Le ministère de l’Intérieur prononce la dissolution de BarakaCity, ce que dit le décret

Le couperet est tombé : l’association BarakaCity a été dissoute, mercredi 28 octobre, en conseil des ministres. Le décret présenté par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, expose les raisons de cette dissolution.

« Nonobstant son objet officiel, l’association BarakaCity propage des idées prônant l’islamisme radical, et que par l’intermédiaire du compte personnel Twitter de son président ainsi que des comptes Facebook et Twitter de l’association, elle diffuse et invite à la diffusion d’idées haineuses, discriminatoires et violentes », explique-on dans le texte officiel.

 

Barakacity « doit être regardée comme provoquant à la haine, à la discrimination et à la violence »

Le décret, qui note que « les comptes personnels Twitter et Facebook de son président Driss Yemmou Sihamedi ainsi que ceux de l’association Barakacity sont étroitement imbriqués, renvoyant les uns vers Ies autres », pointe du doigt leurs messages, à la source « de nombreux commentaires hostiles à l’Occident, à la laiche, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l’islam promue par l’association ».

Or, « l’ensemble des commentaires, engendrés par les messages publiés sur les comptes des réseaux sociaux de l’association Barakacity, constituent par eux-mêmes une provocation à la haine, à la discrimination et à la violence » et sont « toujours accessibles sans que son président, ni aucun autre membre de l’association ne procède ni à leur retrait, ni même à une quelconque modération des propos ainsi diffusés ».

Barakacity « doit être regardée comme provoquant à la haine, à la discrimination et à la violence en raison de l’origine, de l’appartenance à une ethnie, à une race ou à une religion déterminée et comme propageant des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence ».

Le caractère haineux des messages postés n’est pas le seul grief retenu contre la structure. Selon le ministère de l’Intérieur, l’association « doit également être regardée comme se livrant sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorismes en France ou à l’étranger ». Le ministère, qui rappelle le refus de condamner clairement les agissements de Daesh lors de son passage sur Canal + en 2016, indique que « l’antenne turque de l’association est dirigée par Mehmet Uzun, ressortissant franco-turc, ancien délinquant multirécidiviste et figure du salafisme, adepte des préceptes encourageant le djihad en Irak et en Syrie ».

Des messages dangereux pointés du doigt

Plusieurs messages sur les réseaux sociaux sont reprochés à Driss Yemmou Sihamedi, parmi lesquels ceux postés en marge du procès des attentats de janvier 2015.

« Il a publié deux messages condamnant la nouvelle publication des caricatures de Mahomet par ce journal, le premier appelant de ses vœux un châtiment contre les caricatures « Puisse le Seigneur augmenter à 2 000 degrés les flammes de leurs tombes » et le second justifiant clairement les attentats et comprenant des propos qui peuvent être caractérisés comme apologétiques d’actes de terrorisme « Qu’Allah maudisse Charlie et ENFLAMME leurs tombes à la chaleur du soleil !! » », indique le décret.

Par ailleurs, il est reproché à Idriss Sihamedi « des messages incitant à la haine envers certaines personnes en désaccord avec ses positions en n’hésitant pas à publier également leurs photos, leurs coordonnées téléphoniques et leur adresse, dans le but de les exposer à des actes de violence ou de représailles, à l’instar de ce qui s’est passé récemment, s’agissant de l’attentat survenu à Conflans-Sainte-Honorine ».

Aussi, il lui est reproché d’entretenir « des relations avec d’autres associations appartenant à la mouvance islamiste radicale, qu’il s’agisse de structures islamistes en Europe ou de groupes djihadistes, et avec d’ex-membres d’associations aujourd’hui dissoutes pour leur implication dans cette mouvance ».

En conséquence, « eu égard aux fonctions de président et fondateur de l’association Barakacity d’ldriss Yemmou Sihamedi, l’ensemble des actes et prises de position, qu’ils émanent de M. ldriss Yemmou Sihamedi ou de l’association Barakacity, doivent être regardés comme formant un tout révélateur des intentions de l’association et lui être imputés ».

Suite à la décision du gouvernement, Idriss Sihamedi a annoncé son intention de porter plainte contre Gérald Darmanin pour diffamation. Il a en outre, demandé à la Turquie « l’asile politique » pour BarakaCity et lui-même, à l’heure où les tensions diplomatiques entre la France et la Turquie sont très vives.

Saphirnews