A propos Fatima Achouri

Sociologue des organisations et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques, etc.). J'accompagne également les organisations dans le développement des ressources humaines : diagnostic sociologique de l’organisation afin d’optimiser la gestion du personnel aux niveaux macro et micro en particulier dans les domaines du recrutement et de la formation. Je suis formatrice dans le domaine public pour les agents ( Loi de 1905) et dans les entreprises privées (gestion du fait religieux). Je suis conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la sociologie musulmane.

Retour à la « vie ordinaire » ?

Conseil, Électronique, OrdinateurL’atrophie des modèles traditionnels d’autonomie a dégradé notre capacité à conduire les affaires de notre vie quotidienne dans un grand nombre de circonstances, et nous a rendus dépendants notamment de l’État et des grandes entreprises. Bien avant la crise du Covid, le néolibéralisme imposait déjà aux États une gestion économique et politique selon ses intérêts. Depuis la crise du Covid, les inégalités ont explosé et les conditions sociales, pour de nombreux Français, ont encouragé une mentalité de survie. La propagande de mort et de destruction que les médias diffusent sans arrêt, n’a fait qu’augmenter le sentiment d’insécurité et de vide existentiel parmi la population. Malgré ce climat délétère, nombreux sont ceux qui aspirent à un retour à une « vie ordinaire » ; cette tendance à la « vulgarisation » qui est de prétendre de tout mettre « à la portée de tout le monde » comme conséquence des conceptions « démocratiques ». Le principe moteur du retour à une « vie normale » serait celui du contrôle des citoyens par l’État, grâce à l’intelligence artificielle, au travers particulièrement du « Pass sanitaire ». Un État tout puissant qui utiliserait également la vaccination de masse, au nom de la santé publique, comme levier de…

 

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Fatima Achouri

Loi bioéthique : les évêques catholiques appellent à la responsabilité et au discernement personnel

Finlande, Drapeau, Empreintes DigitalesLa Conférence des évêques de France (CEF) n’a pas tardé à réagir dans un communiqué mercredi suite à l’adoption définitive par le Parlement du projet de loi de bioéthique, appelant désormais chacun à faire des choix « en pleine conscience de ses conséquences éthiques ».

« Malgré plusieurs années de débats, une logique s’est imposée qui fait de la dignité de l’être humain une valeur à géométrie variable », écrit le président de la CEF, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, au lendemain du vote de ce projet de loi dont la mesure phare est l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Selon lui, « le socle de la bioéthique à la française »dont notre pays était si fier est gommé : la dignité propre à tout être humain – petit et grand – n’est plus le point focal ».

« Face à cette loi, les évêques de France continuent de manifester une grande inquiétude et adressent un appel. Maintenant que la loi de notre pays autorise de nouvelles transgressions, il importe plus que jamais que chacun trouve les moyens de la vigilance et d’un discernement personnel afin de faire ses choix en pleine conscience de ses conséquences éthiques ».

« Si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien »

Pour la CEF, « la satisfaction d’un besoin – même légitime -, le principe d’égalité, les besoins de la recherche scientifique, la peur du handicap ne peuvent justifier qu’on traite l’être humain comme un matériau manipulable et éliminable. Si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien ». Mgr de Moulins-Beaufort regrette enfin que « le large consensus voulu par le président de la République n’existe pas ».

Le projet de loi prévoit également une délicate réforme de la filiation et de l’accès aux origines, en lien avec la PMA, et aborde nombre de sujets complexes comme l’autoconservation des ovocytes ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires. « Ce nouveau cadre législatif fait sauter de nouvelles digues éthiques et renvoie chacun, plus que jamais, à sa responsabilité personnelle » a conclu le président de la CEF.

Revue Réforme / AFP

Antisémitisme : six mois de prison avec sursis requis contre l’imam de Toulouse

Mardi 29 juin, le parquet de Toulouse a requis six mois de prison avec sursis contre Mohamed Tataiat, imam de la Grande Mosquée de Toulouse. Ce cadre religieux, renvoyé devant la justice en janvier dernier, était jugé pour « provocation à la haine raciale ». Il lui est reproché d’avoir relayé en arabe un hadith qui inciterait les musulmans à tuer les juifs, lors d’un prêche datant de décembre 2017.

« Les propos sont sortis du contexte », s’est à nouveau justifié l’accusé devant le tribunal, cité par France 3. « Le sens est différent de celui qui a été compris. Il s’agit d’une prophétie présente dans la littérature apocalyptique et il faut tenir compte de l’actualité de l’époque : l’ambassade des Etats-Unis a été déplacée de Tel Aviv à Jérusalem. (…) Je ne cite pas le Juif en tant que religion. Il y a plus de choses qui me relient à cette religion que de choses qui m’en séparent. (…) Depuis 1987, je suis en guerre intellectuelle contre l’extrémisme », a-t-il laconiquement défendu, ajoutant en réponse à une question posée par le président du tribunal, qu’« aucun musulman ne reconnaîtra le sens, la signification que vous avez donné à mes propos ».

« Il n’y a pas eu de regrets lors de cette audience »

Des arguments plus que contestables pour Simon Cohen, avocat du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), partie civile dans cette affaire. « Quelle que soit la traduction, les mots restent les mêmes. Et l’interprétation, sauf à déformer les mots, peut les nuancer, peut les présenter de manière plus ou moins flatteuse. De manière, donc, plus ou moins belliqueuse, mais ne peut en changer la substance. « Si tu vois un Juif derrière moi, tue-le » : est-ce que cela mérite d’être interprété ? Non (…) Que l’on se réfère à des hadiths, on peut ! Que l’on se réfère à des pensées doctorales, provocatrices, voire belliqueuses, on peut ! Mais pas devant n’importe quel auditoire. »

Dans ses réquisitions, le parquet de Toulouse a estimé, pour sa part, que l’accusé avait opéré « un glissement sémantique qui conduit à une stigmatisation des juifs. Il ne se borne pas à critiquer l’Etat d’Israël. (…) Cet argument est un prétexte. C’est l’élément constituant à l’exhortation à l’appel à la haine. Les mots ont un sens et sa parole a une portée importante vis-à-vis de son auditoire. Nous sommes à Toulouse où des enfants ont été tués parce que juifs. La provocation à la haine raciale à l’égard de la communauté juive est caractérisée. Il n’y a pas eu de réponse claire. Il n’y a pas eu de regrets lors de cette audience. Je doute de sa capacité à se remettre en question ».

En plus de ces six mois de prison avec sursis, la justice a demandé l’affichage du jugement par la mosquée d’Empalot. L’imam, qui a bénéficié au début de l’affaire du soutien de la Grande Mosquée de Pariset qui était accompagné pour son procès d’Abdallah Zekri, a toutefois bénéficié d’un non-lieu partiel concernant les poursuites liées à la diffusion du prêche sur les réseaux sociaux.

Saphirnews

Le règne des arrogants

Alors que l’actualité est dominée par la crise sanitaire, les récentes élections départementales et régionales ont vu la résurgence dans les médias d’acteurs politiques, dont certains ténors du parti « Les Républicains », tombés aux oubliettes depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Il aura fallu leur victoire à l’issue d’un fiasco électoral dû à l’écrasante abstention des électeurs, pour voir certains de ces politiques, à la posture suffisante, se pavaner devant les caméras et valoriser leur programme cher à la droite. Ces responsables politiques étaient pourtant, pour la plupart, aux affaires durant le règne de Nicolas Sarkozy. Ces mêmes qui, lorsqu’ils étaient ministres, n’ont pas oeuvré dans l’intérêt des Français (tout en participant à la casse du service public), en raison notamment d’une Union Européenne qui, avec son arsenal juridique, économique et social, impose une feuille de route aux États européens…

 

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Fatima Achouri

C’est officiel : les institutions juives n’appellent pas à faire barrage à l’alliance Hidalgo/islamo-gauchistes

Etoile De David, Emblème, Bible JuiveDans un communiqué publié lundi, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le Consistoire et le Fonds social juif unifié (FSJU) expriment leur “soulagement” que “les résultats du 1er tour des élections régionales n’ont pas vu la montée du Rassemblement national annoncée dans les sondages”.

Les institutions juives appellent explicitement les responsables politiques de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) “à tout faire” pour battre la liste Rassemblement national dirigée par Thierry Mariani.

Quant à l’alliance soutenue par la Maire de Paris Anne Hidalgo entre la liste dirigée par Audrey Pulvar et les partis islamo-gauchistes, les institutions juives se contentent seulement d’exprimer leur “inquiétude” sans dénoncer l’antisémitisme et l’antisionisme des partis d’extrême gauche de cette liste unifiée.

“Quand on parle de front républicain et qu’on veut faire barrage aux extrêmes, on fait barrage à l’extrême-droite autant qu’à l’extrême-gauche. Parce que je crois que même si ce n’est pas la même histoire, la même histoire politique, les conséquences de l’arrivée de Monsieur Mélenchon et de ses alliés à la tête d’une région serait tout aussi dramatique que celle de l’arrivée du Rassemblement national”, a mis en garde la présidente sortante de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.

 

Le Monde Juif.info

Syndicats et associations ensemble pour dénoncer le projet de loi séparatisme

Maillet, Vente Aux Enchères, MarteauLes oppositions au projet de loi « confortant le respect des principes républicains », qui sera examinée dans les prochains jours par l’Assemblée nationale en deuxième lecture, n’ont pas disparu et une tribune collective écrite à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) le rappelle.

« Il est encore temps. » La tribune, publiée dans Libération mercredi 16 juin et soutenue par plus d’une centaine d’organisations et de personnalités, compte parmi ses signataires la Confédération générale du travail (CGT), la Fédération syndicale unitaire (FSU), le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat national des journalistes (SNJ-CGT), l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Lallab ou encore Emmaüs, le Secours catholique, la Cimade et ATD Quart Monde.

Dans cette tribune qui en rappelle une autre publiée en janvier par plusieurs associations et universitaires après les auditions des cultes à l’Assemblée nationale, les signataires dénoncent un texte contre-productif « qui met gravement en péril l’équilibre réalisé par les grandes lois laïques de 1882, 1901 et 1905, avec des mesures dans tous les sens, soit imprécises, soit disproportionnées, qui sont dangereuses pour les libertés publiques de toutes et tous ».

« Nous nous alarmons de ce projet qui vient encore fragmenter la société française et jette une suspicion généralisée à l’encontre des personnes de confession musulmane, comme sur toutes les associations et les citoyennes et citoyens engagés », clame-t-ils par ailleurs, incitant le gouvernement à écouter « toutes les inquiétudes exprimées, les vives critiques de la Défenseure des droits, du Conseil d’Etat, de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, du Haut conseil à la vie associative, les fortes réserves de la communauté internationale, comme dernièrement celles du rapporteur général sur la lutte contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe ».

 

« Refuser cette voie de tension et de défiance »

Évoquant la censure par le Conseil Constitutionnel de l’ex article 24 de la loi Sécurité globale, les protestataires mettent en garde contre un texte qui fait emprunter la société dans « une voie de tension et de défiance ».

Le gouvernement est aussi appelé à renoncer à l’extension de l’obligation de « neutralité politique et religieuse à des millions de salariés en dépit du droit européen qui interdit toute discrimination directe ou indirecte fondée sur la religion ou les convictions au sein des entreprises », ou encore à abandonner le « Contrat d’engagement républicain » qui « ouvre à l’arbitraire et aux contrôles abusifs par des élus locaux délégués à un pouvoir de police morale et de la pensée ».

« Ce projet de loi, s’il était adopté, porte les germes de sombres perspectives que nous refusons. Nous appelons, au contraire, à une démocratie vivante et pacifiée, à un dialogue social et civil riche de notre diversité, restant tous profondément attachés aux principes fondamentaux de notre République solidaire, démocratique et sociale et à des libertés publiques égales pour toutes et tous. »

Saphirnews

Une formation à la laïcité pour tous les enseignants ?

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a annoncé un plan de formation à la laïcité sur quatre ans pour tous les enseignants dès la rentrée de septembre.

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a annoncé un plan de formation à laConseil, École, Tableau Noir, Vide laïcité sur quatre ans pour tous les enseignants dès la rentrée de septembre, suivant ainsi les préconisations d’un rapport de l’ex-inspecteur général de l’Education Jean-Pierre Obin.

Jean-Michel Blanquer, partisan d’un encadrement plus strict de la laïcité, avait confié en février dernier à Jean-Pierre Obin une mission destinée à harmoniser et améliorer la formation à la laïcité des enseignants et chefs d’établissements.

“Après avoir pris connaissance des nombreuses recommandations formulées dans ce rapport, Jean-Michel Blanquer a annoncé lundi soir à M. Obin qu’il reprenait les principales propositions et qu’il les intégrerait au sein d’un ambitieux plan de formation initiale et continue, lancé dès la rentrée de septembre et appelé à se déployer sur 4 ans”, écrit le ministère dans un communiqué.

Dès la rentrée, “1.000 formateurs issus de toutes les académies et de tous les départements vont bénéficier d’une formation renforcée et intensive” (…) Ce réseau de formateurs organisera ensuite les formations dans chaque école, collège ou lycée, à destination de tous les personnels, quel que soit leur statut”, poursuit la rue de Grenelle.

A partir de cet été, le ministère évoque également un “référentiel commun de compétences et de contenus pour la formation à la laïcité”.

Les enseignants demandent une réponse claire et simple sur la définition de la laïcité

Après trois mois de travail auprès d’enseignants de tous niveaux, de chefs d’établissements, de directeurs d’école ou d’inspecteurs, Jean-Pierre Obin constate dans son rapport d’étape une “blessure encore ouverte que constitue toujours pour les enseignants l’assassinat de leur collègue Samuel Paty” et “leur peur aujourd’hui face à certains de leurs élèves – ou de leurs parents”.

Il note aussi “la souffrance intime qui naît de leur honte d’avoir peur et d’avoir parfois renoncé à réagir à certains propos ou à enseigner une partie de leur programme”.

Selon M. Obin “sur le terrain”, un certain “désarroi domine”. “Un désarroi le plus souvent feutré, rentré et qui s’exprime rarement par des déclarations passionnées ou de la colère”, souligne l’ex-inspecteur.

“Les enseignants interrogés demandent de la cohérence, c’est-à-dire entendre de leurs responsables et de leurs formateurs des définitions identiques, simples et claires de la laïcité et des valeurs de la République”, explique à l’AFP Jean-Pierre Obin.

Un nouveau rapport, dressant les constats de ces actions sera rendu au ministre de l’Education “en décembre”, selon M. Obin.

 

AFP

Rav 2.0 et la venue du Machia’h

tamud page - talmud photos et images de collectionLes groupes religieux dont les rabbins, furent réticents au départ à l’idée de recourir à Internet, par crainte d’y côtoyer des sites de moralité douteuse et d’y égarer de pieux fidèles. Depuis, rabbins traditionnalistes comme progressistes ont compris qu’Internet est une occasion unique pour proclamer le discours juif, propager des idées et affirmer l’identité juive. Ces dernières années et en particulier depuis la crise du Covid, des rabbins investissent Youtube pour alerter sur la fin du cycle actuel, sur fond de scénarios chaotiques, afin de prévenir les fidèles sur l’imminente arrivée du Machia’h qui représente l’un des principes fondamentaux de la foi juive. Selon la tradition juive, tous les signes sont là pour hâter l’arrivée du Machia’h. Dans cette perspective, les rabbins 2.0 enjoignent les fidèles juifs à faire notamment téchouva (se repentir) immédiatement, et prédisent alors que la Rédemption serait immédiate.

 

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Fatima Achouri

Allemagne : une formation pour les imams soutenue par les pouvoirs publics

  Pour tenter de restreindre le nombre d’”imams importés”, l’Allemagne lance la première formation professionnelle de cadres religieux soutenue par l’Etat mais l’initiative reste contestée en raison du manque de participation des principales organisations turques.

Une quarantaine de futurs responsables musulmans du culte, hommes et femmes, entament un cursus de deux ans dispensé par le Collège de l’islam à Osnabrück, dans le nord-ouest du pays. Les premiers cours se sont déroulés lundi parmi les 12000 volumes de la vaste bibliothèque acquise en Egypte et l’inauguration officielle se tient mardi.

Ouverte aux titulaires d’un bachelor en théologie islamique ou d’un diplôme équivalent, la formation propose des apprentissages jalonnés par des stages et axés sur la pratique : récitation des versets du Coran, techniques de la prédication, pratiques cultuelles ou encore éducation politique. Dans un pays qui compte entre 5,3 et 5,6 millions de musulmans – entre 6,4 et 6,7 % de la population – et ne cesse de s’interroger sur la place de l’islam, l’État fédéral et le Land de Basse-Saxe notamment soutiennent financièrement le programme.

Des enseignements exclusivement en allemand

Une première appelée de ses voeux par la chancelière Angela Merkel qui dès 2018 s’était prononcée devant les députés en faveur d’une formation des imams. “Cela nous rendra plus indépendants et cela est nécessaire pour l’avenir”, avait-elle justifié. L’apprentissage “se distingue par deux particularités : nous voulons refléter la réalité de la vie des musulmans en Allemagne et les enseignements se déroulent exclusivement en allemand”, explique à l’AFP Esnif Begic, qui préside le Collège de l’islam.

“Nous sommes des musulmans allemands, nous faisons partie intégrante de la société et nous avons maintenant la possibilité de devenir des imams made in Germany“, renchérit l’un des étudiants, Ender Cetin, qui officie déjà bénévolement comme imam dans une prison pour jeunes de Berlin.

Jusqu’à présent, l’immense majorité des imams en Allemagne sont détachés par des pays musulmans, en particulier par la Turquie, formés et payés par leur Etat d’origine. Ainsi, la moitié environ des 2 000 à 2 500 imams appartiennent à l’organisation turque DITIB, directement dépendante du ministère turc du Culte, et qui gère 986 communautés locales, selon une étude de la Fondation Konrad Adenauer. Pour les autres, 80 % à 90 % sont envoyés d’Afrique du Nord, d’Albanie ou de l’ex-Yougoslavie, selon la même source.

Influence de la Turquie

La plupart du temps, ces responsables du culte viennent en Allemagne pour quatre ou cinq ans, certains avec des visas touristiques, et sont étrangers au contexte culturel et social local. “Ces imams ne parlent pas la langue des jeunes qui eux-même souvent ne comprennent pas toujours bien le turc”, résume ainsi M. Cetin, fils d’immigrés turcs, né à Berlin. “Or c’est important qu’ils soient en lien avec les réalités d’une société multi-culturelle où se côtoient des chrétiens, des juifs, des athées, des musulmans”.

En outre, certains cadres religieux, qui sont des fonctionnaires de l’Etat turc, “poursuivent un ordre du jour” politique ici, selon lui. La question de l’influence exercée par Ankara revient en effet régulièrement au centre des débats, notamment depuis le putsch manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016. En 2017, la justice allemande avait soupçonné quatre imams membres du DITIB, d’avoir espionné des opposants ou critiques du pouvoir turc.

Une profession mal payée

Mais la formation d’imams soutenue financièrement par l’Etat suscite aussi des critiques car elle se heurte au principe selon lequel les communautés religieuses sont seules habilitées à former leur personnel. Ainsi ni le DITIB, ni Milli Görus, la deuxième communauté religieuse islamique la plus importante, n’ont participé à la création de l’institut d’Osnabrück, le DITIB ayant même lancé sa propre formation en Allemagne l’an dernier. Pour Milli Görus, la formation d’imams ou d’aumôniers “doit être exempte d’influences extérieures, notamment politiques”, selon son secrétaire général Bekir Altas.

Mais le président du Collège de l’islam assure qu’il n’y a eu “absolument aucune prise d’influence de l’Etat qui ne s’est pas immiscé dans l’élaboration des programmes”. Reste l’épineuse question des débouchés. Car la profession d’imam reste à l’heure actuelle mal payée, dépendante des dons des fidèles. “Nous ne sommes pas une agence pour l’emploi” chargée de trouver des postes aux étudiants, prévient d’ailleurs Esnif Begic.

 

AFP

Canada : Justin Trudeau dénonce « un attentat terroriste » contre les musulmans à London

L’émotion est forte au Canada après l’attaque à la voiture-bélier qui a visé une famille musulmane de London, dans l’Ontario, dimanche 6 juin. Le Premier ministre a dénoncé « un attentat terroriste », estimant que ce terrible acte islamophobe n’est « malheureusement pas un cas isolé ».

Femmes, Marché, Voilée, Jordan, AkabaLa disparition, dans des circonstances tragiques, d’une famille musulmane* endeuille le Canada, au-delà des communautés musulmanes. Cinq membres de cette famille ont été fauchés par un pick-up dimanche 6 juin alors qu’elle faisait sa promenade du soir. Un acte clairement « prémédité » et « ciblé » en raison de l’appartenance religieuse des personnes pour la police, qui a arrêté le conducteur peu de temps après les faits.

Une veillée funèbre est organisée, mardi 8 juin, à la mosquée musulmane de London que la famille fréquentait. Un événement pour lequel le Premier ministre Justin Trudeau va faire le déplacement en signe de solidarité, de même que des dirigeants et des personnalités de divers partis politiques canadiens, unanimes pour condamner l’attaque islamophobe.

 

« Malheureusement pas un cas isolé »

Avant sa venue, le chef du gouvernement a qualifié l’attaque de « terroriste » à la Chambre des communes, où s’est tenue une minute de silence en hommage aux victimes. « Leurs vies ont été emportées dans un acte de violence brutal, lâche et éhonté. Ce meurtre n’était pas un accident. Il s’agissait d’un attentat terroriste, motivé par la haine, au cœur d’une de nos communautés », a-t-il signifié.

«​ Ce n’est malheureusement pas un cas isolé », a-t-il aussi déclaré, en évoquant l’attentat à la mosquée de Québec mais aussi le meurtre d’un fidèle devant une mosquée de Toronto en septembre 2020 et les attaques contre les musulmanes noires portant le voile à Edmonton en mars 2021. « On ne doit pas s’habituer à cette violence. On ne doit pas se laisser désensibiliser. On ne peut pas accepter que ça devienne normal. Chaque fois qu’on est témoin de cette haine, on doit la dénoncer. »

Selon des éléments communiqués par la famille, le père décédé, 46 ans, était physiothérapeute. Son épouse, 44 ans, préparait son doctorat en génie civil à l’Université Western. Leur fille de 15 ans était à l’école secondaire tandis que la grand-mère paternel, 74 ans, était considéré comme « un pilier » de la famille, peut-on lire sur une page de collecte de fond qui a recueilli plus de 330 000 dollars (225 000 €). Le seul survivant de l’attaque est le jeune enfant du couple, âgé de 9 ans, grièvement blessé.*

« Nous devons comprendre que la destruction d’une famille d’une manière aussi brutale et horrible est une chose contre laquelle nous devons tous nous dresser », a fait savoir la famille. « Nous devons nous opposer à la haine et à l’islamophobie et sensibiliser nos communautés et l’ensemble du spectre politique. »

*La famille a lancé un appel au grand public à ne pas diffuser les identités et les photos de famille sur les réseaux sociaux. Saphirnews respectera ce choix.

Saphirnews