Face à Jean Castex, le CFCM demande une commission d’enquête parlementaire contre la haine antimusulmane

Les appels à créer une commission d’enquête parlementaire sur l’islamophobie se multiplient ces derniers mois. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a réitéré cette demande, cette fois auprès du Premier ministre Jean Castex.

A l’heure où le projet de loi contre le « séparatisme » fait débat, le Conseil français du culte musulman (CFCM) plaide pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur « le radicalisme qui s’attaque aux citoyens de confession musulmane et à leurs institutions ». Cette demande a été formulée auprès du Premier ministre, Jean Castex, lors d’une rencontre organisée mercredi 16 septembre à Matignon à laquelle étaient présents le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, et ses deux vice-présidents, Chems-Eddine Hafiz et Ibrahim Alci.

« La lutte contre le radicalisme se réclamant de l’islam a fait, à juste titre, l’objet de nombreuses missions et commissions parlementaires. Il est temps que le radicalisme qui s’attaque aux citoyens de confession musulmane et à leurs institutions (…), fasse également l’objet d’une commission d’enquête parlementaire », a fait savoir le CFCM à l’issue d’une rencontre qui a « permis de passer en revue les préoccupations et les attentes des musulmans de France. Le chef du gouvernement a été attentif et à l’écoute et a pris le temps de répondre à nos interrogations ».


« Prendre au sérieux la question de la lutte contre la haine antimusulmane »

Une telle demande n’est pas nouvelle ; le souhait d’une commission d’enquête parlementaire sur l’islamophobie a été formulé maintes fois par le CFCM et diverses associations musulmanes. Un collectif de personnalités de la société civile parmi lesquelles Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, ou encore Radia Bakkouch, présidente de l’association Coexiter France, avait fait une demande similaire dans une tribune parue en juin.

« Le théâtre destructeur du mythe de l’islamisation sur fond du mythe du grand remplacement nous amène à devoir prendre au sérieux la question de la lutte contre la haine antimusulmane », ont-elles signifié, appelant les plus hautes autorités de l’Etat pour « mettre hors d’état de nuire ces groupuscules identitaristes, séparatistes qui font de la haine anti-musulmane leur cheval de bataille ».

« Nous appelons nos parlementaires à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la « haine antimusulmane », qui aurait la capacité de dresser un état des lieux indépendant et objectif sur cette forme de racisme, de xénophobie et les moyens de les combattre, en bonne intelligence entre le monde politique, nos institutions républicaines et la société civile. Notre République doit combattre cette forme de radicalisation et de séparatisme sans faille ! », lit-on.

En juillet, face à la crainte grandissante des musulmans d’une loi stigmatisante contre le séparatisme, le CFCM avait lancé un appel à « lutter avec la même détermination contre toutes les formes de séparatismes » dont « celui qui est nourri par des personnes condamnées à maintes reprises pour provocation à la haine religieuse et qui continuent malheureusement de s’exprimer librement et de déverser leur haine sur les Français de confession musulmane ».

Lors de sa rencontre avec Jean Castex, l’instance musulmane est aussi revenue sur les difficultés que rencontrent des musulmans pour inhumer leurs défunts. « L’absence des carrés musulmans dans certaines communes met souvent les familles devant des choix très douloureux et des situations d’angoisse et d’inquiétude », rappelle le CFCM.

Celui-ci rapporte que le Premier ministre soutient « l’idée d’un nécessaire dialogue de proximité avec les municipalités concernées ». Les Conseils départementaux du culte musulman (CDCM) « accompagnés par les préfets peuvent négocier des solutions locales adaptées aux différents territoires et respectueuses du principe de neutralité des cimetières ».

Saphirnews