Le patient musulman et la fin de vie

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On entend souvent dire qu’une « bonne mort », c’est une mort sans souffrance, naturelle et accompagnée par les « bons » mots et les « bons » gestes des vivants. Habituellement conçue comme ouvrant sur l’au-delà, la mort nécessite tout un réseau de gestes d’accompagnement et reste un moment douloureux que la société redécouvre et se réapproprie pour mieux y faire face. Même si les Français préfèrent  mourir chez eux, c’est à l’hôpital qu’ils meurent en majorité, au sein d’un secteur public qui se dégrade depuis la loi sur les 35 heures et malgré les plans hospitaliers de 2002, 2007 et 2012. Le plan d’urgence pour l’hôpital annoncé en novembre 2019 toujours attendu, révèle dans ce contexte de crise du Covid-19, l’état mourant de l’hôpital public.

Le patient en fin de vie est victime de cette détérioration et son accompagnement vers le processus naturel qu’est la mort n’est plus assuré efficacement, en raison notamment d’un personnel usé par les restrictions de budgets et d’effectifs, mais aussi par un manque de formation dans le domaine des soins palliatifs, en particulier dans le domaine spirituel. De fait, les infirmières sont souvent les seules à accompagner les mourants à l’hôpital. Intermédiaires et exécutantes des prescriptions médicales, elles sont aux yeux des malades et de leurs proches les personnes censées savoir expliquer ce que le médecin ne leur a pas dit clairement. Dans ce contexte difficile et éprouvant, la quête de spiritualité et de sens est primordiale chez les nombreux malades pour qui la présence réconfortante d’aumôniers hospitaliers est nécessaire.

  La mort en quelques chiffres :

 

En islam, l’agonie est vécue comme une épreuve prescrite par Dieu et le rôle de l’entourage consiste à aider le mourant à admettre la réalité de son état et à s’y résigner. La tradition musulmane veut que celui qui s’en va soit très entouré. Aucun musulman ne devrait mourir sans une présence religieuse mais cela n’est pas le cas au sein de l’hôpital public dans le contexte de crise sanitaire du Covid-19. Lorsque le décès est pressenti, les soignants informent les proches mais ce n’est pas la réalité, malheureusement.Combien de malades musulmans sont morts seuls ou partis précipitamment à cause du Covid-19, sans avoir eu un entourage qui les a aidés à se tourner vers la Mecque, sans pouvoir leur lire, en cas d’agonie, la sourate Yasin (sourate 36), sans leur tenir l’index vers le ciel afin de prononcer la chahada, profession de foi islamique, afin qu’ils puissent être accueillis dans l’au-delà ou tout simplement leur dire « adieu » ? Combien de familles sont confrontées à une véritable galère pour trouver un aumônier qui les accompagne dans cette douloureuse épreuve ? Combien de familles ne font par leur deuil car elles ont été séparées de l’être cher au moment de sa fin? Combien de dépouilles mortelles sont en attente d’un lieu pour pouvoir être enterrées ?

Depuis 2006, les aumôniers officient dans les hôpitaux français pour apporter une aide spirituelle aux patients musulmans et accompagner le corps soignant. La loi de 1905 prévoit en effet que les services d’aumônerie « peuvent » être financés par des fonds publics. Le conseil d’administration de l’hôpital fixe l’effectif des aumôniers, qui peuvent exercer en tant que contractuels ou bénévoles, de façon permanente ou temporaire. Avec une communauté musulmane importante (estimée entre 6 et 8 millions), il faut faire face à une demande croissante des familles, qui se heurtent à un manque criant d’aumôniers hospitaliers sur le plan national, globalement une centaine en poste, qui ne comptent plus leurs heures et se voient contraints de faire appel à des bénévoles face à la détresse des familles et à une demande très importante. Cette pénurie sur le plan national est donc pesante par faute de financements notamment. Si l’Église catholique et la Fédération protestante subventionnent une partie de leur aumônerie hospitalière, l’aumônerie musulmane ne reçoit aucun financement de la part des autorités cultuelles telles que le CFCM[1]. A titre d’exemple, dans la région parisienne, qui compte environ 2 millions de musulmans, il n’y a que 12 aumôniers salariés pour les 43 hôpitaux de l’APHP[2] là où l’aumônerie catholique en compte une quarantaine. « Les conditions minimales ne sont plus réunies pour que nous puissions continuer à prendre en charge nos patients, tous, sans discrimination, dans la dignité » déclaraient en claquant la porte de l’hôpital Saint-Antoine certains médecins du service de médecine interne en 2015. Cette difficile réalité touche les malades jusqu’au au seuil de leur mort et ne permet plus au fidèle de quitter cette terre selon sa volonté. Dans ce contexte, il est urgent pour le CFCM de hiérarchiser les problèmes rencontrés au quotidien par les musulmans et la mort à l’hôpital est à reconsidérer en terme de moyens, étant donné que c’est là où les Français meurent en majorité. Le CFCM, qui existe depuis plus de quinze ans et dont c’est l’une des missions, doit être en mesure de tout mettre en œuvre pour que les fidèles qui meurent à l’hôpital ne le soient plus dans la solitude. S’occuper des carrés musulmans*, autre problème lié la mort, est une chose certes nécessaire, mais accompagner le patient musulman vers la mort pour lui permettre de partir dignement est primordial.

A l’heure où la surenchère laïque est de bon ton pour stigmatiser en permanence la communauté musulmane, laquelle ne menace pas les acquis en matière de liberté de conscience, la laïcité doit aussi faire l’objet d’un réexamen en terme d’efficacité dans son volet pratique. Les pouvoirs publics, religieusement neutres, doivent garantir la liberté religieuse de tous les cultes alors qu’ils ne disposent pas en réalité de la même visibilité sociale, ni ne bénéficient de supports institutionnels stables. Il s’agit avant tout de réfléchir aux moyens de passer d’une égalité théorique en droit à une égalité pratique en fait. Il en va de la capacité de l’islam à s’adapter dans un contexte non musulman mais c’est également un défi important pour une certaine idée de la laïcité entendue comme un équilibre relationnel entre l’État et toutes les religions. Cela devra passer par la prise en compte de la réalité confessionnelle de la communauté musulmane dont la pratique liée à la mort en est une, et permettre ainsi au croyant de ne pas rompre avec sa spiritualité dans un moment aussi crucial de son existence.

Fatima Achouri

[1] Conseil Français du Culte Musulman

[2] Assistance Publique des Hôpitaux de Paris

  • Parmi 35 000 cimetières français, seuls « environ » 600 disposent de carrés musulmans.

Coronavirus : Un manque flagrant et problématique de places dédiées au culte musulman dans les cimetières

« Des défunts attendent à la morgue de Rungis depuis trois semaines, c’est terrible. » Avec la crise du coronavirus, le manque de places dédiées au culte musulman dans les cimetières apparaît criant dans les régions les plus frappées.

En Ile-de-France ou dans les Hauts-de-France, de rares maires ont d’ores et déjà agrandi les carrés musulmans de leurs cimetières communaux. Mais, faute de solutions, familles et associations se tournent vers les autorités et la justice.

Des morts enterrés en direction de La Mecque

Selon le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, « en temps normal, environ 80 % des défunts se font enterrer dans leur pays d’origine ». Et, parmi les 35.000 cimetières français, seuls « environ 600 » ont des places dédiées au culte musulman, qui prévoit notamment que les morts soient enterrés dans un délai très court, en direction de La Mecque.

Lundi, le tribunal administratif a rejeté le recours de l’association Tahara, jugeant que le caractère d’urgence n’était pas rempli. Son avocat a saisi le Conseil d’Etat. « Le sous-entendu est d’alerter les autorités publiques, et notamment le ministère de l’Intérieur », dit Me Nabil Boudi, qui a été contacté par ce dernier.

Des cimetières débordés

Certains maires se sont déjà saisis du problème, comme à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), où Patrice Leclerc (PCF) a lancé des travaux d’agrandissement du carré musulman de son cimetière. « A ce rythme, dans trois semaines, il sera complet ». « Toutes les communes devraient en avoir, j’ai écrit au préfet pour obliger les maires à instaurer des carrés musulmans », dit-il.

Pour une commune, avoir un carré confessionnel « n’est pas une obligation », rappelle l’Association des maires de France. Une circulaire de 2008 encourage toutefois les élus à le faire. A Arras (Pas-de-Calais), deux fidèles de la mosquée Annour, un Marocain et un Soudanais, sont morts fin mars du coronavirus et n’ont pas pu être enterrés dans le cimetière de la ville.

Seulement 11 communes sur 679 ont un carré musulman dans l’Oise

Le maire d’Arras l’a depuis fait agrandir pour créer un nouveau carré musulman de 300 m2, sur des parcelles communales attenantes. « Ça allait de soi. Il faut respecter les codes de chacun pour enterrer les siens », a déclaré le maire Frédéric Leturque (Les Centristes).

« Des défunts attendent à la morgue de Rungis depuis trois semaines, c’est terrible. » Avec la crise du coronavirus, le manque de places dédiées au culte musulman dans les cimetières apparaît criant dans les régions les plus frappées.

En Ile-de-France ou dans les Hauts-de-France, de rares maires ont d’ores et déjà agrandi les carrés musulmans de leurs cimetières communaux. Mais, faute de solutions, familles et associations se tournent vers les autorités et la justice.

Des morts enterrés en direction de La Mecque

Selon le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, « en temps normal, environ 80 % des défunts se font enterrer dans leur pays d’origine ». Et, parmi les 35.000 cimetières français, seuls « environ 600 » ont des places dédiées au culte musulman, qui prévoit notamment que les morts soient enterrés dans un délai très court, en direction de La Mecque.

Lundi, le tribunal administratif a rejeté le recours de l’association Tahara, jugeant que le caractère d’urgence n’était pas rempli. Son avocat a saisi le Conseil d’Etat. « Le sous-entendu est d’alerter les autorités publiques, et notamment le ministère de l’Intérieur », dit Me Nabil Boudi, qui a été contacté par ce dernier.

Des cimetières débordés

Certains maires se sont déjà saisis du problème, comme à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), où Patrice Leclerc (PCF) a lancé des travaux d’agrandissement du carré musulman de son cimetière. « A ce rythme, dans trois semaines, il sera complet ». « Toutes les communes devraient en avoir, j’ai écrit au préfet pour obliger les maires à instaurer des carrés musulmans », dit-il.

Pour une commune, avoir un carré confessionnel « n’est pas une obligation », rappelle l’Association des maires de France. Une circulaire de 2008 encourage toutefois les élus à le faire. A Arras (Pas-de-Calais), deux fidèles de la mosquée Annour, un Marocain et un Soudanais, sont morts fin mars du coronavirus et n’ont pas pu être enterrés dans le cimetière de la ville.

Seulement 11 communes sur 679 ont un carré musulman dans l’Oise

Le maire d’Arras l’a depuis fait agrandir pour créer un nouveau carré musulman de 300 m2, sur des parcelles communales attenantes. « Ça allait de soi. Il faut respecter les codes de chacun pour enterrer les siens », a déclaré le maire Frédéric Leturque (Les Centristes).

Dans l’Oise, département qui fut l’un des premiers foyers de l’épidémie en France, « les rares cimetières dotés d’un carré musulman arrivent presque tous à saturation, malgré les efforts des maires », alerte Smaïl Merrakchi, président de la mosquée de Villers-Saint-Paul et coordinateur d’une commission visant à créer un cimetière dédié au niveau départemental. « Sur les 679 communes de l’Oise, seulement 11 ont un carré musulman », insiste-t-il.

Strasbourg affirme n’avoir aucune tension

« Dans certaines villes, la préfecture intervient pour demander aux maires de créer ces espaces », dit-il. La préfecture de l’Oise a en effet confirmé avoir « adressé un courrier aux maires du département pour leur rappeler les termes de la circulaire de 2008 ». Elle ajoute avoir été « sollicitée par plusieurs familles et représentants du culte musulman du département quant aux difficultés relatives à l’inhumation de leurs coreligionnaires. »

Au cœur d’une des régions les plus touchées par le virus, la mairie de Strasbourg affirme, elle, n’avoir été confrontée à aucune « tension » en matière d’inhumation. Depuis 2012, la capitale de l’Alsace dispose de l’unique « cimetière public musulman » du pays, une exception rendue possible par le droit local en vigueur en Alsace-Moselle, qui autorise la subvention des cultes.

 

20 Minutes / AFP

En Iran, des fidèles assistent aux cérémonies du ramadan… de leurs voitures

Coronavirus oblige, les Iraniens assistent aux cérémonies religieuses du ramadan de leurs voitures.

Les mosquées étant fermées en Iran en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus, les fidèles ont adopté la solution du drive-in pour pouvoir se rassembler pendant les cérémonies religieuses du mois de ramadan. Tous les rassemblements ont été interdits en Iran dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 qui a fait plus de 6.000 morts dans ce pays, le plus touché du Proche et Moyen-Orient.

Privés de la possibilité de prier dans les mosquées après «l’iftar», le traditionnel repas de rupture du jeûne après le coucher du soleil pendant le mois de ramadan, les familles sautent dans leurs voitures pour assister à des cérémonies religieuses… sans quitter leurs véhicules.

Le drive-in, qui consiste à l’origine à regarder des films dans le confort de sa propre voiture, est un phénomène culturel américain qui n’avait jusque-là jamais pris en Iran. Mais jeudi soir, dans un parking du parc d’attractions d’Eram, dans l’ouest de Téhéran, plus de 100 voitures étaient rassemblées devant un écran géant pour assister à une cérémonie religieuse.

« J’ai trouvé cela vraiment très créatif et beau »

«Pendant cette quarantaine avec les mosquées fermées, les cérémonies (religieuses) nous ont vraiment manqué», a confié à l’AFP Fatemeh, vêtue d’un tchador et installée dans une voiture avec sa famille. «Quand j’ai lu sur Instagram que ceci avait été organisé, j’ai trouvé cela vraiment très créatif et beau», a ajouté la fonctionnaire de 28 ans.

Des organisateurs étaient présents pour guider les voitures vers des emplacements désignés face à un écran géant. Intitulée les «nuits de l’aspiration», la cérémonie a débuté avec une vidéo en musique montrant les funérailles du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad début janvier.

Devant les rangées de voitures, des hommes avec des masques chirurgicaux ont chanté sur scène des chants chiites, leur image projetée sur l’écran derrière eux. De jeunes familles étaient installées dans leurs voitures, leurs visages illuminés dans le noir par l’écran géant.

Des phares s’allumaient parfois, avant de s’éteindre, pendant que les enfants grimpaient sur les toits des véhicules pour avoir une meilleure vue. L’épidémie de nouveau coronavirus a fait 6.091 morts et contaminé 95.646 personnes depuis l’annonce des premiers cas mi-février en Iran. Mi-mars, les mosquées ont été fermées et les prières du vendredi suspendues afin de tenter d’endiguer la propagation du virus.

Pour les fidèles, le drive-in est l’opportunité d’un certain retour à la normale tout en respectant les mesures de distanciation. «Je crois que cette solution créative est un vrai exemple de gestion de crise, un bel exemple (…) alors que beaucoup sont privés de ce qu’ils désiraient et de ce dont ils rêvaient», se félicite Mohammed, un professeur venu assister à la cérémonie avec sa femme et son fils.

Paris Match / AFP

À Limoges, les confessions se font en mode drive-in

La banderole « Venez comme vous êtes » est en bonne place à l’extérieur du bâtiment. Et les voitures défilent les unes après les autres. Il ne s’agit pas de la devanture d’un McDonald’s rouvert pendant le confinement, dont les queues interminables font beaucoup parler sur les réseaux sociaux, mais bien d’une église. À Limoges, la paroisse Saint Jean-Paul II s’est inspirée de ce qui a pu se faire aux États-Unis à Washington et dans le Maryland ou encore à Acapulco au Mexique.

Elle a mis en place un drive-in « confession » sur le parking de l’église pour recevoir les fidèles, raconte Le Parisien. Depuis le 25 avril, il est donc possible de prendre le volant et de venir se confesser à travers la vitre auprès de l’abbé David de Lestapis. Assis sur une chaise, sous une tente, masque sur le visage, l’homme de foi écoute et pardonne les péchés.

« Les distances de sécurité sont respectées »

« Accueillir des personnes et leur donner le pardon de Dieu est l’un des sept sacrements. Là, nous sommes en plein air et les distances de sécurité sont respectées. Nous sommes donc dans notre rôle », explique au Parisien l’abbé David de Lestapis, qui a suivi, par le passé, des études en communication. Pour ne pas diffuser encore plus le virus, tout le monde est tenu de respecter les gestes barrières, et notamment la distanciation sociale.

Chaque samedi, les chrétiens peuvent ainsi venir de 10 heures à midi. En France, les lieux de culte sont fermés depuis le début du confinement le 17 mars dernier, au même titre que les stades, les restaurants, les cafés ou encore les cinémas. Le 11 mai prochain, la paroisse Saint Jean-Paul II ouvrira de nouveau dans des conditions bien particulières. Édouard Philippe a appelé à ce que les cérémonies religieuses ne reprennent pas avant le 2 juin.

 

Le Point

Après la flagellation, l’Arabie saoudite abolit la peine de mort pour mineurs

La peine suprême devrait être remplacée par une condamnation maximale de dix ans dans un centre de détention pour mineurs.

L’Arabie saoudite a aboli la peine de mort pour des crimes commis par des mineurs, a fait savoir, dimanche 26 avril, un responsable saoudien, quelques jours après l’annonce de l’abolition de la flagellation. Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits humains par les organisations non gouvernementales (ONG) internationales.

La peine de mort a été abolie pour les individus reconnus coupables de crimes commis alors qu’ils étaient mineurs, a annoncé dans un communiqué le chef de la Commission des droits humains, un organisme gouvernemental, Awad Al-Awad, citant un décret royal. Une peine de prison ne dépassant pas dix ans dans un centre de détention pour mineurs remplacera la peine de mort, selon lui.

Ce décret devrait épargner au moins six hommes de la communauté musulmane chiite, minoritaire dans le royaume sunnite, qui avaient été condamnés à mort pour participation à des manifestations antigouvernementales alors qu’ils étaient âgés de moins de 18 ans.

« C’est un important jour pour l’Arabie saoudite, a dit M. Awad. Ce décret nous aide à établir un code pénal plus moderne. »

184 personnes mises à mort l’an dernier selon Amnesty

Dans un rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine, Amnesty International a affirmé que « l’Arabie saoudite a[vait] exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde ».

« Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l’année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnesty en une seule année dans le pays », a-t-elle précisé.

L’homicide, le viol, le trafic de drogue, les attaques à main armée, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l’homosexualité et l’apostasie sont passibles de la peine capitale dans le royaume, qui suit une version rigoriste de l’islam. Vendredi, la Commission des droits humains a annoncé que la Cour suprême avait décidé « d’éliminer la flagellation comme peine potentielle ».

Une image de réformateur ternie

Depuis que Mohammed Ben Salman est devenu prince héritier, en 2017, l’Arabie saoudite est particulièrement critiquée par les organisations de défense des droits humains.

L’ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s’est accompagnée d’une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants.

Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Un crime qui a provoqué un tollé international.

Le Monde

Confinement : voici comment les fidèles peuvent fêter Pâques, Pessah et le Ramadan depuis chez eux

Les croyants juifs, chrétiens et musulmans, doivent fêter Pessah, Pâques et le Ramadan confinés. Chaque communauté s’organise comme elle peut, quitte à créer quelques tensions.

Le 23 mars, Emmanuel Macron a prévenu les autorités religieuses que les fêtes religieuses d’avril ne pouvaient pas donner lieu à des rassemblements dans un contexte de confinement général. Les juifs, depuis mercredi soir, vivent ainsi Pessah, la Pâque juive, dans un contexte inédit, alors que les chrétiens s’apprêtent eux aussi à fêter Pâques depuis chez eux. Les musulmans seront concernés dans deux semaines puisque le Ramadan débute le 23 avril. Dans un tel contexte, les croyants s’organisent pour célébrer les fêtes malgré la menace du Covid-19.

 

Pour les chrétiens, en particulier les catholiques et les orthodoxes, la fête de Pâques est le sommet de l’année liturgique. Elle débute jeudi avec la célébration du dernier repas du Christ, se poursuit vendredi avec la messe de la Passion et se termine dimanche. Dans de très nombreux foyers français, cette fête est aussi un temps fort de la vie familiale.

Des prêtres catholiques seuls dans leur église

L’accès à toutes les messes a été interdite, mais plusieurs prêtres comptent, seuls, célébrer la messe dans leur église. Certaines paroisses proposent à leurs fidèles de suivre la messe en direct sur les applications Zoom, Skype ou Facebook.

Chez les catholiques, de nombreux diocèses réalisent en direct la retransmission des messes sur YouTube. La chaîne KTO retransmettra en direct toutes les messes qui auront lieu au sanctuaire de Lourdes, tandis qu’une « célébration spirituelle » au sein de Notre-Dame-de-Paris, un an après que l’édifice ait été ravagé par les flammes, sera visible vendredi sur BFMTV. Sur les ondes, la radio RCF, qui dispose d’antennes locales, diffusera également plusieurs messes.

 

La conférence des évêques de France propose en outre des méditations quotidienne tout au long de la Semaine sainte. Le diocèse de Troyes a innové de son côté en proposant de recueillir en ligne les intentions de prière des croyants afin de les transmettre, par voie électronique, aux prêtres.

A Rome, le pape François célébrera, quasi-seul, les messes de la Semaine sainte, celles-ci étant toutes retransmises en direct par les médias du Vatican et sous-titrées en plusieurs langues.

Chez les juifs, le débat sur l’usage des ordinateurs et tablettes

La Pâque juive a, elle, débuté mercredi soir par le Seder, un repas hautement symbolique qui est traditionnellement partagé en famille. Les célébrations doivent se poursuivre jusqu’au jeudi 16 avril au soir. Pour inciter les fidèles à s’en tenir au confinement, des opérations de communications se multiplient comme celle du Fonds social juif unifié (FSJU) qui a sollicité des stars comme Patrick Bruel, Gad Elmaleh et Michel Boujenah, lesquelles appellent à rester à la maison.

Depuis plusieurs semaines, plusieurs rabbins appellent les fidèles à utiliser les applications mobile, et notamment Zoom, qui rencontre un grand succès au sein de la communauté selon l’AFP. Une solution ne fait toutefois pas l’unanimité.

 

En Israël, un violent débat a opposé les utilisateurs des applications de visioconférence aux ultra-orthodoxes. La loi juive (halakha) proscrit en règle générale l’usage de l’électricité pendant les fêtes. Fin mars, en Israël, un entrepreneur a voulu installer 10.000 ordinateurs chez des personnes âgées pour leur permettre de participer aux fêtes religieuses. Mais il a voulu savoir si son initiative était compatible avec la loi juive.

Saisis sur le sujet, 14 rabbins ont émis un « psak », un avis religieux, dans lequel ils ont estimé qu’il était licite d’utiliser un ordinateur pour célébrer Pessah avec des personnes âgées et/ou malades. Mais le grand rabbinat d’Israël s’est opposé à cet avis, invitant à utiliser l’ordinateur et autres tablettes la veille du jour férié et non le jour férié lui-même.

Des distributions de repas pour les musulmans

Après les juifs et les chrétiens, viendront les musulmans qui, du 23 avril au 23 mai, vont faire le Ramadan. Dans un communiqué, Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a estimé que le jeûne lui-même, observé le jour, ne sera pas un problème car celui-ci « dépend intrinsèquement et individuellement de chacun là où il se trouve ».

Le problème, pour les fidèles musulmans, vient de la rupture du jeûne, chaque soir, quand toute la famille se retrouve pour partager le repas. Le CFCM propose d’ores et déjà de nombreuses alternatives, comme des « distributions de repas répondant aux restrictions en vigueur » et en accord avec les autorités locales, notamment pour les plus démunis.

Le confinement renvoie en tout cas une partie des fidèles, les personnes âgées notamment, à leur solitude. Les évêques de France, pour les catholiques, tout comme le CFCM, pour les musulmans, ont mis ainsi en place des numéros d’écoute dédiés. Comme l’indiquait mercredi Télérama, une plateforme de consultation psychologique, créée par plusieurs institutions juives après les attentats de janvier 2015, a aussi été réactivée. « Nous recevons beaucoup d’appels, il y a un effet de sidération », explique sur le site du journal Richard Odier, le directeur du FSJU.

 

Le JDD.fr

L’individu à l’épreuve du confinement

C’est une situation inédite, en ce début de XXIe siècle, celle d’une pandémie provoquant un bouleversement dans la vie de quatre milliards d’individus obligés au confinement à cause d’un virus, le Covid-19, qui serait parti de Chine. Ce dernier apparait comme une force puissante, émanant de Dieu, qui vient ébranler notre mode de vie. La contrainte spatiale imposée par le confinement afin d’enrayer le virus, si elle est jugée radicale par les uns, nécessaire par les autres, reste incontestablement une expérimentation anxiogène car menée sur des nations entières où, pour mieux diluer les souffrances, chacun doit rester chez soi. Des millions d’individus sont ainsi contraints de réduire leur espace de vie durant cette crise sanitaire. L’injonction à « rester chez soi », et peu importe ce qui peut bien se passer une fois la porte fermée, renvoie chacun à son intériorité. Nous assistons à l’évanouissement d’un mode de vie antérieur en nous demandant d’où tout ce chaos a bien pu partir.

Notre existence ne voit sa signification que comme une fonction des liens sociétaux, l’isolation hédoniste nous fait perdre notre soi. Ce virus éveille le poids des angoisses engendrées par l’aspect fondamental de l’existence actuelle : l’incertitude. L’anxiété liée à la privation de plaisirs simples comme se voir, se rencontrer, s’aborder, engager des conversations, se disputer, ces agoras de l’espace public-privé, est aggravée au fil des jours. Tout en augmentant le sentiment de sécurité puisque chacun est chez soi, le confinement a pour effet pervers celui, notamment, de déclencher voire d’aggraver des pathologies mentales et physiques et de tendre les relations intrafamiliales. Dans ce contexte, les forces de l’instinct et les émotions liées à l’enfermement peuvent prendre le pas sur toute rationalité. Ce confinement pourrait se révéler dévastateur car nombreux sont ceux qui sont en décalage avec leurs expériences ou leur imaginaire.

Le rétrécissement de l’espace supprime l’écoulement du temps. Pour beaucoup, le seul temps structuré est celui de la télévision ou d’Internet, le reste du temps s’écoule avec monotonie, sans que rien ne se passe jamais. Avec l’Internet, le confinement est moins ressenti comme une contrainte, grâce notamment aux réseaux sociaux et aux nombreux contenus en ligne. Dans le cyberespace, le monde est présenté comme un idéal situé au- dessus et au-delà des problèmes du monde matériel. Mais sans Internet, ce confinement aurait-il été possible et respecté ?

Que nous révèle cette pandémie ? Que de nombreuses idéologies ont failli. Que la science, même dans les pays les plus avancés et les plus riches, est démunie face à un nouveau virus. Que la mondialisation, comme le déclarait Jowitt, est l’autre nom du « nouveau désordre mondial », où des forces anonymes agissent dans un no man’s land redoutable au détriment d’une nature suffocant. Que le libéralisme s’essouffle et que ses forces destructrices trouveraient dans le Covid-19 un dernier sursaut pour se régénérer, au détriment de vies humaines, pour instaurer ce que d’aucuns appellent le « Nouvel Ordre Mondial » selon lequel une caste privilégiée, peu nombreuse, continuerait d’opprimer et d’exploiter les deux tiers de l’humanité. Que les marchés mondiaux imposent leurs lois et leurs règles à la planète. La mondialisation n’est rien d’autre qu’une extension totalitaire de leur logique appliquée à tous les domaines de l’existence. En effet, la liberté de mouvement du capital et de la finance a échappé à tout contrôle politique. L’État-nation n’est devenu qu’un simple appareil sécuritaire au service de méga-entreprises. Michel Foucault affirmait à ce propos, qu’« après une première prise de pouvoir sur le corps qui s’est faite sur le mode de l’individualisation, nous sommes passés en second lieu à une prise de pouvoir massifiante, de l’homme-corps à l’homme-espèce », avec une surveillance qui s’est mondialisée grâce notamment à l’intelligence artificielle. La géolocalisation massive des individus à travers leurs smartphones et la délivrance d’attestations par l’État pour sortir de chez soi, toujours au nom de cette sacrosainte sécurité, n’augurent-elles pas d’une surveillance institutionnalisée à venir ?

La manipulation des incertitudes est le premier stade et l’essence même de la lutte pour le pouvoir et l’influence au sein d’une totalité structurée. L’État et les médias institutionnalisent les peurs, il suffit pour s’en assurer d’allumer son poste pour voir les journaux relater en permanence le décompte macabre des victimes du Covid-19. Les médias exercent une influence pernicieuse sur notre appréhension du monde. Il faut surtout donner l’impression au peuple d’un État ferme, puissant, qui fait quelque chose pour réduire le degré d’incertitude de leur existence. Max Weber définit l’État comme l’institution qui possède le monopole des moyens de coercition et de leur utilisation au sein d’un territoire où il exerce sa souveraineté. L’État, dans sa toute puissance, a le droit de faire vivre ou de faire mourir, et il a laissé mourir par sa gestion de l’épidémie. De nombreux hôpitaux manquent de moyens et suffoquent, au bord de la rupture. Les personnels soignants n’étaient-ils pas dans la rue avant le Covid-19 pour alerter l’État de la mort imminente de l’hôpital public ! Bien avant l’épidémie, les effets délétères de la mondialisation ont réveillé des colères sociales un peu partout et qu’un confinement, aussi étendu soit-il, ne parviendra pas à étouffer. Cette crise sanitaire va endommager le terrain économique, déjà en difficulté avant la pandémie. La mort sociale et professionnelle des catégories les plus vulnérables générera un sentiment d’injustice, radicalisera une partie de la société et donnera lieu à de violents remous protestataires. La période post-confinement conduira à une collectivité en dégénérescence avec des difficultés à vivre ensemble.

Le théologien allemand J-G von Herder déclarait que « les nations passent par les phases de la jeunesse, de la maturité et du déclin et possèdent aussi une valeur singulière incomparable ». Nous vivons une transition civilisationnelle, probablement celle de la fin d’un cycle, avec le mal comme continuum. Les premiers à payer un lourd tribut de cette crise sont les plus fragiles. Nombre de lieux de solidarité sont en effet fermés et laissent les plus faibles d’entre nous livrés à leur triste sort. Qui se soucie de la mort d’un invisible tel qu’un pauvre, un SDF ou un vieux, dans une société où la mort est devenue la chose la plus privée et la plus honteuse comme le disait Foucault ?

Dans le domaine religieux, le dehors et le dedans ont rebattu l’orthopraxie. Les fidèles des religions et mouvement religieux, menacés par la même épidémie, sont privés de structures classiques : églises, mosquées, synagogues, temples. Situation inédite dans l’histoire en temps de paix, le premier lieu saint de l’islam, La Mecque ou mère des Cités, est fermée aux fidèles. Les responsables religieux, afin de s’adapter à cette crise sanitaire, recourent à Internet pour maintenir le lien avec les fidèles en apportant, entre autres, une assistance spirituelle, en particulier à ceux qui ont perdu un être cher.

Ainsi, les fidèles se retrouvent non plus dans des structures traditionnelles mais dans un cybermonde où la parole de Dieu peut continuer à être diffusée. Si l’islam, au-delà d’être une religion, est aussi un mode de vie qui valorise les liens sociaux, la justice et la solidarité, le croyant ne cesse pas pour autant d’être musulman parce qu’il ne se rend plus à la mosquée ou qu’il est privé d’interactions sociales.

Internet est aujourd’hui le support central de la circulation de l’information religieuse, de l’interaction et de l’opinion publique. Sur Internet, les imams et les prédicateurs ont élaboré un langage conventionnel en cette période particulière. Il est conseillé de faire une introspection essentielle à la prise de conscience de sa propre personnalité et de ses comportements. Des imams sont disponibles pour rappeler au fidèle les valeurs morales, lui faire découvrir ou redécouvrir les valeurs religieuses qui renforcent, celles qui montrent le sens de la vie et de l’histoire, tout en lui donnant de l’espoir. Cette redécouverte facilite aussi notre acceptation introspective de certains phénomènes qui nous sont intérieurs. Le Covid-19 est vécu comme une épreuve de Dieu où chacun est confronté à son propre destin et doit revoir sa propre hygiène individuelle. Le fidèle est notamment invité à s’en remettre à Dieu, faire repentance, revoir sa relation à l’autre, tout cela dans un environnement étriqué et étouffant. Souvent, le discours, moralisateur et apologétique, joue sur le registre de l’émotion et de la culpabilité. L’imam, le prédicateur, se comporte comme s’il était le dépositaire du salut des hommes. Internet voit aussi émerger les récits prophétiques de la Fin des temps. Le cheikh Imran Hossein, islamologue et spécialiste de l’eschatologie musulmane, entrevoit dans cette pandémie du Covid-19 le signe divin et imminent de l’Apocalypse.

Bien qu’elle représente un facteur régénérateur de la force spirituelle pour les individus et la société, la vérité religieuse ne suffit pas toujours dans des situations difficiles. En témoignent les violences conjugales, qui ont bondi de plus de 30 % depuis le début du confinement. Parce que chaque individu est divisé dans une identité complexe, il pourra se révéler totalement hermétique au discours religieux qui viendrait, par la voix de l’imam, s’interposer entre l’époux et l’épouse.

Pour remédier à cette friabilité mondiale qui nous guette, il nous faudrait recourir à des moyens nouveaux fondés sur la connaissance de l’essence et des causes du mal. Comment notre planète en est-elle arrivée là ? Qu’est-ce qui a généré et propagé de l’inhumanité de l’homme envers son prochain ? Pourquoi une minorité de familles détiennent-elles la majorité des biens de cette planète ? Pourquoi avons-nous été les spectateurs passifs de toutes ces inégalités ?  Sortir de cette crise de valeurs impliquerait de revoir nos concepts usés et iniques. Il nous faudrait galvaniser nos efforts de recherche d’une voix nouvelle, plus humaine, qui protégerait efficacement les individus et les sociétés sans défense. Erich Fromm affirmait que « l’avènement d’un monde nouveau et du nouvel Homme n’est possible que si les anciennes motivations, le profit, le pouvoir et l’intellect, cèdent la place aux nouvelles ; être, partager, comprendre (…) ». Une telle possibilité existe et pourrait être appliquée, à condition de bien comprendre la genèse du mal. Le Coran, à travers un extrait du verset 30 de la sourate 2 (La Vache), résume finalement tout ce qui se déroule sous nos yeux : « – Il dit « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas. »

 

Fatima Achouri

 

Ouvrages utilisés :

Le coût humain de la mondialisation- Z. Bauman- Ed. Pluriel

La ponérologie politique– A M. Lobaczewski- Ed. Pilule rouge

Il faut défendre la société– M. Foucault- Ed. Gallimard Seuil

Avoir ou être ? – E. Fromm- Ed. Robert Laffont

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Face au coronavirus, une plateforme d’assistance spirituelle dédiée aux musulmans lancée par le CFCM

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) lance, lundi 30 mars, une permanence téléphonique accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 afin de permettre aux malades du coronavirus et à leurs proches de confession musulmane de bénéficier d’une assistance psychologique et spirituelle dont ils ont besoin dans la gestion de la maladie ou encore de la mort, apprend Saphirnews par l’aumônerie hospitalière du culte musulman. Les familles des défunts morts du coronavirus peuvent donc aussi se tourner vers cette plateforme d’assistance afin d’être accompagnées dans les démarches à effectuer.

Toute personne qui désire un soutien moral d’un représentant du culte musulman – comme d’un autre culte – pourra le faire à travers le numéro gratuit d’information mis en place et géré par l’Etat depuis le début de la crise sanitaire, le 0 800 130 000, lui aussi accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dès lors qu’un appelant souhaite bénéficier des services d’un cadre religieux musulman, « il sera routé vers la plateforme du CFCM qui prendra le relai », nous explique Fatih Sarikir, secrétaire général du CFCM depuis janvier 2020.

L’appelant pourra également contacter la plateforme du CFCM directement en composant le numéro fixe 01 45 23 81 39.

Un roulement des aumôniers et des imams assuré

« L’équipe chargée d’assurer ce soutien spirituel est composé de six aumôniers hospitaliers musulmans qui vont se relayer jour et nuit pour que les malades et leurs familles puissent bénéficier de l’écoute nécessaire » face à l’épreuve qu’ils traversent, nous signifie Mohammed Azizi, l’aumônier musulman référent sur les sites de l’AP-HP-Université Paris-Saclay qui occupe le poste d’aumônier national des hôpitaux pour le culte musulman depuis février 2019, en remplacement d’Abdelhaq Nabaoui.

Chaque personne assurera le service durant quatre heures d’affilée et un roulement des effectifs est instauré pour couvrir les 24 heures, explique-t-on. Des listes de volontaires pour chaque région sont remontées auprès de l’aumônerie hospitalière afin d’organiser au mieux le roulement.

La grande majorité des équipes chargées de répondre aux appels sera composée d’aumôniers hospitaliers, « sur le front dans cette crise », mais aussi d’imams, tous volontaires pour assurer la mission, abonde Fatih Sarikir.

A ce stade, l’aumônerie hospitalière pour le culte musulman est fortement mise à contribution dans la gestion de cette mission mais son pendant militaire assure se tenir à disposition pour renforcer les équipes, nous indique l’aumônier militaire en chef Abdelkader Arbi dont l’institution a déjà mis en place une permanence téléphonique pour les patients admis dans les hôpitaux militaires. « Il nous a effectivement assuré de son soutien et nous l’en remercions. C’est le moment où jamais où il faut être ensemble et solidaire », affirme Mohammed Azizi.

« Nous avons, à ce stade, suffisamment de volontaires pour assurer la permanence mais s’il y a besoin de renforts, toutes les aumôneries seront sollicitées », indique Fatih Sarikir. « L’essentiel n’est pas d’avoir beaucoup de personnes mais d’avoir une certaine qualité dans les réponses qui seront apportées et dans le suivi des appels que nous recevrons », appuie-t-il.

Un défi de taille

L’initiative du CFCM, qui est aussi celle d’autres organes représentatifs des cultes, fait suite à l’audioconférence réunissant les représentants des cultes en France avec Emmanuel Macron le 23 mars.

L’idée de mettre en place « des plateformes téléphoniques d’écoutes psychologiques et spirituelles »avait été accueillie favorablement au sommet de l’Etat mais l’exécutif craignait que la mise en place d’un nouveau numéro vert dédié à l’accompagnement spirituel puisse impacter la visibilité du numéro national d’information (le 0 800 130 000).

L’Etat a donc tranché en intégrant dans les services du numéro national la possibilité pour chaque personne d’être redirigée vers une plateforme gérée par le culte de son choix dès lors qu’elle existe. Cela n’empêche pas pour autant chaque religion de communiquer une ligne directe auprès de leurs fidèles tant qu’elle ne se substitue pas au numéro national pour des informations d’ordre générale liées au Covid-19.

« Nous ne savons pas combien de temps la crise va durer mais nous sommes prêts à relever le défi », assure Mohammed Azizi.

La plateforme d’assistance du CFCM est joignable 7j/7 et 24h/24 au 01 45 23 81 39 (ligne directe) et au 0800 130 000 (numéro vert).

Saphirnews

Le Tchad endeuillé par la mort de 98 soldats dans une attaque de Boko Haram

Le Tchad observe à partir de ce mercredi un deuil national de trois jours en la mémoire des 98 soldats tués au cours des affrontements lundi 23 mars avec Boko Haram à Bouma, dans la province du Lac. L’affrontement a été l’un des plus meurtriers pour l’armée tchadienne, selon le président Idriss Déby.

L’unité de l’armée tchadienne a été attaquée par surprise et sur quatre fronts. Les jihadistes, visiblement bien renseignés, n’ont pas laissé de temps de réaction aux soldats tchadiens. Et quand les renforts venus de la localité voisine de Kaïga Kindjiria sont arrivés, ils sont tombés dans une embuscade tendue par les assaillants qui ont eu le temps d’emporter des armes, leurs morts et blessés et surtout de brûler plusieurs véhicules avant de battre en retraite.

Selon le chef de l’État, l’unité en question a été dégarnie avant l’attaque. C’est ce qui explique la faible résistance face au déluge de feu des éléments de Abu Musab al-Barnawi, le leader de l’aile de Boko Haram reconnue par l’organisation État islamique.

Face à la situation, la colonne de l’armée tchadienne, en route pour le Niger pour rejoindre la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger a été détournée sur la zone des combats en attendant le réajustement du dispositif de l’armée tchadienne annoncé mardi par Idriss Déby.

Le président Déby à Bouma

Idriss Déby s’est rendu en hélicoptère à Bouma. C’est la première fois que l’armée tchadienne, reconnue pour ses prouesses dans la région, encaisse une telle défaite. Et Idriss Déby dit prendre la mesure de la situation : « J’ai assisté à beaucoup d’opérations, mais perdre d’un seul coup autant d’hommes, c’est la première fois dans notre Histoire. Je suis écœuré. Nous allons revoir tout notre dispositif pour éviter ce que Bouma a connu ».

De l’avis de plusieurs connaisseurs de l’armée tchadienne, revoir le dispositif doit consister à mettre fin aux injustices que subissent de nombreux soldats. C’est ce dont doit s’occuper le chef de l’État, qui a décidé de rester au Lac pour porter lui-même la réplique à Boko Haram.

 

RFI

Coronavirus : dans le Var, l’évêque dit la messe sur Internet

Alors que les églises sont fermées, le diocèse de Toulon-Fréjus retransmet jusqu’au 25 mars un office catholique par jour sur YouTube attirant entre 10 000 et 18 000 «croyants confinés».

A Toulon (Var), les églises ont beau être fermées, la messe n’est pas finie. L’évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Dominique Rey, a décidé de donner une messe chaque jour dans une église protégée et de la diffuser simultanément sur Internet pour permettre aux fidèles de prier ensemble. C’est la communauté Chant Nouveau qui a mis ses moyens techniques pour capter les célébrations et les retransmettre en direct sur le site du diocèse et sur la plate-forme YouTube. Succès immédiat puisque le premier office a enregistré 18 000 vues !

« De tout temps, en période d’épidémie, l’Église a promu de l’attention et des moyens de prière, de pénitence et d’intercession, explique l’évêque. Jusqu’au 25 mars, nous assurons donc un office tous les jours pour soutenir les malades, ceux qui luttent contre ce fléau et tous ceux qui sont privés d’eucharistie. » Les catholiques ont accueilli avec enthousiasme cette initiative, fiers d’apporter « un petit plus de foi et d’espérance en ces temps difficiles ». Sur YouTube, un « chat » en direct permet aussi aux fidèles de s’exprimer en ligne, comme Isabelle qui a demandé de « prier pour une amie décédée cette nuit en Pologne ».

Quête en ligne

Sur le site du diocèse, une quête en ligne a même été ouverte car « depuis le 15 mars, les quêtes n’ont plus lieu. Or, elles sont essentielles pour la vie de nos paroisses », reconnaît Mgr Rey. La quatrième célébration, en direct de Toulon, a rassemblé 10 000 « croyants confinés », connectés depuis le monde entier. D’autres communautés religieuses envisagent à leur tour de retransmettre à leur tour les offices si la période de 15 jours de confinement est prolongée.

Le Parisien