Levée du couvre-feu pour la Nuit du Destin : pourquoi le Conseil d’Etat rejette la demande de la Grande Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris, qui souhaitait l’obtention par la voie judiciaire d’une dérogation au couvre-feu pour une nuit du mois du Ramadan, n’a pas obtenu gain de cause auprès du Conseil d’Etat. Voici pourquoi.

Il n’y aura pas de dérogation au couvre-feu pour la Nuit du Destin, une date marquante de la fin du mois du Ramadan. Le Conseil d’Etat, saisi par la Grande Mosquée de Paris, a rejeté, jeudi 6 mai, la demande visant à autoriser l’ouverture des mosquées en France dans la nuit du 8 au 9 mai.

Tout en rappelant au préalable que la liberté de culte est « une liberté fondamentale », le juge des référés fait valoir que « cette liberté doit cependant être conciliée avec l’objectif de protection de la santé de la population, reconnu par la Constitution ». Or, « la situation sanitaire demeure préoccupante, avec des indicateurs encore dégradés et un rythme de propagation du virus qui demeure élevé sur l’ensemble du territoire ».

« La mesure de couvre-feu, qui interdit les déplacements des personnes hors de leur lieu de résidence entre 19 heures et 6 heures du matin sur l’ensemble du territoire métropolitain, semble avoir montré son efficacité pour freiner la transmission de l’épidémie », relève le juge des référés.

Par ailleurs, « des mesures alternatives ont été mises en place par de nombreuses mosquées pour permettre un suivi adapté des croyants notamment pour la « Nuit du Destin », avec un service religieux par voie dématérialisée ».

 

Aucune atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte

Le Conseil d’Etat relève enfin la difficulté pour les pouvoirs publics de « s’assurer que tous les déplacements dans la nuit du 8 au 9 mars, hors motif impérieux, sont en lien avec la « Nuit du Destin » ». « Le nombre de personnes amenées à se rendre dans une mosquée la nuit du 8 au 9 mai 2021 est estimé à 200 000, ce qui représente des déplacements non négligeables, eu égard à la fragilité de la situation sanitaire », souligne le juge des référés.

« Dans ces conditions, l’impossibilité de se rendre dans un lieu de culte pendant le couvre-feu, y compris pour la « Nuit du destin », ne porte pas une atteinte manifestement disproportionnée à la liberté de culte compte tenu de l’objectif de protection de la santé publique », conclut-il.

Cette décision, similaire à celle prise en mars envers des associations catholiques, va dans le sens prôné par les pouvoirs publics. Dans une note récente transmis aux préfets, le ministère de l’Intérieur a insisté sur le fait qu’« aucune dérogation au couvre-feu ne doit être accordée en plus de celle concernant la prière de l’aube (salat fajr) », accordée au début du mois de jeûne à la demande du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le recteur de la GMP, Chems-Eddine Hafiz, a pris acte de cette décision, appelant désormais les musulmans de France à la respecter : « Pour moi, pour tous les musulmans, la « Nuit du Destin » compte plus que tout mais sa pratique ne peut se faire que dans le respect des règles. La règle a été vérifiée, la règle doit s’appliquer. »

Saphirnews

Ramadan sous cloche : an II

 

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Cette année encore, les musulmans de France ont entamé, le 13 avril dernier, un mois de jeûne en pleine phase de confinement et de couvre-feux. La situation n’est certes pas inédite, mais nombreux sont ceux qui entament cette période de jeûne dans un état d’esprit éprouvé notamment par des mois de restrictions, d’enfermement et d’absence de loisirs. C’est avec tristesse et amertume que les musulmans vont, dans leur grande majorité, aborder ce mois en étant privés d’interactions sociales, dont celles de visiter des proches, de faire la prière des Tarawih (prière collective suivant la dernière prière du soir), prière qui revêt une dimension importante de par son caractère socialisateur, où la coutume est de se retrouver nombreux à la mosquée afin de clore la journée de jeûne par des prières surérogatoires sous la direction de l’imam. Les mosquées désormais désertes le soir pour la deuxième année génèrent un sentiment de tristesse et de frustration parmi les fidèles. Même la « Mère des cités », la Mecque, offre une vision désolante et accablante d’un lieu presque vide et inanimé.

À la réjouissance des imams d’accueillir le Ramadan comme un « grand invité », s’oppose la morosité et les contraintes liées à la gestion du Covid qui a ostensiblement marqué certains qui, parce qu’ils se sentent affaiblis physiquement et psychologiquement, ont décidé de ne pas jeûner car, selon leurs dires, « tous les éléments ne sont pas réunis pour jeûner, c’est un Ramadan triste. Ce n’est pas comme ça que je conçois ce mois de jeûne, j’en ai marre, je suis fatigué. ». Ces propos révèlent une certaine lassitude, voire même une forme de dépression démontrant, s’il en est besoin, que la dimension sociale et conviviale du Ramadan dans les représentations collectives est fondamentale. L’incapacité de se réunir, prier, manger, communier avec les autres, a inhibé chez certains individus toute volonté de jeûner. Autre conséquence liée à la crise sanitaire et à sa mesure de protection phare, le port du masque, certains musulmans se voient dans l’impossibilité, sur le plan professionnel cette fois, de jeûner, en particulier dans les secteurs des métiers de force et/ou de vigilance, car le masque, disent-ils, « constitue une entrave respiratoire rendant le travail insupportable qui engendre un assèchement de la bouche difficilement conciliable avec le jeûne ».

Comme à chaque Ramadan, les réseaux de solidarité sont réactivés pour venir en aide aux plus démunis. Une solidarité d’autant plus nécessaire et éprouvée cette année que la crise économique a fait basculer des milliers de personnes dans la précarité. Les responsables de mosquées et les imams sur Internet, débordés par la situation, font ainsi appel aux dons pour venir en aide aux plus fragiles et pour soutenir les mosquées. En matière d’instruction religieuse en ligne, nous observons également que les traditionnels prêches, les cours théologiques, parfois payants,proposés en particulier par les imams 2.0, sont toujours présents, mais semblent s’adresser à un public dont les préoccupations pragmatiques s’articulent autour du corpus juridique (comment faire ceci, pourquoi ne pas faire cela,…) et tiennent une place prépondérante, selon des méthodes qui s’apparentent parfois aux techniques de bien-être et de développement personnel, comme nous le verrons plus loin.

Sur Internet, de nombreuses initiatives de sermons, des Tarawih sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et sur Zoom, sont à observer du côté des mosquées, un peu partout sur le territoire, plus particulièrement le vendredi. Là encore, ce sont les acteurs locaux, malgré parfois de faibles moyens, qui se démarquent pour rester connectés avec les fidèles alors que les grandes mosquées, hormis des initiatives des mosquées de Paris, Lyon ou encore Saint-Étienne, sont timidement présentes cette année. Le décor des Tarawih est toujours le même : l’imam, seul, récitant le Coran dans une mosquée vide, rarement accompagné d’une poignée de fidèles masqués et distanciés derrière lui. Si les lieux de culte proposant ce service de Tarawih en ligne est plus important que l’année dernière, il n’en demeure pas moins que l’audience reste faible, quelques milliers de personnes tout au plus, selon les mosquées. A cela, plusieurs raisons probables, en premier lieu un déficit de communication sur la tenue des Tarawih sur Internet et en direct, ensuite des fidèles occupés à prier chez eux, le manque de temps (surtout pour les femmes), ou un simple désintérêt.

Pendant le Ramadan, à l’occasion des prêches, à la mosquée ou sur Internet, les thématiques abordées sont l’appel à la purification, au repentir et à la réformation de l’égo sans céder aux tentations du Mal, en s’appuyant sur un hadith unanimement reconnu comme authentique, « Quand arrive le Ramadan, les portes de la miséricorde s’ouvrent et les portes de l’Enfer se ferment, et les démons sont enchaînés. » Le fidèle est appelé à renouer avec son intériorité, à se rapprocher de Dieu et à lutter contre un danger beaucoup plus menaçant que le Covid, le Diable (Sheitan). Le Ramadan est présenté comme une période vertueuse, un moyen d’accéder au Paradis et de s’éloigner de toutes formes de péchés, causes de l’entrée en Enfer. Les imams et prédicateurs jouent sur le registre de l’émotion, sur un ton apologétique et moralisateur s’articulant sur un système double de gratification-sanction où il s’agirait d’accumuler les bienfaits comme des points, réduisant la vie spirituelle de ce mois béni à une course effrénée aux hassanat[1], une sorte de « Ramathon » des bonnes actions, qui viendraient s’ajouter à la balance des crédits au profit de notre salut éternel. De même, nous pouvons entendre certains prédicateurs exhorter les uns et les autres à « se lâcher, à donner le meilleur de soi », empruntant leurs discours aux méthodes managériales ou de coaching mental. La dialectique employée est celle « de l’investissement, du placement, de donner tout son temps, etc. pour engranger un maximum de points. » Bien entendu, tous les bons points accumulés durant le Ramadan assureraient au fidèle l’accès direct au Paradis. Est-ce par ignorance, par naïveté, par commodité, que certains en viennent à adhérer à une telle narration ? Quelle place est accordée à la réflexion sur la signification du jeûne, à l’introspection, à la méditation… ? Quand bien même, la foi s’exprimant aussi dans les actes, le croyant veuille les multiplier afin d’assurer son salut dans l’Au-Delà, ce bel agir n’a-t-il lieu d’être aussi prégnant en période du Ramadan ? L’homme pieux qui croit au Jugement dernier le craint-il juste durant le Ramadan ? Cette rhétorique n’engage malheureusement pas à sublimer sa foi pour éveiller l’individu à lui-même et à Dieu. Et que dire de cette schizophrénie ordinaire qui, lors des prêches, érige d’un côté le prophète Muhammad en modèle à suivre, et d’un autre côté voit des comportements aux antipodes des valeurs prônées par ce dernier. Des jeunes qui, par exemple, se rendent à la mosquée pour la prière communautaire peuvent, dans la même journée, pratiquer des rodéos sauvages, détériorer des biens publics dans leur quartier et importuner sans vergogne le voisinage. Proches de Dieu quand ils sont à la mosquée et L’oublier au quotidien, dissonance cognitive banale au vu des agissements de certaines et de certains qui pourtant se disent musulmans, ou s’affichent comme tels.

Les imams, malgré leurs prêches, sont ainsi confrontés aux comportements déviants de certains fidèles durant le Ramadan. L’intégration des apprentissages de la foi et de leur application dans la religion pose le problème du déclin de l’autorité au même titre que dans d’autres domaines (famille, école). L’imam est avant tout celui qui dirige la prière, qui intervient dans le domaine de Dieu mais aussi  dans le domaine de la société terrestre. Le prêche du vendredi est d’ailleurs l’occasion d’aborder toutes sortes de sujets concernant la vie dans la cité. Or, à l’occasion de ce Ramadan, dans un contexte anxiogène lié au Covid, si nous avons pu entendre à plusieurs reprises des imams indiquer la licéité du vaccin en période de jeûne, nous avons également entendu ces mêmes imams exhorter les fidèles à se faire vacciner, en louant leur sens des responsabilités, tout en insistant sur les ressorts de la peur et de la culpabilité. Pourtant, l’islam valorise la responsabilité, ce qui suppose que l’homme est libre de choisir entre le bien et le mal, qu’il est lui-même l’artisan de son destin, de sa récompense ou de sa punition éternelle. S’il est une responsabilité, c’est bien celle de l’imam, d’informer, de rassurer et non d’imposer une opinion, qui plus est dans un domaine intime : la santé de chacun. L’islam n’accepte aucune autorité ecclésiastique qui impose des commandements à l’homme ; chacun n’est responsable qu’envers Dieu, par l’intermédiaire de sa conscience. Ainsi, ce qui apparaît comme autonomie serait en réalité hétéronomie[2], plus l’individu se sent libre plus cela démontre qu’il peut être sous emprise. La vérité n’est plus la réalité, ce qui compte c’est le récit.

Pour beaucoup, le mois de Ramadan est vécu comme une période de privations alimentaires. À ce propos, des imams rappellent aux jeûneurs que la motivation du jeûne n’est pas d’accorder plus d’intérêt à nourrir son corps mais plutôt de nourrir son esprit. Le Ramadan est en effet une forme élevée d’adoration qui ramène l’âme à la pureté et au bonheur. Sur les réseaux sociaux, les recettes et les menus de rupture du jeûne prennent le pas sur les contenus religieux. Des « influenceuses », mot très en vogue, proposent des recettes, à destination de femmes en majorité, en recherche d’idées, voire de modèles, pour égayer un quotidien souvent difficile.  À ça s’ajoutent de nombreux vlogs  ou « stories » Ramadan mettant en scène le quotidien de jeûneurs qui, outre la trivialité des contenus, se publient dans une démarche souvent égotique  à des fins mercantiles.

Que peut-on conclure de ce deuxième Ramadan sous confinement ? Que les musulmans de France, à l’image du monde musulman, vivent une crise et sont profondément divisés. D’un côté, des musulmans qui veulent conserver toutes les traditions et les coutumes ancestrales, enracinés à l’islam des origines et, de l’autre, ceux qui nient toutes les valeurs de l’islam, prétendent les abandonner et vivent selon les valeurs occidentales. Dans ce fossé, un syncrétisme mêlant tradition et modernité d’une masse protéiforme de musulmans qui ignore les principes de l’islam mais qui croit les appliquer. Pour beaucoup, la religion est devenue un système d’héritage culturel où elle ne représente qu’une source d’inspiration parmi d’autres de l’autorité morale. Que le Ramadan, dans les représentations, est vécu principalement comme un mois de privations, festif sur le plan alimentaire, pour le plus grand bien du marché halal, toujours aussi florissant et lucratif durant cette période. Que ce mois, pour une grande majorité, est une simple parenthèse temporelle dans leur rythme de vie habituel. Malgré la contrainte du confinement, les musulmans ne sont pas plus en quête de contenus religieux, et que ceux qui profitent de ce temps pour s’adonner à la spiritualité, se centrer sur leur intériorité, restent une minorité. Qu’en grande partie, la forme et l’apparence ont pris le pas sur l’esprit d’adoration et de la sincérité, tendance que même le mois de jeûne n’arrive pas à inverser le reste de l’année. Le marché a engendré un néo-islamisme basé sur un islam pragmatique et identitaire, qui a produit une acculturation en contexte laïque, celle de « vivre en musulman » sans forcément « être » musulman. Sur ce point, le philosophe Henri Bergson rappelle deux sources de la religion, « une religion intérieure, mystique, qui remplit le cœur de l’homme pour l’élever directement vers Dieu, de l’autre une religion sociale qui n’est qu’une forme consciente de l’instinct grégaire et qui n’a d’autre but que de lier l’individu au groupe et à l’espèce. » La culture consumériste a influencé les dynamiques identitaires pour les recomposer en style de vie où il s’agit de montrer que nous faisons partie d’un groupe, les musulmans. L’effet pervers du marché est finalement d’avoir permis à une majorité de musulmans d’assouvir des désirs consuméristes afin d’échapper à la réalité et à ses injonctions sociales, au détriment des valeurs islamiques et ce, même durant le mois béni du Ramadan.

 

Fatima Achouri

[1] Hassanat (pluriel de hassana) : bonnes actions

[2] Hétéronomie : Le fait de ne pas être autonome, de se baser sur des règles reçues de l’extérieur.

 

Israël : des dizaines de morts dans une bousculade lors d’un pèlerinage orthodoxe

Au mont Méron, dans le nord d’Israël, une bousculade géante a fait au moins 44 morts, vendredi, selon les secouristes et des sources médicales. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a parlé d’une « grande catastrophe ».

 

Jérusalem, Mur, Mur Des LamentationsLe plus grand rassemblement en Israël depuis le début de la pandémie de Covid a tourné, jeudi 29 avril, au cauchemar lorsqu’une bousculade géante a fait au moins 44 morts lors d’un pèlerinage juif orthodoxe [Lag Baomer] dans le nord du pays.

Au fur et à mesure de la nuit le bilan s’est alourdi, les secouristes et des sources médicales le passant de 20 blessés à des « dizaines » de morts, puis au moins 44 morts à l’issue de cette tragédie survenue au mont Méron, dans le nord d’Israël.

En pleine nuit, les gyrophares de dizaines d’ambulances scintillaient à proximité du théâtre de l’accident alors que les secouristes évacuaient des corps et des blessés. En matinée, la situation était tendue alors que des pèlerins invectivaient les forces de l’ordre sur place.

Une foule compacte

Les secouristes avaient au début évoqué l’effondrement de gradins pour expliquer ces blessés, avant de parler d’une « bousculade » géante. Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent une procession qui fend une foule hyper-compacte et s’approche d’une structure métallique où des religieux se tiennent debout aux abords d’un feu.

Les circonstances exactes ayant mené aux scènes de cohues n’étaient pas claires vendredi, mais un secouriste sur place a dit avoir vu des hommes être « écrasés » et « perdre conscience », selon son organisation.

« Énorme désastre au Mont Méron », a tweeté en hébreu dans la nuit le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant la population à « prier pour sauver les blessés ».

« Israël tout entier prie pour la guérison des survivants », a renchéri le chef de l’opposition Yaïr Lapid, disant suivre avec « anxiété » l’évolution de la situation.

Des dizaines de milliers de personnes participaient dans la nuit de jeudi à vendredi à un pèlerinage annuel dans le nord d’Israël pour le plus grand événement public dans le pays depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Quelque 10 000 personnes autorisées

Le pèlerinage, qui a lieu à l’occasion de la fête juive de Lag Baomer, se tient à Méron, autour du tombeau présumé de Rabbi Shimon Bar Yochaï, un talmudiste du IIe siècle de l’ère chrétienne auquel on attribue la rédaction du Zohar, ouvrage central de la mystique juive.

Lag Baomer est une fête joyeuse marquant de surcroît le souvenir de la fin d’une épidémie dévastatrice parmi les élèves d’une école talmudique à cette époque.

Les autorités avaient permis la présence de 10 000 personnes dans l’enceinte du tombeau mais, selon les organisateurs, plus de 650 bus ont été affrétés dans tout le pays, soit au minimum 30 000 personnes, tandis que la presse locale faisait état de 100 000 personnes sur place.

Mais après minuit, des appels d’urgence aux secouristes se sont multipliés, et six hélicoptères ont été déployés afin d’évacuer des blessés dans des hôpitaux de Safed et Nahariya, deux villes du nord du pays. Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a confirmé avoir déployé des hélicoptères afin de porter secours aux victimes.

Des embouteillages monstres sur les routes menant au nord du pays ont été signalés par la police qui avait déployé 5 000 agents afin d’assurer la sécurité de cet événement.

En 2019, un an avant la pandémie qui avait forcé en 2020 l’annulation du pèlerinage, les organisateurs avaient estimé à 250 000 le nombre de pèlerins s’étant rendus sur place.

À la faveur d’une intense campagne de vaccination ayant permis de vacciner 80 % de la population âgée de plus de 20 ans, Israël a rouvert début mars bars, restaurants et autorisé de grands rassemblements extérieurs.

 

France 24 / AFP

Irak: plus de 80 morts dans l’incendie d’un hôpital à Bagdad, un ministre suspendu

 

Drapeau, Bannière, Nation, Emblème, PaysTout a commencé avant l’aube avec l’explosion de bouteilles d’oxygène « stockées sans respect des conditions de sécurité », selon des médecins de l’hôpital Ibn al-Khatib, à Bagdad. Puis, les flammes ont dévoré des heures durant des faux-plafonds non ignifugés sous lesquels des patients sous respirateur ont été brutalement arrachés à leur lit.

Selon un dernier bilan du ministère de l’Intérieur, « 82 personnes ont été tuées et 110 blessées » dans la capitale d’un pays dont le système de santé est délabré depuis des décennies. Si le nombre de victimes est si élevé, c’est parce que l’hôpital n’était pas équipé et parce que les pompiers ne sont pas immédiatement arrivés dans l’hôpital situé dans la périphérie reculée de Bagdad.

Pendant des heures, une cohue de malades et de proches ont tenté de s’échapper du bâtiment, par des escaliers de service étriqués, aidés seulement de nombreux habitants venus prêter main-forte. Amir, 35 ans, a raconté avoir « sauvé de justesse ses frères qui se trouvaient à l’hôpital. Ce sont les gens qui ont sorti les blessés ».

« L’hôpital n’a pas de système de protection contre les incendies et les faux-plafonds ont permis la propagation du feu », a expliqué la Défense civile. « La plupart des victimes sont mortes car elles ont été déplacées et privées de ventilateurs. D’autres ont été étouffées par la fumée. »

Hashtag « démission »

Après ce drame, le hashtag « Démission du ministre de la Santé », resté aux abonnés absents depuis l’incendie, a été en tête des mots-clés sur Twitter en Irak.

Le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, qui a proclamé trois jours de deuil national, a répondu à moitié. Il a « suspendu » et « mis à la disposition des enquêteurs » le ministre de la Santé Hassan al-Tamimi, un proche du très turbulent leader chiite Moqtada Sadr.

La même sanction a été appliquée au gouverneur de Bagdad, Mohammed Jaber, et au patron de la Santé pour l’est de Bagdad. « Les résultats de cette enquête seront présentés sous cinq jours au gouvernement », selon un communiqué du bureau de M. Kazimi.

Le directeur de l’hôpital et les chef de la sécurité et de l’entretien technique d’Ibn al-Khatib, eux, ont été convoqués pour un interrogatoire dans la nuit.

Au-delà du bilan extrêmement lourd, les Irakiens ont exprimé leur colère après l’attribution de l’incendie à la négligence. Un phénomène qui va de pair en Irak avec la corruption endémique.Le président de la République irakien Barham Saleh a été très clair : « La tragédie d’Ibn al-Khatib est le résultat d’années de sape des institutions de l’Etat par la corruption et la mauvaise gestion. »

Pour la Commission gouvernementale des droits humains, c’est un « crime » contre « des patients harassés par le Covid-19 qui ont remis leur vie entre les mains du ministère de la Santé, et qui au lieu d’être guéris ont péri dans les flammes ».

 

La voix du Nord

Pour Human Rights Watch, Israël commet un « crime d’apartheid » contre les Palestiniens

 

 

Dôme, Dôme Du Rocher, JérusalemL’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a qualifié « d’apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, dans un rapport publié mardi. Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi avant même cette publication, estimant auprès de l’AFP qu’il s’agissait d’un « tract de propagande » sans lien « avec les faits ou la vérité sur le terrain » et rédigé par une organisation mue « de longue date par un agenda anti-israélien ».

Des ONG israéliennes utilisent depuis quelques mois le terme « apartheid » pour désigner les politiques d’Israël à l’égard des Arabes israéliens –descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l’Etat hébreu– et des Palestiniens de Cisjordanie occupée, Gaza sous blocus et Jérusalem-Est annexée. Mais c’est la première fois qu’une grande ONG internationale de défense des droits humains la reprend à son compte. « Sur la base de ses recherches, Human Rights Watch conclut que le gouvernement israélien maintient une domination délibérée de la population juive israélienne sur les Palestiniens à travers Israël et les Territoires occupés », souligne le rapport.

Lorsque cette « domination délibérée » s’ajoute à une « oppression systématique » et à des « actes inhumains », « il s’agit du crime d’apartheid », conclut HRW, disant se fonder sur la définition légale de l’apartheid et non sur une comparaison avec l’ancienne politique raciale de l’Afrique du Sud. « Depuis des années, nous disons que nous sommes proches de l’apartheid (en Israël/Palestine), et je crois qu’il est maintenant clair que le seuil a été franchi », a déclaré à l’AFP Omar Shakir, auteur de ce rapport de 200 pages.

Ce « seuil » a été franchi ces dernières années avec l’essor des colonies israéliennes à Jérusalem-Est, portion orientale de la Ville sainte annexée par Israël, et en Cisjordanie occupée où vivent désormais près de 700.000 colons, a précisé M. Shakir, estimant que les colonies israéliennes qui devaient être « temporaires » sont devenues des constructions « permanentes » faute d’accord sur la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Justice internationale

La décision de HRW d’utiliser un terme aussi chargé qu' »apartheid » mais aussi de qualifier de « persécution » la politique israélienne envers sa minorité arabe et les Palestiniens, intervient quelques semaines après l’annonce par la Cour pénale internationale (CPI) de l’ouverture d’une enquête sur des crimes présumés commis par Israël depuis 2014 dans les Territoires occupés. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié « d’antisémite » la décision de la CPI. L’avenir de cette enquête –qui comprend un volet sur l’expansion des colonies– est désormais entre les mains du futur procureur Karim Khan qui doit succéder mi-juin à Fatou Bensouda.

HRW a appelé le futur procureur à « s’en tenir aux faits », à « mener une enquête indépendante » et à « traduire en justice les personnes impliquées dans des crimes sérieux, incluant ceux d’apartheid et de persécution », a indiqué M. Shakir, actuellement en Jordanie après son expulsion d’Israël en novembre 2019. L’ONG, dont le siège est à New York, exhorte aussi l’ONU à créer une « commission d’enquête internationale » sur la situation en Israël et dans les Territoires, et les pays à ne « pas être complices » de la politique israélienne envers les Palestiniens, sans toutefois les appeler à boycotter l’Etat hébreu, a souligné M. Shakir. HRW a aussi demandé à l’Autorité palestinienne de « cesser sa coordination sécuritaire » avec l’Etat hébreu afin de ne pas être elle-même « complice » d' »apartheid ». Le président Mahmoud Abbas a suspendu pendant plusieurs mois en 2020 cette coopération avec Israël, ce qui a entraîné un gel des transferts des taxes douanières perçues par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Paris Match

Ramadan 2021 : la Grande Mosquée de Paris demande une levée du couvre-feu pour la Nuit du Destin

Paris, France, Minaret, Mosquée-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, souhaite que les musulmans puissent se rendre dans les mosquées à l’occasion de la Nuit du Destin. Celle-ci pourrait avoir lieu la 27e nuit du mois du Ramadan, qui correspond cette année à la nuit du samedi 8 au dimanche 9 mai. C’est cette date que retient la Grande Mosquée de Paris pour fonder sa demande.

Dans un courrier adressé mercredi 21 avril au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, il rappelle l’importance de ce moment pour les fidèles et demande en conséquence, « une levée du couvre-feu à titre exceptionnel pour la nuit en question et partout sur le territoire où il serait encore effectif ».

« Depuis le début de la crise sanitaire, les musulmans de France et les responsables des lieux de culte musulmans ont fait preuve d’un sens citoyen et d’une responsabilité irréprochable. Au cours de ce mois de Ramadan, ils ont encore admis et respecté l’impossibilité de se réunir dans les mosquées à la tombée du jour comme le veut la pratique musulmane habituelle », a-t-il écrit.

« Pour la Nuit du Destin, ils sauront mettre en œuvre toutes les limites et les conditions nécessaires au rassemblement des fidèles sans aucun risque sanitaire », assure le recteur, qui rappelle dans sa missive que cette occasion sera aussi celle qui permettra aussi aux fidèles de s’acquitter de l’aumône spécifique du mois du Ramadan, la zakat al-fitr « aux plus nécessiteux ou aux mosquées qui affrontent depuis plus d’un une situation financière très difficile ».

En décembre 2020, le couvre-feu avait été exceptionnellement levé le soir de Noël pour les messes de minuit, qui s’étaient alors déroulées dans un certain nombre d’églises dans le respect des règles sanitaires en vigueur.

 

Saphirnews

Des embryons mi-singe mi-humain créés en laboratoire pour la première fois

Main, Singe, Corde, GorillePour la toute première fois, une équipe de recherche internationale a créé des embryons chimères composés à la fois de cellules de singes et d’humains. Si l’expérience relance le débat sur l’éthique des manipulations génétiques, notons qu’elle a été couronnée de succès. Elle vise à aider les scientifiques à trouver de nouvelles façons de cultiver des organes destinés à des greffes humaines, rapportait NPR  le 15 avril.

Le projet est parti d’un constat simple. Trouver des organes disponibles pour la transplantation devient de plus en plus difficile chaque année, en France comme dans le reste du monde. En utilisant les cellules-souches, les scientifiques cherchent donc une alternative. En combinant des cellules humaines et animales de porcs et de moutons, ils espèrent faire pousser des organes humains chez ces animaux.

Dans l’expérience, les scientifiques ont injecté 25 « cellules-souches pluripotentes induites » d’humains dans 132 embryons de macaques âgés de six jours. De fait, ces primates sont bien plus proches de nous génétiquement que les moutons et les porcs. Après dix jours, 103 embryons chimériques se sont formés. Au jour 19, cependant, il ne restait que trois chimères vivantes – et elles ont ensuite été arrêtées.

« Ces connaissances nous permettront de revenir en arrière et d’essayer de repenser ces voies qui permettent un développement approprié des cellules humaines chez ces autres animaux », a déclaré Juan Carlos Izpisua Belmonte, professeur de génétique à l’Institut Salk en sciences biologiques, en Californie, et coauteur de l’étude. «Notre objectif n’est pas de générer un nouvel organisme, ni un monstre », a ajouté le chercheur. « Et nous ne faisons rien de tel. Nous essayons de comprendre comment les cellules de différents organismes communiquent entre elles. »

D’après les chercheur.euse.s, le fait d’avoir vu des cellules humaines croître à un rythme aussi élevé pourrait être une percée. Mais malgré ce succès scientifique, la recherche soulève un certain nombre de questions éthiques. En effet, une expérience chinoise en 2019 avait permis de créer des chimères porc-macaque, mais ces derniers étaient morts une semaine après leur naissance.

Dans le cas de l’utilisation de cellules humaines, les limites à ne pas dépasser sont donc encore à fixer. Quant à la question de savoir s’il est éthique d’utiliser des animaux pour « cultiver » des organes à destination des humains, les scientifiques ont visiblement déjà répondu.

NPR

Mosquée de Strasbourg : le bras de fer entre l’Etat et la mairie EELV de Strasbourg se durcit

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Deux semaines après le vote par le conseil municipal de Strasbourg du «principe» d’une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée, le préfet du Bas-Rhin a annoncé saisir la justice.

 

Bras de fer entre l’Etat et la maire écologiste de Strasbourg : deux semaines après un vote controversé sur le «principe» d’une subvention municipale de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée, le préfet du Bas-Rhin a annoncé le 6 avril saisir la justice afin de faire annuler cette «décision litigieuse». Le vote du conseil municipal du 22 mars avait suscité une vive réaction du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a reproché à la maire (EELV) Jeanne Barseghian de financer une «ingérence étrangère», en l’occurrence celle de la Turquie, sur le sol français. Le ministre a également reproché à la Confédération islamique du Millî Görüs (CIMG), qui porte le projet, de ne pas avoir signé la «Charte des principes de l’islam de France».

«Les échanges de courriers récents» entre le préfet du Bas-Rhin Josiane Chevalier et le maire n’ont «pas permis d’aboutir au retrait de la délibération du conseil municipal», a fait savoir la préfecture, annonçant sa décision de «déférer la délibération litigieuse au tribunal administratif de Strasbourg». «Il s’agit d’obtenir l’annulation de la délibération du conseil municipal dont nous contestons la légalité», a indiqué la préfecture à l’AFP, sans plus de précisions sur les moyens juridiques invoqués. La préfecture rappelle que la subvention, qui devait encore être confirmée par un second vote du conseil municipal, est destinée à la CIMG qui conduit le projet de la Grande mosquée Eyyub Sultan, en cours de construction à Strasbourg.  «La Ville de Strasbourg prend acte du déféré, par la préfète de Région (et du Bas-Rhin, ndlr) Josiane Chevalier, de la délibération relative au principe d’une subvention à la mosquée Eyyub Sultan auprès du tribunal administratif (TA) de Strasbourg», a indiqué peu après la ville dans un communiqué. Le président du futur lieu de culte et de la CIMG Région Grand Est Eyüp Sahin s’est dit «particulièrement affecté» par les «nombreuses accusations» visant son association et son projet. Dans une déclaration de principe endossée par deux autres organisations islamiques, Millî Görüs a proclamé à cette occasion son «adhésion aux principes de la République [et son] rejet de l’influence des Etats étrangers». Selon un sondage Ifop publié ce 7 avril et commandé par le Grand Orient de France, les Français interrogés sont très défavorables au projet de construction de cette mosquée. L’institut de sondage évoque un «cinglant désaveu» et assène : «85% des Français s’y opposent, comme 81% des Alsaciens-Mosellans, 79% des Strasbourgeois et 87% sympathisants EELV.»

Le 1er avril, la mairie de Strasbourg avait indiqué que la décision définitive sur l’attribution de la subvention controversée serait «prise rapidement, en transparence», dans le courant du mois. La ville de Strasbourg avait également indiqué avoir présenté des «exigences» aux porteurs du projet «en termes de solidité du plan de financement et d’adhésion sans équivoque aux principes républicains». La maire, Jeanne Barseghian, a également affirmé dans une lettre à Emmanuel Macron n’avoir reçu jusqu’au 23 mars «aucune alerte» de l’Etat sur Millî Görüs et son projet.

Millî Görüs rejette les accusations d’allégeance à Ankara ou de «séparatisme».

Le Concordat d’Alsace-Moselle autorise les collectivités à financer la construction d’édifices religieux. Millî Görüs a ainsi entretenu des contacts avec l’Etat dans le passé, obtenant en 2020 une «subvention» de 2 500 euros pour une «action caritative» ou nouant avec lui une «convention» pour lutter contre l’insécurité routière. Millî Görüs a également déposé un projet de salle de prière auprès des services de la Ville de Mulhouse (Haut-Rhin). De son côté, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait jugé le 1er avril que Millî Görüs allait «à l’encontre des valeurs de la République» et n’avait «pas vocation à organiser des activités, à exister dans la République», sans toutefois annoncer la dissolution de cette organisation. L’association Millî Görüs a pour sa part vivement récusé les accusations, selon elle «infondées», d’allégeance à Ankara ou de «séparatisme», lors d’une conférence de presse le 6 avril. Eyüp Sahin, président du lieu de culte en construction et de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG) Est, a déclaré : «Nous avons été décriés tantôt comme étant des personnes instrumentalisées par des gouvernements étrangers, tantôt comme des personnes qui utilisent la religion pour faire de la politique.» Millî Görüs a toutefois refusé de signer la charte demandée par le gouvernement. Le président de la CIMG France, Fatih Sarikir, s’est défendu : «La Charte provisoire n’a aucune valeur juridique». Eyüp Sahin déclare enfin que le financement du projet de mosquée est «transparent» et que les «accusations d’islam politique sont fausses, infondées».

RT France

Couvre-feu sur nos âmes

 

Maroc, Casablanca, Mosquée Hassan, Hassan, Islam

Voilà maintenant un an que le monde vit au rythme imposé par un virus, le Covid, parti de Chine fin 2019. L’origine de ce virus reste à ce jour inconnue, peu importe, la menace existe et il faut continuer d’alimenter la phobie collective. En première ligne, les médias, qui exercent une influence pernicieuse sur le processus qui forme la vision psychologique du monde au sein de la société, en communiquant tous les jours le nombre de malades et de contaminés. Des médias, qui, par ailleurs, se sont mis récemment au service de grands groupes pharmaceutiques désireux de commercialiser leurs vaccins anti-Covid, alors même que des traitements efficaces existent. Médias et pouvoirs publics ont en effet négligé et discrédité depuis le début de l’épidémie, des solutions comme l’hydroxychloroquine ou l’artémisia annua efficientes contre le Covid. Bien entendu, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec les médias sont taxés de complotistes, insulte facile qui empêche tout un chacun, d’émettre la moindre critique sur la situation actuelle. Le seul contrepoids à ce storytelling anxiogène, reste les rares alerteurs présents sur Internet, ces derniers subissant de plus en plus la censure des GAFAM. Nous serons probablement nous-mêmes taxés de complotistes en soulevant un certain nombre de questions qui nous paraissent nébuleuses.

En France, ce virus qui est mortel pour « seulement » environ 0,14% de la population, a causé la plus grave crise économique de l’après-guerre, en raison des confinements et des couvre-feux imposés à la population depuis plusieurs mois par le pouvoir politique. Des pans de secteurs-clés de l’économie comme le tourisme, la restauration et la culture qui faisaient la gloire de la France, se sont effondrés. Voilà plusieurs mois que la population française vit cloîtrée, masquée et privée d’interactions sociales les plus basiques, sans pouvoir se projeter, en se demandant où ce chaos va la mener. Notre existence ne voit sa signification que comme une fonction des liens sociétaux, l’isolation hédoniste nous fait perdre notre soi. Des mois qu’une majeure partie de la population est dans un état végétatif, écrasée sous le poids d’injonctions contradictoires et irrationnelles, d’une classe politique dont les décisions relèvent davantage d’impératifs économiques ciblés que de santé publique. Des mois que cette crise a plongé les plus fragiles d’entre nous dans la précarité et le désespoir. Dès le début de l’épidémie, le Président E. Macron, dans un ton martial, déclarait que « la France était en guerre ». Cette dernière semble être menée contre le peuple français, l’affaiblissant de jour en jour, en misant sur la stratégie du chaos. En un an, nous sommes passés d’une société de l’exubérance à une société de l’inertie. Une société dans laquelle toute conduite est réglementée devient figée, elle risque de périr par ossification et de laisser place aux dérives d’une société du contrôle, d’une globalisation du « QR code ». Le désespoir existentiel, si largement ressenti aujourd’hui dans la population provient en particulier de l’effondrement des valeurs, comme les valeurs transcendantales. En l’absence de valeurs solides, nous en sommes réduits à de simples consommateurs ou à suivre les préférences. Les individus ne recherchent que leur propre intérêt ou caprice. Le sociologue Robert M. MacIver les qualifia d’individus anomiques, qui n’ont aucun sens de la responsabilité ou de l’engagement social. Les suicides en augmentation depuis la crise du Covid sont une manière de fuir la « dégradation de la vie » elle-même. L’anxiété, également en croissance, se révèle dans des complots imaginaires et dans l’idée qu’un groupe malfaisant prépare la destruction du pays.Avec Internet, Netflix et les réseaux sociaux, l’individu est réduit à l’insignifiance mentale par le « super flux » de culture et par l’inondation de données qu’il est incapable de digérer.

Le virus du Covid a fait place dans les médias à la rhétorique autour du nouveau monde ou du monde d’après. Faudrait-il encore que cette crise ait réussi à réveiller les consciences en vue d’un changement radical. La consommation est toujours là pour cacher la vacuité de l’existence et rendre la vie agréable. Les valeurs de conscience de groupe et  de coopération ont laissé place à l’individualisme et à la compétition. Dans une société d’aliénation totale, les gens réagissent soit par la violence soit par le désespoir. Le nihilisme et l’ennui si courants aujourd’hui, sont les conséquences directes de l’aliénation. La rapidité des changements sociaux a diminué la force des valeurs acceptées en nous obligeant à adopter une position subjective. C’est la raison pour laquelle, les gens n’essaient plus de prendre une position morale, mais cherchent à « s’adapter » malgré les nombreuses restrictions. Le pouvoir et l’influence d’internet, du fait de son usage individuel massivement consumériste et distractif qui isole l’individu, rencontre des limites, en particulier sur le terrain de l ‘engagement citoyen. Le mécontentement et la colère sont certains, mais où sont les manifestants dans la vie réelle à part les Gilets jaunes ? De profonds remous protestataires sont-ils à craindre si la situation venait à se dégrader ? La dérive de ce monde est d’engendrer des déséquilibres sociaux qui ne sont que la conséquence du spirituel dans le temporel au profit d’une superpuissance marchande et technologique. L’existence d’un état de frustration très répandu est à l’origine de l’augmentation de la violence que connait notre société actuelle. Le scientifique Donald Schön reconnait que notre société est témoin d’une disparition des organisations et institutions stables, supports de l’identité et des systèmes de valeurs.  Il ajoutait que « le changement a une puissance énorme…et produit une angoisse énorme ». Nous vivons dans une instabilité permanente, l’individu n’est pas destiné à vivre dans un environnement en perpétuel bouleversement. La plupart de nos frustrations proviennent en effet de la trop grande vitesse du changement social issu de l’expansion de la science et de la technologie.

Que révèle cette crise inédite d’un point de vue sociétal, dont le Covid est une prémisse ? Que de nombreuses idéologies ont échoué. Que les totalitarismes sont devenus de plus en plus protéiformes. Que les mesures liberticides imposées aux peuples ne sont que sécuritaires. L’État-nation n’est devenu qu’un simple appareil sécuritaire au service de méga-entreprises. Les États, dont la France, sont poussés à des démarches et des volontés économiquement irrationnelles pour des motifs à caractère méta économiques. Les méga industries pharmaceutiques exercent en effet des pressions considérables sur les gouvernements. La mondialisation n’est rien d’autre qu’une extension totalitaire de leur logique appliquée à tous les domaines de l’existence. Des méga groupes économiques, dont les laboratoires pharmaceutiques, avec la vaccination de masse « forcée », s’activent pour mettre en place un nouvel ordre mondial. Orwell avec son ouvrage 1984 célébré comme le visionnaire critique des défauts de la société capitaliste est aujourd’hui dépassé ! L’excès d’informations mène à la confusion et nous empêche de réfléchir. En manipulant l’information, le pouvoir totalitaire détruit le critère même de vérité. Puisque la vérité est changeante, en fonction des besoins du pouvoir, le mensonge peut devenir vérité ou plutôt c’est la notion même de vérité qui disparait. Il y a quelques mois, selon le gouvernement, le port du masque était inutile dans la rue, il est aujourd’hui obligatoire sous peine d’amende (même si d’éminents scientifiques continuent de dire que le masque ne protège pas du Covid).

Le monde dans lequel nous sommes embarqués en ce début du XXIème siècle est celui de la mondialisation néolibérale et de l’émergence de nouvelles puissances. Nous assistons avec la crise du Covid à une transition majeure, le passage d’un monde ancien vers un monde nouveau. La révolution numérique est en train de transformer nos vies encore plus radicalement que la révolution industrielle. Les techniques de surveillance, de manipulation, de censure sont à l’œuvre pour dérouler la feuille de route du nouvel ordre mondial. Le futur proche est celui des robots, et annonce une nouvelle humanité ou plutôt devrions nous dire une inhumanité, dont les programmes de port du masque et de distanciation sociale ne sont que les catalyseurs d’une habituation à côtoyer les machines. La vogue actuelle des grands laboratoires de recherche scientifique est en effet celle d’une technologie toute puissante qui prévoit de créer un « homme machine » ou une machine qui dominera l’Homme dans un projet qui dépasse de beaucoup l’entendement des religions. Ce siècle voit la rivalité du fondamentalisme religieux et du fondamentalisme technologique avec au centre, l’Homme comme première victime. Le transhumanisme, la religion du mondialisme, créerait moins une unité mondiale qu’elle unifierait les forts en excluant les faibles sur des critères d’humanité somatique et psychologique en recourant à la vaccination pour les personnes âgées ou les plus vulnérables. Le transhumanisme peut devenir dangereux quand il est transgressif, qu’il touche au patrimoine génétique en voulant modifier le génome humain, avec les vaccins à ARN messager anti-Covid, dont nous sommes aujourd’hui les cobayes. Les religions condamneraient un transhumanisme areligieux, qui ignore les frontières entre le naturel et l’artificiel, entre matière et esprit, entre vivant et non-vivant.

La  crise spirituelle que nous traversons a fait dégénérer la raison et la structure sociale des sociétés. Plus la morale diminue, plus la compétition frénétique se transforme en individualisme agressif, en mécontentement et en anarchie. La régression de la pensée religieuse a désagrégé la formation de la conscience humaine. L’acceptation des vérités fondamentales d’une religion permet en effet à l’homme tout un champ de cognition possible où son esprit peut se mettre à la recherche de la Vérité. Redécouvrir des valeurs religieuses nous renforce, nous montre le sens de la vie, de la mort et de l’Histoire. C’est une des raisons pour laquelle, le croyant vit avec moins de difficultés la crise actuelle. La spiritualité facilite aussi notre acceptation introspective de notre intériorité. Le monde moderne est plongé dans une course folle où les identités individuelles et collectives seront sacrifiées sur l’autel d’un nouvel ordre mondial. Des pays comme la Chine et Israël, ont déjà mis en place des programmes de surveillance, de contrôle (Crédit social en Chine) et de traçage (Passeport vert en Israël). Avec la crise du Covid, nous sommes entrés dans l’ère d’une « normalité totalitaire » avec les nombreuses restrictions imposées aux peuples depuis un an. La caractéristique principale du totalitarisme nous rappelle Guy Hermet c’est « de pouvoir, en permanence, limiter la possibilité d’action autonome dans n’importe quelle sphère d’activité sociale ».

Nous assistons finalement à l’échec de la modernité, une inversion des valeurs, où le mensonge domine la vérité, où l’incompétence domine la compétence, où la bêtise domine l’intelligence, où le vulgaire a triomphé. Nous sommes les témoins semble-t-il, d’une lutte qui oppose les forces du Mal à celles du Bien. L’eschatologie interprète notre époque comme l’avènement de la fin des Temps. Emmanuel Macron, dans une interview accordée au Financial Times en avril 2020, déclarait que « la Bête de l’événement est là et elle arrive. » À quoi faisait-il allusion ? Nous sommes en droit d’attendre, de la part du chef de l’État, un discours clair qui analyse les faits et propose des actions à mener. En lieu et place, E. Macron développe une rhétorique tortueuse et sibylline. Mais à quelle Bête faisait référence E. Macron ? A la Bête de l’Apocalypse, figure de l’eschatologie chrétienne qui symbolise le pouvoir de Satan et de ses moyens mis en oeuvre pour arriver à ses fins ? Au Dajjal, le grand trompeur dans l’eschatologie musulmane, qui régnera à la fin des Temps ? Ou E. Macron faisait-il allusion à l’imminente arrivée du Machia’h dans la tradition juive ? La Bête sera-t-elle incarnée par le Nouvel Ordre Mondial auquel il faudra adhérer en recevant la vaccination ? Ou le visage de la Bête sera-t-il celui d’une intelligence artificielle supérieure qui scrutera tout ?

La crise anthropologique de la démocratie qui n’a pas été capable de relever le défi de l’harmonie touche sans doute à sa fin. Le post-modernisme sera celui du fondamentalisme religieux et du fondamentalisme technologique. Seul un monde « para primitif », dépourvu de tensions créées par le libéralisme et l’instabilité de l’environnement, pourra donner à l’homme le temps, l’espoir et la sensibilité qui lui permettront de s’intéresser à son intériorité. De grandes et profondes mutations à l’échelle mondiale se déroulent sous nos yeux. La vérité apparente fera place à la vérité cachée. Nous devons user de notre libre arbitre, choisir notre vie et redevenir souverain, si nous ne voulons pas connaitre le monde cauchemardesque prévu par les savants-fous du tout technologique,  des milliardaires qui ambitionnent de contrôler l’humanité. Enfin, pour ne pas conclure, nous citerons le Coran : « Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n’en sont pas conscients » (S.6, v.123).

 

Fatima Achouri

 

 

 

Ouvrages utilisés :

Repenser la vie- G. Rattray Taylor- Éd. Calmann- Lévy-1972

Totalitarismes – G. Hermet- Éd. Économica- 1984

Islam 2.0- F. Achouri -Éd. Michalon- 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Initiative anti-niqab : le « oui » à l’interdiction du voile intégral en Suisse adopté

 

Niqab, Voile, Femme, Phoque À CapuchonL’initiative populaire « Oui à l’interdiction de dissimuler son visage » en Suisse, aussi appelée initiative « anti-burqa », a été adoptée dimanche 7 mars d’une courte majorité. Elle a obtenu 51,21 % des suffrages et une majorité de cantons (20 sur 26), selon les résultats officiels publiés par le gouvernement fédéral. Le taux de participation s’est, quant à lui, élevé à 51.4 %.

La Suisse rejoint ainsi plusieurs pays européens comme la France, l’Autriche, la Belgique ou encore le Danemark dans l’interdiction du voile intégral dans l’espace public.

Les deux autres initiatives soumises au scrutin ce dimanche donnent le oui à un accord de partenariat économique avec l’Indonésie (51,6 %) mais rejettent l’introduction d’une Loi fédérale sur les services d’identification électronique (64,3 %).

 

Saphirnews