Des salariés en lien avec des djihadistes embauchés dans des ambassades de France?

Plusieurs personnes liées aux mouvances djihadistes ont été repérées par les services de renseignements parmi les employés locaux des ambassades de France au Royaume-Uni et au Qatar, révèle le Canard enchaîné ce mercredi.

Du côté de Doha, certains agents de sécurité chargés de protéger l’ambassade affichaient une proximité avec des djihadistes. Outre-Manche, à Londres, poursuit l’hebdo palmipède, un responsable de l’intendance recruté pour des travaux de maintenance revendiquait une « sympathie déplacée » à l’égard de plusieurs personnalités qualifiées par les services de « terroristes », souligne de son côté le Point.

 

« Il y a un vrai problème avec les agents locaux. Tu peux tomber sur de drôles de types », a confié au Canard un fonctionnaire du Quai d’Orsay. Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères, par la voix de sa porte-parole Agnès Romatet-Espagne, a indiqué que « des mesures très fortes ont été prises. […] Les échanges avec les services locaux de renseignements avant d’habiliter des personnels locaux ont été intensifiés ». Par ailleurs, 67 millions d’euros ont été alloués au renfort de la sécurité des ambassades de France à travers le monde.

 

20 minutes

Comment les femmes des pays musulmans luttent-elles aujourd’hui pour leurs droits ?

 

En 1979 une Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw) a été votée par l’Assemblée générale de l’ONU. Elle consiste simplement à appliquer aux femmes les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette convention a été adoptée progressivement par tous les pays membres de l’ONU, à l’exception des îles Tonga, du Vatican, de l’Iran, de la Somalie et du Soudan. Trois des cinq pays qui ont refusé de ratifier la Cedaw sont donc des pays musulmans. Mais beaucoup d’autres États musulmans, dont les Etats arabes du Golfe, l’ont fait, c’est à dire qu’ils se sont, en principe, engagés, à inscrire l’égalité hommes-femmes dans leur législation.

​Cependant, dans ces pays, comme dans la plupart des régions du monde, il y a une distance considérable entre l’énoncé de principes et leur mise en application.

UNE GRANDE DIVERSITÉ

On entend souvent dire que la situation des femmes dans les pays musulmans, c’est-à-dire dans les pays où les musulmans sont majoritaires et où les règles de vie en commun se réfèrent à l’islam, est plus difficile que dans le reste du monde. C’est oublier que ces pays sont très différents les uns des autres par leur histoire, leur situation géographique, et leurs usages. Cependant ils ont tous en commun d’avoir été soumis, directement ou indirectement à la colonisation occidentale, et beaucoup sont encore le théâtre de conflits violents.

UN ENJEU COLONIAL

La question des femmes a été un enjeu crucial dans la colonisation : les puissances coloniales prétendaient agir pour les protéger. Plus tard, dans la période dite « post-coloniale », des régimes autoritaires fort peu respectueux des droits humains et des principes démocratiques ont parfois prétendu défendre les droits des femmes, par exemple en interdisant le port public du foulard (Iran d’avant la révolution islamique, Turquie, Tunisie). Dans d’autres pays au contraire, l’État a cherché à se rendre populaire en renforçant les prérogatives masculines et en restreignant les libertés des femmes, notamment à l’aide de codes de statut personnel qui, dans l’espace privé et familial, soumettent les femmes au pouvoir des hommes (Algérie).

LA VITRINE FÉMINISTE DE CERTAINS RÉGIMES

​Le féminisme dit « d’État » faisait de quelques femmes privilégiées des « vitrines », alors même que la plupart des femmes ne disposaient pas de véritable droit à l’éducation, au travail ou à la santé. Il se réclamait d’une laïcité qui n’était en fait que le contrôle de l’islam par l’État. Ailleurs les restrictions aux libertés des femmes étaient justifiées au nom de l’islam. Dans tous les cas les femmes ont été des enjeux dans des stratégies politiques. Jamais on n’a écouté leurs voix.

L’ENGAGEMENT DES FÉMINISTES ISLAMIQUES

​Cependant, dès le XIXe siècle, des femmes du monde musulman ont lutté contre la domination coloniale et pour leurs droits : droits politiques, sociaux, mais aussi de plus en plus, libertés personnelles et individuelles. Beaucoup d’entre elles le font aujourd’hui à partir des symboles, des valeurs et des normes auxquelles elles se rattachent. C’est ce qu’on appelle les féministes islamiques. L’islam, rappellent-elles, n’a jamais enseigné l’inégalité des femmes et des hommes. Cette lecture a été le fait d’institutions patriarcales et autoritaires (le clergé et l’État) et a nourri nombre de préjugés sur l’islam.

​Les femmes qui se réclament de ce mouvement, surgi au début des années 1990 à la fois en Iran, en Turquie, en Malaisie, et qui s’est propagé à travers les frontières et les continents, sont en lutte à la fois contre ce qui persiste d’impérialisme colonial dans une forme de féminisme qui nie la diversité, et contre l’arbitraire de la domination patriarcale, qu’elle s’exerce à l’intérieur ou à l’extérieur de la sphère familiale. Leur combat est donc à la fois un combat contre le sexisme et le racisme et pour la démocratie.

 

Orient XXI

Peut-on prêter une église au culte d’une autre religion ?

Une paroisse du XVe arrondissement de Paris prête, depuis le mois d’août, sa crypte à une communauté musulmane voisine, privée de salle de prière après un dégât des eaux.

Depuis le début du mois d’août, une communauté musulmane du XVe arrondissement de Paris est accueillie dans la crypte d’une église catholique pour la prière du vendredi. Une initiative de la paroisse Saint-Christophe-de-Javel, pour venir en aide à ces fidèles dont la salle de prière a subi un important dégât des eaux lors des orages qui ont frappé la capitale en juillet.

Un geste de solidarité interreligieuse dont se félicitent les deux communautés, mais aussi le rabbin de la synagogue voisine, qui a également offert son aide pour les travaux de la salle inondée, ainsi que le maire (LR) de l’arrondissement, Philippe Goujon.

« La crypte sous l’église était disponible, assez grande et pouvait les accueillir (…) Ça s’est fait discrètement et naturellement », a expliqué le père Thierry Vernet, vicaire de la paroisse, au Parisien.

L’information, révélée par le quotidien dimanche 3 septembre, a aussi suscité des réactions, hostiles, et parfois violentes sur les réseaux sociaux, de la part de personnes estimant que la célébration d’un culte autre que catholique n’a pas sa place dans une église ou une salle paroissiale.

Cette controverse fait écho à celle qu’avait provoquée, en juin 2015, Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, suggérant que les églises qui « ne servent plus », faute de fidèles et de prêtres, au culte catholique, puissent être utilisées par les communautés musulmanes dépourvues de lieux de culte…

Une situation qui ne peut être qu’exceptionnelle

« Dans le cas de cette église parisienne, on est dans un contexte précis, avec un événement exceptionnel, une situation d’urgence, et des communautés qui ont des liens et une amitié durable », analyse le Père Vincent Feroldi, directeur du service national des relations avec les musulmans (SNRM) de la Conférence des évêques de France. « C’est donc la règle de l’hospitalité et de la solidarité qui s’applique, et on peut s’en réjouir ».

Toutefois, le prêtre souligne qu’une telle situation ne peut être qu’exceptionnelle. Il rappelle que l’époque à laquelle des paroisses et diocèses cédaient volontiers salles et terrains à des communautés musulmanes, dans les années 1960 à 1980, pour aider à sortir de « l’islam des caves », est révolue.

« Cela ne peut être qu’exceptionnel, parce que tout lieu de culte, ne serait-ce que par son architecture, correspond aux spécificités du culte pour lequel il a été construit. Une autre religion ne peut donc pas s’en satisfaire durablement », explique le Père Feroldi.

Mais la difficulté tient aussi, à l’heure actuelle, à l’état des mentalités. « On ne peut pas ne pas tenir compte de la sensibilité des communautés sur le sujet », reconnaît le prêtre. « Il est vrai que certains musulmans – comme certains catholiques – considèrent qu’à partir du moment où ils ont commencé à prier dans un lieu, il devient définitivement musulman. Cela peut susciter des craintes… »

 

La Croix

Fanatisme religieux : le coup de gueule d’un principal de collège

Parce qu’il n’est plus soumis au devoir de réserve des fonctionnaires, Bernard Ravet s’est décidé à raconter sa vie de principal dans trois collèges difficiles de Marseille. Il décrit la violence, la montée de l’islamisme, la solitude des chefs d’établissements et des enseignants.

Retraité depuis 2015, Bernard Ravet, principal pendant quinze ans dans «trois des collèges marseillais les plus difficiles» livre un témoignage de première main (1) sur la montée progressive du fanatisme religieux musulman dans certains établissements scolaires. Et sur la réponse peu efficace voire fuyante de l’institution: «Il faut en finir avec la loi du silence qui pèse sur l’impact du religieux dans certains établissements», écrit cet ex-principal. Le fanatisme «frappe à la porte de dizaines d’établissements, (…) imposant ses signes et ses normes dans l’espace scolaire, dans les cours de récréation, les cantines, les piscines. Longtemps, je me suis tu. Par respect du devoir de réserve. Par crainte de stigmatiser les établissements que je dirigeais et d’en aggraver la réputation peu flatteuse (…). Par souci de protéger les élèves et les familles alors majoritaires qui résistaient aux coups de boutoir du fanatisme. Par peur d’être accusé d’islamophobie ou de racisme rampant». Essentiellement confronté à des problèmes de violence dans son collège des quartiers nord de Marseille, il doit vite faire face à un autre adversaire au début des années 2000: Dieu.

Lieu d’observation idéale, la cantine

Cela commence avec ces enseignantes et ces élèves qui, à la sortie du collège, se font bombarder de canettes de coca aux cris de «putes! salopes!». Leur point commun? Elles avaient mis une jupe. Ce sont ces jeunes dealers, des barbus en sweat et tee-shirt qui viennent lui expliquer que le fait de vendre de la drogue ne pose pas de problème en dépit de leur croyance religieuse car «les consommateurs ne sont pas musulmans. Si la drogue tue, elle ne tue que des mécréants. Ce n’est pas contraire à notre religion».

Emplacement d’observation idéal, la cantine se situe «à l’exact point d’intersection entre ma fonction de directeur d’ONG pédagogique et cette fonction que je devine alors sans me la formuler, imam de la République». Pour beaucoup d’enfants, le repas de midi est le seul de la journée. Il était hors de question de proposer de la viande halal mais «nous composions nos menus en fonction de cette contrainte. (…) Lorsque nous servions de la viande, nous prévoyions donc des œufs, du poisson, un deuxième légume ou des féculents… De quoi composer une assiette nourrissante qui n’allait pas finir à la poubelle». Marginal en 2000, lorsqu’il prend son premier poste dans les quartiers nord, «le refus de manger de la viande qui n’était pas halal était devenu la norme en 2013, lorsque j’ai quitté le collège Izzo». De même que la pratique du ramadan. Si en 2000, la moitié de ses élèves le respectaient, «en 2013 nous étions à 90% ou 95%».

Fracture grandissante entre garçons et filles

La fracture entre garçons et filles est quant à elle grandissante: ils se mélangent «très peu» en cours de sport. Les activités sportives et les sorties sont distinctes, les relations amoureuses et amicales très rares. Les garçons ne s’assoient pas à côté des filles et sont un peu moqueurs. Les garçons trouvent normal de prendre part à l’éducation de leurs sœurs, de vouloir se marier avec une jeune fille chaste tandis qu’eux-mêmes ne consentent pas au même sacrifice. «Certains élèves que j’ai eus avaient du mal à accepter les remarques d’un professeur femme», note le principal.

Il énumère aussi le cas de ces élèves, qui, le matin sont soudain plus nombreuses à arriver voilées devant l’établissement. «La plupart se découvrent avant d’arriver à la porte. Mais certaines tentent de forcer le passage, de retarder au maximum le moment d’enlever leur voile, de pénétrer d’un mètre, de deux mètres, dans l’enceinte du collège. Toujours grignoter du territoire. C’est une bataille pied à pied». Comme avec cette petite Djamila, dont les parents sont injoignables. Bernard Ravet finit par coincer la mère, à l’heure de la prière du vendredi grâce à une assistante sociale. Le père finira par lâcher du lest après un entretien au forceps.

«Il est normal de lapider une femme adultère»

Un jour, une jeune professeure d’histoire-géographie déboule dans son bureau, fébrile. «Monsieur le principal, pardon de vous déranger, je viens de vivre quelque chose de grave. C’était pendant le cours d’instruction civique des cinquièmes. Le cours sur les droits de l’homme. Mustapha a pris la parole… – Mustapha. Celui qui est plutôt bon? – Oui. Et là, il explique, soutient et argumente que l’homme et la femme ne sont pas égaux, qu’il est normal de lapider une femme adultère, tout comme de couper la main d’un voleur. – J’imagine que vous avez réagi. – Bien sûr! Il a continué. «Mais si, c’est vrai, c’est comme ça qu’on fait, c’est dans le petit livre qu’on m’a donné à la mosquée.» – Quel petit livre? – Je l’ignore.» Quelques jours plus tard, Bernard Ravet récupère ce livret d’une vingtaine de pages qui détaille les crimes des «mécréants»: croire que «les régimes et les législations établies par les hommes sont mieux que la législation de l’islam» ; dire que «l’application de la législation islamique concernant les peines légales, telles que l’amputation de la main du voleur ou la lapidation de l’adultère mariée, n’est pas conforme aux mœurs actuelles modernes». Il apprend que ce livre vient de la mosquée d’Abdel, un surveillant du collège. «Abdel. Toujours propre sur lui. Habillé à l’occidentale. Physique sec. Petite barbiche bien taillée. Extrêmement poli. Je n’ai qu’à m’en féliciter. Bien que d’un tempérament solitaire, il s’est imposé parmi le petit groupe de surveillants sur lesquels je m’appuie dans les circonstances les plus délicates. Il sait «tenir» une permanence avec 50 élèves sans que cela bronche. Est toujours partant pour remplacer un collègue absent. Pour tout dire, c’est mon meilleur surveillant.» À cet instant jaillit néanmoins de sa mémoire qu’il n’embrassait pas ses collègues de sexe féminin…

«Merci de nous avoir informés, répondra le rectorat après un rapport circonstancié du principal, mais ce monsieur a signé un contrat pour six ans on ne peut rien faire». Les RG, eux, lui révéleront que l’individu est sous surveillance depuis six mois, «classé S en quelque sorte». Méfiant, le surveillant finira par partir de lui-même grâce à la débrouillardise du principal. Une fois de plus.

Ses seuls vrais soutiens, pendant toutes ces années, se résument aux commissariats avec lesquels il entretient d’excellents rapports, à ses collègues dirigeants d’établissements locaux et à Jean-Pierre Obin, son ami inspecteur général, auteur d’un rapport détonnant en 2004 sur «les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires» qui décrivait la progression du fanatisme religieux dans les établissements. «C’est lui, qui en couchant sur le papier une réalité sur laquelle je n’avais plus prise, m’a donné l’espoir qu’il restait un peu de lumière dans la maison, qu’on ne pouvait pas ne pas désespérer complètement de l’institution».

Le Figaro.fr

Inde : le divorce par répudiation express est désormais interdit

Le divorce consécutif à l’énonciation par trois fois d’une formule – nommé « triple talaq » (talaq signifiant divorce en arabe) – « enfreint le Coran et la charia. Il ne fait pas partie des pratiques religieuses et va à l’encontre de la moralité constitutionnelle », a fait savoir, mardi 22 août, la Cour suprême indienne, la plus haute juridiction composée d’un panel de cinq juges des principales religions d’Inde (hindouisme, islam, christianisme, sikhisme et zoroastrisme).
Cette procédure de divorce consiste pour un homme à divorcer de leur femme en prononçant trois fois simplement la formule « Je divorce ». Ces dernières années, et avec l’expansion des nouvelles technologies, cette pratique a donné lieu à de trop nombreux abus avec des divorces prononcés par sms, Skype ou Whatsapp. « Il est manifestement arbitraire d’autoriser un homme à rompre un mariage à sa guise et sur un caprice », ont affirmé les juges.

Ce jugement est la victoire de musulmanes qui avaient engagé des recours auprès de la justice pour interdire cette pratique qui était acceptée par les autorités étatiques. Il y a un an, une pétition contre les divorces abusifs avait réuni 50 000 signatures de musulmans. « Les musulmanes sont des citoyennes indiennes et elle sont protégées par la loi. La justice musulmane doit être réformée de façon à ce que toutes les pratiques discriminatoires soient considérées comme illégales », revendiquaient alors les pétitionnaires.

« La Cour suprême a clairement établi que c’est un péché et qu’il n’est pas autorisé », s’est réjouit l’avocate Farah Faiz, l’une des plaignantes. Parmi les femmes à l’origine de la pétition, Shayara Bano, qui avait été notifiée de sa répudiation par courrier en 2015, a salué un « moment historique » pour les Indiennes musulmanes. La requête d’une interdiction a été soutenue par le Premier ministre Narendra Modi.

 

Saphirnews

Suisse : un projet de loi en vue pour l’interdiction des viandes halal et casher

 

Le député Matthias Aebischer a soumis en juin dernier un projet de loi qui interdirait l’importation de viande provenant d’un abattage rituel sans étourdissement.

L’élu, membre du Parti social-démocrate, le deuxième parti du pays, a soulevé une vive polémique. La Suisse interdit déjà ce type d’abattage sur son territoire et ce projet de loi condamnerait définitivement la consommation de viande halal et casher pour les musulmans et les juifs qui refusent l’étourdissement de l’animal avant son abattage.

La loi pourrait également avoir un impact sur les importations de foie gras, pourtant très plébiscité par les consommateurs suisses francophone. Le gavage d’oie est une pratique considérée comme cruelle qui entrerait dans les interdits, tout comme l’abattage des animaux sans étourdissement préalable.

Le président de fédérations des communautés juives suisses, Herbert Winter, a déclaré que ce projet de loi représentera « une limite conséquente sur la liberté de religion des juifs ». Dès 2002, la Suisse a tenté d’entre son interdiction à la viande importée. Le Conseil fédéral suisse a déclaré en 2016 que l’interdiction de l’importation de la viande ayant subi un abattage rituel violerait les accords commerciaux internationaux signés par la Suisse.

 

Saphirnews

L’émoji d’une femme en hijab dévoilé par Apple, plus inclusif

 

Un émoji représentant une femme voilée sera prochainement disponible dans les smartphones. Il figure parmi les 55 nouveaux émojis dévoilés cette semaine par Apple à l’occasion de la Journée mondiale de l’émoji.

C’est Rayouf Alhumedhi, une Saoudienne de 16 ans vivant à Vienne (Autriche), qui en a fait la proposition en 2016. Voulant un émoji « qui pourrait la représenter », l’adolescente a soumis l’idée au Consortium Unicode, une organisation privée sans but lucratif en charge des émojis et émoticônes.

Elle a découvert que sa proposition a été validée lundi 17 juillet à travers l’annonce de Tim Cook, le directeur général d’Apple. Une annonce qui l’a ravie. N’en déplaise aux islamophobes qui ont vertement critiqué le choix inclusif d’Apple.

 

Saphirnews

Israël : l’autre mur de la discorde

En cédant aux pressions de ses alliés orthodoxes opposés à la création d’une zone mixte de prière au Kotel, Netanyahou s’est attiré les foudres du courant libéral, majoritaire dans le monde juif.

Le Premier ministre israélien a deux manières d’analyser la fracture qu’il vient de provoquer avec la diaspora juive pour préserver ses intérêts politiques. La première apporte sans doute la preuve du lien inaltérable entre le judaïsme et le Mur des lamentations. Or c’est précisément l’attache à ce lieu saint que l’Unesco avait contestée en octobre dernier, dans une résolution qualifiée alors d’« absurde » par Israël. La seconde approche, moins glorieuse, renvoie l’image d’un souverain déchu, notamment auprès d’une grande partie des Juifs américains, qui l’avaient toujours adulé. « Ils comprennent enfin que Netanyahou n’est pas le roi du peuple juif et que s’opposer à lui ne veut pas dire s’opposer à l’État d’Israël », écrit le quotidien Haaretz.

La déception est à la hauteur de la « trahison » ressentie par les tenants, nombreux aux États-Unis, d’un judaïsme libéral, communément appelé réformiste du fait qu’hommes et femmes peuvent le pratiquer d’égal à d’égal. En cause, la volte-face de Netanyahou concernant l’aménagement d’une zone de prière mixte au Mur des lamentations, pourtant approuvé en janvier 2016 par son gouvernement après des décennies de querelle.

Les ultraorthodoxes, un vivier électoral

Ultime vestige du deuxième temple détruit par les Romains au début de l’ère chrétienne, le Kotel est placé sous l’autorité de rabbins ultraorthodoxes qui organisent les prières tout en imposant des règles strictes, en particulier aux femmes, sommées de prier à l’écart, à voix basse, en se couvrant tête et épaules afin de ne pas distraire les hommes.

Pour conforter leur mainmise sur les affaires religieuses, les « hommes en noir » ont bâti des partis politiques influents, forts d’une communauté représentant près de 20% de la population. Ce vivier électoral a largement favorisé leur présence dans les coalitions au pouvoir, de gauche comme de droite, et sert aussi de monnaie d’échange à nombre de leurs revendications.

Ce sont d’ailleurs les chefs des formations Shass et Judaïsme unifié de la Torah qui ont indiqué, le 25 juin, que Netanyahou avait consenti à « geler » ce projet. Ce geste, selon eux, reflète « la volonté de la majeure partie de la nation qui veut sauvegarder le caractère sacré du mur et son statut ». L’accord en question avait été obtenu par l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le puissant lobby pro-israélien à Washington, au terme de discussions entamées dès le début des années 1990.

En le remettant soudainement en question, Netanyahou prend le risque de se couper de son principal soutien politique. Ainsi que d’une manne financière colossale, puisque les communautés juives américaines financent de nombreuses institutions caritatives de l’État hébreu.

Netanyahou face à un dilemme

« Trop c’est trop, il est temps que le gouvernement israélien comprenne qu’il doit s’adresser au peuple juif dans toute sa diversité », s’est indigné Isaac Fischer, l’une des figures de l’Aipac, qui réclame à présent que lui soit rendu le million de dollars tout juste injecté dans des fonds d’investissement israéliens.

La grogne a également gagné l’Agence juive, qui joue un rôle essentiel auprès de la diaspora et dont les activités sont financées par des philanthropes. « Un retrait de cet accord rendrait notre travail pour rapprocher Israël et le monde juif de plus en plus difficile, prévient Natan Sharansky, président de l’organisation paragouvernementale. Nous ne sommes pas prêts à l’accepter et restons fidèles au principe d’un mur pour un peuple. » Joignant l’acte à la parole, l’Agence juive a annulé un dîner de gala annuel réunissant ses donateurs autour de Netanyahou.

Le Premier ministre israélien se défend d’avoir empêché une avancée historique sur la voie du pluralisme religieux. Mais, en coulisses, il aurait confié à plusieurs responsables de la communauté juive américaine qu’il se trouvait face à un dilemme : céder aux « ultras » ou prendre le risque de perdre sa majorité.

« Netanyahou se retrouve pris au piège de sa propre stratégie, analyse le politologue israélien Emmanuel Navon. Sa coalition ne tiendra pas. Si une autre voit le jour et qu’elle peut se passer des ultraorthodoxes, il y aura obligatoirement une renégociation de l’accord abandonné. Dans le cas contraire, la crise pourrait se durcir. »

 

Jeune Afrique

La CEDH valide l’interdiction du port du voile intégral en Belgique

« L’interdiction de porter une tenue dissimulant le visage dans l’espace public belge n’a pas violé les droits garantis par la Convention, » a jugé la CEDH ce mardi, après avoir été saisie par deux Belges et une Marocaine installée en Belgique. Selon la Cour, cette interdiction peut « passer pour nécessaire dans une société démocratique » notamment afin de garantir le « vivre-ensemble ».

La mesure concerne le port du niqab et de la burqa, deux voiles islamiques qui couvrent le visage à l’exception des yeux et ne permettent pas l’identification.

« Un choix de société »

Pour rendre cet avis, la Cour a repris un précédent arrêt de 2014, rendu après la plainte d’une Française contre la législation en vigueur depuis 2011 en France, qui fait jurisprudence.

Les plaignantes, qui assurent porter de niqab de leur propre initiative, dénonçaient une discrimination, une violation de leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion et une atteinte à leur vie privée et familiale. L’une d’elle souligne notamment que la crainte d’être verbalisée l’a contrainte à rester à la maison, réduisant ainsi sa vie privée et sociale.

Des arguments qu’a rejeté la Cour, considérant que, comme en France, la loi belge vise à assurer « la sécurité publique, l’égalité entre l’homme et la femme et une certaine conception du vivre-ensemble dans la société ». Pour les juges, l’acception ou non du port du voile intégral dans l’espace public « constitue un choix de société ».

L’Express.fr

Palestine : l’Unesco place Hébron au patrimoine mondial en péril

Le Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a décrété la vieille ville d’Hébron, située en Cisjordanie occupée, comme « zone protégée », en qualité de site « d’une valeur universelle exceptionnelle » vendredi 7 juillet.

Hébron (Al-Khalil en arabe) abrite le tombeau des Patriarches où reposent les dépouilles du Prophète Abraham, son fils Isaac, son petit-fils Jacob et leurs épouses Sarah, Rebecca et Léa. De part et d’autre, se trouve une mosquée et une synagogue. Un ensemble de 21 pays membres de ce comité* de l’organisation des Nations unies pour la culture se sont réunis à Cracovie, en Pologne, et ont voté l’inscription. Douze Etats ont voté pour, trois ont voté contre et six se sont abstenus, le tout à bulletin secret.

Environ 200 000 Palestiniens vivent aujourd’hui à Hébron contre quelques centaines de colons israéliens, retranchés dans une enclave protégée par l’armée près du lieu saint. Les Palestiniens ont signalé la mise en péril du site du fait de la montée « alarmante » du vandalisme contre des propriétés palestiniennes de la vieille ville. Selon eux, les colons israéliens sont à l’origine de ces dégradations.

Ce scrutin est « un succès dans la bataille diplomatique menée par les Palestiniens sur tous les fronts face aux pressions israéliennes et américaines », a exprimé dans un communiqué, Rami Hamdallah, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne. En revanche, les autorités israéliennes n’ont pas du tout apprécié. « La décision de l’Unesco sur Hébron et le tombeau des Patriarches est une souillure morale. Cette organisation sans importance promeut l’histoire fausse. Honte à l’Unesco », a tweeté Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

*Ces pays sont l’Angola, l’Azerbaïdjan, le Burkina Faso, la Croatie, Cuba, la Finlande, l’Indonésie, la Jamaïque, le Kazakhstan, le Koweït, le Liban, le Pérou, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Corée du Sud, la Tunisie, la Turquie, la Tanzanie, le Vietnam et le Zimbabwe.

 

Saphirnews