Médecins Sans Frontière affirme que la pénurie d’eau à Gaza est organisée par Israël

Alors que la pénurie d’eau à Gaza dure et s’installe, un rapport de l’ONG Médecins sans frontière affirme qu’elle est volontairement organisée par les autorités israéliennes, accusées de détruire des infrastructures et d’imposer des restrictions sur l’entrée de matériel.

On manque de tout à Gaza, y compris d’eau potable. La question est de savoir si cette pénurie d’eau est volontairement organisé par les autorités israéliennes. C’est ce que dit l’ONG Médecins sans frontière, dans un rapport publié ce mardi 28 avril. Israël qui assoiffe la population en détruisant des infrastructures, en imposant des restrictions sur l’entrée de matériel qui permet notamment de faire fonctionner les puits.

La Rédaction Internationale de Radio France a enquêté sur le sujet, et les témoignages recueillis vont dans le sens de ce que dit MSF. Dans les camps de déplacés, ce qu’on voit sur les vidéos, comme souvent, c’est un alignement de tentes blanches serrées entre des immeubles, il n’y a pas de citerne, pas de canalisation, il faut soit aller dans un hôpital pour ramener de l’eau, soit attendre trois jours pour le passage des camions. L’approvisionnement est aléatoire, explique Wala Jena, elle vit sous l’une des tentes depuis maintenant trois ans dans le camp de Deir el-Balah : « c’est une grande souffrance, ça prend beaucoup de temps, on passe des heures à faire la queue, et des fois, on a beau attendre, il n’y a pas d’eau ».

« Il y a beaucoup de maladies, surtout sur les enfants, l’eau qu’on boit n’est pas propre »

Pour stocker cette eau, cette mère de deux enfants utilise des peaux de peinture, elle en a quatre de 15 litres chacun, on est loin des standards recommandés, Gaza est en situation de pénurie et cela crée des problèmes d’hygiène au quotidien : « il y a beaucoup de maladies, surtout sur les enfants, des maladies de peau, même l’eau qu’on boit n’est pas propre ».

Médecins sans frontières a pourtant fait entrer des unités de désalinisation, mais l’ONG dénonce les entraves à nouveau imposées par Israël. La pénurie est entretenue, dit-elle aujourd’hui dans un rapport. Filipe Ribeiro est chef de mission Palestine : « 90% des structures d’eau et d’assainissement ont été détruites, si bien qu’aujourd’hui, non seulement on ne peut pas apporter de l’eau par le système qui existait auparavant. Mais par ailleurs, l’évacuation des eaux usagées n’est plus possible non plus ».

Israël rejette ces accusations d’entrave, elle dit qu’elle fournit de l’eau, mais visiblement, c’est largement sous-dimensionné par rapport aux besoins.

Radio France

F. Achouri

Auteure (islam contemporain)- Consultante

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