A propos Fatima Achouri

Je suis consultante et essayiste. Spécialisée en sociologie de l’organisation et de l’islam contemporain, j’analyse notamment les interactions entre le religieux et les organisations. Mes travaux portent sur les enjeux des mutations actuelles (sociales, politiques, économiques, technologiques,etc.) auprès des organisations et des individus. Je suis également formatrice et conférencière auprès des organisations publiques et privées sur la gestion du fait religieux.

Les évêques choisissent une femme comme secrétaire générale adjointe

Christine Naline a été nommée pour succéder au père Gérard Le Stang au poste de secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France.

C’est une femme que le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a choisie pour remplacer le père Gérard Le Stang comme secrétaire générale adjointe. Une première, que l’heureuse élue, Christine Naline, 60 ans, accueille avec joie mais aussi comme une suite logique du concile Vatican II : « Je suis très touchée de cette réflexion des évêques. Elle montre qu’ils prennent au sérieux la vocation baptismale de l’ensemble des membres du peuple de Dieu. »

Une autre femme – Corinne Boilley, qui achève son deuxième et dernier mandat – était déjà « chargée des questions économiques, sociales et juridiques »au sein du secrétariat général. Mais Christine Naline, elle, partagera avec les pères Pierre-Yves Pecqueux et Emmanuel Coquet (nommé pour un second mandat) et sous la houlette du père Olivier Ribadeau Dumas, la coordination des services nationaux de pastorale.

 

« Je ne cherche pas à faire carrière dans l’Église »

Une nouvelle responsabilité qui se situe dans le droit fil de celles que cette mère de quatre enfants et grand-mère de huit enfants a acceptées dans le diocèse de Lille puis celui de Nanterre : catéchète et responsable de la formation des catéchistes dans le Nord, elle a été choisie par Mgr Gérard Daucourt, ancien évêque de Nanterre, pour accompagner les laïcs en mission ecclésiale et a rejoint le conseil épiscopal.

Tout récemment, et avant d’être nommé à Paris, Mgr Michel Aupetit lui a demandé, ainsi qu’à son mari, d’organiser le jubilé pour les 50 ans du diocèse.« À chaque fois, je ne réponds qu’après un temps de discernement, car je ne cherche pas à faire carrière dans l’Église », assure-t-elle.

Pour remplacer Corinne Boilley, la CEF pourra compter sur Ambroise Laurent, 59 ans, ancien élève d’HEC et de l’ENA, en poste à la Cour des comptes avant de rejoindre le privé au sein de la compagnie d’assurances UAP puis d’une banque, BNP Paribas.

 

La Croix

Le Danemark interdit le voile intégral dans les espaces publics

Le parlement danois a adopté, jeudi 31 mai, à une large majorité une loi interdisant le port du voile intégral islamique, et d’autres accessoires recouvrant le visage, dans l’espace public.

Les Danois rejoignent en cela plusieurs autres pays européens dont la France, qui avait impulsé le mouvement en 2011.

Il n’y a pas eu de suspense. Par 75 voix contre 30, avec des suffrages venant aussi bien des députés de l’opposition sociale-démocrate que du Parti populaire danois (soutien du gouvernement sans y participer, classé anti-immigration et populiste), les parlementaires danois ont adopté jeudi 31 mai le projet de loi interdisant le port du voile intégral islamique (de type « burqa » ou « niqab ») dans l’espace public.

Porté par le gouvernement de droite, le texte de la nouvelle loi ne vise pas explicitement le voile. Il concerne également d’autres accessoires vestimentaires dissimulant le visage. « Toute personne qui, dans des lieux publics, porte un vêtement qui lui cache le visage est passible d’amende », stipule-t-il.

Entrée en vigueur le 1er août

Cette nouvelle loi danoise entrera en vigueur le 1er août prochain. À partir de cette date, une infraction sera sanctionnée d’une amende de 1 000 couronnes danoises (134 €). En cas d’infractions répétées, l’amende pourra grimper jusqu’à 10 000 couronnes.

Mesurer l’impact de cette loi dans le royaume danois serait hasardeux. Aucune statistique officielle ne permet de connaître le nombre de femmes portant le niqab ou la burqa au Danemark.

La population musulmane, sans être négligeable, compte peu parmi les 5,8 millions d’habitants, dont 5 millions de Danois.

À côté des plus de 63 000 ressortissants originaires de Turquie, la communauté étrangère la plus importante dans le pays, on compte des populations d’autres pays majoritairement musulmans : 40 000 personnes originaires de Syrie, 32 000 d’Irak, 26 000 du Liban, 25 000 du Pakistan, 23 000 de Bosnie, 21 000 de Somalie et d’Iran, 18 000 d’Afghanistan, 11 000 du Maroc.

Une liste européenne qui s’allonge

Après la France en 2010, la Belgique, ou plus récemment l’Allemagne ou l’Autriche, le Danemark légifère donc à son tour sur ce sujet.

La France a été le premier pays d’Europe à interdire le voile intégral dans l’espace public, avec une loi « interdisant la dissimulation du visage dans l’espace publique » promulguée en octobre 2010, appliquée depuis avril 2011. Validée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en 2014, elle prévoit jusqu’à 150 € d’amende en cas d’infraction.

La Belgique a suivi, en 2011. Les contrevenants sont passibles d’une condamnation allant jusqu’à sept jours de prison et d’une amende. La CEDH a validé cette interdiction en 2017.

La Bulgarie, en 2016, a aussi interdit le port du voile intégral en public, sauf pour raisons de santé ou professionnelles. Aux Pays-Bas, les députés ont voté cette même année un projet de loi l’interdisant dans les écoles, hôpitaux, transports en commun, sous peine d’amende allant jusqu’à 405 €.

L’Allemagne interdit le port du voile intégral depuis 2017 dans certains contextes, notamment pour les fonctionnaires qui doivent avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions. La loi oblige également à se découvrir en cas de vérification d’identité.

2017 a également été l’année de l’entrée en vigueur de l’interdiction du voile islamique intégral dans les lieux publics en Autriche. Les amendes pouvant aller jusqu’à 150 €.

D’autres pays, enfin, gardent une législation plus souple. En Italie, hormis deux régions tenues par la Ligue (extrême droite) – la Lombardie et la Vénétie – qui ont interdit le voile intégral et la burqa dans les hôpitaux et les bâtiments publics, une loi ancienne (1975) interdit de sortir le visage couvert. Les tribunaux ont systématiquement retoqué les arrêtés municipaux s’en prévalant pour interdire le voile intégral, au motif que celui-ci résultait plus d’une tradition que d’une volonté de dissimuler son identité.

Au Royaume-Uni, des directives de 2007 du ministère de l’Éducation permettent aux directeurs d’établissements scolaires d’interdire le niqab. Dans les services de santé publique, la décision est à la discrétion des hôpitaux.

En Suède, enfin, le voile est autorisé. Seuls les établissements scolaires peuvent depuis 2006 l’interdire s’il nuit à la communication entre élève et enseignant, s’il est dangereux – dans un laboratoire, en sport – ou s’il contrevient aux règles d’hygiène.

 

La Croix

Ces associations chrétiennes au service de chômeurs plus fragiles

L’Assemblée nationale doit commencer à examiner mardi 29 mai le projet de loi sur l’avenir professionnel, qui inclut la réforme de l’assurance-chômage.

Ces dernières années, les associations catholiques d’aide à la recherche d’emploi ont dû s’adapter pour épauler des chômeurs plus affectés psychologiquement par les aléas de leurs carrières.

C’est après un « burn-out », entraînant une « profonde remise en question professionnelle », que Delphine, 39 ans, a décidé de quitter en décembre le secteur de la communication associative, vers lequel elle s’était orientée à sa sortie des Beaux-Arts. Quelques mois plus tôt, cette catholique au parcours atypique avait entendu parler, par le « bouche-à-oreille », de l’accompagnement à la recherche d’emploi proposé par des professionnels bénévoles de l’Association Chrétienne pour le travail et l’emploi (Acte).

Le rendez-vous est aussitôt pris. « J’avais vraiment besoin de faire le point, de reprendre confiance en moi », explique-t-elle, désormais en quête d’une nouvelle offre dans le domaine culturel. « Pendant trois mois, nous proposons aux inscrits de poser les crayons, de réfléchir au sens qu’ils veulent donner à leur vie. Ensuite, seulement, ils rentrent dans une phase active de recherche par le biais d’ateliers », explique Odile Boyer, consultante depuis 2006 chez Acte, en soulignant voir toujours affluer « des gens motivés, même s’ils peuvent être abîmés par ce qu’ils viennent de vivre ».

Acte remet les cadres sur le chemin de l’emploi

Des chômeurs plus affectés psychologiquement

Sentiment d’avoir été « broyé », « cassé » par sa hiérarchie, chômage « de très longue durée », pression exacerbée dans les entreprises, concurrence rude à l’embauche, marché plus précaire pour les jeunes, difficultés pour les mères au foyer à retrouver un travail après une période de pause… Ces dernières années, plusieurs associations catholiques d’aide à la recherche d’emploi ont été approchées par de nouvelles « classes » de chômeurs, plus affectées psychologiquement par les aléas de leurs parcours professionnels. Un constat qui s’applique particulièrement, notent-elles, aux candidats seniors.

« Beaucoup d’entre eux, découragés après des mois de recherches infructueuses, se sont enfermés dans une spirale négative et sont prêts à abandonner : il faut alors leur expliquer qu’il y a toujours de l’offre, et leur réapprendre à savoir se vendre », explique Gérard Tanchon, directeur depuis quatre ans du Groupe recherche emploi (GRE), rattaché au Mouvement chrétien des cadres dirigeants (MCC), qui mise sur « la synergie positive » de séances par petits groupes, animées par des professionnels en activité, pour optimiser leurs « retours dans le circuit ».

Pour les cadres de plus de 40 ans

« Parmi eux, beaucoup doivent concéder à de gros sacrifices salariaux, et certains n’arrivent malheureusement pas à se réinsérer dans le contexte actuel », déplore Gérard Langlois, directeur depuis deux ans du réseau Passage et Transition (Petra), qui organise chaque année, avec les religieuses de l’Assomption, plusieurs sessions pour les cadres de plus de 40 ans en recherche d’emploi depuis au moins un an. Face à ces nouveaux profils, certaines associations ont complètement revu leur mode d’accompagnement.

« Il y a vingt-cinq ans, les gens qui arrivaient aux sessions étaient très formels, ils n’osaient pas dire un mot plus haut que l’autre : c’était finalement une petite reproduction du monde de l’entreprise. Cela n’est plus du tout le cas aujourd’hui, ils prennent plus librement la parole », explique Gérard Langlois, qui s’était lui-même inscrit, dans les années 1990, à une session Petra après un licenciement. À l’époque, les participants étaient à 90 % des quinquagénaires hommes. Aujourd’hui, les sessions de son association sont aux deux tiers composées de femmes, et comptent de nombreuses personnes divorcées. Conséquence pratique : « nous n’organisons plus de sessions pendant les vacances scolaires, pour permettre aussi aux familles séparées de voir leurs enfants. »

Dépression, éclatement des cellules familiales, perte de repères, « honte » sociale… Beaucoup d’associations ont intégré un volet « psychologique », plus personnalisé, à leur formation. Pour les plus fragiles d’entre eux, le GRE s’apprête même à proposer, en parallèle à ses ateliers classiques, un accompagnement spirituel dispensé par un prêtre. « Le chômage est une détresse humaine dont on n’a pas idée, peu perceptible parce que les demandeurs d’emploi prennent garde à donner le change en public », poursuit Gérard Langlois, « c’est essentiel, dès lors, de redoubler d’attention pour leur faire comprendre que nous sommes là pour s’intéresser vraiment à ce qu’ils disent, et à ce qu’ils sont ».

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Les paroisses s’engagent à leur tour

Les matinales de l’emploi
L’église Saint-Pothin organise ainsi chaque jeudi matin à Lyon (Rhône) un temps de prière et d’échange entre actifs et demandeurs d’emploi, autour de conseils concrets et de partage de carnets d’adresses.

SFX-Emploi
Cette association, rattachée à la paroisse Saint-François Xavier (Paris VIIe), « propose à ceux qui sont en rupture de carrière de se mettre en binôme avec des accompagnateurs, actifs bénévoles, qui les suivent personnellement pendant plusieurs mois », explique François Spriet, son coordinateur.

Le club Saint-Vincent
Il réunit, chaque lundi soir à la paroisse Notre-Dame de Compassion de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), des cadres en recherche d’emploi pour leur faire expérimenter des méthodes de recherche et de préparation aux entretiens « apparentées aux techniques du marketing ».

 

La Croix

Erdogan veut réévaluer ses liens économiques avec Israël

Le président turc a également appelé les pays islamiques à prendre des mesures contre les pays qui transféreront leur ambassade à Jérusalem

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit qu’il va revoir les liens économiques et commerciaux avec Israël, et il a appelé les pays islamiques à soutenir une décision récente d’appeler à des sanctions économiques contre n’importe quel pays qui suivrait les Etats-Unis dans le transfert de leur ambassade à Jérusalem ou reconnaîtrait la ville comme la capitale d’Israël.

Les relations entre Israël et la Turquie se sont fortement détériorée après les affrontements de la semaine dernière à la frontière d’Israël et de Gaza où des dizaines de Palestiniens ont été tués, entraînant une confrontation diplomatique qui a vu les ambassadeurs et les consuls des deux pays être expulsés ou rentrer dans leurs pays respectifs.

 

Erdogan, qui s’exprimait à des journalistes alors qu’il rentrait en Turquie depuis la Bosnie-Herzegovie dimanche, a déclaré que les membres de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), que le Turquie préside actuellement, devraient suivre leur résolution de sanctionner les pays qui reconnaissent Jérusalem comme la capitale d’Israël. L’OCI a également appelé ses états membres et la communauté internationale à mettre en place un boycott des produits en provenance des implantations israéliennes en Cisjordanie.

« J’espère que les pays de l’OCI mettront en pratique la décision de l’embargo », a déclaré Erdogan, selon le quotidien Hurriyet. « Bien sûr, nous évaluerons aussi la situation. En ce qui concerne la Turquie, nous évaluerons nos liens, économiques et commerciaux en particulier, avec [Israël]… Nous prendrons des mesures dans cette direction après les élections ».

Les élections de Turquie pour la présidence et le parlement sont prévues pour le 24 juin.

 

Au sujet des récentes émeutes à la frontière de Gaza, Erdogan a noté que l’OCI a incité les Nations Unies à envoyer une force de maintien de la paix pour protéger la bande de Gaza d’Israël.

« Nous pensons que cela les dérangera et que ce ne sera pas facile pour Israël de tirer sur les forces des Nations Unies », a-t-il dit.

Lors d’une rencontre extraordinaire de l’OCI vendredi, le conseil composé de 57 membres a indiqué dans un communiqué final sa « détermination pour prendre les mesures politiques, économiques et autres contre les pays qui reconnaissent Al-Quds [Jérusalem] comme la capitale d’Israël ou transfèrent leurs ambassades là-bas ».

La rencontre, organisée par le Turquie à Istanbul, a été convoquée à la suite des affrontements à Gaza de la semaine dernière lors de manifestations prévues pour coïncider avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, tout comme pour marquer la Nakba palestinienne, ou ce que les Palestiniens appellent la « catastrophe » de la fondation de l’Israël en 1948. Depuis la décision américaine, le Guatemala et le Paraguay ont tous les deux ouvert des ambassades à Jérusalem.

Erdogan cherche depuis longtemps à incarner le rôle du dirigeant musulman dans l’ensemble du monde islamique, retenant ainsi rarement ses attaques verbales contre Israël même si Ankara a des relations diplomatiques avec l’état juif.

Dans une crise diplomatique qui a éclaté la semaine dernière – menaçant un accord de 2016 qui permettait la reprise de liens diplomatiques complets après six années d’hostilité – la Turquie a ordonné à l’ambassadeur israélien de quitter son territoire pour une période de temps non spécifiée.

La Turquie avait déjà retiré son ambassadeur à Tel Aviv pour des consultations alors qu’Israël avait donné l’ordre au consul turc à Jérusalem de partir, aussi pour une période de temps non spécifiée. Quelques heures plus tard, Ankara a expulsé le consul d’Israël.

Erdogan s’est également engagé dans un échange acerbe sur Twitter avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qu’il a accusé d’avoir « le sang des Palestiniens » sur les mains, alors que Netanyahu l’a accusé en réponse de soutenir le Hamas et d’être un soutien des « massacres et de la terreur ».

Selon le Ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, 64 Palestiniens ont été tués lundi et mardi derniers alors que les forces de sécurités israéliennes ont ouvert le feu sur des manifestants qui cherchaient à traverser la frontière de sécurité. Israël affirme que le Hamas, un groupe terroriste qui souhaite détruire l’état d’Israël, a organisé les manifestations pour couvrir ses tentatives de traverser la frontière et de mener des attaques terroristes en territoire israélien.

De nombreux pays de la communauté internationale ont critiqué Israël pour les morts, même si l’armée israélienne et le Hamas ont tous les deux noté que la plupart des morts étaient des membres de groupes terroristes gazaouis. Un officiel du Hamas, Salah Bardawil, a déclaré mecredi que 50 des victimes étaient des membres du Hamas. Le Jihad Islamique a ensuite déclaré que 3 des morts faisaient partie du groupe.

 

The Times of Israël

À Paris, le denier se met au Web pour stimuler les donateurs

Pour la première fois, le diocèse de Paris a impulsé une campagne pour le denier sur Internet afin de stimuler ce don chez les moins de 50 ans.

À quoi sert le denier de l’Église ? La réponse à cette question, beaucoup de personnes ne l’ont pas, certains ignorant même son existence. Ce qui explique sans doute que la moyenne d’âge des donateurs soit de 68 ans. C’est ce constat qui a poussé le diocèse de Paris, encouragé par le professionnel du digital Émile Duport, à lancer en décembre une campagne de communication entièrement sur le Web. « Étant dans la tranche d’âge qui ne pense pas à donner au denier, je m’étonnais de ne jamais recevoir d’e-mail de rappel, ni de sollicitation sur les réseaux sociaux », raconte-t-il. Avec cette campagne exclusivement numérique, une première en France, le diocèse entend informer sur le rôle et l’importance du denier, expliquer à quoi il sert, et surtout, stimuler de nouveaux donateurs.

 

Renouveler les donateurs

Pages Facebook et Twitter, toilettage de la plate-forme de dons, vidéos Web jeunes et un slogan (« du fun, de l’info et du don ») : la campagne du diocèse cherche clairement à toucher la génération Y. Par effet de rebond, c’est la génération d’au-dessus, les quarantenaires, qui s’est sentie la plus concernée par cet appel à faire un geste pour la communauté.

« On a déjà gagné 100 donateurs en ligne par rapport à l’année dernière, soit une augmentation de 12 % », se réjouit Patricia Veyres, responsable du denier de l’Église de Paris. Et l’âge moyen des donateurs en ligne a baissé de cinq ans. Les nouveaux venus : des quarantenaires.

L’objectif premier de la campagne du diocèse de Paris est donc surtout de fidéliser de nouveaux donateurs, dans cette génération d’adulte qui n’a pas pris le relais des anciens. « Nous encourageons à donner 1 % des revenus, un chiffre rassurant pour les trentenaires et quarantenaires », explique Émile Duport.

Le Denier, une ressource essentielle pour L’Église

En dix ans, les diocèses français ont perdu 250 000 donateurs. Pour l’instant, le montant de la récolte annuelle se maintient, mais c’est uniquement grâce à une générosité accrue des anciens donateurs. Ils parviennent pour l’instant à compenser la relève qui tarde à venir.

Avec 254 534 702 € euros récoltés en 2016, le denier représente 40 % des ressources de l’Église. Il permet de faire vivre 12 000 prêtres et de rémunérer 11 000 salariés, entretenir les paroisses et financer les diverses activités de l’Église.

En décembre, la Conférence des évêques de France a lancé pour la première fois une campagne de communication nationale sur le denier de l’Église. 2000 affiches et 4 500 spots à la radio ont appelé les croyants à manifester leur appartenance et leur confiance dans L’Église à travers ce don. Le diocèse de Paris a fait un pas de plus.

 

Un « acte missionnaire »

Dans la vidéo de lancement de la campagne parisienne, quelques personnalités comme Natasha St-Pier accompagnent les ténors du diocèse pour exhorter les croyants à mettre la main à la poche pour leur paroisse. Avec une question principale à méditer : comment serait le monde s’il n’y avait pas d’Église ?

Aujourd’hui, les diocèses d’Île-de-France se fédèrent peu à peu autour de jedonneaudenier.org, et des regroupements semblables pour mutualiser le denier ont lieu dans les régions. Pour Émile Duport, « il y a enfin une véritable prise de conscience que le digital est le levier pour pérenniser les revenus de l’Église. »

 

La Croix

Le judaïsme à l’épreuve du sionisme

Le 14 mai 1948, il y a 70 ans, David Ben Gourion proclamait la création de l’État d’Israël. Comment l’avènement du projet sioniste a-t-il affecté le judaïsme qui, pendant deux millénaires, se vivait en dehors de sa terre de naissance ?

Pour une grande partie du monde juif – et quoique certains auteurs le contestent, dont l’historien israélien Shlomo Sand –, la création de l’État d’Israël en 1948 a réalisé l’attente bimillénaire de la fin de l’exil, qui durait depuis la destruction du Temple de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ par les Romains.

Ce « retour » des Juifs dans l’ancien pays biblique de Canaan accomplit une prière centrale de la liturgie juive (Amida), où les fidèles demandent à Dieu d’y être un jour à nouveau rassemblés.

Pourtant, dès l’invention du sionisme à la fin du XIXe siècle, ce mouvement a divisé le judaïsme européen, au sein duquel il est apparu. Il a longtemps été combattu par les autorités rabbiniques.

« Même parmi les juifs qui ont accepté le sionisme, il y avait des désaccords profonds : certains n’y voyaient qu’une forme de philanthropie collective, un pays refuge ouvrant ses portes aux rescapés des pogroms, puis de la Shoah ; mais d’autres y lisaient déjà les prémices de la rédemption – et ce, même si les pionniers du sionisme n’étaient pas des juifs pratiquants », explique Denis Charbit, professeur de science politique à l’université ouverte d’Israël, qui vient de publier un livre d’entretiens entre deux penseurs juifs sur le sujet.

La rédemption en marche ?

Le sionisme comporte-t-il une dimension messianique ? Si la question a été clivante pendant des décennies, un consensus semble s’être dégagé après 1967. La victoire israélienne à la guerre des Six jours a été considérée par de nombreux juifs comme un « miracle » relevant de l’intervention divine, tandis que la redécouverte de certains sites historiques juifs après l’annexion de Jérusalem-Est et l’occupation de la Cisjordanie (le mur occidental à Jérusalem, la ville d’Hébron…) constituait une sorte de « choc messianique ».

L’expression est du rabbin David Meyer, qui enseigne à l’université pontificale grégorienne de Rome et vient aussi de publier un livre abordant ces questions. « Désormais, l’idée que l’exil est en train de prendre fin et qu’on se dirige vers une nouvelle étape de l’avènement messianique est largement partagée au sein du judaïsme », assure-t-il. Denis Charbit confirme que « le sionisme religieux messianisant l’a largement emporté ».

La colonisation, obstacle à la paix

Il demeure toutefois un antisionisme ultraorthodoxe, qui considère le sionisme comme une « idéologie de la modernité », et même un « danger mortel pour le judaïsme ». Pour ces haredim (craignant Dieu), seul Dieu peut mettre un terme à l’exil du peuple juif.

Un judaïsme « désacralisé »

Au-delà de la question du messianisme, qui entraîne une perception non-historique d’Israël au risque de se heurter à sa réalité politique, l’existence d’un État hébreu depuis 70 ans a modifié le sentiment d’appartenance au judaïsme : par le passage inédit d’une minorité à une majorité juive, ainsi que par l’apparition d’une laïcité juive, israélienne.

« Outre la dimension religieuse, le judaïsme a gagné en 1948 une dimension nationale, avec une terre, un État, une langue, une société, précise Denis Charbit. Certains religieux déplorent cette” réduction patriotique”, estimant que le sionisme a en quelque sorte désacralisé le judaïsme. »

Le rabbin David Meyer est vraisemblablement de ceux-là. « Aujourd’hui, de nombreux juifs ne se sentent juifs que par la mémoire de la Shoah et l’attachement à l’État d’Israël, où beaucoup ne sont même jamais allés ! Je crains qu’une identité ainsi vidée de contenu réel et d’enseignement rigoureux ne soit pas très solide. »

Inquiet, même, pour la survie du judaïsme en diaspora (entre autres du fait de l’assimilation), ce rabbin français déplore la « folklorisation » du judaïsme en Israël et le manque de créativité de la pensée rabbinique contemporaine : celle-ci lui semble « incapable de proposer une réflexion critique » sur l’État d’Israël, notamment en diaspora.

« Le judaïsme comme réflexion éthique est sans doute moins créatif qu’il ne l’a été, convient Denis Charbit. Cette religion a toujours été un dosage subtil entre le particularisme et l’universel. Or au sein de l’État d’Israël, compte tenu de certaines données militaires et sécuritaires, cet équilibre a été altéré au profit d’un” nous” particulariste. Quitte à remettre la dimension universelle, peut-être, à l’ère messianique… »

 

La Croix

Indonésie : l’EI revendique une série d’attaques contre des églises

Une famille de six personnes est responsable des attaques-suicides menées dimanche 13 mai, contre trois églises à Surabaya en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, a rapporté la police. Ces attaques, qui ont fait 13 morts et une quarantaine de blessées, dont deux policiers, ont été revendiquées par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), a annoncé le chef de la police nationale, Tito Karnavian.

 

C’est le plus lourd bilan dans ce pays depuis des attaques contre deux hôtels de luxe à Jakarta en 2009, qui avaient fait 9 morts.

Quelques heures plus tard, trois personnes ont été tuées et deux autres blessées dans l’explosion d’une bombe dans un immeuble d’habitation, toujours à Surabaya, a indiqué la police. Cette attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat.

Les auteurs des trois premières attaques sont six membres d’une même famille: la mère, le père, les deux filles de 9 et 12 ans et les deux fils de 16 et 18 ans, a annoncé le chef de la police nationale, Tito Karnavian. La famille était liée au mouvement radical Jamaah Ansharut Daulah (JAD), qui soutient le groupe Etat islamique. Les attaques ont été perpétrées dans trois endroits différents à dix minutes d’intervalle, la première explosion s’étant produite à 7 h 30 locales (2 h 30 heure de Paris), a précisé la police de Surabaya, deuxième ville du pays.

Des types de bombes différents

La mère, identifiée comme Puji Kuswati, et ses deux filles portaient des niqabs et des bombes autour de la taille lorsqu’elles ont pénétré dans l’église Kristen Indonesia Diponegoro pour se faire exploser, selon M. Karnavian. Le père, Dita Priyanto, chef de cellule au sein du JAD, a foncé avec une voiture d’explosifs sur l’Eglise pentecôtiste du centre de Surabaya, alors que ses fils ont conduit des motos en direction d’un troisième lieu de culte, l’église Sainte-Marie, où ils ont activé les explosifs qu’ils portaient. Les trois attaques « sont des attentats-suicides mais les types de bombes utilisées sont différents », a souligné M. Karnavian.

Selon l’organe de propagande du groupe EI, l’agence Aamaq, « trois attaques kamikazes » ont fait des morts et des blessés « parmi les gardiens des églises et des chrétiens dans la ville de Surabaya ».

L’un des assaillants tué

Au moins l’un des assaillants qui ont fait exploser leurs bombes à Santa Maria a été tué. Il n’a pas été précisé dans l’immédiat si les autres assaillants avaient péri. Des démineurs de la police ont, par ailleurs, désamorcé des bombes à la Gereja Pantekosta Pusat Surabaya (église pentecôtiste du centre de Surabaya).

Ces attaques interviennent à quelques jours du début du ramadan dans ce pays d’Asie du Sud-Est qui est en état d’alerte depuis la série d’attentats perpétrés ces dernières années, certains par l’EI.

L’intolérance religieuse a augmenté ces dernières années en Indonésie, pays de 260 millions d’habitants, dont près de 90 % sont de confession musulmane, mais qui compte aussi des minorités comme les chrétiens, hindous et bouddhistes. D’autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers cet archipel d’Asie du sud-est.

 

Le Monde.fr

 

Allemagne : une enseignante musulmane interdite de porter le voile

Un tribunal berlinois a appuyé sa décision sur le « principe de neutralité », qui stipule que les enseignants ne doivent pas porter de signes religieux manifestes.

La décision était très attendue par l’opinion publique allemande. Un tribunal berlinois a interdit mercredi 9 mai à une jeune enseignante musulmane de porter le voile pendant les cours comme elle le souhaitait. La ville-État, défendue par Seyran Ates, une avocate féministe de renom, s’est appuyée pour obtenir gain de cause sur le « principe de neutralité » dans la capitale allemande : il stipule que les policiers, enseignants et personnels de justice ne doivent pas porter de signes religieux manifestes tels qu’une croix, une kippa ou le voile.

Dans son jugement, la juridiction des prud’hommes de Berlin a estimé que la plaignante n’avait pas été victime d’une discrimination en raison de sa religion. Le principe de neutralité invoqué par la ville de Berlin est donc à ses yeux conforme à la Constitution allemande. La liberté de religion de la jeune femme ne doit pas primer « sur l’intérêt de l’État régional de Berlin à organiser les écoles primaires [selon le principe] de la neutralité religieuse », ont encore argumenté les juges berlinois.

Suspendue dès sa première journée de travail

La jeune femme déboutée peut encore interjeter appel. Elle avait porté plainte parce qu’elle voulait enseigner dans une école élémentaire avec son hijab. La ville de Berlin avait embauché la jeune femme, actuellement en congé parental, l’an dernier. Mais à l’issue de sa première journée de travail, elle avait été suspendue de ses fonctions et transférée dans un établissement d’enseignement professionnel pour assurer les cours d’une « classe d’accueil » pour les enfants réfugiés. Pour les écoles traditionnelles, ce principe de neutralité s’arrête dans les classes où les élèves ont plus de 16 ans. Dans une autre procédure, la jeune femme réclame des dommages-intérêts à la Ville de Berlin, s’estimant discriminée en raison de sa religion.

Le port du voile dans les institutions publiques diffère d’un État régional à l’autre. La Bavière a ainsi fait récemment sensation en annonçant que des crucifix devaient être accrochés dans tous les bâtiments publics gérés par la région.

 

AFP

En Avignon, la mairie accusée de vouloir « débaptiser » certaines écoles publiques

Depuis une semaine, la mairie de la cité des papes est dans la tourmente à la suite d’un article de la presse locale concernant un projet de modification des noms d’écoles.

« La mairie chasse les saints des écoles ». Vendredi 20 avril, dans sa Une au ton accusateur, Vaucluse Matin a détaillé un supposé projet de la mairie d’Avignon : celle-ci aurait pour volonté de « débaptiser » les écoles publiques portant des noms de saints, pour leur donner des noms de figures publiques. Ainsi, des établissements scolaires portant le nom de Saint-Roch ou de Saint-Jean seraient renommés selon des propositions faites par les écoles et leur direction.

Les différents témoignages des élus municipaux semblent ne pas concorder sur le sujet. Tandis que le service communication assure que « la maire n’a jamais dit qu’on allait changer le nom des écoles qui portent un nom de saint », certains adjoints, dans leur déclaration, laissent place au doute. « On propose de changer le nom de certaines écoles pour qu’il corresponde plus aux aspirations du moment », explique une adjointe de quartier.

« Nettoyage anti-religieux »

Saint-Roch, Saint-Jean, Sainte-Catherine, Saint-Ruf, Saint-Gabriel mais aussi Thiers… autant d’établissements scolaires que Vaucluse Matin dit concernés par le changement de nom.

Les réactions sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. De nombreux médias d’opinion réputés conservateurs ont relayé l’information, qualifiée par certains de « nettoyage antireligieux ». Sur Twitter, le maire Front National de Fréjus, David Rachline, a même « suggéré » à la maire d’Avignon de « démolir directement le magnifique Palais des Papes ou de détruire toutes les églises de l’Avignonnais », qualifiant le projet de la mairie d’« entreprise de destruction ».

Face à ce flot de réactions, la mairie d’Avignon a précisé ses intentions dans un communiqué de presse. Tout en accusant la presse locale d’alimenter des « polémiques qui n’ont pas lieu d’être », elle nuance le propos de Vaucluse Matin : « la Ville étudie la possibilité que les écoles portant le nom de la rue ou du quartier dans lesquelles elles sont situées bénéficient d’une dénomination propre », à commencer par l’école Thiers, située dans la rue du même nom. D’après la presse locale, cet établissement scolaire pourrait être rebaptisé « Simone Veil », mais un débat est en cours.

Processus pédagogique

Le communiqué de presse ne donne aucune précision sur les établissements portant un nom de saint, mais indique qu’un éventuel changement de nom ne saurait se faire sans le concours des élèves, enseignants et direction, dans le cadre d’un « processus pédagogique » et d’une « réflexion civique ». Contactée, la mairie n’a pas donné plus d’informations.

Son communiqué n’a pas dégonflé la polémique sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, les commentaires dénonçant un « laïcisme » de la Ville d’Avignon vont bon train, tant de la part d’anonymes que d’élus locaux, relayant les articles d’opinion publiés par les médias de la sphère conservatrice. Julien Aubert, député du Vaucluse et président du nouveau parti « d’inspiration gaulliste » Oser la France, a même accusé Avignon de « négation de son histoire papale » et « d’aseptisation culturelle ».

 

La Croix

Allemagne : le crucifix de la polémique en Bavière

Le ministre-président de Bavière Markus Söder vient d’émettre un décret qui nourrit déjà des polémiques. À partir du 1er juin, les halls de tous les bâtiments publics présents dans la province devront installer un crucifix bien en évidence. Montrant l’exemple, il a convoqué les journalistes pour le prendre en photo en train de fixer la croix dans le hall de son siège, à Munich.

Le ministre-président d’un territoire très catholique a imposé la pose du crucifix qui ne se résume pas à un « signe religieux » selon lui, mais s’avère être aussi « un emblème de la tradition historique et culturelle de la Bavière. (…) Un signe visible d’adhésion aux valeurs fondamentales de l’État de droit en Bavière et en Allemagne ».

Les yeux avertis des observateurs ont reconnu, à travers sa décision, une tentative de reconquérir une partie de l’électorat catholique face à l’essor de l’extrême droite dans l’espoir, pour l’Union chrétienne-sociale (CSU) dont il est membre, de remporter la majorité lors des élections régionales prévues 14 octobre prochain.

Cette décision a été l’objet de nombreuses critiques du côté des autorités catholiques pour qui il s’agit d’une instrumentalisation politique d’un symbole religieux. Mgr Reinhard Marx, président de la Conférence épiscopale allemande et archevêque de Munich, n’a pas apprécié son initiative, accusant Markus Söder de « diviser, d’agiter et de monter les gens les uns contre les autres ».

Quelques semaines auparavant, Markus Söder déclarait publiquement que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ». L’archevêque a rappelé à son attention que « celui qui voit dans le crucifix un symbole culturel ne l’a pas compris ». Des Bavarois sont allés même jusqu’à accuser le ministre-président de blasphème en adoptant et en imposant une vision personnalisée du crucifix qui va à l’encontre de sa vraie valeur, telle que le pape François l’a récemment rappelé : le crucifix « n’est pas un objet ornemental ou un accessoire de mode, mais un signe religieux à contempler et à comprendre ».

 

Saphirnews