A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

La difficile rédaction d’une charte des imams de France

La rédaction d’une charte des principes de l’islam français contraint depuis longtemps l’État à choisir entre fermeté et volonté de trouver un consensus.

Dans son discours de lutte contre les séparatismes en général et le séparatisme islamiste en particulier, le 2 octobre, Emmanuel Macron avait demandé au Conseil français du culte musulman (CFCM) de rédiger, « d’ici à six mois au plus tard », une charte d’adhésion aux valeurs républicaines. Celle-ci, « dont le non-respect entraînera la révocation des imams », doit accompagner la création d’un Conseil national des imams.

Or, selon Le Journal du Dimanche, qui en a dévoilé avec Mediapart les premières moutures, les négociations pour rédiger celle-ci seraient dans l’impasse.

La question de l’apostasie

La volonté de l’État de séparer l’islam de l’islamisme à travers la signature d’une charte n’est pas nouvelle. Elle se heurte à chaque fois à une même difficulté. Soit défendre un texte ferme sur les principes, même s’il est rejeté par de grandes fédérations musulmanes – en décembre 1994, la première « charte du culte musulman » avait ainsi été adoptée unilatéralement par la Grande Mosquée de Paris, liée à l’Algérie –, soit chercher un large consensus, quitte à s’accommoder d’une déclaration sans portée concrète.

Depuis dix ans, une question revient sans cesse : le refus des islamistes d’accepter l’apostasie, c’est-à-dire la liberté individuelle de quitter l’islam. La future charte des principes exige en effet de « ne pas qualifier l’apostasie de crime ni stigmatiser celles ou ceux qui renoncent à une religion ».

Déjà, en janvier 2000, le droit explicite de changer de religion avait été retiré de l’énoncé des « principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman », afin d’obtenir la signature de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?

La définition de l’islamisme

Le texte en préparation va plus loin, en désignant les courants de l’« islam politique » considérés comme incompatibles avec la République française : « Wah­ha­bisme, salafisme, doctrine des Frères musulmans et plus généralement toute mouvance locale, transnationale ou internationale qui vise à utiliser l’islam afin d’asseoir une doctrine politique ».

Sans surprise, ce passage est dénoncé par Les Musulmans de France (ex-UOIF), Foi et Pratique (branche française du mouvement tabligh) et la Confédération islamique Millî Görüş (Cimg France), une des deux grandes fédérations liées à la Turquie.

 

Autre point en débat : la mention qu’« aucune autorité religieuse ne peut remettre en question des méthodes pédagogiques » au sein de l’école laïque publique. La référence au choix de Samuel Paty, lors d’un enseignement moral et civique, de montrer à ses élèves des caricatures de Mohammed est implicite.

Dénonciation « d’une prétendue islamophobie d’État »

Enfin, l’affirmation solennelle que la dénonciation « d’une prétendue islamophobie d’État » ou, selon les moutures, « d’un prétendu racisme d’État », « ne recouvre aucune réalité en France », est pareillement en discussion.

La thèse d’une « islamophobie d’État » n’appartient toutefois pas qu’aux islamistes, puisqu’elle est partagée par une partie de l’extrême gauche et même de la gauche. Notamment les organisations et personnalités qui ont manifesté, en novembre 2019, à l’appel du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), dissous début décembre en conseil des ministres.

 

La Croix

Normalisation avec Israël : la culture juive au programme scolaire marocain

Le pays du Maghreb, dont l’islam est pourtant religion d’État, a lancé une réforme scolaire incluant l’histoire et la culture de la communauté juive.

« C’est une première dans le monde arabe. » Avant même de normaliser ses relations diplomatiques avec Israël, le Maroc a lancé une réforme scolaire décrite par certains comme un « tsunami » : l’histoire et la culture de la communauté juive vont bientôt être enseignées aux élèves de ce pays, où l’islam est religion d’État. Les premiers cours, en langue arabe, seront dispensés au prochain trimestre en dernière année de primaire, où l’âge des élèves tourne autour de 11 ans, selon le ministère marocain de l’Éducation nationale.

« Cette introduction est une première dans le monde arabe. Elle fait l’effet d’un tsunami », s’exalte Serge Berdugo, le secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du royaume, joint par l’Agence France-Presse à Casablanca.

Présent dans l’architecture, la musique, la cuisine, « l’affluent juif » de la culture marocaine apparaît désormais dans les nouveaux manuels d’éducation sociale du primaire, dans un chapitre consacré au sultan Sidi Mohammed ben Abdellah, dit Mohammed III (XVIIIe siècle). Ce sultan alaouite avait choisi le port de Mogador et sa forteresse bâtie par les colons portugais pour fonder la ville d’Essaouira (Sud), centre diplomatique et commercial qui devint sous son impulsion la seule cité en terre d’islam comptant une population à majorité juive, avec jusqu’à 37 synagogues. « Bien que la présence juive au Maroc soit antérieure au XVIIIe siècle, les seuls éléments historiques fiables datent de cette époque », explique Fouad Chafiqi, directeur des programmes scolaires au ministère marocain de l’Éducation.

3 000 Juifs vivent toujours au Maroc

Dans le monde arabe, le Maroc reste un cas rare dans la mesure où « ce pays n’a jamais effacé sa mémoire juive », souligne pour sa part Zhor Rehihil, la conservatrice du musée du Judaïsme marocain à Casablanca, unique en son genre dans la région. Présente au Maroc depuis l’Antiquité, la communauté juive qui reste la plus importante d’Afrique du Nord a crû au cours des siècles, notamment avec l’arrivée des Juifs expulsés d’Espagne par les rois catholiques à partir de 1492.

Elle a atteint environ 250 000 âmes à la fin des années 1940, soit environ 10 % de la population. Beaucoup de Juifs sont partis après la création d’Israël en 1948, et il en reste environ 3 000.

Un vaccin contre l’extrémisme

L’intégration de l’histoire juive dans le cursus éducatif marocain s’inscrit dans un vaste programme de refonte des manuels scolaires impulsé en 2014. Assez peu commentée au Maroc, la réforme a été saluée par deux associations juives basées aux États-Unis, la Fédération sépharade américaine et la Conférence des présidents (CoP).

« Permettre aux étudiants marocains de connaître la totalité de leur histoire de tolérance, y compris le philo-sémitisme marocain, est un vaccin contre l’extrémisme », soulignaient ces associations dans un communiqué diffusé sur Twitter à la mi-novembre. Peu après, le ministère marocain de l’Éducation signait avec deux associations juives marocaines une convention de partenariat « pour la promotion des valeurs de tolérance, de diversité et de coexistence dans les établissements scolaires et universitaires ».

Symboliquement, c’est à la Maison de la mémoire d’Essaouira, un musée dédié à la coexistence des juifs et des musulmans, que cet accord a été paraphé en présence du conseiller royal André Azoulay, homme de réseau de confession juive voué à la promotion de la tolérance religieuse.

Une normalisation des relations diplomatiques avec Israël

Inscrire l’identité juive dans le corpus scolaire « permettra de forger la perception et la construction de futurs citoyens conscients de leur héritage pluriel », estime Mohammed Hatimi, un professeur d’histoire spécialiste de la question. La réforme des manuels du primaire vise à « mettre en avant la diversité identitaire marocaine », souligne Fouad Chafiqi. La refonte des manuels du secondaire, prévue en 2021, intégrera aussi cette « dimension de diversité », selon lui.

Une rumeur sur l’intégration de l’histoire de la Shoah dans les programmes scolaires du Maroc avait couru en septembre 2018, après un message adressé par le roi Mohammed VI lors d’une table ronde de l’ONU. À l’époque, le chef de l’État et « commandeur des croyants », grand défenseur du « vivre-ensemble », avait souligné le rôle fondamental de l’éducation dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

C’est sous son impulsion, et après plusieurs mois de négociation initiée par l’administration de Donald Trump, que le Maroc est devenu cette semaine le quatrième pays du monde arabe à annoncer une normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël, en contrepartie de la reconnaissance de la « souveraineté » de Rabat sur le territoire disputé du Sahara occidental.

 

AFP

Les représentants musulmans de France sont-ils séparatistes ?

Français ou musulman ?

Dans un précédent post, nous mentionnions l’idée qu’un islam de France n’existe pas, mais qu’il était préférable de parler de musulmans de France. La France, avec environ six millions de musulmans, est traversée par des modes de pratiques et de croyances subjectives très hétérogènes. Sur le plan social, une grande partie des musulmans souvent issus de la France « d’en bas », est confrontée aux échecs successifs de politiques de développement et du déficit de justice sociale qui règnent depuis plus de cinquante ans. Cette désintégration économique et sociale a fracturé le pacte républicain et a engendré une méta-identité : le musulman. Une grande partie des citoyens de confession musulmane se considère musulman avant d’être Français, là où les générations précédentes n’ont pas subi cette dualité identitaire, en raison notamment d’ une islamité qui était vécue davantage en tant qu’ objet que sujet.

Réveil religieux ou crise de valeurs ?

Depuis le début de ce siècle, les musulmans sont confrontés à des changements structurels fulgurants qui les plongent dans un lendemain d’incertitude. En effet, la vie des musulmans a si profondément changé, qu’il leur est difficile de se conformer à une loi qui correspond à une réalité sociale différente de la leur. L’islam, plus qu’une religion, est un mode de vie, qui valorise notamment les liens sociaux, la justice et la solidarité, là où l‘Occident, prône des valeurs tels que l’individualisme et le matérialisme, dans lesquelles le musulman se sent perdu face à la rationalité moderne. Comment trouver un équilibre de vie dans un monde libéral qui valorise le culte de la performance et du narcissisme ?  Comment trouver sa place dans un monde en crise où l’individu ne se projette pas ou plus ? Face aux doutes de l’existence, l’individu trouve dans l’islam un refuge dans des valeurs et des symboles issus d’une tradition ancienne.

Phénomène inédit, avec Internet, la diffusion de la religion n’est plus mono centrée. La famille et la mosquée, jadis, principales courroies de transmission de la foi, sont dépassées par Internet, devenu une véritable forme sociale et politique constituée de communautés. Internet a en effet démultiplié l’offre religieuse jusqu’ici inaccessible au plus grand nombre et a généré des formes nouvelles d’adhésion à la foi. Confronté à une crise de la démocratie, le citoyen dont le rôle est de veiller, d’être en état d’alerte et sur ses gardes[1], s’exprime sur Internet, vecteur d’une contre-démocratie, où l’anonymat favorise la liberté d’expression. L’islam n’échappe pas à ce phénomène.

Les leaders musulmans sont-ils séparatistes ?

Le désenchantement idéologique a entraîné une approche plus individualisée de la foi et des questions religieuses, en particulier envers ceux qui sont censés parler au nom des musulmans. Le problème de la confiance personnelle accordée à la représentativité musulmane s’est du même coup aiguisé, aggravé dans un contexte où l’islam sunnite n’a pas de clergé. L’affaire Tariq Ramadan fin 2017[2], est emblématique de l’atomisation d’une communauté musulmane plus que jamais méfiante à l’égard d’éventuels leaders ou de représentants musulmans. La centralité des scandales, et par conséquent, des politiques de dénonciation s’en est trouvée accrue[3]. La réputation des individus est devenue une variable clef de la production de la confiance. Il suffit à cet égard, de relever le phénomène de l’évaluation, critère de la confiance attribuée aux prédicateurs sur Internet, à travers les commentaires laissés sur les réseaux sociaux.

Dans un climat de crise et de défiance de l’autorité, il paraît d’autant plus difficile de structurer l’islam en France, lorsque les velléités d’un énième organe chargé de la surveillance du culte, émanent de personnalités désignées par l’État ou autoproclamés leaders dont les « effets d’autorité » pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu auprès des musulmans seront nuls. Il suffit de demander à un musulman s’il connait Ahmet Ogras (président du CFCM[4]), Tareq Oubrou (imam de Bordeaux) ou encore Ghaleb Bencheikh (président de la Fondation de l’islam de France), dans la majorité des cas, la réponse sera négative. A l’inverse, les imams 2.0 à l’instar de Rachid Eljay, Ayman TR et Abdelmonaim Boussena ou, pour les moins jeunes, Tariq Ramadan et Hassen Iquioussen, pour ne citer qu’eux, sont considérés pour les uns comme des guides, pour les autres comme des idoles. Rien d’étonnant à tout cela, Internet est devenu le support central de la circulation de l’information religieuse, de l’interaction et de l’opinion publique. Sur ce point, nous vous renvoyons à notre ouvrage Islam 2.0 où nous traitions notamment du succès des prédicateurs 2.0 grâce à la plateforme Youtube et des réseaux sociaux.

Jamais autant d’organes indépendants de représentation des musulmans de France ne se sont autant concurrencés sur le terrain du leadership, créant des sous-groupes ou pour reprendre une formule en vogue, des séparatismes. Ces nouveaux conquérants pour certains ou prédateurs pour d’autres, usent d’abord d’une stratégie pernicieuse de dénonciation des faiblesses des structures existantes, afin de se positionner en tant que nouvel acteur. Depuis le vide symbolique laissé par un Tariq Ramadan, très populaire auprès des musulmans, la bataille pour un nouveau leadership a auguré de nombreuses ambitions. Pour qu’une idéologie soit diffusée au plus grand nombre, il faut savoir user de l’outil puissant de communication que sont les réseaux sociaux, les prédicateurs 2.0 l’ont bien compris. Ces prédicateurs monopolisent l’hétéronomie et enseignent au musulman comment il doit se comporter, ce qu’il doit faire et ce qu’il lui est permis d’espérer.

Et le culte musulman dans tout ça ?

L’organisation du culte musulman sur le volet pratique tels que l’éducation religieuse, les mosquées, les carrés musulmans, l’aumônerie, le halal, le recrutement des imams… devrait revenir à des acteurs locaux, religieux ou pas, animés avant tout par une vision éthique et humaniste conformément aux valeurs islamiques, et non motivés par une démarche égotique et mercantile. Il n’appartient pas non plus à l’État conformément à la Loi de 1905, de s’immiscer dans les questions d’organisation du culte musulman, pour vider de sa substance la liberté religieuse. Le projet de loi prévu pour début 2021 visant à renforcer la laïcité, s’attaque de manière répressive et discriminante à l’orthodoxie musulmane qui serait jugée incompatible avec les valeurs de la République.

La couverture des besoins religieux des musulmans se ferait probablement mieux grâce à des compromis sur le plan local qui assurerait aussi bien l’enracinement des groupes, qu’une part de visibilité symbolique. Combien de fonds récoltés pour la construction de mosquée ou de dons de fidèles sont gérés en toute opacité ? Combien d’imams dévoient les fondements islamiques en encourageant les fidèles à enfermer davantage la femme à travers le couvrement des corps tout en favorisant son oppression ? Combien de familles éduquent leurs enfants à travers le schéma de structuration identitaire basé sur une dichotomie entre le halal (autorisé) et le haram (interdit) ?

Il faudrait urgemment créer des espaces intellectuels et scientifiques qui favoriseraient l’éducation religieuse des musulmans de France. La circulation de l’information religieuse n’a jamais été aussi massive avec Internet, pourtant l’aporie de l’ignorance religieuse persiste. Il y aura moins de problèmes lorsque ces initiatives seront encouragées comme les établissements catholiques « à caractère propre ». Le financement de l’ensemble de ces projets en coordination avec l’État, dans un cadre juridique conforme à la Loi de 1905, ne devra pas faire l’économie de la création de comités éthiques afin d’en assurer la bonne gestion tout en se débarrassant des dépendances extérieures.  L’enjeu majeur pour les musulmans de France est de désigner des acteurs qui serviront leurs intérêts et non d’utiliser les musulmans, comme c’est parfois le cas, afin de pérenniser des ambitions personnelles. Ce schéma est au coeur de la méfiance de la communauté musulmane à l’égard de tout organe de représentation de l’islam en France et in fine de sa politisation. Il est utile de rappeler que, dès son origine, l’islam a souffert de dissensions graves minées par sa dimension politique.

Le CFCM créé en mai 2003 par N. Sarkozy, organe central censé représenter l’islam en France, peine toujours à se faire entendre et voit depuis sa création toujours les mêmes responsables se succéder, avec son lot de promoteurs affiliés à des États étrangers (Algérie, Maroc, Turquie, Mali…). Il n’existe pas au sein de l’islam sunnite de clergé, ce qui crée un rapport horizontal entre les croyants et rend difficile l’acceptation, même symbolique, d’une quelconque représentativité religieuse. Dans ce cas, nous comprenons le tâtonnement et surtout l’incapacité des autorités politiques depuis plusieurs décennies, à trouver des représentants d’une communauté musulmane qui, en tant que telle, n’existe pas. Et, ce n’est pas l’État avec son projet de loi destinée à renforcer la laïcité qui inversera cette tendance. Mais, que ce dernier accusé d’être séparatiste se rassure, les représentants musulmans, en premier lieu, se chargent déjà de favoriser le séparatisme depuis trop longtemps.

 

Fatima Achouri

 

[1] La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance- Pierre Rosanvallon – Editions Points -2014.

[2] Personnalité musulmane très populaire auprès des musulmans de France, T. Ramadan fut accusé de viols par plusieurs femmes et placé en détention préventive fin 2017.

[3] La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance- Pierre Rosanvallon – Editions Points -2014.

[4] Conseil Français du Culte Musulman

Les menus sans porc à la cantine ne sont pas contraires à la laïcité, selon le Conseil d’Etat

C’est la troisième fois que la justice administrative retoque la délibération adoptée en 2015 par le maire de Chalon-sur-Saône en Saône-et-Loire.

 

Le Conseil d’Etat a jugé vendredi 11 décembre que proposer des menus de substitution au porc dans les cantines scolaires n’est pas obligatoire ni contraire au principe de laïcité, dans une décision concernant la commune de Chalon-sur-Saône.

C’est la troisième fois que la délibération adoptée en 2015 à l’initiative du maire de cette ville de Saône-et-Loire, Gilles Platret (LR), se fait retoquer par la justice administrative.

Bataille juridique

Le conseil municipal avait alors voté la suppression des menus de substitution au porc, servis depuis 1984. Cette mesure visait à « rétablir un fonctionnement neutre et laïque » des cantines municipales.

Elle avait déclenché une polémique et une bataille juridique, la Ligue de défense judiciaire des musulmans et des particuliers saisissant la justice.

Le tribunal administratif de Dijon en 2017, puis la cour administrative d’appel de Lyon en 2018, avaient invalidé la délibération, sans incidence sur le fonctionnement des cantines chalonnaises où ces menus n’ont pas été rétablis depuis 2015.

La commune avait alors saisi le Conseil d’Etat.

Prendre en compte « l’intérêt général »

Dans un communiqué de presse accompagnant sa décision, ce dernier rappelle ce vendredi 11 décembre que les collectivités n’ont pas l’obligation de fournir des menus de substitution au porc, le principe de laïcité interdisant « à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes ».

Mais il ajoute que « ni les principes de laïcité et de neutralité du service public, ni le principe d’égalité des usagers devant le service public, ne font, par eux-mêmes, obstacle à ce que ces mêmes collectivités territoriales puissent proposer de tels repas ».

« Lorsqu’elles choisissent d’assurer le service public de la restauration scolaire », les collectivités « doivent prendre en compte l’intérêt général qui s’attache à ce que tous les enfants puissent accéder à ce service public », ajoute la juridiction.

La commune soutenait que proposer des repas de substitution au porc revenait, en pratique, à stigmatiser les enfants concernés − en les regroupant aux mêmes tables pour faciliter la distribution des repas − et à ficher les enfants inscrits à la cantine scolaire en fonction de leur appartenance religieuse.

Mais la preuve de l’existence de telles pratiques dans le passé n’a pas été apportée, selon le Conseil d’Etat.

 

L’Obs / AFP

Lutte contre l’islamisme radical : Washington dit s’inquiéter pour la «liberté religieuse» en France

L’émissaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse s’est inquiété pour la «liberté religieuse» en France. Des déclarations faisant suite à des polémiques entre Emmanuel Macron et des médias anglo-saxons au sujet de la lutte contre l’islamisme.

Sam Brownback, émissaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse, a émis des critiques, le 8 décembre, contre le cap pris par les autorités françaises afin de lutter contre l’islamisme radical, après les récents attentats en France (à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice, les 16 et 29 octobre). Je suis inquiet, évidemment, pour ce qui se passe en France   Interrogé par des journalistes à propos de la politique menée par Emmanuel Macron contre l’islamisme radical, Sam Brownback s’est ainsi dit «inquiet». «Je suis inquiet, évidemment, pour ce qui se passe en France», a déclaré, le 8 décembre, l’émissaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse, membre du parti républicain.   «Il peut y avoir un dialogue constructif qui peut, je pense, être utile [mais] quand on est trop répressif, la situation peut s’aggraver», a prévenu ce diplomate américain, au lendemain de la publication, le 7 décembre, de la nouvelle liste noire américaine sur la liberté de religion dans le monde, qui met à l’index cette année le Nigeria aux côtés de l’Arabie saoudite, de la Chine ou encore de l’Iran. Une occasion pour le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, de marteler sur Twitter le 7 décembre que «les Etats-Unis ont un engagement inébranlable en faveur de la liberté religieuse». «Aucun pays ou entité ne devrait être autorisé à persécuter impunément des personnes en raison de leurs croyances», assure-t-il.

«Notre point de vue, c’est que le rôle du gouvernement est de protéger la liberté religieuse. Vous ne pouvez pas pratiquer votre foi de façon violente […] mais si vous pratiquez votre foi pacifiquement, vous êtes dans votre bon droit», a ajouté Sam Brownback. Selon lui, «les pays s’en sortent mieux lorsqu’ils travaillent avec les chefs religieux pour identifier les inquiétudes et les problèmes, sans entrer en conflit avec des groupes religieux». «Ils ont leurs droits fondamentaux en matière de liberté religieuse et ceux-ci doivent être honorés et protégés par le gouvernement», a aussi estimé l’émissaire américain au sujet des musulmans en France.

L’exécutif français a décidé d’adopter de nouvelles mesures face à l’islamisme radical à la suite de l’assassinat, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) le 16 octobre, de Samuel Paty, un professeur qui avait montré en classe des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression, et d’un attentat, le 29 octobre, qui a fait trois morts dans la basilique de Nice, dans le sud-est de la France.

Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur a annoncé le 2 décembre une «action massive et inédite» contre 76 mosquées et a dissous des associations décrites comme des «officines islamistes» œuvrant «contre la République». Ce fut le cas, par exemple, de l’association Le collectif contre l’islamophobie en France et de l’organisation non gouvernementale Barakacity.  Le gouvernement français a en outre détaillé, ce 9 décembre, son projet de loi «renforçant les principes républicains», qui vise à lutter contre «les séparatismes» et l’islamisme radical. Le texte contient notamment des dispositions destinées à restreindre l’instruction à domicile, qui concerne désormais 62 000 enfants, soit deux fois plus qu’en 2016. La loi permettra aussi un contrôle accru du fonctionnement et du financement des associations, ainsi que des lieux de culte. Elle entend également mettre en œuvre un meilleur encadrement de la haine en ligne et créer un «délit de pression séparatiste» visant à protéger les fonctionnaires victimes de menaces ou violences.

Une partie de la presse anglo-saxonne dénonce une «islamophobie» des autorités françaises

Dans le monde musulman, comme au Pakistan et en Indonésie, cette réponse, ainsi que les déclarations du président français en faveur de la liberté de caricature, ont pu être perçues comme une attaque contre l’islam en général. Des appels au boycott de produits français ont été relayés, notamment par le président turc Recep Tayyip Erdogan, engagé dans un face à face tendu avec Emmanuel Macron.

La position des autorités françaises n’a pas seulement été critiquée dans le monde musulman, mais aussi chez une partie des médias anglo-saxons. «La France se bat contre le séparatisme islamiste, jamais contre l’islam», s’était justifié Emmanuel Macron, dans une «lettre à la rédaction» publiée, le 4 novembre, dans le quotidien britannique Financial Times. Le président français disait être «accusé», par le journal anglais, de «stigmatiser, à des fins électorales, les Français musulmans ; pire, d’entretenir un climat de peur et de suspicion à leur égard».  Le 12 novembre, il décroche même le téléphone pour se plaindre, auprès du célèbre organe de presse américain le New York Times, de certains médias anglophones qui, selon lui, «disent que le cœur du problème, c’est que la France est raciste et islamophobe ».

«Liberté religieuse» à l’américaine versus «laïcité» à la française ?

Pour Ben Smith, le journaliste du New York Times qui avait recueilli les doléances d’Emmanuel Macron, ce dernier reproche aux médias américains de chercher «à imposer leurs propres valeurs à une société différente», sans comprendre «la laïcité à la française».   Le président français est encore longuement revenu, lors d’un entretien, le 4 décembre, sur le média en ligne Brut, sur ces critiques, assurant que la France n’avait «pas de problèmes avec l’islam». «[La France] a même une relation de longue date [avec l’islam]. Simplement, nous avons construit notre République, notre projet collectif, dans la séparation entre le politique et le religieux, c’est ça que parfois beaucoup de régions du monde ont du mal à comprendre», a tenté d’expliquer le chef d’Etat français. «J’ai été frappé que la presse anglo-saxonne a même dit : « Ces Français sont étranges, ils ont insulté le prophète, ils n’aiment pas l’Islam, ils ont un problème avec cette religion »», a-t-il ajouté.   De la même manière, Emmanuel Macron a défendu une fois de plus la liberté d’expression et le droit de critiquer et de caricaturer les religions. Jusqu’ici, le gouvernement américain avait vivement dénoncé les attentats d’octobre en France et s’était tenu à l’écart de cette polémique. Les critiques de Sam Brownback reflètent toutefois, selon l’AFP, un positionnement très différent, à Washington, dans la relation de l’Etat à la religion. Les Etats-Unis disent défendre la «liberté de religion» avant tout, et voient avec suspicion toute restriction à sa pratique. Ce principe a été érigé en «première des libertés» par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui invoque régulièrement Dieu dans ses prises de position publiques.

RT France

Le Conseil d’Etat ordonne au gouvernement de revoir la jauge des 30 personnes pour les offices religieux

Le Conseil d’Etat a ordonné au gouvernement, dimanche 29 novembre, de revoir dans les trois jours son décret limitant à 30 personnes le nombre de fidèles autorisés à assister aux cérémonies religieuses.

« Il est enjoint au premier ministre de modifier, dans un délai de trois jours (…) les dispositions [du décret limitant le nombre de fidèles à 30] en prenant les mesures strictement proportionnées d’encadrement des rassemblements et réunions dans les établissements de culte », a ainsi décidé la plus haute juridiction administrative française.

Les commerces « non essentiels » ont rouvert leurs portes samedi, mais le gouvernement a en effet maintenu la jauge en limitant la participation aux cérémonies religieuses à 30 personnes, alors que les catholiques célébraient ce week-end le premier dimanche de l’Avent. Le Conseil d’Etat estime que la jauge de 30 personnes « va conduire, dans de nombreux lieux, à ce que les fidèles ne puissent y participer le jour de la semaine où se déroulent les principales d’entre elles, en dépit de l’augmentation du nombre de ces dernières ».

« Réunion constructive » à Matignon

Quelques heures après cette décision, le premier ministre, Jean Castex, et le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Eric de Moulins-Beaufort, se sont chacun félicités d’une « réunion constructive », dimanche soir à Matignon.

« Le premier ministre a tenu à rappeler que la situation sanitaire actuelle restait préoccupante et conduisait à ne pouvoir appliquer immédiatement les mêmes règles que celles mises en œuvre lors du déconfinement en mai dernier », a déclaré Matignon, en insistant sur la volonté de Jean Castex « de concilier, dans le respect strict de la décision du Conseil d’Etat, le principe constitutionnel de liberté de culte avec la protection sanitaire de nos concitoyens ».

D’autres consultations doivent avoir lieu entre les représentants des autres cultes et le ministère de l’intérieur, afin de mettre en place un nouveau protocole d’ici à mercredi, tel que réclamé par le Conseil d’Etat.

Discriminatoire selon les représentants de l’Eglise

La veille, devant le Conseil d’Etat, les avocats de la CEF avaient dénoncé ce protocole, estimant qu’il s’agissait d’une mesure « non nécessaire, disproportionnée et discriminatoire ». « La liberté du commerce et de l’industrie et la liberté de culte ne sont pas garanties de la même manière », avait ainsi déploré l’un deux, Me Guillaume Valdelièvre.

« L’interdiction des cérémonies religieuses de plus de 30 personnes dans les lieux de culte est manifestement disproportionnée en ce qu’elle ne prend pas en compte la taille des édifices religieux », avait plaidé samedi Me Antoine Delvolvé, un avocat du Conseil d’Etat pour le compte du diocèse de Paris.

« La Fnac des Ternes, à Paris, a mis un panneau : “Vous pouvez être 604 dans le magasin.” Or ce magasin est plus petit que Saint-Sulpice. Voilà une discrimination qui saute aux yeux », avait-il affirmé. « Si Saint-Sulpice avec ses 6 170 m2 ne peut accueillir que 30 personnes, cela fait 205 m2 par personne alors qu’on est à 8 m2 pour les commerçants », avait réagi pour sa part Franck Bouscau, représentant de l’association Civitas.

La Conférence des évêques de France a estimé dans un communiqué dimanche après la décision que « le droit avait ainsi été rétabli et la raison reconnue ». « Elle forme cependant le vœu que le recours judiciaire reste l’exception dans le dialogue avec les autorités de notre pays », ajoute-t-elle.

Pas de « stigmatisation »

Pascale Léglise, représentante du ministère de l’intérieur, avait tenté de désamorcer les critiques samedi. Selon elle, la France n’est « pas la seule » à avoir pris ce type de mesure. Elle nie donc toute « stigmatisation » des croyants de la part du gouvernement français.

Le Monde

Au moins 110 civils tués dans une attaque au Nigeria

L’attaque, qui s’est déroulée samedi alors qu’avaient lieu les premières élections locales depuis 2009, a également fait de nombreux autres blessés, selon un représentant local de l’ONU.

Au moins 110 civils ont été tués, samedi 28 novembre, par des djihadistes présumés de Boko Haram dans un champ du nord-est du Nigeria, selon un bilan communiqué dimanche par l’ONU, ce qui en fait une des attaques les plus meurtrières dans cette région, en proie à une sanglante insurrection djihadiste.

« Le 28 novembre, en début d’après-midi, des hommes armés sont arrivés à moto et ont mené une attaque brutale sur des hommes et des femmes qui travaillaient dans des champs à Koshobe, a déclaré le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria, Edward Kallon. Au moins 110 civils ont été cruellement tués, et de nombreux autres blessés dans cette attaque. » Originellement évalué samedi à 43 morts, le bilan avait déjà été relevé à 70 victimes par les autorités locales, dimanche dans la matinée.

Cette attaque s’est produite dans une rizière située à moins de 10 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, au moment où se déroulaient, samedi, les premières élections locales organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram dans cette région en 2009. « C’est sans aucun doute l’œuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs », a estimé Babakura Kolo, le responsable d’un groupe d’autodéfense pro-gouvernemental, qui a participé à l’évacuation des victimes. Le communiqué de l’ONU, lui, ne mentionne pas pour sa part le groupe djihadiste.

22 agriculteurs tués en octobre

Les corps des victimes ont été transférés dans le village de Zabarmari, à 2 kilomètres de la rizière. Ils doivent être enterrés dans la journée de dimanche, a déclaré à l’Agence France-Presse un habitant, Mala Bunu, qui a pris part aux opérations de secours.

En octobre, les combattants de Boko Haram avaient égorgé 22 agriculteurs qui travaillaient dans des champs situés non loin de Maiduguri dans deux attaques séparées.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a « condamné »samedi soir « le meurtre de ces agriculteurs dévoués à leur travail par des terroristes », dans un communiqué. « Le pays entier est blessé par ces assassinats insensés », a-t-il ajouté.

Les attaques attribuées à Boko Haram et à la faction dissidente rivale Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ciblent de plus en plus fréquemment des bûcherons, éleveurs et pêcheurs. Ils les accusent d’espionner et de transmettre des informations aux militaires et milices qui combattent les violences djihadistes dans la région.

Plus de 36 000 personnes ont été tuées dans des violences depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, où plus de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Le Monde / AFP

Déconfinement des lieux de culte : la jauge reste limitée à 30 personnes, l’Eglise catholique en colère

Au surlendemain des annonces d’Emmanuel Macron autour du déconfinement progressif de la France, le Premier ministre Jean Castex a précisé, jeudi 26 novembre, les mesures qui entreront en vigueur dès samedi 28 novembre.

A cette dates, les offices religieux publics pourront à nouveau reprendre dans les lieux de cultes. Néanmoins, et contrairement à ce qu’imaginaient les responsables des cultes, l’Eglise catholique en tête, le chef du gouvernement a confirmé que la jauge est limitée à 30 personnes maximum par office, dans le strict respect des règles sanitaires.

« Cette jauge évoluera en fonction de la situation sanitaire et l’échéance du 15 décembre », a indiqué Jean Castex. « Il pourra s’agir d’une jauge en fonction de la capacité globale d’accueil des lieux. Les discussions se poursuivent avec les autorités religieuses. »


La colère de l’Eglise catholique

Ces annonces ont suscité une réaction immédiate du côté des représentants du culte catholique, notamment celle de la Conférence des évêques de France, qui a fait savoir que la jauge à 30 personnes est une mesure « irréaliste et inapplicable ». « C’est avec regret que la Conférence des Evêques de France apprend que la jauge de 30 personnes par lieu de culte pour les célébrations est maintenue pour ce dimanche. Après l’appel du Président de la République à l’issue de son discours, elle attendait une rectification de cette mesure et la mise en place d’une jauge réaliste dès ce 28 novembre. Il n’en est rien ! », s’indigne-t-on.

« Le Premier ministre explique sa fermeté par la situation épidémiologique ; néanmoins, les protocoles présentés par les différentes religions auraient pu permettre des décisions plus facilement applicables et équitables. La CEF s’interroge sur les véritables critères utilisés par le gouvernement pour fixer les conditions de ce confinement », poursuit l’Eglise. « Certes, les cultes ne sont pas des commerces mais traiter ainsi les religions, c’est considéré comme accessoire la foi de millions de croyants. C’est une grave erreur pour notre société toute entière. »

« Le Premier ministre s’est engagé à ouvrir la discussion sans attendre pour permettre dès que possible une jauge proportionnée à la taille des édifices. La Conférence des Évêques de France réclame une concertation plus efficace pour aboutir à un accord. Dans ce contexte, elle se réserve toujours la possibilité d’utiliser les moyens de droits appropriés », lance-t-elle en guise d’avertissement.


Une mesure « complètement stupide qui contredit simplement le bon sens »

La veille, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a fustigé « une mesure complètement stupide qui contredit simplement le bon sens » sur les ondes de Radio Notre-Dame. Selon lui, cette annonce n’est pas du tout conforme à la conclusion des échanges qui avait eu lieu entre les autorités et les responsables des cultes.

« Encore une fois, on se moque de nous », a-t-il lancé, avant de souligner l’incohérence de cette décision. « 30 personnes dans une petite église de village, on comprend, mais à Saint-Sulpice c’est ridicule ! On a des paroissiens qui viennent à 2 000 dans certaines paroisses de Paris. On va s’arrêter à 31 ? C’est ridicule ! »

Pour lui, ce dialogue de sourd remet en cause la confiance placée en l’exécutif. « Là, c’est fini. On nous infantilise, on ne nous prend pas au sérieux », assène-il. « Jusqu’à présent, nous avons été extrêmement loyaux envers les autorités légitimes comme saint Pierre et saint Paul nous le demandent, mais quand on va trop loin, et qu’on touche à notre conscience et à notre bon sens, cela ne va pas passer du tout. »

Saphirnews

Washington va considérer le mouvement de boycott d’Israël comme «antisémite», annonce Pompeo

Les États-Unis vont prendre des mesures «immédiates» contre des organisations liées au mouvement BDS de boycottage d’Israël, jugé «antisémite», a déclaré jeudi 19 novembre à Jérusalem le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) est une campagne mondiale de boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël, visant à obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation israéliennes des Territoires palestiniens. Ses soutiens s’appuient sur l’exemple de l’Afrique du Sud, affirmant que le boycott du pays a permis de mettre fin au régime d’apartheid.

«Aujourd’hui, je veux faire une annonce (…) nous allons prendre des mesures immédiates pour identifier des organisations impliquées dans la campagne de haine menée par le BDS et retirer le soutien américain à ces groupes», a-t-il déclaré lors d’un point de presse avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. «Nous prendrons des mesures immédiates pour identifier des organisations impliquées dans la campagne de haine menée par le BDS et retirer le soutien américain à ces groupes», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, il a ensuite précisé qu’il s’agirait d’identifier les organisations dont les activités visent à «pénaliser ou limiter des relations commerciales avec Israël spécifiquement, ou avec des personnes faisant des affaires en Israël ou dans tout territoire contrôlé par Israël». «Le département d’État examinera l’usage de ses propres fonds pour vérifier qu’ils ne sont pas utilisés pour soutenir la campagne mondiale BDS», a-t-il poursuivi.

En février, Pompeo avait accusé l’ONU d’un «parti pris anti-Israël» après la diffusion d’une liste de sociétés opérant dans les colonies israéliennes, considérées comme illégales par le droit international. Cette publication «facilite» la campagne du BDS et «délégitime Israël», avait estimé le chef de la diplomatie américaine.

L’antenne du BDS en Cisjordanie occupée a affirmé «rejeter toutes les formes de racisme, dont l’antisémitisme», accusant l’administration Trump «d’essayer de discréditer le mouvement».

De son côté, Human Rights Watch (HRW) a estimé que «l’administration Trump sape le combat commun contre le fléau de l’antisémitisme en l’assimilant aux plaidoyers pacifistes des boycotts». «L’administration Trump ne devrait pas essayer de vilipender en place publique des groupes parce qu’ils soutiennent des boycotts», a affirmé dans un communiqué Eric Goldstein, directeur de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW.

Une visite sur le plateau du Golan

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexé s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion du Premier ministre Benyamin Netanyahou et avec la bienveillance de son allié à Washington, Donald Trump.

Mike Pompeo a également annoncé qu’il se rendrait dans la journée sur le plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israël depuis 1967. «Aujourd’hui j’aurai la chance de visiter le plateau du Golan. La simple reconnaissance de ce territoire comme faisant partie d’Israël était une décision d’une importance historique du président Trump en même temps qu’une simple reconnaissance de la réalité», a-t-il déclaré.

En mars 2019, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie. Plus de 450.000 Israéliens vivent dans les colonies, jugées illégales par le droit international, en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent aussi environ 2,8 millions de Palestiniens.

Le Figaro.fr

Islam de France : le CFCM présente à l’Elysée un projet de « conseil des imams »

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman, reçus mercredi soir par Emmanuel Macron, rédigeront dans les quinze jours, une « charte des valeurs républicaines ».

Emmanuel Macron a reçu, mercredi 18 novembre soir, les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui, à sa demande, ont présenté les grandes lignes d’un conseil national des imams chargé de labelliser les imams en France.

Le chef de l’Etat leur a en outre demandé de rédiger d’ici à quinze jours, en lien avec le ministère de l’intérieur, une « charte des valeurs républicaines » sur laquelle devront s’engager le CFCM et les neuf fédérations qui le composent. Il leur a donné rendez-vous dans une quinzaine de jours pour venir lui présenter cette charte, a indiqué l’Elysée, confirmant les informations du Figaro et du Parisien.

Cette charte devra affirmer la reconnaissance des valeurs de la République, préciser que l’islam en France est une religion et pas un mouvement politique, et stipuler la fin de l’ingérence ou de l’affiliation à des Etats étrangers.

Sortir des positions ambiguës

Depuis son discours contre le séparatisme et l’islam radical début octobre, et encore plus depuis l’assassinat de Samuel Paty et l’attentat de Nice, le chef de l’Etat a accentué sa pression sur les instances dirigeantes de l’islam en France pour lutter contre l’influence étrangère, la radicalisation et l’islam politique. Son objectif est de mettre fin, d’ici à quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers « détachés » par la Turquie, le Maroc et l’Algérie.

Le Monde/ AFP