Loi Blanquer : l’interdiction du voile lors de sorties scolaires adoptée par le Sénat

Le débat est à nouveau sur la table. Un amendement portant sur l’interdiction du port des signes religieux lors des sorties scolaires a été adopté, mercredi 15 mai, par le Sénat dans le cadre du projet de loi dite « pour une école de la confiance ».

Pour ses défenseurs, cette interdiction « vise à combler un vide juridique concernant l’application du principe de laïcité lors des sorties scolaires » en assimilant les parents accompagnateurs à des « collaborateurs occasionnels du service public » au nom de la laïcité.

L’amendement, voté par 186 voix contre 100 et 159 abstentions, a été initié par le groupe Les Républicains qui s’est félicité, dans un communiqué, du vote « qui interdit le port du voile » – le seul signe pointé – lors de sorties scolaires, estimant que « les personnes qui participent à des activités scolaires doivent faire preuve de neutralité dans l’expression de leurs convictions, notamment religieuse ».

Reste à savoir si l’amendement sera retenu dans le projet de loi final à l’issue de son passage devant les députés de l’Assemblée nationale.

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est prononcé, au nom du gouvernement, contre « une interdiction légale » car « il pourrait y avoir quelque chose de contre-productif en ayant une mesure législative en la matière » et que cela « contreviendrait à un avis récent du Conseil d’État et poserait tout un tas de problèmes pratiques, qui iraient à l’encontre du développement des sorties scolaires ».

 

Saphirnews

Autriche : le voile banni des écoles primaires, la kippa préservée

Le Parlement autrichien a adopté, mercredi 15 mai, une loi interdisant aux jeunes filles musulmanes de porter le foulard dans les écoles primaires.

Avec cette nouvelle loi soutenue par le Parti populaire du centre (OVP) et le parti d’extrême droite (FPO), le gouvernement soutient qu’il s’agit d’un dispositif juridique interdisant « tout vêtement influencé par une idéologie ou une religion, et qui est associé à la couverture de la tête ».

Pourtant, cette mesure ne concerne que les musulmans puisqu’elle épargne les autres couvre-chefs à caractère religieux. Pour se justifier, le gouvernement avance que la mesure ne touche pas le turban sikh et et la kippa juive, car ces derniers n’entrent pas dans la catégorie des accessoires qui « couvrent la totalité ou une grande partie des cheveux ».

Pour le FPO, il s’agirait d’un moyen pour « libérer les filles de toute soumission », d’envoyer un message clair « contre l’islam politique » et de promouvoir l’intégration.

En attendant une décision de la Cour constitutionnelle qui pourrait invalider cette loi, le ton monte du côté de l’opposition. La députée Martha Bissman a arboré un voile en prononçant un discours devant l’Assemblée en signe de protestation contre cette interdiction. Pour elle, ceux qui ont voté cette loi cherchent à détruire « les valeurs importantes telles que la tolérance et la liberté de religion ». Elle soutient d’ailleurs qu’il s’agit d’une première étape vers l’interdiction complète du port de voile en Autriche.

La principale fédération musulmane d’Autriche, IGGÖ a qualifié, pour sa part, la loi de « honteuse » et de « tactique de diversion », rapporte l’AFP, assurant que très peu d’élèves portent le voile en Autriche.

 

Saphirnews

Egypte: fiasco pour le lancement de la première appli pour séries du ramadan

Premier service égyptien de vidéos à la demande, lancé début mai pour le ramadan en pleine saison des séries télévisées, « Watch iT » tarde à prendre son envol, conspué pour des tarifs jugés prohibitifs et des défaillances techniques.

Thrillers haletants, drames sentimentaux ou comédies familiales, les fameux « moussalsalat » égyptiens du ramadan réunissent traditionnellement les familles devant le petit écran, au moment du repas de rupture du jeûne musulman et jusque tard dans la nuit.

Ces dernières années, de nombreux spectateurs, surtout chez les nouvelles générations, visionnent en décalé les épisodes en streaming sur YouTube, après leur première diffusion à la télévision.

A ce titre, l’application égyptienne « Watch iT », lancée le 1er mai, ambitionne de damer le pion au mastodonte californien.

Dans un communiqué, Tamer Mursi, le PDG d’Egyptian Media, le conglomérat dont fait partie « Watch It », s’est targué du rôle joué par son groupe « dans la modernisation des moyens offerts au spectateur pour visionner les contenus tout en suivant la tendance à la protection des droits (de propriété intellectuelle) ».

– Piratage? –

En théorie, la plateforme propose donc 15 séries sur les 26 produites dans le pays pour le ramadan 2019, pour un tarif mensuel de 99 livres (5 euros), semestriel de 555 livres (29 euros) ou annuel de 999 livres (52 euros). Le service Play Store de Google a enregistré plus de 10.000 téléchargements de l’application.

Mais l’offre n’a pas encore rencontré le succès escompté.

« C’est beaucoup trop cher », s’indigne Youssef Ahmed, un père de famille de 48 ans en faisant ses provisions au Caire pour les premiers jours du jeûne. « De toute façon, c’est mieux de regarder les séries à la télévision en famille », dit-il à l’AFP.

Sur les réseaux sociaux comme sur les plateformes de téléchargements de l’application, Play Store et Apple Store, les internautes tancent vertement ces tarifs, dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas les 200 euros.

Pire, l’impossibilité d’accéder au contenu de « Watch iT », dont les raisons ne sont pas officiellement connues, a provoqué une salve d’attaques.

L’AFP n’a pas eu accès au contenu de l’application, des messages d’erreur apparaissant à chaque tentative d’inscription. Le site a été victime d’un « piratage », avancent des internautes et des médias locaux.

Contacté, Egyptian Media n’a pas répondu aux questions de l’AFP.

Mastodonte des médias privés, ce conglomérat détient plusieurs chaînes de télévision, des journaux à grands tirages, des sociétés de production, des entreprises de marketing. Ses détracteurs l’accusent de « monopole ».

Il serait la propriété des puissants services de renseignements, selon une enquête du journaliste Hossam Bahgat parue sur le site indépendant Mada Masr.

« Quand une telle entreprise lance un service pareil, elle est censée l’expérimenter correctement bien avant son entrée sur le marché », observe Ahmed Hamdi, journaliste artistique au journal économique « Al Mal ».

Le moment est pourtant propice à ce type d’initiative. « Nous sommes entrés dans l’ère des plateformes numériques internationales comme Netflix ou Amazon », explique-t-il à l’AFP.

Mais selon lui, et pour de nombreux critiques, l’industrie des séries du ramadan n’est pas à la hauteur du défi. Victime ces dernières années d’une désorganisation générale, elle se caractérise par des tournages réalisés dans la précipitation et des scénarios bâclés.

– « Défis » –

«  »Watch iT » est une expérience nouvelle sur le marché égyptien et totalement justifiée tant sur le plan fonctionnel que financier mais elle est confrontée à de nombreux défis », confirme à l’AFP Ahmed Adel, responsable de recherches sur les télécoms à Beltone Financial.

L’un de ces challenges, selon lui, c’est qu’il ne peut concurrencer les plateformes internationales ou du Golfe. L’américain Netflix ou l’émirati Wavo, techniquement irréprochables, proposent un contenu plus étoffé avec des dizaines de séries et films occidentaux, arabes ou turcs, à un tarif moindre.

Un des autres défis, souligne M. Adel, ce sont « les contenus illégaux qui sont disponibles dans les pays arabes en grande quantité ».

Plus de 40 millions de personnes ont accès à internet dans le pays le plus peuplé du monde arabe (près de 100 millions d’habitants), les trois quarts étant des utilisateurs des réseaux mobiles, selon les derniers chiffres du ministère des Télécommunications.

 

AFP

Belgique : le fondateur du parti Islam condamné pour discrimination sexiste

Redouane Ahrouch, cofondateur du micro-parti appelé Islam, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour discrimination à l’égard d’Emmanuelle Praet, chroniqueuse de RTL-TVI. a annoncé son avocat jeudi 9 mai.

Les faits remontent au 22 avril 2018 lors d’un débat télévisé organisé dans le cadre de l’émission « C’est pas tous les jours dimanche ».

Ce jour-là, Redouane Ahrouch avait d’abord refusé d’être maquillé par une femme. Il a ensuite défendu le fait de refuser de serrer la main à une femme en raison de convictions religieuses et a catégoriquement refusé de s’adresser à Emmanuelle Praet pendant le débat, sous prétexte qu’elle est une femme.

La chroniqueuse, avec Unia, une instance publique de lutte contre les discriminations, ont saisi le tribunal correctionnel de Bruxelles pour dénoncer le comportement sexiste de celui qui est conseiller communal à Anderlecht.

Ce dernier, condamné le 24 avril, doit payer 5 000 euros à Emmanuelle Praet et 650 euros à Unia.

Pour Me Uyttendaele, la justice a considéré que les faits reprochés « étaient d’une gravité certaine en ce qu’ils sont attentatoires au respect dû à autrui et dénotent un mépris du respect dû à la loi et des règles essentielles de la vie en société ».

 

Saphirnews

Église : le pape François contraint le clergé à signaler les abus sexuels

Le pape François s’engage contre les abus sexuels. Jeudi 9 mai, le pape a dévoilé une législation plus stricte obligeant prêtres, religieux et religieuses à signaler à l’Église tout soupçon d’agression sexuelle ou de harcèlement, ainsi que toute couverture de tels faits par la hiérarchie. Tous les diocèses de la planète sont en outre obligés d’ici à un an de mettre en place un système accessible au public pour déposer des signalements d’abus sexuels potentiels, qui seront examinés dans un délai de 90 jours.

Ces décisions ont été prises dans un « motu proprio », c’est-à-dire une lettre émise directement par le pape, qui modifie la législation de l’Église (le droit canon). Le souverain pontife a néanmoins souhaité que le secret de la confession demeure absolu, ce qui exclut donc une dénonciation de faits rapportés par un fidèle dans le confessionnal.

« Les crimes d’abus sexuel offensent Notre Seigneur »

Dans l’introduction de cette lettre apostolique intitulée « Vous êtes la lumière du monde », le pape François souligne que « les crimes d’abus sexuel offensent Notre Seigneur, causent des dommages physiques, psychologiques et spirituels aux victimes ». « Il est bien que soient adoptées au niveau universel des procédures visant à prévenir et à contrer ces crimes qui trahissent la confiance des fidèles », ajoute-t-il. « Pour que ces phénomènes, sous toutes leurs formes, ne se reproduisent plus, il faut une conversion continue et profonde des cœurs, attestée par des actions concrètes et efficaces qui impliquent chacun dans l’Église », commente le pape.

 

Le Point International

Mort de Jean Vanier, fondateur de l’Arche, prophète de la «liberté des fous»

Le Canadien, ancien militaire, mort mardi à l’âge de 90 ans, a fait essaimer ses communautés d’accueil pour handicapés mentaux dans trente-huit pays.

 

Rarement Matignon avait connu une cérémonie aussi peu protocolaire. C’était en décembre 2016. Ce jour-là, Manuel Valls remet à Jean Vanier la croix de commandeur de la Légion d’honneur. Le vieux fondateur de l’Arche est venu accompagné de dizaines de membres de sa communauté, des personnes handicapées mentales pas trop impressionnées par le décorum. Alors, elles interrompent le discours de Valls à la gloire de Jean Vanier, « un grand homme qui porte haut la fraternité ». Elles chantent avec le premier ministre. Elles le photographient, l’enlacent. Jean Vannier, lui, met en garde son hôte, qui espère à l’époque se présenter à l’élection présidentielle : « L’être humain veut plus de pouvoir, plus d’argent, toujours plus, plus, plus… C’est notre grande différence avec les oiseaux. »

Un homme qui prêche la pauvreté sous les ors de la République, a pour amis des « fous » comme des célébrités, et les fait se rencontrer en riant : tel était Jean Vanier, l’une des figures majeures du monde chrétien, mort mardi 7 mai à la maison médicale Jeanne-Garnier, à Paris. « Affaibli par un cancer depuis plusieurs semaines, il s’est éteint tranquillement cette nuit, entouré de quelques proches », a précisé l’Arche. Il avait 90 ans.

 

Sera-t-il canonisé un jour, ce Canadien considéré par certains comme une personnalité aussi marquante que l’abbé Pierre ou sœur Emmanuelle, et un pionnier de la lutte contre l’exclusion et l’enfermement des déficients mentaux ? C’est ce qu’anticipent de longue date de nombreux chrétiens, notamment parmi tous ceux qui venaient le rencontrer dans sa petite maison de Trosly-Breuil (Oise), le village au bout de la forêt de Compiègne où il vivait depuis des décennies en compagnie de ses amis « fous ». Un astéroïde a d’ores et déjà été rebaptisé « Vanier » en son honneur en 2010.

Le métier des armes et de la marine

Jean Vanier naît le 10 septembre 1928, à Genève, en Suisse, dans un milieu privilégié. Son père, Georges Vanier, ancien officier, représente le Canada à la Société des nations. Sa mère, issue de l’aristocratie canadienne, est la cousine de Philippe de Hauteclocque, le futur maréchal Leclerc. Après Genève, la famille s’installe à Londres, puis en France, où Georges Vanier est ambassadeur quand éclate la seconde guerre mondiale.

En 1941, les parents Vanier et leurs quatre enfants regagnent le Canada. Mais l’année suivante, le jeune Jean, 13 ans, demande l’autorisation de revenir en Europe. Malgré la traversée périlleuse et les bombardements, c’est à l’école militaire de Dartmouth, en Angleterre, qu’il tient à apprendre le métier des armes et de la marine. « Si tu le veux, vas-y. Je te fais confiance. » La réponse de son père lui donnera de la force pour toute sa vie.

Lorsque s’achève la guerre, Jean Vanier semble engagé sur une voie royale. Une belle carrière d’officier de marine s’ouvre devant lui, en phase avec l’héroïsme prôné dans sa famille. Cependant, le retour des déportés, de véritables squelettes dans leur uniforme rayé, le marque. Il juge que son avenir n’est pas dans l’armée. Alors il arrête tout, reprend des études, passe un an dans une trappe cistercienne, deux ans au sanctuaire portugais de Fatima, soutient une thèse sur Aristote, devient professeur de philosophie.

Surtout, il se dit que l’important n’est ni la puissance ni la gloire, des buts qui peuvent amener à écraser l’autre. Lui n’a d’yeux que pour les petits, les exclus, les paumés. Un peu comme sa mère, qui avait envisagé d’être religieuse puis choisi de se consacrer à des œuvres humanitaires. « La foi m’a fait bifurquer », racontait-il, assurant s’être laissé conduire par sa « voix intérieure ».

Sortir les handicapés mentaux des hôpitaux

Les « fous », Jean Vanier les rencontre au milieu des années 1960. Thomas Philippe, un père dominicain qu’il admire, mais qui sera plus tard soupçonné d’agressions sexuelles, vient alors d’être nommé aumônier d’un établissement spécialisé à Trosly-Breuil. Pour Jean Vanier, la visite constitue un choc. « Je savais conduire un porte-avions. Je connaissais bien la philosophie d’Aristote. Mais des personnes avec un handicap mental, j’ignorais tout. » A l’époque, les parents vivaient souvent comme une honte d’avoir des enfants handicapés, « et il fallait qu’ils soient vite enfermés dans des institutions pour que personne ne le sache ».

Jean Vanier décide de rester à Trosly-Breuil. Il y achète une petite ferme, et s’y installe avec deux hommes qu’il fait sortir d’un asile, Raphaël Simi et Philippe Seux. Il est persuadé que vivre avec eux permettra de leur rendre leur dignité. Qu’il faut les considérer comme des personnes, avant de voir leur handicap. Pour le coup, c’est lui qui est pris pour un fou ! Mais il s’acharne. Il est l’un des premiers à vouloir sortir les handicapés mentaux des hôpitaux psychiatriques, à créer des « communautés de vie » avec eux.

Un demi-siècle plus tard, cette première communauté de l’Arche – comme l’Arche de Noé, l’Arche d’alliance – a essaimé. Quelque cent cinquante autres sont dénombrées à travers trente-huit pays. Chacune comprend une demi-douzaine de personnes handicapées et presque autant d’« assistants » valides, salariés ou bénévoles. Tous prennent leurs repas en commun. Certains sont employés à des travaux de jardinage, fabriquent des poteries, des mosaïques. « Ici, les jeunes bénévoles viennent pour faire du bien, et… ce sont les handicapés qui les aident !, s’amusait le vieux sage en 2017, à l’occasion d’un « Apéro » avec Le Monde. Si on vit avec elles, les personnes avec un handicap enchantent le monde. »

Jean Vanier, lui, est resté dans son bourg de l’Oise. Ces dernières années, il continuait à y vivre avec des déficients mentaux qu’il connaissait, parfois depuis dix ou vingt ans, déjeunant, riant de bon cœur avec eux. Mais au fil des ans, des livres et des conférences données à travers le monde, il était aussi devenu une personnalité reconnue, un évangéliste que l’on venait consulter de loin, et qui pouvait converser avec l’écrivain Emmanuel Carrère, la reine Elizabeth ou le pape François.

En 2015, il avait reçu à Londres le prestigieux prix Templeton, décerné avant lui à Mère Teresa, au dalaï-lama ou encore à Desmond Tutu. A tous ses interlocuteurs, ce chrétien de gauche tenait le même discours, de sa voix feutrée, relevée d’une pointe d’accent anglophone : « Le monde sera changé par les gens humiliés et rejetés. »

 

Le Monde

Chine : une destruction à grande échelle de mosquées et sites musulmans au Xinjiang

Le patrimoine religieux et historique des Ouïghours est en danger. Selon des informations revélées par le quotidien The Guardian et le site d’investigation britannique Bellingcat, pas moins de 31 mosquées et deux grands sanctuaires musulmans implantés dans la province du Xinjiang ont subi des dommages structurels importants entre 2016 et 2018. Quinze d’entre ces sites recensés ont été « complètement ou presque totalement rasés ».

C’est une destruction à grande échelle des infrastructures islamiques qui s’opère dans le nord-ouest de la Chine où vit la minorité musulmane des Ouïghours, persécutée par les autorités.

Outre les bâtiments rasés, les journalistes ont documenté, grâce à des images satellites, la destruction de dômes et de minarets de plusieurs mosquées ainsi que la destruction de neuf bâtiments aménagés en lieux de culte, bien qu’ils ne portent aucun élément extérieur caractéristique d’une mosquée.

Le sanctuaire de l’Imam Asim, un important lieu de pèlerinage pour les Ouïghours, la mosquée Kargilik, l’un des plus grands lieux de culte musulman de la région, et la mosquée Yutian Aitika, située près de la ville de Hotan et qui datait du XIIIe siècle figurent parmi les structures détruites.

« Pour la génération actuelle, si vous enlevez leurs parents et que vous détruisez leur héritage culturel qui les rappellent leurs origines de l’autre côté, quand ils grandiront, tout ça leur sera étranger », a alerté un résidant de Hotan, cité par The Guardian. Les autorités chinoises, lancées dans une politique d’éradication de l’identité ouïghoure, ne recule devant rien.

 

Saphirnews

Ramadan 2019 : le Maroc envoie plus de 400 imams et prédicateurs en Europe, le plus gros en France

Le ministère marocain des Habous et des Affaires islamiques a annoncé l’envoi cette année de 422 imams, prédicateurs et prédicatrices vers l’Europe pour diriger les prières, donner des conférences et animer les veillées religieuses dans les mosquées pendant le mois du Ramadan.

Les cadres religieux, désignés par le Conseil supérieur des oulémas, sont répartis dans les pays d’accueil selon le nombre de Marocains présents dans chaque pays. Ainsi, rapporte le site Le 360, la France accueillera 164 prédicateurs et psalmodieurs, l’Italie 62, l’Espagne 56, la Belgique 49, l’Allemagne 26, le Canada 25, les Pays-Bas 24, le Danemark 9, la Suède 6.

La répartition s’est faite de concert avec les ambassades et les consulats du Maroc à l’étranger. Les prédicateurs ont été appelés, comme chaque année, à ne pas aborder des sujets politiques ou polémiques et à respecter la culture du pays d’accueil, sous peine de recevoir des sanctions. La fondation Hassan II mobilisera aussi 253 prédicateurs et prédicatrices pour l’encadrement des Marocains pendant le Ramadan.

 

Saphirnews

Le Sri Lanka expulse 200 prêcheurs musulmans après les attentats de Pâques

Ils ont été expulsés en raison de leurs visas dépassés, selon le ministre sri-lankais des Affaires intérieures, comme plus de 400 autres ressortissants étrangers.

Le Sri Lanka a expulsé plus de 600 ressortissants étrangers, dont 200 prêcheurs musulmans, depuis les attentats de Pâques. Le ministre des Affaires intérieures Vajira Abeywardena a indiqué que les religieux étaient entrés légalement dans le pays mais y étaient restés au-delà de la date autorisée sur leur passeport.

« Vu la situation actuelle dans le pays, nous avons examiné le système de visas et avons pris la décision de renforcer les restrictions de visas pour les enseignants religieux », a-t-il déclaré ce dimanche. Le ministre n’a pas précisé les nationalités des personnes expulsées. Selon la police, elles viennent principalement de Bangladesh, d’Inde, des Maldives et du Pakistan.

La peur d’une radicalisation depuis l’étranger

Depuis les attentats djihadistes du 21 avril dernier, qui ont frappé des hôtels de luxe et des églises chrétiennes en pleine messe de Pâques et fait 257 morts, le Sri Lanka s’est engagé dans une importante répression sécuritaire.

« Il y a des institutions religieuses qui font venir des prêcheurs étrangers depuis des années », a expliqué Vajira Abeywardena. « Nous n’avons aucun problème avec ces dernières, mais il y en a qui ont ouvert récemment. Nous allons faire plus attention à celles-ci », a-t-il poursuivi.

Le gouvernement craint en effet que des prêcheurs étrangers ne radicalisent des musulmans sri-lankais et n’incitent à de nouveaux attentats du type de ceux d’il y a deux semaines, revendiqués par l’organisation djihadiste Daesh.

L’Express

Les universités catholiques s’engagent pour l’Europe

Vendredi 3 mai, plusieurs recteurs d’universités catholiques européennes se sont réunis dans les locaux de l’Institut catholique de Paris pour rendre publique une déclaration sur l’Europe, signée par 32 recteurs d’universités catholiques européennes.

Trente-deux recteurs d’universités catholiques européennes ont signé, vendredi 3 mai, une déclaration commune pour exprimer, à l’approche des élections européennes, leur attachement au projet européen. « Pleinement conscients de l’identité de cette grande et ancienne réalité qu’est l’Europe et de ce qu’elle représente pour le monde entier, y compris par son inspiration chrétienne, (nous) voulons rappeler la raison d’être d’un horizon européen partagé », déclarent les signataires dans ce texte, dans lequel ils mettent en avant l’Europe comme communauté, mais aussi la démocratie européenne ou encore son « rôle et (sa) responsabilité spécifique dans le monde ».

C’est dans les locaux de l’Institut catholique de Paris que ce texte a été présenté, vendredi 3 mai, en présence de plusieurs recteurs signataires. « Il s’agit de donner une visibilité à notre réseau d’amitiés interuniversitaires et de communiquer notre position politique clairement favorable à l’Europe à l’approche des élections européennes » a déclaré Francesco Bonini, recteur de l’université LUMSA de Rome. « L’idée était de prendre la parole en public, en tant que recteurs des universités catholiques, sur une question qui touche à la liberté et à la communauté, mots-clefs des débuts de l’Europe dans le monde mais aussi de l’université ».

C’est ainsi à l’initiative du recteur de l’Institut Catholique de Paris, Mgr Philippe Bordeyne, que la rencontre entre les différents recteurs et représentants d’universités ayant pu faire le déplacement s’est tenue dans les locaux de l’institut.

Les deux recteurs français et italien avaient conçu l’idée d’une telle déclaration il y a deux mois, et c’est l’événement inattendu de l’incendie de Notre-Dame du 15 avril qui a précipité la décision de la rencontre, « compte tenu du lien historique entre le développement des universités et des cathédrales dans l’Europe médiévale », a précisé le recteur de l’institut. « Nous étions alors préoccupés des divergences entre nos gouvernements respectifs, mais lorsque nous avons vu que nos présidents Emmanuel Macron et Sergio Mattarella allaient célébrer ensemble le 500e anniversaire de la mort de Leonard de Vinci, nous avons pensé que c’était une bonne idée de publier la déclaration le lendemain. Il a alors fallu rapidement mobiliser les signataires de plusieurs universités d’Europe », a-t-il ajouté.

L’occasion d’un échange avec les étudiants

Le but était aussi d’ouvrir le dialogue avec des étudiants de l’institut, invités à cette occasion. « Les étudiants et recteurs n’ont pas l’habitude de se voir pour discuter et une telle situation serait quasiment impossible dans une université publique », a précisé Mgr Bordeyne.

Giovanni Marseguerra, professeur à l’Université du Sacré-Cœur de Milan a souligné l’importance « de concerner les jeunes afin de pouvoir penser l’Europe comme une famille à la fois internationale et intergénérationnelle ». Il ajoute que « pour construire une Europe humaniste, il faut avoir la capacité d’intégrer différentes cultures, de promouvoir le dialogue mais aussi de générer des opportunités concrètes pour les jeunes afin qu’ils puissent collaborer à ce projet ». Parmi les étudiants de l’ICP présents, Vincent abonde : « l’Europe ne doit pas uniquement se bâtir sur un idéal de paix mais sur un véritable idéal humaniste d’échanges entre les cultures ».

La vocation particulière des universités catholiques

C’est bien cet idéal que les universités catholiques veulent promouvoir. « Que des étudiants bien formés puissent bénéficier d’un socle spirituel leur permettant d’avoir des convictions et un positionnement fort dans la société vis-à-vis du bien commun, point qui nous est particulièrement cher et dont l’idée d’Europe est une belle expression, voilà ce qui constitue probablement la plus-value de nos universités » a déclaré Loïc Roche, responsable de la communication et de la stratégie à la Fédération Internationale des Universités Catholiques et présent à la rencontre.

« L’université doit être un lieu où se créent des connexions vertueuses entre les Europes, celle des idées, celle du papier administratif et celle de la vie quotidienne, ajoute le recteur romain Francesco Bonini afin d’avoir une réelle vision et de ne pas répéter des discours politiquement corrects ».

 

La Croix