
Le membre du gouvernement invite également les imams à écarter « ceux qui propagent la haine ». « Vous devez prouver à nos jeunes, particulièrement convoités par les extrémistes, que ces derniers n’ont rien à leur apporter (…), prouver à ceux qui propagent la haine qu’ils n’ont pas de place dans nos mosquées pas plus que dans n’importe quel lieu de culte », explique-t-il.
Un ton condescendant dénoncé
Le contenu de la lettre a provoqué la colère de certains dignitaires musulmans. L’un d’eux a accusé le ministre de reprendre le discours de l’extrême droite. « Est-ce que M. Pickles suggère par là fortement, comme le font des membres de l’extrême droite, que les musulmans et l’islam sont intrinsèquement en dehors de la société britannique ? », lui a rétorqué Harun Khan, secrétaire général adjoint du Conseil musulman de Grande-Bretagne (MCB).Dans un communiqué, l’organisation a reconnu que la lettre a été écrite « de bonne foi » mais a critiqué « l’insinuation selon laquelle l’extrémisme prend racine dans les mosquées et que les musulmans n’en font pas assez pour dénoncer le terrorisme qui se produit en notre nom ». Pour Mohammed Shafiq, directeur de la Fondation Ramadhan, c’est une lettre condescendante et « typique d’un gouvernement qui ne regarde les musulmans qu’à travers le prisme du terrorisme et de la sécurité ». La lettre a en revanche reçu le soutien de personnalités musulmanes telles que Haras Rafiq, de la fondation Quilliam contre le terrorisme.
David Cameron défend la lettre
Face à la polémique, le Premier ministre David Cameron a volé au secours d’Eric Pickles, précisant qu’il avait lu la lettre, qu’il était d’accord avec la teneur de la lettre. « J’estime que c’est la lettre la plus sage, la plus sensible et la plus modérée qu’Eric pouvait écrire », a-t-il affirmé. Les ministres ont « absolument raison » de souligner que les leaders musulmans ont une responsabilité dans la lutte contre la radicalisation.Il est même allé plus loin, assurant qu’ils avaient « un problème » s’ils refusaient qu’on leur demande d’en faire plus pour combattre l’extrémisme.L’organisation britannique Tell Mama chargée de lutter contre l’islamophobie a recensé une forte hausse des actes visant les musulmans britanniques depuis les attentats à Paris. Dans la lettre, Eric Pickles a invité toute personne faisant l’expérience de violence islamophobe à s’adresser à Tell Mama pour les aider à défendre leurs droits.
Saphirnews