes (Gard), Lavaur (Tarn) et Houilles (Yvelines), cette dernière même à trois reprises (en dix jours), relatent Le Parisien et La Dépêche.

Le tabernacle de l’église Notre-Dame des Enfants à Nîmes (Gard) a ainsi été brisé et les hosties projetées à terre, relate Le Parisien. Des excréments ont même été utilisés pour tracer une croix ainsi que pour salir les murs intérieurs.

L’église Saint-Nicolas à Houilles (Yvelines) a été vandalisée pour la troisième fois en dix jours, d’après Le Parisien. La statue de la Vierge à l’Enfant ornant la façade a été «complètement pulvérisée» mercredi au point d’en devenir «irréparable», selon un prêtre. Il y a dix jours, «le Christ portant sa croix a été jeté au sol dans le chœur et le siège sur lequel le prêtre s’assoit a été renversé», a-t-il raconté. Cet acte a été répété vendredi.

​​La cathédrale de Lavaur (Tarn) a fait l’objet de vandalisme mardi soir. L’alerte a été donnée par la secrétaire de la paroisse, intriguée par une forte odeur de fumée, rapporte La Dépêche. La nappe de l’autel et la crèche ont été endommagées par le feu, une croix a été mise à terre et un cierge brisé. Le bras d’une statue du Christ crucifié a été tordu, comme pour effectuer un «dab», mouvement chorégraphique qui consiste à placer son visage dans le pli du coude tout en pointant le ciel dans la direction opposée avec les deux bras parallèles. Le maire de la ville a réagi avec émotion sur Twitter en disant: «Dieu pardonnera. Pas moi.»

 

Sputnik

Le CFCM révoque l’aumônier national des hôpitaux pour le culte musulman, une décision contestée

« Je suis toujours aumônier national des hôpitaux » pour le culte musulman. C’est sur un ton très affirmatif qu’Abdelhaq Nabaoui conteste la décision du CFCM de le relever de sa fonction à laquelle il a été nommé en 2006. Une décision vécue de manière brutale pour celui qui est également président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Alsace, déclarant qu’elle a été prise sans « entretien préalable » avec le bureau exécutif. « Je n’ai jamais été convoqué par le CFCM », indique Abdelhaq Nabaoui, qui affirme que cette décision est arrivée à ses oreilles « le 7 janvier » par le biais d’aumôniers ayant été informés – non sans surprise – de la décision par Abdallah Zekri lors de vœux interreligieux à Nîmes.

Dans un courrier du CFCM en date du 25 octobre 2018 – mais réceptionnée par le ministère de la Santé uniquement le 26 décembre – dont Saphirnews a pris connaissance, l’instance fait part de sa décision de relever Abdelhaq Nabaoui de son poste en faisant valoir une « orientation du conseil d’administration du CFCM interdisant le cumul des postes ».

« Nous avions demandé à M. Nabaoui de renoncer à son poste d’aumônier militaire pour se consacrer pleinement à l’aumônerie de la Santé. Constatant que rien n’a été fait, le bureau du CFCM a par conséquent décidé de le remplacer par un nouvel aumônier (…) dont le nom vous sera communiqué très prochainement », lit-on. Avant d’ajouter : « L’aumônerie musulmane de la Santé a besoin d’être mieux structurée afin de répondre aux attentes des malades ainsi que des administrations hospitalières. Ce qui implique un investissement total de la part de l’aumônier national et des aumôniers régionaux. »

Une décision considérée « comme nulle et non avenue »

Le cumul des mandats, un argument qui, aux yeux d’Abdelhaq Nabaoui, est « réfutable » dans la mesure où son poste d’aumônier national est un travail « entièrement bénévole »tandis que celui d’aumônier militaire est salarié. « Rien ne l’interdit. On ne peut pas demander à quelqu’un de laisser tomber son travail pour en faire un autre bénévolement. C’est irresponsable », répond-t-il.

Il se défend également en rappelant avoir accepté, non sans mal, de se plier à une décision du conseil d’administration du CFCM en 2017 interdisant que « l’aumônier national ne peut pas assurer une fonction d’aumônier régional dans son aumônerie ou pour une autre aumônerie musulmane », selon une note de cadrage aussi consultée par Saphirnews. Aumônier militaire régional pendant neuf ans, il a démissionné de ce poste en avril 2018.

Par ailleurs, « la décision a été prise par le bureau exécutif du CFCM. Or, les statuts du CFCM prévoient que la nomination et la révocation d’un aumônier national fassent l’objet d’un vote du CA. A ce jour, et prenant en compte le dernier CA qui a eu lieu en date du 3 février, aucun vote du CA n’a validé cette proposition du bureau exécutif, rendant celle-ci sans force exécutoire », indique Abdelhaq Nabaoui dans une lettre de contestation adressée à la présidence du CFCM mercredi 6 février.

Récusant la validité des motifs exposés pour justifier la révocation, il déclare considérer la décision « comme nulle et non avenue ». « En cas de refus de votre part, je me réserve le droit de saisir les instances juridiques compétentes pour donner à cette affaire les suites habituelles de droit en la matière », avertit-il.

 

Une implication dans l’AMIF qui dérange

Pour Abdelhaq Nabaoui qui dénonce une mesure « injuste » et « illégale », au moins deux raisons – non officielles – expliquent en partie sa révocation. « Certaines fédérations veulent récupérer l’aumônerie parce que Musulmans de France (ex-UOIF, ndlr) n’est plus dans le CFCM », avance-t-il. L’homme avait en effet été nommé en 2006 sur proposition de MF, aujourd’hui retiré du CFCM depuis 2013.

Mais c’est surtout son adhésion publique au projet de l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF) que le CFCM n’arrive pas à digérer, nous signifie le président du CRCM Alsace. « Je ne vois pas d’incompatibilité entre les deux projets », martèle Abdelhaq Nabaoui, soulignant « la complémentarité » des deux offres. « On se doit de travailler ensemble, main dans la main, car les défis sont énormes. »

Du fait du conflit actuel, songe-t-il à quitter le CFCM ? Pas à ce stade, dit-il : « Le CFCM est un acquis que je défends. Je défends le CFCM au sein de l’AMIF, et l’AMIF au sein du CFCM. » Mais pas de doute que cette affaire laissera des traces indélébiles.

 

La colère gronde parmi les aumôniers

« Je ne suis pas éternel, cela ne me dérange pas qu’une autre personne prenne la relève mais il faut que les choses se fassent de façon digne », plaide Abdelhaq Nabaoui, qui a le soutien de nombreux aumôniers. Un courrier en faveur de son maintien à son poste et signée le 13 janvier par 16 aumôniers dont neuf régionaux a été adressée au CFCM dans lequel ils expriment leur « inquiétude des conséquences de (sa) décision qui déstabilisera le fonctionnement de l’aumônerie hospitalière à cette période où on entame la question épineuse de la réorganisation du culte musulman ».

Ensemble, ils et elles soulignent l’énorme investissement de leur aumônier national dans sa mission, qui s’est dernièrement matérialisé par l’ouverture en 2018 de l’Ecole nationale de l’aumônerie hospitalière (ENAH), et ce « en dépit de ses contraintes professionnelles, des difficultés rencontrées sur le terrain et l’absence des moyens financiers ».

 

Les aumôniers réfractaires menacés de sanctions

En réponse, le CFCM n’a pas manqué d’être cinglant. Refusant de revoir sa décision, il appelle les aumôniers régionaux à respecter la décision dont le ministère de la Santé a pris connaissance le 9 janvier. « Nous vous mettons en garde, car en cas de non-respect des directives du CFCM, vous vous exposerez à des sanctions allant jusqu’à la révocation de votre fonction. Certains d’entre vous ont cru, en signant une pétition, que le bureau du CFCM allait revenir sur sa décision. Que les meneurs qui sont d’ailleurs connus, cessent ce chantage; dans le cas contraire, nous informerons les préfets de vos départements de notre décision, afin de mettre fin à vos fonctions », lit-on d’une lettre adressée à ces cadres religieux.

Une décision « incompréhensible » de l’aveu de Fatima Djemai, aumônier référent à Châlons-en-Champagne depuis 2016. Elle se dit « atterrée » et « indignée » par le choix du CFCM dans la mesure où Abdelhaq Nabaoui « a initié un travail phénoménal » qui produit des résultats aujourd’hui. « Nous sommes derrière lui. On n’en restera pas là », indique-t-elle.

Fathia El Moumni, aumônier régional d’Occitanie depuis 2015, abonde en son sens. Pour elle, le CFCM « ne mesure pas les conséquences que cette décision peut avoir sur l’aumônerie hospitalière. C’est un bébé et, au lieu de renforcer ce bébé, cette décision risque de mettre en péril tout le travail accompli ».

Quant à la menace de sanctions qui plane au-dessus de la tête des aumôniers réfractaires, elle s’offusque de la tentative d’intimidation du CFCM : « Nous sommes dans un Etat, heureusement, démocratique où la liberté d’expression est un droit. Signer une pétition n’est rien d’autre démocratiquement l’usage de notre liberté d’expression. » Fathia El Moumni espère encore du CFCM un changement de position mais se dit prête, dans le cas contraire, à exercer son « droit de retrait » pour rebondir sur son activité professionnelle de mandataire judiciaire à la protection des majeurs.

Pour Mohammed Moussaoui, la décision du CFCM « risque de renforcer l’image » d’une instance qui, en voulant empêcher les initiatives comme l’AMIF d’émerger, « donne l’occasion à ses détracteurs de le taxer d’être devenue une chasse gardée et une tribune réservée aux responsables de certaines fédérations ». « De même sa véhémente réponse aux aumôniers régionaux qui s’inquiétaient, à juste titre, des conséquences de cette révocation laissera des traces sur l’engagement de ces acteurs bénévoles auprès des malades », estime le président de l’Union des mosquées de France (UMF), pour qui « le CFCM s’est manifestement trompé de combat » comme il le souligne dans une tribune parue samedi 2 février sur Saphirnews.

 

Le CFCM appelle au respect de son autorité

Le CFCM, par la voix de son président d’Ahmet Ogras, réitère auprès de Saphirnews son refus de revoir cette décision mais ne veut pas s’étaler davantage sur cette affaire « interne qui n’a pas lieu d’être rendue publique ».

Pour lui, « la page est tournée » et la révocation d’Abdelhaq Nabaoui en plein chantier de la réforme du CFCM, à tout juste quatre mois des élections, s’inscrit dans le cadre du « renouveau » de l’institution. « Nous n’avons rien de personnel contre lui, nous défendons les intérêts du CFCM. (…) Les fédérations sont là depuis bien plus longtemps que lui, elles ont aussi leur mot à dire. Chacun doit respecter l’autorité de l’un et de l’autre », indique-t-il.

« L’aumônerie est sous l’autorité du CFCM. On n’a pas besoin de prétexte pour changer un aumônier, ni besoin de se justifier. (…) S’il pense que notre décision est illégale, qu’il fasse appel à la loi », déclare encore Ahmet Ogras, qui affirme que la décision du CFCM a été prise bien avant que son implication dans l’AMIF ne soit rendue publique. « Nous le remercions pour le travail qu’il a fait. Il faut qu’il accompagne l’élan du renouveau dans le CFCM et reste au service de la communauté », ajoute-t-il.

En attendant la désignation d’un nouvel aumônier national, c’est le secrétariat du CFCM qui doit assurer l’intérim. Le CFCM a lancé, jeudi 7 février, un appel à candidature « aux postulants éventuels désireux d’améliorer les services destinés aux personnes souffrantes », une fonction qui « demande à la fois une connaissance des préceptes islamiques ainsi qu’une aptitude à manager une équipe d’aumôniers musulmans qui exercent dans les hôpitaux sur tout le territoire national ».

Saphirnews

Le CFCM dénonce les propos de Ghaleb Bencheikh sur le voile

Les propos de Ghaleb Bencheikh sur le port du voile et le rôle du roi Hassan II du Maroc dans l’affaire de Creil n’en finissent pas de faire réagir, malgré les explications données par le président de la Fondation de l’islam de France. Cette fois, c’est au tour du Conseil français du culte musulman (CFCM) de s’en offusquer.

Dénonçant une « campagne médiatique sur la question du port du voile (…) qui vient d’être relancée par des déclarations individuelles de manière intempestive et outrageante », le CFCM martèle, dans un communiqué daté du mardi 5 février, que « le port du foulard par les femmes (…) est une prescription du Coran » et qu’il « s’inscrit dans une démarche générale de l’islam, qui est celui du respect d’une pudeur dans l’accoutrement », « à l’instar des autres traditions religieuses monothéistes ».

Si le CFCM « entend respecter et défendre les femmes qui couvrent leurs cheveux en application de la prescription religieuse et réfutent avec force l’idée d’une soumission de leur part et d’un statut d’infériorité », l’instance soutient aussi « avec force les musulmanes qui vivent leur foi sans se couvrir les cheveux » et « les assure de son total respect ». « Le CFCM se fera un devoir de combattre toutes les formes de stigmatisation contre nos rites et nos pratiques », lit-on.

Le CFCM a par ailleurs dénoncé les propos du président de la Fondation de l’islam de France concernant la responsabilité présumée du roi Hassan II, père de l’actuel souverain du Maroc, dans l’affaire des lycéennes portant le foulard à Creil en 1989, rendant hommage à sa contribution personnelle « au dénouement positif de la crise ».

Rappelons que, bien avant ces déclarations du CFCM, Ghaleb Bencheilkh a fait part de ses regrets sur ce point, soulignant au passage le caractère « exemplaire » de l’intervention de Hassan II dans cette affaire.

 

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