Lutte contre l’islamisme : Macron va s’appuyer sur… le CFCM

Le président de la République compte bien faire du Conseil Français du culte musulman “un partenaire majeur” dans sa lutte contre le communautarisme et l’islam radical.

A côté de la plaque. Prévu pour la première quinzaine de février, le plan de lutte contre le communautarisme mené par Emmanuel Macron se fait attendre. Mais le président de la République pourrait avoir accéléré sur le sujet, comme le rapporte Le Figaro. En effet, il a notamment décidé de s’allier, pour ce combat, avec… le Conseil Français du culte musulman (CFCM), dont il souhaite faire « un partenaire majeur ». Problème, ce dernier traverse une profonde crise de crédibilité.

Impact moindre, déclarations controversées…

Le dernier exemple en date concerne l’affaire Mila. Alors que la jeune fille a été menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, le délégué général de l’association Abdallah Zekri s’était fendu d’une déclaration scandaleuse sur Sud Radio. S’il a « condamné » les insultes et menaces qu’a reçu la lycéenne, il a aussi expliqué que « cette fille, elle sait ce qu’elle a dit, elle a pris ses responsabilités ». « Qu’elle critique les religions, je suis d’accord, mais d’une vulgarité pareille, d’insulter et tout ce qui s’en suit et bien maintenant elle assume les conséquences de ce qu’elle a dit », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Elle l’a cherché, elle assume ». De plus, comme le rappelle Le Figaro, le CFCM, créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, est en réelle perte de vitesse. En témoigne notamment la très faible participation des mosquées à l’élection du nouveau président, à la mi-janvier. L’association aura-t-elle donc un réel impact ?

Relier radicalisation, communautarisme et islam de France

Néanmoins, Emmanuel Macron semble avoir pris la mesure du problème. Alors qu’il tenait avant tout à éviter « l’amalgame » en faisant bien la différence entre la radicalisation, le communautarisme et l’islam de France, le chef d’Etat pourrait avoir revu sa copie. « Le président assume désormais de travailler en réarticulant la lutte contre la radicalisation, l’endiguement du communautarisme et la structuration de l’islam en France », confie l’un de ses interlocuteurs réguliers sur le sujet au Figaro. Si bien que les ministres de l’Intérieur, des Collectivités territoriales, de l’Education nationale, de la Santé ou encore des Sports, tous mobilisés sur le sujet, en arrivent enfin à la même conclusion : « il existe bel et bien des interdépendances et des passerelles » entre ces trois sujets. Néanmoins, le terme de « communautarisme »pourrait bien être banni des éléments de langage, comme le souligne le quotidien. En effet, le président lui préférerait celui de « séparatisme ».

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