A propos Fatima Achouri

Sociologue des organisations et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques, etc.). J'accompagne également les organisations dans le développement des ressources humaines : diagnostic sociologique de l’organisation afin d’optimiser la gestion du personnel aux niveaux macro et micro en particulier dans les domaines du recrutement et de la formation. Je suis formatrice dans le domaine public pour les agents ( Loi de 1905) et dans les entreprises privées (gestion du fait religieux). Je suis conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la sociologie musulmane.

A Nîmes, l’imam Hocine Drouiche reconnu coupable d’escroqueries et d’abus de biens sociaux

Imam, Musulman, Islam, La Religion Abus de biens sociaux, blanchiments, pressions exercées sur des organismes de protection sociale… Vendredi 4 juin, Hocine Drouiche a été condamné par la justice à 12 mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de gérer une société. Selon des informations du Midi Libre, l’imam de Nîmes a été convoqué pour s’expliquer sur des faits d’escroquerie auprès d’organismes sociaux et de faits d’abus de bien sociaux par le tribunal correctionnel de Nîmes. Il lui est reproché plus précisément d’avoir indument perçu des prestations sociales entre mars 2015 et février 2017, et entre mars 2019 et octobre 2020.

L’imam, originaire d’Algérie, est également accusé d’avoir effectué des retraits et des achats sur le compte d’une société de fruits et légumes dont il était le gérant. L’enquête a démontré qu’il avait perçu au nom de cette société, qui s’est par ailleurs constitué partie civile, 9 000 euros d’aides « versées par l’Etat dans le cadre du Covid », a rappelé l’avocat de la société plaignante. « J’ai pensé que cet argent était à moi », s’est défendu le religieux, qui a huit enfants à charge, épinglé notamment pour la réservation d’un voyage à La Mecque d’une valeur de 1 500 euros.

Des pressions exercées par de hauts fonctionnaires sur les plaignants

La Caisse d’allocations familiales (CAF) et le département du Gard se sont eux aussi portés parties civiles dans cette affaire au cours de laquelle la justice a également examiné le montage d’un « faux dossier d’aides au logement », l’escamotage de revenus pour bénéficier du Revenu de solidarité active (RSA) ou encore la non-déclaration de sommes en provenance de l’ambassade de l’Algérie. S’ajoutent à ces infractions, rapporte Midi Libre, des pressions exercées par de hauts fonctionnaires sur les organismes lésées pour éviter toute poursuite judiciaire.

Pour sa défense, Hocine Drouiche a déclaré avoir eu de nombreuses déconvenues professionnelles et s’être fait viré de deux emplois à cause de ses positions contre « l’extrémisme religieux ». « J’ai défendu les valeurs de la République, j’ai été confronté à un chemin de haine, je savais que je serai confronté à un chemin difficile. (…) Jusqu’à maintenant, je suis menacé de mort », a-t-il affirmé devant le président du tribunal correctionnel de Nîmes, Jean-Michel Perez.

Des arguments hors de propos qui n’ont absolument pas convaincu le magistrat qui l’a jugé coupable de toutes les infractions pour lesquelles il était poursuivi. Hocine Drouiche, figure contestée par des musulmans tant au niveau local que national, par ailleurs vice-président de la Conférence des imams fondée par Hassen Chalghoumi, avait été placé en garde à vue en décembre 2020 dans le cadre de cette affaire avant d’être libéré après avoir reconnu les faits selon Le Point. En revanche, son épouse a obtenu une relaxe pour l’ensemble des infractions reprochées.

Saphirnews

Hajj 2021 : l’Indonésie renonce à organiser le grand pèlerinage face au Covid-19

 

Hajj, Kaaba, La Mecque, Omra, PrierPour la deuxième année consécutive, l’Indonésie renonce à organiser le Hajj et, en conséquence, de n’envoyer aucun pèlerin que le quota pourrait lui permettre. C’est l’annonce qui a été faite jeudi 3 mai par le ministre des Affaires religieuse indonésien, Yaqut Cholil Qoumas, motivant sa décision par la nécessité de préserver la santé et la sécurité des pèlerins à l’heure où la pandémie de la Covid-19 sévit toujours dans le monde.

Par ailleurs, le ministre a indiqué que l’Arabie Saoudite n’avait toujours pas transmis d’informations quant au quota d’Indonésiens autorisés à se rendre en terre sainte cette année. Le gouvernement a assuré que les pèlerins qui devaient partir cette année sont garantis de partir accomplir le grand pèlerinage en 2022.

A ce stade, l’Arabie Saoudite n’a toujours pas présenté les modalités d’organisation du hajj 2021, si ce n’est que les pèlerins autorisés à se rendre à La Mecque devront être vaccinés. En 2020, les musulmans vivant en dehors des frontières saoudiennes n’avaient pas été autorisés à accomplir le pilier de l’islam.

 

Saphirnews

Burkina Faso : après le massacre de Solhan, le bilan relevé à 160 morts

La petite localité, située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha, a été attaquée dans la nuit de vendredi à samedi par plusieurs hommes armés.

Carte du Burkina Faso à travers le verre de magnigying Banque d'images - 57265812 Le bilan de l’attaque menée dans la nuit de vendredi à samedi par des hommes armés dans le village de Solhan, au Burkina Faso, a été revu à la hausse, et s’élève désormais à 160 morts, ont annoncé dimanche 6 juin des sources locales à l’Agence France-Presse.

Au total, « 160 corps ont été inhumés hier [samedi] dans trois fosses communes par les populations locales (…), dont une vingtaine d’enfants », a déclaré un élu de la région. Un bilan confirmé par une autre source locale. Un précédent bilan de mêmes sources faisait état samedi soir de 138 morts. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière enregistrée dans ce pays depuis le début des violences djihadistes en 2015.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a annoncé dimanche sur son compte Twitter un voyage « cette semaine » au Burkina Faso.

Zone des « trois frontières »

La petite localité de Solhan, située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha, a été attaquée dans la nuit de vendredi à samedi, aux environs de deux heures du matin, heure locale, par des individus armés non identifiés, que le gouvernement a décrit comme des terroristes.

L’attaque a été commise dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de djihadistes présumés liés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique contre des civils et des militaires.

Un deuil national a été décrété samedi matin, pour une durée de soixante-douze heures. Les victimes sont des « civils sans distinction d’âge, tués par les terroristes », a déclaré le gouvernement dans un communiqué, ajoutant que « plusieurs habitations et le marché [de Solhan] ont été incendiés ».

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des attaques djihadistes, les forces armées ont lancé une opération d’envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l’annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences djihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1 400 morts et plus d’un million de personnes déplacées fuyant les zones de violences.

Le Monde / AFP

Une hausse de la déduction fiscale sur les dons aux cultes annoncée

Plusieurs centaines de billets en euros empilés par valeur. Euro money concept. billets en euros. l'argent Euro. monnaie Euro. Des billets de banque empilés les uns sur les autres dans des positions différentes. photo toned Banque d'images - 50529848Ce geste pourrait aider des lieux de culte à sortir la tête de l’eau. Le gouvernement a adopté une mesure fiscale en faveur des associations cultuelles – uniquement celles régies par la loi de 1905 – dans le projet de loi Finances rectificative (PLFR) présenté en Conseil des ministres ce mercredi 2 juin. Dans le cadre de ce texte, le gouvernement prévoit d’augmenter la déduction fiscale sur les dons faits aux cultes, la faisant passer de 66 % à 75 %, dans une limite de 554 euros. Au-delà de cette somme, la déduction de 66 % sera de nouveau appliquée.

Cette mesure est toutefois temporaire puisqu’elle prendra fin le 31 décembre 2022. « Les associations cultuelles ont connu des pertes pendant la crise », a justifié Bercy, précisant auprès de Capital que « le passage de la réduction d’impôt à 75% sera effectif dès la présentation du PLFR ».

A l’instar du secteur de la culture, de la restauration ou du tourisme, les cultes ont été durement éprouvés par la crise sanitaire en raison des fermetures et des restrictions d’accès au public.

Sur l’année 2020, l’Église catholique de France avait constaté une perte de 40 % de ses ressources, soit 90 millions d’euros. Fin 2020, le rapport annuel de la Conférence des évêques de France révélait qu’un tiers des 90 diocèses de France étaient en grande difficulté économique. Quinze d’entre eux seraient même « dans des situations fragiles ». Les protestantes ont, pour leur part, évalué leurs pertes à 11 millions d’euros au cours de la première année d’épidémie.

Les mosquées dont la situation financière est des plus fragiles ne sont pas en reste. Néanmoins, la plupart d’entre elles sont aujourd’hui gérées par des associations loi 1901, exclues de la mesure dernièrement annoncée par Bercy.

 

Saphirnews

Imams 2.0 : idoles des musulmans de France ?

Crescent, Lune, Étoiles, BrillantDès le début des années 2000, la sphère cyberislamique s’est considérablement  développée sous une multitude de formes ( vidéos, réseaux sociaux, blogs, etc.) pour devenir une source majeure d’informations pour le musulman. Avec l’ordinateur et le portable, le message religieux est omniprésent. Chaque progression d’Internet voit naître des initiatives religieuses, et dans ce domaine, les acteurs 2.0 l’ont bien compris. Ces derniers participent ces dernières années à une professionnalisation de la prédication qui a fini par gagner le secteur commercial.

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                                 Fatima Achouri

 

Tsahal se vante d’avoir mené à Gaza la première guerre dont l’IA était «un élément-clé»

Dans une communication du corps de renseignement, Tsahal a présenté de nouvelles méthodes sur lesquelles elle s’est appuyée pour mener ses frappes aériennes, estimant que l’utilisation de l’IA avait permis de «raccourcir la durée des combats».

 

  Au-delà des enjeux territoriaux sur lesquels il repose, le conflit israélo-palestinien sert également à la communication de l’industrie de l’armement d’un pays qui, sur la période 2016-2020, figurait comme le huitième plus gros exportateur d’armes au monde.  L’offensive de Tsahal est aujourd’hui qualifiée par certains de ses hauts responsables comme «unique en son genre» et l’armée israélienne vante ses capacités en matière d’intelligence artificielle (IA) ou encore d’observation satellitaire. «Pour la première fois, l’intelligence artificielle était un élément-clé et un multiplicateur de puissance dans la lutte contre l’ennemi», a ainsi déclaré un officier supérieur du corps de renseignement de Tsahal, cité le 27 mai par le Jerusalem Post.

«Le programme « alchimiste » a recouru à l’intelligence artificielle, et plus précisément à l’apprentissage automatique pour alerter les troupes sur le terrain d’éventuelles attaques [de l’ennemi]», apprend-on encore dans l’article en question, qui évoque «un système utilisé par chaque commandant d’unité sur le terrain [via] une tablette ergonomique». «Alchimiste», «Evangile», «Gospel» ou encore «Profondeur de la sagesse» : autant de logiciels et d’algorithmes dont la récente utilisation par l’armée israélienne sur le terrain pourrait aujourd’hui favoriser l’industrie du pays qui commercialise déjà à l’international des drones avancés, des systèmes de défense antimissile et d’autres produits avec des labels tels que «testé au combat».

Si Tsahal assure que l’utilisation de l’IA «a permis de raccourcir la durée des combats, car elle a été efficace et rapide dans le repérage des cibles grâce à une super-cognition», il n’est pas inutile de rappeler que les frappes israéliennes sur Gaza – justifiées par Benjamin Netanyahou face aux centaines de roquettes palestiniennes qui, tirées dans le même temps en direction de l’Etat hébreu, ont tué 12 Israéliens dont un enfant – ont tué plus de 250 personnes dont 66 enfants.  Ainsi que l’avait déjà rapporté par le passé le quotidien Haaretz, les offensives militaires de Tsahal sur Gaza constituent une «vache à lait» pour les fabricants d’armes israéliens qui «s’attendent à ce que leurs produits testés au combat leur gagnent de nouveaux clients».

Fait notable, selon l’organisme britannique de campagne contre le commerce des armes (CAAT), un domaine des ventes d’armes israéliennes qui a augmenté ces dernières années est celui des technologies de surveillance. L’organisme fournit en outre un lien vers une carte interactive représentant les ventes d’armes de l’Etat hébreu à travers le monde.

RT France

France : le voile de la discorde

Icône, Emblématique, Islam, IslamiqueLa présence sur le sol français de millions de musulmans de plus en plus visibles, avec le voile en particulier, soulève la question des capacités d’acceptation et d’intégration des sociétés d’accueil. Alors qu’il ne suscite aucune controverse lorsqu’il est porté dans l’espace privé ( famille, mosquée), le voile reste globalement assez mal perçu dans l’espace public.Situation inédite, ces dix dernières années, le voile est devenu un phénomène transgénérationnel et soulève la question épineuse de la place de la femme dans la société française.

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Fatima Achouri

Belgique : une femme voilée fait condamner la STIB pour double discrimination, une première

     Une première en Belgique. La justice bruxelloise a reconnu un cas de double discrimination à l’encontre d’une femme musulmane portant le voile. Lundi 3 mai, le tribunal du travail de Bruxelles a condamné la Société des transports intercommunaux de Bruxelles ( STIB) pour des discriminations fondées sur les convictions religieuses et le genre. Soutenue par la Ligue des droits humains (LDH ) et le syndicat Unia, la plaignante à l’origine de cette reconnaissance a ainsi obtenu gain de cause, a-t-on appris mercredi 5 mai. La STIB est condamnée à verser à la victime un montant de 50 920 euros à titre de dédommagement pour ces deux refus d’embauche.

Cette femme de confession musulmane a postulé auprès de la STIB en décembre 2015 et en janvier 2016 via des agences d’intérim. Par deux fois, ces intermédiaires lui on fait savoir que la société de transports appliquait au sein de son entreprise une politique de neutralité qui ne permet le port d’aucun signe convictionnels, et qu’elle devait s’y conformer en retirant son voile. La candidate s’est présentée à un entretien arborant un léger turban mais la question du voile est tout de même abordée par les services de recrutement, qui rappellent à la postulante l’interdiction de porter un signe convictionnel au sein de la STIB, en vertu d’une politique « de neutralité exclusive ».

Devant cette impasse et ce, malgré « des tentatives de conciliation infructueuse » souligne la LDH, l’Unia, un service public belge indépendant de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances, a intenté la première, en avril 2019, une action en cessation devant le tribunal du travail de Bruxelles, avant que la LDH ne se joigne à l’Unia pour faire reconnaitre de son côté la discrimination de genre dont la candidate a également été victime.

 

Une première qui « ouvre potentiellement la voie à une reconnaissance juridique des discriminations intersectionnelles »

La STIB n’ayant pas été en mesure de prouver que le refus d’embauche n’était pas discriminatoire, la justice s’est donc rangée du côté de la plaignante en reconnaissant une discrimination directe sur la base de sa religion. Constatant par ailleurs que le règlement de la STIB, se voulant neutre, « pèse en réalité de manière disproportionnée sur les femmes », elle a également admis l’existence d’une discrimination indirecte sur la base du genre.

« S’agissant du plus gros employeur de la Région bruxelloise, le tribunal relève que « la politique de l’emploi de la STIB est visiblement genrée » dès lors que le problème de parité y est criant. En 2015, les femmes ne constituaient que 9 % du personnel de la STIB, chiffre qui monte à 22 % si on ne considère que les fonctions employées mais qui chute à 7,8 % dans les fonctions de conduite des véhicules. Par ailleurs, le tribunal relève que la STIB emploie de nombreux hommes de confession musulmane qui sont autorisés à porter la barbe. La discrimination indirecte basée sur le genre devient alors apparente, discrimination que la STIB n’a pas pu justifier de manière objective et raisonnable », précise précise la LDH dans un communiqué.

A l’aune de ces constats, la justice bruxelloise a ordonné à la STIB de mettre fin à sa politique de « neutralité exclusive ». Une décision qui « constitue une première en Belgique » mais aussi « un signal important pour les femmes qui souhaitent travailler en Région bruxelloise tout en portant le foulard ». Une telle décision judiciaire « ouvre potentiellement la voie à une reconnaissance juridique des discriminations intersectionnelles ».

L’Unia a, pour sa part, salué une décision soulignant « une politique de neutralité incohérente qui nuit à la diversité ». L’ordonnance impose ainsi à la STIB de « cesser de fonder sa politique de recrutement du personnel sur un principe de neutralité exclusive interdisant à l’ensemble de son personnel le port de tout signe convictionnel (religieux, politique, philosophique) ».

En France, le licenciement d’une salariée par Camaïeu pour port du voile a été récemment jugé discriminatoire par la Cour de cassation.

Saphirnews

Affrontements israélo-palestiniens : le bilan atteint 28 morts à Gaza, deux décès côté israélien

Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent, ce mardi 11 mai, leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas a fait état de 28 morts, dont dix enfants, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé de l’enclave palestinienne, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès. Côté israélien, deux femmes ont été tuées

Israël, Palestine, Mur, LamentationsC’est la pire escalade depuis des années dans la région. Le mouvement islamiste Hamas et Israël poursuivent ce mardi leurs échanges de tirs depuis et vers la bande de Gaza. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l’enclave palestinienne, a fait état de 28 morts, dont dix enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Djihad islamique, autre groupe armé, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

« Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza », a prévenu mardi matin le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus, rapportant, lui, la mort de 15 membres du Hamas et du Djihad islamique. L’armée israélienne a frappé 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a-t-il précisé.

« Les Palestiniens finiront par gagner », affirme le Hamas

Les salves de roquettes tirées depuis le territoire palestinien constituent « une agression grave à l’encontre d’Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer », a-t-il affirmé. Le ministre de la Défense Benny Gantz a de son côté approuvé une demande de l’armée de mobiliser 5 000 réservistes, mais il n’était pas clair dans l’immédiat quand cette décision serait appliquée. Ces frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019.

Selon un dernier bilan de l’armée, 300 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël depuis lundi, dont plus de 90 % ont été interceptées par le bouclier antimissile « Dôme de fer ». De nombreuses autres roquettes sont tombées à l’intérieur de la bande de Gaza. Mardi matin, des sirènes d’alarme continuent de retentir dans les localités israéliennes jouxtant Gaza. Les secouristes israéliens ont fait état de deux morts à Ashkelon. Deux femmes. L’une était âgée de 65 ans, l’autre de 40 ans. Une trentaine de blessées, pour la plupart dans cette ville située tout près de l’enclave, avaient auparavant été recensés.

« Depuis hier (lundi), l’armée a mené des centaines d’attaques contre le Hamas et le Djihad islamique à Gaza […] Et nous allons encore intensifier la puissance de nos attaques », a déclaré dans la foulée ce mardi après-midi Benjamin Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services, ajoutant que le Hamas « allait se prendre une raclée à laquelle il ne s’attend pas ». Plus tôt, la branche armée du Hamas a promis de faire d’Ashkelon un « enfer » si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza. « Les Palestiniens finiront par gagner », a affirmé le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

« Israël réagira avec force », dit Netanyahu

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l’État hébreu d’une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi. Fait rare, les sirènes d’alarme des autorités israéliennes ont retenti lundi à Jérusalem même.

Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de kilomètres de la Ville sainte. « Israël réagira avec force […], celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d’Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps », avait déjà prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu’une « ligne rouge » avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Les raids israéliens sont « irresponsables, motivés par une volonté de revanche et des calculs politiques », avait de son côté fustigé le chef de la Ligue arabe, Ahmed Abul Gheit, dénonçant une « démonstration de force au prix du sang d’enfants ».

Violences à Jérusalem-Est

Enclave paupérisée de deux millions d’habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Les échanges de tirs interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international. Mardi matin, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse(AFP).

La veille, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne, notamment sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam et site le plus sacré du judaïsme. Un Arabe israélien a en outre succombé à ses blessures par balle, mardi, en marge d’accrochages dans la ville de Lod (centre), a indiqué la police locale sans donner plus de détails.

Amnesty International a fustigé un usage « abusif » de la force par la police israélienne pour disperser « des manifestants palestiniens en grande partie pacifiques » lors de ces accrochages, les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est. Mardi après-midi, Paris a appelé Israël à un « usage proportionné de la force ».

Des familles palestiniennes menacées d’expulsion

L’une des sources de tension des dernières semaines est le sort de familles palestiniennes menacées d’expulsion au profit de colons juifs à Jérusalem-Est. La justice israélienne a annoncé dimanche le report d’une audience clé, qui était prévue lundi, consacrée au sort de ces familles. La situation a suscité de nombreuses réactions à l’étranger, de l’appel de Washington à la « désescalade » à la condamnation d’Israël par des pays arabes.

Des sources diplomatiques ont affirmé lundi que l’ONU, avec l’aide du Qatar et de l’Égypte, avait amorcé une médiation auprès des parties « concernées » afin d’obtenir une désescalade. Mardi, l’ONU s’est dite « profondément inquiète » de l’escalade.

 

Ouest France

Afghanistan : au moins 50 morts dans des explosions devant une école à Kaboul

Cette attaque intervient alors que les Etats-Unis et l’Europe ont appelé, vendredi, à une reprise des négociations dans le pays et ont accusé les talibans de faire régner la violence.

Afghanistan, Ville, Personnes, MarchandsLes attentats à la bombe perpétrés, samedi, devant une école pour filles de Kaboul ont fait au moins cinquante morts et une centaine de blessés, dont beaucoup d’étudiantes, a annoncé le ministère de l’intérieur afghan, dimanche 9 mai. Cette attaque intervient au moment où le ramadan touche à sa fin et alors que les forces étrangères accélèrent leur retrait, laissant derrière elles un pays déchiré par vingt années de guerre.

Le porte-parole du ministère, Tariq Arian, a précisé à la presse qu’une voiture piégée avait explosé, samedi, devant l’école Sayed Al-Shuhada, et que deux autres bombes ont explosé au moment où les élèves, paniqués, se précipitaient dehors.

Les explosions se sont produites dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de la capitale afghane, au moment où les habitants faisaient leurs courses de l’Aïd-el-Fitr, une fête du calendrier islamique qui, la semaine prochaine, marquera la fin du mois de jeûne du ramadan. Ce quartier est peuplé majoritairement par des chiites hazara, souvent pris pour cibles par des militants islamistes sunnites.

« J’ai vu des corps ensanglantés dans une nuée de fumée et de poussière, alors que certains des blessés criaient et souffraient, a déclaré à l’Agence France-Presse Reza, qui a échappé aux explosions. J’ai vu une femme chercher entre les corps en appelant sa fille. A ce moment-là, elle a trouvé un sac de sa fille ensanglanté et elle s’est effondrée. » Reza a ajouté que la plupart des victimes étaient des adolescentes qui venaient de quitter leur école.

Les talibans nient leur implication

La mission de l’Union européenne (UE) en Afghanistan a fustigé cet « attentat ». « S’en prendre à des élèves de primaire dans une école pour filles fait de cet attentat une attaque contre l’avenir de l’Afghanistan. Contre des jeunes gens déterminés à améliorer le sort de leur pays », a déclaré la mission de l’UE sur Twitter. La mission d’assistance des Etats-Unis en Afghanistan a exprimé son « profond dégoût » après l’explosion.

Une enquête pour « attaque terroriste » a été ouverte, a déclaré le porte-parole adjoint du ministère de l’intérieur, Hamid Roshan. « Les gens sur place sont furieux ; ils s’en sont pris aux ambulanciers », a déploré de son côté le porte-parole du ministère de la santé, Ghulam Dastagir Nazari.

L’attentat n’a pas été revendiqué, à ce stade, et les talibans ont nié toute implication. Mais le président afghan, Ashraf Ghani, les a accusés d’en être responsables. « Les talibans sont derrière ces attentats. Ils ont déjà mené des attaques similaires contre des établissements scolaires par le passé », a déclaré M. Arian.

Retrait américain

En mai 2020, un groupe d’hommes armés avait attaqué en plein jour une maternité soutenue par Médecins sans frontières (MSF), tuant vingt-cinq personnes, dont seize mères et plusieurs nouveau-nés. MSF avait décidé par la suite de quitter ce projet. Cet attentat n’a jamais été revendiqué, mais le président afghan avait accusé les talibans et le groupe Etat islamique.

« Ce groupe de sauvages n’a pas la capacité d’affronter les forces de sécurité sur le champ de bataille, alors il s’attaque à la place de façon barbare à des bâtiments publics et aux écoles de filles. »

L’ambassadeur américain par intérim dans la capitale afghane, Ross Wilson, a qualifié l’attentat d’« abominable » et d’« attaque impardonnable contre les enfants et l’avenir de l’Afghanistan ». Le ministre des affaires étrangères du Pakistan, un pays accusé de soutenir les talibans, a, quant à lui, dénoncé une attaque « condamnable ».

Le 24 octobre, un homme s’était fait sauter dans un centre de cours particuliers dans le même quartier, tuant dix-huit personnes, parmi lesquelles des étudiants. Cet attentat n’a, lui non plus, pas été revendiqué.

Cette explosion intervient alors que les Etats-Unis et l’Europe ont appelé, vendredi, à une reprise « immédiate » et « sans condition préalable » des négociations en Afghanistan, accusant les talibans de faire régner la violence durant le retrait des forces étrangères et de bloquer le processus de paix.

Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une intervention américaine, ont récemment intensifié leurs attaques à travers le pays, selon les autorités afghanes. Vingt ans après leur déploiement à la suite des attentats du 11 septembre 2001, survenus sur leur sol, les Etats-Unis ont entrepris de retirer leurs forces d’Afghanistan.

Le Monde / AFP / Reuters