Gaza continue de subir un «cessez-le-feu» sous les bombes

Alors que le cessez-le-feu se poursuit entre Israël et le Hezbollah libanais, malgré sa fragilité, beaucoup questionnent les garanties d’un tel accord avec l’État hébreu, surtout en ayant en tête la situation de la bande de Gaza. Car six mois après avoir été signé le 10 octobre 2025, les Gazaouis estiment que le cessez-le-feu dans le territoire palestinien n’en est pas vraiment un : il a été violé par Israël des centaines de fois depuis son entrée en vigueur.

Ce que les Gazaouis racontent en premier au téléphone, ce sont les bombardements qui n’ont pas cessé. Mercredi 22 avril au soir, une frappe aérienne israélienne a notamment ciblé un groupe de civils dans le nord de Gaza, faisant cinq morts dont trois enfants, a annoncé l’agence de défense civile du territoire palestinien. « Cinq Palestiniens, dont trois enfants, ont été tués dans une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un groupe de civils près de la mosquée Al-Qassam à Beit Lahia », a souligné l’agence, qui opère comme service de secours sous l’autorité du Hamas, dans un communiqué.

Les habitants se plaignent également du prix exorbitant des denrées alimentaires et de l’eau potable qui manque, notamment.

Pour Salma Altaweel, l’odeur nauséabonde qui règne dans la ville de Gaza est une preuve des conditions difficiles : « Il y a aussi une quantité croissante de déchets dans les rues, ce qui augmente les risques de maladies. Sur un plan très personnel, il m’arrive parfois de me réveiller la nuit au bruit des rongeurs qui fouillent sous les décombres de l’immeuble juste à côté du mien. C’est vraiment effrayant et j’ai toujours peur qu’ils finissent par trouver un moyen d’entrer dans mon appartement. »

Se déplacer est devenu presque impossible, soupire Salma. Les restes des bâtiments pulvérisés sont toujours au sol « et malgré le soi-disant cessez-le-feu, nous vivons toujours dans l’incertitude ; nous sommes coincés dans une zone grise et ne savons pas ce qui va suivre ».

L’escalade régionale au Moyen-Orient a dévié l’attention internationale, explique Anne-Claire Yaeesh, directrice de Handicap International pour la Palestine. Gaza a été invisibilisé, alors que la violence y est continue et répétée, dit-elle : « On est sur une situation qui est catastrophique et qui continue d’empirer, où toutes les opérations humanitaires qui pourraient à minima répondre aux besoins les plus essentiels et les plus vitaux sont empêchées. »

Derrière, il y a aussi une question de respect du droit international, soit l’obligation d’Israël de faciliter les opérations des humanitaires.

RFI

F. Achouri

Auteure (islam contemporain)- Consultante

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