Affaire Asma Bougnaoui Porter le voile islamique dans une entreprise privée est un droit… soumis à des conditions

 

Ce jeudi, la cour d’appel de Versailles a tranché en faveur d’une salariée d’une entreprise privée licenciée en 2008 parce qu’elle avait refusé de retirer son voile islamique rapporte le Parisien. Son ex-employeur doit lui verser 23 000 euros.

 

Le jugement de la cour d’appel de Versailles vient que confirmer le droit de porter le voile islamique dans une entreprise privée. Ce jeudi, la cour a donné raison à Asma Bougnaoui, qui en 2008 avait été licenciée par son employeur de l’époque, Micropole, alors qu’elle occupait un poste d’ingénieur informatique, rapporte Le Parisien. La raison de son renvoi : le refus de retirer son voile. Un an après son embauche, l’ingénieur s’était rendu chez Groupama, un client de son employeur, pour une intervention à Toulouse. Mais voilà, des collaborateurs de l’assureur se sont plaints de la venue de cette femme voilée invoquant une « gêne ». Micropole lui demande alors de retirer son voile lors de déplacements chez les clients.

Finalement, la cour d’appel de Versailles a annulé le licenciement et condamné la société Micropole à verser à cette ex-employée une somme de plus 23 000 euros. Il faut savoir que l’interdiction des signes religieux dans l’entreprise, contrairement à l’interdiction du voile dans les lieux publics, n’a pas été posée par la loi. Pour autant, la liberté d’expression religieuse ne doit pas entraîner de troubles dans l’entreprise. Et jusqu’à son licenciement, Asma Bougnaoui n’avait jamais eu de problèmes au sein de son entreprise.

Possibilité d’instaurer un réglement intérieur

Si un règlement intérieur précis interdisait le voile au sein de Micropole, la société aurait pu le mettre en avant. Par contre, si l’employeur interdit le voile au travail, sa décision ne doit pas être motivée par des critères religieux mais par les conséquences que ce vêtement pourrait avoir en matière d’organisation, d’hygiène ou de sécurité au travail. Dans son article 2, la loi travail du mois d’août 2016 prévoit également la possibilité d’insérer dans le règlement intérieur des règles inscrivant le principe de neutralité dans l’entreprise et restreignant la manifestation des convictions (politiques, religieuses) des salariés.

Cependant, deux conditions ont été posées par la Cour de cassation. La première est que cette clause doit être « indifférenciée », ce qui signifie qu’elle ne peut pas viser qu’un seul culte ou une seule religion. La deuxième condition est que cette règle ne peut s’appliquer qu’aux salariés en contact avec la clientèle.

Enfin, si une salariée refuse de retirer son voile islamique, l’entreprise ne peut pas prendre immédiatement une mesure de licenciement et doit d’abord envisageait d’autres solutions, comme un reclassement.

 

La Voix du Nord

Iran: La femme qui protestait contre le port du voile condamnée à un an de prison

Un an de prison pour avoir contesté le port du voile. C’est la condamnation infligée début mars à une femme en Iran, selon les déclarations de son avocat ce dimanche.

Vida Movahédi a été arrêtée en octobre 2018 pour être apparue sans voile sur le dôme au centre de la place Enghelab («Révolution » en persan) de Téhéran. Elle agitait à bout de bras son voile et des ballons rouges. Elle a été poursuivie pour « incitation à la corruption et à la débauche ».

Manifestantes arrêtées, avocate emprisonnée

Lors de son procès, Vida Movahédi a déclaré qu’elle était « opposée au voile islamique obligatoire » et qu’elle protestait sous forme d’une « révolte civique ». La justice iranienne l’a condamnée le 2 mars dernier à un an de prison. Elle pourrait bénéficier d’une libération anticipée ou d’une amnistie mais des obstacles administratifs bloquent ces mesures. « Plus d’un mois après [le jugement], nous en sommes toujours au même point », déplore son avocat.

Mère d’une fille de deux ans, Vida Movahédi avait déjà protesté, seule, contre l’obligation de porter le voile en décembre 2017. Elle était alors devenue l’égérie d’un mouvement de contestation, rapidement réprimé par les autorités. Elle et plusieurs autres femmes ayant imité son geste avaient été arrêtés et condamnées à une amende.

Nasrin Sotoudeh, une avocate qui a défendu nombre d’entre elles, purge depuis juin 2018 une peine de cinq ans de prison après des accusations d’espionnage. Selon son mari, elle a été condamnée​ en mars à dix ans supplémentaires pour « incitation à la débauche ». Depuis la Révolution islamique de 1979, le code vestimentaire iranien impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample.

 

20 Minutes

Une femme sortie d’un bureau ultra-orthodoxe pour qu’un rabbin puisse voter

Les fidèles du chef de la dynastie hassidique Gour auraient réclamé l’intervention de députés du Likud après qu’un membre du bureau, une femme, a refusé de partir à Bnei Brak

Une femme du Likud qui travaillait dans un bureau de vote de la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak pendant les élections, mardi, a été contrainte de quitter son poste à la demande du chef de la secte hassidique Gour, le rabbin Yaakov Aryeh Alter, selon un article paru vendredi dans Haaretz.

La femme a tout d’abord refusé de partir et les fidèles du rabbin ont contacté des membres du Likud siégeant à la Knesset qui sont intervenus, a précisé l’article.

Les législateurs ont alors envoyé un responsable masculin du parti au bureau de vote pour remplacer la femme « qui est allée déjeuner » – permettant ainsi au rabbin de mettre son bulletin dans l’urne.

Des sources ont dit à Haaretz que lorsque les fidèles avaient remarqué la présence de cette femme dans l’enceinte du bureau de vote, ils avaient su que « dès le début, ce serait un problème ».

« Ils ont presque tout fait pour la convaincre de partir. Ils lui ont même offert de l’argent », a confié la source.

L’un des fidèles d’Alter a dit vendredi à Haaretz que le rabbin n’avait pas eu l’intention d’insulter la femme mais qu’il avait vu dans sa présence dans le bureau « une affaire de respectabilité ».

« Le rabbin ne reçoit pas les femmes et il ne les regarde pas », a-t-il dit. « C’est exactement la même chose que de consentir à une demande spéciale émanant d’un Premier ministre ou d’un président. »

Alter est l’Admor, ou chef, du mouvement hassidique Gour et il est le puissant patron du vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman de Yahadout HaTorah.

Le responsable de la commission électorale du Likud, Yaakov Vidar, a minimisé l’incident, disant que le parti avait « changé son personnel comme cela s’est avéré nécessaire » au cours de cette journée électorale effrénée.

Les communautés ultra-orthodoxes tentent fréquemment d’imposer une séparation entre les hommes et les femmes. Les deux sexes ne se mélangent pas à la synagogue ou lors des mariages, et les hommes et les femmes qui ne sont pas parents s’abstiennent de tout contact physique.

Ils ont également essayé de mettre en place une séparation des sexes dans les transports publics, une initiative considérée comme illégale par la Cour suprême. Les exemples d’hommes ultra-orthodoxes refusant de prendre place aux côtés d’une femme, dans les avions, sont aussi fréquents.

La majorité des médias ultra-orthodoxes au sein de l’Etat juif – qui comprennent quatre quotidiens, deux hebdomadaires majeurs et deux sites internet très fréquentés – refusent de la même manière de montrer des images de femmes, clamant qu’il s’agirait d’une violation de la pudeur.

 

The Times of Israël

Un rabbin passé par la case prison en Israël nommé av beth din du Maroc

Deux ans après sa libération de prison, le rabbin Yoshiyahou Pinto a été nommé juge rabbinique et responsable de la casheroute dans le pays musulman

Deux ans après sa libération de prison, le rabbin Yoshiyahou Pinto a été nommé dirigeant du tribunal rabbinique du Maroc.

Le rabbin a été assermenté à la grande synagogue de Casablanca lors d’une cérémonie officielle samedi soir, devant des centaines de personnes, dont des membres du gouvernement marocain.

Dans sa nouvelle fonction, avalisée par le roi du Maroc, Yoshiyahou Pinto officiera également notamment en tant que responsable de la casheroute du pays.

Pinto présidera cette “nouvelle institution de la communauté juive marocaine dont la tâche est essentiellement la mise en place d’une casheroute fiable apte à garantir le respect des prescriptions alimentaires à la communauté et aux 100 000 touristes juifs observant », indique un communiqué du Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM).

« Le CCIM a décidé la création d’un Beth-Din Maroc pour différencier les responsabilités des chambres rabbiniques, des tribunaux marocains avec les autres tâches du rabbinat dont la casheroute. Cette distinction est spécifique au Maroc où les tribunaux sont une partie intégrante du système judiciaire national”, précise le communiqué.

Toujours selon le CCIM, le grand rabbin sera nommé prochainement. “Dans un futur très proche, le CCIM procédera à la désignation et à l’intronisation du futur Grand Rabbin du Maroc dont la désignation est en cours de finalisation”, précise le secrétaire général du CCIM, Serge Berdugo, dans un communiqué.

Lors de la cérémonie, Pinto a promis à la petite communauté juive du royaume majoritairement musulman qu’ils « suivraient une nouvelle voie » sous sa direction. Il a également remercié le roi Mohammed VI pour son soutien.

Dans son discours, le rabbin a brièvement évoqué son passage d’un an en prison en Israël : « C’est Dieu m’a mis à l’épreuve ».

Ce rabbin kabbaliste qui jouit d’une grande popularité internationale auprès de célébrités et autres hommes d’affaires s’est installé au Maroc début 2017, après sa sortie de prison. Il avait été condamné pour corruption d’un officiel de la police en 2014.

Dans le cadre d’une négociation de peine, il avait accepté de témoigner contre Menashe Arviv, l’ancien chef de l’unité anti-corruption de la police, qui est soupçonné d’avoir accepté des avantages d’hommes d’affaires associés au rabbin.

À la tête de plusieurs organisations caritatives et d’institutions spécialisées dans l’étude de la Torah dans la ville côtière d’Ashdod et aux États-Unis, il a également fait l’objet d’un certain nombre d’enquêtes du FBI.

Le rabbin – dont les partisans comprennent Jay Schottenstein, le président de la marque de vêtements American Eagle Outfitters et le magnat israélien de l’immobilier Jacky Ben-Zaken – était soupçonné d’avoir détourné des fonds d’une de ses organisations caritatives, mais aucune charge n’a jamais été déposée contre lui.

En avril 2014, les procureurs fédéraux ont déposé une requête contre le républicain Michael Grimm, un membre du Congrès américain, pour avoir reçu des contributions des partisans de Pinto. Grimm a reconnu avoir reçu 250 000 dollars à 300 000 dollars des disciples du rabbin.

 

The Times of Israël

Notre-Dame de Paris : cagnottes, promesses de dons et souscription nationale pour financer la reconstruction

Et maintenant, les dons pour la reconstruction. « Dès demain une souscription nationale sera lancée », a annoncé Emmanuel Macron, lundi 15 avril peu avant minuit, lors d’une allocution aux abords de Notre-Dame de Paris encore ravagée par les flammes. « Cette cathédrale, nous la rebâtirons tous ensemble et c’est sans doute une part du destin français et le projet que nous aurons pour les années à venir », a lancé solennellement le chef de l’Etat. Plus tôt dans la soirée, plusieurs responsables politiques l’avaient exhorté à avoir recours à cette souscription pour financer les futures réparations du monument national.

En parallèle, les promesses de dons affluaient déjà, mardi matin. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé une contribution à hauteur de 50 millions d’euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale. « Je vais proposer au président de la République que nous organisions tous ensemble, dans les prochaines semaines, une grande conférence internationale des donateurs, qui pourra se tenir à l’hôtel de ville », a-t-elle déclaré. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a pour sa part annoncé le déblocage de 10 millions d’euros d’« aide d’urgence pour aider l’archevêché à faire les premiers travaux ».

100 millions de Pinault, 200 millions d’Arnault

Côté mécènes, la société d’investissement de la famille Pinault, Artemis, va débloquer 100 millions d’euros pour participer à la reconstruction de la cathédrale, a fait savoir son président, François-Henri Pinault. Mardi matin, LVMH et la famille Arnault ont à leur tour annoncé un « don de 200 millions d’euros » pour participer « à la reconstruction de cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine et de son unité ».

Par la voix de son PDG, Patrick Pouyanné, le groupe Total a fait savoir qu’il donnerait 100 millions d’euros pour la reconstruction de l’édifice. « Très touchés » par l’incendie, Martin et Olivier Bouygues ont, eux, assuré se mobiliser « à titre personnel » avec un don de 10 millions d’euros via leur holding familiale, SCDM. Le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, qui contrôle la société d’investissement Fimalac, a également annoncé vouloir participer à « l’effort national de reconstruction ». Il donnera ainsi 10 millions d’euros « pour la restauration de la flèche, symbole de la cathédrale », qui s’est effondrée lundi dans l’incendie.

La Fondation du patrimoine a ouvert son propre outil de collecte de dons en ligne dès mardi sur son site Internet. Cette fondation privée qui se consacre à la préservation du patrimoine avait notamment perçu des fonds du Loto du patrimoine.

Des internautes ont eux aussi cherché à apporter leur pierre pour rebâtir l’édifice en créant des cagnottes en ligne. En la matière, la méfiance s’impose tant la création de tels outils de collecte de dons sur des plates-formes, comme Leetchi et Lepotcommun, est à la portée de chacun sans garantie de la destination de l’argent. Plusieurs campagnes en faveur de Notre-Dame de Paris ont toutefois été lancées, certaines avec un succès immédiat.

La campagne « Notre-Dame de Paris Je t’aime », lancée par le site Dartagnans, spécialisé dans les campagnes de financement participatif pour le patrimoine, l’art et la culture, a ainsi récolté plus de 22 000 euros au lendemain de l’incendie. « L’intégralité de la cagnotte sera reversée à Notre-Dame », affirme la page Internet de la cagnotte. Une autre, appelée « Financement des réparations de Notre-Dame », hébergée par la plate-forme Leetchi avait reçu plus de 11 000 euros de dons à 7 heures. Elle a été lancée par un compte intitulé « Anonyme parisien ». Deux amis, Charles Gosse et Laurent Segnis, en revendiquent la paternité.

Un élan de solidarité mondial

Contacté par Le Monde, M. Segnis affirme que l’argent récolté sera reversé au recteur de Notre-Dame de Paris – qu’il entendait contacter dès mardi matin, de même que le ministère de l’intérieur et celui de la culture. « Nous citoyens, avec nos petits moyens, il faut qu’on arrive à se réunir autour d’une cause », explique M. Segnis, juriste, qui est aussi l’un des fondateurs des « gilets bleus », collectif créé en réaction au mouvement des « gilets jaunes ». Il affirme par ailleurs avoir été contacté dans la soirée par la plate-forme Leetchi pour certifier la collecte.

Afin de s’assurer de la fiabilité des créateurs de cagnotte, les plates-formes ont en effet recours à ces vérifications. Sur le site Lepotcommun, une collecte en faveur de Notre-Dame de Paris a été certifiée : celle organisée par l’Observatoire du patrimoine religieux. Celle-ci porte déjà le nom de « souscription nationale pour Notre-Dame de Paris ».

L’incendie a également suscité un élan de solidarité dans le monde, que l’Unesco s’est proposé de coordonner. La French Heritage Society, organisation installée à New York qui se consacre à la préservation des trésors architecturaux et culturels français, a lancé une page Web pour collecter des fonds. « Notre-Dame est évidemment une merveille architecturale et un monument qu’il faudrait certainement restaurer », a déclaré Jennifer Herlein, directrice générale de la French Heritage Society. En 2018, l’association Friends of Notre-Dame de Paris avait organisé une levée de fonds aux Etats-Unis pour financer les travaux de rénovation.

 

Le Monde

Notre-Dame de Paris, joyau du patrimoine français, ravagé par un incendie

Les images sont aussi impressionnantes que terribles. Notre-Dame de Paris, en plein cœur de l’île de la Cité, est en proie à un violent incendie lundi 15 avril, au premier jour des célébrations de la Semaine sainte précédant Pâques.

L’effondrement de la flèche de Notre-Dame, qui date du XIXe siècle et culminait à 93 mètres de haut, témoigne de la violence du feu, qui a pris dans les combles de la cathédrale. Il pourrait être lié aux travaux de rénovation de l’édifice.

L’incendie, historique, a obligé Emmanuel Macron à reporter son allocution télévisée qui devait être diffusée à 20h et durant laquelle le chef de l’Etat devait annoncer une série de mesures en conclusion du grand débat national.

Quels que soient les dégâts, c’est un chantier titanesque qui s’ouvre pour restaurer le bâtiment dont la charpente construire pour partie au XIIIe siècle a été ravagée. L’ampleur des dégâts demeure encore inconnue. Ce symbole du patrimoine français et catholique, qui regorge de pièces et de reliques uniques, était jusqu’à présent le monument le plus visité de France et d’Europe, avec 13 millions de visiteurs chaque année.

Mise à jour : Grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers, l’édifice est « sauvée et préservée dans sa globalité », annonce-t-on. « Le pire a été évité », a indiqué le chef de l’Etat, qui s’est rendu sur place.

Une enquête a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie », a fait savoir lundi soir le parquet de Paris.

La Fondation du patrimoine lance, mardi 16 avril, une souscription nationale pour la reconstruction de l’édifice. « Je vous le dis très solennellement: cette cathédrale nous la rebâtirons tous ensemble. Je m’y engage, dès demain une souscription nationale sera lancée bien au-delà de nos frontières. », a annoncé Emmanuel Macron.

 

Saphirnews

L’ex-imam de la mosquée de Torcy condamné à huit mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Meaux a rendu son verdict, lundi 1er avril, sur l’affaire Abdelali Bouhnik, ancien imam de la mosquée de Torcy, en Seine-et-Marne. Poursuivi pour réception illégale d’argent et abus de confiance, cet ancien imam a écopé d’une peine de huit mois de prison avec sursis et une interdiction de diriger une association pour les cinq ans à venir.

Lors d’une perquisition à son domicile, environ 20 000 euros en cash avaient été saisis. Lors de son audience du 14 mars dernier, citée par Le Parisien, il a déclaré que 15 000 euros, émanant d’une opération financière depuis l’Algérie vers la France considérée comme délictueuse, était un prêt de l’un de ses amis algériens.

Quant aux 4 910 euros restant en sa possession, il a soutenu qu’il s’agissait de dons de fidèles, de locaux et de personnes anonymes. À l’accusation d’abus de confiance, il a soutenu ne pas avoir eu le temps de verser l’argent sur le compte de l’association à cause de la fermeture en avril 2017 de l’association Rahma, en charge de la gestion du lieu de culte où il officiait. Il a été relaxé pour blanchiment d’argent.

Abdelali Bouhnik a aussi fait l’objet d’une enquête pour abus de confiance sur une somme de 7 100 euros envers Rahma. Outre l’interdiction de diriger une association et la peine avec sursis, les sommes d’argent saisies sont confisquées et Abdelali Bouhnik doit également payer une amende de 5 000 euros. Il dispose de 10 jours pour faire appel à la décision.

 

Saphirnews

Au Maroc, le pape défend la « liberté de conscience »

Le pape François était en voyage officiel au Maroc jusqu’à dimanche pour une courte visite centrée sur le dialogue avec l’islam et la problématique des migrations, deux priorités de son pontificat. François a été accueilli samedi matin à sa descente de l’avion par Mohammed VI, roi du Maroc et « Commandeur des croyants ».

La religion catholique demeure une religion ultra-minoritaire dans le royaume (1% de la population). Après un tête-à-tête avec le roi, le pape s’est rendu à l’Institut de formation des imams qui accueille des Marocains et des étrangers d’une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1 300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus dans cet établissement, fer de lance de « l’islam modéré » prôné par le roi. Le pape François a d’abord défendu « la liberté de conscience » et « la liberté religieuse », permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse, dans un discours prononcé sur une immense esplanade de Rabat, devant des milliers de Marocains et le roi Mohammed VI.

« La liberté de conscience et la liberté religieuse – qui ne se limitent pas à la seule liberté de culte mais qui doivent permettre à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse – sont inséparablement liées à la dignité humaine », a souligné le souverain pontife, en appelant les croyants à « vivre en frères ». En février dernier, lors d’une visite historique aux Émirats arabes unis, le pape et le grand imam de l’institution de l’islam sunnite Al-Azhar au Caire, cheikh Ahmed al-Tayeb, ont co-signé un « document sur la fraternité humaine », appelant notamment à la liberté de croyance et d’expression et à la pleine citoyenneté pour les « minorités » discriminées. Au Maroc, où l’islam est la religion d’État, les autorités aiment souligner la « tolérance religieuse » qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d’exercer librement leur religion.

Reste que pour les Marocains considérés automatiquement comme musulmans quand ils n’appartiennent pas à la communauté juive, l’apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme en faveur d’une autre religion condamné par la loi. Si le renoncement à l’islam n’est pas explicitement mentionné dans le code pénal, ceux qui sont soupçonnés d' »ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion » peuvent être poursuivis. Longtemps dans l’ombre, la petite minorité des convertis plaide ouvertement depuis 2017 pour vivre sa foi « sans persécution » et « sans discrimination ». Le pape doit aussi rencontrer des migrants dans un local de l’ONG catholique Caritas, qui gère des centres d’accueil destinés à soulager la misère de ceux qui tentent de rallier le continent européen. Dimanche, le pape a consacré sa journée à la petite communauté catholique du pays, en clôturant sa visite par la plus grande messe catholique jamais célébrée au Maroc, avec quelque 10 000 personnes attendues dans un complexe sportif. A noter que l’arrivée du cortège papal a été marquée par un incident : un homme s’est subitement rué vers la voiture du roi du Maroc. Il a été immédiatement interpellé.

 

AFP

De la stupeur à la colère chez les catholiques de France

Après une série de scandales liés à la sexualité, les fidèles de l’Eglise se défient d’une hiérarchie qu’ils jugent de plus en plus coupée des réalités.

Trop, c’est trop. Les catholiques de France n’occupent pas les sacristies de leurs églises, mais la colère gronde dans la communauté. Une accumulation de scandales liés à la sexualité a fait déborder la coupe. Les affaires de pédophilie ont provoqué une déflagration au sein de toute l’Eglise, avec le défrocage d’un ancien cardinal américain et la condamnation à six ans de prison du numéro 3 australien du Vatican, tous les deux mis en cause pour agression sexuelle sur mineur.

La décision du pape François, le 19 mars, de refuser la démission du cardinal Barbarin, condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les actes pédophiles commis par un prêtre dans son diocèse, a donné l’image calamiteuse d’une institution qui cherche d’abord à se protéger, loin de la « tolérance zéro » affichée.

Autant de faits qui sont survenus au moment où le nonce apostolique en France – le représentant du pape – était mis en cause dans une affaire d’atteinte sexuelle et, plus grave encore, où un documentaire diffusé sur Arte révélait l’ampleur des viols de religieuses par des prêtres, certaines sœurs étant ensuite obligées d’avorter.

Ni débat ni dialogue

De l’accablement à l’écœurement, en passant par la honte, l’humiliation, la stupeur, les catholiques français ne se retrouvent plus dans leur Eglise et se défient d’une hiérarchie qu’ils jugent de plus en plus autiste.

Parmi les témoignages de catholiques pratiquants que Le Monde a recueillis, qui traduisent la tristesse, la révolte ou le sentiment d’avoir été trahi, un fidèle qui a participé à La Manif pour tous contre le mariage homosexuel ne se remet pas d’avoir découvert qu’un prêtre qui a accompagné son parcours spirituel a fait de la prison pour attouchements sexuels : « Les évêques sont perdus, confie-t-il, les prêtres sont perdus, les laïcs sont perdus et on ne se rencontre pas. » Il n’y a ni débat ni dialogue.

Ces maux frappent une Eglise de France déjà bien malade. Si 53 % des Français se déclarent catholiques, d’après les statistiques les plus récentes, la pratique religieuse est en baisse constante, avec seulement 4,5 % des fidèles qui se rendent à la messe au moins une fois par mois, ce chiffre n’étant que de 1,8 % pour ceux qui y vont chaque dimanche.

La question du célibat de prêtres

Le nombre de prêtres catholiques est passé, selon les chiffres officiels, de 28 694 en 1995 à 21 187 en 2005. Parmi eux, la majorité a plus de 65 ans. Les ordinations sont en chute libre : on en a recensé officieusement 114 en 2018, contre 133 en 2017, mais elles s’élevaient à 300 par an dans les années 1970. Un nouveau prêtre sur cinq serait issu d’une communauté traditionaliste. Avec la crise actuelle, on peut craindre que les catholiques les plus progressistes, ceux qui étaient attachés au concile de Vatican II, soient les premiers à s’éloigner de l’Eglise.

Pour beaucoup de catholiques, c’est tout le système ecclésial qu’il faut changer afin de créer une culture de la discussion et donner plus de place aux laïcs, et d’abord aux femmes, qui s’impliquent davantage, à tous les niveaux où se prennent les décisions.

La crise fait aussi resurgir la question du célibat de prêtres. C’est au XIe siècle que la réforme du pape Grégoire VII a décidé que l’Eglise n’ordonnerait plus les hommes mariés. L’archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer, vient d’évoquer favorablement l’idée de revenir sur cette règle. Le débat ne pourra pas être éternellement éludé.

 

Le Monde

Vers la dissolution d’organisations chiites prônant le djihad armé

Le ministère de l’intérieur a annoncé mercredi 20 mars avoir demandé en conseil des ministres la dissolution des associations proches du Hezbollah et du régime iranien. Elle doit être formellement décidée par le président de la République.

Le ministère de l’intérieur a annoncé mercredi 20 mars avoir demandé en conseil des ministres la dissolution de quatre associations chiites, proches du Hezbollah et du régime iranien, qui « légitiment de façon régulière le djihad armé ».

Ces quatre associations, liées entre elles et mises en cause tant par les prêches que par les écrits mis à disposition des fidèles et des internautes, sont le « Centre Zahra France », la « Fédération chiite de France », le « Parti Anti Sioniste » et « France Marianne Télé », précise le communiqué. « Ce sont des associations ouvertement antisémites et dangereuses », a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Leur siège à Grande-Synthe (Nord) avait été visé le 2 octobre 2018 par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient permis la découverte d’armes à feu détenues illégalement. Dans la foulée, le trésorier du Centre Zahra France a été condamné à 18 mois de prison, dont six fermes, par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour détention illégale d’armes. Et son lieu de culte a été fermé le 15 octobre pour une durée de six mois par la préfecture du Nord.

Opération antiterroriste visant une association religieuse à Grande-Synthe

Formé par le Hezbollah au Liban

Le Centre Zahra France tire son nom de celui de Fatima Zahra, la fille du prophète de l’islam et de sa première femme, Khadija, épouse d’Ali, quatrième calife pour les sunnites et premier des imams pour les chiites.

Les quatre associations visées tournent autour d’une même personnalité : Yahia Gouasmi, un Franco-Algérien âgé de 70 ans. Boucher halal à son arrivée en France, il s’est converti au chiisme. Selon le spécialiste de l’extrémisme musulman Romain Caillet, il est parti se former dans les haouza (écoles religieuses) du Hezbollah au Liban. Des photos témoignent de ses rencontres régulières avec Mohamed Yazbek, fondateur du Hezbollah au Liban.

Le ministère de l’intérieur reproche aux associations logées par le Centre Zahra« un endoctrinement de la jeunesse (…) dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisations telles que le Hamas, le Djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah ».

Liste aux Européennes en 2009

« Au départ, son mouvement se contentait d’être pro-Hezbollah et pro-iranien, sans toutefois intervenir dans le champ politique français », précise le spécialiste. Pour Romain Caillet, deux éléments ont joué dans cette décision de fermeture.

D’abord l’activisme croissant du Centre Zahra France dans l’espace public, avec la rencontre de Kemi Seba, le fondateur de « Tribu Ka » et « Génération Kémi Séba » (toutes deux dissoutes pour incitation à la haine raciale), puis de Dieudonné. En 2009, le Parti Anti-sioniste de Yahia Gouasmi a été jusqu’à présenter une liste aux élections européenne avec le renfort de ce dernier.

De fait, le compte Twitter de cette organisation (officiellement « Centre de conciliation pour la mémoire de l’Homme ») est une litanie de vidéos apologétiques, mais aussi de diatribes contre le sionisme et l’État d’Israël et de déclarations de soutien aux gilets jaunes.

Durcissement américain

Second facteur déclencheur de la fermeture : le Hezbollah, créé en 1982 par les Gardiens de la révolution iraniens dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban, a été placé par l’Union européenne sur la liste des organisations terroristes en 2013 en raison de son implication dans une attaque kamikaze contre des touristes israéliens à l’aéroport de Bourgas en Bulgarie. Le 30 juin 2017, c’est sur le sol français, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), qu’un attentat a été déjoué contre un rassemblement des Moudjahidines du peuple, groupe d’opposition iranien.

« En raison du durcissement américain contre le régime iranien, les pays occidentaux alliés des États-Unis craignent que l’activisme iranien augmente sur leur sol », analyse Romain Caillet, pour qui le « timing paraît logique ».

« Nous prenons acte de votre aliénation au sionisme et de votre guerre ouverte aux antisionistes Français, a réagi le dirigeant du Centre Zahra France sur Twitter. Nous prenons acte de votre déclaration de guerre au Centre Zahra, à l’islam, au chiisme et à la liberté de culte. »

La dissolution doit désormais être formellement décidée par le président de la République.

 

La Croix