A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

L’individu à l’épreuve du confinement

C’est une situation inédite, en ce début de XXIe siècle, celle d’une pandémie provoquant un bouleversement dans la vie de quatre milliards d’individus obligés au confinement à cause d’un virus, le Covid-19, qui serait parti de Chine. Ce dernier apparait comme une force puissante, émanant de Dieu, qui vient ébranler notre mode de vie. La contrainte spatiale imposée par le confinement afin d’enrayer le virus, si elle est jugée radicale par les uns, nécessaire par les autres, reste incontestablement une expérimentation anxiogène car menée sur des nations entières où, pour mieux diluer les souffrances, chacun doit rester chez soi. Des millions d’individus sont ainsi contraints de réduire leur espace de vie durant cette crise sanitaire. L’injonction à « rester chez soi », et peu importe ce qui peut bien se passer une fois la porte fermée, renvoie chacun à son intériorité. Nous assistons à l’évanouissement d’un mode de vie antérieur en nous demandant d’où tout ce chaos a bien pu partir.

Notre existence ne voit sa signification que comme une fonction des liens sociétaux, l’isolation hédoniste nous fait perdre notre soi. Ce virus éveille le poids des angoisses engendrées par l’aspect fondamental de l’existence actuelle : l’incertitude. L’anxiété liée à la privation de plaisirs simples comme se voir, se rencontrer, s’aborder, engager des conversations, se disputer, ces agoras de l’espace public-privé, est aggravée au fil des jours. Tout en augmentant le sentiment de sécurité puisque chacun est chez soi, le confinement a pour effet pervers celui, notamment, de déclencher voire d’aggraver des pathologies mentales et physiques et de tendre les relations intrafamiliales. Dans ce contexte, les forces de l’instinct et les émotions liées à l’enfermement peuvent prendre le pas sur toute rationalité. Ce confinement pourrait se révéler dévastateur car nombreux sont ceux qui sont en décalage avec leurs expériences ou leur imaginaire.

Le rétrécissement de l’espace supprime l’écoulement du temps. Pour beaucoup, le seul temps structuré est celui de la télévision ou d’Internet, le reste du temps s’écoule avec monotonie, sans que rien ne se passe jamais. Avec l’Internet, le confinement est moins ressenti comme une contrainte, grâce notamment aux réseaux sociaux et aux nombreux contenus en ligne. Dans le cyberespace, le monde est présenté comme un idéal situé au- dessus et au-delà des problèmes du monde matériel. Mais sans Internet, ce confinement aurait-il été possible et respecté ?

Que nous révèle cette pandémie ? Que de nombreuses idéologies ont failli. Que la science, même dans les pays les plus avancés et les plus riches, est démunie face à un nouveau virus. Que la mondialisation, comme le déclarait Jowitt, est l’autre nom du « nouveau désordre mondial », où des forces anonymes agissent dans un no man’s land redoutable au détriment d’une nature suffocant. Que le libéralisme s’essouffle et que ses forces destructrices trouveraient dans le Covid-19 un dernier sursaut pour se régénérer, au détriment de vies humaines, pour instaurer ce que d’aucuns appellent le « Nouvel Ordre Mondial » selon lequel une caste privilégiée, peu nombreuse, continuerait d’opprimer et d’exploiter les deux tiers de l’humanité. Que les marchés mondiaux imposent leurs lois et leurs règles à la planète. La mondialisation n’est rien d’autre qu’une extension totalitaire de leur logique appliquée à tous les domaines de l’existence. En effet, la liberté de mouvement du capital et de la finance a échappé à tout contrôle politique. L’État-nation n’est devenu qu’un simple appareil sécuritaire au service de méga-entreprises. Michel Foucault affirmait à ce propos, qu’« après une première prise de pouvoir sur le corps qui s’est faite sur le mode de l’individualisation, nous sommes passés en second lieu à une prise de pouvoir massifiante, de l’homme-corps à l’homme-espèce », avec une surveillance qui s’est mondialisée grâce notamment à l’intelligence artificielle. La géolocalisation massive des individus à travers leurs smartphones et la délivrance d’attestations par l’État pour sortir de chez soi, toujours au nom de cette sacrosainte sécurité, n’augurent-elles pas d’une surveillance institutionnalisée à venir ?

La manipulation des incertitudes est le premier stade et l’essence même de la lutte pour le pouvoir et l’influence au sein d’une totalité structurée. L’État et les médias institutionnalisent les peurs, il suffit pour s’en assurer d’allumer son poste pour voir les journaux relater en permanence le décompte macabre des victimes du Covid-19. Les médias exercent une influence pernicieuse sur notre appréhension du monde. Il faut surtout donner l’impression au peuple d’un État ferme, puissant, qui fait quelque chose pour réduire le degré d’incertitude de leur existence. Max Weber définit l’État comme l’institution qui possède le monopole des moyens de coercition et de leur utilisation au sein d’un territoire où il exerce sa souveraineté. L’État, dans sa toute puissance, a le droit de faire vivre ou de faire mourir, et il a laissé mourir par sa gestion de l’épidémie. De nombreux hôpitaux manquent de moyens et suffoquent, au bord de la rupture. Les personnels soignants n’étaient-ils pas dans la rue avant le Covid-19 pour alerter l’État de la mort imminente de l’hôpital public ! Bien avant l’épidémie, les effets délétères de la mondialisation ont réveillé des colères sociales un peu partout et qu’un confinement, aussi étendu soit-il, ne parviendra pas à étouffer. Cette crise sanitaire va endommager le terrain économique, déjà en difficulté avant la pandémie. La mort sociale et professionnelle des catégories les plus vulnérables générera un sentiment d’injustice, radicalisera une partie de la société et donnera lieu à de violents remous protestataires. La période post-confinement conduira à une collectivité en dégénérescence avec des difficultés à vivre ensemble.

Le théologien allemand J-G von Herder déclarait que « les nations passent par les phases de la jeunesse, de la maturité et du déclin et possèdent aussi une valeur singulière incomparable ». Nous vivons une transition civilisationnelle, probablement celle de la fin d’un cycle, avec le mal comme continuum. Les premiers à payer un lourd tribut de cette crise sont les plus fragiles. Nombre de lieux de solidarité sont en effet fermés et laissent les plus faibles d’entre nous livrés à leur triste sort. Qui se soucie de la mort d’un invisible tel qu’un pauvre, un SDF ou un vieux, dans une société où la mort est devenue la chose la plus privée et la plus honteuse comme le disait Foucault ?

Dans le domaine religieux, le dehors et le dedans ont rebattu l’orthopraxie. Les fidèles des religions et mouvement religieux, menacés par la même épidémie, sont privés de structures classiques : églises, mosquées, synagogues, temples. Situation inédite dans l’histoire en temps de paix, le premier lieu saint de l’islam, La Mecque ou mère des Cités, est fermée aux fidèles. Les responsables religieux, afin de s’adapter à cette crise sanitaire, recourent à Internet pour maintenir le lien avec les fidèles en apportant, entre autres, une assistance spirituelle, en particulier à ceux qui ont perdu un être cher.

Ainsi, les fidèles se retrouvent non plus dans des structures traditionnelles mais dans un cybermonde où la parole de Dieu peut continuer à être diffusée. Si l’islam, au-delà d’être une religion, est aussi un mode de vie qui valorise les liens sociaux, la justice et la solidarité, le croyant ne cesse pas pour autant d’être musulman parce qu’il ne se rend plus à la mosquée ou qu’il est privé d’interactions sociales.

Internet est aujourd’hui le support central de la circulation de l’information religieuse, de l’interaction et de l’opinion publique. Sur Internet, les imams et les prédicateurs ont élaboré un langage conventionnel en cette période particulière. Il est conseillé de faire une introspection essentielle à la prise de conscience de sa propre personnalité et de ses comportements. Des imams sont disponibles pour rappeler au fidèle les valeurs morales, lui faire découvrir ou redécouvrir les valeurs religieuses qui renforcent, celles qui montrent le sens de la vie et de l’histoire, tout en lui donnant de l’espoir. Cette redécouverte facilite aussi notre acceptation introspective de certains phénomènes qui nous sont intérieurs. Le Covid-19 est vécu comme une épreuve de Dieu où chacun est confronté à son propre destin et doit revoir sa propre hygiène individuelle. Le fidèle est notamment invité à s’en remettre à Dieu, faire repentance, revoir sa relation à l’autre, tout cela dans un environnement étriqué et étouffant. Souvent, le discours, moralisateur et apologétique, joue sur le registre de l’émotion et de la culpabilité. L’imam, le prédicateur, se comporte comme s’il était le dépositaire du salut des hommes. Internet voit aussi émerger les récits prophétiques de la Fin des temps. Le cheikh Imran Hossein, islamologue et spécialiste de l’eschatologie musulmane, entrevoit dans cette pandémie du Covid-19 le signe divin et imminent de l’Apocalypse.

Bien qu’elle représente un facteur régénérateur de la force spirituelle pour les individus et la société, la vérité religieuse ne suffit pas toujours dans des situations difficiles. En témoignent les violences conjugales, qui ont bondi de plus de 30 % depuis le début du confinement. Parce que chaque individu est divisé dans une identité complexe, il pourra se révéler totalement hermétique au discours religieux qui viendrait, par la voix de l’imam, s’interposer entre l’époux et l’épouse.

Pour remédier à cette friabilité mondiale qui nous guette, il nous faudrait recourir à des moyens nouveaux fondés sur la connaissance de l’essence et des causes du mal. Comment notre planète en est-elle arrivée là ? Qu’est-ce qui a généré et propagé de l’inhumanité de l’homme envers son prochain ? Pourquoi une minorité de familles détiennent-elles la majorité des biens de cette planète ? Pourquoi avons-nous été les spectateurs passifs de toutes ces inégalités ?  Sortir de cette crise de valeurs impliquerait de revoir nos concepts usés et iniques. Il nous faudrait galvaniser nos efforts de recherche d’une voix nouvelle, plus humaine, qui protégerait efficacement les individus et les sociétés sans défense. Erich Fromm affirmait que « l’avènement d’un monde nouveau et du nouvel Homme n’est possible que si les anciennes motivations, le profit, le pouvoir et l’intellect, cèdent la place aux nouvelles ; être, partager, comprendre (…) ». Une telle possibilité existe et pourrait être appliquée, à condition de bien comprendre la genèse du mal. Le Coran, à travers un extrait du verset 30 de la sourate 2 (La Vache), résume finalement tout ce qui se déroule sous nos yeux : « – Il dit « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas. »

 

Fatima Achouri

 

Ouvrages utilisés :

Le coût humain de la mondialisation- Z. Bauman- Ed. Pluriel

La ponérologie politique– A M. Lobaczewski- Ed. Pilule rouge

Il faut défendre la société– M. Foucault- Ed. Gallimard Seuil

Avoir ou être ? – E. Fromm- Ed. Robert Laffont

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Face au coronavirus, une plateforme d’assistance spirituelle dédiée aux musulmans lancée par le CFCM

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) lance, lundi 30 mars, une permanence téléphonique accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 afin de permettre aux malades du coronavirus et à leurs proches de confession musulmane de bénéficier d’une assistance psychologique et spirituelle dont ils ont besoin dans la gestion de la maladie ou encore de la mort, apprend Saphirnews par l’aumônerie hospitalière du culte musulman. Les familles des défunts morts du coronavirus peuvent donc aussi se tourner vers cette plateforme d’assistance afin d’être accompagnées dans les démarches à effectuer.

Toute personne qui désire un soutien moral d’un représentant du culte musulman – comme d’un autre culte – pourra le faire à travers le numéro gratuit d’information mis en place et géré par l’Etat depuis le début de la crise sanitaire, le 0 800 130 000, lui aussi accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dès lors qu’un appelant souhaite bénéficier des services d’un cadre religieux musulman, « il sera routé vers la plateforme du CFCM qui prendra le relai », nous explique Fatih Sarikir, secrétaire général du CFCM depuis janvier 2020.

L’appelant pourra également contacter la plateforme du CFCM directement en composant le numéro fixe 01 45 23 81 39.

Un roulement des aumôniers et des imams assuré

« L’équipe chargée d’assurer ce soutien spirituel est composé de six aumôniers hospitaliers musulmans qui vont se relayer jour et nuit pour que les malades et leurs familles puissent bénéficier de l’écoute nécessaire » face à l’épreuve qu’ils traversent, nous signifie Mohammed Azizi, l’aumônier musulman référent sur les sites de l’AP-HP-Université Paris-Saclay qui occupe le poste d’aumônier national des hôpitaux pour le culte musulman depuis février 2019, en remplacement d’Abdelhaq Nabaoui.

Chaque personne assurera le service durant quatre heures d’affilée et un roulement des effectifs est instauré pour couvrir les 24 heures, explique-t-on. Des listes de volontaires pour chaque région sont remontées auprès de l’aumônerie hospitalière afin d’organiser au mieux le roulement.

La grande majorité des équipes chargées de répondre aux appels sera composée d’aumôniers hospitaliers, « sur le front dans cette crise », mais aussi d’imams, tous volontaires pour assurer la mission, abonde Fatih Sarikir.

A ce stade, l’aumônerie hospitalière pour le culte musulman est fortement mise à contribution dans la gestion de cette mission mais son pendant militaire assure se tenir à disposition pour renforcer les équipes, nous indique l’aumônier militaire en chef Abdelkader Arbi dont l’institution a déjà mis en place une permanence téléphonique pour les patients admis dans les hôpitaux militaires. « Il nous a effectivement assuré de son soutien et nous l’en remercions. C’est le moment où jamais où il faut être ensemble et solidaire », affirme Mohammed Azizi.

« Nous avons, à ce stade, suffisamment de volontaires pour assurer la permanence mais s’il y a besoin de renforts, toutes les aumôneries seront sollicitées », indique Fatih Sarikir. « L’essentiel n’est pas d’avoir beaucoup de personnes mais d’avoir une certaine qualité dans les réponses qui seront apportées et dans le suivi des appels que nous recevrons », appuie-t-il.

Un défi de taille

L’initiative du CFCM, qui est aussi celle d’autres organes représentatifs des cultes, fait suite à l’audioconférence réunissant les représentants des cultes en France avec Emmanuel Macron le 23 mars.

L’idée de mettre en place « des plateformes téléphoniques d’écoutes psychologiques et spirituelles »avait été accueillie favorablement au sommet de l’Etat mais l’exécutif craignait que la mise en place d’un nouveau numéro vert dédié à l’accompagnement spirituel puisse impacter la visibilité du numéro national d’information (le 0 800 130 000).

L’Etat a donc tranché en intégrant dans les services du numéro national la possibilité pour chaque personne d’être redirigée vers une plateforme gérée par le culte de son choix dès lors qu’elle existe. Cela n’empêche pas pour autant chaque religion de communiquer une ligne directe auprès de leurs fidèles tant qu’elle ne se substitue pas au numéro national pour des informations d’ordre générale liées au Covid-19.

« Nous ne savons pas combien de temps la crise va durer mais nous sommes prêts à relever le défi », assure Mohammed Azizi.

La plateforme d’assistance du CFCM est joignable 7j/7 et 24h/24 au 01 45 23 81 39 (ligne directe) et au 0800 130 000 (numéro vert).

Saphirnews

Le Tchad endeuillé par la mort de 98 soldats dans une attaque de Boko Haram

Le Tchad observe à partir de ce mercredi un deuil national de trois jours en la mémoire des 98 soldats tués au cours des affrontements lundi 23 mars avec Boko Haram à Bouma, dans la province du Lac. L’affrontement a été l’un des plus meurtriers pour l’armée tchadienne, selon le président Idriss Déby.

L’unité de l’armée tchadienne a été attaquée par surprise et sur quatre fronts. Les jihadistes, visiblement bien renseignés, n’ont pas laissé de temps de réaction aux soldats tchadiens. Et quand les renforts venus de la localité voisine de Kaïga Kindjiria sont arrivés, ils sont tombés dans une embuscade tendue par les assaillants qui ont eu le temps d’emporter des armes, leurs morts et blessés et surtout de brûler plusieurs véhicules avant de battre en retraite.

Selon le chef de l’État, l’unité en question a été dégarnie avant l’attaque. C’est ce qui explique la faible résistance face au déluge de feu des éléments de Abu Musab al-Barnawi, le leader de l’aile de Boko Haram reconnue par l’organisation État islamique.

Face à la situation, la colonne de l’armée tchadienne, en route pour le Niger pour rejoindre la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger a été détournée sur la zone des combats en attendant le réajustement du dispositif de l’armée tchadienne annoncé mardi par Idriss Déby.

Le président Déby à Bouma

Idriss Déby s’est rendu en hélicoptère à Bouma. C’est la première fois que l’armée tchadienne, reconnue pour ses prouesses dans la région, encaisse une telle défaite. Et Idriss Déby dit prendre la mesure de la situation : « J’ai assisté à beaucoup d’opérations, mais perdre d’un seul coup autant d’hommes, c’est la première fois dans notre Histoire. Je suis écœuré. Nous allons revoir tout notre dispositif pour éviter ce que Bouma a connu ».

De l’avis de plusieurs connaisseurs de l’armée tchadienne, revoir le dispositif doit consister à mettre fin aux injustices que subissent de nombreux soldats. C’est ce dont doit s’occuper le chef de l’État, qui a décidé de rester au Lac pour porter lui-même la réplique à Boko Haram.

 

RFI

Coronavirus : dans le Var, l’évêque dit la messe sur Internet

Alors que les églises sont fermées, le diocèse de Toulon-Fréjus retransmet jusqu’au 25 mars un office catholique par jour sur YouTube attirant entre 10 000 et 18 000 «croyants confinés».

A Toulon (Var), les églises ont beau être fermées, la messe n’est pas finie. L’évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Dominique Rey, a décidé de donner une messe chaque jour dans une église protégée et de la diffuser simultanément sur Internet pour permettre aux fidèles de prier ensemble. C’est la communauté Chant Nouveau qui a mis ses moyens techniques pour capter les célébrations et les retransmettre en direct sur le site du diocèse et sur la plate-forme YouTube. Succès immédiat puisque le premier office a enregistré 18 000 vues !

« De tout temps, en période d’épidémie, l’Église a promu de l’attention et des moyens de prière, de pénitence et d’intercession, explique l’évêque. Jusqu’au 25 mars, nous assurons donc un office tous les jours pour soutenir les malades, ceux qui luttent contre ce fléau et tous ceux qui sont privés d’eucharistie. » Les catholiques ont accueilli avec enthousiasme cette initiative, fiers d’apporter « un petit plus de foi et d’espérance en ces temps difficiles ». Sur YouTube, un « chat » en direct permet aussi aux fidèles de s’exprimer en ligne, comme Isabelle qui a demandé de « prier pour une amie décédée cette nuit en Pologne ».

Quête en ligne

Sur le site du diocèse, une quête en ligne a même été ouverte car « depuis le 15 mars, les quêtes n’ont plus lieu. Or, elles sont essentielles pour la vie de nos paroisses », reconnaît Mgr Rey. La quatrième célébration, en direct de Toulon, a rassemblé 10 000 « croyants confinés », connectés depuis le monde entier. D’autres communautés religieuses envisagent à leur tour de retransmettre à leur tour les offices si la période de 15 jours de confinement est prolongée.

Le Parisien

Etats-Unis : En Alabama, le yoga est toujours interdit dans les écoles, pour des motifs religieux

Lois insolites, chapitre 239. Alors qu’il est officiellement interdit d’être ivre lors d’une soirée bingo en Caroline du Nord, de vendre du fromage de mauvaise qualité dans le Wisconsin et même de partager son mot de passe Netflix avec son entourage dans le Tennessee, un Etat a franchi un cap pour abroger une de ses surprenantes lois.

Depuis 1993, il est interdit d’apprendre le yoga dans les écoles publiques de l’Alabama. Dans la loi de cet État, appelée yoga ban, ce sport est considéré comme une « philosophie hindoue » et une « formation religieuse ».

 

Les conservateurs contrariés

« Beaucoup de personnes n’étaient même pas au courant que [la loi] existe », a déclaré sur la chaîne NBC Jeremy Gray, un représentant démocrate de l’état sudiste. Elu en 2018, ce dernier n’a que récemment appris l’existence du yoga ban et est à l’origine d’une proposition de loi bipartisane qui sera bientôt étudiée à la Chambre des représentants la semaine prochaine afin de lever l’interdit.

La loi autorisera les districts scolaires à proposer le yoga comme cours optionnel. Mais des cadres seront aussi posés pour éviter de tomber dans le domaine du spirituel. Le projet de loi précise explicitement que tout « enseignement devra être limité aux poses, aux exercices et aux méthodes d’étirement ».

Les conservateurs religieux eux, font déjà entendre leur mécontentement dans les médias. Parmi eux, Joe Godfrey, directeur d’une association chrétienne, a exprimé son mécontentement : « C’est de la religion hindoue. L’enjeu ici, c’est la séparation de l’Église et de l’Etat. Vous avez des gens qui invoquent ce principe lorsqu’il s’agit du christianisme parce qu’ils ne veulent pas voir de prières à l’école. Et pourtant ils veulent apprendre le yoga ? »

Une interdiction « risible »

Plusieurs tentatives de lever cette interdiction, que certains qualifient de «risible », ont pourtant déjà eu lieu. En février 2019, un haut fonctionnaire en charge de l’éducation dans l’Etat d’Alabama présentait « l’ébauche d’une ébauche » d’un projet visant à amender l’interdiction du yoga. Avant qu’un avocat le menace d’engager des poursuites fédérales si l’interdiction de pratiquer du yoga à l’école était levée.

Quelques mois plus tard en août, c’est une organisation, la Société Universelle de l’Hindouisme, qui encourageait vivement les autorités à modifier l’interdiction, «sérieusement et en urgence ».

D’autres encore, ont carrément choisi d’ignorer le yoga ban. Le coach de football d’un lycée américain a pris l’initiative en septembre d’intégrer du yoga après les entraînements, une fois par semaine. Et les bénéfices se font déjà ressentir sur ses joueurs, plus mobiles et qui ont une meilleure récupération.

Malgré le yoga ban dans les écoles publiques d’Alabama, ce sport reste très pratiqué dans cet état comme le rappelle le Alabama news. De nombreux cours gratuits existent dans la région et la pratique est généralisée dans les équipes de football américaines. Et selon une récente étude du Yoga Journal, plus de 20 millions d’Américains font du yoga.

 

Saphirnews

Coronavirus : le 37e Rassemblement annuel des musulmans de France reporté

Quelques jours après l’annonce des autorités d’interdire jusqu’à nouvel ordre tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes en milieu confiné en raison de l’épidémie de coronavirus (Covid-19), Musulmans de France a décidé du report de la 37e édition de la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), qui devait se tenir au Bourget, en région parisienne, du 10 au 13 avril, a-t-on appris samedi 7 mars.

« C’est avec émotion et tristesse que nous nous sommes résolus à reporter ce rendez-vous incontournable pour des centaines de milliers de personnes qui nous honorent par leur participation fidèle », a signifié MF (ex-UOIF). « Cette décision exceptionnelle et inédite est liée à la préoccupation générale que nous vivons face à un virus dont la diffusion est favorisée par les contacts humains rapprochés. »

Un report de la RAMF synonyme d’annulation ? Aucune nouvelle date n’est à l’ordre du jour.

Plus de 900 cas de personnes contaminées par le coronavirus ont été recensés en France. Le Covid-19 a provoqué la mort de 16 personnes en date du samedi 7 mars.

 

Saphirnews

De grandes marques liées au travail forcé des Ouïghours en Chine, selon une ONG

La Chine a transféré des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïghoure, détenus dans des camps d’internement, vers des usines fournissant au moins 80 des plus grandes marques mondiales, affirme lundi un centre de réflexion australien dans un rapport détaillé.

La Chine a transféré des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïghoure, détenus dans des camps d’internement, vers des usines fournissant au moins 80 des plus grandes marques mondiales, affirme lundi un centre de réflexion australien dans un rapport détaillé.

Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 Ouïghours ainsi emprisonnés dans la région du Xinjiang (nord-ouest) ont été transférés ailleurs en Chine dans des usines « appartenant aux chaînes d’approvisionnement de 83 marques connues mondialement dans la technologie, le textile et l’automobile« , affirme l’Institut australien de stratégie politique (ASPI).

« Des usines recourent au travail forcé des Ouïghours dans le cadre d’un mécanisme de transfert encadré par l’État (chinois)« , explique-t-il dans un volumineux rapport.

Parmi les marques épinglées se trouvent de grands noms de l’électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia, etc.), du textile (Adidas, Lacoste, Gap, Nike, Puma, Uniqlo, H&M, etc.) et de l’automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Land Rover, Jaguar, etc.). Le groupe français Alstom est aussi cité.

Des groupes chinois sont également recensés, dont les fleurons technologiques Haier (électroménager), Huaweï et Oppo (smartphones).

Les autorités chinoises ont engagé au Xinjiang une politique de sécurité maximale en réponse aux violences inter-ethniques ayant ensanglanté cette région, souvent officiellement imputées à des séparatistes ouïghours.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme accusent la Chine d’avoir interné au Xinjiang au moins un million de musulmans dans des « camps de rééducation ». Pékin dément ce chiffre et parle de « centres de formation professionnelle » destinés à combattre l’extrémisme religieux.

Or, selon le groupe de réflexion australien, les ouvriers ouïghours transférés restent privés de liberté et subissent parfois un endoctrinement politique.

« Dans ces usines, ils vivent habituellement dans des dortoirs séparés, suivent des cours de mandarin et d’idéologie en-dehors des heures de travail et sont sujets à une surveillance constante ; ils ne sont pas autorisés à observer leurs pratiques religieuses« , insiste l’ASPI.

Sur une trentaine d’usines identifiées, le rapport évoque notamment en détail un établissement de Qingdao (est) produisant des baskets Nike et la « rééducation » d’ouvriers ouïghours dans des usines de plusieurs sous-traitants du géant américain Apple.

Les entreprises épinglées « enfreignent les lois qui interdisent l’importation de biens produits en ayant recours au travail forcé« , estime l’ASPI. Les auteurs du rapport les appellent à « faire des enquêtes immédiates et approfondies sur les droits humains dans les usines les approvisionnant en Chine, via des inspections et des audits indépendants et rigoureux« .

Plusieurs de ces groupes réagissaient lundi avec prudence.

« Aucun fournisseur mentionné n’est actuellement un fournisseur direct de Volkswagen« , affirme ainsi un porte-parole de ce constructeur allemand.

Son compatriote BMW indique « ne pas pouvoir commenter le contenu » du rapport mais assure que ses sous-traitants directs doivent « appliquer la même politique avec leurs propres fournisseurs« .

Apple renvoie à un engagement qu’il a pris par le passé à « ce que tous dans les chaînes de production soient traités avec la dignité et le respect qu’ils méritent », disant « travailler étroitement » avec ses fournisseurs pour que « les normes les plus élevées soient appliquées« .

« Des entreprises, comme Adidas, Bosch et Panasonic, assurent n’avoir aucune relation directe avec les sous-traitants impliqués (….) mais aucune marque n’était en mesure d’exclure un lien plus haut dans la chaîne de production« , relève l’ASPI.

Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, le rapport ne repose sur « aucune base factuelle » et vise à « dénigrer les efforts de la Chine pour combattre le terrorisme et l’extrémisme au Xinjiang« .

La politique chinoise au Xinjiang « a enregistré de bons résultats », car « tous les participants au programme d’éducation contre l’extrémisme ont été diplômés et ont trouvé un emploi stable », a martelé lundi Zhao Lijiang, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Les médias d’État avaient déjà évoqué le transfert de « forces de travail excédentaires » du Xinjiang vers d’autres régions au nom de la lutte contre la pauvreté.

AFP

AIPAC : 347 rabbins américains jugent « scandaleux » les propos de Bernie Sanders

Pour ces rabbins de diverses obédiences, le lobby israélien est « l’un des derniers véhicules de la politique américaine qui cherche de façon proactive à rassembler les Américains »

 

À la suite de la décision de Bernie Sanders de ne pas assister à la conférence annuelle du lobby israélien de l’AIPAC pour ce qu’il a appelé le soutien de l’organisation au « sectarisme », un groupe de 347 rabbins a signé une lettre ouverte à l’attention du candidat démocrate soutenant le rôle de l’AIPAC dans l’avancement des relations entre les États-Unis et Israël.

Bernie Sanders, désormais en tête de la course à l’investiture présidentielle démocrate, a déclaré que l’AIPAC donne une « plate-forme » aux « dirigeants qui expriment leur sectarisme et s’opposent aux droits fondamentaux des Palestiniens ».

« En tant que fervents défenseurs des relations entre les États-Unis et Israël et du rôle de l’AIPAC dans leur promotion, nous rejetons le commentaire scandaleux du sénateur Bernie Sanders qui accuse l’AIPAC d’encourager le sectarisme. La mission de l’AIPAC est une mission à laquelle nous et nos fidèles tenons profondément », ont écrit les rabbins, de confessions réformiste, conservatrice et orthodoxe, dans la lettre.

« L’AIPAC est l’un des derniers véhicules de la politique américaine qui cherche de manière proactive à rassembler les Américains de tout l’éventail politique pour atteindre un objectif commun. La conférence politique de l’AIPAC est peut-être le plus grand rassemblement politique de démocrates et de républicains de tout le pays », ont ajouté les rabbins.

Au cours du débat des candidats de mardi soir en Caroline du Sud, M. Sanders a répondu à une question sur le soutien des États-Unis à Israël en déclarant que « notre politique étrangère au Moyen-Orient devrait absolument protéger l’indépendance et la sécurité d’Israël ».

Mais, a-t-il ajouté, « vous ne pouvez pas ignorer la souffrance du peuple palestinien ».

 

The times of Israël

Les dix pays où les chrétiens sont le plus persécutés

Les persécutions contre les chrétiens ont encore augmenté en 2019, rapporte l’association Portes Ouvertes dans l’Index mondial 2020 de persécution des chrétiens.

L’ONG Portes Ouvertes, qui publie cet index tous les ans depuis 2012, s’efforce de mesurer de la manière la plus exacte possible les niveaux de persécution des chrétiens dans pas moins de cinquante pays, en se basant sur une série de critères allant des attaques contre des églises aux meurtres de croyants.

Un calcul complexe

C’est sur la base de six indicateurs distincts, pondérés de manière égale et additionnés, qu’est calculé l’index : la violence physique et matérielle à l’égard des chrétiens, ainsi que les atteintes à leur liberté de pensée et de conscience, à leur vie familiale, à leur vie sociale, à leur vie civile et à leur vie ecclésiale. Une équipe de recherche récupère les informations, les vérifie, recoupe et compile. L’index est ensuite progressivement établi, laissant apparaître les 50 pays où les chrétiens sont le plus à risque d’être l’objet de persécutions directes.

 

Triste Top 10

Le classement, dont les douze premiers pays restent identiques par rapport à l’index 2019, s’ouvre par la Corée du Nord, où la simple foi en Dieu est un crime contre le régime. Suivent l’Afghanistan, la Somalie et la Libye, où les crimes d’honneur et les violences islamistes sont communs à l’encontre des convertis au christianisme.

1. Corée du Nord

2. Afghanistan

3. Somalie

4. Libye

5. Pakistan

6. Érythrée

7. Soudan

8. Yémen

9. Iran

10. Syrie

Des données peu rassurantes

Selon les données récoltées par l’ONG, ce sont pas moins de 2983 chrétiens qui ont trouvé la mort en 2019 à cause de leur foi, dont 1350 au Nigéria seul, où plusieurs fonctions régaliennes sont aux mains d’islamistes. Le pays est talonné par la Centrafrique (924 chrétiens tués), constante à ce rang pour la troisième fois d’affilée, et le Sri Lanka, où les attentats particulièrement meurtriers de Pâques 2019 ont tué près de 200 chrétiens. Ces chiffres sont cependant considérés comme étant inférieurs à la réalité, du fait d’un manque d’information, d’une fragilisation psychologique et morale ou d’une précarisation plus diffuse.

C’est néanmoins en Chine que le plus grand nombre d’églises ciblées a été enregistré, avec 5576 occurrences (sur un total mondial de 9488), en forte hausse par rapport à l’index 2019, qui estimait à 171 le nombre d’églises visées dans ce pays en 2018. Alors que de nouvelles réglementations sur la religion sont peu à peu appliquées dans toutes les sphères de la vie quotidienne, les chrétiens de Chine se trouvent de plus en plus précarisés.

 

Mariages forcés

C’est à nouveau en Chine que les détentions arbitraires de chrétiens sont les plus nombreuses : près de 1000 sur un total mondial de 3711 enregistrées. Suivent l’Érythrée, avec 785 cas de détenus dans des conditions souvent extrêmes, et l’Inde, avec 295 détentions souvent basées sur des accusations peu ou pas vérifiées.

Outre cette hausse inexorable, l’index 2020 dévoile des tendances plus sourdes telles que l’emprise grandissante du terrorisme islamiste en Afrique de l’Ouest, une persécution généralement de plus en plus masquée (par exemple en privilégiant les mariages forcés aux meurtres) et un christianisme de plus en plus chassé de l’espace public – à l’instar de la fermeture d’églises à la demande des gouvernements.

 

Le Monde des religions

Les actes antireligieux en nette hausse en 2019

La forte hausse des actes antireligieux dans l’Hexagone en 2019 alarme le ministère de l’Intérieur, qui dénonce une atteinte aux fondements du pacte républicain.

Dans le cadre du plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le ministère de l’Intérieur publie en chaque début d’année les données chiffrées des faits à caractère antireligieux, racistes ou xénophobes recensés en France au cours de l’année précédente. En 2019, ce sont ainsi 687 faits antisémites qui ont été recensés, contre 541 en 2018 et 311 en 2017 – une hausse de 27 % en un an et de 121 % en deux ans. Si les « menaces » (propos, écrits ou gestes menaçants) se trouvent en hausse de 50 % par rapport aux chiffres de 2018, les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens) continuent cependant de diminuer, étant passées de 183 en 2018 à 151 en 2019. Les atteintes directes aux personnes, elles aussi, sont sur une courbe descendante, ayant reculé de 44 % en un an.

Bien que moins nombreux, les actes antimusulmans ont cependant aussi connu une augmentation de moitié, passant de 100 faits en 2018 (leur plus bas niveau depuis 2010) à 154 en 2019, principalement menés à l’encontre de biens religieux.

Les faits antichrétiens, enfin, se révèlent relativement stables, soit 1038 actes en 2017, 1063 en 2018 et enfin 1052 en 2019. Une fois encore, ce sont les biens qui sont le plus visés. Si les actes antichrétiens représentent 55 % du total des actes antireligieux, les églises et temples chrétiens représentent cependant 95 % de l’ensemble des lieux de culte des trois religions monothéistes, selon des chiffres avancés par le Sénat en 2015.

D’où viennent donc les informations du ministère ? Les sources utilisées sont en réalité aussi variées que différentes.

Pour le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’État, Laurent Nunez, chacun de ces actes, quelle que soit sa forme, constitue « une atteinte intolérable à notre projet commun, aux fondements de notre pacte social et républicain ». Et le ministère d’appeler à un renforcement du système d’accueil des victimes et de suivi des infractions, notamment par un investissement accru dans la lutte contre la haine (y compris en ligne), ainsi que des collaborations plus proches entres les institutions pertinentes et l’assistance aux victimes.

 

Des méthodes critiquées

Les chiffres avancés par le ministère ne doivent cependant pas être pris pour argent comptant. L’article premier de la Constitution, de même que la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, interdisent en effet formellement la collecte de données «qui révèlent la prétendue origine raciale ou l’origine ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale d’une personne physique» . Ce qui rend de ce fait impossible le calcul des chiffres réels des actes antisémites, antimusulmans ou antichrétiens, de même que les actes xénophobes ou racistes.

D’où viennent donc les informations du ministère ? Les sources utilisées sont en réalité aussi variées que différentes. Outre des données officielles et indiscriminées sur les infractions à caractère discriminatoire rapportées à la police et à la gendarmerie chaque année, le ministère se sert de données issues d’associations et institutions religieuses reconnues – à l’instar du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) –, auxquelles viennent s’ajouter quelques études de terrain et les enquêtes annuelles de victimation de l’Insee.

 

Il est estimé que seuls 8 % des faits seraient signalés, et que 3 % uniquement mèneraient à un dépôt de plainte.

 

D’une source à l’autre, les chiffres varieraient ainsi du simple au décuple, affirmait Géraldine Woessner sur Europe 1 en février 2018. En cause : les méthodes de récolte des données, l’accès aux populations affectées et la tendance ou non des victimes à reporter les actes perpétrés à leur encontre. Il est estimé que seuls 8 % des faits seraient signalés, et que 3 % uniquement mèneraient à un dépôt de plainte, indique la Commission nationale consultative des droits de l’homme dans son rapport 2018 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Le résultat de la compilation de l’ensemble des données est alors considéré comme suffisamment digne de confiance pour être publié par le ministère, même s’il ne représente, en fin de compte, qu’une vision partielle de la réalité.

 

Le Monde des religions