A propos Fatima Achouri

Sociologue des organisations et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques, etc.). J'accompagne également les organisations dans le développement des ressources humaines : diagnostic sociologique de l’organisation afin d’optimiser la gestion du personnel aux niveaux macro et micro en particulier dans les domaines du recrutement et de la formation. Je suis formatrice dans le domaine public pour les agents ( Loi de 1905) et dans les entreprises privées (gestion du fait religieux). Je suis conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la sociologie musulmane.

L’archevêque démissionnaire de Paris dément toute liaison, se dit « victime d’une cabale »

 

Église, Bancs, Des Places, Bancs En BoisL’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit, dont la démission a été acceptée par le Pape après avoir été accusé dans la presse d’avoir entretenu une relation intime avec une femme, dément toute liaison et se dit « victime d’une cabale », dans un entretien au Parisien publié mardi.

Fin novembre, un article de l’hebdomadaire Le Point affirmait que Michel Aupetit avait eu en 2012, alors qu’il n’était pas encore archevêque, une relation intime et consentie avec une femme, ce que l’homme d’Eglise dément catégoriquement.

Un courriel envoyé par erreur par le prélat laissait peu de doute, selon l’hebdomadaire, sur la relation entretenue.

« C’était une personne qui, comme il arrive souvent quand on est prêtre ou médecin, s’attache parce qu’elle souffre de solitude. Elle m’écrivait tous les jours. J’ai répondu à un courrier et ma secrétaire a pu le lire, puisqu’on partageait la même boîte mail », se défend Mgr Michel Aupetit dans le Parisien.

« Il n’y a pas eu de liaison. Une fois, cette personne a eu mal au dos. Je lui ai fait un massage pour la soulager. Je rappelle que je suis médecin », précise-t-il.

Le 8 décembre, Paris Match publiait des photos de lui en compagnie d’une théologienne belge, Laetitia Calmeyn.

« Cela n’a rien à voir avec une relation d’amour ou une relation sexuelle. C’est une amitié (…) Je trouve ignoble qu’on la salisse », dit l’archevêque.

Il raconte avoir déjeuné avec elle dans un petit bistrot avant de se promener en sa compagnie en forêt de Meudon. « Si vous ne pouvez plus manger avec une amie sans qu’un paparazzi vous photographie, dans quel monde vit-on ? »

Selon lui, son avocat, Me Jean Reinhart, rédige actuellement une plainte pour diffamation. « Je ne peux pas accepter que mon silence soit interprété comme un aveu de culpabilité », poursuit-il.

Après avoir accepté la démission de Michel Aupetit, le Pape avait indiqué que l’archevêque ne pouvait plus gouverner car sa « réputation a été atteinte », évoquant un « manquement » au sixième commandement (Tu ne commettras pas d’adultère, NDLR), « pas total mais des petites caresses et des massages qu’il faisait à sa secrétaire ».

« Je crois qu’il a un peu mélangé les éléments de l’histoire. Ma pauvre secrétaire n’a rien à voir avec tout cela. Je connais bien son mari et sa famille. J’ai baptisé ses petits-enfants », détaille-t-il.

Interrogé au cours de son entretien afin de savoir s’il avait le sentiment d’être victime d’une cabale, Mgr Aupetit répond « oui ».

« On m’a désigné des gens, des réseaux qui m’en voulaient et qui ont agi. Mais je n’ai aucune preuve. J’ai prié Dieu de ne pas mettre de l’amertume dans mon coeur et j’ai prié pour ceux qui me veulent du mal », indique l’archevêque.

 

AFP

Nantes : des catholiques font annuler un concert jugé profanatoire dans une église

La mobilisation de catholiques contre la tenue d’un concert d’orgue dans l’église Notre-Dame-de-Bon-Port de Nantes a payé. Le concert de l’artiste suédoise Anna von Hausswolff, qu’ils estimaient être une «profanation», a été annulé.

 

Bible, Livre, Catholique, ChristianLe quotidien Ouest France rapporte qu’une manifestation de 50 à 100 catholiques à l’église Notre-Dame-de-Bon-Port de Nantes a engendré l’annulation d’un concert d’orgue de l’artiste suédoise Anna von Hausswolff, organisé dans la soirée du 7 décembre. L’artiste aurait des paroles «profanes» ​et ce concert n’aurait pas sa place dans une église, selon des fidèles. Publiées sur les réseaux sociaux, des images ont montré des personnes faisant barrage de leur corps à l’entrée de l’édifice religieux en chantant un «Je vous salue Marie».

Ouest France rapporte que 370 personnes devaient assister à ce concert, finalement annulé pour des raisons de sécurité par l’artiste vers 21h20. «Il s’agit d’une mobilisation spontanée pour empêcher l’artiste de profaner le lieu. En tant que jeunes, nous accordons une grande importance au sacré que les anciens n’ont plus forcément», a expliqué un manifestant au quotidien, précisant que le diocèse avait accepté quant à lui que l’artiste se produise dans l’édifice.

«Une poignée de radicaux intolérants provoque l’annulation d’un concert à [Notre-Dame-de-Bon-Port] programmé en accord avec l’évêché. Rien n’autorisait l’expression d’une telle censure. Ce n’est pas notre conception d’un projet de société fondé sur le dialogue et l’ouverture culturelle», s’est indigné pour sa part le premier adjoint au maire de la ville Bassem Asseh sur Twitter dans la soirée.

RT France

La grande parodie du « Conseil national des imams ».

 

Imam, Musulman, Islam, Religion, RamzanDans un article précédent nous mentionnions le principe, qu’en France, la communauté musulmane « oumma » en tant que bloc unitaire n’existe pas, mais qu’il était approprié  de parler de musulmans de France. Cette dernière, avec environ six millions de fidèles, est en effet traversée par des modes de pratiques et de croyances subjectives très hétérogènes. En l’absence d’un clergé musulman, la dissolution du croire a entraîné un double processus de personnalisation de la pratique et d’une privatisation de la foi. Sur le volet social, une grande partie des musulmans souvent issue des classes défavorisées, est confrontée aux échecs successifs de politiques de développement et du déficit de justice sociale qui règnent depuis plus de cinquante ans. Le déni de l’égalité dans la réalité alors qu’elle s’exhibe dans les discours politiques, trouve dans la revendication religieuse une reconnaissance, une justice sur le plan de l’être. Au terme de quatre générations, l’identité altérée, celle de ne pas être reconnue en tant que citoyen français, opère en grande partie, la reformulation d’une identité supérieure. C’est ainsi que la désintégration économique et sociale a fracturé le pacte républicain et a engendré une méta-identité : le musulman. Une majorité des citoyens de confession musulmane se considère musulman avant d’être Français, là où leurs parents ou grands-parents, n’ont pas subi cette dualité identitaire, en raison notamment d’une islamité qui était vécue davantage en tant qu’objet que sujet.

Depuis les années 2000, les citoyens musulmans au même titre que l’ensemble des Français, sont confrontés à des changements structurels fulgurants qui les plongent dans un lendemain d’incertitude. Ces derniers mois, la crise anxiogène du Covid a aggravé cet état de tensions permanent, nous dirions même que ça sent le soufre un peu partout. L’islam, plus qu’une religion, est un mode de vie, qui valorise notamment les liens sociaux, la justice et la solidarité, là où l‘Occident, prône des valeurs tels que l’individualisme et le matérialisme, dans lesquelles le musulman se sent tiraillé entre rationalité moderne et tradition.Face aux doutes de l’existence et face au néolibéralisme, l’individu trouve dans l’islam un refuge au sein de valeurs et de symboles issus d’une tradition ancienne. Comment trouver sa place dans un monde en crise où l’individu ne se projette pas ou plus ? Quels guides espère le croyant afin de mieux surmonter les difficultés du quotidien ?

Le désenchantement idéologique a entraîné une approche plus individualisée de la foi et des questions religieuses, en particulier envers ceux qui sont censés parler au nom des musulmans. Le problème de la confiance personnelle accordée à la représentativité musulmane s’est du même coup aiguisé, aggravé dans un contexte où l’islam sunnite, majoritaire en France, n’a pas de clergé. L’affaire Ramadan fin 2017, est emblématique de l’atomisation des musulmans plus que jamais rétifs à l’égard de leaders ou de représentants de l’islam. La centralité des scandales, et par conséquent, des politiques de dénonciation s’en est trouvée accrue. La valeur morale des leaders musulmans est devenue une variable clef de la production de la confiance. Il suffit à cet égard, de relever le phénomène de suivi et d’évaluation, véritables critères de confiance et de fidélisation attribués aux prédicateurs sur Internet ou dans la vie, à travers notamment les commentaires laissés sur les réseaux sociaux ou au sein de la mosquée envers l’imam lors des prêches du vendredi.

Dans un climat général d’affaissement de l’autorité, il apparaît d’autant plus difficile pour l’État de structurer l’islam de France au travers d’une nouvelle organisation « Le conseil national des imams », dont les velléités sont de structurer le culte musulman selon les exigences de la République, sous l’égide du ministère de l’Intérieur et de représentants musulmans réceptifs aux impératifs républicains. Ces derniers dont les « effets d’autorité » pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu auprès des fidèles sont nuls, sont accusés de ne représenter qu’eux-mêmes et d’être soumis à la République. De plus, la prétention à représenter l’islam, chacun dans le style du système ou des États qu’il représente (Maghreb,Turquie), est une des causes majeures de la paralysie des organisations islamiques en France dont leur anonymat auprès des musulmans est un symptôme. Il suffit à cet égard de demander à un fidèle lambda s’il connait Ahmet Ogras (président du CFCM), Tareq Oubrou (imam de Bordeaux) ou encore Ghaleb Bencheikh (président de la Fondation de l’islam de France), dans la majorité des cas, la réponse est négative. A l’inverse, les prédicateurs 2.0 à l’instar de R. Eljay, Ayman TR ou A. Boussena ou encore, pour les moins jeunes, T. Ramadan ou H. Iquioussen, pour ne citer qu’eux, sont considérés pour les uns comme des guides, pour les autres comme des « gourous ». Rien d’étonnant à tout cela. Dans un espace de vide, Internet est devenu le support central de la circulation de l’information religieuse, de l’interaction, de l’opinion publique et, plus grave, la Toile a précipité la dissolution des représentants de l’islam de France. Sur ce point, nous vous renvoyons à notre ouvrage Islam 2.0 où nous traitions du succès des prédicateurs 2.0 grâce à la plateforme Youtube et des réseaux sociaux.

Jamais autant d’organes indépendants de représentation de l’islam de France, réels ou virtuels, ne se sont autant concurrencés sur le terrain du leadership, créant des sous-groupes ou pour reprendre une formule en vogue, des séparatismes intracommunautaires . Ces nouveaux conquérants pour certains ou « prédateurs » pour d’autres, usent d’abord d’une stratégie pernicieuse de dénonciation des faiblesses de structures existantes, afin de se positionner en tant que nouvel acteur majeur. Depuis le vide symbolique laissé dans les médias par un Tariq Ramadan, très populaire auprès des musulmans, la bataille pour un nouveau leadership a auguré de nombreuses ambitions. Pour qu’une idéologie soit diffusée au plus grand nombre, il faut savoir user de l’outil puissant de communication qu’est Internet avec la force de frappe des réseaux sociaux, et les prédicateurs 2.0 l’ont bien compris. Ces derniers monopolisent l’hétéronomie et enseignent au musulman comment il doit se comporter, ce qu’il doit faire et ce qu’il lui est permis d’espérer à travers une dichotomie entre halal (licite) et haram (illicite), bien loin de guider les musulmans comme ils le prétendent.

Loin de l’ambition de la création d’un « Conseil national des imams », il faudrait impliquer en premier lieu, les acteurs de terrain à l’échelle locale. L’organisation du culte musulman sur le volet pratique devrait revenir à des individus animés avant tout par une vision éthique et humaniste au service de la collectivité conformément aux valeurs islamiques, et non, motivés par une démarche égotique et libérale. Combien de fonds récoltés pour la construction de mosquée ou de dons des fidèles lors de fêtes religieuses sont gérés en toute opacité ? La viande halal proposée aux musulmans l’est-elle vraiment ?… L’enjeu majeur pour les musulmans de France est de désigner des acteurs qui serviront l’intérêt des fidèles et non d’utiliser ces derniers, comme c’est souvent le cas, afin d’assoir des ambitions personnelles. Ce schéma est aussi au coeur de la méfiance de la communauté musulmane à l’égard de tout organe de représentation de l’islam de France et in fine de sa politisation. Le financement de l’ensemble de ces projets dans le cadre juridique conforme à la Loi de 1905, ne devrait pas faire l’économie de comité éthique afin de s’assurer de la bonne gestion des fonds tout en se débarrassant des financements extérieurs. Par ailleurs, il n’appartient pas à l’État, en vertu de la Loi de 1905, de s’immiscer dans les questions d’organisation du culte musulman, pour vider de sa substance la liberté religieuse des fidèles. La laïcité érigée en véritable dogme, est devenue un outil de sécularisation, c’est-à-dire de toute non-intervention de la religion dans les actes de la vie publique, quels qu’ils soient. La « Loi confortant le respect des principes de la République » votée en août dernier, s’attaque de manière répressive et discriminante à l’orthodoxie musulmane jugée incompatible avec les valeurs de la République, et dont le « Conseil national des imams » est un des effets délétères. La sécularisation est véhiculée comme un véritable athéisme social, dernière conséquence du libéralisme.

Le CFCM créé en mai 2003 par N. Sarkozy, organe central censé représenter l’islam de France, peine toujours à se faire entendre et voit depuis sa création toujours les mêmes responsables se succéder, avec son lot de promoteurs affiliés à des États étrangers (Algérie, Maroc, Turquie, Mali…). Il n’existe pas au sein de l’islam sunnite de clergé, ce qui crée un rapport horizontal entre les croyants et rend difficile l’acceptation, même symbolique, d’une quelconque représentativité religieuse. Dans ce cas, nous comprenons le tâtonnement et surtout l’incapacité des autorités politiques depuis des décennies, à trouver les représentants d’une communauté musulmane qui, en tant que telle, n’existe pas. Et, ce n’est pas l’État, avec le « Conseil national des imams » créé à l’instar de la « Conférence des évêques de France » ou du « Grand-rabbinat de France » qui ambitionnerait de structurer ou même d’homogénéiser la représentation du culte musulman sur le principe de l’unité, qui inversera la tendance actuelle des dissensions. Le prophète Mohammed en son temps, avait prévenu sur la division de la « oumma » après sa mort, l’histoire lui donne hélas raison depuis plus de quatorze siècles.

 

Fatima Achouri

Fermeture de comptes bancaires de mosquées : des pratiques « abusives et injustes »

Coins, Banknotes, Money, CurrencyLe Conseil des mosquées du Rhône (CMR) s’insurge contre la fermeture de comptes bancaires de plusieurs mosquées du département. Des lieux de cultes « dont certaines sont en pleine construction ou extension – ont subi la fermeture de leurs comptes bancaires », signale-t-elle dimanche 14 novembre dans un communiqué.

L’instance, présidée par le recteur de la Grande Mosquée de Lyon Kamel Kabtane, exprime « sa profonde inquiétude face à ces pratiques, qu’il déplore et qu’il juge abusives et injustes, et ce d’autant plus qu’aucune infraction qui justifierait ces fermetures de compte, n’a été relevée ».

Elle alerte l’Etat contre ces abus « qui mettent à mal les mosquées et les empêchent de mener leurs actions et leurs projets, dans la sérénité, le respect absolu des lois et dans un souci de transparence » et demande aux pouvoirs publics « de prendre toutes les dispositions nécessaires pour interdire ces fermetures injustifiées et rétablir le droit inaliénable de disposer d’un compte en banque pour tout citoyen français ».

 

Saphirnews

Syrie : le poste de grand mufti supprimé par le régime de Bachar Al-Assad

 Un décret supprimant le poste de grand mufti de Syrie a été pris, lundi 15 novembre, par Bachar al-Assad. Cette décision place d’office Ahmad Badreddine Hassoun à la retraite.

 Le cheikh âgé de 72 ans avait été nommé grand mufti en 2005 après la mort de son prédécesseur Ahmed Kuftaro en 2004. Ce fervent soutien du régime au pouvoir est épinglé par Amnesty International pour avoir approuvé l’exécution de milliers de personnes détenues dans la prison de Saidnaya entre 2011 et 2015.

Malgré son soutien sans faille à Bachar al-Assad, Ahmad Badreddine Hassoun – dont le fils a été tué dans une embuscade près d’Alep en 2011 par « un groupe armé terroriste » selon le régime – a été poussé vers la sortie. Ses attributions, selon l’agence de presse officielle Sana, relèveront désormais du Conseil de jurisprudence des savants musulmans (oulémas), qui dépend du ministère du Waqf chargé des Affaires religieuses. Il est dirigé par Abdel Sattar al-Sayyed, qui n’est autre qu’un rival d’Ahmad Badreddine Hassoun.

 

Une interprétation personnelle du Coran en cause

La décision a été prise sans que des raisons officielles n’aient été données mais elle intervient, selon Al-Jazeera, après de vives critiques envers le grand mufti pour son interprétation personnelle de versets du Coran lors des funérailles, début novembre, du chanteur syrien Sabah Fakhri, une célébrité du monde arabe.

Selon plusieurs sources, Ahmad Badreddine Hassoun a affirmé que la terre de Syrie est mentionnée dans le Coran en faisait référence à la sourate Le Figuier et que, de ce fait, ceux qui quittent le pays seraient voués à la perte. Le Conseil de jurisprudence s’était alors ému d’une méthode d’interprétation personnelle qui fait le lit du fanatisme.

Jusqu’en 2018, le mandat du grand mufti était illimité. Il a, par la suite, été réduit à trois ans renouvelable par un décret présidentiel qui avait aussi transféré le pouvoir de nomination du mufti au ministère du Waqf. Ses pouvoirs sont davantage étendus aujourd’hui : il pourra désormais émettre des avis religieux (fatwas) et annoncer les dates du début et de la fin du mois du Ramadan.

Saphirnews

Islam de France : toujours divisés, les représentants du culte musulman annoncent la création de deux conseils des imams distincts

Le Conseil français du culte musulman et la Grande Mosquée de Paris, qui a fait sécession en mars, ont chacun annoncé, dimanche, la création prochaine de leur propre instance censée labelliser les imams.

Le gouvernement français voulait un Conseil national des imams (CNI) pour restructurer l’islam et lutter contre la radicalisation. Pour l’heure, il en voit deux se profiler à l’horizon, ce qui illustre la division entre les représentants des musulmans en France.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) et la Grande Mosquée de Paris ont chacun annoncé, dimanche 14 novembre, leur volonté de fonder leur propre instance censée labelliser les imams exerçant sur le territoire.

Le CNI « sera créé lors d’une assemblée générale le dimanche 21 novembre 2021 », ont déclaré, à l’Agence France-Presse (AFP), la Grande Mosquée de Paris et les trois fédérations qui ont claqué la porte du bureau exécutif du CFCM en mars. Celui-ci a immédiatement réagi en annonçant lui aussi la création d’un CNI.

Dans un communiqué, il a appelé « l’ensemble des instances départementales du culte musulman à se réunir en congrès, le 12 décembre 2021, pour la mise en place effective du Conseil national des imams. » Il dénonce également « l’initiative unilatérale » des quatre fédérations dissidentes et estime que « la légitimité » du CNI « ne peut être acquise que sous l’égide du CFCM et avec la participation de l’ensemble de ses fédérations ainsi que l’implication de toutes les structures régionales et départementales ».

Des divisions sur fond d’une inimitié notoire

Interlocuteur historique des pouvoirs publics concernant le culte musulman, le CFCM est plongé dans la tourmente depuis que le gouvernement a voulu faire adopter une « charte des principes pour l’islam de France », réclamée par Emmanuel Macron dans la foulée de son offensive contre le « séparatisme ». Le texte, qui devait servir de pierre angulaire pour restructurer la deuxième religion du pays, dénonce notamment « l’instrumentalisation » politique de l’islam, proscrit « l’ingérence » d’Etats étrangers et réaffirme la « compatibilité » de l’islam avec la République.

En janvier, trois fédérations du CFCM, dont les deux turques – le Millî Görüs et le Comité de coordination des musulmans turcs de France – ont rejeté cette charte, qui risque, selon elles, de « fragiliser » la confiance à l’égard des musulmans. Après ce refus, quatre des neuf fédérations du CFCM – la Grande Mosquée de Paris, le Rassemblement des musulmans de France, Musulmans de France et la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA) – ont annoncé en mars qu’elles quittaient le bureau exécutif du CFCM pour créer une nouvelle instance chargée de réfléchir à « la refondation de la représentation du culte musulman en France ».

Ces divisions de fond sont également nourries par l’inimitié notoire entre le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, proche du Maroc, et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, proche de l’Algérie.

Le Monde/ AFP

Pays-Bas : une affaire d’espionnage des mosquées par des mairies secoue les musulmans

Cie, Échelon, Fbi, Cinq YeuxAux Pays-Bas, les communautés musulmanes sont ébranlées depuis quelques semaines par une affaire d’espionnage de mosquées. Dans le cadre de la lutte contre l’extrémisme, une dizaine de municipalités néerlandaises ont mandaté ces dernières années Nuance door Training & Advies (NTA), une société privée fondée par Najib Tuzani, l’ancien chef de la police de la ville d’Utrecht, devenu expert auprès des services néerlandais de lutte contre la radicalisation.

Aux Pays-Bas, il revient légalement aux communes de lutter contre la radicalisation à leur niveau, surtout dans un contexte où « les jeunes musulmans originaires du pays partis combattre en Syrie auprès de l’organisation État islamique commencent à revenir », rapporte Courrier international qui cite le média marocain Tel Quel.

Initialement, 39 communes avaient choisi NTA pour réaliser au sein des communautés visées une cartographie des acteurs en présence et des « rapports de forces », terme désignant selon elle « une recherche sur les différentes tendances radicales ». A noter que les municipalités ont été mises en relation avec la société privée par l’entremise du Coordonnateur national pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité selon le quotidien néerlandais NRC Handelsblad, à l’origine des révélations mi-octobre. Plusieurs mairies ont toutefois renoncé aux services de NTA en raison des méthodes employées pour parvenir aux objectifs.

 

Un « abus de confiance » manifeste

En effet, « les enquêteurs privés ne se sont pas déclarés comme tels mais ont agi de façon anonyme au sein des mosquées » en se présentant comme des fidèles musulmans ou des visiteurs. Les rapports qui en découlaient n’étaient ensuite ni mis à la disposition des conseils municipaux ni des organisations espionnées mais servaient de base pour des décisions prises à l’égard de ces dernières. Par ailleurs, « NTA aurait payé des responsables des communautés afin d’obtenir des informations ». Parmi les villes mises en cause figurent Rotterdam et Eindhoven.

La société, qui a bénéficié d’au moins 300 000 € pour mener ses investigations secrètes, a déclaré avoir agi dans la légalité. Un avis qui est loin d’être partagé par les responsables des mosquées espionnées. Les méthodes ont été vivement condamnées par plusieurs organisations musulmanes du pays, qui ont dénoncé un « abus de confiance » manifeste. Pour l’organisation SPIOR, qui rassemble les institutions musulmanes du Grand Rotterdam, « les musulmans néerlandais sont des citoyens comme les autres. Ils contribuent à la vie municipale en y participant activement, en faisant preuve de bon voisinage envers leurs concitoyens et en remplissant leurs devoirs en vertu de la loi néerlandaise. Ils ne méritent donc pas d’être soumis à une surveillance secrète ».

Saphirnews

Une campagne du Conseil de l’Europe célébrant « la liberté dans le hijab » retirée sous la pression de la France

Il aura suffi de quelques heures pour qu’une grande partie du personnel politique, de l’extrême droite au gouvernement, critique cette campagne, diffusée en ligne, et obtienne son retrait.

Icône, Iconique, Islam, IslamiqueC’est précisément le message en anglais, accompagnant les portraits de plusieurs jeunes femmes voilées sur une seule moitié du visage, affirmant « beauty is in diversity as freedom is in hijab » (« la beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab »), qui est à l’origine des réactions de personnalités tant à l’extrême droite qu’à gauche du champ politique français et de l’intervention du gouvernement.

La France avait « fait part de sa désapprobation extrêmement vive »

Diffusée depuis jeudi 28 octobre, la campagne lancée par le programme pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations du Conseil de l’Europe – programme cofinancé par la Commission européenne à hauteur de 340 000 euros – était jusqu’ici passée inaperçue.

Au sein du gouvernement, c’est la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse, Sarah El Haïry, qui a affirmé, après le retrait du post de la campagne par le Conseil de l’Europe mardi soir sur LCI, que la France avait « fait part de sa désapprobation extrêmement vive »,permettant par « ses réseaux diplomatiques » justement « le retrait de cette campagne dès [mardi] ».

Mercredi, c’est au tour du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, de critiquer cette campagne. « Ces tweets n’ont rien à voir avec l’application du principe de laïcité en France », a-t-il fait savoir à l’occasion de la séance des questions au gouvernement au Sénat. « Il y a une différence de taille entre défendre la liberté de conscience, de religion, entre le fait de mener une lutte déterminée contre les discriminations et, d’autre part, faire de la part d’une institution comme le Conseil de l’Europe la promotion active d’un signe religieux ou vestimentaire particulier », a poursuivi M. Le Drian.

Au parti Les Républicains (LR), la campagne a généré de fortes réactions. Valérie Pécresse, candidate à l’investiture du parti pour la présidentielle de 2022 et présidente de la région Ile-de-France, a fait part dans un tweet de sa « stupeur », estimant que le voile n’était « pas un symbole de liberté mais de soumission ». L’un de ses concurrents à l’investiture, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, a dénoncé une « promotion du voile islamique » et une « négation de nos racines judéo-chrétiennes ». Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a, quant à lui, estimé que le Conseil de l’Europe promouvait « ouvertement la soumission aux mœurs islamistes ».

La campagne a également fait réagir à gauche, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol – ancienne ministre des droits des femmes et soutien à la candidature présidentielle d’Arnaud Montebourg – estimant dans un post : « Rappeler que les femmes sont libres de porter le hijab (dans le respect des lois de chaque Etat membre, en France celle de 1905 et 2004) est une chose. Dire que la liberté est dans le hijab » revient à « en faire la promotion ». L’ancien premier ministre et ex-membre du Parti socialiste Manuel Valls a, lui, jugé la campagne de lutte contre les discriminations « choquante, ahurissante et dangereuse ».

A l’extrême droite, elle a provoqué un tollé. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN), a réagi par un tweet en début d’après-midi : « Cette communication européenne en faveur du voile islamiste est scandaleuse et indécente. C’est quand les femmes retirent le voile qu’elles deviennent libres, pas l’inverse ! » Pour le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui s’exprimait également sur Twitter, « ceci n’est pas une campagne de propagande des Frères musulmans mais du Conseil de l’Europe ». Le polémiste Eric Zemmour, probable candidat à la présidentielle, a, lui, dénoncé un « djihad publicitaire » et affirmé que « l’islam est l’ennemi de la liberté ».

Les tweets « ne représentent pas la position du Conseil de l’Europe »

« Ces tweets ont été retirés et nous allons réfléchir à une meilleure présentation de ce projet », a confirmé dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse le Conseil de l’Europe, l’organisation paneuropéenne sise à Strasbourg. Ils « faisaient partie d’un projet conjoint » du Conseil et de l’Union européenne « dont l’objectif était de sensibiliser à la nécessité de respecter la diversité et l’inclusion et de combattre tout type de discours de haine », a justifié le Conseil de l’Europe. Les tweets « reflétaient les déclarations faites de manière individuelle par des participants dans l’un des ateliers du projet et ne représentent pas la position du Conseil de l’Europe ni de sa secrétaire générale [Marija Pejcinovic Buric] », a encore assuré l’instance.

Si la Commission a bien contribué au financement du programme pour l’inclusion et la lutte contre les discriminations, elle a souhaité faire préciser par son porte-parole, mercredi 3 novembre, lors de sa conférence de presse quotidienne, que le Conseil de l’Europe « jou[ait] un rôle de chef de file » et qu’elle « n’[avait] pas validé les éléments » controversés.

Pour autant, la Commission appelle à ce que soient pris en considération « les autres actions » de ce programme contre les discours haineux. « Notre position est extrêmement claire : les femmes doivent pouvoir porter ce qu’elles veulent, selon les lois du pays où elles vivent », a insisté un second porte-parole de l’institution.

Le Monde/ AFP

Emmanuel Macron participera mardi 26 octobre au dîner du Cercle Charles Gide, protestants pour une économie responsable

 

Traverser, Religion, SpiritualitéEmmanuel Macron participera mardi à Paris à un dîner de bienfaisance organisé par un réseau d’entrepreneurs protestants, au cours duquel le Président de la Fédération protestante de France (FPF) entend souligner la nécessité de veiller au “partage” des richesses.

L’Élysée a confirmé la participation du président de la République à ce dîner organisé par la FPF et le réseau “Cercle Charles Gide – Protestants pour une économie responsable”.
Seront également présents le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et des représentants des cultes catholique, juif et musulman. Devant 270 personnes réunies au Cercle de l’Union Interalliée, François Clavairoly, président de la FPF, fera une “adresse” à Emmanuel Macron, lequel prononcera ensuite un discours.

Cette adresse “n’est pas une interpellation au sens militant, ni la présentation d’un catalogue de doléances”, a précisé M. Clavairoly à l’AFP. Il s’agira de montrer que “le protestantisme, depuis toujours dans ce pays s’est engagé par sa liberté de conscience et d’entreprendre dans la création de richesses”, a-t-il dit.
Et “en même temps”, a-t-il poursuivi, faisant allusion à cette expression souvent utilisée par le candidat Macron pendant sa campagne, “le protestantisme est attentif à la solidarité, au partage, à l’équité”.
La soirée doit permettre de recueillir des dons affectés à des projets soutenus par la Fédération de l’Entraide Protestante (grande pauvreté et jeunesse).
La FPF aimerait voir ce dîner en présence du chef de l’État se renouveler chaque année, sur le modèle du dîner du Crif (Conseil
représentatif des institutions juives).

Revue Réforme/ AFP

Islam radical: “7 structures” dissoutes “d’ici à la fin de l’année”, selon Darmanin

 

Gérald Darmanin a affirmé mardi que “sept nouvelles structures” (associations ou lieux de culte, ndlr) seraient “dissoutes d’ici à la fin de l’année” en Conseil des ministres, pour avoir propagé des discours de haine et islamisme radical.

Mercredi dernier, le Conseil des ministres a approuvé la dissolution de la “Coordination contre le racisme et l’islamophobie” qui, selon le ministre de l’Intérieur, appelait “à la haine, à la violence et à la discrimination”.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, M. Darmanin s’est félicité de la fermeture pour six mois de la mosquée d’Allonnes pour “pratique radicale de l’islam”, signifiée lundi par le préfet de la Sarthe.

“Les éléments recueillis montrent, a poursuivi Gérald Darmanin, que les dirigeants des associations gestionnaires de la mosquée d’Allonnes ainsi que les imams y officiant promeuvent, par leurs discours, leurs prêches ou les ouvrages présents dans le lieu de culte, une pratique radicale de l’islam, légitiment le recours au djihad armé, la mort en martyr ainsi que l’instauration de la charia, tout en cultivant un sentiment de haine à l’égard de la France, des occidentaux, des chrétiens ou des juifs”.

“Par ailleurs, a-t-il ajouté, ils légitiment les attentats terroristes, se félicitent de ceux survenus sur le territoire national et cherchent à mobiliser les jeunes fidèles à se préparer au combat”.

“Au regard de la gravité des faits”, le ministre a annoncé “un signalement à l’autorité judiciaire” et avoir “procédé au gel des avoirs financiers des associations et de leurs dirigeants” de cette mosquée.

M. Darmanin a indiqué en outre que sur les 2.500 lieux de culte islamique répertoriés en France, “92 étaient contrôlés car soupçonnés de séparatisme“. Sur ces 92 lieux, “21, a-t-il dit, ont été fermés”.

 

Revue Réforme / AFP