A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

Selon un sondage, 42 % des musulmans de France disent avoir été discriminés à cause de leur religion

Malgré la difficulté d’isoler les causes du racisme, les musulmans le subissent plus que le reste de la population, selon l’IFOP.

Malgré la difficulté d’isoler les causes du racisme, les musulmans de France le subissent de plein fouet, bien plus que le reste de la population. C’est la conclusion, sans appel, d’un récent sondage IFOP commandé par le gouvernement et la Fondation Jean Jaurès, publié mercredi dans Le Parisien.

Selon cette étude réalisée pour la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), 42 % des musulmans vivant en France affirment avoir fait l’objet d’au moins une forme de discrimination liée à leur religion, et ce au moins une fois au cours de leur vie.

60 % des femmes portant souvent le voile ont été discriminées au moins une fois au cours de leur vie, et 37 % d’entre elles ont été exposées à des insultes ou des injures à caractère diffamatoire. Mais 44 % des femmes qui ne portent jamais le voile l’ont aussi été. Quoi qu’il en soit, les femmes sont nettement plus victimes de discrimination dans la recherche d’un emploi, notamment les femmes voilées.

Selon Ismail Ferhat, de la Fondation Jean Jaurès, « le constat est inquiétant : il signifie que les musulmanes cumulent discriminations genrées et religieuses, une logique cumulée qui prend probablement sa racine, au moins partiellement, dans les polémiques incessantes sur le foulard. Ceci est confirmé dans l’enquête. »

Les discriminations vécues par les musulmans de France sont vécues « lors d’un contrôle » de police (13 %), « lors de la recherche d’un emploi » (17 %) ou encore d’un logement (14 %). L’étude relève également que les discriminations touchent davantage les personnes de 30 à 40 ans et les femmes (46 %, contre 38 % chez les hommes).

Près d’un musulman sur cinq a déjà été discriminé lors de la recherche d’un emploi

Dans son analyse de l’étude, François Kraus, directeur du pôle politique et actualités de l’IFOP, écrit que « l’observation des pratiques discriminantes vis-à-vis de cette minorité repose aujourd’hui avant tout sur les témoignages individuels recueillis par les instances de lutte contre la discrimination ou par des associations comme le CFCM ou le CCIF », qui ne permettent pas d’objectiver le phénomène. Cette étude, écrit-t-il, vise donc à combler ce manque.

Ce sondage a été réalisé par interview au téléphone, du 26 août au 18 septembre, c’est-à-dire avant la dernière polémique sur le voile et, surtout, note François Kraus, avant l’attaque de la préfecture de police de Paris. L’IFOP a constitué un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population de religion musulmane (personne s’identifiant elle-même comme musulmane) âgée de 15 ans et plus.

Parce qu’il n’existe pas de données statistiques qui permettraient de déterminer ce que serait un échantillon représentatif des musulmans de France, l’IFOP a déterminé des quotas à partir d’une étude IFOP – Institut Montaigne réalisée au printemps 2016 auprès d’un échantillon de 15 459 personnes. L’institut de sondage a également réalisé un « échantillon témoin » de 962 personnes non musulmanes.

Des agressions verbales et physiques surreprésentées

Dans son analyse, François Kraus, qui a mené l’étude pour l’IFOP, écrit que « si racisme et discriminations forment un continuum inextricable d’un même phénomène, il s’avère également important d’en mesurer la partie immergée de l’iceberg à travers l’évaluation des agressions, dont les musulmans peuvent directement faire l’objet. Or, au regard de ces résultats, il apparaît que leur ampleur est aussi nettement plus grande que pour le reste de la population. »

Selon cette étude, un musulman sur quatre (24 %) a été exposé à une agression verbale au cours de sa vie, contre 9 % chez les non-musulmans. En outre, 7 % de musulmans ont fait l’objet d’agressions physiques (contre 3 % dans le reste de la population).

Si l’on ne prend que la période des cinq dernières années, 40 % des musulmans estiment avoir fait l’objet de comportements racistes (contre 17 % chez les non-musulmans). Parmi eux pour 16 %, cela était dû à la religion, et pour 15 %, à leur couleur de peau.

Pour François Kraus, « les violences verbales, physiques ou symboliques qui affectent la plupart des musulmans ne se réduisent pas au rejet de leur confession mais aussi d’autres facteurs comme le racisme, la xénophobie, l’âgisme ou le classisme. L’enchevêtrement des représentations négatives de l’Islam, notamment autour des enjeux liés au terrorisme, au féminisme et à l’immigration, oblige notamment à prendre en compte la dimension intersectionnelle des phénomènes de rejet dont ces adeptes sont l’objet. En cela, l’ampleur des agressions tous motifs confondus qui affectent les musulmans vivant en France ne peut se réduire uniquement à celles liées à leur religion. »

Le Monde.fr

Macron va inaugurer mardi le Centre européen du judaïsme à Paris

Emmanuel Macron inaugure mardi soir à Paris le nouveau Centre européen du judaïsme (CEJ), vaste ensemble culturel et religieux qui se veut un «lieu d’échanges» et une «vitrine du judaïsme européen».

Le président de la République inaugure à partir de 18h30 les 5000 m2 de bâtiments situés dans le XVIIe arrondissement, et comprenant notamment une synagogue de 600 places, des salles de spectacle et d’exposition, des espaces d’études et de conférences ainsi qu’une médiathèque.

«Ce sera d’abord un lieu d’ouverture et d’échanges, qui permettra, au-delà de l’aspect religieux, de mieux connaître l’histoire, les fêtes, la culture, et toutes les nuances et sensibilités qui font les richesses de la communauté juive française», a affirmé à l’AFP Joël Mergui, président du Consistoire, l’instance représentative du judaïsme. Le projet «a pour ambition d’être le plus grand centre culturel du judaïsme en Europe», rappelle l’Elysée.

Joël Mergui, qui porte ce projet depuis plus de dix ans, espère en faire une «vitrine du judaïsme européen», ce qui sera un atout dans la «lutte contre l’antisémitisme» après «les années troubles de 2012 et 2015» – avec l’attentat perpétré par Mohamed Merah dans une école juive à Toulouse en 2012, et la prise d’otages de l’Hyper Cacher dans l’Est parisien en 2015.

L’inauguration se fera en présence notamment de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et de la maire de Paris Anne Hidalgo. «Tous les représentants des cultes sont invités», a ajouté Joël Mergui.

Evaluée à un peu moins de 500.000 personnes, la communauté juive française est de très loin la première d’Europe.

 

Le Figaro- AFP

Laïcité : « Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire », dixit Macron

A l’heure où des élus réclament de nouvelles lois d’interdiction du voile en France, Emmanuel Macron, en voyage officiel à La Réunion, a affirmé que « le port du voile dans l’espace public n’est pas (son) affaire », au nom de la laïcité, lors d’une interview accordée à Réunion la 1ère et à Antenne Réunion jeudi 24 octobre.

A la question d’un journaliste « Le port du voile est-il « souhaitable » dans l’espace public ? » (qui rappelle les termes mêmes du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer) posé au chef de l’Etat, la réponse de ce dernier est direct.

« Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. C’est ça la laïcité », a-t-il balayé. Et d’ajouter : « Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire. C’est ça la laïcité. »

« Quand on est dans un espace où le service public est rendu, il y a un devoir de neutralité des agents. Quand on éduque nos enfants – et c’est pour ça que ça vaut pour l’école maternelle, l’école, le collège, le lycée, et pas pour l’université -, on demande à ceux qui les éduquent, comme aux enfants, de ne pas avoir de signes religieux », a ainsi précisé le président de la République.

Il n’a pas évoqué à cette occasion le cas des accompagnateurs et accompagnatrices scolaires sur lequel, rappelons-le, le Conseil d’Etat a tranché contre l’interdiction du port des signes religieux.Toutefois, le Premier ministre Edouard Philippe avait rappelé, le 15 octobre, la ligne de son gouvernement en la matière, à savoir celui de dire non à une nouvelle loi d’interdiction visant les parents lors de sorties avec l’école.

Emmanuel Macron, qui a dénoncé, en coulisses, les amalgames et jugé « irresponsable de stigmatiser une partie de la communauté nationale » quelques jours plus tôt, a fustigé « le débat qui consiste à ne stigmatiser qu’un seul signe religieux », ce qu’il « n’aime pas ». « Ce qu’il se passe dans l’espace public, ce n’est pas l’affaire de l’État et du président de la République. La laïcité, ça n’est pas cela », a-t-il répété, rappelant l’une des principes fondamentaux de la loi de 1905, celui de « permettre (à chaque citoyen) de croire et de ne pas croire librement ».


Un président intraitable contre le communautarisme

Emmanuel Macron a aussi martelé l’importance de lutter contre le communautarisme. « Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes, citoyens français, qui disent : « De par ma religion, je n’adhère plus aux valeurs de la République » », a-t-il indiqué. « Le voile, aujourd’hui, est utilisé dans certains quartiers, est utilisé dans certaines circonstances, par certains – qui ne sont pas majoritaires -, comme un élément de revendication, et comme un des instruments ou des signaux d’une forme de séparatisme dans la République, de ce qu’on appelle un communautarisme », a indiqué le président.

« Ça (le séparatisme), c’est un problème pour moi. (…) Et dans ce cas-là, j’ai un problème avec l’utilisation, la revendication, en quelque sorte, qui devient politique, de ce séparatisme. Si on confond les sujets, à ce moment-là on se met en situation de ne pas pouvoir véritablement régler le cœur du problème qu’à la République française, qui est le communautarisme », a-t-il appuyé.

Un grand discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité est attendu dans les prochaines semaines mais il en a esquissé des lignes directrices depuis l’île de La Réunion. « Ce sont des débats importants, il faut les avoir sans que ce soit une réponse à une provocation d’un élu du RN ou à l’humiliation de qui que ce soit », a déclaré le chef de l’Etat lors de son déplacement à Mayotte mardi 22 octobre, promettant de revenir sur le débat autour de la laïcité « de manière apaisée quand je considérerai que c’est le bon moment ». « On a parfois tendance à confondre le débat sur la laïcité qui a un cadre, celui de 1905, et la question de l’islam », avait-il ajouté. Pour lui, « ce qui est important, c’est que notre pays ne se divise pas ».

Saphirnews

Plus de 60 morts dans un attentat contre une mosquée en Afghanistan

Vendredi noir dans le district d’Haska Mina, dans l’est de l’Afghanistan. Au moins 62 personnes ont été tuées dans une attaque perpétrée contre une mosquée du village de Jaw Dara, en pleine prière hebdomadaire vendredi 18 octobre.

Selon le porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, Attaullah Khogyani, « des explosifs qui avaient été placés à l’intérieur de la mosquée ont été déclenchés », a-t-il affirmé. Selon des témoignages rapportés par l’AFP, le toit du lieu de culte s’est effondré sur les fidèles, au nombre d’environ 350 ce vendredi sur les 700 que peut contenir la mosquée.

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué est le plus meurtrier de l’année en Afghanistan, après celui qui avait fait 91 morts en août lors d’un mariage à Kaboul, revendiqué cette fois par l’Etat islamique.

La veille de l’attaque, un rapport de la Mission de l’ONU en Afghanistan (Manua) a déploré 1 174 morts et 3 139 blessés entre le 1er juillet et le 30 septembre 2019, un nombre de victimes « sans précédent » en un trimestre depuis plus d’une décennie. « Tuer de la sorte autant de civils en pleine prière est un crime de guerre », a dénoncé Amnesty International, déplorant une « escalade » de la violence en Afghanistan dont les premières victimes sont les civils.

 

Saphirnews

Fiche « détection » à la radicalisation : quand l’Université de Cergy-Pontoise déraille

Fiche « détection » à la radicalisation : quand l'Université de Cergy-Pontoise déraille

 

A la direction de l’Université de Cergy-Pontoise (UCP), on a bel et bien déraillé au nom de « la vigilance ». Clément Carbonnier, professeur d’économie à l’UCP, a dénoncé publiquement un email envoyé à tous les personnels de l’université, lundi 14 octobre, les invitant à remonter les « signaux faibles » de la radicalisation. « J’ai honte », a-t-il écrit sur son compte Twitter en reprenant quelques critères qui devraient « alerter » selon le mail reçu.

« Bonjour, il existe deux types de menaces d’attaques terroristes : la menace exogène liée à des individus extérieurs à la structure (type Bataclan) ; et la menace endogène où c’est un ou plusieurs individus appartenant à la structure qui commettent les attentats (type Préfecture de police) », lit-on dans le mail en question provenant du « référent radicalisation » qui dirige également la direction de l’Hygiène, de la Sécurité et de l’Environnement de l’établissement universitaire.

Souhaitant attirer l’attention des enseignants et des personnels de l’université sur la « menace endogène », l’auteur du mail a fourni en pièce jointe un tableau à remplir pour signaler les comportements suspects d’un « étudiant ou collègue ».

Le tableau comporte trois volets qui complète l’identité d’une personne suspectée. Les « signaux de rupture » incluent la rupture familiale, sociale et scolaire/professionnelle, dont l’« absentéisme récurrent aux heures de prière et le vendredi ». Les « phénomènes d’isolement » et de « remise en cause » figurent également dans cette première catégorie.

La fiche appelle aussi à relever les « signaux d’appartenance », à l’instar du « changement de tenue vestimentaire », comme le « port d’une djellaba » ou d’un « pantalon dont les jambes s’arrentent à mi-molets », le « port de la barbe sans moustache », l’« arrêt de consommation de boissons alcoolisées » ou de « nourriture à base de porc », le changement des comportements avec les femmes et l’« intérêt soudain pour l’actualité nationale et internationale » ainsi que pour « la religion ».

Le troisième volet concerne les « signaux inquiétants liés au comportement d’une personne connue », incluant les « phénomènes d’acculturation » dont la « fréquentation d’individus radicalisés » et de l’« apprentissage intense de nouvelles pratiques « religieuses » » ; et la « légitimation de la violence ou d’une idéologie ».

Mieux encore dans la bêtise, la case « dissimulation des signaux faibles » peut aussi être cochée. Une véritable fichage de la honte d’autant qu’il cible uniquement les personnes de confession musulmane sur la base de « signes » ne disant absolument rien de l’état de l’individu.

 

Les excuses de l’université, la réaction de sa ministre de tutelle

A peine dévoilé au grand public, le tollé est immediat. Le président de l’UCP, François Germinet, a estimé qu’il s’agissait d’une « maladresse » de la part de l’auteur, qui a pris seul cette initiative. « Je ne l’accable pas. Il a cru bien faire, car beaucoup de personnels viennent le voir pour lui demander quoi faire s’ils sont témoins de tels comportements », a expliqué François Germinet, avant de s’excuser « publiquement auprès des personnes qui ont été blessées ».

Par ailleurs, le président de l’UCP a rédigé un rectificatif dès qu’il a eu connaissance de l’email. « Nous souhaitons lever toute ambiguïté quant à son objet. La démarche de l’établissement consistait à apporter une assistance aux personnes qui peuvent être touchées par ces phénomènes et, en aucun cas, organiser un système d’alerte », plaide l’université.

Elle dit regretter « d’avoir pu heurter ou choquer certaines personnes au sein de l’université et à l’extérieur par une formulation inappropriée et source d’incompréhension » avant de présenter « ses excuses ».

L’UCP a rappelé qu’elle « a toujours été une université de la diversité, porteuse de valeurs de tolérance et d’ouverture ». Son président a d’ailleurs ajouté que, « quand un débat national s’ouvre sur le voile à l’université, (il est) le premier à monter au créneau pour demander de (les) laisser tranquilles ».

« Je désapprouve la « fiche de remontée de signaux faibles », justement retirée par l’@UniversiteCergy. Si la lutte contre la radicalisation appelle la vigilance de chacun, ce combat ne sera jamais gagnant s’il s’appuie sur des préjugés et des caricatures », a réagi la ministre de l’Enseignement supérieure, Frédérique Vidal.

Cette affaire intervient plusieurs jours après le discours du président de la République appelant la société à la « vigilance » mais aussi des propos de son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner sur les « signes de radicalisation » à relever.

Saphirnews

Hydre islamiste ou opportunisme électoral ?

Suite au récent attentat perpétré par Mickaël Harpon présenté comme un converti à l’islam en 2009 et radicalisé depuis 2015 parce qu’il n’était pas notamment « Charlie », la France est passée en vigilance écarlate vis-à-vis de la menace islamiste. Il faut dixit le président Macron « appeler à une société de vigilance pour faire bloc contre l’hydre islamiste en demandant à chaque citoyen de signaler des comportements suspects ». Cette fois, l’heure est grave, car l’attentat a été commis au coeur du renseignement français et a fait quatre victimes et une blessée. L’ère du soupçon déjà présente au sein de la société française à l’égard du musulman, a été ravivée par les propos du président Macron lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attaque de la préfecture le huit octobre dernier.

Depuis, c’est la confusion qui règne au sein des services chargés entre autres de la sécurité du territoire, où chacun est appelé à dénoncer toute personne qui montrerait des signes de radicalisation. Évidemment, personne n’est formé pour ce genre de situation inédite et, bien incapable de désigner formellement un individu radicalisé. Nous entendons ici ou là dans les médias parler de musulman potentiellement radicalisé en termes de signaux faibles ou de signaux forts, mais qu’en est-il ?  Si, par malheur vous êtes récemment converti, si vous êtes basané avec une barbe, si vous refusez de serrer la main à une femme, si vous priez au travail, si vous vous rendez à la mosquée en kamis (vêtement traditionnel masculin) ou si vous vous « réjouissez » d’un attentat islamiste, vous présentez tous les symptômes de la radicalisation, qu’un de vos collègues ou plusieurs, c’est dans l’ère du temps, ira dénoncer auprès de votre hiérarchie.

Être musulman serait-il devenu un mauvais choix de vie en France ? Nous sommes en droit de nous poser la question de façon inquiétante car, pendant que certains médias se déchaînent sur l’amalgame entre islamisme et islam, voile et soumission, musulman et jihadiste…, des responsables politiques jettent de l’huile sur le feu pour attiser les tensions communautaires. En vue des prochaines élections municipales, les vannes de la stigmatisation sont grandes ouvertes et les temps sont troubles pour les musulmans, en particulier ceux « d’apparence » pour reprendre l’expression de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était à la tête de l’État français. Sur le terrain de la stigmatisation voire de l’humiliation, est-il nécessaire de rappeler que les femmes voilées en sont les premières victimes dans l’indifférence la plus totale et que leurs agresseurs restent souvent impunis. Elles sont soumises à des dressages de corps où il est question de les intimer à abandonner leur voile signe d’une époque rétrograde selon leurs détracteurs. Situation révoltante, leur parole est toujours désappropriée au profit des mêmes sur les plateaux télé, très virulents pour ne pas dire les chantres d’une laïcité radicale. À qui profite tout cela ? Certainement pas aux musulmans car, quel besoin y a-t-il à vouloir nous faire croire qu’à travers cette tragédie, c’est l’islamisme radical qui menace l’ordre républicain. La volonté d’interpréter ces événements sous cet angle, revient à stigmatiser toujours les mêmes, en semant dans l’inconscient collectif un doute inacceptable et à moitié avoué lorsqu’implicitement, on attend de la part des musulmans une invisibilité alors qu’ils sont citoyens français.

En effet, la grande majorité des musulmans vit sa foi paisiblement dans un État laïc tirant profit de son cadre institutionnel et juridique sans avoir le sentiment de rompre avec l’islam et ses préceptes cultuels. L’islamisme n’est pas l’islam, il en est sa corruption. Il représente une idéologie véhiculée par des individus animés par le pouvoir, qui en tirent sa substance dans la confusion du religieux et du politique. Musulmans de France anciennement UOIF, d’obédience Frères musulmans, ne représente aucunement  la grande majorité des musulmans en France qui ne veulent, ni d’une charia, ni d’un califat.

Plutôt que de persister à brandir la menace islamiste, peut-être faudrait-il s’attacher à en comprendre les causes et l’attirance pour l’islam radical de personnes nées en France et souvent jeunes. La France est malade d’un vide religieux, d’un vide de sens, d’un affaiblissement de ses institutions et d’une absence de récit commun, qui jettent de jour en jour de plus en plus d’individus dans les mailles du radicalisme musulman dont le programme cristallise le rejet de l’Occident, enfonçant un peu plus le clou du fameux choc des civilisations, tant désiré par ses promoteurs. Par ailleurs, il n’y aura une véritable reconnaissance et acceptation de l’islam que lorsque le cercle du trouble et de l’amalgame sera rompu, permettant d’entrevoir enfin les musulmans pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes, d’horizons diverses et variés, qui aspirent à vivre sereinement leur foi en accord avec les lois de la République, et non comme c’est le cas depuis des décennies, d’être perçus dans une France périphérique comme des « sous-Français» dont on attend qu’ils adhèrent avec plus de ferveur à un pacte républicain auquel ils ne croient plus.

Notre société est en crise et le combat majeur se situe avant tout sur le terrain social et économique. Car, expliquer l’intérêt des études à des jeunes en situation de violence sociale, dont les parents vivent dans la précarité et qui voient leurs aînés, même les plus diplômés, discriminés sur le terrain de l’emploi, sera un défi difficile à relever. Quarante années de politiques déficientes en matière d’intégration, menées aussi bien par la gauche que par la droite, ne pourront pas être comblées par des discours de stigmatisation à l’endroit des musulmans. Dans un tel contexte, les jeunes et moins jeunes sont en permanence rappelés à leur origine, assignés à être arabes ou musulmans même lorsque ces référents n’expliquent plus leurs comportements quotidiens. Les vexations quotidiennes (dans la recherche d’un emploi ou d’un logement, de démarches administratives…), envers leurs parents hier, et envers eux aujourd’hui, ne seront pas réglées en brandissant l’hydre islamiste comme menace, islamisme dont par ailleurs certains politiques se sont accommodés durant des années ; les mêmes qui aujourd’hui le pointent  comme un problème prioritaire en France.

Le récent attentat à la préfecture de Paris a été révélateur du fossé entre la classe politique et le citoyen musulman qui se creuse davantage. En effet, peu se sont sentis concernés malgré une énième injonction illégitime de se désolidariser de cette tragédie.  Ils restent muets, en dehors du champ social, car leur liberté d’expression, à commencer par leur droit le plus fondamental, celui d’avoir un travail ou un environnement de vie décent, est depuis trop longtemps resté bafoué, et leurs revendications multiples inaudibles aux yeux de la classe politique. Ils ont perçu l’attentat commis par Mickaël Harpon comme un énième blang seing attribué aux médias et à certains politiques pour douter de leur citoyenneté et dévoyer sans retenue leur foi.

Il est fondamental qu’une prise de conscience ait lieu si l’on veut envisager des pistes afin de réduire les effets pervers de  cette islamophobie ambiante car le climat de haine qui en découlera n’apportera rien de positif à personne. La France se trouve confrontée à deux crises majeures, sur le terrain socio-économique et sur le terrain religieux. Tous les ingrédients sont réunis pour attiser les tensions et raviver des périodes sombres de l’histoire avec, cette fois, le musulman tout désigné comme bouc-émissaire. Et si cette situation de crises multiples donnait raison aux tenants de la théorie de la fin des temps, nous dirions alors que notre société vit son âge de dégénérescence.

 

Fatima Achouri

Deux policiers soupçonnés de radicalisation désarmés après la tuerie à la préfecture

En poste en région parisienne, ils sont soupçonnés de radicalisation. La psychose gagne les rangs policiers.

C’est l’une des répliques de l’affaire Mickaël Harpon. Après le traumatisme provoqué par l’absence de détection du tueur de la préfecture de police de Paris (PP), une certaine psychose gagne les rangs des policiers : et si d’autres collègues en poste cachaient leur radicalisation pour passer à l’acte le moment propice? Une interrogation qui peut vite tourner à la paranoïa. Selon nos informations, les signalements se multiplient depuis l’attentat et deux policiers de la région parisienne ont d’ores et déjà été « désarmés ». L’un d’eux a été suspendu à titre provisoire.

C’est que la préfecture de police, frappée au sein de son sanctuaire de la direction du renseignement, a haussé le ton. Dans une note du 7 octobre, Didier Lallement, le préfet de police, appelle les directeurs de service « à signaler immédiatement à [leur] hiérarchie les signes d’une possible radicalisation d’un agent ». Et de citer comme indices : « les changements vestimentaires et alimentaires, le refus de serrer la main du personnel féminin, un repli sur soi, le rejet de l’autorité »… « Cette note a mis le feu aux poudres, témoigne un policier parisien. À la DOPC, une des directions de la PP, des policiers ont voulu signaler un gardien de la paix car il ne faisait plus la bise aux filles alors qu’il n’est pas même pas musulman. C’était plus de la misogynie. »

Suspendu « par principe de précaution »

Deux cas ont déjà fait l’objet d’un processus disciplinaire. De sources concordantes, il s’agit d’abord d’un capitaine de police affecté à la brigade d’exécution des décisions de justice, un service de la PJ parisienne chargée de traquer les fugitifs. Âgé de 39 ans, ce chef de groupe a été prié de rendre son arme de service ce jeudi matin et a été suspendu « par principe de précaution ». Le comportement de cet officier avait été signalé dès 2011 après qu’il a contracté un mariage avec une avocate de confession musulmane. Selon ses collègues, il s’ostracise, se laisse pousser la barbe, refuse tout contact avec le personnel féminin et s’épanche de plus en plus sur la religion. Il s’adonne aussi à la prière au bureau.

Une enquête administrative et de sécurité est alors diligentée par l’Inspection générale de la police nationale et la Direction du renseignement de la PP. Celle-ci conclut que l’agent est certes religieux, mais pas radicalisé. En 2018, le policier est transféré sur un poste moins opérationnel mais néanmoins sensible : il a en charge le Fijait, le fichier qui recense les auteurs d’infractions terroristes. Plus aucune alerte n’est émise. Au contraire, le fonctionnaire, séparé depuis de son épouse, s’est rasé la barbe et ne semble plus aussi isolé. Mais à la lumière de la tuerie de la PP, ses collègues s’inquiètent d’une possible « taqiya », une technique de dissimulation prônée par les islamistes, et le signalent. Les autorités préfèrent jouer la prudence. Sa suspension laisse dubitative certains policiers, d’autant que ses méthodes de management jugées trop rudes avaient été critiquées en interne. C’est sur son cas qu’a été interrogé Christophe Castaner, ce jeudi matin, par la commission des lois du Sénat.

Le second policier désarmé cette semaine est un gardien de la paix en poste au commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Il n’a pas été suspendu à ce stade. Âgé de 34 ans, ce converti avait déjà été révoqué de la police en septembre 2018, une sanction contestée et annulée en début d’année par le tribunal administratif. Son comportement avait été jugé prosélyte et sectaire : il incitait les jeunes adjoints de sécurité à faire la prière et refusait les contacts avec les femmes. Il avait par ailleurs croisé l’auteur de l’attaque contre des militaires de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret en 2017 et avait prêté son arme et son badge police à un ami du terroriste à l’occasion d’une photo. Ce qui lui a valu d’être entendu comme témoin à la sous-direction antiterroriste.

« C’était une photo qui devait rester dans un cadre personnel. J’ai fait une bêtise, je ne voyais pas le mal sur l’instant », a déclaré le jeune policier à l’IGPN en décembre 2017, expliquant n’avoir « aucun lien » avec le terroriste. Quant à son attitude avec les collègues féminines, il a expliqué que c’était « par pudeur » car il s’était marié. Ses discussions sur l’islam ? « Elles étaient souvent liées à l’actualité. »

« Personne n’a été formé »

Comme après chaque attentat, une hausse des appels a été enregistrée sur le numéro vert pour signaler un proche radicalisé (CNAPR). Mais, fait nouveau lié à la tuerie la PP, des signalements de fonctionnaires ont aussi été observés. « La vigilance doit s’appliquer et il est nécessaire de détecter les effectifs radicalisés. Mais il faut le faire avec sans-froid, rigueur, sans tomber dans la chasse aux sorcières », prévient Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du syndicat des cadres de la sécurité intérieure.

« Le problème, ajoute David Le Bars, secrétaire général des commissaires de la police nationale, c’est que personne n’a été formé aux signes de la radicalisation et on manque de connaissance sur l’islam. Il y a un risque de signalements intempestifs mais au moins on y verra plus clair. »

Le Parisien

Ouïgours : Washington accentue la pression sur Pékin

Les Etats-Unis ont annoncé des « restrictions de visas » à des responsables chinois accusés d’être responsables d’une « campagne de répression » contre les musulmans ouïgours au Xinjiang.

Après la liste noire, les « restrictions de visas » : les Etats-Unis ont encore accentué la pression sur la Chine, mardi 8 octobre, pour dénoncer une « campagne de répression » contre les Ouïgours (minorité turcophone de confession musulmane) au Xinjiang malgré les protestations de Pékin. « La Chine détient par la force plus d’un million de musulmans dans le cadre d’une campagne systématique et brutale pour éradiquer leur religion et leur culture au Xinjiang », dans le nord-ouest de la Chine, a dénoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

En réponse, il a annoncé des « restrictions » dans l’octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d’être « responsables » ou « complices »de cette « campagne de répression ». Il n’a pas cité le nombre ni les identités des responsables visés, se bornant à ajouter que ces sanctions concerneraient aussi les membres de leur famille.

Le secrétaire d’Etat a précisé que ces restrictions de visas venaient « compléter » l’inscription, lundi, sur une liste noire du département du commerce américain de vingt-huit organisations gouvernementales et commerciales chinoises impliquées dans la surveillance au Xinjiang. Ces entités ne peuvent plus importer de produits depuis les Etats-Unis. « La Chine doit mettre fin à sa surveillance et à sa répression draconiennes et libérer toutes les personnes arbitrairement détenues », a affirmé mardi M. Pompeo.

Des camps de rééducation politique

Selon des organisations de défense des droits humains ainsi que la diplomatie américaine, plus d’un million de musulmans, principalement de l’ethnie turcophone ouïgour, sont détenus dans des camps de rééducation politique dans cette région du Nord-Ouest chinois.

Pékin dément ce chiffre et parle de « centres de formation professionnelle » afin de lutter contre l’islamisme, le séparatisme et le terrorisme, le Xinjiang ayant été par le passé le théâtre d’attentats attribués aux Ouïgours.

Sans surprise, la réaction chinoise a donc été vive après l’annonce de la liste noire américaine : « La Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue », a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, estimant qu’il n’y avait « pas de problème de droits humains » au Xinjiang.

Alors que l’administration de Donald Trump et Pékin se livrent depuis plus d’un an une guerre commerciale sans merci, il a accusé les Etats-Unis d’utiliser la question du Xinjiang « comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ».

La décision américaine intervient à quelques jours de la reprise des négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Surveillance d’une population

Le gouvernement américain a précisé que huit des vingt-huit organisations visées étaient des entités commerciales, les autres étant des organismes gouvernementaux, dont le bureau de sécurité publique, c’est-à-dire la police du Xinjiang. « Cette mesure permettra que nos technologies (…) ne soient pas utilisées pour réprimer des populations minoritaires sans défense », a expliqué le ministre du commerce, Wilbur Ross.

Parmi les entités concernées figure la société spécialisée dans la vidéosurveillance Hikvision et les entreprises d’intelligence artificielle Megvii Technology et SenseTime, selon un document officiel qui doit être publié mercredi aux Etats-Unis.

Hikvision, numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance, avec 34 000 employés, a profité à plein de l’omniprésence des caméras de surveillance en Chine, notamment au Xinjiang. La société a critiqué une décision « sans base factuelle », demandant « au gouvernement américain un réexamen », « fondé sur les principes d’équité, de justice et de non-discrimination ».

Megvii, qui appartient au géant du commerce en ligne Alibaba, a aussi estimé dans un communiqué que la mesure américaine dénotait « une incompréhension » de cette entreprise, qui vante l’« incidence positive sur la société » de sa technologie. Quant à SenseTime, elle s’est dite « profondément déçue » et va « travailler étroitement avec toutes les autorités concernées pour comprendre parfaitement et dénouer la situation ».

Au printemps, Huawei, numéro deux mondial des smartphones, avait été placé sur liste noire par l’administration Trump, dans ce contexte de rivalité technologique et sur fond de soupçons d’espionnage au profit de la Chine.

Le Monde.fr

Israël se prépare avant le début de Yom Kippour

Tout le pays va marquer une pause pendant les 25 heures de cette fête, parmi les plus sacrées du judaïsme

Les autorités israéliennes ont achevé la mise en place d’un dispositif exceptionnel avant le début de la fête la plus sacré du calendrier juif, Yom Kippour, qui démarre mardi en fin de journée, et s’achèvera le lendemain à la tombée de la nuit.

Les transports publics cesseront de fonctionner en début d’après-midi, tandis que les voitures déserteront petit à petit les routes du pays avant la soirée. Ce sont alors des milliers de juifs laïques qui en profiteront pour emprunter les routes du pays avec leurs vélos, comme le veut la tradition en Israël.

Le jeûne de Yom Kippour, qui dure 25 heures, commencera, à Jérusalem, à 17h40, et se terminera le lendemain à 18h51.

La police et les services médicaux seront déployés à grande échelle dans tout le pays. Les ambulanciers paramédicaux du Magen David Adom sont, chaque année, très sollicités pendant cette journée spéciale pour des accidents, des cas de déshydrations, ou encore des malaises provoqués par le jeûne.

Le trafic aérien à l’aéroport international Ben Gourion cessera mardi après midi et reprendra mercredi soir. Les émissions de télévision et de radio cesseront également d’émettre leurs émissions habituelles pendant cette journée spéciale.

Enfin, l’armée israélienne a bouclé lundi soir la Cisjordanie et la bande de Gaza, et seuls les cas humanitaires seront autorisés à franchir les points de passage, dans les deux sens.

Cette mesure est prise chaque année pendant cette période de fêtes juives, considérée comme particulièrement sensible.

i24News

Belgique : le durcissement des règles pour la reconnaissance des mosquées acté en Flandre

Dans la région flamande, les lieux de culte, et plus particulièrement les mosquées, devront désormais se soumettre à une période d’examen d’une durée de quatre ans pour bénéficier d’une reconnaissance des autorités régionales et bénéficier de subventions publiques. Cette décision fait partie des grandes lignes du nouvel accord du gouvernement flamand dévoilé mardi 1er octobre.

Le gouvernement dirigé par Jan Jambon fait valoir l’obligation de transparence pour les lieux de culte concernant leurs sources de financements et la nécessité de contenir les influences étrangères.


L’obligation de neutralité religieuse des enseignants en vue

Dans la même optique, toutes les écoles qui veulent être reconnues par les autorités régionales et, ainsi, bénéficier de subventions devront honorer les droits humains et fondamentaux, stipule aussi l’accord gouvernemental. Le protocole de coopération entre la Sûreté de l’État et le domaine de l’enseignement sera renforcé, avec un accent mis sur la lutte contre le radicalisme.

Aussi, le nouveau gouvernement flamand entend imposer la neutralité à tous les enseignants et personnel des écoles provinciales et de la Communauté flamande, précise l’agence Belga. Aucun signe religieux ne sera alors toléré.

Enfin, tous les accords de subsidiation avec des associations devront contenir désormais des clauses relatives à « l’usage actif du néerlandais », notamment pour la communication des structures vers le public. Une disposition qui confirme la volonté de la coalition gouvernementale de renforcer l’identité flamande à travers la langue néerlandaise.

Saphirnews