Tsahal se vante d’avoir mené à Gaza la première guerre dont l’IA était «un élément-clé»

Dans une communication du corps de renseignement, Tsahal a présenté de nouvelles méthodes sur lesquelles elle s’est appuyée pour mener ses frappes aériennes, estimant que l’utilisation de l’IA avait permis de «raccourcir la durée des combats».

 

  Au-delà des enjeux territoriaux sur lesquels il repose, le conflit israélo-palestinien sert également à la communication de l’industrie de l’armement d’un pays qui, sur la période 2016-2020, figurait comme le huitième plus gros exportateur d’armes au monde.  L’offensive de Tsahal est aujourd’hui qualifiée par certains de ses hauts responsables comme «unique en son genre» et l’armée israélienne vante ses capacités en matière d’intelligence artificielle (IA) ou encore d’observation satellitaire. «Pour la première fois, l’intelligence artificielle était un élément-clé et un multiplicateur de puissance dans la lutte contre l’ennemi», a ainsi déclaré un officier supérieur du corps de renseignement de Tsahal, cité le 27 mai par le Jerusalem Post.

«Le programme « alchimiste » a recouru à l’intelligence artificielle, et plus précisément à l’apprentissage automatique pour alerter les troupes sur le terrain d’éventuelles attaques [de l’ennemi]», apprend-on encore dans l’article en question, qui évoque «un système utilisé par chaque commandant d’unité sur le terrain [via] une tablette ergonomique». «Alchimiste», «Evangile», «Gospel» ou encore «Profondeur de la sagesse» : autant de logiciels et d’algorithmes dont la récente utilisation par l’armée israélienne sur le terrain pourrait aujourd’hui favoriser l’industrie du pays qui commercialise déjà à l’international des drones avancés, des systèmes de défense antimissile et d’autres produits avec des labels tels que «testé au combat».

Si Tsahal assure que l’utilisation de l’IA «a permis de raccourcir la durée des combats, car elle a été efficace et rapide dans le repérage des cibles grâce à une super-cognition», il n’est pas inutile de rappeler que les frappes israéliennes sur Gaza – justifiées par Benjamin Netanyahou face aux centaines de roquettes palestiniennes qui, tirées dans le même temps en direction de l’Etat hébreu, ont tué 12 Israéliens dont un enfant – ont tué plus de 250 personnes dont 66 enfants.  Ainsi que l’avait déjà rapporté par le passé le quotidien Haaretz, les offensives militaires de Tsahal sur Gaza constituent une «vache à lait» pour les fabricants d’armes israéliens qui «s’attendent à ce que leurs produits testés au combat leur gagnent de nouveaux clients».

Fait notable, selon l’organisme britannique de campagne contre le commerce des armes (CAAT), un domaine des ventes d’armes israéliennes qui a augmenté ces dernières années est celui des technologies de surveillance. L’organisme fournit en outre un lien vers une carte interactive représentant les ventes d’armes de l’Etat hébreu à travers le monde.

RT France