Depuis Bari, le cri de paix des chrétiens pour le Proche-Orient

Le pape François a réuni, samedi 7 juillet à Bari (sud de l’Italie), les chefs d’Églises chrétiennes du Proche-Orient pour une rencontre œcuménique de prière et de réflexion sur la situation dans la région.

 

Tel un vol de colombes, un appel à la paix pour le Proche-Orient est monté au ciel depuis Bari (sud de l’Italie). La cité de saint Nicolas, si vénéré par l’Orient chrétien, accueillait en effet, samedi 7 juillet, la rencontre œcuménique de réflexion et de prière à laquelle le pape François avait convié les responsables d’Églises du Proche-Orient.

La plupart d’entre eux avaient répondu à l’appel pour ce sommet, inédit jusqu’ici à ce niveau.

Au bord de la mer Adriatique, vers cet Orient déchiré par la guerre, les patriarches ont prié dans toutes leurs langues, de l’arabe au syriaque en passant par l’arménien et l’assyrien, pour que Dieu « inspire des choses bonnes dans les cœurs de ceux qui veulent la guerre et pacifie leurs esprits tourmentés », ainsi que l’a imploré l’orthodoxe Bartholomeos Ier de Constantinople.

Une « région splendide », où se trouvent « les racines mêmes de nos âmes », avait rappelé en introduction le pape François, mais où « s’est condensée (…) une couche épaisse de ténèbres ».

 

Mettant en cause « le silence de tant et la complicité de beaucoup », le pape a dénoncé « l’indifférence qui tue », posant les chefs d’Églises qui l’entouraient en une « voix qui lutte contre l’homicide de l’indifférence », soulignant notamment « le risque que la présence de nos frères et sœurs dans la foi soit effacée ».

Au Proche-Orient, les chrétiens qui représentaient encore 20 % de la population à la veille de la Première Guerre mondiale n’y sont plus que 4 %, rappelle d’ailleurs le Vatican.

« Cela suffit, les oppositions obstinées ! »

Cette question devait être au cœur de la rencontre à huis clos à laquelle tous les chefs d’Église ont ensuite participé dans la nef de la sobre basilique Saint-Nicolas. À la sortie, entouré de tous les patriarches, il a, dans un discours fort, dénoncer sans ambages toutes les responsabilités dans les conflits du Moyen-Orient, n’épargnant personne.

« Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre ! Cela suffit, l’occupation de terres qui lacèrent les peuples ! Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens ! Cela suffit, l’utilisation du Moyen-Orient à des profits étrangers au Moyen-Orient !, a-t-il lancé. Cela suffit, les oppositions obstinées ! Cela suffit, la soif de profit qui ne prend personne en compte, cherchant uniquement à accaparer les gisements de gaz et de combustible, sans égard pour la maison commune et sans scrupule sur le fait que le marché de l’énergie dicte la loi de la cohabitation entre les peuples ! ».

« Il faut que cette guerre s’arrête »

Rappelant aux potentats de la région qu’« il faut que celui qui détient le pouvoir se mette enfin et résolument au vrai service de la paix, et non pas de ses propres intérêts », il a aussi rappelé que, à Jérusalem, « le statu quo exige d’être respecté selon ce qui a été décidé par la Communauté internationale » et la nécessité d’une « solution négociée entre Israéliens et Palestiniens ».

Au cours de la rencontre à huis clos, il devait aussi être question des réfugiés du conflit syrien. « Bien sûr, il faut que cette guerre s’arrête pour que nos malheurs s’arrêtent, explique Mgr Jean-Clément Jeanbart, métropolite melkite d’Alep (Syrie). Mais si je pleure sur ce qui a été détruit, je suis plus préoccupé encore par l’émigration. »

Jeudi, plusieurs patriarches catholiques et orientaux de Syrie et du Liban, se sont d’ailleurs concertés pour appuyer sur ce thème, crucial à leurs yeux, dans les discussions.

« Que les réfugiés reviennent »

« Il faut absolument séparer la question du retour des réfugiés de celle du règlement politique en Syrie », plaide le cardinal Béchara Raï qui a accueilli cette réunion dans son Patriarcat maronite de Bkerké et dont le pays, le Liban, voit les réfugiés (palestiniens et syriens) constituer aujourd’hui plus de la moitié de la population.

« Ces camps de réfugiés sont un terreau pour le fondamentalisme et la violence », met-il en garde.

« Il est important que les réfugiés reviennent que les gens rentrent chez eux », martèle le patriarche syrien-orthodoxe Ignace-Ephrem II, qui plaide pour une aide financière au retour de la part des Occidentaux.

« Nous devons d’abord parler contre la violence »

« Ceux qui ont passé la mer ne reviendront jamais, reconnaît-il. Mais il y a les autres, dans les pays autour de la Syrie. Nous avons besoin d’eux. » « Je leur assure que le retour est sûr », continue le patriarche, qui siège à Damas et qui, tout en reconnaissant que le régime syrien a ses défauts, souligne qu’il est largement préférable à une domination islamiste.

« Mais nous devons d’abord parler contre la violence : si nous semblons appuyer un côté ou un autre dans le conflit, ça ne marchera pas, explique-t-il. Aussi, même si notre message n’est pas politique, il s’agit aussi d’envoyer un message aux responsables politiques. Une parole commune des chrétiens d’Orient et d’Occident a beaucoup de poids. »

 

La Croix

Halal : un accord économique signé entre la Wallonie et le Maroc

C’est une signature qui marque le début d’un échange économique en faveur des producteurs et des consommateurs des produits halal en Europe et en Afrique subsaharienne en passant par le Maroc. Dans le cadre du projet Entre Pairs, le ministre-président wallon Willy Borsus a signé, mardi 26 juin à Rabat, un accord de coopération entre des entreprises wallonnes et marocaines ; un accord portant sur la distribution de produits halal certifiés.

Ce nouveau marché s’adresse à un effectif mesuré en centaines de millions de musulmans consommateurs de produits halal qui demeurent en grande partie non satisfaits par les offres déjà existantes.

Pour Marc Deschamps, directeur du Club halal en Wallonie, évoque même dans la presse belge  le chiffre de « 500 millions de consommateurs potentiels dans la zone euro-Méditerranée » et « un tiers du monde francophone » de confession musulmane.

Le projet Entre Pairs cherchera à répondre aux besoins du marché grâce aux partenariats entre sociétés wallonnes et marocaines comme l’entreprise spécialisée dans la charcuterie halal Koutoubia, leader dans le royaume chérifien, et de la société Food Ardenne de Neufchâteau.

Outre les entreprises productrices, Willy Borsus a également visité, la même journée du 26 juin, la Société nationale des transports et de logistique, le leader de ce domaine au Maroc. Son directeur général, Aziz Alami Gourafti, a expliqué que « le volet logistique est de plus en plus important au Maroc avec le développement des ports de Tanger Med 1 et 2, l’arrivée de Renault et le démarrage de Peugeot. La logistique est un levier de croissance ».

De son côté, Willy Borsus a également mis en avant le potentiel logistique de la Wallonie et a abordé une collaboration prochaine entre l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) et l’aéroport de Liège pour l’envoi d’un cargo de Royal Air Maroc au tarmac de Bierset, dans la province de Liège.

 

Saphirnews

Nigéria : des affrontements intercommunautaires font plus de 200 morts

Le bilan des morts a été revu à la hausse après les affrontements entre éleveurs peuls (musulmans) et agriculteurs berom (chrétiens) qui a frappé l’État de Plateau, au nord du Nigéria, dans le week-end du 23 et 24 juin.

Bien loin des 86 personnes décédées annoncées par la police locale peu après les incidents, le gouvernement de l’État, Simon Lalong, a parlé de « plus de 200 morts » dans un discours adressé au président nigérien mercredi 27 juin.

Tout aurait commencé lorsque des membres présumés de la communauté peule auraient tué des agriculteurs de l’ethnie berom. En représailles, des jeunes de cette ethnie ont érigé des barricades sur la route afin d’interpeller et d’attaquer tous ceux qui leur semblaient peuls ou musulmans, ont relaté des témoins, selon l’AFP.

Le président nigérien Muhammadu Buhari, qui clame haut et fort « des succès notables dans le secteur de la sécurité » alors que le pays est en proie à de nombreux conflits et à de l’insécurité croissante ces dernières années, a fermement nié tout soutien envers la communauté peule.

De son côté, le gouverneur Simon Lalong craint que ces « attaques répétées, qui donnent l’occasion à des éléments criminels engagés dans le vol de bétail, le pillage, le banditisme ou la contrebande d’armes de commettre ces crimes parmi les citoyens », n’affectent de manière aggravante la sécurité. La situation mérite « une réponse digne de celle dont nous usons dans le conflit contre Boko Haram », a t-il ajouté.

 

Saphirnews

Le Conseil fédéral suisse refuse d’interdire la burqa

L’initiative populaire suisse « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » a été rejetée le 27 juin par le Conseil fédéral, afin de laisser les cantons helvétiques libres de décider ou non de l’introduction de telles règles dans l’espace public.

Une initiative populaire « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » avait été déposée le 15 septembre 2017 avec 105 000 signatures valables. Elle visait à interdire de se dissimuler le visage dans l’espace public en Suisse, tout en prévoyant quelques exceptions pour des raisons de santé, de sécurité, de climat ou de coutumes locales.

En Suisse, l’initiative populaire est un droit qui permet à un nombre donné de citoyens de proposer qu’un texte soit soumis en votation populaire. Ce droit existe aux niveaux fédéral (pour proposer une modification de la Constitution), cantonal et communal (pour proposer la modification d’une loi existante ou la création d’une nouvelle loi).

Un refus pour préserver la compétence des cantons

Le 27 juin, le Conseil fédéral s’est opposé cette initiative populaire, considérant que les 23 cantons helvétiques sont seuls compétents pour gérer l’espace public. Ils doivent donc rester libres de décider s’ils veulent ou non interdire le voile intégral. Ainsi, le canton du Tessin (de langue italienne) a introduit une telle interdiction en 2013, tandis que les cantons de Zurich et de Soleure (germanophones) s’y sont refusés.

Cependant, le Conseil fédéral, conscient des problèmes que peut poser la dissimulation du visage, propose un contre-projet indirect avec « obligation de se montrer à visage découvert devant certaines autorités » (lorsqu’une identification visuelle est nécessaire) et « peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison » pour toute personne qui voudrait contraindre une femme à porter le voile intégral et à dissimuler son visage.

Bannissement de la burqa

 

D’ailleurs, depuis septembre 2016, la burqa est déjà interdite en Suisse. La décision avait été approuvée de justesse, à un vote près, au Conseil national, l’équivalent de l’Assemblée nationale française.

L’interdiction de la burqa est un sujet au cœur de l’opinion publique helvète. Selon un sondage publié en août 2016 par le journal Le Matin Dimanche, 71 % des Suisses étaient favorables à son interdiction.

Au Tessin, depuis juillet 2013, toute violation de la loi cantonale entraîne une amende de 100 francs suisses (90 €) minimum. Mais jusqu’ici, seules quelques amendes pour port de la burqa ont été prononcées dans ce canton, où une vaste campagne d’information a été lancée à l’adresse des touristes du Moyen-Orient, qui prisent particulièrement la Suisse comme destination de voyage.

 

La Croix

Israël veut une ligne de train reliant le port de Haïfa à l’Arabie saoudite

Le ministre des Transports indique qu’il a commencé à consulter les dirigeants des pays concernés au sujet du projet qui faciliterait l’accès du Golfe à l’Europe

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Transports Israël Katz ont convenu cette semaine de commencer à promouvoir leur initiative « Tracks for Regional Peace » [Des rails pour la paix régionale] qui créera une route commerciale reliant l’Europe avec le Golfe Persique et Israël, a rapporté la chaîne Hadashot samedi soir.

« Tracks for Regional Peace » prévoit l’extension des voies ferrées dans le nord d’Israël, qui relierait le port de Haïfa au réseau ferroviaire jordanien qui, à son tour, sera relié à celui de l’Arabie saoudite et d’autres États arabes sunnites.

Le projet prévoit la création d’un réseau de transport régional destiné à améliorer les relations commerciales et à promouvoir la coexistence pacifique.

Présentée sous la forme d’une vidéo de relations publiques réalisée par les services de Netanyahu et Katz, ce projet prévoit l’extension vers l’est de la ligne ferroviaire Haifa-Beit Shean jusqu’à la frontière jordanienne, ainsi qu’un arrêt à Jénine, associant ainsi les Palestiniens au projet dans son ensemble.

Les marchandises seraient expédiées d’Europe jusqu’à Haïfa, ce qui leur permettrait de contourner la Syrie déchirée par la guerre civile.

« Il y a deux éléments centraux au cœur de cette initiative », a expliqué M. Katz lors de la discussion sur le projet en avril dernier.

« Israël comme pont terrestre entre l’Europe et la Méditerranée et la Jordanie ; et la Jordanie comme plaque tournante régionale de transport, qui sera reliée à un réseau ferroviaire vers Israël et la Méditerranée à l’ouest ; vers l’Arabie saoudite, les États du Golfe et l’Irak à l’est et au sud-est ; et vers la mer Rouge, à travers Aqaba et Eilat, au sud ».

« Au-delà de sa contribution à l’économie israélienne, jordanienne et palestinienne, l’initiative reliera Israël économiquement et politiquement à la région et consolidera concrètement la situation dans la région », a-t-il affirmé.

L’infrastructure de transport existante en Israël, en Arabie saoudite et dans le Golfe permettra l’application de l’initiative dans un laps de temps relativement court, selon la vidéo de relations publiques.

Cette initiative offrirait également des routes commerciales plus courtes, moins chères et plus sûres compte tenu de l’instabilité régionale qui menace la circulation à travers le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique et le détroit de Bab al-Mandab à l’extrémité sud de la mer Rouge.

Lors d’une réunion cette semaine, Katz et Netanyahu sont parvenus à un accord sur les détails du projet, ce dernier donnant instruction à son bureau de commencer à faire avancer le plan en consultation avec les États-Unis, l’Union européenne et divers pays du Moyen-Orient et d’Asie.

Israël s’attend à ce que les États-Unis jouent un rôle important en apportant un soutien politique au programme.

En réponse à une question du Times of Israel à Greenblatt sur ce sujet en avril, un fonctionnaire de la Maison Blanche a déclaré que la proposition était « intéressante », mais que les États-Unis n’avaient pas encore de position claire à ce sujet.

Bien que Katz ait déclaré s’être entretenu avec les dirigeants des pays concernés au sujet de l’initiative, rien n’indique que ces derniers aient accepté.

Le ministre des Transports, qui s’oppose à la création d’un état palestinien, a soutenu que le fait de relier les Israéliens et les Palestiniens au monde arabe sunnite augmenterait considérablement les échanges commerciaux et jetterait les bases d’une future paix régionale.

 

The Times of Israël

La Chine incarcère les Ouïgours en masse

Au Xinjiang, des centaines de milliers de musulmans ont été enfermés dans des camps de rééducation. Ils y sont endoctrinés, sans savoir quand ils pourront en sortir. Les récalcitrants sont torturés

 

La mère de Murat Harri Uyghur n’avait jamais oublié son anniversaire. Lorsqu’elle ne l’a pas appelé pour ses 32 ans, en avril 2017, ce médecin ouïgour vivant en Finlande a tout de suite su que quelque chose clochait. «Son portable était éteint, relate-t-il. Quand j’ai contacté mon père, il semblait effrayé et m’a dit que ma mère était partie étudier le chinois dans une école.» Il est interloqué: sa mère parle parfaitement le mandarin. Il finit par apprendre qu’elle a été internée dans un camp de rééducation.

En janvier 2018, son père disparaît à son tour. Puis un cousin, qui vient de rentrer de Turquie. «Il est mort dans le camp, dit Murat Harri Uyghur. Lorsque ses parents ont récupéré son cadavre, il était enveloppé dans un linceul. Ils ont dû l’enterrer le jour même, sans avoir pu pratiquer d’autopsie.» Personne ne sait comment il est décédé. «Il avait 23 ans et était en bonne santé», relève le jeune homme. Il craint le pire pour ses parents. «Je n’ai aucune nouvelle, soupire-t-il. Mon père a du diabète et ma mère s’est fait opérer d’une tumeur juste avant son incarcération.»

Installations secrètes

La famille de Murat Harri Uyghur a été prise dans un système d’incarcération de masse mis en place par la Chine au Xinjiang, une province à majorité musulmane, à partir du printemps 2017. Entre 200 000 et 1 million de personnes sont internées dans des camps de rééducation dans cette région de 21 millions d’habitants, a calculé l’Allemand Adrian Zenz, le chercheur qui a effectué l’étude la plus poussée sur ces internements. Certaines de ces installations – dont le gouvernement nie l’existence – abritent jusqu’à 6000 prisonniers.

«Ce qui se passe au Xinjiang est sans précédent, note le chercheur. Il y a davantage de gens incarcérés que durant l’ère des camps de travail, abolis en 2013. Leur détention se déroule entièrement en marge du système légal.» Ils n’ont pas accès à un avocat, ne sont pas formellement condamnés et ne savent pas quand ils seront libérés. «La dernière fois que la Chine s’est lancée dans une campagne de rééducation de cette ampleur, c’était durant la Révolution culturelle, il y a 50 ans», souligne-t-il.

Tous les hommes visés

Les quartiers ouïgours d’Ürümqi, la capitale de la province, sont désormais désertés. «Presque tous les hommes âgés de 15 à 55 ans ont été incarcérés», dit Darren Byler, un anthropologue expert du Xinjiang. Tout peut devenir prétexte à une arrestation. «Le fait de fréquenter une mosquée, de porter une barbe ou le voile, de voyager, d’avoir de la famille à l’étranger et même de télécharger de l’art ouïgour sur son téléphone», détaille Tayir Imin, un intellectuel ouïgour qui a récemment fui aux Etats-Unis.

Les artistes, les hommes d’affaires et les célébrités sont également ciblés. Le footballeur Erfan Hezim et le chanteur Ablajan Ayup, surnommé le Justin Bieber ouïgour, sont dans un camp. Murat Harri Uyghur ne sait absolument pas pourquoi ses parents, des fonctionnaires à la retraite, ont été arrêtés. «Ils n’étaient pas religieux, dit-il. Mon père buvait de l’alcool et ne priait jamais. Leur seul crime est d’être éduqués et d’avoir un peu voyagé.»

Discipline militaire

Dans les camps, les prisonniers sont soumis à une discipline militaire. «Ils doivent se lever tous les jours à l’aube, assister à la levée du drapeau et chanter l’hymne national», raconte Darren Byler. Ils passent ensuite 14 heures par jour en classe à étudier des textes de loi et les discours du président Xi Jinping, à répéter des slogans comme «Le parti nous a sauvés» ou «Nous sommes Chinois et pas musulmans» et à entonner des chants révolutionnaires. «On les force aussi à effectuer des séances d’autocritique et à dénoncer les écarts commis par les autres détenus», note Adrian Zenz.

 

Les plus zélés se voient octroyer des points leur permettant d’améliorer leurs conditions de détention. Ceux qui ne se plient pas aux ordres sont battus, privés de nourriture ou placés en détention solitaire. «On nous a rapporté des cas d’usage de chaises du tigre [des sièges métalliques qui permettent d’immobiliser les mains et les pieds d’un détenu, ndlr], de privation de sommeil et de menottage dans des positions de stress», indique William Nee, d’Amnesty International. Des rumeurs font état de violences sexuelles. Certains détenus auraient tenté de se suicider.

Ces camps sont la conséquence directe de la poigne de plus en plus ferme de Xi Jinping. «Il veut obtenir l’assimilation complète de toutes les minorités religieuses et ethniques», souligne William Nee. Il veut aussi éviter une répétition des attentats terroristes qui ont secoué le Xinjiang dans le passé. «Cette province se trouve au cœur de la nouvelle voie commerciale qu’il cherche à ouvrir entre la Chine et l’Europe dans le cadre de l’initiative des nouvelles Routes de la soie», précise-t-il.

 

Le Temps

L’Église orthodoxe russe projette d’ériger sa propre paroisse à Monaco

Un projet de nouvelle paroisse russe ravive, à Monaco, la vieille compétition entre les Églises orthodoxes russe et grecque.

Pour des raisons historiques liées à l’immigration, la France est le terrain privilégié d’une lutte d’influence entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople.

Cela ressemble, à l’échelle du petit rocher de Monaco, à une répétition de ce qui se joue dans la sphère orthodoxe en France et à l’international. Alors que dans la cité monégasque, l’Église catholique met depuis des décennies un lieu de culte à la disposition de l’ensemble des communautés orthodoxes (russe, grecque, roumaine, bulgare, levantine…), l’Église orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou a l’intention d’ériger sur place sa propre paroisse.

Annoncé en avril dans la presse locale, le projet est porté par un orthodoxe russe d’ascendance américano-hongroise, Alexander Hagerty qui, au vu des « quelques milliers d’orthodoxes qui doivent aller à Nice ou à Menton pour les célébrations religieuses », a décidé de lancer ce projet. « Il y a une vraie demande pour avoir des offices plusieurs fois par semaine », soutient l’homme d’affaires qui réside entre Monaco et Moscou.

Couvée depuis Paris par Mgr Nestor Sirotenko, évêque de Chersonèse, en charge des communautés du Patriarcat de Moscou en France, la future paroisse sera consacrée aux « Saints Martyrs » de la famille impériale russe, dont le culte connaît un important essor en Russie, cent ans après le massacre de la famille Romanov à Ekaterinbourg.

Levée de fonds au cours d’un gala

Le 15 juin, un gala doit avoir lieu dans un hôtel de luxe à Monaco, où 300 convives russes ont été invités par Pierre de Fermor, président des Amis de la cathédrale russe de Nice. Le but : récolter des fonds pour « soutenir » la nouvelle paroisse, avec à la clé un éventuel projet de construction d’église. En attendant, les Russes orthodoxes de Monaco ont élu domicile dans un bâtiment prêté par l’Église réformée où officie un prêtre russe venu tout exprès de Londres, le père Vadim. Selon Mgr Nestor, près de 150 fidèles russes y auraient célébré Pâques en avril.

De leur côté, les orthodoxes grecs du Patriarcat de Constantinople voient d’un mauvais œil cette initiative. « S’il y avait vraiment des milliers de Russes orthodoxes à Monaco, il y aurait plus de monde à la messe, observe Mgr Emmanuel, président de l’assemblée des évêques orthodoxes de France. On sait bien qu’il y a, derrière cette démarche, une volonté russe d’avoir des lieux de culte visibles dans les endroits les plus prestigieux. Il s’agit d’une logique purement nationaliste qui divise les orthodoxes, alors que nous avons la chance d’avoir à notre disposition un lieu de culte commun prêté par l’Église catholique. »

La récupération de la cathédrale orthodoxe de Nice par le Patriarcat de Moscou, à l’issue d’un long bras de fer devant les tribunaux français, est emblématique de la compétition à laquelle se livrent, en France, les deux sièges patriarcaux. Tout comme, à Paris, la récente construction d’une cathédrale et d’un centre culturel payés rubis sur l’ongle par l’État russe – 150 millions d’euros – au pied de la Tour Eiffel… et à quelques centaines de mètres de la cathédrale orthodoxe de la rue Daru, rattachée au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

« Une situation de quasi-monopole russe »

Terre d’asile pour de nombreux « Russes blancs » après la révolution bolchevique, l’Hexagone compte aussi de nombreuses communautés russophones d’immigration récentes. Depuis la fin du communisme, Moscou cherche à reprendre la main sur ces communautés, tout en disputant à Constantinople son leadership symbolique sur l’orthodoxie. Dans cette compétition, Nice, la côte d’Azur et le rocher monégasque représentent une concentration de richesse et d’influence hors pair.

« On retrouve le problème bien connu depuis le XIXe siècle de la disproportion des moyens entre Moscou et les autres Églises orthodoxes, souligne un connaisseur de l’orthodoxie en France. Quelle que soit la nature de leurs intentions, les Russes créent, de fait, une situation de quasi-monopole : quand leur lieu de culte sera édifié à Monaco, il aura tendance à attirer à lui l’ensemble des orthodoxes. Il n’est pas surprenant que les Grecs le prennent mal. »

 

La Croix

Orange : condamné pour proxénétisme, l’ex-responsable d’une mosquée arrêté

C’est la fin d’une cavale de quatre ans pour Abdeslam Bahiad, l’ancien gestionnaire de la mosquée Lumière de Dieu, à Orange (Vaucluse).

Après un mandat d’arrêt européen et international auxquels il a pu se soustraire depuis 2014 en ayant pris la fuite au Maroc, il a été cueilli à sa résidence familiale à Orange, à l’aube du jeudi 14 juin.

Présenté devant le parquet de Carpentras dans l’après-midi du 15 juin, il a tout de suite été conduit à la maison d’arrêt du Pontet, en application de la peine d’emprisonnement de six ans dont il a écopé en 2014. Les chefs d’inculpation pour lesquels il a été condamné : proxénétisme aggravé, blanchiment et immigration clandestine.

Revenu en France pour se faire opérer

Tout a commencé en 2007 quand une jeune fille originaire du Maroc a témoigné sur des faits de proxénétisme contre cet ancien responsable de la mosquée d’Orange. Des voyages en France étaient alors organisés pour que des jeunes filles marocaines viennent se prostituer dans les appartements de la famille Bahiad en faisant des passes avec les clients du bar Le France, qui appartient aussi à la famille.

Au bout de deux ans d’enquête, Abdeslam et ses trois fils ont été interpellés et mis en examen pour proxénétisme aggravé, blanchiment et immigration clandestine, mais tous ont bénéficié d’une libération provisoire et d’un placement sous contrôle judiciaire.

Lors du procès de 2014, des peines d’emprisonnement ont été prononcées, mais Abdeslam Bahiad a profité d’un malaise pour prendre la poudre d’escampette alors que ses trois fils, condamnés à trois et deux ans de prison, ont déjà purgé leurs peines.

Profitant de ces derniers moments de liberté, l’ancien dirigeant de l’association Lumière de Dieu en a profité pour se cacher au Maroc. Toutefois, cet homme de 63 ans aujourd’hui, souffrant de thrombose, a dû revenir clandestinement en France pour se faire opérer.

Il a cependant pu être arrêté jeudi 14 juin. Bien qu’il se soit caché dans les toilettes pour tenter d’échapper à la police, il n’a pas vraiment opposé de résistance, rapporte La Provence. Après sa présentation devant le parquet, il a été conduit à la prison de Pontet pour purger sa peine.

Saphirnews

Approbation d’un texte pénalisant le fait de filmer les soldats israéliens

Les ministres du cabinet ont autorisé dimanche un projet de loi qui criminaliserait les séquences filmées de certaines activités militaires israéliennes et notamment les affrontements entre les soldats et les Palestiniens.

La commission des Lois, qui établit le positionnement de la coalition sur les projets de loi de la Knesset, a voté en faveur de cette proposition malgré l’opposition du procureur général Avichai Mandelblit, qui a indiqué qu’il ne serait pas en mesure de défendre le texte.

Cette législation controversée, parrainée par le parti Yisrael Beytenu avec le soutien du ministre de la Défense Avigdor Liberman, ferait risquer une peine maximale de cinq ans de prison à toute personne attrapée en train de filmer ou de publier des images des activités militaires dans le but de nuire « au moral des soldats ».

Des circonstances plus graves, comme la publication de telles images avec l’intention « d’attenter à la sécurité de l’état », exposeraient à une condamnation pouvant aller jusqu’à 10 ans d’incarcération.

La commission, considérée comme un baromètre essentiel pour évaluer la réussite du texte devant la Knesset, l’a envoyé dans la première étape du processus législatif avec un vote préliminaire prévu mercredi.

Avant le débat de dimanche, néanmoins, des membres de la commission s’étaient entendus dire que la législation pourrait avoir des défis à relever – même une fois adoptée.

Une lettre envoyée aux ministres par Mandelblit a statué que le texte « présente de graves problèmes légaux » et qu’il ne sera probablement pas maintenu par la Cour suprême. Le procureur général a estimé que s’il avançait sous sa forme actuelle, il ne pourrait pas la défendre d’une plainte à la cour affirmant qu’elle serait contradictoire avec les lois fondamentales.

Suite au vote de la commission, une source proche de la coalition a expliqué au Times of Israel que si les législateurs voteront la version actuelle du projet de loi mercredi, des changements seront toutefois institués au cours des délibérations de la Knesset de manière à ce qu’il puisse recevoir le sceau d’approbation du ministère de la Justice.

Cette mesure avait été pour la toute première fois dévoilée le 12 avril, deux jours après que l’armée israélienne a critiqué un soldat qui s’était filmé en train d’encourager un sniper qui était en train de tirer sur un Gazaoui au cours d’un affrontement frontalier.

Cette vidéo avait entraîné une vague de condamnations dans tout le spectre politique, ainsi que certaines justifications et un soutien apporté aux soldats qui y apparaissaient, notamment de la part de Liberman.

Plusieurs incidents survenus ces dernières années dans lesquels les militaires avaient été filmés faisant usage d’une force excessive ou abusant de leur autorité sont devenus un cauchemar pour Israël en termes de relations publiques alors que les ONG affirment que ces images sont vitales pour faire assumer leurs responsabilités aux soldats.

Parmi ces cas, le meurtre, en 2016, d’un attaquant palestinien désarmé et blessé par le soldat Elor Azaria, qui a été reconnu coupable d’homicide involontaire et emprisonné, et un incident, en 2012, durant lequel un militaire avait frappé avec son arme un militant danois au visage.

L’ONG BTselem, qui publie régulièrement des vidéos des mauvais comportements présumés des soldats – et notamment celle qui avait impliqué Elor Azaria – a qualifié le texte « d’inepte ».

« Si le gouvernement est embarrassé par l’occupation, il doit travailler à y mettre un terme. Dans tous les cas, des vidéos de la vie sous l’occupation vont continuer. C’est un fait de la vie qu’aucune proposition inepte de projet de loi ne saura changer », a dit le groupe dans un communiqué.

Daniel Sokatch, directeur-général du groupe pacifique du New Israel Fund, a également fustigé la mesure proposée.

« En Israël comme ailleurs dans le monde, les images de la police et des activités militaires sont devenues un outil important pour les groupes de défense des droits de l’Homme et les médias. Elles font partie de la manière dont les citoyens peuvent tirer la sonnette d’alarme sur d’éventuels actes répréhensibles auprès des autorités », a-t-il dit dans un communiqué.

« Nous avons constaté cela depuis Abu Ghraib jusqu’à l’affaire de Philando Castile. Les tyrans restreignent les droits de filmer ce qui arrive autour d’eux. Ce n’est pas le cas des démocraties ».

 

The times of Israël

Le père Marc Lambret passera les parlementaires à confesse

Le père Marc Lambret deviendra en septembre le nouvel aumônier des parlementaires.

Le saviez-vous ? Il y a en France un aumônier des parlementaires. Son titre : directeur du Service pastoral d’études politiques. Fonction créée par le cardinal Lustiger qui y avait placé Mgr de Vial, lequel sillonnait le quartier avec son basset artésien. Le père Marc Lambret, jusque-là à la tête de la plus grosse paroisse de Paris, Saint-Pierre-de-Montrouge, sera le 1er septembre le cinquième à occuper ce poste qu’il cumulera avec celui de recteur de la basilique Sainte-Clotilde.

Ingénieur en mathématiques appliquées, docteur en anthropologie, auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale, le nouveau curé, ordonné à 33 ans, dont le salaire est comme celui de tous les prêtres de quelque 1 000 euros par mois, logé, pas nourri, sera sur de multiples fronts. Au-delà de la messe de rentrée présidée par l’archevêque de Paris et d’un office le mercredi, il organisera des déjeuners débats, des soirées de réflexion sur les questions d’éthique et d’actualité.

L’ambition de ce prélat au costume sombre avec une petite croix au revers de sa veste, plus charismatique que médiatique ? « Avoir une influence spirituelle sur le monde politique et qu’ils trouvent le service d’un prêtre pour s’entretenir avec lui en privé. » Au programme : des rencontres pastorales pour celui qui, à 67 ans, aussi peu culpabilisateur qu’anti-conventionnel, veut d’abord les écouter.

 

Paris Match