Tsahal se vante d’avoir mené à Gaza la première guerre dont l’IA était «un élément-clé»

Dans une communication du corps de renseignement, Tsahal a présenté de nouvelles méthodes sur lesquelles elle s’est appuyée pour mener ses frappes aériennes, estimant que l’utilisation de l’IA avait permis de «raccourcir la durée des combats».

 

  Au-delà des enjeux territoriaux sur lesquels il repose, le conflit israélo-palestinien sert également à la communication de l’industrie de l’armement d’un pays qui, sur la période 2016-2020, figurait comme le huitième plus gros exportateur d’armes au monde.  L’offensive de Tsahal est aujourd’hui qualifiée par certains de ses hauts responsables comme «unique en son genre» et l’armée israélienne vante ses capacités en matière d’intelligence artificielle (IA) ou encore d’observation satellitaire. «Pour la première fois, l’intelligence artificielle était un élément-clé et un multiplicateur de puissance dans la lutte contre l’ennemi», a ainsi déclaré un officier supérieur du corps de renseignement de Tsahal, cité le 27 mai par le Jerusalem Post.

«Le programme « alchimiste » a recouru à l’intelligence artificielle, et plus précisément à l’apprentissage automatique pour alerter les troupes sur le terrain d’éventuelles attaques [de l’ennemi]», apprend-on encore dans l’article en question, qui évoque «un système utilisé par chaque commandant d’unité sur le terrain [via] une tablette ergonomique». «Alchimiste», «Evangile», «Gospel» ou encore «Profondeur de la sagesse» : autant de logiciels et d’algorithmes dont la récente utilisation par l’armée israélienne sur le terrain pourrait aujourd’hui favoriser l’industrie du pays qui commercialise déjà à l’international des drones avancés, des systèmes de défense antimissile et d’autres produits avec des labels tels que «testé au combat».

Si Tsahal assure que l’utilisation de l’IA «a permis de raccourcir la durée des combats, car elle a été efficace et rapide dans le repérage des cibles grâce à une super-cognition», il n’est pas inutile de rappeler que les frappes israéliennes sur Gaza – justifiées par Benjamin Netanyahou face aux centaines de roquettes palestiniennes qui, tirées dans le même temps en direction de l’Etat hébreu, ont tué 12 Israéliens dont un enfant – ont tué plus de 250 personnes dont 66 enfants.  Ainsi que l’avait déjà rapporté par le passé le quotidien Haaretz, les offensives militaires de Tsahal sur Gaza constituent une «vache à lait» pour les fabricants d’armes israéliens qui «s’attendent à ce que leurs produits testés au combat leur gagnent de nouveaux clients».

Fait notable, selon l’organisme britannique de campagne contre le commerce des armes (CAAT), un domaine des ventes d’armes israéliennes qui a augmenté ces dernières années est celui des technologies de surveillance. L’organisme fournit en outre un lien vers une carte interactive représentant les ventes d’armes de l’Etat hébreu à travers le monde.

RT France

France : le voile de la discorde

Icône, Emblématique, Islam, IslamiqueLa présence sur le sol français de millions de musulmans de plus en plus visibles, avec le voile en particulier, soulève la question des capacités d’acceptation et d’intégration des sociétés d’accueil. Alors qu’il ne suscite aucune controverse lorsqu’il est porté dans l’espace privé ( famille, mosquée), le voile reste globalement assez mal perçu dans l’espace public.Situation inédite, ces dix dernières années, le voile est devenu un phénomène transgénérationnel et soulève la question épineuse de la place de la femme dans la société française.

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Fatima Achouri

Belgique : une femme voilée fait condamner la STIB pour double discrimination, une première

     Une première en Belgique. La justice bruxelloise a reconnu un cas de double discrimination à l’encontre d’une femme musulmane portant le voile. Lundi 3 mai, le tribunal du travail de Bruxelles a condamné la Société des transports intercommunaux de Bruxelles ( STIB) pour des discriminations fondées sur les convictions religieuses et le genre. Soutenue par la Ligue des droits humains (LDH ) et le syndicat Unia, la plaignante à l’origine de cette reconnaissance a ainsi obtenu gain de cause, a-t-on appris mercredi 5 mai. La STIB est condamnée à verser à la victime un montant de 50 920 euros à titre de dédommagement pour ces deux refus d’embauche.

Cette femme de confession musulmane a postulé auprès de la STIB en décembre 2015 et en janvier 2016 via des agences d’intérim. Par deux fois, ces intermédiaires lui on fait savoir que la société de transports appliquait au sein de son entreprise une politique de neutralité qui ne permet le port d’aucun signe convictionnels, et qu’elle devait s’y conformer en retirant son voile. La candidate s’est présentée à un entretien arborant un léger turban mais la question du voile est tout de même abordée par les services de recrutement, qui rappellent à la postulante l’interdiction de porter un signe convictionnel au sein de la STIB, en vertu d’une politique « de neutralité exclusive ».

Devant cette impasse et ce, malgré « des tentatives de conciliation infructueuse » souligne la LDH, l’Unia, un service public belge indépendant de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances, a intenté la première, en avril 2019, une action en cessation devant le tribunal du travail de Bruxelles, avant que la LDH ne se joigne à l’Unia pour faire reconnaitre de son côté la discrimination de genre dont la candidate a également été victime.

 

Une première qui « ouvre potentiellement la voie à une reconnaissance juridique des discriminations intersectionnelles »

La STIB n’ayant pas été en mesure de prouver que le refus d’embauche n’était pas discriminatoire, la justice s’est donc rangée du côté de la plaignante en reconnaissant une discrimination directe sur la base de sa religion. Constatant par ailleurs que le règlement de la STIB, se voulant neutre, « pèse en réalité de manière disproportionnée sur les femmes », elle a également admis l’existence d’une discrimination indirecte sur la base du genre.

« S’agissant du plus gros employeur de la Région bruxelloise, le tribunal relève que « la politique de l’emploi de la STIB est visiblement genrée » dès lors que le problème de parité y est criant. En 2015, les femmes ne constituaient que 9 % du personnel de la STIB, chiffre qui monte à 22 % si on ne considère que les fonctions employées mais qui chute à 7,8 % dans les fonctions de conduite des véhicules. Par ailleurs, le tribunal relève que la STIB emploie de nombreux hommes de confession musulmane qui sont autorisés à porter la barbe. La discrimination indirecte basée sur le genre devient alors apparente, discrimination que la STIB n’a pas pu justifier de manière objective et raisonnable », précise précise la LDH dans un communiqué.

A l’aune de ces constats, la justice bruxelloise a ordonné à la STIB de mettre fin à sa politique de « neutralité exclusive ». Une décision qui « constitue une première en Belgique » mais aussi « un signal important pour les femmes qui souhaitent travailler en Région bruxelloise tout en portant le foulard ». Une telle décision judiciaire « ouvre potentiellement la voie à une reconnaissance juridique des discriminations intersectionnelles ».

L’Unia a, pour sa part, salué une décision soulignant « une politique de neutralité incohérente qui nuit à la diversité ». L’ordonnance impose ainsi à la STIB de « cesser de fonder sa politique de recrutement du personnel sur un principe de neutralité exclusive interdisant à l’ensemble de son personnel le port de tout signe convictionnel (religieux, politique, philosophique) ».

En France, le licenciement d’une salariée par Camaïeu pour port du voile a été récemment jugé discriminatoire par la Cour de cassation.

Saphirnews

Affrontements israélo-palestiniens : le bilan atteint 28 morts à Gaza, deux décès côté israélien

Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent, ce mardi 11 mai, leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas a fait état de 28 morts, dont dix enfants, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé de l’enclave palestinienne, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès. Côté israélien, deux femmes ont été tuées

Israël, Palestine, Mur, LamentationsC’est la pire escalade depuis des années dans la région. Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent ce mardi leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave palestinienne, a fait état de 28 morts, dont dix enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

« Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza », a prévenu mardi matin le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus, rapportant, lui, la mort de 15 membres du Hamas et du Djihad islamique. L’armée israélienne a frappé 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a-t-il précisé.

« Les Palestiniens finiront par gagner », affirme le Hamas

Les salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien constituent « une agression grave à l’encontre d’Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer », a-t-il affirmé. Le ministre de la Défense Benny Gantz a de son côté approuvé une demande de l’armée de mobiliser 5 000 réservistes, mais il n’était pas clair dans l’immédiat quand cette décision serait appliquée. Ces frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019.

Selon un dernier bilan de l’armée, 300 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël depuis lundi, dont plus de 90 % ont été interceptées par le bouclier antimissile « Dôme de fer ». De nombreuses autres roquettes sont tombées à l’intérieur de la bande de Gaza. Mardi matin, des sirènes d’alarme continuent de retentir dans les localités israéliennes jouxtant Gaza. Les secouristes israéliens ont fait état de deux morts à Ashkelon. Deux femmes. L’une était âgée de 65 ans, l’autre de 40 ans. Une trentaine de blessées, pour la plupart dans cette ville située tout près de l’enclave, avaient auparavant été recensés.

« Depuis hier (lundi), l’armée a mené des centaines d’attaques contre le Hamas et le Djihad islamique à Gaza […] Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques », a déclaré dans la foulée ce mardi après-midi Benjamin Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services, ajoutant que le Hamas « allait se prendre une raclée à laquelle il ne s’attend pas ». Plus tôt, la branche armée du Hamas a promis de faire d’Ashkelon un « enfer » si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza. « Les Palestiniens finiront par gagner », a affirmé le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

« Israël réagira avec force », dit Netanyahu

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l’État hébreu d’une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi. Fait rare, les sirènes d’alarme des autorités israéliennes ont retenti lundi à Jérusalem même.

Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de kilomètres de la Ville sainte. « Israël réagira avec force […], celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d’Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps », avait déjà prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu’une « ligne rouge » avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Les raids israéliens sont « irresponsables, motivés par une volonté de revanche et des calculs politiques », avait de son côté fustigé le chef de la Ligue arabe, Ahmed Abul Gheit, dénonçant une « démonstration de force au prix du sang d’enfants ».

Violences à Jérusalem-Est

Enclave paupérisée de deux millions d’habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Les échanges de tirs interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international. Mardi matin, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse(AFP).

La veille, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne, notamment sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme. Un Arabe israélien a en outre succombé à ses blessures par balle, mardi, en marge d’accrochages dans la ville de Lod (centre), a indiqué la police locale sans donner plus de détails.

Amnesty International a fustigé un usage « abusif » de la force par la police israélienne pour disperser « des manifestants palestiniens en grande partie pacifiques » lors de ces accrochages, les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est. Mardi après-midi, Paris a appelé Israël à un « usage proportionné de la force ».

Des familles palestiniennes menacées d’expulsion

L’une des sources de tension des dernières semaines est le sort de familles palestiniennes menacées d’expulsion au profit de colons juifs à Jérusalem-Est. La justice israélienne a annoncé dimanche le report d’une audience clé, qui était prévue lundi, consacrée au sort de ces familles. La situation a suscité de nombreuses réactions à l’étranger, de l’appel de Washington à la « désescalade » à la condamnation d’Israël par des pays arabes.

Des sources diplomatiques ont affirmé lundi que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Égypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées » afin d’obtenir une désescalade. Mardi, l’ONU s’est dite « profondément inquiète » de l’escalade.

 

Ouest France

Afghanistan : au moins 50 morts dans des explosions devant une école à Kaboul

Cette attaque intervient alors que les Etats-Unis et l’Europe ont appelé, vendredi, à une reprise des négociations dans le pays et ont accusé les talibans de faire régner la violence.

Afghanistan, Ville, Personnes, MarchandsLes attentats à la bombe perpétrés, samedi, devant une école pour filles de Kaboul ont fait au moins cinquante morts et une centaine de blessés, dont beaucoup d’étudiantes, a annoncé le ministère de l’intérieur afghan, dimanche 9 mai. Cette attaque intervient au moment où le ramadan touche à sa fin et alors que les forces étrangères accélèrent leur retrait, laissant derrière elles un pays déchiré par vingt années de guerre.

Le porte-parole du ministère, Tariq Arian, a précisé à la presse qu’une voiture piégée avait explosé, samedi, devant l’école Sayed Al-Shuhada, et que deux autres bombes ont explosé au moment où les élèves, paniqués, se précipitaient dehors.

Les explosions se sont produites dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de la capitale afghane, au moment où les habitants faisaient leurs courses de l’Aïd-el-Fitr, une fête du calendrier islamique qui, la semaine prochaine, marquera la fin du mois de jeûne du ramadan. Ce quartier est peuplé majoritairement par des chiites hazara, souvent pris pour cibles par des militants islamistes sunnites.

« J’ai vu des corps ensanglantés dans une nuée de fumée et de poussière, alors que certains des blessés criaient et souffraient, a déclaré à l’Agence France-Presse Reza, qui a échappé aux explosions. J’ai vu une femme chercher entre les corps en appelant sa fille. A ce moment-là, elle a trouvé un sac de sa fille ensanglanté et elle s’est effondrée. » Reza a ajouté que la plupart des victimes étaient des adolescentes qui venaient de quitter leur école.

Les talibans nient leur implication

La mission de l’Union européenne (UE) en Afghanistan a fustigé cet « attentat ». « S’en prendre à des élèves de primaire dans une école pour filles fait de cet attentat une attaque contre l’avenir de l’Afghanistan. Contre des jeunes gens déterminés à améliorer le sort de leur pays », a déclaré la mission de l’UE sur Twitter. La mission d’assistance des Etats-Unis en Afghanistan a exprimé son « profond dégoût » après l’explosion.

Une enquête pour « attaque terroriste » a été ouverte, a déclaré le porte-parole adjoint du ministère de l’intérieur, Hamid Roshan. « Les gens sur place sont furieux ; ils s’en sont pris aux ambulanciers », a déploré de son côté le porte-parole du ministère de la santé, Ghulam Dastagir Nazari.

L’attentat n’a pas été revendiqué, à ce stade, et les talibans ont nié toute implication. Mais le président afghan, Ashraf Ghani, les a accusés d’en être responsables. « Les talibans sont derrière ces attentats. Ils ont déjà mené des attaques similaires contre des établissements scolaires par le passé », a déclaré M. Arian.

Retrait américain

En mai 2020, un groupe d’hommes armés avait attaqué en plein jour une maternité soutenue par Médecins sans frontières (MSF), tuant vingt-cinq personnes, dont seize mères et plusieurs nouveau-nés. MSF avait décidé par la suite de quitter ce projet. Cet attentat n’a jamais été revendiqué, mais le président afghan avait accusé les talibans et le groupe Etat islamique.

« Ce groupe de sauvages n’a pas la capacité d’affronter les forces de sécurité sur le champ de bataille, alors il s’attaque à la place de façon barbare à des bâtiments publics et aux écoles de filles. »

L’ambassadeur américain par intérim dans la capitale afghane, Ross Wilson, a qualifié l’attentat d’« abominable » et d’« attaque impardonnable contre les enfants et l’avenir de l’Afghanistan ». Le ministre des affaires étrangères du Pakistan, un pays accusé de soutenir les talibans, a, quant à lui, dénoncé une attaque « condamnable ».

Le 24 octobre, un homme s’était fait sauter dans un centre de cours particuliers dans le même quartier, tuant dix-huit personnes, parmi lesquelles des étudiants. Cet attentat n’a, lui non plus, pas été revendiqué.

Cette explosion intervient alors que les Etats-Unis et l’Europe ont appelé, vendredi, à une reprise « immédiate » et « sans condition préalable » des négociations en Afghanistan, accusant les talibans de faire régner la violence durant le retrait des forces étrangères et de bloquer le processus de paix.

Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une intervention américaine, ont récemment intensifié leurs attaques à travers le pays, selon les autorités afghanes. Vingt ans après leur déploiement à la suite des attentats du 11 septembre 2001, survenus sur leur sol, les Etats-Unis ont entrepris de retirer leurs forces d’Afghanistan.

Le Monde / AFP / Reuters

Levée du couvre-feu pour la Nuit du Destin : pourquoi le Conseil d’Etat rejette la demande de la Grande Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris, qui souhaitait l’obtention par la voie judiciaire d’une dérogation au couvre-feu pour une nuit du mois du Ramadan, n’a pas obtenu gain de cause auprès du Conseil d’Etat. Voici pourquoi.

Il n’y aura pas de dérogation au couvre-feu pour la Nuit du Destin, une date marquante de la fin du mois du Ramadan. Le Conseil d’Etat, saisi par la Grande Mosquée de Paris, a rejeté, jeudi 6 mai, la demande visant à autoriser l’ouverture des mosquées en France dans la nuit du 8 au 9 mai.

Tout en rappelant au préalable que la liberté de culte est « une liberté fondamentale », le juge des référés fait valoir que « cette liberté doit cependant être conciliée avec l’objectif de protection de la santé de la population, reconnu par la Constitution ». Or, « la situation sanitaire demeure préoccupante, avec des indicateurs encore dégradés et un rythme de propagation du virus qui demeure élevé sur l’ensemble du territoire ».

« La mesure de couvre-feu, qui interdit les déplacements des personnes hors de leur lieu de résidence entre 19 heures et 6 heures du matin sur l’ensemble du territoire métropolitain, semble avoir montré son efficacité pour freiner la transmission de l’épidémie », relève le juge des référés.

Par ailleurs, « des mesures alternatives ont été mises en place par de nombreuses mosquées pour permettre un suivi adapté des croyants notamment pour la « Nuit du Destin », avec un service religieux par voie dématérialisée ».

 

Aucune atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte

Le Conseil d’Etat relève enfin la difficulté pour les pouvoirs publics de « s’assurer que tous les déplacements dans la nuit du 8 au 9 mars, hors motif impérieux, sont en lien avec la « Nuit du Destin » ». « Le nombre de personnes amenées à se rendre dans une mosquée la nuit du 8 au 9 mai 2021 est estimé à 200 000, ce qui représente des déplacements non négligeables, eu égard à la fragilité de la situation sanitaire », souligne le juge des référés.

« Dans ces conditions, l’impossibilité de se rendre dans un lieu de culte pendant le couvre-feu, y compris pour la « Nuit du destin », ne porte pas une atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte compte tenu de l’objectif de protection de la santé publique », conclut-il.

Cette décision, similaire à celle prise en mars envers des associations catholiques, va dans le sens prôné par les pouvoirs publics. Dans une note récente transmis aux préfets, le ministère de l’Intérieur a insisté sur le fait qu’« aucune dérogation au couvre-feu ne doit être accordée en plus de celle concernant la prière de l’aube (salat fajr) », accordée au début du mois de jeûne à la demande du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le recteur de la GMP, Chems-Eddine Hafiz, a pris acte de cette décision, appelant désormais les musulmans de France à la respecter : « Pour moi, pour tous les musulmans, la « Nuit du Destin » compte plus que tout mais sa pratique ne peut se faire que dans le respect des règles. La règle a été vérifiée, la règle doit s’appliquer. »

Saphirnews

Ramadan sous cloche : an II

 

Ramadan, Lanterne, Ramadan, Ramadan

Cette année encore, les musulmans de France ont entamé, le 13 avril dernier, un mois de jeûne en pleine phase de confinement et de couvre-feux. La situation n’est certes pas inédite, mais nombreux sont ceux qui entament cette période de jeûne dans un état d’esprit éprouvé notamment par des mois de restrictions, d’enfermement et d’absence de loisirs. C’est avec tristesse et amertume que les musulmans vont, dans leur grande majorité, aborder ce mois en étant privés d’interactions sociales, dont celles de visiter des proches, de faire la prière des Tarawih (prière collective suivant la dernière prière du soir), prière qui revêt une dimension importante de par son caractère socialisateur, où la coutume est de se retrouver nombreux à la mosquée afin de clore la journée de jeûne par des prières surérogatoires sous la direction de l’imam. Les mosquées désormais désertes le soir pour la deuxième année génèrent un sentiment de tristesse et de frustration parmi les fidèles. Même la « Mère des cités », la Mecque, offre une vision désolante et accablante d’un lieu presque vide et inanimé.

À la réjouissance des imams d’accueillir le Ramadan comme un « grand invité », s’oppose la morosité et les contraintes liées à la gestion du Covid qui a ostensiblement marqué certains qui, parce qu’ils se sentent affaiblis physiquement et psychologiquement, ont décidé de ne pas jeûner car, selon leurs dires, « tous les éléments ne sont pas réunis pour jeûner, c’est un Ramadan triste. Ce n’est pas comme ça que je conçois ce mois de jeûne, j’en ai marre, je suis fatigué. ». Ces propos révèlent une certaine lassitude, voire même une forme de dépression démontrant, s’il en est besoin, que la dimension sociale et conviviale du Ramadan dans les représentations collectives est fondamentale. L’incapacité de se réunir, prier, manger, communier avec les autres, a inhibé chez certains individus toute volonté de jeûner. Autre conséquence liée à la crise sanitaire et à sa mesure de protection phare, le port du masque, certains musulmans se voient dans l’impossibilité, sur le plan professionnel cette fois, de jeûner, en particulier dans les secteurs des métiers de force et/ou de vigilance, car le masque, disent-ils, « constitue une entrave respiratoire rendant le travail insupportable qui engendre un assèchement de la bouche difficilement conciliable avec le jeûne ».

Comme à chaque Ramadan, les réseaux de solidarité sont réactivés pour venir en aide aux plus démunis. Une solidarité d’autant plus nécessaire et éprouvée cette année que la crise économique a fait basculer des milliers de personnes dans la précarité. Les responsables de mosquées et les imams sur Internet, débordés par la situation, font ainsi appel aux dons pour venir en aide aux plus fragiles et pour soutenir les mosquées. En matière d’instruction religieuse en ligne, nous observons également que les traditionnels prêches, les cours théologiques, parfois payants,proposés en particulier par les imams 2.0, sont toujours présents, mais semblent s’adresser à un public dont les préoccupations pragmatiques s’articulent autour du corpus juridique (comment faire ceci, pourquoi ne pas faire cela,…) et tiennent une place prépondérante, selon des méthodes qui s’apparentent parfois aux techniques de bien-être et de développement personnel, comme nous le verrons plus loin.

Sur Internet, de nombreuses initiatives de sermons, des Tarawih sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et sur Zoom, sont à observer du côté des mosquées, un peu partout sur le territoire, plus particulièrement le vendredi. Là encore, ce sont les acteurs locaux, malgré parfois de faibles moyens, qui se démarquent pour rester connectés avec les fidèles alors que les grandes mosquées, hormis des initiatives des mosquées de Paris, Lyon ou encore Saint-Étienne, sont timidement présentes cette année. Le décor des Tarawih est toujours le même : l’imam, seul, récitant le Coran dans une mosquée vide, rarement accompagné d’une poignée de fidèles masqués et distanciés derrière lui. Si les lieux de culte proposant ce service de Tarawih en ligne est plus important que l’année dernière, il n’en demeure pas moins que l’audience reste faible, quelques milliers de personnes tout au plus, selon les mosquées. A cela, plusieurs raisons probables, en premier lieu un déficit de communication sur la tenue des Tarawih sur Internet et en direct, ensuite des fidèles occupés à prier chez eux, le manque de temps (surtout pour les femmes), ou un simple désintérêt.

Pendant le Ramadan, à l’occasion des prêches, à la mosquée ou sur Internet, les thématiques abordées sont l’appel à la purification, au repentir et à la réformation de l’égo sans céder aux tentations du Mal, en s’appuyant sur un hadith unanimement reconnu comme authentique, « Quand arrive le Ramadan, les portes de la miséricorde s’ouvrent et les portes de l’Enfer se ferment, et les démons sont enchaînés. » Le fidèle est appelé à renouer avec son intériorité, à se rapprocher de Dieu et à lutter contre un danger beaucoup plus menaçant que le Covid, le Diable (Sheitan). Le Ramadan est présenté comme une période vertueuse, un moyen d’accéder au Paradis et de s’éloigner de toutes formes de péchés, causes de l’entrée en Enfer. Les imams et prédicateurs jouent sur le registre de l’émotion, sur un ton apologétique et moralisateur s’articulant sur un système double de gratification-sanction où il s’agirait d’accumuler les bienfaits comme des points, réduisant la vie spirituelle de ce mois béni à une course effrénée aux hassanat[1], une sorte de « Ramathon » des bonnes actions, qui viendraient s’ajouter à la balance des crédits au profit de notre salut éternel. De même, nous pouvons entendre certains prédicateurs exhorter les uns et les autres à « se lâcher, à donner le meilleur de soi », empruntant leurs discours aux méthodes managériales ou de coaching mental. La dialectique employée est celle « de l’investissement, du placement, de donner tout son temps, etc. pour engranger un maximum de points. » Bien entendu, tous les bons points accumulés durant le Ramadan assureraient au fidèle l’accès direct au Paradis. Est-ce par ignorance, par naïveté, par commodité, que certains en viennent à adhérer à une telle narration ? Quelle place est accordée à la réflexion sur la signification du jeûne, à l’introspection, à la méditation… ? Quand bien même, la foi s’exprimant aussi dans les actes, le croyant veuille les multiplier afin d’assurer son salut dans l’Au-Delà, ce bel agir n’a-t-il lieu d’être aussi prégnant en période du Ramadan ? L’homme pieux qui croit au Jugement dernier le craint-il juste durant le Ramadan ? Cette rhétorique n’engage malheureusement pas à sublimer sa foi pour éveiller l’individu à lui-même et à Dieu. Et que dire de cette schizophrénie ordinaire qui, lors des prêches, érige d’un côté le prophète Muhammad en modèle à suivre, et d’un autre côté voit des comportements aux antipodes des valeurs prônées par ce dernier. Des jeunes qui, par exemple, se rendent à la mosquée pour la prière communautaire peuvent, dans la même journée, pratiquer des rodéos sauvages, détériorer des biens publics dans leur quartier et importuner sans vergogne le voisinage. Proches de Dieu quand ils sont à la mosquée et L’oublier au quotidien, dissonance cognitive banale au vu des agissements de certaines et de certains qui pourtant se disent musulmans, ou s’affichent comme tels.

Les imams, malgré leurs prêches, sont ainsi confrontés aux comportements déviants de certains fidèles durant le Ramadan. L’intégration des apprentissages de la foi et de leur application dans la religion pose le problème du déclin de l’autorité au même titre que dans d’autres domaines (famille, école). L’imam est avant tout celui qui dirige la prière, qui intervient dans le domaine de Dieu mais aussi  dans le domaine de la société terrestre. Le prêche du vendredi est d’ailleurs l’occasion d’aborder toutes sortes de sujets concernant la vie dans la cité. Or, à l’occasion de ce Ramadan, dans un contexte anxiogène lié au Covid, si nous avons pu entendre à plusieurs reprises des imams indiquer la licéité du vaccin en période de jeûne, nous avons également entendu ces mêmes imams exhorter les fidèles à se faire vacciner, en louant leur sens des responsabilités, tout en insistant sur les ressorts de la peur et de la culpabilité. Pourtant, l’islam valorise la responsabilité, ce qui suppose que l’homme est libre de choisir entre le bien et le mal, qu’il est lui-même l’artisan de son destin, de sa récompense ou de sa punition éternelle. S’il est une responsabilité, c’est bien celle de l’imam, d’informer, de rassurer et non d’imposer une opinion, qui plus est dans un domaine intime : la santé de chacun. L’islam n’accepte aucune autorité ecclésiastique qui impose des commandements à l’homme ; chacun n’est responsable qu’envers Dieu, par l’intermédiaire de sa conscience. Ainsi, ce qui apparaît comme autonomie serait en réalité hétéronomie[2], plus l’individu se sent libre plus cela démontre qu’il peut être sous emprise. La vérité n’est plus la réalité, ce qui compte c’est le récit.

Pour beaucoup, le mois de Ramadan est vécu comme une période de privations alimentaires. À ce propos, des imams rappellent aux jeûneurs que la motivation du jeûne n’est pas d’accorder plus d’intérêt à nourrir son corps mais plutôt de nourrir son esprit. Le Ramadan est en effet une forme élevée d’adoration qui ramène l’âme à la pureté et au bonheur. Sur les réseaux sociaux, les recettes et les menus de rupture du jeûne prennent le pas sur les contenus religieux. Des « influenceuses », mot très en vogue, proposent des recettes, à destination de femmes en majorité, en recherche d’idées, voire de modèles, pour égayer un quotidien souvent difficile.  À ça s’ajoutent de nombreux vlogs  ou « stories » Ramadan mettant en scène le quotidien de jeûneurs qui, outre la trivialité des contenus, se publient dans une démarche souvent égotique  à des fins mercantiles.

Que peut-on conclure de ce deuxième Ramadan sous confinement ? Que les musulmans de France, à l’image du monde musulman, vivent une crise et sont profondément divisés. D’un côté, des musulmans qui veulent conserver toutes les traditions et les coutumes ancestrales, enracinés à l’islam des origines et, de l’autre, ceux qui nient toutes les valeurs de l’islam, prétendent les abandonner et vivent selon les valeurs occidentales. Dans ce fossé, un syncrétisme mêlant tradition et modernité d’une masse protéiforme de musulmans qui ignore les principes de l’islam mais qui croit les appliquer. Pour beaucoup, la religion est devenue un système d’héritage culturel où elle ne représente qu’une source d’inspiration parmi d’autres de l’autorité morale. Que le Ramadan, dans les représentations, est vécu principalement comme un mois de privations, festif sur le plan alimentaire, pour le plus grand bien du marché halal, toujours aussi florissant et lucratif durant cette période. Que ce mois, pour une grande majorité, est une simple parenthèse temporelle dans leur rythme de vie habituel. Malgré la contrainte du confinement, les musulmans ne sont pas plus en quête de contenus religieux, et que ceux qui profitent de ce temps pour s’adonner à la spiritualité, se centrer sur leur intériorité, restent une minorité. Qu’en grande partie, la forme et l’apparence ont pris le pas sur l’esprit d’adoration et de la sincérité, tendance que même le mois de jeûne n’arrive pas à inverser le reste de l’année. Le marché a engendré un néo-islamisme basé sur un islam pragmatique et identitaire, qui a produit une acculturation en contexte laïque, celle de « vivre en musulman » sans forcément « être » musulman. Sur ce point, le philosophe Henri Bergson rappelle deux sources de la religion, « une religion intérieure, mystique, qui remplit le cœur de l’homme pour l’élever directement vers Dieu, de l’autre une religion sociale qui n’est qu’une forme consciente de l’instinct grégaire et qui n’a d’autre but que de lier l’individu au groupe et à l’espèce. » La culture consumériste a influencé les dynamiques identitaires pour les recomposer en style de vie où il s’agit de montrer que nous faisons partie d’un groupe, les musulmans. L’effet pervers du marché est finalement d’avoir permis à une majorité de musulmans d’assouvir des désirs consuméristes afin d’échapper à la réalité et à ses injonctions sociales, au détriment des valeurs islamiques et ce, même durant le mois béni du Ramadan.

 

Fatima Achouri

[1] Hassanat (pluriel de hassana) : bonnes actions

[2] Hétéronomie : Le fait de ne pas être autonome, de se baser sur des règles reçues de l’extérieur.

 

Israël : des dizaines de morts dans une bousculade lors d’un pèlerinage orthodoxe

Au mont Méron, dans le nord d’Israël, une bousculade géante a fait au moins 44 morts, vendredi, selon les secouristes et des sources médicales. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a parlé d’une « grande catastrophe ».

 

Jérusalem, Mur, Mur Des LamentationsLe plus grand rassemblement en Israël depuis le début de la pandémie de Covid a tourné, jeudi 29 avril, au cauchemar lorsqu’une bousculade géante a fait au moins 44 morts lors d’un pèlerinage juif orthodoxe [Lag Baomer] dans le nord du pays.

Au fur et à mesure de la nuit le bilan s’est alourdi, les secouristes et des sources médicales le passant de 20 blessés à des « dizaines » de morts, puis au moins 44 morts à l’issue de cette tragédie survenue au mont Méron, dans le nord d’Israël.

En pleine nuit, les gyrophares de dizaines d’ambulances scintillaient à proximité du théâtre de l’accident alors que les secouristes évacuaient des corps et des blessés. En matinée, la situation était tendue alors que des pèlerins invectivaient les forces de l’ordre sur place.

Une foule compacte

Les secouristes avaient au début évoqué l’effondrement de gradins pour expliquer ces blessés, avant de parler d’une « bousculade » géante. Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent une procession qui fend une foule hyper-compacte et s’approche d’une structure métallique où des religieux se tiennent debout aux abords d’un feu.

Les circonstances exactes ayant mené aux scènes de cohues n’étaient pas claires vendredi, mais un secouriste sur place a dit avoir vu des hommes être « écrasés » et « perdre conscience », selon son organisation.

« Énorme désastre au Mont Méron », a tweeté en hébreu dans la nuit le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant la population à « prier pour sauver les blessés ».

« Israël tout entier prie pour la guérison des survivants », a renchéri le chef de l’opposition Yaïr Lapid, disant suivre avec « anxiété » l’évolution de la situation.

Des dizaines de milliers de personnes participaient dans la nuit de jeudi à vendredi à un pèlerinage annuel dans le nord d’Israël pour le plus grand événement public dans le pays depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Quelque 10 000 personnes autorisées

Le pèlerinage, qui a lieu à l’occasion de la fête juive de Lag Baomer, se tient à Méron, autour du tombeau présumé de Rabbi Shimon Bar Yochaï, un talmudiste du IIe siècle de l’ère chrétienne auquel on attribue la rédaction du Zohar, ouvrage central de la mystique juive.

Lag Baomer est une fête joyeuse marquant de surcroît le souvenir de la fin d’une épidémie dévastatrice parmi les élèves d’une école talmudique à cette époque.

Les autorités avaient permis la présence de 10 000 personnes dans l’enceinte du tombeau mais, selon les organisateurs, plus de 650 bus ont été affrétés dans tout le pays, soit au minimum 30 000 personnes, tandis que la presse locale faisait état de 100 000 personnes sur place.

Mais après minuit, des appels d’urgence aux secouristes se sont multipliés, et six hélicoptères ont été déployés afin d’évacuer des blessés dans des hôpitaux de Safed et Nahariya, deux villes du nord du pays. Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a confirmé avoir déployé des hélicoptères afin de porter secours aux victimes.

Des embouteillages monstres sur les routes menant au nord du pays ont été signalés par la police qui avait déployé 5 000 agents afin d’assurer la sécurité de cet événement.

En 2019, un an avant la pandémie qui avait forcé en 2020 l’annulation du pèlerinage, les organisateurs avaient estimé à 250 000 le nombre de pèlerins s’étant rendus sur place.

À la faveur d’une intense campagne de vaccination ayant permis de vacciner 80 % de la population âgée de plus de 20 ans, Israël a rouvert début mars bars, restaurants et autorisé de grands rassemblements extérieurs.

 

France 24 / AFP

Irak: plus de 80 morts dans l’incendie d’un hôpital à Bagdad, un ministre suspendu

 

Drapeau, Bannière, Nation, Emblème, PaysTout a commencé avant l’aube avec l’explosion de bouteilles d’oxygène « stockées sans respect des conditions de sécurité », selon des médecins de l’hôpital Ibn al-Khatib, à Bagdad. Puis, les flammes ont dévoré des heures durant des faux-plafonds non ignifugés sous lesquels des patients sous respirateur ont été brutalement arrachés à leur lit.

Selon un dernier bilan du ministère de l’Intérieur, « 82 personnes ont été tuées et 110 blessées » dans la capitale d’un pays dont le système de santé est délabré depuis des décennies. Si le nombre de victimes est si élevé, c’est parce que l’hôpital n’était pas équipé et parce que les pompiers ne sont pas immédiatement arrivés dans l’hôpital situé dans la périphérie reculée de Bagdad.

Pendant des heures, une cohue de malades et de proches ont tenté de s’échapper du bâtiment, par des escaliers de service étriqués, aidés seulement de nombreux habitants venus prêter main-forte. Amir, 35 ans, a raconté avoir « sauvé de justesse ses frères qui se trouvaient à l’hôpital. Ce sont les gens qui ont sorti les blessés ».

« L’hôpital n’a pas de système de protection contre les incendies et les faux-plafonds ont permis la propagation du feu », a expliqué la Défense civile. « La plupart des victimes sont mortes car elles ont été déplacées et privées de ventilateurs. D’autres ont été étouffées par la fumée. »

Hashtag « démission »

Après ce drame, le hashtag « Démission du ministre de la Santé », resté aux abonnés absents depuis l’incendie, a été en tête des mots-clés sur Twitter en Irak.

Le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, qui a proclamé trois jours de deuil national, a répondu à moitié. Il a « suspendu » et « mis à la disposition des enquêteurs » le ministre de la Santé Hassan al-Tamimi, un proche du très turbulent leader chiite Moqtada Sadr.

La même sanction a été appliquée au gouverneur de Bagdad, Mohammed Jaber, et au patron de la Santé pour l’est de Bagdad. « Les résultats de cette enquête seront présentés sous cinq jours au gouvernement », selon un communiqué du bureau de M. Kazimi.

Le directeur de l’hôpital et les chef de la sécurité et de l’entretien technique d’Ibn al-Khatib, eux, ont été convoqués pour un interrogatoire dans la nuit.

Au-delà du bilan extrêmement lourd, les Irakiens ont exprimé leur colère après l’attribution de l’incendie à la négligence. Un phénomène qui va de pair en Irak avec la corruption endémique.Le président de la République irakien Barham Saleh a été très clair : « La tragédie d’Ibn al-Khatib est le résultat d’années de sape des institutions de l’Etat par la corruption et la mauvaise gestion. »

Pour la Commission gouvernementale des droits humains, c’est un « crime » contre « des patients harassés par le Covid-19 qui ont remis leur vie entre les mains du ministère de la Santé, et qui au lieu d’être guéris ont péri dans les flammes ».

 

La voix du Nord

Pour Human Rights Watch, Israël commet un « crime d’apartheid » contre les Palestiniens

 

 

Dôme, Dôme Du Rocher, JérusalemL’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a qualifié « d’apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, dans un rapport publié mardi. Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi avant même cette publication, estimant auprès de l’AFP qu’il s’agissait d’un « tract de propagande » sans lien « avec les faits ou la vérité sur le terrain » et rédigé par une organisation mue « de longue date par un agenda anti-israélien ».

Des ONG israéliennes utilisent depuis quelques mois le terme « apartheid » pour désigner les politiques d’Israël à l’égard des Arabes israéliens –descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l’Etat hébreu– et des Palestiniens de Cisjordanie occupée, Gaza sous blocus et Jérusalem-Est annexée. Mais c’est la première fois qu’une grande ONG internationale de défense des droits humains la reprend à son compte. « Sur la base de ses recherches, Human Rights Watch conclut que le gouvernement israélien maintient une domination délibérée de la population juive israélienne sur les Palestiniens à travers Israël et les Territoires occupés », souligne le rapport.

Lorsque cette « domination délibérée » s’ajoute à une « oppression systématique » et à des « actes inhumains », « il s’agit du crime d’apartheid », conclut HRW, disant se fonder sur la définition légale de l’apartheid et non sur une comparaison avec l’ancienne politique raciale de l’Afrique du Sud. « Depuis des années, nous disons que nous sommes proches de l’apartheid (en Israël/Palestine), et je crois qu’il est maintenant clair que le seuil a été franchi », a déclaré à l’AFP Omar Shakir, auteur de ce rapport de 200 pages.

Ce « seuil » a été franchi ces dernières années avec l’essor des colonies israéliennes à Jérusalem-Est, portion orientale de la Ville sainte annexée par Israël, et en Cisjordanie occupée où vivent désormais près de 700.000 colons, a précisé M. Shakir, estimant que les colonies israéliennes qui devaient être « temporaires » sont devenues des constructions « permanentes » faute d’accord sur la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Justice internationale

La décision de HRW d’utiliser un terme aussi chargé qu' »apartheid » mais aussi de qualifier de « persécution » la politique israélienne envers sa minorité arabe et les Palestiniens, intervient quelques semaines après l’annonce par la Cour pénale internationale (CPI) de l’ouverture d’une enquête sur des crimes présumés commis par Israël depuis 2014 dans les Territoires occupés. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié « d’antisémite » la décision de la CPI. L’avenir de cette enquête –qui comprend un volet sur l’expansion des colonies– est désormais entre les mains du futur procureur Karim Khan qui doit succéder mi-juin à Fatou Bensouda.

HRW a appelé le futur procureur à « s’en tenir aux faits », à « mener une enquête indépendante » et à « traduire en justice les personnes impliquées dans des crimes sérieux, incluant ceux d’apartheid et de persécution », a indiqué M. Shakir, actuellement en Jordanie après son expulsion d’Israël en novembre 2019. L’ONG, dont le siège est à New York, exhorte aussi l’ONU à créer une « commission d’enquête internationale » sur la situation en Israël et dans les Territoires, et les pays à ne « pas être complices » de la politique israélienne envers les Palestiniens, sans toutefois les appeler à boycotter l’Etat hébreu, a souligné M. Shakir. HRW a aussi demandé à l’Autorité palestinienne de « cesser sa coordination sécuritaire » avec l’Etat hébreu afin de ne pas être elle-même « complice » d' »apartheid ». Le président Mahmoud Abbas a suspendu pendant plusieurs mois en 2020 cette coopération avec Israël, ce qui a entraîné un gel des transferts des taxes douanières perçues par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Paris Match