En Afrique du Sud, l’emprise grandissante des télévangélistes

Des pasteurs stars qui prêchent la prospérité sont crédités de pouvoirs miraculeux par des millions de fidèles sud-africains, malgré la multiplication des scandales.

Chaque dimanche, des milliers de fidèles habillés sur leur trente et un convergent vers le hangar reconverti en église ultramoderne du pasteur Alph Lukau, évangélique sud-africain d’origine congolaise. C’est dans un quartier cossu du nord de Johannesburg qu’est installé l’Alleluia Ministries International (AMI). A l’intérieur, le show commence. Orchestre, caméras, écrans géants, sono assourdissante et projecteurs braqués sur « l’homme de Dieu », aussi appelé « Papa »par ses fidèles. Après un instant de prière, deux heures sont consacrées aux miracles. Alph Lukau prétend pouvoir rallumer un téléphone éteint, deviner le nom d’un enfant ou encore rendre la vue à un aveugle.

Devant l’église, les croyants sont unanimes. Tous disent avoir déjà vu des miracles se réaliser sous leurs yeux. Charlotte, 32 ans, cite ces brûlures qui ont disparu de sa jambe le mois dernier, « grâce à mes donations à Papa ». Michael, qui garde le parking de l’église, a vu « apparaître, dans la voiture d’une femme qui priait, une enveloppe avec 300 euros à l’intérieur ». Une ancienne fidèle raconte pourtant qu’AMI lui a proposé 100 euros pour qu’elle « joue la comédie », en l’occurrence qu’elle assure être une « ancienne séropositive guérie par le pasteur ».

En 2019, la mise en scène d’un « miracle » pratiqué par Alph Lukau a même fait le tour de la planète. Le 24 février, sous l’œil d’une caméra et devant des milliers de croyants, le prophète autoproclamé « ressuscite » un homme prétendu mort et couché dans un cercueil. L’épisode a suscité l’hilarité sur les réseaux sociaux et poussé plusieurs entreprises funéraires à porter plainte pour manipulation. Il ne s’agit pourtant que du reflet de ce qui se passe tous les dimanches dans des dizaines d’Eglises pentecôtistes du pays.

Détournement de fonds et fraude

« Les Sud-Africains n’ont plus d’espoir, c’est pour ça que les Eglises charismatiques fonctionnent si bien ici, assure le pasteur nigérian Solomon Ashoms, à la tête de l’ONG MAAC, de soutien aux victimes d’abus de ces télévangélistes. Ils n’ont plus confiance ni en leur gouvernement, ni en leur système de santé incompétent. Ils se sentent trahis de toutes parts. » Selon ses estimations, un quart des chrétiens sud-africains adhère à ces Eglises de la prospérité, qui leur promettent une richesse instantanée et sans effort, dans le pays le plus inégalitaire au monde.

Le fonctionnement des différents télévangélistes est similaire. Ces hommes de Dieu réclament l’argent de leurs fidèles pour interagir avec le Seigneur et lui demander de les bénir financièrement. « Pasteur Lukau va combattre le diable qui se trouve entre moi et la prospérité », revendique Patrick, au chômage depuis deux ans mais qui continue de donner un quart de ses maigres recettes, dans l’espoir que cela finira par payer.

Une femme, qui demande l’anonymat, a fait don de toutes ses économies à Sheperd Bushiri, le télévangéliste le plus connu du pays, réputé pour ses trois jets privés et son train de vie fastueux. Les 2 000 euros qui se trouvaient sur son compte lui ont été versés « en échange de la promesse d’avoir le double six mois plus tard ». Son argent a finalement été investi dans une mine d’or en Zambie. Elle habite depuis dans un garage, seule et sans le sou.

« Les abus financiers sont les plus courants », rapporte Solomon Ashoms. Le « prophète » Bushiri est accusé de détournement de fonds et fraude par les autorités sud-africaines, qui le suspectent de transférer plus d’un million d’euros tous les mois vers le Malawi, son pays d’origine, via l’un de ses jets privés. « Ce ne sont pas des pasteurs mais des businessmen, continue le spécialiste. Ils construisent des empires financiers avec l’argent des donations. » En effet, Sheperd Bushiri a investi sa fortune, estimée à 120 millions d’euros, dans l’industrie minière, pétrolière ou encore l’hôtellerie de luxe.

Harem d’adolescentes

« Il est grand temps de mettre en place un cadre légal pour tracer les donations », déclare l’ancienne présidente de la Commission de la protection des droits religieux, Thoko Mkhwanazi-Xaluva. Elle milite pour que ces Eglises soient contrôlées, également parce qu’« on y recense de nombreux cas de pédophilie et de viols ».En 2018, a débuté un procès médiatisé qui a ouvert les yeux à toute la « nation arc-en-ciel ». Une jeune femme, Cheryl Zondi, 21 ans, a accepté de témoigner à visage découvert des agressions sexuelles que lui a infligées toutes les semaines, entre ses 14 et 19 ans, le télévangéliste nigérian Timothy Omotoso. Ce dernier vivait à Durban entouré d’un harem d’une soixantaine d’adolescentes. Après une coupure d’un an, le procès doit reprendre fin janvier. A la barre, quarante-neuf femmes s’apprêtent à témoigner.

Mais les poursuites sont parfois rendues difficiles par les autorités. « Le problème pour toutes ces victimes, c’est que les pasteurs ont les politiciens et les forces de sécurité dans leurs poches », affirme Mme Mkhwanazi-Xaluva. Ceux-là se rendent dans ces « megachurchs », à la manière d’un Jair Bolsonaro, excessivement proche des évangélistes au Brésil. Ils y viennent glaner des votes et même davantage.

Il est en réalité compliqué d’évaluer l’étendue réelle de l’influence qu’ont ces Eglises sur la vie quotidienne en Afrique du Sud. Tout a changé sous l’ère de l’ancien président Jacob Zuma (2009-2018), assure l’anthropologiste Ilana Van Wyk. « Zuma servait dans ces Eglises et croyait en l’Evangile de la prospérité, affirme Mme Van Wyk. Cela se ressentait même dans ses discours, où il parlait de forces du mal et de bataille spirituelle. »

« Presque un Etat parallèle »

Derrière cette image grotesque de faux miracles et de promesses de prospérité, « ces prophètes ont un impact immense sur leurs fidèles qui vont jusqu’à modifier leurs habitudes, leurs relations, leur travail pour eux, décrit la chercheuse. C’est presque un Etat parallèle. Certaines Eglises ont des écoles et des cliniques qui rivalisent avec les institutions gouvernementales. »

Conscient de l’ascendant qu’il exerce, un pasteur comme Sheperd Bushiri parle de changer les lois du pays et d’acquérir plus de terres pour construire un royaume de Dieu. Il se targue aussi de faire « énormément pour l’économie du pays », à travers ses œuvres caritatives et les nombreux touristes internationaux que son Eglise attire.

Ilana Van Wyk prédit que l’emprise de ces télévangélistes va encore se développer dans le pays, notamment grâce au soutien de l’establishment. La Commission de la protection des droits religieux avait d’ailleurs promis la mise en place d’un cadre plus strict pour contrôler ces organisations. A cause des « pressions politiques », souligne Thoko Mkhwanazi-Xaluva, le projet est aujourd’hui au point mort.

Le Monde

Augmentation générale des actes racistes et antisémites en France en 2019

Les chiffres des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans sont en hausse, selon un bilan du ministère de l’intérieur.

Les chiffres 2019 des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans en France sont mauvais. Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…).

Les faits antisémites ont été une nouvelle fois en hausse (+ 27 %), après le bond de + 74 % enregistré en 2018, par rapport en 2017. Pas moins de 687 faits ont été comptabilisés par les services de police. Parmi eux, les actions sont en recul, à 151, par rapport aux menaces (536). Rapportés au public potentiellement concerné, les faits antisémites demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres secteurs de la population.

En 2019, cette nouvelle progression des manifestations antisémites s’est accompagnée d’un fort accroissement des faits « racistes et xénophobes » (1 142, soit + 132 %), après deux années consécutives de baisse.

« Cela traduit une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène, commente Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. »

Stabilité des actes antichrétiens

La hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %). Leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », deux ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam.

Alors que dans toutes les autres catégories, les « menaces » sont beaucoup plus nombreuses que les « actions », l’écart entre les deux n’est pas très élevé dans les actes antimusulmans. « C’est peut-être le signe que la prise de conscience n’en est qu’au début et que les personnes ne portent pas toujours plainte pour les menaces », observe Frédéric Potier.

Contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises fin 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, à 1 052 en 2019 (1 063 en 2018). Dans l’ensemble, souligne M. Potier, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Le Monde

Israël autorise ses ressortissants à aller en Arabie Saoudite

Le ministère israélien de l’Intérieur a signé, dimanche 26 janvier, un décret autorisant les Israéliens à se rendre en Arabie Saoudite. Une première.

A ce stade, les voyages d’affaires et le pèlerinage à La Mecque sont les seuls motifs pouvant autoriser un tel voyage mais le décret dénote un réchauffement des relations entre Tel Aviv et Riyad, qui n’ont officiellement pas de relations diplomatiques.

Jusqu’à présent, selon un arrêté remontant à 1954 mais rarement appliqué, les Israéliens qui se rendaient en Arabie Saoudite et dans d’autres pays du Proche-Orient étaient passibles d’une peine allant jusqu’à quatre de prison, rapporte RFI. La plupart des voyageurs étaient des Israéliens musulmans qui s’y rendaient en pèlerinage munis d’une autorisation spéciale, et des Israéliens détenteurs de passeports étrangers.

 

Saphirnews

Etats-Unis : une compagnie aérienne condamnée pour discrimination envers des musulmans

La compagnie aérienne Delta Airlines a été condamnée, vendredi 24 janvier, par les autorités américaines à verser une amende de 50 000 dollars, après des accusations de discrimination envers trois passagers musulmans qui ont été sommés de quitter leur avion.

Dans une ordonnance par consentement visant à régler le litige avec les passagers concernés consultée par l’AFP, le Département américain des Transports a estimé que Delta s’est livré « à des pratiques discriminatoires », contraires aux lois de lutte contre les discriminations.

Les passagers concernés avaient été expulsés de leur avion en juillet 2016 dans deux incidents séparés. Un couple de musulmans avait été débarqué de leur avion le 26 juillet 2016 à l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle après qu’un passager a indiqué à une hôtesse que leur comportement le mettait « très mal à l’aise ».

Un autre passager musulman a été débarqué d’un vol reliant Amsterdam à New York le 31 juillet 2016 après que des passagers et des hôtesses s’étaient plaints de lui alors que rien de suspect ne lui avait été trouvé.

Depuis ces deux affaires, Delta déclare avoir amélioré ses procédures de sécurité « pour les rendre plus collaboratives et objectives ».

 

Saphirnews

Jean Delumeau, historien des religions, est décédé

Le grand historien Jean Delumeau s’est éteint lundi 13 janvier dans la matinée, nous a annoncé sa famille. Cet universitaire, né le 18 juin 1923 à Nantes, était spécialiste des mentalités religieuses et, en particulier, du christianisme. L’historien avait consacré la majeure partie de son œuvre à l’étude des conceptions et des représentations de l’au-delà dans l’histoire de l’Occident. Il est ainsi l’auteur d’une impressionnante « Histoire du Paradis », en trois tomes (1992, 1995 et 2000).

 

« Révolté de l’infériorité »

Catholique et critique, il se disait « révolté de l’infériorité dans laquelle les femmes sont tenues au sein de l’Église ». Il était également contre le célibat des prêtres, jugeant que « ce n’est pas naturel ». « La perte de crédibilité de l’Église catholique est immense », assurait le professeur. « L’Église affronte une crise très difficile, et elle n’en a pas fini. Elle ne pourra se reconstruire qu’à travers des mesures chocs adaptées à notre époque. Et cela commence (…) par revoir de fond en comble la place des femmes », soulignait-il notamment.

Selon La Croix, l’historien catholique avait lui-même préparé un texte qui sera lu pour ses obsèques. « Ma vie a eu ses peines et ses joies, ses échecs et ses succès, ses ombres et ses lumières, ses fautes, ses erreurs et ses insuffisances, et aussi ses enthousiasmes, ses élans et ses espérances. J’ai terminé ma course. Que je m’endorme dans ta paix et dans ton pardon ! Sois mon refuge et ma lumière. Je m’abandonne à toi. Je vais entrer dans la terre. Mais que mon ultime pensée soit celle de la confiance », a écrit l’historien.

 

Le Point

Somalie: Au moins 76 morts dans un attentat à Mogadiscio

Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 76 morts et des dizaines de blessés ce samedi dans un quartier animé de la capitale somalienne Mogadiscio, a rapporté un responsable des secours médicaux.

«Le nombre de victimes que nous avons confirmé est de 76 morts et 70 blessés. Il pourrait être encore supérieur», a déclaré le directeur du service privé d’ambulances Aamin Ambulance, Abdukadir Abdirahman Haji. L’explosion, qui s’est produite dans un quartier animé de la capitale somalienne, « a été dévastatrice » a déclaré un membre de la police, Ibrahim Mohamed.

L’attentat s’est produit dans un secteur ou le trafic est très dense en raison d’un poste de sécurité et d’un centre des impôts. « Cela a été dévastateur parce qu’il y avait beaucoup de monde, notamment des lycéens dans des bus », a raconté un témoin, Muhibo Ahmed. « Tout ce que j’ai pu voir, ce sont des corps morts éparpillés, certains brûlés au point d’être méconnaissables », a déclaré une autre personne présente, Sakariye Abdukadir

L’attentat pas encore revendiqué

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, survient dans un contexte marqué par de multiples actions meurtrières des islamistes shebab. Ces insurgés ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Chassés de Mogadiscio en 2011, ils ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

B.D/AFP

Twitter supprime près de 6000 comptes liés à un réseau d’influence saoudien

Le réseau social Twitter a annoncé ce vendredi 20 décembre avoir démantelé un réseau visant à favoriser les intérêts géopolitiques de l’Arabie saoudite. Des dizaines de milliers de comptes sont concernés.

Dans un message posté sur son blog, le réseau social Twitter indique avoir supprimé près de 5 925 comptes, au cœur d’un réseau de 88 000 autres comptes, suspendus définitivement eux aussi. Ce réseau était utilisé pour amplifier les messages favorables à la politique du régime saoudien à travers des activités agressives, comme les partages ou les « likes » d’un tweet à grande échelle.

Manipulations d’opinions et vols de données

Ce réseau de « bots » informatiques est soutenu par le royaume wahhabite lui-même affirme Twitter. Le géant du numérique souligne que l’opération était dirigée par Smaat, une entreprise de marketing numérique dont le site internet est désormais inaccessible. Elle compte parmi ses clients plusieurs ministères et des personnalités saoudiennes de haut rang. Riyad pour l’instant ne commente pas l’affaire.

Mais au-delà des tentatives supposées de manipulation de l’opinion, le FBI enquête sur l’utilisation de Twitter par le régime saoudien pour traquer les opposants. Deux anciens employés du groupe américain auraient profité de leur fonction pour accéder aux informations personnelles de certains d’entre eux. Certains relient cet espionnage supposé, aux vagues d’arrestations d’universitaires, d’entrepreneurs et de défenseurs des droits de l’homme, en 2017 à Riyad.

Le journaliste Jamal Khashoggi s’était aussi plaint des menaces qu’il recevait de comptes soutenant l’Arabie saoudite avant d’être brutalement assassiné à l’ambassade saoudienne d’Istanbul.

Autre opération sur Facebook

À moins d’un an de la présidentielle américaine, Twitter et Facebook communiquent sur le ménage qu’ils tentent de réaliser sur leurs réseaux. L’autre géant des réseaux sociaux annonce avoir bloqué des opérations de manipulation. Facebook indique avoir mis fin à deux opérations séparées, notamment à une pilotée au Vietnam et aux États-Unis qui ciblait les Américains avec des messages en faveur de Donald Trump.

 

RFI

Des pays musulmans envisagent le recours à l’or face à des sanctions

L’Iran, la Malaisie, la Turquie et le Qatar envisagent d’avoir recours à l’or et au troc dans leurs relations commerciales afin de se prémunir contre de futures sanctions économiques qui leur seraient infligées, a déclaré samedi le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad.

A l’issue d’un sommet islamique de quatre jours organisé en Malaisie, Mahathir Mohamad a félicité l’Iran et le Qatar pour leur résistance aux sanctions qui leur ont été imposées, ajoutant qu’il était important que le monde musulman soit auto-suffisant.

L’Arabie saoudite, qui n’a assisté à ce sommet, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations avec le Qatar en juin 2017, accusant le petit émirat de soutenir le terrorisme. Le Qatar a rejeté ces allégations et affirme en retour que ses voisins tentent de limiter sa souveraineté.

De son côté, l’Iran souffre du rétablissement par les Etats-Unis de sanctions contre le pays après que Washington a décidé de se retirer l’an dernier de l’accord international sur le programme nucléaire iranien.

« J’ai suggéré que nous réfléchissions à nouveau à l’idée d’utiliser le dinar-or et le troc entre nous », a dit Mahathir Mohamad.

« Nous y pensons sérieusement et nous espérons pouvoir trouver un moyen de mettre cela en place. »

Les dirigeants présents au sommet, critiqué par certains comme étant une scission de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont convenu qu’ils devaient développer les échanges commerciaux entre eux.

En réponse aux critiques adressées à la Malaisie pour avoir organisé le sommet, Kuala Lumpur a répondu que la totalité des 57 membres de l’OCI, organisation fondée en 1969, avaient été invités mais que seulement 20 avaient répondu présent.

 

Reuters

Israël interdit aux chrétiens de la bande de Gaza de se rendre à Bethléem pour Noël

Les Chrétiens de la bande de Gaza devraient être interdits de villes saintes à Noël. Ce sont les autorités israéliennes qui l’ont annoncé le 12 décembre dernier. Les Chrétiens ne pourront pas visiter les villes de Bethléem et de Jérusalem. La liaison militaire avec les Palestiniens a avancé des considérations « d’ordre sécuritaire ». Seuls des permis pour des séjours à l’étranger seront accordés, ont-ils ajouté.

Une rupture avec la politique habituelle puisque deux fois par an, à Pâques et à Noël donc, le Cogat, l’organisme de liaison militaire d’Israël avec les territoires palestiniens, attribue des quotas de permis. Ils permettent aux habitants de la bande de Gaza de se réunir avec leur famille en dehors de l’enclave pour les vacances.

Les hauts responsables chrétiens condamnent

À titre de comparaison, en 2018, l’État hébreu avait annoncé 500 permis accordés aux Chrétiens de la bande de Gaza. Dans le passé, Israël a déjà restreint les mouvements hors de la bande, ce territoire contrôlé par le Hamas. L’enclave palestinienne qui a récemment été le théâtre d’une nouvelle escalade de violence, ne compte aujourd’hui qu’environ un millier de chrétiens, majoritairement grecs-orthodoxes (autour de 800) et 117 âmes catholiques, sur une population de deux millions d’habitants, la plupart musulmans. Les hauts responsables chrétiens ont indiqué avoir fait appel auprès des autorités israéliennes de cette décision qu’ils ont condamnée.

 

Valeurs Actuelles

Des travailleurs maliens font condamner un employeur pour « discrimination raciale et systémique »

C’est une condamnation historique qui a été prononcée, jeudi 18 décembre, par le conseil des prud’hommes de Paris. Celui-ci a condamné MT Bat Immeubles, le sous-traitant du groupe d’assurance Covéa, pour « discrimination raciale et systémique » envers 25 travailleurs maliens, une première en France. Tous sans-papiers en 2016, ils étaient employés illégalement sur le vaste chantier Breteuil-Ségur, dans le 7e arrondissement de la capitale.

L’employeur a été condamné à payer 34 000 euros à chaque travailleur pour dommages et intérêts ainsi que près de 3 000 euros de salaires en retard, soit plus d’un million d’euros au total.

C’est après l’accident d’un ouvrier en septembre 2016 que l’affaire a éclaté. Alors que le travailleur avait lourdement chuté d’un échafaudage non réglementé, l’employeur avait refusé d’appeler les secours. Ce fut alors la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour ses collègues qui vont se rebeller et dévoiler les conditions pénibles dans lesquelles ils sont employés.

Les ouvriers, qui ont fait alors le choix de faire grève et d’occuper le chantier, forment une action de groupe avec le soutien de la CGT. Ils sont reconnus comme ayant été employés dans des conditions « humainement indignes » par l’inspection du travail et le Défenseur des droits.

Dans son jugement cité par Le Parisien, le conseil de prud’hommes a reconnu que « tous les travailleurs maliens étaient assignés aux tâches les plus pénibles du chantier dans des conditions extrêmement dangereuses » et constaté que « la société a préféré privilégier l’état d’avancement des travaux à la sauvegarde de l’intégrité corporelle et de la vie des salariés, appréhendés comme de simples composants remplaçables ».

Trois ans après, c’est une belle victoire que les travailleurs peuvent savourer, d’autant que tous ont depuis été depuis régularisés et embauchés par une entreprise de bâtiment. Quant à MT Bat Immeubles, il a été placé en liquidation judiciaire.

Saphirnews