Haine du Juif en Europe : 33% des Européens estiment que les Juifs instrumentalisent la Shoah (CNN)

Selon les résultats de l’enquête de CNN, plus du quart des Européens interrogés pense que les Juifs ont trop d’influence dans les affaires et la finance. Près d’un sondé sur quatre a déclaré que les Juifs avaient trop d’influence dans les conflits et les guerres à travers le monde.

20% des sondés estiment que les Juifs ont trop d’influence dans les médias et ont  trop d’influence en politique.

Dans le même temps, un tiers des Européens interrogés a déclaré ne rien connaître de la Shoah, l’assassinat collectif d’environ six millions de Juifs sur des terres contrôlées par le régime nazi d’Adolf Hitler dans les années 1930-1940.

C’est l’une des principales conclusions d’une enquête réalisée par le sondeur ComRes pour CNN. Le sondage CNN / ComRes a interrogé plus de 7 000 personnes en Europe, dont plus de 1 000 en Autriche, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Pologne et en Suède.

Le scrutin avait été commandé et achevé avant le meurtre de 11 personnes dans une synagogue à Pittsburgh – l’attaque la plus meurtrière jamais perpétrée contre la communauté juive aux États-Unis.

33% des Européens ont déclaré que les Juifs utilisent la Shoah pour faire avancer leurs propres positions ou objectifs.

33% des personnes interrogées par CNN ont déclaré qu’Israël utilisait la Shoah pour justifier ses actions.

33% des Européens ont déclaré que les partisans d’Israël utilisaient des accusations d’antisémitisme pour faire taire leurs critiques.

33% des Européens ont déclaré que la commémoration de la Shoah détournait l’attention d’autres atrocités aujourd’hui.

28% des sondes ont estimé que les actes antisémites dans leur pays sont une réponse aux actions de l’État d’Israël.

Dans l’enquête, quatre personnes sur dix estimaient que leur propre pays comptait entre 3% et 10% de JuifsEn fait, Israël est le seul pays au monde où plus de 2% de la population est juive.

 

Le Monde Juif.Info

Australie : les leaders musulmans, en colère, boycottent une réunion avec le gouvernement

Signe des tensions, les leaders musulmans du pays, parmi lesquels le grand mufti Mohamed Abdalla, ont décidé de boycotter une réunion avec le gouvernement, initialement programmée mercredi 21 novembre autour du thème de la lutte contre le terrorisme, afin de protester contre les propos de Scott Morrison pointant du doigt la responsabilité toute particulière des musulmans dans le terrorisme. Les leaders musulmans, estimant que le gouvernement australien a incriminé l’ensemble des communautés musulmanes pour des actes commis par des individus seuls, ont exigé des excuses, ce que le Premier ministre se refuse à faire.

Dans une lettre ouverte expliquant les raisons du boycott de la réunion, les responsables musulmans ont réitéré la déception de nombre de musulmans après les déclarations de Scott Morrison et de membres du gouvernement, qui « n’ont permis de résoudre aucun problème sous-jacent, mais ont plutôt aliéné une large partie de la communauté musulmane ». Ils déclarent également être prêts à rencontrer ultérieurement Scott Morrison si leurs points de vue sont « respectés ».

Scott Morrison a toutefois décidé de maintenir la réunion « avec ceux qui veulent traiter cette question sérieusement plutôt que de détourner le regard », selon ses propres mots. Il a accusé les leaders musulmans de « continuer sur la voie du déni » et de « laisser tomber leurs communautés ».

 

Saphirnews

Révision de la loi de 1905, Castaner poursuit la consultation des cultes

Les décisions ne seront pas prises sans « dialogue » avec les principaux intéressés. C’est le message que Christophe Castaner, ministre de l’intérieur depuis quelques semaines à peine et donc nouvellement en charge des cultes, a souhaité faire passer lors de sa rencontre, lundi 26 novembre au soir, avec François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France.

Après avoir reçu quelques jours auparavant, le 22 novembre, les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), le ministre poursuit ainsi ses consultations concernant la révision de la loi de 1905, une possibilité évoquée pour encadrer davantage les cultes « récents », évangélique et musulman notamment.

 

Contrôles financiers des associations cultuelles

Ce projet d’amendement ne toucherait pas les principes fondamentaux – séparation Églises-État, liberté de cultes, liberté de conscience – mais viserait le statut des « associations 1905 », qui gère les lieux de cultes. Elles seront mieux contrôlées sur le plan financier, avec à la clé des avantages fiscaux et notamment le droit pour ces associations religieuses de gérer un parc immobilier pour subvenir à leurs besoins.

En contrepartie, leurs comptes seraient systématiquement contrôlés, notamment les flux financiers venus de l’étranger, qui seraient plafonnés. Enfin, point clé de la révision, ces associations 1905, dites « cultuelles », devraient s’appliquer aux mosquées, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, à quelques exceptions près.

Dans son échange avec Christophe Castaner, François Clavairoly a rappelé la nécessité selon lui de rendre cette loi « attractive », afin que tous les cultes puissent entrer dans le dispositif. Comme il l’avait indiqué dans une interview parue dans l’édition du Figaro du 21 novembre, le président de la FPF a relevé les inconvénients de la loi actuelle, liés à la définition de l’exercice du culte qui prescrit que « ces associations devront avoir exclusivement pour objet l’exercice d’un culte », ce qui les prive de la capacité à pratiquer des activités connexes, comme les œuvres de charité par exemple.

Autre inconvénient dénoncé par les protestants depuis plusieurs années : l’incapacité à gérer des biens de rapport pour l’entretien du patrimoine immobilier et la diversification des ressources financières.

Liberté religieuse

« On peut s’interroger pour savoir pourquoi sur un million quatre cent mille associations de France, seules les 4 000 associations cultuelles font l’objet de telles dispositions et sur l’équité d’une telle situation, sachant que rien n’indique que les associations cultuelles soient l’objet de dysfonctionnements ou de fraudes particulières », relevait François Clavairoly dans Le Figaro.

François Clavairoly met aussi en avant le risque représenté par une autre mesure phare du projet de réforme, le renforcement de la « qualité religieuse » des associations cultuelles, dont l’évaluation serait confiée au préfet. Pour le pasteur, il ne faudrait pas franchir ainsi les limites de la laïcité et de la liberté religieuse.

Cet entretien avec Christophe Castaner a également été l’occasion pour le pasteur de souligner l’importance d’un travail « pédagogique » pour amener la réforme et de redire l’importance de la formation des cadres religieux. Le ministre a confirmé sa volonté de « travailler rapidement ». Les catholiques devraient être reçus à leur tour début décembre.

 

La Croix.fr

Chine : les naissances de bébés génétiquement modifiés provoquent un tollé

L’université de Shenzhen a annoncé lundi la naissance de Lulu et Nana, deux jumelles dont l’ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida.

Un scientifique chinois a affirmé lundi 26 novembre avoir fait naître les premiers bébés génétiquement modifiés. Une annonce vue par de nombreux chercheurs comme le franchissement d’une ligne rouge éthique et un acte « dangereux » et « irresponsable ». He Jiankui, un professeur d’université à Shenzhen, dans le sud de la Chine, a diffusé sur YouTube une vidéo annonçant la naissance il y a quelques semaines de deux jumelles dont l’ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida. Il y précise que le père est séropositif. Le chercheur, qui a été formé à Stanford aux États-Unis et dirige un laboratoire spécialisé dans le génome à Shenzhen, explique avoir employé la technique Crispr-Cas9, dite des « ciseaux génétiques », qui permet d’enlever et de remplacer des parties indésirables du génome.

 

Les bébés, surnommés « Lulu » et « Nana », sont nés après une fécondation in vitro, à partir d’un embryon modifié avant d’être implanté dans l’utérus de la mère. « Juste après avoir injecté le sperme du mari dans l’ovule, un embryologiste a également injecté une protéine Crispr-Cas9 chargée de modifier un gène afin de protéger les petites filles d’une future infection par le VIH », explique He Jiankui. Cette première médicale autoproclamée n’a pas encore été vérifiée de façon indépendante, les résultats de l’équipe chinoise n’ayant pas fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique. « Annoncer ces résultats par une vidéo sur YouTube est une pratique scientifique très problématique », a ainsi déploré Nicholas Evans, professeur assistant de philosophie à l’université du Massachusetts Lowell, aux États-Unis, qui travaille notamment sur les questions bioéthiques. « Cela écarte les processus de contrôle sur lesquels reposent de nombreuses avancées scientifiques, telles que l’évaluation par les pairs », a-t-il ajouté.

« Graves préoccupations éthiques »

Que l’expérience soit avérée ou non, elle suscite de « graves préoccupations éthiques », souligne aussi Dr Sarah Chan, de l’université d’Édimbourg, citée par le Science Media Centre. « Faire de telles affirmations, de façon à semble-t-il délibérément chercher à provoquer un maximum de controverses (…), est irresponsable », ajoute-t-elle. He Jiankui n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’Agence France-Presse. Son annonce intervient à la veille d’une conférence d’experts mondiaux du génome à Hong Kong, au cours de laquelle le chercheur doit présenter ses résultats plus en détail.

 

Le Point.fr

 

Maghreb : l’ombre des Saoud

MBS s’approche. Et la société civile n’est pas contente. Le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) a déroulé une affiche qui couvre toute une façade à Tunis. On y voit le prince héritier armé d’une tronçonneuse. Et la mention : « Ne viens pas profaner la terre tunisienne de la révolution. » Conséquence : l’homme attendu le 27 novembre à Tunis a écourté sa visite, celle-ci ne durera que quelques heures. Il s’entretiendra avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Dans la foulée, il visitera l’Algérie, la Mauritanie, l’Égypte. Le Maroc sera pour sa part ignoré. Depuis l’exécution de Jamal Khashoggi dans le consulat d’Istanbul, le prince héritier vit des heures troublées. Son image et celle du royaume ont été considérablement ternies. Son père a été contraint d’effectuer une tournée à l’intérieur de l’Arabie saoudite afin de calmer de puissantes familles. Affaibli en interne, le fils promis au trône doit convaincre ses partenaires internationaux.

Une tournée pour compter ses soutiens

Il ne viendra pas pour expliquer le crime commis en Turquie. Ce n’est pas le sujet. Les gouvernements de la région n’ont d’ailleurs guère fait de zèle sur le cas Khashoggi. Mots d’ordre : pas d’ingérence. Dans un monde arabe où la notion de droits de l’homme, à l’exception de la jeune Tunisie démocratique, est considérée comme un concept occidental, on n’a pas fait de scandale. Mais la brutalité saoudienne inquiète certains dirigeants. Les inquiétudes datent de juin 2017.

Les guerres de MBS

Lors de l’opération lancée contre le Qatar, une tentative d’étranglement économique via le blocage de sa frontière avec le royaume, MBS a envoyé émissaires, janissaires et ministres dans toute l’Afrique afin de demander aux États qu’ils rompent leurs relations diplomatiques avec Doha. Hormis l’Égypte, membre du quatuor qui a lancé l’opération anti-qataris, aucun pays d’Afrique du Nord n’a cédé aux injonctions saoudiennes. Le tandem Émirats arabes unis-Arabie saoudite n’a pas ménagé ses efforts pour tordre le bras à ses alliés. Ce qui, en coulisses, a provoqué stupeur et effroi dans certaines capitales. « Verbalement, nous restons dans l’axe », confie un député tunisien, « mais dans les faits nous gardons notre neutralité ». Le traitement réservé au Premier ministre libanais, Saïd Hariri, par ailleurs citoyen saoudien, n’a pas amélioré les craintes que suscite la politique menée par Riyad. Le dirigeant avait été séquestré en Arabie saoudite, contraint d’annoncer sa démission dans une déclaration télévisée faite sous la contrainte. Quelques mois plus tard, une photo circulait : on y voyait Mohamed VI, MBS et Hariri côte à côte dans un endroit nocturne parisien. En apparence réconciliés. Désormais affaibli par le meurtre commis dans le consulat saoudien d’Istanbul, MBS est contraint de faire le tour des capitales arabes.

La société civile vent debout contre MBS

C’est en Tunisie que la fronde est la plus visible. Sur les réseaux sociaux maghrébins, les messages hostiles à cette tournée sont nombreux. Les pays du Golfe n’ont jamais, euphémisme, apprécié le Printemps arabe intervenu à l’hiver 2010/2011. Les Saoudiens y ont vu la main des Frères musulmans, complot qui aurait été amplifié par la chaîne d’information qatarie Al Jazzera. La théorie a fait le bonheur des complotistes. Ceux-ci oubliant la raison de ces révolutions : une situation économico-sociale insupportable. Le pays qui a essaimé dans une bonne partie de l’Afrique des prédicateurs wahhabites, avec les résultats que l’on connaît, mène une guerre sourde contre tout ce qui de près ou de loin s’apparente aux « Frères ». Notamment le parti islamiste tunisien, Ennahda, qui cogère le pays depuis les élections de 2014. Parti qui fait pour l’instant figure de favori à la veille d’une année électorale cruciale. La visite du prince héritier se fera à l’abri des palais officiels. Aucun point presse n’a pour l’heure été prévu. On attendra les chuchotis des insères pour connaître les messages de MBS. Et les promesses. La diplomatie du chéquier…

 

Le Point Afrique

Etats-Unis : le port du voile et de la kippa ne sera plus interdit au Congrès

Le vent du changement souffle sur le Congrès américain, désormais dominé par les démocrates depuis les dernières élections de mi-mandat. Parmi les nouveaux venus figure Ilhan Omar, une ancienne réfugiée somalienne de confession musulmane. C’est avec son entrée au Congrès qu’une réforme sur le port des couvre-chefs devrait être prochainement adoptée.

Depuis 181 ans, le règlement intérieur du Congrès interdit à ses membres d’avoir la tête couverte au sein de l’institution basée à Washington. Une exception devrait donc être ajoutée pour les couvre-chefs manifestant une appartenance religieuse, autorisant ainsi le port du voile mais aussi celui de la kippa pour les juifs et celui du turban pour les sikhs.

Ilhan Omar a rappelé, samedi 17 novembre, que le choix de porter un hijab est « protégé par le premier amendement » qui interdit l’adoption de lois limitant, notamment, la liberté de religion et la liberté d’expression. Jim McGovern, un élu démocrate qui présidera le vote du nouveau règlement en janvier 2019, a abondé dans le sens d’Ilhan Omar. « Il va stipuler qu’aucune restriction ne doit empêcher un membre de faire le travail pour lequel il a été élu à cause de sa religion », a-t-il soutenu.

De son côté, le Conseil des relations américano-islamiques s’est prononcé en faveur de ce projet de réforme qui, selon lui, « met à jour une politique anachronique et met la Chambre des représentants en conformité avec la Constitution et la protection de la liberté religieuse ».

 

Saphirnews

« L’islam sunnite ne sait plus créer le compromis »

« Islam sunnite : malaise et renouveau » : tel est le thème du projet de recherches lancé par la Fondation Oasis en 2018.

Le directeur scientifique de la fondation et enseignant-chercheur en langue et littérature arabe à l’Université Catholique de Milan, Martino Diez, explique les raisons de ce travail.

 

Pourquoi la Fondation Oasis, créée en 2004 par le cardinal Angelo Scola, alors archevêque de Venise, et dédiée au dialogue islamo-chrétien, a-t-elle choisi de travailler sur ce thème du « malaise et du renouveau dans l’islam sunnite » ?

Martino Diez : Les printemps arabes n’ont pas seulement mis au grand jour l’antagonisme politique entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Ils ont également révélé une crise théologique au sein du sunnisme : celui-ci est contesté de l’intérieur à la fois par les salafistes et par les nouveaux penseurs de l’islam.

Pendant des siècles, le sunnisme est parvenu à organiser le compromis entre différentes visions de l’islam, chaque courant reconnaissant à peu près la légitimité des autres (1). L’Américain Jonathan Brown, spécialiste de sciences islamiques, propose une image intéressante, je trouve. Il compare le sunnisme à une tente : née au VIIIe siècle à partir de la querelle entre les rationalistes (mu‘tazilites) et les tenants du hadith (les traditions prophétiques), elle s’est agrandie au fil des siècles pour abriter aussi des soufis, quatre écoles juridiques, deux écoles théologiques (ash‘arites et maturidites), diverses formes de religiosité populaire… Le sunnisme allait presque jusqu’à tolérer certaines sectes hétérodoxes au sein de l’islam.

Aujourd’hui, sous le choc de l’entrée dans la modernité, cette tente ne cesse de se réduire et les courants qu’elle abritait d’en être expulsés. Le sunnisme perd de sa capacité à créer du compromis, ce qui était jusque-là sa grande force au moins sociale et politique.

Cette évolution explique-t-elle les violences actuelles à l’intérieur du monde musulman ?

M. D. : Oui. L’historien Suleiman Ali Mourad, dans son livre La mosaïque de l’islam (Fayard), compare la situation du sunnisme classique à un colloque académique de nos jours : en principe, et même s’ils sont en désaccord, les intervenants finissent presque toujours par se reconnaître. Et le soir, ils vont boire un verre ensemble.

Pendant longtemps, les oulémas, les savants musulmans, se reconnaissaient mutuellement parce qu’ils partageaient les mêmes mécanismes de construction du savoir. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : le champ religieux s’est fracturé et les courants du sunnisme se livrent une concurrence féroce en interne.

Chacun de ceux qui parlent au nom de l’islam le reformule selon son propre agenda, politique le plus souvent. Les courants les plus violents – salafistes notamment – profitent de cette désagrégation. Résultat, la violence s’exerce par les djihadistes contre les soufis, par les États contre les courants de l’islam politique, etc.

D’où peut venir le « renouveau » ?

M. D. : Notre projet de recherches, soutenu par la fondation milanaise Cariplo, vise aussi à repérer les lieux du « changement ». Dans la tradition islamique, ce dernier est souvent perçu de manière négative comme une « innovation » (bid‘a), et donc condamné. Mais il y apparaît aussi de manière positive sous la forme du tajdid, autrement dit du renouveau. Un hadith fameux promet l’envoi d’un « revificateur » au début de chaque siècle.

Nous avons choisi deux lieux pour l’illustrer : le Maroc, où s’opère actuellement un mouvement de réforme de l’islam malékite sous la houlette du roi, également commandeur des croyants, et où va se rendre d’ailleurs le pape en mars ; et les Émirats arabes unis d’autre part, en particulier celui d’Abu Dhabi. La politique de ce dernier est différente : elle consiste à tenter de détacher de la tradition musulmane un « noyau de valeurs » privé de dimension politique.

Nos chercheurs se sont rendus sur place, nous organisons aussi des rencontres entre chercheurs européens ou travaillant dans des institutions musulmanes avec lesquelles nous sommes en contact… Notre revue, publiée en italien, anglais et français, existe aussi en arabe, dans une version électronique : nous voulons contribuer au débat.

 

La Croix

Au XIe siècle déjà, la place des laïcs dans l’Église posait question

Dans une déclaration récente au mensuel allemand Vatican Magazin, le cardinal Walter Brandmüller a expliqué que la situation actuelle de l’Église était « comparable à celle des XIe et XIIe siècles ».

Par-delà cette déclaration, la période dite de la réforme grégorienne est un moment clé pour comprendre la relation entre l’Église des clercs et les laïcs.

Comparaison n’est pas raison. Ceci dit, dans l’histoire millénaire de l’Église, la période dite de la réforme grégorienne, plus vaste que le seul pontificat de Grégoire VII (1073-1085) qui lui a donné son nom, donne quelques clés d’analyse pour regarder en face la crise actuelle que vit l’Église.

Dans une interview au mensuel allemand Vatican Magazin, le cardinal Walter Brandmüller, l’un des quatre cardinaux signataires des dubia qui remettaient en cause les conclusions du pape François sur la famille, a expliqué que la situation actuelle de l’Église était « comparable à celle des XIe et XIIe siècles ». Il explique notamment que le pouvoir ecclésiastique était alors détenu par une petite caste de laïcs riches et puissants qui ont laissé se développer dans le clergé des mœurs dissolues. S’ensuivirent des difficultés pour l’Église à annoncer réellement l’Évangile.

Se détacher du pouvoir des laïcs

En effet, à cette époque, deux pratiques entravaient le pouvoir réel de l’Église : la simonie et le nicolaïsme. Elles ont toutes deux été interdites sous le pontificat de Léon IX (1049-1054).

La simonie désigne le fait de pouvoir acheter des charges ou sacrements ecclésiastiques. Le nicolaïsme, lui, est le mariage ou le concubinage des prêtres qui était autorisé en dehors des ordres majeurs durant toute la première partie du Moyen Âge. Ces deux pratiques donnaient finalement une grande importance aux laïcs. D’une part, le mariage des prêtres entraînait la naissance d’héritiers qui revendiquaient ensuite dans leur patrimoine les biens de leur père. D’autre part, la simonie permettait aux familles fortunées d’acheter un certain nombre de hautes fonctions ecclésiastiques et d’ainsi posséder une forme d’influence sur l’Église.

« La question de la place des laïcs dans l’Église est en fait le dénominateur commun au XIe et XXIe siècle » explique Valérie Theis. Car si l’Église a interdit le mariage des prêtres, c’est essentiellement pour bouter les laïcs hors de positions fortes dans l’Église, plus que pour des questions morales.

La suppression du nicolaïsme et la décision de sa stricte application par le pape Grégoire VII ont mis du temps à être appliquées et ont suscité de vives résistances. « À Paris, les clercs déclarèrent que les ordres du pape étaient absurdes et qu’on ne pouvait s’y conformer » détaille Valérie Theis qui confirme que la réforme grégorienne fut une véritable révolution qui se fit dans la douleur.

Une Église qui savait changer les règles

Vivons-nous alors aujourd’hui une contre-réforme grégorienne avec le pontificat du pape François ? « Il est vrai qu’en parlant du cléricalisme comme du mal de l’Église, le pape interroge ce qui a été imposé depuis 1 000 ans dans l’Église, à savoir une institution dirigée par les clercs » analyse Valérie Theis.

Par-delà la comparaison, Valérie Theis pointe également un trait de caractère de l’Église médiévale dont le pape pourrait s’inspirer : l’adaptabilité. En effet, selon elle, la réforme grégorienne montre la grande souplesse de l’Église pour continuer à garder son influence. « durant le Moyen Âge l’Église n’arrête pas de se réinventer, de changer les règles pour s’adapter à la réalité de la société ». Et de conclure : « c’est ce qui a toujours fait sa grande force et c’est ce qui semble lui manquer un peu aujourd’hui ».

 

La Croix

En Malaisie, des Finlandais arrêtés pour distribution de brochures chrétiennes

Quatre Finlandais sont accusés d’avoir violé la législation qui interdit de perturber l’harmonie religieuse. Ils risquent entre deux et cinq ans de prison.

Leur chef d’accusation : « distribution présumée de matériel religieux dans un lieu public ». La police malaisienne a annoncé, mercredi 21 novembre, avoir arrêté à leur hôtel quatre ressortissants finlandais âgés de 27 à 60 ans sur l’île touristique de Langkawi, connue pour ses plages paradisiaques.

Selon les forces de l’ordre, le groupe (deux hommes et deux femmes) donnait aux passants des « brochures sur le christianisme ». Les suspects, placés en détention le temps de l’enquête policière, risquent jusqu’à 5 ans de prison.

Trouble à l’ordre public

Pour l’article 3 de la Constitution de Malaisie, « l’islam est la religion de la Fédération, mais les autres religions peuvent être pratiquées en sécurité et en paix ». C’est pour avoir violé la législation interdisant de perturber l’harmonie religieuse que les quatre visiteurs chrétiens ont été arrêtés, dans un pays où les questions religieuses sont ultrasensibles et où l’islamisme conservateur gagne du terrain.

La population compte 31 millions d’habitants, dont 70 % de Malais (musulmans), 20 % de Chinois (bouddhistes et chrétiens), et 10 % d’Indiens (hindous). Les catholiques représentent quant à eux un million de personnes. Ces composantes de la société ne font pas toujours bon ménage. En 1969, des émeutes meurtrières avaient opposé les Malais musulmans à la minorité chinoise. Et les litiges ethniques et religieux ont perduré dans le temps.

En 2013, la cour d’appel de Kuala Lumpur a jugé que les non-musulmans n’avaient pas le droit d’utiliser le mot « Allah » à propos de Dieu, infirmant une décision de 2009 autorisant le journal catholique Malaysia Herald à employer cette forme.

Le droit à utiliser le terme avait été suivi par une vague de violences contre des églises et autres lieux de culte. En 2015, à Petaling Jaya, une cinquantaine de résidents du quartier, des musulmans modérés, ont contraint une église chrétienne protestante à enlever la croix de sa façade, qui avait été installée deux jours avant.

Espoirs d’unité

Tout n’est pas toujours allé à l’encontre des chrétiens. En mars 2016, un jugement a permis à un homme converti à l’islam par ses parents à l’âge de 10 ans de renoncer à sa foi pour être reconnu chrétien sans passer par un tribunal islamique. Une décision encourageante pour les chrétiens de Malaisie, car elle validait le principe constitutionnel de la liberté religieuse malmené ces dernières années.

Le pays se compose de 13 États et de trois territoires fédéraux. À la tête de la Fédération trône un roi élu tous les cinq ans. Chaque État a à sa tête un sultan. Les espoirs de changement sont grands, alors que les électeurs ont infligé en mai dernier une cuisante défaite à l’Organisation nationale de l’unité malaise (Umno), parti au pouvoir depuis l’indépendance de l’ex-colonie britannique en 1957.

La population a choisi un nouveau gouvernement, avec à sa tête Mahathir Mohamad, ancien autocrate de 92 ans qui a promis de passer la main dans deux ans. Mué en progressiste, il a fait campagne sur la promesse d’en finir avec les divisions qui gangrènent le pays.

 

La Croix

La Chine veut remplacer ses présentateurs TV par des robots

Aucun domaine n’échappe à la substitution de l’homme par la machine. Pas même la télévision. La Chine met au point une intelligence artificielle capable de remplacer et de se confondre avec de véritables présentateurs.

Elle n’a pas encore de nom, mais elle a un visage. Xinhua, l’agence de presse de l’État chinois est en train de mettre au point une intelligence artificielle capable de présenter les informations des JT. Cette reproduction numérique ultraréaliste ressemble à s’y méprendre à de véritables journalistes de télévision. Et de fait, l’agence de presse n’a pas hésité à reproduire le physique de ses propres journalistes stars pour donner une apparence humaine à ses futurs robots. À l’œil nu donc, difficile de distinguer le vrai du faux. Après avoir visionné de nombreuses diffusions réelles, le programme informatique est capable de faire bouger les lèvres et les muscles du visage en fonction des mots prononcés. Haussement de sourcil, inclinaisons du visage, clignements des yeux, intonation… tout y est!

Cette très sérieuse expérimentation a un but, clairement affiché par Xinhua, l’agence chinoise. Comme toujours lorsqu’il est question de robotisation, l’idée est d’augmenter la productivité des présentateurs tout en réduisant les coûts de production de l’information. Une fois l’innovation mise au point, plus besoin de recruter ni de payer un humain pour s’exprimer sur les plateaux. Ces présentateurs 2.0 pourront par ailleurs retransmettre l’information 24 heures sur 24, sans roulement, voire intervenir sur différents supports ou différentes chaînes simultanément. Le retour sur investissement est donc bien là.

Plus réaliste que le robot humanoïde japonais Erica

L’expérimentation chinoise en rappelle une autre, effectuée dans un pays voisin. Au Japon, un robot humanoïde créé par Hiroshi Ishiguro devait présenter le journal télévisé national à partir d’avril selon des informations du Wall Street Journal. Nommée Erica et d’apparence féminin, il avait acquis la possibilité de réciter un texte écrit à l’avance et même d’interagir. Son aspect figé ne laissait néanmoins aucune confusion sur la nature robotique de la présentatrice pour les spectateurs. Outre-Atlantique, aux Etats-Unis, la chaîne The Weather Channel a quant à elle mis au point une réalité augmentée pour reproduire les intempéries en 3D autour du présentateur, qui reste néanmoins 100% humain. En France, si de telles innovations n’ont jamais vu le jour à la télévision, la SNCF a récemment opté pour donner un visage à Simone, la célèbre voix des gares. Mais l’avatar 3D, inspiré de l’univers du cinéma d’animation, n’a pas vocation à se confondre avec les hommes.

 

Car c’est toute la question, savoir ou ne pas savoir l’identité de celui qui parle. Les présentateurs virtuels vont inévitablement devenir de plus en plus sophistiqués au point qu’il sera parfois impossible de distinguer le vrai du faux sans interactions ni déplacement sur le terrain. Or, le jour où aucun spectateur ne pourra faire la différence, les chaînes opteront logiquement pour cette nouvelle solution plus rentable et moins coûteuse. Cette confusion entre homme et intelligence artificielle en amènerait une autre, nettement plus dangereuse. Dès lors qu’une chaîne ou une agence de presse d’État comme Xinhua, peut reproduire le physique de quelqu’un et lui faire dire tout ce qu’il veut, le risque d’instrumentalisation est grand!

 

Le Figaro.fr