A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

Déconfinement des lieux de culte : la jauge reste limitée à 30 personnes, l’Eglise catholique en colère

Au surlendemain des annonces d’Emmanuel Macron autour du déconfinement progressif de la France, le Premier ministre Jean Castex a précisé, jeudi 26 novembre, les mesures qui entreront en vigueur dès samedi 28 novembre.

A cette dates, les offices religieux publics pourront à nouveau reprendre dans les lieux de cultes. Néanmoins, et contrairement à ce qu’imaginaient les responsables des cultes, l’Eglise catholique en tête, le chef du gouvernement a confirmé que la jauge est limitée à 30 personnes maximum par office, dans le strict respect des règles sanitaires.

« Cette jauge évoluera en fonction de la situation sanitaire et l’échéance du 15 décembre », a indiqué Jean Castex. « Il pourra s’agir d’une jauge en fonction de la capacité globale d’accueil des lieux. Les discussions se poursuivent avec les autorités religieuses. »


La colère de l’Eglise catholique

Ces annonces ont suscité une réaction immédiate du côté des représentants du culte catholique, notamment celle de la Conférence des évêques de France, qui a fait savoir que la jauge à 30 personnes est une mesure « irréaliste et inapplicable ». « C’est avec regret que la Conférence des Evêques de France apprend que la jauge de 30 personnes par lieu de culte pour les célébrations est maintenue pour ce dimanche. Après l’appel du Président de la République à l’issue de son discours, elle attendait une rectification de cette mesure et la mise en place d’une jauge réaliste dès ce 28 novembre. Il n’en est rien ! », s’indigne-t-on.

« Le Premier ministre explique sa fermeté par la situation épidémiologique ; néanmoins, les protocoles présentés par les différentes religions auraient pu permettre des décisions plus facilement applicables et équitables. La CEF s’interroge sur les véritables critères utilisés par le gouvernement pour fixer les conditions de ce confinement », poursuit l’Eglise. « Certes, les cultes ne sont pas des commerces mais traiter ainsi les religions, c’est considéré comme accessoire la foi de millions de croyants. C’est une grave erreur pour notre société toute entière. »

« Le Premier ministre s’est engagé à ouvrir la discussion sans attendre pour permettre dès que possible une jauge proportionnée à la taille des édifices. La Conférence des Évêques de France réclame une concertation plus efficace pour aboutir à un accord. Dans ce contexte, elle se réserve toujours la possibilité d’utiliser les moyens de droits appropriés », lance-t-elle en guise d’avertissement.


Une mesure « complètement stupide qui contredit simplement le bon sens »

La veille, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a fustigé « une mesure complètement stupide qui contredit simplement le bon sens » sur les ondes de Radio Notre-Dame. Selon lui, cette annonce n’est pas du tout conforme à la conclusion des échanges qui avait eu lieu entre les autorités et les responsables des cultes.

« Encore une fois, on se moque de nous », a-t-il lancé, avant de souligner l’incohérence de cette décision. « 30 personnes dans une petite église de village, on comprend, mais à Saint-Sulpice c’est ridicule ! On a des paroissiens qui viennent à 2 000 dans certaines paroisses de Paris. On va s’arrêter à 31 ? C’est ridicule ! »

Pour lui, ce dialogue de sourd remet en cause la confiance placée en l’exécutif. « Là, c’est fini. On nous infantilise, on ne nous prend pas au sérieux », assène-il. « Jusqu’à présent, nous avons été extrêmement loyaux envers les autorités légitimes comme saint Pierre et saint Paul nous le demandent, mais quand on va trop loin, et qu’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. »

Saphirnews

Washington va considérer le mouvement de boycott d’Israël comme «antisémite», annonce Pompeo

Les États-Unis vont prendre des mesures «immédiates» contre des organisations liées au mouvement BDS de boycottage d’Israël, jugé «antisémite», a déclaré jeudi 19 novembre à Jérusalem le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël, visant à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation israéliennes des Territoires palestiniens. Ses soutiens s’appuient sur l’exemple de l’Afrique du Sud, affirmant que le boycott du pays a permis de mettre fin au régime d’apartheid.

«Aujourd’hui, je veux faire une annonce (…) nous allons prendre des mesures immédiates pour identifier des organisations impliquées dans la campagne de haine menée par le BDS et retirer le soutien américain à ces groupes», a-t-il déclaré lors d’un point de presse avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. «Nous prendrons des mesures immédiates pour identifier des organisations impliquées dans la campagne de haine menée par le BDS et retirer le soutien américain à ces groupes», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, il a ensuite précisé qu’il s’agirait d’identifier les organisations dont les activités visent à «pénaliser ou limiter des relations commerciales avec Israël spécifiquement, ou avec des personnes faisant des affaires en Israël ou dans tout territoire contrôlé par Israël». «Le département d’État examinera l’usage de ses propres fonds pour vérifier qu’ils ne sont pas utilisés pour soutenir la campagne mondiale BDS», a-t-il poursuivi.

En février, Pompeo avait accusé l’ONU d’un «parti pris anti-Israël» après la diffusion d’une liste de sociétés opérant dans les colonies israéliennes, considérées comme illégales par le droit international. Cette publication «facilite» la campagne du BDS et «délégitime Israël», avait estimé le chef de la diplomatie américaine.

L’antenne du BDS en Cisjordanie occupée a affirmé «rejeter toutes les formes de racisme, dont l’antisémitisme», accusant l’administration Trump «d’essayer de discréditer le mouvement».

De son côté, Human Rights Watch (HRW) a estimé que «l’administration Trump sape le combat commun contre le fléau de l’antisémitisme en l’assimilant aux plaidoyers pacifistes des boycotts». «L’administration Trump ne devrait pas essayer de vilipender en place publique des groupes parce qu’ils soutiennent des boycotts», a affirmé dans un communiqué Eric Goldstein, directeur de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW.

Une visite sur le plateau du Golan

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexé s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion du Premier ministre Benyamin Netanyahou et avec la bienveillance de son allié à Washington, Donald Trump.

Mike Pompeo a également annoncé qu’il se rendrait dans la journée sur le plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israël depuis 1967. «Aujourd’hui j’aurai la chance de visiter le plateau du Golan. La simple reconnaissance de ce territoire comme faisant partie d’Israël était une décision d’une importance historique du président Trump en même temps qu’une simple reconnaissance de la réalité», a-t-il déclaré.

En mars 2019, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie. Plus de 450.000 Israéliens vivent dans les colonies, jugées illégales par le droit international, en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent aussi environ 2,8 millions de Palestiniens.

Le Figaro.fr

Islam de France : le CFCM présente à l’Elysée un projet de « conseil des imams »

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman, reçus mercredi soir par Emmanuel Macron, rédigeront dans les quinze jours, une « charte des valeurs républicaines ».

Emmanuel Macron a reçu, mercredi 18 novembre soir, les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui, à sa demande, ont présenté les grandes lignes d’un conseil national des imams chargé de labelliser les imams en France.

Le chef de l’Etat leur a en outre demandé de rédiger d’ici à quinze jours, en lien avec le ministère de l’intérieur, une « charte des valeurs républicaines » sur laquelle devront s’engager le CFCM et les neuf fédérations qui le composent. Il leur a donné rendez-vous dans une quinzaine de jours pour venir lui présenter cette charte, a indiqué l’Elysée, confirmant les informations du Figaro et du Parisien.

Cette charte devra affirmer la reconnaissance des valeurs de la République, préciser que l’islam en France est une religion et pas un mouvement politique, et stipuler la fin de l’ingérence ou de l’affiliation à des Etats étrangers.

Sortir des positions ambiguës

Depuis son discours contre le séparatisme et l’islam radical début octobre, et encore plus depuis l’assassinat de Samuel Paty et l’attentat de Nice, le chef de l’Etat a accentué sa pression sur les instances dirigeantes de l’islam en France pour lutter contre l’influence étrangère, la radicalisation et l’islam politique. Son objectif est de mettre fin, d’ici à quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers « détachés » par la Turquie, le Maroc et l’Algérie.

Le Monde/ AFP

« Rendez-nous la messe » : des catholiques réclament la réouverture des églises, des discussions à venir

Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est montré favorable à la réouverture des églises, appelant « au dialogue qui doit commencer demain entre les cultes et l’exécutif ».

Paris, Rennes ou Bordeaux… Des centaines de catholiques à travers la France ont réclamé au cours du week-end la possibilité de célébrer des messes, interdites pendant le confinement. Samedi 14 novembre, quelque deux cent cinquante personnes se sont rassemblées à Rennes. Dimanche matin, ils étaient trois cents devant la cathédrale de Bordeaux, certains entonnant des prières, qui ont valu aux organisateurs une convocation au commissariat. « Rendez-nous la messe », scandaient ceux qui s’étaient rassemblés devant l’église Saint-Sulpice, à Paris, vendredi soir. La préfecture a interdit le rassemblement qui était prévu dimanche sur la même place.

Les messes doivent-elles reprendre ? « A la condition que les conditions sanitaires soient respectées » dans les églises, a plaidé dimanche le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains, LR). « On est là sur une liberté fondamentale et le gouvernement doit y être attentif », a-t-il déclaré, invité du « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI », appelant « au dialogue qui doit commencer demain entre les cultes et l’exécutif ».

Gérald Darmanin recevra les représentants des cultes

Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, doit recevoir lundi les représentants des principaux cultes afin d’évoquer « les conditions dans lesquelles pourraient se tenir à nouveau des cérémonies dans les lieux de culte, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire ».

Le Conseil d’Etat a maintenu il y a une semaine l’interdiction des cérémonies religieuses avec un large public, telles que la messe dominicale. Le président du Sénat « souhaite que cette position soit revue », car « nous arrivons en effet dans un temps important, notamment pour la communauté chrétienne », l’Avent.

Quant à la mise en garde de M. Darmanin, qui n’hésitera pas, en cas « d’acte répété » et « manifestement contraire aux lois de la République », à « envoyer les policiers et gendarmes verbaliser » les catholiques qui manifesteraient pour la réouverture des églises, le président du Sénat a jugé que ce n’était pas la bonne « réponse » à des fidèles « qui expriment leur attente ».

A l’inverse de M. Larcher, le député (LR) Eric Woerth a pour sa part dit « comprendre » l’interdiction des messes, celles-ci constituant des « rassemblements ». En revanche, « ce serait incompréhensible que les églises ne soient pas ouvertes à Noël », a-t-il mis en garde dans l’émission « Questions politiques ». « Il faut rappeler les règles et il faut laisser les familles fêter dignement et normalement Noël », a encore insisté le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Interrogée sur BFM-TV, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a également plaidé pour la réouverture des lieux de culte, qui sont « en général assez vastes pour permettre le respect des distances ». « Il me paraît que l’exercice du culte est pour un grand nombre de nos compatriotes un soutien important dans un moment de vives tensions, de grandes angoisses », a-t-elle fait valoir.

A l’inverse, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou, a, sur France 3, défendu leur fermeture. « Je comprends le désarroi des catholiques, car Noël approche (…) et en plus les catholiques ont été durement touchés par les attentats de la Toussaint », a-t-il souligné. « Mais je m’en tiens à un principe de responsabilité. C’est dur, mais on doit tenir ensemble », a appuyé M. Bayou.

Le Monde / AFP

Face à la nouvelle vague de Corona en Europe, les juifs se rassemblent pour une prière collective

À la lumière de la montée de la morbidité en Europe, la Conférence rabbinique européenne a lancé un rassemblement de prière collectif avec des centaines de rabbins, des milliers de juifs et d’étudiants de yeshiva depuis Zoom et en respectant les consignes de distanciations.

Des milliers de personnes ont assisté hier (dimanche) à un rassemblement de prière de la Conférence rabbinique européenne, pour arrêter l’épidémie et guérir les patients juifs du Corona du monde entier, initié par le président de la conférence, le rabbin Pinchas Goldschmidt.

L’augmentation de la morbidité dans toute l’Europe a amené des milliers d’Européens et avec la participation de centaines de rabbins européens – dirigés par le président du Comité permanent de la Conférence rabbinique européenne et le rabbin Menachem Gelli de Londres, avec le rabbin Yachi Tobol, à prier en urgence. Pour rappel, la communauté juive en France a été fortement touchée par la première vague suite à des rassemblements lors des fêtes de Pourim.

Les étudiants de la yechiva Torat Chaim, dirigés par le directeur rabbinique de la conférence, Rosh Yeshiva Rabbi Moshe Lebel – qui sont en «capsule» depuis la fête de Pourim à la périphérie de Moscou, ont également assisté à la prière.

Le rassemblement, qui a été retransmis en direct à Kikar Hashabbat, a été ouvert par l’initiateur de la prière, président de la Conférence des rabbins européens, le rabbin Pinchas Goldschmidt, qui a apporté les versets du prophète, les psaumes et les articles des sages sur l’importance de nombreuses prières.

« Nous sommes au début de Parashat Vayera dans lequel nous avons enseigné à notre père Avraham l’importance du commandement de l’hospitalité et à notre grande tristesse c’est l’un des commandements qui a été gravement endommagé en raison de la terrible épidémie. »

Le GRP Goldschmidt a demandé aux participants de prier pour la guérison complète du grand rabbin Gaon Hanoch ben Blimla HaCohen Arentroy, gouverneur de l’Europe et du rabbin Yaakov Zvi Ben Liba, un ancien grand rabbin de Grande-Bretagne parmi d’autres patients de la communauté et en Israël.

En conclusion, le rav Goldschmidt a déclaré : « Nous devons orienter la bénédiction qui vous est offerte vers le succès des équipes médicales et des gouvernements afin que le Créateur envoie les décisions sages et envoie  les bons messagers du Créateur pour faire face à la terrible épidémie. »

Par la suite, le président du Royaume-Uni, le rabbin Ephraim Mirvis, a prononcé un discours. Entre autres choses, il a dit : « Dieu compare le peuple d’Israël aux étoiles et au sable sur le bord de la mer et ces deux entités peuvent être regroupées en un seul bloc. Ainsi, il nous est commandé de faire la parole de Dieu sans aucun doute et de nous unir comme un seul feu dans un seul cœur. «

Le rabbin Mirvis a cité le rabbin Shalom de Belz en disant : «Nos frères d’Israël sont en difficulté. Parce que quand nous voyons tout le peuple d’Israël comme ‘nos frères’, c’est la plus grande heure de la volonté de prier ensemble ».

L’assemblée s’est terminée par les paroles du vice-président de la Conférence et rabbin de France, sur l’importance de la prière dans l’unité et la vertu de celui qui prie pour son ami, puisque tous les habitants du monde ont besoin de cette prière. Le rabbin Korsia a fait une prière pour que Dieu préserve, protège les communautés en Europe en général et en France en particulier, qui a récemment fait face à une vague de terrorisme.

 

Infos. Israël. News

 

Dans un entretien à la chaîne Al-Jazira, Emmanuel Macron dit comprendre que les caricatures puissent « choquer » mais dénonce la violence

Lors d’un entretien avec la chaîne qatarie samedi, le président de la République a jugé « indigne » et « inadmissible » la campagne de boycottage des produits français dans certains pays musulmans après ses propos sur les caricatures.

Face à la colère qui monte dans le monde musulman contre la France, Emmanuel Macron a assuré, dans un entretien à la chaîne qatarie Al-Jazira, diffusé samedi 31 octobre, comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures de Mahomet mais qu’elles ne justifiaient pas la violence : « Je comprends qu’on puisse être choqué par des caricatures, mais je n’accepterai jamais qu’on puisse justifier la violence. Nos libertés, nos droits, je considère que c’est notre vocation de les protéger. »

Le chef de l’Etat a, par ailleurs, dénoncé les « manipulations » autour de ses propos sur les caricatures de Mahomet, venant « parfois de dirigeants politiques et religieux » qui ont laissé penser que ces dessins seraient « une émanation du gouvernement français » contre l’islam.

« Les réactions du monde musulman ont été dues à beaucoup de mensonges et au fait que les gens ont cru comprendre que moi, j’étais favorable à ces caricatures. (…) Je suis favorable à ce qu’on puisse écrire, penser, dessiner librement dans mon pays parce que je pense que c’est important, que c’est un droit, ce sont nos libertés. »

« Notre pays n’a de problème avec aucune religion »

Dans ce long entretien de près d’une heure, Emmanuel Macron revient sur l’importance du principe de laïcité, « ce terme si compliqué qui donne lieu à tant de malentendus » et qui « fait de la France un pays où nous souhaitons que chacun soit citoyen, quelle que soit sa religion ». « Contrairement à ce que j’ai beaucoup entendu ces derniers jours, notre pays n’a de problème avec aucune religion », et notamment l’islam, affirme-t-il.

Détaillant les « fondements du modèle républicain », il cite aussi la liberté de la presse, soulignant que les caricatures n’ont pas été publiées à l’initiative du gouvernement mais par « des journaux indépendants ». Les caricatures se moquent « des dirigeants politiques », de lui « le premier, et c’est normal, et de toutes les religions », dit-il.

« Dans beaucoup de pays qui ont appelé au boycottage » des produits français, « il n’y a plus de presse libre, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de possibilité de caricaturer, pas seulement le Prophète ou Dieu ou Moïse, mais les dirigeants mêmes du pays », fait-il remarquer.

Revenir sur ce droit en France reviendrait à « instaurer » une « forme d’ordre moral ou d’ordre religieux », avertit Emmanuel Macron, en regrettant que « beaucoup de pays dans le monde » aient « renoncé à la liberté d’expression ces dernières décennies parce qu’il y a eu des polémiques, par la peur, par le chaos des réactions ».

Que les « choses s’apaisent » avec Erdogan

Le président de la République a également jugé « indigne » et « inadmissible » la campagne de boycottage des produits français dans certains pays musulmans où des manifestations ont également eu lieu contre la publication de caricatures du prophète Mahomet. Cette campagne « est faite par certains groupes privés parce qu’ils n’ont pas compris et qu’ils se sont reposés sur les mensonges, sur les caricatures, parfois par d’autres dirigeants », a-t-il affirmé.

Le président a, en outre, estimé que son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, avait un « comportement belliqueux », ajoutant souhaiter que les « choses s’apaisent » et qu’il « ne dise pas de mensonges ». Il a également demandé « que le président turc respecte la France, respecte l’Union européenne, respecte ses valeurs et ne profère pas d’insultes ».

Samedi soir, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé que Paris allait renvoyer dimanche à Ankara son ambassadeur pour obtenir des « clarifications », une semaine après l’avoir rappelé à la suite des attaques du président Erdogan contre Emmanuel Macron. « On ne peut pas rester à la fois dans les malentendus mais aussi dans les déclarations outrancières et la tentation islamo-nationaliste que développe le président Erdogan », a estimé Jean-Yves Le Drian sur RTL.

La question des caricatures religieuses a ressurgi dans le débat public après l’assassinat, il y a deux semaines, de Samuel Paty, un enseignant d’histoire-géographie qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Lors de l’hommage national rendu à l’enseignant, le chef de l’Etat a défendu la liberté de caricaturer, provoquant la colère de nombreux pays musulmans.

Vendredi 30 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté au Pakistan, au Bangladesh ou encore dans les territoires palestiniens pour protester contre le soutien du président français à la liberté de caricaturer le prophète.

« Huile sur le feu »

En France, au lendemain d’un nouvel attentat qui a fait trois morts dans une basilique de Nice, l’archevêque de Toulouse, Robert Le Gall, s’est opposé, sur France Bleu Occitanie, à ces caricatures. « Il me semble qu’on met parfois de l’huile sur le feu », a-t-il déclaré, évoquant la diffusion de ces représentations, qu’il juge « dangereu[se] ».

« On ne se moque pas impunément des religions », a-t-il ajouté, soulignant que, selon lui, la liberté d’expression doit être conciliée avec « la liberté d’être ensemble, de parler ensemble, la liberté d’être des frères ensemble, mais pas de s’invectiver ».

 

Plusieurs personnalités politiques ont rapidement réagi à ces propos. Pour le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, « les digues sautent ». L’archevêque Robert Le Gall « excuse les crimes », a déploré l’ancien candidat à l’élection présidentielle sur Twitter.

Toujours sur ce réseau social, la présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga, a répondu que « la laïcité, la liberté d’expression et le droit de critiquer toute institution religieuse sont indissociables de notre pacte démocratique et républicain. Ce n’est pas négociable ».

L’évêque de Nice n’est « pas “Charlie” »

L’évêque de Nice, André Marceau, dit quant à lui « ne pas être Charlie », dans un entretien publié samedi par le quotidien Nice-Matin, tout en défendant la liberté d’expression, qu’il estime « sacrée en France ». « Non, je ne suis pas Charlie, je suis André Marceau ! Soyons nous-mêmes avec nos convictions. Ces caricatures, ce n’est pas mon problème. Certes, la liberté d’expression est sacrée en France, mais que chacun s’assume. Il y a des identités qu’on ne peut pas trop bafouer à la légère », explique l’évêque.

« Dans les cercles de l’islam, on doit prendre des mesures, tenir des propos afin d’ouvrir les fidèles à d’autres réalités que celles qui vont jusqu’à l’extrémisme. Les musulmans doivent dire très fort qu’ils ne portent pas cette violence », estime néanmoins André Marceau.

Le Monde/AFP

Propagande islamiste : une enquête ouverte après le piratage de dizaines de sites Internet en France

Des messages de « hackers musulmans contre la France » se sont affichés dimanche 25 octobre sur des dizaines de sites Internet français. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête sur le sujet.

Le parquet de Paris a ouvert, mardi 27 octobre, une enquête après le piratage de dizaines de petits sites Internet en France sur lesquels se sont affichés des messages de propagande islamiste. L’enquête a été ouverte, selon des informations confirmées au Monde après avoir été publiées dans un premier temps par l’Agence France-Presse (AFP), pour des « atteintes à un système de traitement automatisé de données » et pour « apologie publique d’un acte de terrorisme ».

La procédure a été confiée au centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie, qui doit travailler en lien avec plusieurs services d’enquête locaux en France. Selon les précisions données au Monde, le travail de recension et de recherche reste actuellement en cours pour savoir si les piratages de sites, constatés principalement dimanche 25 octobre, ont été, ou non, le résultat d’une attaque coordonnée menée par des acteurs ayant agi avec un même mode opératoire sur divers sites Internet français. Ou s’ils ont eu lieu de la part de plusieurs pirates éparpillés et sans liens entre eux, qui auraient voulu répliquer des piratages observés ailleurs : un tel cas de figure pourrait, dans ce cas, donner lieu à d’autres procédures distinctes de l’enquête ouverte par le parquet de Paris.

Certains des sites français piratés ces dernières heures, recensés sur le site spécialisé Zone-H, semblent, en tout cas, avoir été pris pour cibles par au moins quatre groupes différents, si l’on en croit les images et les messages différents s’y affichant. Les administrateurs d’un groupe Facebook spécialisé en « hacking », basé au Bangladesh et fort de presque deux millions de membres, ont, eux, revendiqué, dimanche, le défacement d’une dizaine de sites français.

« Hackers musulmans »

Ces piratages ont été constatés alors que se multipliaient, le week-end du 24 et 25 octobre, les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays musulmans. Des appels qui avaient eu lieu en réaction à la défense par Emmanuel Macron de la liberté de caricaturer Mahomet, réaffirmée lors de la cérémonie en hommage à Samuel Paty – des propos qui ont conduit à de nombreuses tensions depuis, notamment avec la Turquie, et à des manifestations dans plusieurs pays contre la France.

C’est dans ce contexte que des messages tels que « Victoire pour Mohammed, victoire pour l’islam et mort à la France » ou « Opération lancée par des hackers musulmans contre la France pour avoir insulté le prophète Mahomet et profané publiquement l’islam »se sont affichés sur la page d’accueil de plusieurs sites Internet. Au point où, dimanche 25 octobre, le dispositif national d’assistance aux victimes de cybermalveillance lançait une alerte indiquant qu’une « vague de cyberattaques en défiguration » ciblait de « nombreux sites français ». Lundi 26 octobre, l’AFP a pu constater qu’un montage représentant Emmanuel Macron grimé en cochon était visible sur des sites d’associations de retraités, de commerces ou de petites mairies.

Ces attaques d’un faible niveau technique sont généralement réalisées automatiquement grâce à des logiciels qui détectent et exploitent des failles sur des serveurs et sites Web de faible importance et n’ayant pas procédé à toutes les mises à jour de sécurité. En 2015, des milliers de sites français avaient déjà été la cible de dizaines de groupes de hackeurs qui avaient promu la « défense de l’islam » en affichant des messages de revendication à la place des pages d’accueil. Certains s’en prenaient, à l’époque, aux publications des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo.

Plusieurs procédures pour « apologie »

Cette enquête intervient par ailleurs alors que plusieurs procédures ont lieu en France après des messages postés en ligne en lien avec l’assassinat de Samuel Paty. Mardi 27 octobre, un lycéen de 16 ans a ainsi été mis en examen par le juge d’instruction de Vesoul « pour apologie et provocation à commettre un acte de terroriste », a indiqué l’AFP. Le suspect a reconnu en garde à vue avoir publié le 20 octobre sur un réseau social – sans qu’on sache lequel – un message menaçant « quelconque mécréant souhaitant salir l’islam ».

Vendredi 23 octobre, une étudiante a, de son côté, été condamnée par le tribunal correctionnel de Besançon à quatre mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». Elle avait posté sur Facebook un message affirmant que Samuel Paty « méritait » de mourir.

Mercredi 21 octobre, le parquet de Paris indiquait qu’en tout « une quinzaine d’enquêtes » pour des faits d’« apologie du terrorisme », « menaces de mort » ou « provocation » au crime avaient été ouvertes depuis l’attentat survenu à Conflans Sainte-Honorine.

Le Monde/ AFP

Face à la colère du monde musulman contre Macron, la France demande à ses ressortissants de « faire preuve de vigilance »

La colère contre Emmanuel Macron ne cesse de grandir dans le monde musulman, après que le président français a défendu la liberté de caricaturer le prophète Mahomet, lors d’un hommage national à Samuel Paty – le professeur assassiné dans un attentat islamiste le 16 octobre pour avoir montré de telles représentations en classe.

Ce week-end, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a pris la tête de cette contestation mettant en cause la « santé mentale » de M. Macron, l’accusant de « diriger une campagne de haine » contre les musulmans et comparant le traitement de ces derniers en Europe à celui des juifs avant la deuxième guerre mondiale. Lundi 26 octobre, il a également appelé au boycott des produits français.

Malgré ces accusations, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a défendu mardi la « souveraineté de la France » et sa volonté de lutter contre « un ennemi de l’intérieur ».

  • Paris invite ses ressortissants à la prudence

Paris a invité mardi ses ressortissants à la prudence dans les pays du monde musulman où ont lieu des manifestations contre la France, leur conseillant d’éviter les rassemblements. « Il convient d’éviter les zones où se tiennent ces manifestations, de rester à l’écart de tout rassemblement et de suivre les consignes de l’ambassade de France ou du consulat compétent », écrit le ministère des affaires étrangères sur son site internet.

« Il est recommandé de faire preuve de la plus grande vigilance, en particulier à l’occasion des déplacements, et dans les lieux fréquentés par les touristes et les communautés expatriées. »

  • L’Arabie saoudite condamne les caricatures

Considérée comme une alliée de la France, l’Arabie saoudite a condamné à son tour les représentations jugées offensantes du prophète Mahomet, rapporte l’agence Reuters. Dans un communiqué, un responsable du ministère des affaires étrangères a toutefois déclaré que le royaume condamnait tous les actes terroristes, faisant référence à la décapitation de Samuel Paty par un musulman radicalisé.

« La liberté d’expression et la culture devraient être les phares du respect, de la tolérance et de la paix, rejetant les pratiques et les actes qui engendrent de la haine, de la violence et de l’extrémisme et sont contraires à la coexistence », est-il dit dans ce communiqué repris par les médias saoudiens.

  • Des dizaines de milliers de manifestants au Bangladesh

Au Bangladesh, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi à Dacca, appelant au boycott des produits français et brûlant une effigie d’Emmanuel Macron, rapporte de son côté l’Agence France-Presse (AFP). Selon la police, plus de 40 000 personnes ont participé à cette marche organisée par l’Islami Andolan Bangladesh (IAB), l’un des principaux partis islamistes bangladais, qui a été stoppée avant de parvenir près de l’ambassade française dans la capitale.

« Macron fait partie des quelques dirigeants qui adorent Satan », a déclaré à la foule rassemblée à la mosquée Baitul Mukarram un haut responsable de l’IAB, Ataur Rahman. Il a appelé le gouvernement bangladais à « mettre dehors » l’ambassadeur français. Un autre dirigeant islamiste, Hasan Jamal, a pour sa part déclaré que les protestataires allaient « mettre à terre chaque brique » de l’ambassade si l’ambassadeur n’était pas renvoyé.

  • Pour Kadyrov, Macron pousse les musulmans « vers le terrorisme »

Le dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a lui aussi violemment critiqué mardi Emmanuel Macron, estimant qu’il pousse les musulmans « vers le terrorisme ».

Comparant M. Macron lui-même à un « terroriste », l’autoritaire dirigeant tchétchène a reproché au président français de « qualifier des actions qui sont offensantes pour près de deux milliards de musulmans du monde de liberté d’expression » et de vouloir « changer leur religion ».

Et de poursuivre dans un long message sur sa chaîne Telegram :

« Je ne sais pas dans quel état se trouvait Macron lorsqu’il a fait cette déclaration, mais les conséquences d’une telle réaction peuvent être très tragiques. »

Les critiques à l’encontre de la France sont particulièrement virulentes au Pakistan, où le Parlement a adopté une résolution non contraignante réclamant le rappel de l’ambassadeur à Paris.

  • Le Conseil des sages musulmans veut poursuivre « Charlie Hebdo »

Le Conseil des sages musulmans, sis à Abou Dhabi, a, de son côté, annoncé son intention de poursuivre Charlie Hebdo. Ce conseil, regroupant des dignitaires musulmans de divers pays, « a décidé de mettre en place un comité de juristes internationaux pour poursuivre en justice Charlie Hebdo », fait savoir un tweet publié mardi sur le compte de l’institution sunnite Al-Azhar, située au Caire. Le conseil, présidé par le grand imam d’Al-Azhar, affirme qu’il envisage également de « poursuivre en justice quiconque offense l’islam et ses symboles sacrés ».

« La liberté d’expression (…) doit respecter les droits d’autrui et ne devrait pas permettre d’utiliser les religions dans les marchés de la politique ou dans la propagande électorale », affirme le conseil.

  • Un boycott des produits français éloignera « encore plus la Turquie de l’UE »

Face au barrage de critiques turques, le président français a toutefois enregistré une série de soutiens en Europe. Bruxelles a notamment prévenu mardi que l’appel au boycott des produits français par le président turc était « contraire à l’esprit » des accords diplomatiques et commerciaux signés par la Turquie avec Bruxelles, et l’« éloignera encore plus » de l’Union européenne. « Les accords de l’UE avec la Turquie prévoient le libre-échange des marchandises. Les obligations bilatérales que la Turquie s’est engagée à respecter dans le cadre de ces accords (…) doivent être pleinement respectées », a affirmé un porte-parole de la Commission européenne.

« Il n’est pas question de céder au chantage », a dénoncé Geoffroy Roux de Bézieux, le chef du Medef, le principal syndicat patronal en France, appelant les entreprises françaises à faire passer leurs « principes » avant les affaires.

D’après le ministre français délégué au commerce extérieur, Franck Riester, le boycott des produits français est « très circonscrit », « limité à un certain nombre de produits alimentaires, mais vraiment de façon très limitée ». Et de détailler :

« Nous sommes évidemment très attentifs. J’ai créé au sein du ministère des affaires étrangères une cellule de suivi de ce qui se passe, pays par pays, en lien avec notre réseau diplomatique et en lien avec les entreprises et les différentes fédérations d’entreprises. »

Le Monde / AFP

Le ministère de l’Intérieur prononce la dissolution de BarakaCity, ce que dit le décret

Le couperet est tombé : l’association BarakaCity a été dissoute, mercredi 28 octobre, en conseil des ministres. Le décret présenté par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, expose les raisons de cette dissolution.

« Nonobstant son objet officiel, l’association BarakaCity propage des idées prônant l’islamisme radical, et que par l’intermédiaire du compte personnel Twitter de son président ainsi que des comptes Facebook et Twitter de l’association, elle diffuse et invite à la diffusion d’idées haineuses, discriminatoires et violentes », explique-on dans le texte officiel.

 

Barakacity « doit être regardée comme provoquant à la haine, à la discrimination et à la violence »

Le décret, qui note que « les comptes personnels Twitter et Facebook de son président Driss Yemmou Sihamedi ainsi que ceux de l’association Barakacity sont étroitement imbriqués, renvoyant les uns vers Ies autres », pointe du doigt leurs messages, à la source « de nombreux commentaires hostiles à l’Occident, à la laiche, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l’islam promue par l’association ».

Or, « l’ensemble des commentaires, engendrés par les messages publiés sur les comptes des réseaux sociaux de l’association Barakacity, constituent par eux-mêmes une provocation à la haine, à la discrimination et à la violence » et sont « toujours accessibles sans que son président, ni aucun autre membre de l’association ne procède ni à leur retrait, ni même à une quelconque modération des propos ainsi diffusés ».

Barakacity « doit être regardée comme provoquant à la haine, à la discrimination et à la violence en raison de l’origine, de l’appartenance à une ethnie, à une race ou à une religion déterminée et comme propageant des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence ».

Le caractère haineux des messages postés n’est pas le seul grief retenu contre la structure. Selon le ministère de l’Intérieur, l’association « doit également être regardée comme se livrant sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorismes en France ou à l’étranger ». Le ministère, qui rappelle le refus de condamner clairement les agissements de Daesh lors de son passage sur Canal + en 2016, indique que « l’antenne turque de l’association est dirigée par Mehmet Uzun, ressortissant franco-turc, ancien délinquant multirécidiviste et figure du salafisme, adepte des préceptes encourageant le djihad en Irak et en Syrie ».

Des messages dangereux pointés du doigt

Plusieurs messages sur les réseaux sociaux sont reprochés à Driss Yemmou Sihamedi, parmi lesquels ceux postés en marge du procès des attentats de janvier 2015.

« Il a publié deux messages condamnant la nouvelle publication des caricatures de Mahomet par ce journal, le premier appelant de ses vœux un châtiment contre les caricatures « Puisse le Seigneur augmenter à 2 000 degrés les flammes de leurs tombes » et le second justifiant clairement les attentats et comprenant des propos qui peuvent être caractérisés comme apologétiques d’actes de terrorisme « Qu’Allah maudisse Charlie et ENFLAMME leurs tombes à la chaleur du soleil !! » », indique le décret.

Par ailleurs, il est reproché à Idriss Sihamedi « des messages incitant à la haine envers certaines personnes en désaccord avec ses positions en n’hésitant pas à publier également leurs photos, leurs coordonnées téléphoniques et leur adresse, dans le but de les exposer à des actes de violence ou de représailles, à l’instar de ce qui s’est passé récemment, s’agissant de l’attentat survenu à Conflans-Sainte-Honorine ».

Aussi, il lui est reproché d’entretenir « des relations avec d’autres associations appartenant à la mouvance islamiste radicale, qu’il s’agisse de structures islamistes en Europe ou de groupes djihadistes, et avec d’ex-membres d’associations aujourd’hui dissoutes pour leur implication dans cette mouvance ».

En conséquence, « eu égard aux fonctions de président et fondateur de l’association Barakacity d’ldriss Yemmou Sihamedi, l’ensemble des actes et prises de position, qu’ils émanent de M. ldriss Yemmou Sihamedi ou de l’association Barakacity, doivent être regardés comme formant un tout révélateur des intentions de l’association et lui être imputés ».

Suite à la décision du gouvernement, Idriss Sihamedi a annoncé son intention de porter plainte contre Gérald Darmanin pour diffamation. Il a en outre, demandé à la Turquie « l’asile politique » pour BarakaCity et lui-même, à l’heure où les tensions diplomatiques entre la France et la Turquie sont très vives.

Saphirnews

Attentat de Conflans : la fermeture de la mosquée de Pantin validée pour six mois

Trois jours après l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, Gérald Darmanin avait annoncé, lundi 19 octobre, la fermeture de la mosquée de Pantin, en Seine-Saint-Denis.

Cette fermeture, ordonnée deux jours après par la préfecture de Seine-Saint-Denis, a été validée, mardi 27 octobre, par le tribunal administratif de Montreuil pour une durée de six mois.

Le président de la Fédération musulmane de Pantin (FMP), l’association gestionnaire du lieu de culte, M’hammed Henniche, avait relayé le 9 octobre, sur la page Facebook de la mosquée la vidéo du parent d’élève dénonçant le professeur d’histoire pour avoir montré des caricatures du Prophète. Une vidéo à la source d’une polémique sur les réseaux sociaux qui a conduit, par la suite, à l’assassinat de Samuel Paty.

« Il n’apparaît pas, en l’état de l’instruction, que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales » en fermant provisoirement le lieu de culte « aux fins de prévenir la réitération de tels actes », sachant que Pantin dispose d’une seconde mosquée où les fidèles peuvent y prier, a fait savoir le tribunal au lendemain de l’audience d’examen du recours déposé par la FMP.

Bien que M’hammed Henniche ait regretté le partage de la vidéo et condamné l’attentat, « il n’en demeure pas moins qu’il a fait preuve, en tout état de cause, d’une négligence incompréhensible, alors que sa position et ses fonctions auraient dû le conduire à plus de retenue ».

La diffusion de la vidéo « s’inscrit, en outre, dans un contexte d’entrisme de la mouvance radicale au sein de la Grande mosquée de Pantin. Il résulte en effet de l’instruction que M. Doucouré, alias Abou Talha, un des imams de la mosquée de Pantin officiant à la prière du vendredi, est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France », a ajouté le tribunal.

 

Saphirnews