A propos Fatima Achouri

Fatima Achouri est consultante diplômée de l'Institut de Gestion Sociale en ressources humaines et titulaire d'un Master 2 en civilisation arabe et musulmane. Elle a évolué pendant plus de douze ans au sein de grands groupes nationaux et internationaux dans des fonctions de management, relation client,GRH et en tant que consultante dans la gestion du multiculturel et du religieux. Spécialiste en ressources humaines et en islam, Fatima Achouri offre une expertise sur la gestion du fait religieux au sein du public(Loi de 1905) et du privé(Loi de 1958).

Visite controversée de dirigeants juifs américains aux Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis sont de plus en plus ouverts à accepter Israël et les Juifs, ont déclaré dimanche, après une récente visite de quatre jours dans le pays, les chefs d’une importante délégation de dirigeants juifs américains.

« C’était une visite très importante et intéressante et, je pense, stratégiquement importante », a déclaré Stephen M. Greenberg, président de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines.

Lors d’une conférence de presse dimanche, avant la mission de leadership israélienne annuelle de la Conférence à Jérusalem cette semaine, M. Greenberg a déclaré que les dirigeants des Émirats arabes unis étaient également très fiers de constater qu’il existe une communauté juive croissante au sein de cet État musulman modéré. Nous les avons rencontrés. Nous avons présenté le chef de la communauté juive à des ministres importants. »

Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de longue date de la Conférence, a salué chaleureusement l’accueil de sa délégation, ajoutant que les Émirats arabes unis tenaient à se présenter comme un adversaire de l’extrémisme islamique.

« Ils ont un ministre de la Tolérance », a-t-il dit, ajoutant que les EAU reconnaissaient toutes les minorités religieuses.

« Le fait que certains aient même reconnu ouvertement la présence de la communauté juive à Dubaï en est une preuve supplémentaire », a-t-il déclaré.

« La tendance claire est maintenant à une société plus ouverte, plus modérée. Il y avait des endroits où nous marchions avec des kippas et les gens ne les enlevaient pas. Il n’y a jamais eu un seul commentaire, aucun regard sur qui que ce soit durant la semaine.

 

Il y a des offices hebdomadaires à la synagogue ad hoc de la communauté à Dubaï, selon Hoenlein. « Ils ont une structure. Ils ont deux rouleaux de Torah. Il y a une fête de Pourim, un seder de Pâque pour 160 personnes là-bas » a-t-il ajouté.

La communauté est composée d’avocats expatriés, de techniciens, d’hommes d’affaires des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, d’Afrique du Sud et d’ailleurs. « Les offices étaient vraiment intéressants. Ils accueillent des gens de tous les niveaux d’observance religieuse, de ceux qui sont clairement marginaux à ceux qui sont clairement pratiquants. »

Il a ajouté : « Ils souhaitent évidemment qu’elle croisse. Il y a beaucoup plus de Juifs qui s’identifient à la communauté. Mais c’est une entreprise remarquable. C’est vraiment quelque chose d’admirable. »

Hoenlein, qui s’est également rendu récemment au Qatar, a souligné que la Conférence des présidents avait clairement indiqué à ses interlocuteurs des Émirats arabes unis qu’elle ne représentait ni l’administration américaine ni le gouvernement israélien. En même temps, il a déclaré que son organisation est courtisée par de nombreux pays musulmans et arabes qui sont intéressés à améliorer les liens avec le monde juif.

« Il y a un changement. Ce n’est pas quelque chose que les gens auraient pu imaginer il y a 10 ou même 5 ans, comment un pays arabe musulman ouvert, presque sans exception, veut nous rencontrer et voulait que nous venions. Nous avons plusieurs invitations en suspens, il y a un désir de nous rencontrer. »

Les dirigeants arabes sont enthousiastes à l’idée de coopérer avec Jérusalem, mais ont le sentiment qu’ils ne peuvent pas le faire publiquement avant qu’un accord de paix israélo-palestinien ne soit conclu, car ils craignent les répercussions négatives de la part de leurs citoyens.

Hoenlein a déclaré que les délégués de la Conférence des présidents ont interpellé les responsables émiratis sur le fait que les judokas israéliens n’étaient pas autorisés à arborer leur drapeau ou leur hymne national lors d’un tournoi à Abu Dhabi l’année dernière.

« Nous avons bien sûr soulevé la question », a-t-il dit, mais il a indiqué que les Émirats arabes unis ne s’engageaient pas à permettre aux athlètes israéliens de participer en tant que tels à de futurs tournois.

 

The Times of Israël

Yémen : la France appelée à cesser le « commerce macabre » de la vente d’armes

Troisième plus grand exportateur d’armes dans le monde entier, la France est appelée d’urgence à cesser d’armer la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite au Yémen où sévit une guerre sanglante depuis 2014.

L’ONG SumOfUs a lancé, jeudi 15 février, une pétition afin que la France prenne le parti des milliers de victimes au Yémen. « La monarchie saoudienne est l’un des principaux clients des industriels de l’armement français : elle leur a acheté près de 9 milliards (!) d’armes entre 2010 et 2016 », lit-on. Des chiffres sourcés de l’Observatoire des armements dont Orient XXI en a fait l’écho en septembre 2017.

« La France a ratifié en 2014 un traité sur le commerce des armes qui prévoit qu’un Etat signataire ne peut pas autoriser une vente d’armes qui serait utilisée contre des civils. Or, l’arsenal militaire dont s’est dotée l’Arabie Saoudite ces dernières années a largement été dirigé contre les populations civiles du Yemen. Paris aurait dû sonner l’alarme et faire respecter les accords », souligne l’organisation, qui appelle le président Macron « à se distinguer de son prédécesseur (François Hollande) en faisant cesser ce commerce macabre ».


Suivre l’exemple allemand

Le Canada, la Norvège et la Belgique ont gelé ces derniers mois leurs exportations d’armes aux belligérants impliqués dans la guerre au Yémen. Angela Merkel, la chancelière allemande, a également pris une décision similaire en janvier pour son pays.

Emmanuel Macron va-t-il suivre l’exemple de son homologue allemande ? « Un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen à cause d’une guerre aussi terrible qu’injuste qui enrichit l’industrie de l’armement », signifie SumOfUs. La guerre au Yémen est considérée comme « la pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale » par les Nations Unies.

Saphirnews

Pourquoi un islam de France n’est pas possible

Ces derniers jours, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, le président E. Macron annonce prudemment vouloir « poser des jalons » au premier semestre 2018 sur l’organisation de « l’islam de France ». Le défi est immense tant la volonté à vouloir organiser ce culte, depuis la création du Corif par Pierre Joxe en 1988, est confrontée à de nombreuses oppositions internes et externes. E. Macron est prudent et il a bien raison, il veut d’abord consulter des intellectuels et des universitaires pour annoncer sa feuille de route mais cela lui suffira-t-il ? L’islam contrairement aux autres religions est religion et cité (din wa dawla), à la fois religion et communauté temporelle. L’islam est un mode de vie, une religion qui se passe avant tout dans le cœur du croyant. Admettre la laïcité telle qu’elle s’exprime en France, c’est séparer le sacré du profane, la Vérité révélée de la vérité humaine, agir sans la lumière de la foi, c’est accorder à l’homme politique le pouvoir de régner en dehors de Dieu. L’islam est laïque dans le sens où  il distingue religion et pouvoir. Le pouvoir qu’un prophète exerce sur son peuple est de nature spirituelle et naît de la foi qu’il acquiert dans les cœurs, celui du prince est de nature matérielle, il aboutit à la soumission du corps sans qu’aucun contact ne soit établi avec les cœurs[1]. Le premier vise à diriger les hommes dans la voie juste et à les initier au Vrai, le second porte sur la gestion des services vitaux de la communauté et sur l’occupation des terres. Le Coran défend de manière explicite de faire du Prophète le gardien des hommes, un tyran ou un dominateur. Il exclut de la même façon d’utiliser la contrainte pour inculquer la foi. Le Prophète Muhammad n’avait aucun droit sur son peuple, au-delà de ce qui est requis pour délivrer le message prophétique. Le croyant est libre dans sa foi.

La République doit en effet réorganiser l’islam sur le plan matériel et intellectuel de la communauté. La laïcité rejette toute autorité religieuse dans la gestion des affaires de l’Etat où ce dernier reconnaît une égalité entre les cultes. Or ce n’est pas le cas, l’islam ne bénéficie pas des mêmes prérogatives et du même traitement que les autres cultes, et reste toujours sous la tutelle d’Etats étrangers. Organiser l’islam sur le plan pratique est possible en lui accordant les mêmes droits, en modifiant la Loi de 1905. Des propositions ont déjà été avancées dans ce sens par le passé, mais elles n’ont jamais été appliquées. Il était question d’intégrer l’islam à la loi de 1905 sur la question du financement cultuel, notamment celui de l’aumônerie à l’heure où la demande est criante par exemple dans les hôpitaux ou les prisons avec les problèmes de radicalisation que l’on connaît. Tant que la gestion de l’islam sera confiée au ministère de l’Intérieur et à l’influence d’Etats étrangers, nous assisterons malgré des courants volontaristes à un échec, car le réagencement d’un culte ne se décrète pas sur des considérations sécuritaires ou sur le contrôle des fidèles. Organiser l’islam sur le volet pratique est primordial mais cela doit également se manifester sur le terrain de l’éducation et de la formation, en relançant la création de centre d’enseignements islamiques déjà réclamés par M. Arkoun il y a plus de vingt ans. L’enseignement du fait religieux à l’école primaire est déjà une bonne initiative dans un contexte où les ignorances sont transmises au sein de la cellule familiale. L’éveil et le devenir du musulman en France ne peuvent se concevoir que sur les bancs de l’école, de l’université et des instituts, à l’heure où internet accroît l’atomisation et la division d’une communauté hétérogène dans sa pratique. Il n’y a pas de clergé en islam, le croyant est libre mais il est fondamental de diriger le musulman dans la voie « juste » de l’apprentissage.

Quelle est la nécessité de former des imams étrangers à la laïcité, quand la communauté musulmane dans son ensemble, ne remet pas en cause la liberté de conscience qu’elle a intégré au même titre que la loi de 1905, comme il serait  plus simple, de ne recruter que des imams français. Le problème de l’islam en France n’est pas un problème d’islam français, il concerne l’islam depuis le IXième siècle. Le monde musulman souffre de l’absence d’un effort de réflexion (ijtihâd) et de consensus (ijma) pour faire une différenciation entre une modernisation libératrice et une occidentalisation aliénante. Il n’y aura pas un islam de France ou en France, car l’islam a une vocation universelle. M. Bennabi avance que «  l’idée n’est pas d’opposer artificiellement théologie et modernité mais de suggérer pour les théologiens une formation plus en harmonie avec leurs nouvelles tâches : éclairer la conscience religieuse et l’élever au niveau de l’horizon contemporain[2] » Pour les réformateurs, il ne s’agit pas de remettre en question les sources (Coran, Sunna) mais de faire appel à la raison humaine et absolue pour lutter contre le conservatisme et une tradition aliénante. L’islam est laïque car il est ouvert au pluralisme et à la coexistence pacifique des idéologies, des cultures et des religions. Le chantier d’E. Macron en tant que chef de l’Etat, devra garantir à tous les cultes dont l’islam, les mêmes applications conformément à la Loi de 1905. Cette initiative prendra du temps, peut-être plus qu’un mandat, mais elle devra surtout reposer sur la volonté ferme de ne pas reproduire les erreurs passées et, plus difficile, de ne pas céder aux pressions de tous bords.

 

 

Fatima Achouri

 

 

 

[1] L’islam et les fondements du pouvoir- A. Abderraziq- Editions La Découverte- 1994

[2] Le problème des idées dans le monde musulman– Editions Albouraq- 2006

En Iran, des femmes se rebellent contre l’obligation de porter le voile

Des Iraniennes dénoncent l’obligation de porter le voile islamique sur les réseaux sociaux.

Une trentaine de femmes ont été arrêtées en Iran, jeudi 1er février, pour avoir ôté leur voile en public afin de protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979, a annoncé la police de Téhéran dans un communiqué.

Depuis plusieurs semaines dans le pays, des dizaines de femmes suivent l’exemple de Vida Movahedi, 31 ans, arrêtée fin décembre puis libérée après un mois de détention. Elle était montée tête nue sur une armoire électrique, rue Enghelab (« Révolution » en persan) à Téhéran, en arborant son voile blanc au bout d’une perche.

La journaliste iranienne et militante des droits des femmes, Masih Alinejah réfugiée aux États-Unis a lancé sur Twitter #WhiteWednesdays et #MyStealthyFreedom, deux hashtags largement utilisés par les Iraniennes pour diffuser sur les réseaux sociaux les photos et vidéos de leurs gestes symboliques et politiques bravant l’interdit.

Un mouvement global contre le régime iranien ?

« Ces Iraniennes réagissent aux discriminations dont elles font l’objet depuis l’arrivée des mollahs au pouvoir », explique Simin Nouri, présidente de l’Association des Femmes iranienne en France, une organisation hostile au régime qui précise : « Il ne s’agit pas d’un mouvement en tant que tel mais d’actes individuels dispersés à Téhéran et dans d’autres villes. Cette protestation contre le port du voile rentre dans un mouvement de mécontentement général de la population civile face au régime. Comme on a pu le voir ces derniers jours, avec les nombreuses manifestations qui ont été organisées dans le pays contre l’accroissement du coût de la vie et le régime politique iranien. »

Les autorités de leur côté minimisent ces actions. Le procureur général de la République islamique, Mohammad Jafar Montazeri, a indiqué mercredi 31 janvier, que la remise en cause de l’obligation du voile dans l’espace public par quelques femmes était « puérile ». « Il s’agit d’une affaire insignifiante qui n’a rien de préoccupant », a-t-il ajouté.

Un code vestimentaire pour les Iraniennes

Depuis la création de la République islamique d’Iran, il y a moins de 40 ans, les femmes en Iran sont contraintes de se couvrir la tête et le corps d’un vêtement long et ample dans l’espace public.

Celles qui enfreignent cette loi risquent d’être poursuivies par la justice. D’après la clause 683 du code pénale d’Iran : « Les femmes qui apparaissent dans des lieux publics et sur les routes sans porter le hijab islamique seront condamnées de 10 jours à 2 mois de prison, et à payer une amende »

 

La Croix

Les exorcistes de plus en plus sollicités

La session nationale des exorcistes s’est achevée le 25 janvier à Lyon. Confrontée à une forte demande, la totalité des diocèses de France dispose d’un prêtre exorciste, missionné par l’évêque.

À Orléans, celui-ci assume cette charge dans l’ombre de sa sacristie, accueillant en moyenne deux personnes en souffrance chaque jour.

Dans la sacristie d’une importante église d’Orléans, le père Jean (1) fixe le crucifix qui lui sert à exercer les rites de l’exorcisme. Missionné par l’évêque, Mgr Jacques Blaquart, il reçoit, en moyenne, deux personnes chaque jour l’appelant à l’aide.

En France mais plus largement en Europe, l’ensemble des communautés catholiques fait face à un redoublement des demandes d’exorcisme. « Bien que nous ne tenions pas de statistiques, il y a dans les diocèses une tendance réelle à une augmentation des prises de contact de personnes en souffrance, qui s’adressent à un prêtre exorciste », confirme le P. Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de la conférence épiscopale.

« Un condensé des maux de notre société »

Le père Jean ne reçoit pas uniquement des personnes qui se croient possédées par le diable, loin s’en faut. Il voit passer devant lui « un condensé des maux de notre société – chômage, isolement, violence, comportements addictifs ».

Il observe notamment « les ravages » de l’accoutumance à la pornographie, en pleine explosion avec Internet, qui aliène les esprits. Mais, comme un médecin tenu au secret médical, il ne s’attardera pas sur les cas particuliers.

« La guérison ne doit pas devenir une pratique magique »

À ses côtés, dans la sacristie, se tient le père Gilles Rousselet, eudiste. Il est l’un des – trop rares – prêtres à orienter ses paroissiens en souffrance vers son collègue exorciste quand il le juge « utile ».

Venant « d’un milieu rationnel », il a lui-même été longtemps opposé à la pratique de l’exorcisme. Mais ses nombreux voyages en Afrique pour sa congrégation l’ont transformé : « Ce que j’ai vu m’a fait changer et m’a, en quelque sorte, obligé de croire aux forces du mal. » Actuellement en charge du pôle missionnaire Orléans sud-Sologne, il ne sait pas s’il deviendra lui-même un jour exorciste mais, depuis sa « conversion », il se forme et cherche des moyens « d’accueillir les demandes ».

L’appui d’une équipe de laïcs

Le père Jean, pour sa part, aimerait que les curés de paroisse s’engagent davantage, appelant « l’Église à réfléchir en profondeur à la réponse à donner à toutes ces formes de souffrance, en particulier celles qui conduisent aux rites de l’exorcisme ».

Pour sa mission, il bénéficie du « précieux » appui d’une équipe de laïcs, composée de médecins, psychiatres et de religieux, l’aidant dans cette entreprise de discernement : « Si j’arrive maintenant à distinguer le mal ordinaire, présent en chacun de nous, du mal plus profond, j’ai parfois besoin de la relecture d’un tiers pour me conforter dans mon diagnostic. »

La plupart des demandes se règlent sans le rite des prières de délivrance du diable :« L’essentiel de mon travail consiste à renvoyer ces personnes en souffrance vers d’autres paroissiens, vers des communautés chrétiennes vivantes pour qu’elles les épaulent et les sortent de l’isolement. »

Vivre sa foi participe, en soi, du processus de libération, estime-t-il. Tout comme le père Rousselet qui recommande une vie sacramentelle accomplie, la pratique régulière de l’eucharistie comme « sacrement de guérison », et un enracinement dans la vie paroissiale : « J’aime beaucoup la phrase que dit Jésus à Saint Paul : Ma grâce te suffit”. C’est un magnifique exorcisme ! »

Voyants, mediums et marabouts

Les deux hommes regrettent que, dans ce mélange de détresse et de quête spirituelle, beaucoup se hasardent dans des pratiques ésotériques « dont ils n’arrivent pas à s’extraire ». Ils peuvent compter sur le soutien de Jean-Pierre Évelin, en charge de la communication du diocèse d’Orléans, qui milite pour faire connaître l’existence de ce service « gratuit et sérieux ».

Les exorcistes américains peuvent chasser le diable en anglais

Lui aussi déplore les pratiques du spiritisme, très répandues chez les adolescents, de la magie noire et de certaines médecines parallèles, la consultation des voyants, mediums, marabouts, mages, magnétiseurs, guérisseurs ou faux prêtres, très actifs sur la Toile, et qui « qui favorisent l’action du diable ».

Soucieuse de se démarquer de ces dérives, la Conférence des évêques de France a récemment créé une page sur Internet, présentant une approche didactique de l’exorcisme. Et, au printemps, le Bureau national des exorcistes (BNE) et le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS) ont publié un manuel (2) à l’usage des curés de paroisse afin d’offrir un réconfort spirituel aux personnes fragilisées dans leur vie.

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Une session de formation tous les deux ans

La France compte une centaine d’exorcistes – un par diocèse.

« Pour être exorciste, il faut être prêtre : l’exorcisme est une prérogative de l’évêque que ce dernier délègue à un prêtre de son diocèse pour un mandat dont la durée est à sa discrétion », explique le père Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de la conférence épiscopale.

Un diplôme n’est pas nécessaire pour être exorciste : en revanche, les prêtres suivent une formation permanente, à raison d’une session nationale tous les deux ans. Cette année, elle s’est tenue à Lyon du 22 au 25 janvier, sur le thème : L’exorcisme dans le contexte
de la nouvelle évangélisation. Une autre session a lieu un an sur deux pour les nouveaux exorcistes.

Sur les 2 500 demandes adressées chaque année au Service de l’exorcisme d’Île-de-France, on compte une cinquantaine d’exorcismes annuels.

 

La Croix

Israël : les survivants de la Shoah touchés de plein fouet par la pauvreté

Près de 200 000 rescapés de la Shoah vivent en Israël. Un quart d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté, raconte « Libération ».

 

Israël est l’un des pays les plus inégalitaires au monde : selon l’OCDE, 20 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté alors que le coût de la vie est comparable aux pays occidentaux. Parmi les personnes les plus vulnérables, les rescapés de la Shoah. 70 ans après la libération des camps, ils seraient 189 000 survivants à vivre en Israël, selon les chiffres de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Un quart d’entre eux, soit 45 000 personnes, vit sous le seuil de pauvreté, fixé à 3 000 shekels par mois (720 euros), rapporte Libération. Une situation qui, bien qu’elle se soit améliorée grâce à une allocation de 2 200 shekels (530 euros) par mois versée par le gouvernement, inquiète les associations de défense des victimes de la Shoah.

Ces survivants de l’Holocauste ont quitté, pour la plupart, le bloc soviétique à la chute de l’URSS et sont venus s’installer en Israël, laissant derrière eux travail, économies et retraite, explique Libération. L’objectif des associations d’aide aux victimes de la Shoah est d’« informer » et de « guider les survivants dans leurs démarches » et de les épauler pour faire valoir leurs droits en Israël. C’est notamment le cas de l’Association pour l’assistance immédiate des survivants de l’Holocauste qui, depuis 2007, aide les survivants de l’Holocauste à recevoir les indemnités auxquelles ils ont droit. Certaines associations ont également mis en place des refuges pour accueillir ces personnes âgées, et des aides pour les soins médicaux ou psychologiques.

Réparations

Les ONG se battent également pour que l’État israélien qui a perçu des indemnités de réparation de la part de l’Allemagne les verse aux rescapés. Selon un audit mené en 2008 par une ex-juge à la Cour suprême, les deux tiers de ces sommes ne leur sont pas parvenus.

Ce 27 janvier est célébrée, comme chaque année, la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité. Une date choisie par l’ONU en 2005, qui coïncide avec la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, le 27 janvier 1945. Plusieurs événements sont organisés à Paris et partout en France, du 14 au 28 janvier, notamment au mémorial parisien de la Shoah.

 

6Medias

Attentat à Kaboul : le bilan atteint 103 morts et 235 blessés

Le bilan de l’attentat à l’ambulance piégée, samedi au centre de Kaboul, atteint désormais 103 morts et 235 blessés et beaucoup de policiers se trouvent parmi les victimes, a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur Wais Barmak. « Malheureusement, de nombreux blessés sont décédés depuis leur transfert à l’hôpital et le nombre de martyrs atteint désormais 103 morts et 235 blessés », a déclaré Wais Barmak lors d’une conférence de presse. « Nous avons également perdu un grand nombre de policiers : cinq d’entre eux sont morts à un seul barrage et trente ont été blessés, a dit Wais Barmak, qui n’en pas précisé le nombre total. La rue où s’est produite l’explosion de l’ambulance est l’une des plus gardées de Kaboul en raison de nombreuses institutions et représentations étrangères qui y siègent, mais abrite aussi des bureaux du ministère de l’Intérieur et le siège de la police.

Selon le ministre, « des images aériennes montrent que deux ambulances se sont présentées. La première a été vérifiée par la police au premier barrage – on voit le policier parler au conducteur avant de le laisser passer – ainsi que la deuxième ambulance, dont il a pensé qu’elle accompagnait la première ». « Les deux ambulances sont allées se garer sur le parking de l’hôpital avant d’en ressortir quelque 20 minutes plus tard, de se diriger vers le deuxième barrage qui les a arrêtées. C’est là que l’explosion s’est produite » a-t-il raconté. L’hôpital se trouve entre les deux checkpoints, le second gardant l’accès à l’Union européenne et aux ambassades d’Inde et de Suède notamment. Le ministre n’a pas précisé d’où provenaient ces images, il a seulement indiqué qu’elles n’avaient pas de son.

Alerte maximale

La présidence a décrété « une journée de deuil national » appelant les bâtiments publics et les délégations étrangères à amener les drapeaux et a annoncé une journée chômée pour Kaboul lundi « pour s’occuper des blessés ». Mais Kaboul, groggy, s’est spontanément repliée, anormalement calme pour un jour de semaine : le trafic est incomparablement fluide par rapport aux bouchons qui engorgent les rues d’ordinaire et les piétons ont déserté les trottoirs.

Cet attentat, l’un des pires à frapper Kaboul ces dernières années, est le troisième en une semaine dans le pays après l’attaque de l’hôtel Intercontinental, le 20 janvier, et celle de l’ONG Save the children à Jalalabad (est), mercredi. Le niveau d’alerte en vigueur depuis une dizaine de jours reste maximal, selon une source de sécurité occidentale. Les étrangers sont particulièrement visés par les menaces, ainsi que les lieux qu’ils fréquentent – hôtels, supermarchés… Aussi, les ambassades, l’ONU sont pour la plupart placées en « lock down » (confinement sans sorties).

Indignation des internautes

« Le gouvernement doit décréter l’état d’urgence », jugeait sur Twitter Mirwais Parsa, militant des droits de l’homme, qui appelle les autorités à « se rapprocher de la communauté internationale pour répondre aux attaques horribles des ennemis jurés de l’Afghanistan ». « La guerre contre la terreur ne sera pas gagnée avec des prières et des tweets (de condamnation). Le gouvernement doit riposter avec les mêmes moyens contre les parrains des terroristes », s’indignait un autre internaute afghan, Sulaiman. Sans le nommer forcément, la plupart des internautes pointent du doigt le Pakistan voisin, accusé de financer et d’héberger les talibans et le réseau terroriste Haqqani – ce réseau a été désigné coupable par un porte-parole du gouvernement.

Naser Danesh a choisi l’ironie : « A Kaboul, démarrer la journée sans explosion, quelle surprise ! on n’arrive plus à se l’imaginer. » Mais pas Naweed Qaderi: « Quelle honte pour notre gouvernement qui manque régulièrement de protéger la population ! Il faudrait qu’un de nos leaders perde un fils ou une fille pour ressentir le chagrin des pauvres gens. » « La corruption est le problème principal ; avec 500 afghanis (moins 8 dollars) la police vous laisse passer aux barrages », assurait Basir Ahmad.

 

AFP

Israël dévoile un outil contre l’antisémitisme en ligne

Les villes dans les pays occidentaux avec les posts les plus antisémites étaient Paris et Londres, selon le ministère de la Diaspora

En prévision de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, le ministère de la Diaspora a dévoilé jeudi ce qu’il a qualifié de nouvelle technologie de détection de contenu antisémite sur Internet.

Le logiciel, appelé Système de surveillance de l’antisémitisme ou ACMS, est « le développement le plus avancé au monde pour surveiller l’antisémitisme en temps réel », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Selon le ministère, l’ACMS suit les messages antisémites sur les médias sociaux et peut détecter leur degré de partage, qui les partage, et quelles villes et pays produisent le contenu le plus antisémite.

Le système utilise la définition de l’antisémitisme de l’Alliance Internationale du Souvenir de l’Holocauste lors de la recherche de contenu et surveillera initialement les publications en anglais, arabe, français et allemand sur Facebook et Twitter avant de les étendre à d’autres plate-formes et langues.

En plus du système lui-même, le ministère exploitera une « salle de guerre » pour analyser les messages antisémites et partagera le contenu avec les sociétés Internet afin de pouvoir les supprimer.

Au cours d’un essai d’un mois sur l’ACMS, le ministère a indiqué avoir détecté un total de 409 000 messages antisémites par 30 000 utilisateurs.

Le ministère a déclaré que les trois « villes les plus antisémites » étaient Santiago du Chili; Dnipro en Ukraine; et Bucarest en Roumanie. Les villes dans les pays occidentaux avec les posts les plus antisémites étaient Paris et Londres, selon le ministère.

Louant le système, Naftali Bennett, ministre des Affaires de la Diaspora, a déclaré que cela exposerait les antisémites en ligne « à la vue de tous ».

« Il est temps de mettre un miroir devant nos ennemis et d’exposer le visage hideux de l’antisémitisme moderne », a-t-il déclaré. « A partir de maintenant, nous saurons qui sont les incitateurs antisémites. »

Bennett a également déclaré que « l’antisémitisme n’a pas disparu, il a changé de forme et est passé de la rue à Internet ».

« En particulier pendant la semaine où nous célébrons la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, nous devons exposer et mettre en lumière les sources d’incitation à l’antisémitisme », a déclaré Bennett.

 

The Times of Israël

Les signes religieux « ostensibles » interdits aux députés à l’Assemblée nationale

« Il est désormais précisé que, dans l’hémicycle, l’expression est exclusivement orale », a fait savoir François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, mercredi 24 janvier, après l’adoption par le bureau d’une proposition d’instruction générale encadrant les tenues vestimentaires des députés.

Un nouveau devoir de neutralité vestimentaire comprenant l’interdiction des signes religieux est ainsi imposé à des élus, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici en France.

Si la cravate n’est désormais plus obligatoire, « la tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l’hémicycle doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville », est-il aujourd’hui signifié. « Elle ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression d’une quelconque opinion : est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d’un uniforme, d’emblèmes, logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique. »

« L’expression est exclusivement orale », précise-t-on, interdisant de fait aux députés de brandir des pancartes ou des vêtements imprimés de messages.

Cette décision a été prise, indique la présidence, après une polémique suscitée en décembre 2017 par la venue dans l’hémicycle de François Ruffin en… maillot de foot. Le député de la France Insoumise voulait alors défendre une proposition de loi visant à mieux financer le sport amateur. Il avait écopé pour cela d’une sanction financière à hauteur du quart de son indemnité parlementaire pendant un mois (près de 1 400 €).

La mesure a été adoptée par la majorité des 22 membres du bureau, à l’exception de la députée LFI Clémentine Autain.

 

Saphirnews

Amena Khan contrainte de se retirer de la campagne L’Oréal pour des tweets anti-Israël

Hier encensée, aujourd’hui critiquée. Amena Khan, récemment révélée par L’Oréal Paris qui en a fait son égérie pour une publicité, est dans la tourmente après que des tweets anti-israéliens datés de 2014 aient été épinglés le week-end du 20 janvier. Une tourmente telle qu’elle a décidé de « se retirer » de la campagne publicitaire en accord avec la marque de cosmétiques, a-t-elle annoncé lundi 22 janvier sur Instagram.

La mannequin est vilipendée pour des positions qui lui valent même des accusations d’antisémitisme par les défendeurs les plus zélés d’Israël.

C’est en pleine opération israélienne contre Gaza en 2014 qu’Amena Khan est sortie du bois pour dénoncer les actes perpétrés par Israël contre les Palestiniens. « Vous répétez tout le temps « personne n’est au-dessus de la loi ». Et bien, selon le droit international, Israël est un Etat illégal. Pourtant, vous les soutenez. Expliquez », écrivait-elle le 10 juillet.

« Israël = Pharaon. Tous les deux sont des tueurs d’enfants. InchAllah, la défaite attend aussi le premier ; ce n’est qu’une question de temps », tweete-t-elle également le 21 juillet. Et d’ajouter le même jour : « Puisque la situation des Palestiniens est comparable à l’Holocauste, il est temps que les Nations unies interviennent et leur façonnent un Etat dans un autre pays. Ce n’est que justice. »

Amena Khan exprime ses regrets, L’Oréal applaudit

« Je regrette profondément le contenu des tweets que j’ai écrit en 2014 et je m’excuse sincèrement pour le trouble et le mal que j’ai causé. Soutenir la diversité est une de mes passions, je ne discrimine personne », fait-elle savoir, annonçant avoir supprimé les tweets en question « dans la mesure où ils ne représentent le message d’harmonie que je défends ».

« J’ai récemment pris part à une campagne qui m’a excité car il célébrait l’inclusion. Avec grand regret, j’ai décidé de me retirer de cette campagne car les discussions actuelles qui l’entoure détourne d’un sentiment positif et inclusif qu’elle est sensée délivrer », indique Amena Khan.

Un porte-parole britannique de L’Oréal a fait savoir à la presse que la marque « apprécie » les excuses d’Amena Khan, affirmant qu’elle est « engagée pour la tolérance et le respect envers tous les peuples ». La célèbre enseigne de cosmétiques fait partie des cibles du mouvement international BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre Israël. Elle avait été vertement critiquée en 2014 après un don de produits Garnier (dont L’Oréal est propriétaire) à l’armée israélienne, qui a valu un tollé auprès des défenseurs de la cause palestinienne. Amena Khan collaborait avec la firme internationale depuis fin 2016.

Saphirnews