Jean Delumeau, historien des religions, est décédé

Le grand historien Jean Delumeau s’est éteint lundi 13 janvier dans la matinée, nous a annoncé sa famille. Cet universitaire, né le 18 juin 1923 à Nantes, était spécialiste des mentalités religieuses et, en particulier, du christianisme. L’historien avait consacré la majeure partie de son œuvre à l’étude des conceptions et des représentations de l’au-delà dans l’histoire de l’Occident. Il est ainsi l’auteur d’une impressionnante « Histoire du Paradis », en trois tomes (1992, 1995 et 2000).

 

« Révolté de l’infériorité »

Catholique et critique, il se disait « révolté de l’infériorité dans laquelle les femmes sont tenues au sein de l’Église ». Il était également contre le célibat des prêtres, jugeant que « ce n’est pas naturel ». « La perte de crédibilité de l’Église catholique est immense », assurait le professeur. « L’Église affronte une crise très difficile, et elle n’en a pas fini. Elle ne pourra se reconstruire qu’à travers des mesures chocs adaptées à notre époque. Et cela commence (…) par revoir de fond en comble la place des femmes », soulignait-il notamment.

Selon La Croix, l’historien catholique avait lui-même préparé un texte qui sera lu pour ses obsèques. « Ma vie a eu ses peines et ses joies, ses échecs et ses succès, ses ombres et ses lumières, ses fautes, ses erreurs et ses insuffisances, et aussi ses enthousiasmes, ses élans et ses espérances. J’ai terminé ma course. Que je m’endorme dans ta paix et dans ton pardon ! Sois mon refuge et ma lumière. Je m’abandonne à toi. Je vais entrer dans la terre. Mais que mon ultime pensée soit celle de la confiance », a écrit l’historien.

 

Le Point

Somalie: Au moins 76 morts dans un attentat à Mogadiscio

Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 76 morts et des dizaines de blessés ce samedi dans un quartier animé de la capitale somalienne Mogadiscio, a rapporté un responsable des secours médicaux.

«Le nombre de victimes que nous avons confirmé est de 76 morts et 70 blessés. Il pourrait être encore supérieur», a déclaré le directeur du service privé d’ambulances Aamin Ambulance, Abdukadir Abdirahman Haji. L’explosion, qui s’est produite dans un quartier animé de la capitale somalienne, « a été dévastatrice » a déclaré un membre de la police, Ibrahim Mohamed.

L’attentat s’est produit dans un secteur ou le trafic est très dense en raison d’un poste de sécurité et d’un centre des impôts. « Cela a été dévastateur parce qu’il y avait beaucoup de monde, notamment des lycéens dans des bus », a raconté un témoin, Muhibo Ahmed. « Tout ce que j’ai pu voir, ce sont des corps morts éparpillés, certains brûlés au point d’être méconnaissables », a déclaré une autre personne présente, Sakariye Abdukadir

L’attentat pas encore revendiqué

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, survient dans un contexte marqué par de multiples actions meurtrières des islamistes shebab. Ces insurgés ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Chassés de Mogadiscio en 2011, ils ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

B.D/AFP

Twitter supprime près de 6000 comptes liés à un réseau d’influence saoudien

Le réseau social Twitter a annoncé ce vendredi 20 décembre avoir démantelé un réseau visant à favoriser les intérêts géopolitiques de l’Arabie saoudite. Des dizaines de milliers de comptes sont concernés.

Dans un message posté sur son blog, le réseau social Twitter indique avoir supprimé près de 5 925 comptes, au cœur d’un réseau de 88 000 autres comptes, suspendus définitivement eux aussi. Ce réseau était utilisé pour amplifier les messages favorables à la politique du régime saoudien à travers des activités agressives, comme les partages ou les « likes » d’un tweet à grande échelle.

Manipulations d’opinions et vols de données

Ce réseau de « bots » informatiques est soutenu par le royaume wahhabite lui-même affirme Twitter. Le géant du numérique souligne que l’opération était dirigée par Smaat, une entreprise de marketing numérique dont le site internet est désormais inaccessible. Elle compte parmi ses clients plusieurs ministères et des personnalités saoudiennes de haut rang. Riyad pour l’instant ne commente pas l’affaire.

Mais au-delà des tentatives supposées de manipulation de l’opinion, le FBI enquête sur l’utilisation de Twitter par le régime saoudien pour traquer les opposants. Deux anciens employés du groupe américain auraient profité de leur fonction pour accéder aux informations personnelles de certains d’entre eux. Certains relient cet espionnage supposé, aux vagues d’arrestations d’universitaires, d’entrepreneurs et de défenseurs des droits de l’homme, en 2017 à Riyad.

Le journaliste Jamal Khashoggi s’était aussi plaint des menaces qu’il recevait de comptes soutenant l’Arabie saoudite avant d’être brutalement assassiné à l’ambassade saoudienne d’Istanbul.

Autre opération sur Facebook

À moins d’un an de la présidentielle américaine, Twitter et Facebook communiquent sur le ménage qu’ils tentent de réaliser sur leurs réseaux. L’autre géant des réseaux sociaux annonce avoir bloqué des opérations de manipulation. Facebook indique avoir mis fin à deux opérations séparées, notamment à une pilotée au Vietnam et aux États-Unis qui ciblait les Américains avec des messages en faveur de Donald Trump.

 

RFI

Des pays musulmans envisagent le recours à l’or face à des sanctions

L’Iran, la Malaisie, la Turquie et le Qatar envisagent d’avoir recours à l’or et au troc dans leurs relations commerciales afin de se prémunir contre de futures sanctions économiques qui leur seraient infligées, a déclaré samedi le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad.

A l’issue d’un sommet islamique de quatre jours organisé en Malaisie, Mahathir Mohamad a félicité l’Iran et le Qatar pour leur résistance aux sanctions qui leur ont été imposées, ajoutant qu’il était important que le monde musulman soit auto-suffisant.

L’Arabie saoudite, qui n’a assisté à ce sommet, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations avec le Qatar en juin 2017, accusant le petit émirat de soutenir le terrorisme. Le Qatar a rejeté ces allégations et affirme en retour que ses voisins tentent de limiter sa souveraineté.

De son côté, l’Iran souffre du rétablissement par les Etats-Unis de sanctions contre le pays après que Washington a décidé de se retirer l’an dernier de l’accord international sur le programme nucléaire iranien.

« J’ai suggéré que nous réfléchissions à nouveau à l’idée d’utiliser le dinar-or et le troc entre nous », a dit Mahathir Mohamad.

« Nous y pensons sérieusement et nous espérons pouvoir trouver un moyen de mettre cela en place. »

Les dirigeants présents au sommet, critiqué par certains comme étant une scission de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont convenu qu’ils devaient développer les échanges commerciaux entre eux.

En réponse aux critiques adressées à la Malaisie pour avoir organisé le sommet, Kuala Lumpur a répondu que la totalité des 57 membres de l’OCI, organisation fondée en 1969, avaient été invités mais que seulement 20 avaient répondu présent.

 

Reuters

Israël interdit aux chrétiens de la bande de Gaza de se rendre à Bethléem pour Noël

Les Chrétiens de la bande de Gaza devraient être interdits de villes saintes à Noël. Ce sont les autorités israéliennes qui l’ont annoncé le 12 décembre dernier. Les Chrétiens ne pourront pas visiter les villes de Bethléem et de Jérusalem. La liaison militaire avec les Palestiniens a avancé des considérations « d’ordre sécuritaire ». Seuls des permis pour des séjours à l’étranger seront accordés, ont-ils ajouté.

Une rupture avec la politique habituelle puisque deux fois par an, à Pâques et à Noël donc, le Cogat, l’organisme de liaison militaire d’Israël avec les territoires palestiniens, attribue des quotas de permis. Ils permettent aux habitants de la bande de Gaza de se réunir avec leur famille en dehors de l’enclave pour les vacances.

Les hauts responsables chrétiens condamnent

À titre de comparaison, en 2018, l’État hébreu avait annoncé 500 permis accordés aux Chrétiens de la bande de Gaza. Dans le passé, Israël a déjà restreint les mouvements hors de la bande, ce territoire contrôlé par le Hamas. L’enclave palestinienne qui a récemment été le théâtre d’une nouvelle escalade de violence, ne compte aujourd’hui qu’environ un millier de chrétiens, majoritairement grecs-orthodoxes (autour de 800) et 117 âmes catholiques, sur une population de deux millions d’habitants, la plupart musulmans. Les hauts responsables chrétiens ont indiqué avoir fait appel auprès des autorités israéliennes de cette décision qu’ils ont condamnée.

 

Valeurs Actuelles

Des travailleurs maliens font condamner un employeur pour « discrimination raciale et systémique »

C’est une condamnation historique qui a été prononcée, jeudi 18 décembre, par le conseil des prud’hommes de Paris. Celui-ci a condamné MT Bat Immeubles, le sous-traitant du groupe d’assurance Covéa, pour « discrimination raciale et systémique » envers 25 travailleurs maliens, une première en France. Tous sans-papiers en 2016, ils étaient employés illégalement sur le vaste chantier Breteuil-Ségur, dans le 7e arrondissement de la capitale.

L’employeur a été condamné à payer 34 000 euros à chaque travailleur pour dommages et intérêts ainsi que près de 3 000 euros de salaires en retard, soit plus d’un million d’euros au total.

C’est après l’accident d’un ouvrier en septembre 2016 que l’affaire a éclaté. Alors que le travailleur avait lourdement chuté d’un échafaudage non réglementé, l’employeur avait refusé d’appeler les secours. Ce fut alors la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour ses collègues qui vont se rebeller et dévoiler les conditions pénibles dans lesquelles ils sont employés.

Les ouvriers, qui ont fait alors le choix de faire grève et d’occuper le chantier, forment une action de groupe avec le soutien de la CGT. Ils sont reconnus comme ayant été employés dans des conditions « humainement indignes » par l’inspection du travail et le Défenseur des droits.

Dans son jugement cité par Le Parisien, le conseil de prud’hommes a reconnu que « tous les travailleurs maliens étaient assignés aux tâches les plus pénibles du chantier dans des conditions extrêmement dangereuses » et constaté que « la société a préféré privilégier l’état d’avancement des travaux à la sauvegarde de l’intégrité corporelle et de la vie des salariés, appréhendés comme de simples composants remplaçables ».

Trois ans après, c’est une belle victoire que les travailleurs peuvent savourer, d’autant que tous ont depuis été depuis régularisés et embauchés par une entreprise de bâtiment. Quant à MT Bat Immeubles, il a été placé en liquidation judiciaire.

Saphirnews

La résolution controversée sur la lutte contre l’antisémitisme adoptée par les députés

Le texte a été voté à un très faible nombre de voix. Au cœur des reproches de ses opposants : le fait qu’il associe l’antisionisme à une forme d’antisémitisme.

L’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution contre l’antisémitisme, mardi 3 décembre. Dans ce texte controversé, son auteur, le député La République en marche (LRM) Sylvain Maillard proposait au Parlement français l’adoption de la définition de l’antisémitisme telle que formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

« On recommence à tuer en France des juifs parce qu’ils sont juifs », a rappelé M. Maillard en ouverture des débats au moment où la nouvelle de la profanation d’une centaine de sépultures juives dans le cimetière alsacien de Westhoffen se propageait dans l’hémicycle.

Le débat sur ce texte a vivement divisé les députés, et en particulier la majorité. Il a d’ailleurs été adopté par un très faible nombre de voix : 154 députés ont voté pour – sur les 577 qui siègent dans l’institution – , 72 contre. De très nombreux parlementaires n’ont pas pris part au vote, alors même qu’ils étaient près de 550 présents deux heures plus tôt pour l’adoption définitive du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, signe du malaise suscité par ce texte.

La controverse vient des onze exemples retenus

Le tiraillement du groupe LRM, révélé par l’analyse du scrutin, est inédit alors que la résolution émanait de l’un de ses membres. Sur ses 303 membres, 84 ont voté en faveur du texte soit moins d’un tiers du collectif macroniste. 26 ont voté contre quand 22 se sont abstenus. La grande majorité du groupe était absente lors du vote, nombre d’entre eux ne souhaitant pas se prononcer publiquement sur ce sujet polémique. Le MoDem, allié de la majorité, s’est lui principalement abstenu sur le texte. 5 députés centristes ont voté pour, cinq autres contre.

Au cœur des reproches des opposants : le fait qu’il associe l’antisionisme à une forme d’antisémitisme. En février, Emmanuel Macron s’était dit favorable à l’adoption de cette définition, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), estimant alors que l’antisionisme représente « une des formes modernes de l’antisémitisme ».

La définition de l’IRHA tient en quelques mots, dont le terme « antisionisme » est absent :

« L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

La controverse vient des onze exemples qui précisent cette définition relativement vague, dont l’un considère comme antisémite le « traitement inégalitaire de l’Etat d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre Etat démocratique ».

« C’est l’antisémitisme qui avance sous le masque de l’antisionisme »

Pour ses défenseurs, cette précision s’impose à l’heure où, ont souligné plusieurs députés, c’est l’« antisémitisme qui avance sous le masque de l’antisionisme ». « C’est l’honneur de notre Assemblée nationale que de dire la vérité, de regarder les choses en face et de mettre des mots sur les maux », a soutenu la députée LR Constance le Grip. « Cette définition pourra aider à mieux définir les circonstances aggravantes des crimes antisémites » a salué le député François Pupponi, membre du groupe Liberté et territoires.

« Ce texte ne dit qu’une chose, il affirme haut et fort la position de la France, il est une condamnation sans ambiguïté de tous les mots, les actes, les gestes antisémites » a soutenu Christophe Castaner, ministre de l’intérieur. Ce dernier a souligné que les termes « sioniste » et « antisioniste » ne figurent pas dans le cœur du texte, se gardant d’entrer dans le débat qui a été au cœur des échanges à l’Assemblée et qui a pavé tout l’argumentaire de son instigateur, M. Maillard.

Les opposants à cette définition craignent qu’elle ne soit instrumentalisée pour délégitimer la critique du gouvernement israélien et de l’occupation en Cisjordanie. Dans une tribune au Monde, 127 intellectuels juifs appelaient lundi à repousser la résolution. « A terme une logique de ce type peut porter atteinte à un certain nombre de droits d’expression, elle va criminaliser des idées mais n’apporte pas d’outils supplémentaires pour lutter contre antisémitisme et contre les racismes » s’inquiétait le député communiste Pierre Dharréville dont le groupe, comme l’ensemble de ceux de gauche, s’est opposé au texte.

« Pointer une seule forme de racisme va créer des frustrations »

M. Maillard assure du contraire. « Nous pouvons, nous devons critiquer les politiques des gouvernements israéliens sous tous leurs aspects lorsque cela est nécessaire. Car critiquer Israël et sa politique, y compris la question de ses frontières, n’est pas un acte antisémite. Mais lui refuser le droit à exister en est un » a t-il insisté devant ses collègues députés.

« C’est un terrain sur lequel nous croyons qu’il est risqué de s’engager », a néanmoins expliqué dans l’hémicycle le député MoDem Bruno Millienne, qui a appelé à « ne pas faire de distinction mais (à) combattre en même temps toutes les formes d’incitations à la haine ».

« Attention au risque politique », prévient une députée LRM hostile au texte. Le fait de pointer une seule forme de racisme va créer des frustrations » « Il y a un problème de calendrier », ajoute-t-elle. « Ça fait plusieurs mois qu’on a des débats compliqués autour de l’islam. Il y a une population musulmane en souffrance qu’on ne traite pas comme il faut. Et on va écrire qu’il est inadmissible que certains hommes ne peuvent pas se promener avec une kippa. Est-ce qu’on serait prêt à écrire la même chose pour une femme qui porte le foulard ? »

Dans un souci « d’apaiser », les craintes de son groupe, Gilles Le Gendre demandé la création d’une mission d’information « sur l’émergence des nouvelles formes de discrimination et de racisme et les meilleures réponses à y apporter » a-t-il précisé. Les socialistes ont eux déposé une proposition de résolution visant à lutter contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination.

Le Monde

Inde : le gouvernement plaide pour l’exclusion des migrants musulmans de la citoyenneté

Le gouvernement indien, dirigé par le Premier ministre Narendra Modi, ne cesse d’aller plus loin dans sa politique ultranationaliste islamophobe. Celui-ci a présenté, lundi 9 décembre au Parlement, un amendement à la proposition de loi sur la citoyenneté excluant la possibilité aux réfugiés de confession musulmane – et à eux seuls – d’obtenir la nationalité indienne.

Cette mesure d’exclusion ne concerne pas les migrants issus des pays voisins (Afghanistan, Pakistan et Bengladesh) de confession chrétienne, bouddhiste, hindoue, sikh, jaïne et parsis. Ces derniers peuvent, en effet, obtenir la nationalité s’ils sont arrivés au pays de Gandhi avant la fin de l’année 2014 et s’ils y résident depuis au moins cinq ans.

La mesure, qui n’est pas la première à viser ouvertement les musulmans d’Inde, a été validée début décembre par le conseil des ministres.

Tandis que le gouvernement justifie la mesure en arguant de la nécessité de lutter contre les persécutions religieuses dans les pays à majorité musulmane, elle suscite un tollé au sein de la population musulmane, forte de plus de 200 millions d’âmes (15 % de la population sur un total de 1,3 milliards d’habitants). C’est en effet la première fois en Inde qu’une mesure gouvernementale entend exclure formellement des personnes de la citoyenneté sur la base de critères purement religieux.

Des manifestations ont été organisées, samedi 7 décembre, pour protester contre cet amendement controversé qui, s’il est adopté, marquera une étape supplémentaire dans la marginalisation des musulmans d’Inde.

Mise à jour : La chambre basse du Parlement indien (Lok Sabha), dominé par le BJP, le parti au pouvoir, a adopté, dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 décembre, l’amendement controversé. « Ce texte correspond à la tradition séculaire indienne d’assimilation et de respect des valeurs humanitaires », a fait savoir via Twitter Narendra Modi. « Ce n’est pas un texte discriminatoire. C’est un texte qui donne des droits, pas un texte qui en retire à quiconque », a plaidé son ministre de l’intérieur Amit Shah.

Ce n’est pas l’avis de ses détracteurs parmi les organisations de défense des droits et les associations musulmanes dont plusieurs ont lancé des appels à manifester contre la mesure, qui va être examinée à la chambre haute du Parlement (Rajya Sabha) où le BJP n’a pas la majorité mais travaille à gagner les voix de petits groupes parlementaires.

 

Saphirnews

Niger : au moins 71 militaires tués dans une attaque jihadiste

Après l’attaque du camp d’Inates mardi, Emmanuel Macron a annoncé le report d’un sommet prévu le 16 décembre à Pau entre la France et les dirigeants du Sahel.

L’armée nigérienne a subi mardi ses plus lourdes pertes depuis qu’elle est confrontée au défi jihadiste lors de l’attaque du camp d’Inates, dans l’ouest, qui a fait 71 morts et entraîné le report d’un sommet entre la France et les pays du Sahel, initialement prévu à Pau le 16 décembre. «Malheureusement, on déplore le bilan suivant : 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés», selon un communiqué du ministère de la Défense, lu à la télévision nationale.

«Les combats», qui ont duré trois heures, ont été «d’une rare violence combinant des tirs d’artillerie et l’emploi de véhicules kamikazes par l’ennemi», a ajouté le ministère, estimant le nombre de «terroristes lourdement armés» à «plusieurs centaines». Un précédent bilan de source sécuritaire faisait état de plus de 60 morts, précisant que «les terroristes ont pilonné le camp à l’aide d’obus», et que beaucoup de victimes étaient décédées dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant.

Macron reporte le sommet

En accord avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, le président français Emmanuel Macron a annoncé le report au «début de l’année 2020» d’un sommet avec les dirigeants des cinq pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie). La ville de Pau avait été choisie, car c’est là qu’étaient basés la majorité des 13 soldats français décédés le 25 novembre dans un accident d’hélicoptères au Mali. Macron avait annoncé le 4 décembre qu’il avait convié les présidents sahéliens à cette réunion pour qu’ils «clarifient» leur position sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée par leurs opinions publiques.

L’attaque d’Inates est la plus meurtrière depuis le début de l’offensive jihadiste au Niger, en 2015. Au-delà de ce pays, c’est tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina –, qui est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes armés, en dépit de la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

 

AFP/ Libération

Est-ce que tous les abattoirs d’Ile-de-France sont halal, comme l’avance Laurent Alexandre ?

Au niveau national, le halal est par ailleurs loin de représenter la majorité des abattages. La commission d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français  : «En nombre de têtes abattues, l’abattage sans étourdissement représentait 15 % des bovins abattus et 27 % des ovins.»

«Cela ralentit fortement la cadence d’abattage»

Le rapporteur de cette commission avait, à cette occasion, voulu «dissiper une idée fausse selon laquelle les abattoirs auraient intérêt à multiplier les abattages rituels même en l’absence de commande» : «Outre que cela est désormais interdit [par un décret de 2011 qui oblige d’associer une commande précise à tout abattage sans étourdissement], cela n’est pas du tout dans l’intérêt des opérateurs car cela ralentit fortement la cadence d’abattage.» Le directeur général adjoint de Culture viande, le syndicat des entreprises françaises du secteur, expliquait à cette occasion que «pratiquer un abattage sans étourdissement est beaucoup plus compliqué pour les abattoirs», ce qui a «des impacts en termes économiques».

Interbev précise de son côté qu’un règlement européen n’autorise qu’à «titre dérogatoire l’abattage rituel»dans des «conditions bien spécifiques» : «Les abattages rituels doivent avoir lieu dans des abattoirs agréés bénéficiant expressément d’une autorisation de déroger à l’obligation d’étourdissement (matériel et procédures adaptées, ensemble du personnel formé).»

La polémique n’a rien de nouveau : avant Laurent Alexandre, Marine Le Pen avait estimé, en 2012, que «l’ensemble de la viande qui est distribuée en Ile-de-France» était halal. Déjà, les professionnels du secteur l’avaient vertement démenti.

Libération