Gironde : l’imam de la mosquée de Pessac, défenseur de la Palestine, visé par une procédure d’expulsion

La préfecture de la Gironde a demandé l’expulsion d’Abdouramane Ridouane, deux ans après la tentative du ministère de l’Intérieur de fermer la mosquée qu’il préside.

La justice devra trancher. Le 31 mai, le tribunal judiciaire de Bordeaux examinera la demande de la préfecture de la Gironde d’expulser Abdouramane Ridouane, imam nigérien de la mosquée de Pessac (Gironde), dans la métropole bordelaise. Cet établissement religieux avait déjà fait parler de lui en 2022, lorsque le ministère de l’Intérieur avait demandé sa fermeture, accusant la mosquée de véhiculer une «idéologie salafiste».

Dans un communiqué, l’avocat d’Abdouramane Ridouane, Sefen Guez Guez, explique qu’il est reproché à son client «son attachement à la défense de la cause palestinienne et sa critique de la politique internationale de la France, y compris au Niger, son pays d’origine». Selon l’avocat, «cet acharnement n’est qu’une illustration de plus de la volonté des pouvoirs publics de faire taire toute voix contestataire dans une logique d’affichage à l’approche des élections européennes». Maître Guez Guez précise par ailleurs que la mosquée Al-Farouq de Pessac a «gagné ses procès» lorsque la préfecture de la Gironde a souhaité fermer temporairement cet établissement.

Une fermeture de la mosquée empêchée

En février 2022, l’ancienne préfète de la Gironde, Fabienne Buccio, avait engagé une procédure afin de fermer momentanément cet établissement, selon une information révélée à l’époque par Le Figaro . La mosquée était suspectée d’accueillir régulièrement des imams «connus pour leur appartenance à la mouvance islamiste et leur idéologie salafiste». Le 14 mars, une fermeture de six mois avait été annoncée par la préfecture de la Gironde.

Une décision cependant retoquée par le juge des référés du tribunal administratif, qui avait estimé que les publications sur internet de la mosquée ayant conduit à cette fermeture «ne présentaient pas un caractère extrémiste au point de provoquer, par la haine et la violence, à la commission d’actes de terrorisme». Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait fait appel, mais le Conseil d’État avait de nouveau donné raison à la mosquée, le 26 avril 2022, estimant que cette fermeture temporaire était «une mesure de police qui porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte».

Contactée par Le Figaro vis-à-vis de la demande d’expulsion d’Abdouramane Ridouane, la préfecture de la Gironde n’a pas souhaité faire de commentaire.

Le Figaro

F. Achouri

Sociologue.

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