A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

La fin des imams détachés en France annoncée pour 2024

Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron contre « le séparatisme islamiste », le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré, mercredi 19 février, que la fin du système de détachement des imams venus de l’Algérie, du Maroc et de la Turquie est programmée pour 2024.

« Nous travaillons sur la fin des imams détachés en 2024 », a fait savoir le ministre sur France Inter car « ceux qui sont là et qui arrivent ont un titre de séjour de trois ans ».

Le nombre de psalmodieurs reçus chaque année durant le mois du Ramadan sera baissé « dès le prochain Ramadan » au mois d’avril. Les premiers effets se feront donc d’ores et déjà sentir sur des mosquées dès cette année 2020.

Cette précision est apportée au lendemain de l’annonce du chef de l’Etat sur la fin progressive des imams détachés.

 

Saphirnews

Enseignement, imams : Emmanuel Macron annonce des mesures pour lutter contre le « séparatisme islamiste »

Le chef de l’Etat veut mettre fin aux cours facultatifs de langue et de culture d’origine et au système des imams détachés par d’autres pays.

Que peut, que doit faire l’éducation nationale pour lutter contre ce que le gouvernement qualifie de « séparatisme islamiste » ? Les observateurs de l’école avaient pris les paris, ces derniers jours, quant aux annonces présidentielles attendues mardi 18 février, certains pronostiquant un « contrôle accru » des écoles privées musulmanes (8 000 enfants accueillis dans 75 établissements hors contrat), et d’autres, un « coup de projecteur » sur l’instruction à domicile (30 000 jeunes concernés).

Le chef de l’Etat a joué une autre carte mardi 18 février, en annonçant, pour la rentrée 2020, la suppression « partout sur le sol de la République » des ELCO, ces enseignements de langue et de culture d’origine assurés par des maîtres étrangers dans les écoles primaires, essentiellement, et que fréquentent, hors du temps scolaire, quelque 80 000 enfants.

L’acronyme ELCO ne dira pas grand-chose aux non-initiés : ce dispositif facultatif, régi par des conventions bilatérales signées, à partir des années 1970, avec neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie), visait au départ à permettre aux enfants du regroupement familial de maintenir un lien avec leur pays d’origine – et à faciliter leur retour éventuel. Mais ceux qui suivent de près les débats sur l’école savent que ces ELCO nourrissent, depuis au moins deux décennies, des soupçons de prosélytisme religieux plus ou moins étayés, des critiques sur les contenus enseignés autant que sur le recrutement des maîtres, du ressort des pays d’origine.

Négociations diplomatiques

« Je ne suis pas à l’aise à l’idée d’avoir dans l’école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l’éducation nationale ne puisse exercer le moindre contrôle. Et nous n’avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu’ils enseignent », a fait valoir Emmanuel Macron à Mulhouse (Haut-Rhin), mardi, évoquant « de plus en plus d’enseignants qui ne parlent pas le français ». Avant d’ajouter : « On ne peut pas enseigner des choses qui ne sont manifestement pas compatibles ou avec les lois de la République ou avec l’histoire telle que nous la voyons. »

A compter de septembre prochain, c’en sera donc fini des ELCO, remplacés par des « enseignements internationaux en langue étrangère » – des « EILE », a précisé le chef de l’Etat – sur lesquels on ne sait pour l’heure pas grand-chose, sinon que des négociations diplomatiques sont engagées avec les pays concernés. « Nous avons réussi [à trouver un accord] avec tous ces pays, sauf la Turquie à ce stade. Je ne désespère pas », a précisé M. Macron.

Un virage ? « Attention à ne pas tomber dans la caricature, à ne pas instrumentaliser le dispositif à des fins idéologiques, prévient-on dans les rangs du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire à l’école primaire. Les enseignants [des ELCO] ne sont pas en roue libre : ils participent au conseil des maîtres et au conseil d’école et travaillent sous la responsabilité des directeurs. »

« Des vieilles recettes »

Dans les cercles éducatifs, mardi soir, une même réaction fusait : « On ressort des vieilles recettes. » En 2016, déjà, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’éducation, promettait la transformation en sections internationales des ELCO, au motif qu’ils ne véhiculaient pas un « enseignement linguistique de qualité » et enfermaient les élèves dans une « logique d’entre-soi ». Mme Vallaud-Belkacem a d’ailleurs réagi mardi à l’annonce présidentielle, sur Twitter, pour rappeler qu’elle avait initié l’évolution et les démarches diplomatiques sous le précédent quinquennat, au moins avec le Portugal et le Maroc.

« Je regrette qu’on annonce l’arrêt des ELCO sans annoncer en même temps une véritable relance de l’enseignement de l’arabe à l’école publique prise en charge par des enseignants de l’école publique », souligne pour sa part l’essayiste Hakim El Karoui, auteur de plusieurs rapports pour l’Institut Montaigne. « La suppression des ELCO est une bonne chose, concède Jack Lang, deux fois ministre de l’éducation. L’enseignement de l’arabe doit aujourd’hui être assuré pleinement et totalement par l’éducation nationale, sans cela nous prenons le risque de laisser des officines religieuses ou parareligieuses s’en acquitter. »

Le président de l’Institut du monde arabe, qui vient de publier La Langue arabe, trésor de France (Le Cherche Midi, 128 p., 12,50 euros), tient à rappeler que, dans un pays qui compte trois millions d’arabophones (tous dialectes confondus), l’« arabe standard », comme on dit dans le jargon de l’école, n’est appris que par un élève sur 1 000 au primaire, et par deux sur 1 000 au collège. « Ces annonces sont certainement l’acte I d’un plan plus vaste et plus complet », conclut-il.

Dialogue avec Alger et Rabat

Le second volet de la lutte contre les « influences étrangères » porte sur deux aspects du fonctionnement du culte musulman, mais il demande à être détaillé. Le président de la République a d’abord annoncé la sortie progressive du système des imams détachés. Cela fait référence aux quelque 300 imams formés, choisis et payés par la Turquie (150), l’Algérie (120) et le Maroc (30) pour exercer en France, dans des mosquées affiliées aux fédérations musulmanes proches de ces pays d’origine, selon les termes d’accords bilatéraux négociés avec Paris.

Ces cadres religieux continueront d’officier, avec une fin, programmée en 2024, à l’expiration des visas, mais il n’en viendra plus d’autres. Ils sont l’un des symboles de ce que l’on appelle l’islam consulaire, c’est-à-dire un culte en partie régenté par les Etats d’origine des musulmans présents en France, avec la bénédiction des autorités françaises. A noter que, comme sur le sujet des ELCO, le chef de l’Etat s’est félicité du « dialogue » mené ces dernières semaines avec Alger et Rabat sur le sujet, mais il n’a pas inclus Ankara dans son satisfecit. La Turquie est pourtant la première pourvoyeuse d’imams détachés.

Renoncer aux imams détachés suppose de réfléchir d’autant plus activement à la manière de former en France des imams pour les quelque 2 500 lieux de culte musulmans. C’est pour l’Etat un sujet particulièrement épineux puisque le principe de la séparation lui interdit d’intervenir dans la formation (au moins dans sa partie religieuse) des ministres du culte. Aussi, l’exécutif a-t-il prié le Conseil français du culte musulman de lui faire, d’ici à fin mars, des « propositions concrètes » pour former et/ou certifier des imams « respectueux des lois de la République ».

Il a ajouté que « dans les prochaines semaines », un projet de loi devrait permettre de « mieux contrôler les financements étrangers des lieux de culte pour garantir leur pleine transparence ». Il pourra s’appuyer pour cela sur le travail effectué l’an passé par le ministère de l’intérieur avant que le projet de réforme de la loi de 1905 ne soit ajourné.

L’école hors contrat et « à la maison » dans le viseur de l’éducation nationale

Voilà des précisions bienvenues. Sur le contrôle des écoles privées hors contrat comme sur celui de l’instruction à domicile – deux sujets sensibles –, le ministre de l’éducation a livré, mercredi 19 février sur les ondes de Franceinfo, quelques chiffres attendus. « J’ai empêché l’an dernier 27 ouvertures d’écoles [hors contrat] sur la base de la loi Gatel » – une loi qui est venue renforcer, en 2018, l’encadrement de ce secteur minoritaire au sein l’enseignement privé –, a annoncé M. Blanquer, sans distinguer parmi ces établissements ceux qui sont confessionnels de ceux qui ne le sont pas.

Quelque 186 demandes d’ouvertures d’établissement ont été déposées et examinées en 2018-2019. Le ministre de l’éducation a aussi annoncé avoir procédé à la fermeture de quatre écoles (« et j’en fermerai d’autres », a-t-il dit), des structures localisées à Toulouse, à Echirolles (Isère), à Marseille et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), précise-t-on Rue de Grenelle. On y souligne aussi que les oppositions aux ouvertures d’école hors contrat sont quatre fois plus nombreuses que par le passé.

Concernant l’instruction à domicile, « de 2 000 à 3 000 situations de jeunes peuvent poser problèmes et sont suivis de près », a aussi annoncé le ministre à la radio. Sur les 30 000 enfants et adolescents instruits « à la maison » (ils étaient 25 000 en 2014-2015, 18 820 en 2010-2011), la moitié l’est pour des raisons médicales, a tenu à préciser M. Blanquer, nuançant son propos sur les « déscolarisations problématiques ».

Le Monde

L’Eglise d’Angleterre s’excuse d’être « institutionnellement raciste »

Réunie pour un synode général, l’Eglise d’Angleterre a voté « unanimement » une motion visant à « demander pardon pour le racisme conscient et inconscient subi par d’innombrables anglicans noirs ».

« Honteux » et « désolé », il a présenté ses excuses aux minorités discriminées. L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, chef spirituel des anglicans, a affirmé lors d’un synode général de l’Eglise d’Angleterre que celle-ci était « profondément et institutionnellement raciste » :

« Nous avons porté atteinte à l’Eglise, nous avons porté atteinte à l’image de Dieu et, surtout, nous avons causé du tort à ceux que nous avons victimisés, souvent de façon inconsciente. »

Réunie pour un synode général, l’Eglise d’Angleterre a voté, mardi 11 février, « unanimement » une motion visant à « demander pardon pour le racisme conscient et inconscient subi par d’innombrables anglicans noirs, asiatiques et d’autres minorités ethniques en 1948 et dans les années qui ont suivi, alors qu’ils cherchaient un foyer spirituel » en son sein, détaille un communiqué.

En juin 1948, le paquebot Empire-Windrush avait conduit près de 500 citoyens du Commonwealth, principalement des Caraïbes, sur l’île de Grande-Bretagne, marquant le début de la génération « Windrush ». Près de 500 000 personnes issues des Antilles se sont rendues en métropole, pour aider en tant que citoyens britanniques à reconstruire le Royaume-Uni après la deuxième guerre mondiale.

« Un racisme horrible et humiliant »

Au cours du synode, le révérend Andrew Moughtin-Mumby a témoigné comment la famille d’une de ses paroissiennes, qui s’était vue interdire en 1961 l’accès d’une église dans le sud de Londres « en raison de la couleur noire de leur peau », « a souffert d’un racisme horrible et humiliant, qui affecte encore aujourd’hui sa relation » avec l’institution. Dénonçant un « scandale », le révérend a appelé de ses vœux à « un changement concret », soulignant qu’il « ne s’agit pas seulement du passé de l’Eglise ».

Le conseil des archevêques a officiellement demandé à ce que des recherches soient menées pour « évaluer l’impact de cette situation sur l’Eglise d’Angleterre, en termes de fidèles perdus, d’églises en voie de fermeture et de vocations manquées ».

Une personne extérieure à l’Eglise sera aussi nommée pour « évaluer la situation actuelle en matière de race et d’ethnicité dans l’Eglise », le but étant d’« augmenter la participation et la représentation des anglicans noirs, asiatiques et d’autres minorités ethniques », qu’ils soient laïcs ou membres de son clergé.

Le Monde / AFP

Loi Silt contre le terrorisme : deux mosquées fermées en 2019, 63 sous surveillance en France

Christophe Castaner a indiqué, mercredi 12 février, devant la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, que deux mosquées avaient été fermées en 2019, contre cinq en 2018, dans le cadre de l’application de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (Silt) adoptée en 2017.

Au-delà du cadre de la loi Silt, et en mobilisant d’autres mesures telles les dispositions relatives à la sécurité et l’hygiène, « 30 lieux de culte font l’objet de mesures de fermeture et 7 procédures sont en cours », a, par ailleurs, annoncé le ministre de l’Intérieur.

Du côté des mesures individuelles de contrôle administratif (Micas), 134 personnes ont été assignées à résidence en 2019, contre 64 en 2018, principalement en Ile-de-France. 57% de ces mesures ont concerné des personnes sortant de prison, condamnées pour terrorisme, ou qui se sont radicalisées en détention.

Aussi, 107 requêtes pour des visites domiciliaires ont été formulées par les préfets aux autorités judiciaires. 78% d’entre elles ont été approuvées et sept personnes ont fait l’objet de poursuites pénales à la suite des visites.

Face aux députés de la Commission, Christophe Castaner a également fait savoir que 31 attentats ont déjoués depuis le 1er janvier 2017 sur le sol français.

 

Saphirnews

Lutte contre l’islamisme : Macron va s’appuyer sur… le CFCM

Le président de la République compte bien faire du Conseil Français du culte musulman “un partenaire majeur” dans sa lutte contre le communautarisme et l’islam radical.

A côté de la plaque. Prévu pour la première quinzaine de février, le plan de lutte contre le communautarisme mené par Emmanuel Macron se fait attendre. Mais le président de la République pourrait avoir accéléré sur le sujet, comme le rapporte Le Figaro. En effet, il a notamment décidé de s’allier, pour ce combat, avec… le Conseil Français du culte musulman (CFCM), dont il souhaite faire « un partenaire majeur ». Problème, ce dernier traverse une profonde crise de crédibilité.

Impact moindre, déclarations controversées…

Le dernier exemple en date concerne l’affaire Mila. Alors que la jeune fille a été menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, le délégué général de l’association Abdallah Zekri s’était fendu d’une déclaration scandaleuse sur Sud Radio. S’il a « condamné » les insultes et menaces qu’a reçu la lycéenne, il a aussi expliqué que « cette fille, elle sait ce qu’elle a dit, elle a pris ses responsabilités ». « Qu’elle critique les religions, je suis d’accord, mais d’une vulgarité pareille, d’insulter et tout ce qui s’en suit et bien maintenant elle assume les conséquences de ce qu’elle a dit », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Elle l’a cherché, elle assume ». De plus, comme le rappelle Le Figaro, le CFCM, créé en 2003 par Nicolas Sarkozy, est en réelle perte de vitesse. En témoigne notamment la très faible participation des mosquées à l’élection du nouveau président, à la mi-janvier. L’association aura-t-elle donc un réel impact ?

Relier radicalisation, communautarisme et islam de France

Néanmoins, Emmanuel Macron semble avoir pris la mesure du problème. Alors qu’il tenait avant tout à éviter « l’amalgame » en faisant bien la différence entre la radicalisation, le communautarisme et l’islam de France, le chef d’Etat pourrait avoir revu sa copie. « Le président assume désormais de travailler en réarticulant la lutte contre la radicalisation, l’endiguement du communautarisme et la structuration de l’islam en France », confie l’un de ses interlocuteurs réguliers sur le sujet au Figaro. Si bien que les ministres de l’Intérieur, des Collectivités territoriales, de l’Education nationale, de la Santé ou encore des Sports, tous mobilisés sur le sujet, en arrivent enfin à la même conclusion : « il existe bel et bien des interdépendances et des passerelles » entre ces trois sujets. Néanmoins, le terme de « communautarisme »pourrait bien être banni des éléments de langage, comme le souligne le quotidien. En effet, le président lui préférerait celui de « séparatisme ».

Valeurs actuelles

Le coronavirus suscite idées antisémites et théories du complot, selon l’ADL

Un article décrit le virus mortel comme « un remède contre la judéité », un autre appelle les porteurs de la maladie à aller en Israël et à « éliminer autant de Juifs que possible »

La propagation du coronavirus et la peur qu’il suscite ont conduit les extrémistes à promouvoir des théories conspirationnistes et à partager leurs opinions antisémites, a déclaré l’Anti-Defamation League.

Elle a également déclenché du racisme à l’égard des Chinois et a conduit à des appels à l’arrêt de l’immigration aux États-Unis, d’après le site de l’ADL.

« Enfin ! La science a découvert un remède pour la maladie la plus insidieuse de notre temps … la judéité », a écrit un extrémiste sur le service de messagerie instantanée cryptée Telegram, selon l’ADL.

La même personne a également fait référence à une information selon laquelle trois Israéliens avaient été mis en quarantaine, susceptibles d’être atteints du coronavirus, avec le message « 3 touchés, plus que 5 999 997 ! ».

On trouve également sur 4chan et Gab des messages associant le coronavirus à des insultes et des mèmes racistes et antisémites. Un utilisateur de 4chan a écrit : « Envoyez les malades en Israël – si déjà vous mourez, éliminez au moins autant de Juifs que possible ».

En outre, les extrémistes utilisent le coronavirus pour faire avancer leurs théories antisémites selon lesquelles les Juifs sont responsables de la création du virus et le propagent pour accroître leur contrôle ou en tirer profit.

Pendant ce temps, les utilisateurs de plateformes grand public comme Twitter, Facebook, Instagram et Reddit font circuler des théories du complot.

L’un d’eux affirme que la couverture du coronavirus est un canular et une distraction destinés à effrayer le public. Une autre affirme que son impact est bien pire que ce que les autorités veulent faire croire.

Des mesures de plus en plus draconiennes sont prises pour faire face à l’épidémie de pneumonie virale qui a fait plus de 560 morts en Chine, dont, vendredi, un des premiers médecins à avoir sonné l’alarme quant aux dangers du nouveau coronavirus.

Plus de 28 000 personnes sont désormais contaminées sur le territoire chinois où un nombre croissant de villes imposent à des dizaines de millions d’habitants d’y rester confinés.

C’est à cet égard à l’hôpital central de Wuhan, la métropole où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, que Li Wenliang, un ophtalmologue qui avait un des premiers donné l’alerte, s’est éteint tôt vendredi, victime de l’épidémie.

Il avait eu maille à partir avec les autorités qui l’accusaient de « propagation de rumeurs ».

Hors de Chine continentale, plus de 240 cas de cette maladie sont désormais confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

Des milliers de voyageurs et de membres d’équipage sont consignés sur deux navires de croisière en Asie.

Au Japon, le paquebot Diamond Princess est maintenu en quarantaine après la confirmation de 41 cas à son bord. Les 3 700 passagers, parmi lesquels des Israéliens, y sont cloîtrées dans leur cabine.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a fait savoir qu’aucun Israélien n’avait contracté le virus.

A Hong Kong, quelque 3 600 personnes subissent un sort similaire sur le World Dream, dont trois anciens passagers ont été testés positifs.

Et selon un communiqué des autorités japonaises, un autre énorme bateau, le Westerdam, est en route vers le Japon avec au moins un cas de coronavirus confirmé à son bord.

Suspensions de vols prolongées

De nombreux pays musclent leurs dispositifs pour tenter d’endiguer l’épidémie.

Le Vietnam est ainsi devenu le dernier pays en date à interdire l’entrée aux voyageurs arrivant de Chine. Plus radicale, l’Arabie saoudite a prohibé les voyages sur le territoire chinois aux Saoudiens et à ses résidents étrangers, sous peine de sanctions.

L’Italie surveille la température de tous les passagers en provenance de l’étranger et l’Autriche impose de tels contrôles à l’aéroport de Vienne à ceux arrivant de Pékin.

L’Indonésie a interrompu ses liaisons aériennes avec la Chine, bloquant sur l’île de Bali des milliers de touristes chinois -auxquels les autorités chinoises proposeront vendredi des vols pour les rapatrier.

Dans ce contexte, les compagnies aériennes Air France et KLM ont annoncé la prolongation jusqu’au 15 mars de la suspension de leurs vols vers la Chine continentale. La britannique Virgin et l’espagnole Iberia ont pris des dispositions similaires concernant la desserte de Shanghaï.

Sous pression, les autorités hongkongaises ont fermé la quasi-totalité des postes-frontières avec le reste du pays et imposeront à partir de samedi une quarantaine de deux semaines à tous les visiteurs en provenance de Chine continentale.

Paniqués par un risque supposé de pénuries, les Hongkongais se sont rués dans les supermarchés pour constituer des stocks de papier toilette.

Alors qu’ils s’étaient dits mercredi « extrêmement inquiets », les organisateurs des jeux Olympiques de Tokyo-2020 ont assuré que l’événement se déroulerait « comme prévu ».

Le bilan de l’épidémie s’élève à plus de 560 morts en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), où presque 3 700 nouveaux cas de contamination ont été annoncés en un seul jour. Ailleurs, deux décès ont déjà été imputés à la maladie, l’un aux Philippines et l’autre à Hong Kong.

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus, autour de 2 %, reste pour l’heure très inférieur à celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Hôpitaux de fortune

Deux semaines après la mise en quarantaine de facto de la ville de Wuhan puis d’une grande partie de sa province, le Hubei (centre), le berceau de l’épidémie, le système de santé local reste débordé par l’afflux de patients.

Dans cette métropole, un hôpital de fortune de 1 000 lits construit en dix jours a accueilli mardi ses premiers malades. L’ouverture d’un deuxième établissement du même type, d’une capacité de 1 600 lits, doit suivre.

Et les autorités ont annoncé la conversion d’une dizaine de bâtiments publics de Wuhan, dont des centres culturels et des gymnases, en cliniques improvisées.

Cette agglomération connaît un « grave » manque de lits, ainsi que d’ »équipements » et de « matériel », s’est désolé Hu Lishan, un haut responsable local.

Parallèlement, le groupe chinois de biotechnologie BGI annonçait jeudi l’entrée en service à Wuhan d’un laboratoire capable de traiter chaque jour plus de 10 000 tests de dépistage du virus.

Ailleurs en Chine, les mesures de confinement s’étendaient dans un nombre toujours croissant de villes.

De nombreuses localités, jusqu’aux régions de l’extrême nord-est, proposent des primes en cas de dénonciation de personnes arrivées du Hubei.

A Nanchang (centre), les pharmacies sont tenues de rapporter aux autorités l’identité des personnes achetant des médicaments contre la toux ou la fièvre.

L’économie chinoise pourrait être durablement plombée, car, dans de nombreuses provinces, la plupart des entreprises et des usines ne reprendront pas leurs activités avant le 10 février au mieux.

Le géant électronique taïwanais Foxconn, un fournisseur clé de l’américain Apple, a annoncé que les ouvriers d’un de ses établissements au Henan (centre de la Chine), un site géant de production d’iPhones, seraient placés en quarantaine pour au moins une semaine.

 

The times of Israël/ AFP

Air France, Renault, Accor et d’autres entreprises accusées de discrimination à l’embauche

Un test commandé par le gouvernement blâme sept entreprises, qui se sont rapidement déclarées « indignées » par les « conclusions erronées » de l’étude.

Le gouvernement a critiqué jeudi 6 février sept entreprises françaises − Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria − pour « présomption de discrimination à l’embauche » à la faveur d’une campagne de testing qu’il avait commanditée. Ces entreprises, à l’exception de Renault, qui n’avait pas encore réagi jeudi soir, se sont immédiatement déclarées « indignées » par les « faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée, qui aboutit à des conclusions erronées ».

Une première version de cette étude avait été révélée par France Inter début janvier sur un plus grand échantillon (103 entreprises) et aucun nom d’entreprise n’était alors sorti. Les résultats dévoilés jeudi portent sur 40 grandes entreprises de l’indice boursier SBF 120. L’étude, conduite par des chercheurs de l’université de Paris-Est-Créteil entre octobre 2018 et janvier 2019, sera mise en ligne.

Les noms à consonance maghrébine plus facilement écartés

Selon les ministères du travail, du logement et le secrétariat chargé de la lutte contre les discriminations, qui ont présenté ces résultats jeudi, il s’agit du « plus grand testing jamais réalisé en France sur l’emploi ». Emmanuel Macron avait promis une telle enquête en mai 2018 à l’occasion de l’annonce de mesures pour les banlieues.

En 2016, un précédent testing, qui portait sur un envoi bien moins nombreux de candidatures, avait épinglé AccorHotels et Courtepaille. La question du « name and shame », qui consiste à montrer du doigt telle ou telle entreprise, fait débat.

« Sur l’ensemble des entreprises testées, il est estimé que le taux de succès du candidat dont le nom a une consonance maghrébine est de 9,3 % contre 12,5 % pour le candidat avec un nom à consonance européenne », ce qui représente « 25 % en moins de chances » d’avoir une réponse − de bonne réception ou donnant une information − font savoir les ministères.

Une étude avec des limites

« Ces tests correspondent à l’envoi de 10 349 candidatures fictives ou demandes d’information », candidatures spontanées ou répondant à une offre, précisent-ils. Ces demandes d’information, concernant des postes d’hôtesses d’accueil et de techniciens de maintenance, sont envoyées par paires : une avec un nom à consonance européenne et une avec un nom à connaissance maghrébine.

Cette étude a « ses limites », a cependant reconnu jeudi le gouvernement, des limites mises en avant par les chercheurs eux-mêmes. Les candidatures ont été envoyées à des managers alors que certaines entreprises ont « recours à des bases centralisées par les directions RH (ressources humaines) et à des ATS (applicant tracking system), c’est-à-dire une application ou une solution web qui assiste les RH dans les étapes du recrutement ».

S’ajoute à cela la question de la sous-traitance, largement utilisée pour les métiers testés, ce qui modifie la réponse aux CV des services des ressources humaines des entreprises. Les sept entreprises mises en cause, avec lesquelles le gouvernement dialogue depuis plusieurs semaines, ont déjà critiqué cette étude auprès des ministères impliqués.

Air Liquide applique une discrimination positive

Interrogée jeudi, Air France « conteste totalement la méthodologie et les conclusions du rapport » qui « ne reflètent absolument pas la culture, les valeurs et les pratiques de l’entreprise », d’autant qu’elles reposent sur des candidatures spontanées. « Nous recrutons 4 000 personnes par an en France sur un marché d’ingénieurs ou règne la pénurie, nous ne pouvons pas nous permettre de faire de la discrimination », a réagi de son côté une porte-parole de l’entreprise Altran. A noter que l’étude souligne le cas d’une entreprise, Air Liquide, pratiquant une discrimination « à l’envers » qui « avantage le candidat potentiellement discriminé ».

Le gouvernement a déclaré jeudi qu’il relancerait « une nouvelle vague de testing avec un cahier des charges prenant en compte les marges de progrès identifiées sur la première étude ». Les représentants des trois ministères n’ont cependant pas précisé quand serait présentée une « stratégie gouvernementale » contre les discriminations à l’embauche, pourtant annoncée par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Le Monde

En Afrique du Sud, l’emprise grandissante des télévangélistes

Des pasteurs stars qui prêchent la prospérité sont crédités de pouvoirs miraculeux par des millions de fidèles sud-africains, malgré la multiplication des scandales.

Chaque dimanche, des milliers de fidèles habillés sur leur trente et un convergent vers le hangar reconverti en église ultramoderne du pasteur Alph Lukau, évangélique sud-africain d’origine congolaise. C’est dans un quartier cossu du nord de Johannesburg qu’est installé l’Alleluia Ministries International (AMI). A l’intérieur, le show commence. Orchestre, caméras, écrans géants, sono assourdissante et projecteurs braqués sur « l’homme de Dieu », aussi appelé « Papa »par ses fidèles. Après un instant de prière, deux heures sont consacrées aux miracles. Alph Lukau prétend pouvoir rallumer un téléphone éteint, deviner le nom d’un enfant ou encore rendre la vue à un aveugle.

Devant l’église, les croyants sont unanimes. Tous disent avoir déjà vu des miracles se réaliser sous leurs yeux. Charlotte, 32 ans, cite ces brûlures qui ont disparu de sa jambe le mois dernier, « grâce à mes donations à Papa ». Michael, qui garde le parking de l’église, a vu « apparaître, dans la voiture d’une femme qui priait, une enveloppe avec 300 euros à l’intérieur ». Une ancienne fidèle raconte pourtant qu’AMI lui a proposé 100 euros pour qu’elle « joue la comédie », en l’occurrence qu’elle assure être une « ancienne séropositive guérie par le pasteur ».

En 2019, la mise en scène d’un « miracle » pratiqué par Alph Lukau a même fait le tour de la planète. Le 24 février, sous l’œil d’une caméra et devant des milliers de croyants, le prophète autoproclamé « ressuscite » un homme prétendu mort et couché dans un cercueil. L’épisode a suscité l’hilarité sur les réseaux sociaux et poussé plusieurs entreprises funéraires à porter plainte pour manipulation. Il ne s’agit pourtant que du reflet de ce qui se passe tous les dimanches dans des dizaines d’Eglises pentecôtistes du pays.

Détournement de fonds et fraude

« Les Sud-Africains n’ont plus d’espoir, c’est pour ça que les Eglises charismatiques fonctionnent si bien ici, assure le pasteur nigérian Solomon Ashoms, à la tête de l’ONG MAAC, de soutien aux victimes d’abus de ces télévangélistes. Ils n’ont plus confiance ni en leur gouvernement, ni en leur système de santé incompétent. Ils se sentent trahis de toutes parts. » Selon ses estimations, un quart des chrétiens sud-africains adhère à ces Eglises de la prospérité, qui leur promettent une richesse instantanée et sans effort, dans le pays le plus inégalitaire au monde.

Le fonctionnement des différents télévangélistes est similaire. Ces hommes de Dieu réclament l’argent de leurs fidèles pour interagir avec le Seigneur et lui demander de les bénir financièrement. « Pasteur Lukau va combattre le diable qui se trouve entre moi et la prospérité », revendique Patrick, au chômage depuis deux ans mais qui continue de donner un quart de ses maigres recettes, dans l’espoir que cela finira par payer.

Une femme, qui demande l’anonymat, a fait don de toutes ses économies à Sheperd Bushiri, le télévangéliste le plus connu du pays, réputé pour ses trois jets privés et son train de vie fastueux. Les 2 000 euros qui se trouvaient sur son compte lui ont été versés « en échange de la promesse d’avoir le double six mois plus tard ». Son argent a finalement été investi dans une mine d’or en Zambie. Elle habite depuis dans un garage, seule et sans le sou.

« Les abus financiers sont les plus courants », rapporte Solomon Ashoms. Le « prophète » Bushiri est accusé de détournement de fonds et fraude par les autorités sud-africaines, qui le suspectent de transférer plus d’un million d’euros tous les mois vers le Malawi, son pays d’origine, via l’un de ses jets privés. « Ce ne sont pas des pasteurs mais des businessmen, continue le spécialiste. Ils construisent des empires financiers avec l’argent des donations. » En effet, Sheperd Bushiri a investi sa fortune, estimée à 120 millions d’euros, dans l’industrie minière, pétrolière ou encore l’hôtellerie de luxe.

Harem d’adolescentes

« Il est grand temps de mettre en place un cadre légal pour tracer les donations », déclare l’ancienne présidente de la Commission de la protection des droits religieux, Thoko Mkhwanazi-Xaluva. Elle milite pour que ces Eglises soient contrôlées, également parce qu’« on y recense de nombreux cas de pédophilie et de viols ».En 2018, a débuté un procès médiatisé qui a ouvert les yeux à toute la « nation arc-en-ciel ». Une jeune femme, Cheryl Zondi, 21 ans, a accepté de témoigner à visage découvert des agressions sexuelles que lui a infligées toutes les semaines, entre ses 14 et 19 ans, le télévangéliste nigérian Timothy Omotoso. Ce dernier vivait à Durban entouré d’un harem d’une soixantaine d’adolescentes. Après une coupure d’un an, le procès doit reprendre fin janvier. A la barre, quarante-neuf femmes s’apprêtent à témoigner.

Mais les poursuites sont parfois rendues difficiles par les autorités. « Le problème pour toutes ces victimes, c’est que les pasteurs ont les politiciens et les forces de sécurité dans leurs poches », affirme Mme Mkhwanazi-Xaluva. Ceux-là se rendent dans ces « megachurchs », à la manière d’un Jair Bolsonaro, excessivement proche des évangélistes au Brésil. Ils y viennent glaner des votes et même davantage.

Il est en réalité compliqué d’évaluer l’étendue réelle de l’influence qu’ont ces Eglises sur la vie quotidienne en Afrique du Sud. Tout a changé sous l’ère de l’ancien président Jacob Zuma (2009-2018), assure l’anthropologiste Ilana Van Wyk. « Zuma servait dans ces Eglises et croyait en l’Evangile de la prospérité, affirme Mme Van Wyk. Cela se ressentait même dans ses discours, où il parlait de forces du mal et de bataille spirituelle. »

« Presque un Etat parallèle »

Derrière cette image grotesque de faux miracles et de promesses de prospérité, « ces prophètes ont un impact immense sur leurs fidèles qui vont jusqu’à modifier leurs habitudes, leurs relations, leur travail pour eux, décrit la chercheuse. C’est presque un Etat parallèle. Certaines Eglises ont des écoles et des cliniques qui rivalisent avec les institutions gouvernementales. »

Conscient de l’ascendant qu’il exerce, un pasteur comme Sheperd Bushiri parle de changer les lois du pays et d’acquérir plus de terres pour construire un royaume de Dieu. Il se targue aussi de faire « énormément pour l’économie du pays », à travers ses œuvres caritatives et les nombreux touristes internationaux que son Eglise attire.

Ilana Van Wyk prédit que l’emprise de ces télévangélistes va encore se développer dans le pays, notamment grâce au soutien de l’establishment. La Commission de la protection des droits religieux avait d’ailleurs promis la mise en place d’un cadre plus strict pour contrôler ces organisations. A cause des « pressions politiques », souligne Thoko Mkhwanazi-Xaluva, le projet est aujourd’hui au point mort.

Le Monde

Augmentation générale des actes racistes et antisémites en France en 2019

Les chiffres des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans sont en hausse, selon un bilan du ministère de l’intérieur.

Les chiffres 2019 des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans en France sont mauvais. Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…).

Les faits antisémites ont été une nouvelle fois en hausse (+ 27 %), après le bond de + 74 % enregistré en 2018, par rapport en 2017. Pas moins de 687 faits ont été comptabilisés par les services de police. Parmi eux, les actions sont en recul, à 151, par rapport aux menaces (536). Rapportés au public potentiellement concerné, les faits antisémites demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres secteurs de la population.

En 2019, cette nouvelle progression des manifestations antisémites s’est accompagnée d’un fort accroissement des faits « racistes et xénophobes » (1 142, soit + 132 %), après deux années consécutives de baisse.

« Cela traduit une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène, commente Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. »

Stabilité des actes antichrétiens

La hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %). Leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », deux ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam.

Alors que dans toutes les autres catégories, les « menaces » sont beaucoup plus nombreuses que les « actions », l’écart entre les deux n’est pas très élevé dans les actes antimusulmans. « C’est peut-être le signe que la prise de conscience n’en est qu’au début et que les personnes ne portent pas toujours plainte pour les menaces », observe Frédéric Potier.

Contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises fin 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, à 1 052 en 2019 (1 063 en 2018). Dans l’ensemble, souligne M. Potier, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Le Monde

Israël autorise ses ressortissants à aller en Arabie Saoudite

Le ministère israélien de l’Intérieur a signé, dimanche 26 janvier, un décret autorisant les Israéliens à se rendre en Arabie Saoudite. Une première.

A ce stade, les voyages d’affaires et le pèlerinage à La Mecque sont les seuls motifs pouvant autoriser un tel voyage mais le décret dénote un réchauffement des relations entre Tel Aviv et Riyad, qui n’ont officiellement pas de relations diplomatiques.

Jusqu’à présent, selon un arrêté remontant à 1954 mais rarement appliqué, les Israéliens qui se rendaient en Arabie Saoudite et dans d’autres pays du Proche-Orient étaient passibles d’une peine allant jusqu’à quatre de prison, rapporte RFI. La plupart des voyageurs étaient des Israéliens musulmans qui s’y rendaient en pèlerinage munis d’une autorisation spéciale, et des Israéliens détenteurs de passeports étrangers.

 

Saphirnews