A propos Fatima Achouri

Sociologue des organisations et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques, etc.). J'accompagne également les organisations dans le développement des ressources humaines : diagnostic sociologique de l’organisation afin d’optimiser la gestion du personnel aux niveaux macro et micro en particulier dans les domaines du recrutement et de la formation. Je suis formatrice dans le domaine public pour les agents ( Loi de 1905) et dans les entreprises privées (gestion du fait religieux). Je suis conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la sociologie musulmane.

Présidentielle : 65% des protestants ont voté pour Emmanuel Macron, comme 85% des musulmans

Vote, Scrutin, Boîte, Urne ÉlectoraleComme lors du premier tour de l’élection présidentielle, les protestants ont placé Emmanuel Macron en tête. Les catholiques (55 %) et les musulmans (85 %) ont fait le même choix.

Les musulmans ont massivement voté (85 %) pour Emmanuel Macron au second tour de l’élection, les catholiques ayant un comportement électoral (55 % pour le président sortant) quasi-identique à l’ensemble des Français, selon une enquête Ifop pour La Croix et Le Pèlerin publiée lundi 25 avril. Quant aux protestants, ils ont voté à 65 % pour le président sortant. Au premier tour, leur choix s’était porté en premier lieu sur ce dernier (36 %), puis sur Marine Le Pen (17 %).

La participation, parmi l’électorat catholique, est plus forte que chez l’ensemble des inscrits en France (79 %, contre 71,8 %), selon cette étude. Cette proportion est de 70 % chez les protestants mais tombe à 58 % chez les musulmans. Au total, les catholiques ont voté à 55 % pour Emmanuel Macron (plus de 58 % chez l’ensemble des Français). Dans le détail, ils ont placé le président sortant à 55 % chez les non-pratiquants et à 58 % chez les pratiquants (61 % chez les pratiquants réguliers et 55 % chez les pratiquants occasionnels).

En 2017, les catholiques avaient plus voté Macron

Au premier tour le dimanche 10 avril, les candidats d’extrême droite avaient obtenu 40 %, en additionnant les votes des catholiques en faveur de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan, soit plus que l’ensemble des Français (32,5 %). Autre enseignement du sondage : dimanche, les musulmans ont nettement voté pour Emmanuel Macron, à 85 %. Au premier tour, ils avaient massivement voté pour Jean-Luc Mélenchon (69 %).

En 2017, le candidat d’En Marche ! avait obtenu 62 % des suffrages exprimés par l’ensemble des catholiques, selon l’enquête d’opinion menée par le même institut. Sondage 2022 réalisé auprès d’un échantillon de 4 827 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, par questionnaire auto-administré en ligne le 24 avril.

 

 

Revue Réforme / AFP

Eric Zemmour : ouverture d’une enquête pénale après l’envoi de SMS aux Français de confession juive

Étoile De David, Star, David, ReligionVendredi 8 avril, des milliers de Français de confession juive ont reçu un SMS de l’équipe de campagne d’Éric Zemmour les renvoyant sur une page web du candidat à l’élection présidentielle intitulée « Message d’Éric Zemmour aux Français de confession juive ». Selon les informations de BFMTV, lundi 11 avril, la page est restée en ligne jusqu’au 10 avril, date du premier tour, puis a été supprimée. Dans la soirée de mardi, une enquête préliminaire a été ouverte à Paris après la plainte de deux associations sur ce fameux démarchage par SMS. Sollicité par l’AFP, le parquet de Paris a confirmé l’ouverture de cette enquête pour des infractions relatives à des données à caractère personnel.

« Sur plainte de l’UEJF et de l’association J’accuse AIJI, une enquête a été ouverte ce jour des chefs de détention, conservation, enregistrement, transmission de données à caractère personnel en dehors des cas prévus par la loi, communication à un tiers sans autorisation et détournement des finalités d’un fichier de données à caractère personnel », a précisé le parquet. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP), a aussi indiqué cette source.

Interdiction du traitement de données personnelles à connotation religieuse

Pour rappel, la loi française interdit le traitement de données personnelles à connotation religieuse. De nombreux électeurs qui ont reçu le message ont fait des signalements à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Les deux associations, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et J’accuse, reprochent à Éric Zemmour et son équipe d’avoir illégalement utilisé une base de données « qui, directement ou indirectement », fait « apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses » des personnes visées par la campagne de SMS, sans leur consentement. Pour les deux associations, ce démarchage politique est « la plus massive exploitation de listes nominatives de juifs depuis la rafle du Vel’d’hiv ».

Une instruction ouverte par la CNIL

Si l’équipe du candidat a bien confirmé à la chaîne d’information continue avoir envoyé « une dizaine de milliers de SMS », elle assure toutefois qu’elle ne visait pas clairement des Français de confession juive. Elle aurait fait appel à un courtier en données pour l’envoi des SMS, à qui elle a demandé de cibler les personnes qui ont communiqué leur numéro de téléphone à des organismes ou services traitant de la question de l’antisémitisme. Elle assure néanmoins ne pas connaître l’identité de ceux-ci mais qu’ils ont donné leur accord pour que les données soient partagées à des fins de communication politique, selon Libération. Certains électeurs ayant reçu le SMS d’Éric Zemmour ont affirmé à BFMTV qu’ils ne se rappellent pas avoir laissé leur numéro à un quelconque organisme de ce type.

La CNIL a ouvert une instruction le 9 avril. Si une infraction est constatée dans cette affaire, Éric Zemmour risquerait jusqu’à 20 millions d’euros d’amende administrative et une mise en demeure. Au pénal, précise la chaîne d’info continue, il encourt jusqu’à 5 ans de prison et 300.000 euros d’amende. En outre, le code pénal punit de cinq ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende la création d’un fichier faisant apparaître des croyances religieuses ou des origines raciales ou ethniques sans le consentement de l’intéressé. La semaine d’avant déjà, son équipe de campagne avait été épinglée pour avoir laissé des messages vocaux sur le répondeur téléphonique de milliers de Français. Cette pratique est autorisée par la CNIL, mais très réglementée.

 

Capital

Gironde : la fermeture de la mosquée de Pessac ordonnée, « une punition » avant le Ramadan

 

À L'Intérieur, L'ArchitectureLe couperet est tombé : la mosquée de Pessac sera fermée durant le mois du Ramadan. La préfecture de Gironde a acté, lundi 14 mars, la fermeture du lieu de culte musulman pour une durée de six mois pour « des prêches et des propos (qui) ont régulièrement incité à ne pas respecter les lois de la République, justifié les attentats et valorisé la mort en martyr », a annoncé la préfète de Gironde Fabienne Buccio par voie de communiqué de presse.

Le Rassemblement des musulmans de Pessac (RMP), gestionnaire de la mosquée, est aussi accusée de promouvoir un « islam radical » et une « idéologie salafiste », de diffuser « des publications haineuses à l’encontre d’Israël », d’inciter « au repli identitaire » et de condamner « les musulmans qui ne partagent pas leur vision rigoriste de l’islam ».

 

Une décision mal vécue avant le Ramadan

L’avocat de la mosquée, Me Sefen Guez Guez, a dénoncé cette décision prise au terme de la procédure contradictoire engagée le 24 février dernier. Dans un communiqué signé de la direction de la mosquée mardi 15 mars, il souligne « le décalage entre les accusations de la préfecture, comme la promotion du terrorisme, et la situation judiciaire » dans la mesure où il n’y a « aucune enquête ouverte par le parquet, aucune garde à vue, et aucune audition d’aucun membre de la mosquée ».

Par ailleurs, le RMP « a retiré l’ensemble des posts publiés sur les réseaux et montrés du doigt par la préfecture sans même débattre sur le fond », « a changé l’animateur de sa page Facebook, et a désigné un modérateur pour suivre les publications ». Néanmoins, « on voit que cela ne suffit pas », déplore l’avocat. A moins d’un mois du début du Ramadan, cette fermeture est vécue par les dirigeants du lieu de culte « comme une punition pour des mots qui ont été tenus par des tiers (des internautes anonymes) tenus il y a longtemps et retirés depuis ».

Située dans le quartier des Echoppes, la mosquée était déjà dans le viseur de la préfecture suite à l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty en 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne. Une perquisition avait alors eu lieu au sein de la mosquée où avaient été saisis des documents et un ordinateur. « L’atteinte aux libertés publiques, et notamment vis-à-vis des musulmans n’a jamais été aussi prégnante qu’aujourd’hui », avait dénoncé l’avocat d’alors de la mosquée, Me Samim Bolaky.

Les contrevenants à cette mesure de fermeture s’exposent à 7 500 euros d’amende, indique la préfecture. Me Sefen Guez Guez a annoncé le dépôt d’un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux pour contester la décision préfectorale. La mosquée de Pessac appelle ses fidèles et les musulmans de France à « un élan de solidarité et de mobilisation » en sa faveur « pour défendre ses droits devant la justice ».

Saphirnews

Peine de mort : l’Arabie saoudite exécute 81 personnes en un jour

L’Arabie saoudite a exécuté en une seule journée, samedi, 81 personnes condamnées à mort pour des crimes liés au « terrorisme », un record qui dépasse le nombre total d’exécutions en 2021 dans le royaume.

Arabie Saoudite, DrapeauL’Arabie saoudite a exécuté, samedi 12 mars, 81 hommes, a annoncé le ministère saoudien de l’Intérieur, lors de ce qui constitue la plus importante exécution de masse organisée dans le pays depuis des décennies.

Soixante-treize Saoudiens, sept Yéménites et un Syrien avaient été « reconnus coupables d’avoir commis de multiples crimes odieux » dans le pays, a rapporté l’agence de presse officielle SPA.

Parmi eux, des hommes liés à l’organisation jihadiste État islamique, au réseau Al-Qaïda, aux rebelles houthis du Yémen et à « d’autres organisations terroristes », a précisé l’agence.

L’Arabie saoudite, qui a l’un des taux d’exécutions les plus élevés au monde, a généralement recours à la décapitation pour mettre à exécution les peines capitales.

Les 81 personnes avaient été condamnées à mort pour avoir « attaqué des lieux de culte, des bâtiments gouvernementaux et des installations vitales pour l’économie du pays », et pour des « crimes d’enlèvement, de torture, de viol et de contrebande d’armes », toujours selon SPA.

« Ces crimes ont fait un grand nombre de morts parmi les civils et les forces de l’ordre », a ajouté l’agence sans autres précisions. « Le royaume continuera d’adopter une position (…) inébranlable contre le terrorisme et les idéologies extrémistes qui menacent la stabilité du monde entier », poursuit SPA.

Pendant plusieurs années après 2014, le royaume a été visé par une série d’attaques meurtrières perpétrées par le groupe État islamique. Il est par ailleurs la cible d’attaques des Houthis depuis le Yémen voisin en guerre. Au Yémen, Riyad appuie le gouvernement face aux Houthis depuis 2015.

La charia appliquée

En 2021, le royaume avait procédé à 69 exécutions. Et depuis le début 2022 et avant les exécutions de samedi, 11 personnes avaient été exécutées, selon un décompte de l’AFP basé sur des déclarations officielles.

« Le monde doit déjà savoir que quand Mohammed ben Salmane promet des réformes, l’effusion de sang suit », a écrit sur Twitter l’ONG britannique Reprieve. « Le prince héritier vient tout juste de dire la semaine dernière à des journalistes qu’il voulait moderniser le système judiciaire pénal, seulement pour ordonner la plus importante exécution en masse de l’histoire du pays », a ajouté l’ONG.

Dirigeant de facto du royaume, le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé des réformes sociales et économiques depuis 2017 mais il a dans le même temps réprimé toute dissidence. Monarchie absolue, l’Arabie saoudite est dotée depuis 1992 d’une Loi fondamentale assimilée à une Constitution, reposant sur la charia, la loi islamique.

L’homicide, le viol, les attaques à main armée, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l’homosexualité et l’apostasie y sont passibles de la peine capitale.

Les exécutions annoncées samedi interviennent au lendemain de la libération du blogueur et militant des droits humains Raif Badawi, condamné à dix ans de prison pour avoir plaidé pour la fin de l’influence de la religion sur la vie publique dans le royaume.

Sa peine purgée, l’ancien lauréat du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, âgé de 38 ans, est toutefois interdit de quitter le territoire saoudien pendant les dix prochaines années.

La peine de mort aussi pour les mineurs

Dans le cadre des réformes, l’Arabie saoudite a annoncé en 2020 qu’elle mettait fin à la peine capitale pour ceux condamnés pour des crimes commis alors qu’ils avaient moins de 18 ans. Mais samedi, un Saoudien condamné à mort pour des crimes commis alors qu’il était mineur a été hospitalisé après avoir commencé une grève de la faim, selon sa famille et Reprieve.

En 2017, alors âgé de 14 ans, Abdallah al-Howaiti a été arrêté et accusé de vol à main armée et du meurtre d’un policier dans la province septentrionale de Tabouk. Il a été condamné à mort pour la deuxième fois plus tôt ce mois après que la Cour Suprême a annulé un premier verdict prononcé en 2019 et ordonné un nouveau procès.

Les faits présumés « ont eu lieu alors que Howaiti n’avait que 14 ans, ce qui montre que les autorités saoudiennes continuent d’appliquer la peine de mort aux mineurs », selon l’organisation de défense des droits humains ALQST basée à Londres.

 

France 24 / AFP

FORIF : nouvel esprit pour l’islam de France

Après avoir tourné la page du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’État, comme l’a souhaité le président de la République, ouvre un nouveau chapitre dans sa relation avec les musulmans, celui du FORIF.

 

Croissant, Lune, Star, Brillant, ColoréC’est la mise en place de quatre groupes de travail qui a tracé les contours du nouveau format de dialogue en remplacement du CFCM. Tout un symbole tant l’on sait que le CFCM fut incapable de produire des résultats tangibles aussi bien pour les fidèles musulmans que pour l’État. Il eut parfois des travaux intéressants mais très vite torpillés par des fédérations concurrentes, accablées qu’elles étaient de ne pas prendre le lead.

Les dysfonctionnements, les luttes de pouvoir, les démissions, les fâcheries, les faux semblants de réconciliation, ont été la constance de cette malheureuse institution. Sans évoquer les guerres d’influence entre l’Algérie, le Maroc et la Turquie qui désespèrent les cadres religieux locaux (comme autrefois on pouvait désespérer Billancourt) ne se reconnaissant absolument pas dans ces enjeux identitaires et consulaires issus d’une époque révolue. Le CFCM est né en crise, a vécu en crise et, pour ne rien changer, se meurt toujours en crise. La page consulaire de l’islam de France devait se fermer quand « bien plus de la moitié des musulmans de notre pays sont des français nés en France » comme le rappelle si bien le ministre chargé des Cultes, Gérald Darmanin, au cours de son discours tenu au CESE.

 

Changement de logiciel

Avec le FORIF, on ose une approche disruptive dans laquelle on perçoit en filigrane l’empreinte macroniste et qui, surtout, assume pleinement sa dimension expérimentale. « C’est un essai qu’on espère concluant », nous confie le ministre en coulisse.

Le FORIF a complètement inversé la perspective. Ce n’est pas la fonction représentative qui est avant tout recherchée mais la production de solutions pratiques et réalistes visant à faciliter l’exercice cultuel des croyants. On ne part plus du national pour faire émerger des interlocuteurs. Ce sont les territoires qui sont désormais privilégier pour identifier les acteurs de bonne volonté, nommés « les constructifs ». Plus de cadre officiel et rigide mais un cadre informel et agile. L’inspiration n’est pas puisée dans un modèle français et jacobin mais dans l’expérience allemande et son modèle décentralisé. On peut d’ailleurs y voir une extension intéressante de la coopération franco-allemande qui fait sens au moment où la France tient la présidence du Conseil de l’Union européenne.

Lutte contre l’islamisme radical

Certains acteurs musulmans ont vu dans le choix de la date de l’installation du FORIF à deux mois seulement de l’élection présidentielle une initiative de la majorité pour capter les voix d’un hypothétique vote musulman. Le ministre de l’Intérieur rejette lui catégoriquement cette thèse et livre dans un aparté que « prendre une telle initiative n’est en rien un calcul politique, bien au contraire elle nous fait prendre beaucoup de coups ». Cela ne paie donc pas politiquement, rejoignant le même constat formulé par Nicolas Sarkozy au cours d’un déjeuner élyséen en décembre 2011 auquel l’auteur de ces lignes avait été convié.

Alors pourquoi le gouvernement y met tant d’énergie ? Sans doute que les dix dernières années qui ont vu couler du sang sur le sol français au nom d’un islam dévoyé l’a poussé à s’engager plus fortement dans la question pour combattre l’islamisme radical dont le désordre constitue le terreau idéal de son développement.

Vers une meilleure transparence de l’islam de France

Le ministre a laissé percevoir sa vive inquiétude sur « la montée des périls populistes, qui prétendent exclure une partie de la communauté nationale sous prétexte de leurs aspirations religieuses ». Sans manquer de désigner l’islamisme et le salafisme comme étant notre ennemi commun. Pour les combattre, il faut faire la chasse aux liens idéologiques mortifères et couper tous les circuits obscurs de financement.

L’ancien ministre des Comptes publics n’a pas cessé d’encourager les responsables de mosquées d’adopter le régime de la loi 1905 pour justement éviter de payer des taxes qui alourdissent inutilement les budgets. Ce régime a le mérite d’accroître la transparence que la loi encourage notamment par la défiscalisation des dons à hauteur de 66 % et même jusqu’à 75 % d’ici à la fin 2022.

Intelligence collective

Chez Darmanin, si l’on se fie aux simples apparences, il est vrai que nous ne sentons pas le même enthousiasme que ses prédécesseurs (Joxe, Chevènement, Sarkozy ou même Cazeneuve). A vrai dire, ce n’est pas plus mal. Cette exaltation est certainement accrue par le défi intellectuel que pose l’intégration de la seconde religion de France. Néanmoins, elle a tendance à minorer du même coup tous les grains de sable égrainés par les querelles d’égo des responsables religieux nationaux qui finissent par avoir raison des plus belles mécaniques institutionnelles.

On note en revanche chez lui beaucoup de pragmatisme et surtout une certaine aisance sur la thématique des musulmans de France. Son histoire familiale, ses mandats politiques locaux passés (maire de Tourcoing, vice-président de la Métropole européenne de Lille et de la Région Hauts-de-France) mais aussi – on l’oublie trop souvent – la qualité des conseillers et fonctionnaires du Bureau central des cultes qui l’entourent n’y sont pas étrangers.

Sur cet enjeu, il est en effet sage de garder la tête froide et faire sienne la vue gramscienne, à savoir allier le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté. C’est un chantier de longue haleine qui attend les participants du FORIF. L’institutionnalisation de la seconde religion est un si long processus semé d’embûches qui doit obligatoirement passer par la mobilisation d’une forme d’intelligence collective guidée par le seul intérêt général.

Saphirnews

Des hijabeuses devant le Sénat contre l’interdiction du voile dans les compétitions sportives

 

L’obsession du voile habite nombre d’élus et elle s’est de nouveau illustrée mardi 18 janvier au Palais du Luxembourg. Les sénateurs ont en effet voté un amendement à la proposition de loi sur le sport visant à interdire le port des signes religieux « ostensibles » – en premier lieu le voile – « aux événements sportifs et aux compétitions sportives organisés par les fédérations sportives et les associations affiliées ». La proposition, que les élus avaient tenté d’intégrer dans le projet de loi contre le séparatisme, a été adoptée par 160 voix pour et 143 contre malgré l’avis défavorable émis par le gouvernement.

Une semaine après l’adoption de cet amendement controversé, les Hijabeuses, un collectif de jeunes sportives musulmanes, portant le voile ou pas, engagées pour défendre le droit de chacune de jouer au football, ont organisé, mercredi 26 janvier, un match devant le Sénat pour protester contre l’instauration d’une nouvelle loi restrictive à l’encontre des femmes.

« Combien de temps encore va-t-on exclure les femmes qui portent le foulard, du sport, du travail, des loisirs, sous prétexte de les libérer ? », s’insurge l’association Alliance Citoyenne, qui porte le collectif des Hijabeuses. Celle-ci avait saisi le Conseil d’État en novembre 2021 pour obtenir le droit de porter le voile pendant les compétitions officielles de la Fédération française de football (FFF).

« Les Hijabeuses & leurs alliées viennent d’improviser un match devant le Sénat pour rappeler qu’elles continueront à jouer même si l’Etat ne veut pas », a relayé le collectif des Dégommeuses, en soutien à l’action, sur les réseaux sociaux. « Députés et sénateurs, il est encore temps de revenir sur une loi discriminante et contraire à la laïcité. »

La proposition de loi sur le sport, l’amendement avec, sera de nouveau examinée par des députés et des sénateurs qui seront réunis lundi 31 janvier en commission mixte paritaire pour trouver un compromis. Jusque-là, les amendements anti-voile adoptés au Sénat ont toujours été retoqués par les députés. Une certitude : cette volonté de légiférer sur les choix vestimentaires des femmes musulmanes agace au plus haut point des citoyens désireux que les débats se concentrent sur des affaires plus essentielles pour l’avenir du pays.

 

Saphirnews

L’expulsion d’un imam important secoue les musulmans de Belgique

Drapeau, Le Drapeau De La BelgiqueL’imam Mohamed Toujgani est de nationalité marocaine mais il réside en Belgique depuis 40 ans et prêchait jusqu’à l’an dernier à la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, l’un des plus grands lieux de culte musulman du pays. En octobre 2021, il s’est vu retirer son permis de séjour par le gouvernement belge qui considère qu’il est aujourd’hui « une menace pour la sécurité nationale ». Cette interdiction de séjour, qui porte sur une durée de dix ans, a été révélée jeudi 13 janvier par la presse belge et confirmée par le gouvernement.

Sammy Mahdi, secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, a justifié, jeudi 13 janvier, cette décision devant la presse. « Quand on reçoit des informations des services de sécurité qui nous informent que quelqu’un pose un réel danger pour la sécurité de notre pays, je pense que c’est à moi d’agir et de faire en sorte que certaines figures, comme ce monsieur-ci, ne puissent pas résider sur le territoire belge. Parce que je ne pense pas que ce soit dans notre intérêt », a t-il expliqué.

D’après la chaine publique flamande VRT, l’imam ne serait plus en Belgique actuellement, mais il a saisi un avocat pour contester la décision. Sa famille, sa femme et ses enfants résident toujours en Belgique.

Mohamed Toujgani s’est vu reprocher des propos tenus en 2009 et qui ont refait surface dix ans plus tard. Il avait alors appelé Dieu à « déverser la frayeur dans le coeur les sionistes oppresseurs » et à faire que le sang des martyrs « soit un feu ardent qui les brûle ». Des propos que Sammy Mahdi traduit en un appel à brûler les juifs.

Tout en réfutant avoir visé les juifs, l’imam avait présenté des excuses en 2019 en expliquant avoir réagi à l’offensive israélienne sur Gaza en 2008-2009.

L’EMB réagit, la mosquée de l’imam aussi

L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) souligne, de son côté, qu’il n’a « pas de lien d’autorité avec les imams non rattachés aux mosquées subventionnées » et que « le retrait d’un titre de séjour de qui que ce soit est une affaire strictement privée sur laquelle notre institution n’a aucun commentaire à apporter ».

L’EMB rappelle également qu’il avait fermement condamné les propos de Mohamed Toujgani en janvier 2019, propos dont « la virulence ne s’atténue pas alors même que le discours de l’imam a été prononcé il y a une dizaine d’années ».

Dans le même temps, à l’époque, il ajoutait que les voyages et les participations de l’imam dans un cadre interconvictionnel semblent témoigner de la bonne foi de ses excuses et de son implication depuis des années « dans le sens d’un discours ouvert sur l’altérité et le vivre-ensemble ».

De son côté, le Conseil d’administration de la Ligue d’entraide islamique (LEI), qui gère la mosquée Al Khalil, a appelé Sammy Mahdi, à revenir sur sa décision. Il rappelle que l’imam réside en Belgique depuis 40 ans, dans le respect des lois et des règles du pays d’accueil. « Il n’a jamais été condamné pour quelque délit que ce soit et a toujours officié dans le strict respect de ses prérogatives ainsi qu’en tant que président de la Ligue des imams de Belgique », fait-on savoir.

Une pétition pour « exiger des réponses »

La révélation de cette décision a créé l’émoi parmi les musulmans de Belgique. Une pétition, justifiée par ses initiateurs « par le fait qu’à travers cette décision d’expulsion, c’est l’ensemble des fidèles musulmans qui sont placés dans une posture de « potentielle menace à la sécurité nationale » », a déjà récolté plus de 4 000 signatures.

« Si des propos haineux ont été tenus par lui, pourquoi n’a-t-il pas fait l’objet de poursuites judiciaires pour incitation à la haine, comme le prévoit le droit belge pour tous les citoyen.ne.s ? Si ces propos datent d’il y’a 10 ans, pourquoi est-ce aujourd’hui seulement qu’il devient un danger ? Autant de questions qui appelent les autorités à des réponses claires.

Saphirnews

Arabie Saoudite : un intervalle de 10 jours entre deux omra à La Mecque imposé aux pèlerins

 

Hajj, Kaaba, Mecque, Omra, PrierLes autorités saoudiennes ont décidé d’imposer à l’ensemble des pèlerins, y compris étrangers, un intervalle de dix jours entre l’accomplissement de deux petits pèlerinages (omra).

« Les pèlerins étrangers peuvent accomplir un maximum de trois omra au cours de leur séjour de 30 jours dans le Royaume. Un pèlerin, qui a obtenu un permis pour accomplir la omra, peut prendre rendez-vous pour une deuxième omra par le biais d’Eatmarna (l’outil officiel pour formuler la demande du permis omra, ndlr) ou Tawakkalna (l’équivalent saoudien de l’application française TousAntiCovid, ndlr) à la fin de la période spécifiée de 10 jours après l’exécution de la première omra », a fait savoir le ministère du Hajj et de la Omra dans un communiqué.

Tous les pèlerins âgés de 12 ans et plus ayant un schéma vaccinal complet sont autorisés à effectuer la omra et la prière à la Grande Mosquée de La Mecque. Le ministère a indiqué qu’il n’y a pas de possibilité pour les pèlerins de changer la date d’un permis qui lui est délivré via Eatmarna ou Tawakkalna, rapporte Saudi Gazette. L’annulation peut être faite à tout moment quatre heures avant le créneau horaire indiqué sur le permis pour l’exécution de la omra. Si le permis est annulé après son entrée en vigueur pour effectuer le rituel, le pèlerin ne pourra en réserver qu’après 10 jours.

Outre le port du masque obligatoire, les autorités ont récemment réintroduite la règle de la distanciation physique entre les fidèles dans les deux mosquées saintes de La Mecque et de Médine face la recrudescence des contaminations, en particulier celles liés au variant Omicron dans le royaume.

 

Saphirnews

Attaque de drones : la coalition menée par l’Arabie saoudite riposte par des frappes aériennes meurtrières au Yémen

La coalition, qui avait menacé de « riposter » à l’acte « terroriste » des rebelles houthistes ciblant les Emirats arabes unis, a lancé de nouvelles frappes mardi sur la capitale du Yémen.

Chose, Des Choses, Gadget, Drone, DronesAu moins 14 personnes ont été tuées à Sanaa dans la nuit de lundi 17 à mardi 18 janvier, lors de raids de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite en riposte à une attaque meurtrière des rebelles yéménites aux Emirats arabes unis.

La coalition – dont les Emirats sont membres –, qui combat depuis 2015 les insurgés yéménites, a multiplié depuis lundi soir les raids de représailles sur la capitale du Yémen, contrôlée par les rebelles houthistes.

Des habitants de la capitale dégageaient mardi les gravats, avec l’espoir de retrouver des survivants dans les décombres, alors que deux bâtiments ont été soufflés par les raids.

Les rebelles ont, de leur côté, annoncé la mort d’un général, Abdallah Qassem Al-Jounaid, directeur de la faculté d’aviation et de défense aérienne. Ce responsable a été tué « avec des membres de sa famille, un crime odieux commis par l’aviation de l’agresseur [la coalition], qui a visé son domicile lundi soir », selon l’agence de presse des rebelles, SABA.

La coalition, qui avait menacé lundi de « riposter » à l’acte « terroriste » des rebelles yéménites, a lancé de nouvelles frappes mardi sur la capitale, disant viser « des camps et des quartiers généraux des houthistes », a tweeté la chaîne de télévision publique saoudienne Al-Ekhbariya.

Les houthistes ont affirmé lundi sur leur chaîne, Al-Massira, avoir « ciblé des installations et sites émiratis importants et sensibles » à l’aide de missiles balistiques et de drones. A Abou Dhabi, trois camions-citernes ont explosé « près des réservoirs de stockage » de la compagnie pétrolière de la ville, entraînant la mort de deux ressortissants indiens et d’un Pakistanais, avait, pour sa part, indiqué lundi l’agence officielle émiratie WAM, faisant état de six blessés.

L’attaque des rebelles a ouvert un nouveau front dans la guerre au Yémen et réduit encore un peu plus les espoirs d’un règlement du conflit, qui a déplacé des millions de personnes dans ce qui était déjà le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.

La coalition intervient au Yémen pour appuyer les forces gouvernementales contre les rebelles, qui s’étaient emparés de la capitale, Sanaa, en 2014. Selon l’ONU, le conflit a fait 377 000 morts, victimes directes et indirectes d’une guerre qui dure depuis plus de sept ans.

Le Monde/ AFP

Sécurisation des lieux de culte en France : quatre millions d’euros sur la table de l’Etat

 

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé, jeudi 13 janvier, qu’une enveloppe de quatre millions d’euros a été déployée en 2021 pour la sécurisation des lieux de culte en France, financée par le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). « En tant que ministre des cultes, mon travail c’est de les protéger. Alors on augmente les moyens qui permettent d’équiper notamment en vidéoprotection les lieux de culte », a-t-il fait part.

L’information a été donnée devant l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Romainville, en Seine-Saint-Denis, qui a été la cible de vandalisme dans la nuit de dimanche 9 au lundi 10 janvier. Une paroisse à Bondy, dans le même département, a également subi les mêmes méfaits. Des enquêtes ont été ouvertes afin d’identifier les auteurs.

« Aujourd’hui, c’est une enveloppe de quatre millions d’euros qui est donnée et notamment à l’Église catholique si elle le souhaite et indépendamment de la loi de séparation de l’Église et de l’État », a indiqué le ministre, qui était accompagné des députés Isabelle Florennes et Ludovic Mendès, chargés d’une mission dédiée à la lutte contre les actes antireligieux.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a réagi pour condamner « fermement les actes de vandalisme dont ont été victimes de nombreuses églises ces derniers jours », exprimant à l’occasion « son soutien total aux catholiques de France ». « Ces actes odieux contre des lieux de prière et de recueillement sont profondément choquants et intolérables », a affirmé l’instance.

 

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