De grandes marques liées au travail forcé des Ouïghours en Chine, selon une ONG

La Chine a transféré des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïghoure, détenus dans des camps d’internement, vers des usines fournissant au moins 80 des plus grandes marques mondiales, affirme lundi un centre de réflexion australien dans un rapport détaillé.

La Chine a transféré des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane ouïghoure, détenus dans des camps d’internement, vers des usines fournissant au moins 80 des plus grandes marques mondiales, affirme lundi un centre de réflexion australien dans un rapport détaillé.

Entre 2017 et 2019, plus de 80 000 Ouïghours ainsi emprisonnés dans la région du Xinjiang (nord-ouest) ont été transférés ailleurs en Chine dans des usines « appartenant aux chaînes d’approvisionnement de 83 marques connues mondialement dans la technologie, le textile et l’automobile« , affirme l’Institut australien de stratégie politique (ASPI).

« Des usines recourent au travail forcé des Ouïghours dans le cadre d’un mécanisme de transfert encadré par l’État (chinois)« , explique-t-il dans un volumineux rapport.

Parmi les marques épinglées se trouvent de grands noms de l’électronique (Apple, Sony, Samsung, Microsoft, Nokia, etc.), du textile (Adidas, Lacoste, Gap, Nike, Puma, Uniqlo, H&M, etc.) et de l’automobile (BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, Land Rover, Jaguar, etc.). Le groupe français Alstom est aussi cité.

Des groupes chinois sont également recensés, dont les fleurons technologiques Haier (électroménager), Huaweï et Oppo (smartphones).

Les autorités chinoises ont engagé au Xinjiang une politique de sécurité maximale en réponse aux violences inter-ethniques ayant ensanglanté cette région, souvent officiellement imputées à des séparatistes ouïghours.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme accusent la Chine d’avoir interné au Xinjiang au moins un million de musulmans dans des « camps de rééducation ». Pékin dément ce chiffre et parle de « centres de formation professionnelle » destinés à combattre l’extrémisme religieux.

Or, selon le groupe de réflexion australien, les ouvriers ouïghours transférés restent privés de liberté et subissent parfois un endoctrinement politique.

« Dans ces usines, ils vivent habituellement dans des dortoirs séparés, suivent des cours de mandarin et d’idéologie en-dehors des heures de travail et sont sujets à une surveillance constante ; ils ne sont pas autorisés à observer leurs pratiques religieuses« , insiste l’ASPI.

Sur une trentaine d’usines identifiées, le rapport évoque notamment en détail un établissement de Qingdao (est) produisant des baskets Nike et la « rééducation » d’ouvriers ouïghours dans des usines de plusieurs sous-traitants du géant américain Apple.

Les entreprises épinglées « enfreignent les lois qui interdisent l’importation de biens produits en ayant recours au travail forcé« , estime l’ASPI. Les auteurs du rapport les appellent à « faire des enquêtes immédiates et approfondies sur les droits humains dans les usines les approvisionnant en Chine, via des inspections et des audits indépendants et rigoureux« .

Plusieurs de ces groupes réagissaient lundi avec prudence.

« Aucun fournisseur mentionné n’est actuellement un fournisseur direct de Volkswagen« , affirme ainsi un porte-parole de ce constructeur allemand.

Son compatriote BMW indique « ne pas pouvoir commenter le contenu » du rapport mais assure que ses sous-traitants directs doivent « appliquer la même politique avec leurs propres fournisseurs« .

Apple renvoie à un engagement qu’il a pris par le passé à « ce que tous dans les chaînes de production soient traités avec la dignité et le respect qu’ils méritent », disant « travailler étroitement » avec ses fournisseurs pour que « les normes les plus élevées soient appliquées« .

« Des entreprises, comme Adidas, Bosch et Panasonic, assurent n’avoir aucune relation directe avec les sous-traitants impliqués (….) mais aucune marque n’était en mesure d’exclure un lien plus haut dans la chaîne de production« , relève l’ASPI.

Pour le ministère chinois des Affaires étrangères, le rapport ne repose sur « aucune base factuelle » et vise à « dénigrer les efforts de la Chine pour combattre le terrorisme et l’extrémisme au Xinjiang« .

La politique chinoise au Xinjiang « a enregistré de bons résultats », car « tous les participants au programme d’éducation contre l’extrémisme ont été diplômés et ont trouvé un emploi stable », a martelé lundi Zhao Lijiang, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Les médias d’État avaient déjà évoqué le transfert de « forces de travail excédentaires » du Xinjiang vers d’autres régions au nom de la lutte contre la pauvreté.

AFP

AIPAC : 347 rabbins américains jugent « scandaleux » les propos de Bernie Sanders

Pour ces rabbins de diverses obédiences, le lobby israélien est « l’un des derniers véhicules de la politique américaine qui cherche de façon proactive à rassembler les Américains »

 

À la suite de la décision de Bernie Sanders de ne pas assister à la conférence annuelle du lobby israélien de l’AIPAC pour ce qu’il a appelé le soutien de l’organisation au « sectarisme », un groupe de 347 rabbins a signé une lettre ouverte à l’attention du candidat démocrate soutenant le rôle de l’AIPAC dans l’avancement des relations entre les États-Unis et Israël.

Bernie Sanders, désormais en tête de la course à l’investiture présidentielle démocrate, a déclaré que l’AIPAC donne une « plate-forme » aux « dirigeants qui expriment leur sectarisme et s’opposent aux droits fondamentaux des Palestiniens ».

« En tant que fervents défenseurs des relations entre les États-Unis et Israël et du rôle de l’AIPAC dans leur promotion, nous rejetons le commentaire scandaleux du sénateur Bernie Sanders qui accuse l’AIPAC d’encourager le sectarisme. La mission de l’AIPAC est une mission à laquelle nous et nos fidèles tenons profondément », ont écrit les rabbins, de confessions réformiste, conservatrice et orthodoxe, dans la lettre.

« L’AIPAC est l’un des derniers véhicules de la politique américaine qui cherche de manière proactive à rassembler les Américains de tout l’éventail politique pour atteindre un objectif commun. La conférence politique de l’AIPAC est peut-être le plus grand rassemblement politique de démocrates et de républicains de tout le pays », ont ajouté les rabbins.

Au cours du débat des candidats de mardi soir en Caroline du Sud, M. Sanders a répondu à une question sur le soutien des États-Unis à Israël en déclarant que « notre politique étrangère au Moyen-Orient devrait absolument protéger l’indépendance et la sécurité d’Israël ».

Mais, a-t-il ajouté, « vous ne pouvez pas ignorer la souffrance du peuple palestinien ».

 

The times of Israël

Les dix pays où les chrétiens sont le plus persécutés

Les persécutions contre les chrétiens ont encore augmenté en 2019, rapporte l’association Portes Ouvertes dans l’Index mondial 2020 de persécution des chrétiens.

L’ONG Portes Ouvertes, qui publie cet index tous les ans depuis 2012, s’efforce de mesurer de la manière la plus exacte possible les niveaux de persécution des chrétiens dans pas moins de cinquante pays, en se basant sur une série de critères allant des attaques contre des églises aux meurtres de croyants.

Un calcul complexe

C’est sur la base de six indicateurs distincts, pondérés de manière égale et additionnés, qu’est calculé l’index : la violence physique et matérielle à l’égard des chrétiens, ainsi que les atteintes à leur liberté de pensée et de conscience, à leur vie familiale, à leur vie sociale, à leur vie civile et à leur vie ecclésiale. Une équipe de recherche récupère les informations, les vérifie, recoupe et compile. L’index est ensuite progressivement établi, laissant apparaître les 50 pays où les chrétiens sont le plus à risque d’être l’objet de persécutions directes.

 

Triste Top 10

Le classement, dont les douze premiers pays restent identiques par rapport à l’index 2019, s’ouvre par la Corée du Nord, où la simple foi en Dieu est un crime contre le régime. Suivent l’Afghanistan, la Somalie et la Libye, où les crimes d’honneur et les violences islamistes sont communs à l’encontre des convertis au christianisme.

1. Corée du Nord

2. Afghanistan

3. Somalie

4. Libye

5. Pakistan

6. Érythrée

7. Soudan

8. Yémen

9. Iran

10. Syrie

Des données peu rassurantes

Selon les données récoltées par l’ONG, ce sont pas moins de 2983 chrétiens qui ont trouvé la mort en 2019 à cause de leur foi, dont 1350 au Nigéria seul, où plusieurs fonctions régaliennes sont aux mains d’islamistes. Le pays est talonné par la Centrafrique (924 chrétiens tués), constante à ce rang pour la troisième fois d’affilée, et le Sri Lanka, où les attentats particulièrement meurtriers de Pâques 2019 ont tué près de 200 chrétiens. Ces chiffres sont cependant considérés comme étant inférieurs à la réalité, du fait d’un manque d’information, d’une fragilisation psychologique et morale ou d’une précarisation plus diffuse.

C’est néanmoins en Chine que le plus grand nombre d’églises ciblées a été enregistré, avec 5576 occurrences (sur un total mondial de 9488), en forte hausse par rapport à l’index 2019, qui estimait à 171 le nombre d’églises visées dans ce pays en 2018. Alors que de nouvelles réglementations sur la religion sont peu à peu appliquées dans toutes les sphères de la vie quotidienne, les chrétiens de Chine se trouvent de plus en plus précarisés.

 

Mariages forcés

C’est à nouveau en Chine que les détentions arbitraires de chrétiens sont les plus nombreuses : près de 1000 sur un total mondial de 3711 enregistrées. Suivent l’Érythrée, avec 785 cas de détenus dans des conditions souvent extrêmes, et l’Inde, avec 295 détentions souvent basées sur des accusations peu ou pas vérifiées.

Outre cette hausse inexorable, l’index 2020 dévoile des tendances plus sourdes telles que l’emprise grandissante du terrorisme islamiste en Afrique de l’Ouest, une persécution généralement de plus en plus masquée (par exemple en privilégiant les mariages forcés aux meurtres) et un christianisme de plus en plus chassé de l’espace public – à l’instar de la fermeture d’églises à la demande des gouvernements.

 

Le Monde des religions

Les actes antireligieux en nette hausse en 2019

La forte hausse des actes antireligieux dans l’Hexagone en 2019 alarme le ministère de l’Intérieur, qui dénonce une atteinte aux fondements du pacte républicain.

Dans le cadre du plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, le ministère de l’Intérieur publie en chaque début d’année les données chiffrées des faits à caractère antireligieux, racistes ou xénophobes recensés en France au cours de l’année précédente. En 2019, ce sont ainsi 687 faits antisémites qui ont été recensés, contre 541 en 2018 et 311 en 2017 – une hausse de 27 % en un an et de 121 % en deux ans. Si les « menaces » (propos, écrits ou gestes menaçants) se trouvent en hausse de 50 % par rapport aux chiffres de 2018, les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens) continuent cependant de diminuer, étant passées de 183 en 2018 à 151 en 2019. Les atteintes directes aux personnes, elles aussi, sont sur une courbe descendante, ayant reculé de 44 % en un an.

Bien que moins nombreux, les actes antimusulmans ont cependant aussi connu une augmentation de moitié, passant de 100 faits en 2018 (leur plus bas niveau depuis 2010) à 154 en 2019, principalement menés à l’encontre de biens religieux.

Les faits antichrétiens, enfin, se révèlent relativement stables, soit 1038 actes en 2017, 1063 en 2018 et enfin 1052 en 2019. Une fois encore, ce sont les biens qui sont le plus visés. Si les actes antichrétiens représentent 55 % du total des actes antireligieux, les églises et temples chrétiens représentent cependant 95 % de l’ensemble des lieux de culte des trois religions monothéistes, selon des chiffres avancés par le Sénat en 2015.

D’où viennent donc les informations du ministère ? Les sources utilisées sont en réalité aussi variées que différentes.

Pour le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’État, Laurent Nunez, chacun de ces actes, quelle que soit sa forme, constitue « une atteinte intolérable à notre projet commun, aux fondements de notre pacte social et républicain ». Et le ministère d’appeler à un renforcement du système d’accueil des victimes et de suivi des infractions, notamment par un investissement accru dans la lutte contre la haine (y compris en ligne), ainsi que des collaborations plus proches entres les institutions pertinentes et l’assistance aux victimes.

 

Des méthodes critiquées

Les chiffres avancés par le ministère ne doivent cependant pas être pris pour argent comptant. L’article premier de la Constitution, de même que la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, interdisent en effet formellement la collecte de données «qui révèlent la prétendue origine raciale ou l’origine ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale d’une personne physique» . Ce qui rend de ce fait impossible le calcul des chiffres réels des actes antisémites, antimusulmans ou antichrétiens, de même que les actes xénophobes ou racistes.

D’où viennent donc les informations du ministère ? Les sources utilisées sont en réalité aussi variées que différentes. Outre des données officielles et indiscriminées sur les infractions à caractère discriminatoire rapportées à la police et à la gendarmerie chaque année, le ministère se sert de données issues d’associations et institutions religieuses reconnues – à l’instar du Service de protection de la communauté juive (SPCJ) –, auxquelles viennent s’ajouter quelques études de terrain et les enquêtes annuelles de victimation de l’Insee.

 

Il est estimé que seuls 8 % des faits seraient signalés, et que 3 % uniquement mèneraient à un dépôt de plainte.

 

D’une source à l’autre, les chiffres varieraient ainsi du simple au décuple, affirmait Géraldine Woessner sur Europe 1 en février 2018. En cause : les méthodes de récolte des données, l’accès aux populations affectées et la tendance ou non des victimes à reporter les actes perpétrés à leur encontre. Il est estimé que seuls 8 % des faits seraient signalés, et que 3 % uniquement mèneraient à un dépôt de plainte, indique la Commission nationale consultative des droits de l’homme dans son rapport 2018 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Le résultat de la compilation de l’ensemble des données est alors considéré comme suffisamment digne de confiance pour être publié par le ministère, même s’il ne représente, en fin de compte, qu’une vision partielle de la réalité.

 

Le Monde des religions

Ryanair dans la tourmente après les propos de son PDG sur les musulmans

Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a créé la polémique après avoir laissé entendre qu’il faut des contrôles renforcés dans les aéroports pour les hommes musulmans du fait qu’ils sont, à ses yeux, « généralement » des terroristes. Ces propos ont été tenus lors d’une interview au quotidien britannique The Times, parue samedi 22 février et titrée « Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, veut des contrôles supplémentaires sur les hommes musulmans ».

Depuis, des appels au boycott de la compagnie low-cost ont été lancés en signe de contestation. Plusieurs organisations musulmanes britanniques ont dénoncé des propos islamophobes, à l’instar du Conseil musulman de Grande-Bretagne (MCB) pour qui les déclarations Michael O’Leary sont « racistes et discriminatoires ».

« La discrimination institutionnelle à l’égard des musulmans est bien établie : qu’il s’agisse de la possibilité d’obtenir un emploi, d’acheter un appartement ou même de souscrire une assurance automobile. (…) Il est honteux qu’un tel racisme s’exprime si ouvertement et que le PDG d’une grande compagnie aérienne veuille discriminer ses clients si effrontément », a fait savoir l’institution.

Face à l’ampleur prise par la polémique, Michael O’Leary a présenté ses excuses, tout en se défendant de l’appel discriminatoire qui lui est prêté. « Les titres des journaux d’aujourd’hui sont tout simplement inexacts », a fait savoir Ryanair dans un communiqué publié dimanche 23 février.

« Aucun appel à des contrôles supplémentaires sur un groupe ou des personnes n’a été lancé. Michael demandait seulement des contrôles de sécurité plus efficaces dans les aéroports, qui permettraient de supprimer une grande partie des files d’attente inutiles dans les aéroports aujourd’hui pour tous les passagers », indique la compagnie. Néanmoins, « il s’excuse sincèrement pour toute offense causée à un groupe par les gros titres inexacts ».

« On ne peut pas dire certaines choses, parce que c’est du racisme, mais ce sont généralement des hommes de confession musulmane. Il y a trente ans, c’étaient les Irlandais. Si c’est de là que vient la menace, traitez-la », a précisément déclaré le PDG de Ryanair lors de l’interview, dans laquelle il a appelé à des contrôles moins contraignants pour les familles car il n’y avait « pratiquement » aucune chance qu’il y ait des terroristes parmi elles.

 

Saphirnews

L’Inde sous tension, New Delhi en proie à de graves violences visant les musulmans

L’Inde est sous tension depuis l’adoption, en décembre 2019, contre la loi discriminatoire sur la citoyenneté. Après des semaines de manifestations anti-gouvernementales, pour certaines réprimées, à travers le pays, les tensions sont montées d’un cran à New Delhi, qui est le théâtre de graves violences, principalement dirigées contre les musulmans depuis le 23 février.

Le bilan humain des violences islamophobes à New Delhi s’est lourdement aggravé, s’établissant désormais à 38 morts en date du jeudi 27 février. Cette flambée de violences qui secouent la capitale indienne depuis le 23 février survient dans une période de fortes tensions intercommunautaires dans le pays, alimentées par l’adoption de la loi discriminatoire sur la citoyenneté en décembre 2019. Celle-ci, qui exclut la possibilité aux réfugiés de confession musulmane – et à eux seuls – issus d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh d’obtenir la nationalité indienne, a renforcé les inquiétudes des musulmans d’Inde.

Des centaines de manifestations – dont certaines ont été réprimées par la police –sont organisées depuis des semaines à travers l’Inde pour exiger l’abandon de la loi mais aussi contester la politique du gouvernement, dirigé depuis 2014 par l’ultranationaliste hindou Narendra Modi, qui aggrave la marginalisation des minorités, musulmanes en particulier, au profit de la majorité hindoue.

 

Des violences ciblées, un bilan humain lourd

C’est dans ce climat délétère, et en pleine visite d’Etat du président américain Donald Trump qui s’est achevée mardi 25 février, que des violences dirigées contre les musulmans ont éclaté dans plusieurs quartiers de New Delhi, où des sit-in contre la loi controversée se tenaient jusqu’ici de façon pacifique.

Des groupuscules ultranationalistes hindous s’en sont pris, dimanche 23 février, aux opposants à la loi avant de diriger leur haine contre des personnes identifiées comme musulmanes. En quatre jours, les violences ont tué au moins 38 personnes – pas toutes musulmanes – selon un bilan officiel des autorités communiqué jeudi 27 février. Plus de 200 personnes ont également été blessées.

Des commerces et des habitations ont été vandalisés et incendiés, de même que des mosquées, comme en témoigne une vidéo largement partagée sur Twitter. On y voit un homme grimper en haut du minaret pour tenter d’arracher le symbole. Selon les constatations de l’AFP, un drapeau hindou, représentant le dieu-singe Hanuman, flottait au sommet de cette mosquée vandalisée. Quant à la police, elle est accusée de complicité avec les émeutiers, après avoir laissé ces derniers commettre des violences.

Ces violences sont les plus graves jamais survenues ces dernières décennies à New Delhi. Narendra Modi a appelé, mercredi 26 février via Twitter, « (ses) sœurs et frères de Delhi à maintenir en tout temps la paix et la fraternité. Il est important que le calme et la normalité soient rétablis au plus vite ». Un appel au calme qui a bien du mal à se frayer un chemin tant les tensions, que son gouvernement et son parti, le BJP, ont eux-mêmes alimenté, sont fortes.

Tandis que l’Eglise d’Inde a apporté son soutien aux communautés musulmanes touchées, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a condamné « la violence récente et alarmante visant les musulmans d’Inde, qui a entraîné la mort et des blessures de personnes innocentes ainsi que l’incendie et le vandalisme de mosquées et de propriétés appartenant à des musulmans ». Elle a appelé le gouvernement indien à assurer « la sécurité de tous les citoyens musulmans d’Inde ».

Tandis que le silence de Donald Trump est assourdissant, la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde (USCIRF) ne s’est pas privée de dénoncer les violences à New Delhi. « Les rapports établissent que la police de New Delhi n’est pas intervenue contre les violentes attaques visant les musulmans et que le gouvernement manque à son devoir de protéger ses citoyens », déplore l’USCIRF, dénonçant la marginalisation accrue des musulmans en Inde, « en violation flagrante des normes internationales des droits de l’homme ». La Commission a appelé les autorités indiennes à prendre « une mesure rapide pour assurer la sécurité de tous les citoyens ».

Saphirnews

Coronavirus : l’Arabie Saoudite suspend l’entrée des pèlerins étrangers pour la omra

L’Arabie Saoudite a pris la décision de suspendre temporairement l’accès à son territoire pour les pèlerins étrangers souhaitant accomplir la omra en vue de prévenir une éventuelle propagation du coronavirus sur son sol.

L’Arabie Saoudite a annoncé, jeudi 27 février, qu’elle suspend « temporairement » l’entrée sur son territoire des voyageurs étrangers souhaitant accomplir le petit pèlerinage (omra) à La Mecque et désirant se rendre à la mosquée du Prophète Muhammad à Médine, ceci afin de « de prévenir l’arrivée du nouveau coronavirus (Covid-19) dans le royaume et sa propagation ».

« Ces procédures sont temporaires, et sont assujetties à l’évaluation continue des autorités compétentes », a précisé le ministère des Affaires étrangères, qui ne s’est pas exprimé pour le moment sur d’éventuelles mesures de prévention concernant l’organisation du Hajj, qui aura lieu cette année 2020 entre fin juillet et début août.

L’Arabie Saoudite a annoncé, jeudi 27 février, qu’elle suspend « temporairement » l’entrée sur son territoire des voyageurs étrangers souhaitant accomplir le petit pèlerinage (omra) à La Mecque et désirant se rendre à la mosquée du Prophète Muhammad à Médine, ceci afin de « de prévenir l’arrivée du nouveau coronavirus (Covid-19) dans le royaume et sa propagation ».

« Ces procédures sont temporaires, et sont assujetties à l’évaluation continue des autorités compétentes », a précisé le ministère des Affaires étrangères, qui ne s’est pas exprimé pour le moment sur d’éventuelles mesures de prévention concernant l’organisation du Hajj, qui aura lieu cette année 2020 entre fin juillet et début août.

La Mecque et Médine, lieux saints de l’islam, sont fréquentés chaque mois par des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier. Le nombre de pèlerins passe à plus de 2 millions pendant la période du Hajj, près de 2,5 millions de pèlerins en 2019.

L’Arabie Saoudite a également suspendu l’accès au territoire des personnes détenteurs de visas touristiques et provenant de pays dont le coronavirus « constitue une menace », sans préciser pour autant les Etats visés.

Les autorités saoudiennes n’ont, à ce stade, annoncé aucun cas sur son sol de personnes contaminée par le nouveau coronavirus, appelé Covid-19. Celui-ci a provoqué la mort de plus de 2 770 morts, principalement en Chine continentale, dépassant très largement le nombre des morts du SRAS dans le monde en 2002-2003. Plus de 80 000 personnes contaminées ont été recensées à travers le monde.

 

Saphirnews

La fin des imams détachés en France annoncée pour 2024

Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron contre « le séparatisme islamiste », le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré, mercredi 19 février, que la fin du système de détachement des imams venus de l’Algérie, du Maroc et de la Turquie est programmée pour 2024.

« Nous travaillons sur la fin des imams détachés en 2024 », a fait savoir le ministre sur France Inter car « ceux qui sont là et qui arrivent ont un titre de séjour de trois ans ».

Le nombre de psalmodieurs reçus chaque année durant le mois du Ramadan sera baissé « dès le prochain Ramadan » au mois d’avril. Les premiers effets se feront donc d’ores et déjà sentir sur des mosquées dès cette année 2020.

Cette précision est apportée au lendemain de l’annonce du chef de l’Etat sur la fin progressive des imams détachés.

 

Saphirnews

Enseignement, imams : Emmanuel Macron annonce des mesures pour lutter contre le « séparatisme islamiste »

Le chef de l’Etat veut mettre fin aux cours facultatifs de langue et de culture d’origine et au système des imams détachés par d’autres pays.

Que peut, que doit faire l’éducation nationale pour lutter contre ce que le gouvernement qualifie de « séparatisme islamiste » ? Les observateurs de l’école avaient pris les paris, ces derniers jours, quant aux annonces présidentielles attendues mardi 18 février, certains pronostiquant un « contrôle accru » des écoles privées musulmanes (8 000 enfants accueillis dans 75 établissements hors contrat), et d’autres, un « coup de projecteur » sur l’instruction à domicile (30 000 jeunes concernés).

Le chef de l’Etat a joué une autre carte mardi 18 février, en annonçant, pour la rentrée 2020, la suppression « partout sur le sol de la République » des ELCO, ces enseignements de langue et de culture d’origine assurés par des maîtres étrangers dans les écoles primaires, essentiellement, et que fréquentent, hors du temps scolaire, quelque 80 000 enfants.

L’acronyme ELCO ne dira pas grand-chose aux non-initiés : ce dispositif facultatif, régi par des conventions bilatérales signées, à partir des années 1970, avec neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie), visait au départ à permettre aux enfants du regroupement familial de maintenir un lien avec leur pays d’origine – et à faciliter leur retour éventuel. Mais ceux qui suivent de près les débats sur l’école savent que ces ELCO nourrissent, depuis au moins deux décennies, des soupçons de prosélytisme religieux plus ou moins étayés, des critiques sur les contenus enseignés autant que sur le recrutement des maîtres, du ressort des pays d’origine.

Négociations diplomatiques

« Je ne suis pas à l’aise à l’idée d’avoir dans l’école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l’éducation nationale ne puisse exercer le moindre contrôle. Et nous n’avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu’ils enseignent », a fait valoir Emmanuel Macron à Mulhouse (Haut-Rhin), mardi, évoquant « de plus en plus d’enseignants qui ne parlent pas le français ». Avant d’ajouter : « On ne peut pas enseigner des choses qui ne sont manifestement pas compatibles ou avec les lois de la République ou avec l’histoire telle que nous la voyons. »

A compter de septembre prochain, c’en sera donc fini des ELCO, remplacés par des « enseignements internationaux en langue étrangère » – des « EILE », a précisé le chef de l’Etat – sur lesquels on ne sait pour l’heure pas grand-chose, sinon que des négociations diplomatiques sont engagées avec les pays concernés. « Nous avons réussi [à trouver un accord] avec tous ces pays, sauf la Turquie à ce stade. Je ne désespère pas », a précisé M. Macron.

Un virage ? « Attention à ne pas tomber dans la caricature, à ne pas instrumentaliser le dispositif à des fins idéologiques, prévient-on dans les rangs du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire à l’école primaire. Les enseignants [des ELCO] ne sont pas en roue libre : ils participent au conseil des maîtres et au conseil d’école et travaillent sous la responsabilité des directeurs. »

« Des vieilles recettes »

Dans les cercles éducatifs, mardi soir, une même réaction fusait : « On ressort des vieilles recettes. » En 2016, déjà, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’éducation, promettait la transformation en sections internationales des ELCO, au motif qu’ils ne véhiculaient pas un « enseignement linguistique de qualité » et enfermaient les élèves dans une « logique d’entre-soi ». Mme Vallaud-Belkacem a d’ailleurs réagi mardi à l’annonce présidentielle, sur Twitter, pour rappeler qu’elle avait initié l’évolution et les démarches diplomatiques sous le précédent quinquennat, au moins avec le Portugal et le Maroc.

« Je regrette qu’on annonce l’arrêt des ELCO sans annoncer en même temps une véritable relance de l’enseignement de l’arabe à l’école publique prise en charge par des enseignants de l’école publique », souligne pour sa part l’essayiste Hakim El Karoui, auteur de plusieurs rapports pour l’Institut Montaigne. « La suppression des ELCO est une bonne chose, concède Jack Lang, deux fois ministre de l’éducation. L’enseignement de l’arabe doit aujourd’hui être assuré pleinement et totalement par l’éducation nationale, sans cela nous prenons le risque de laisser des officines religieuses ou parareligieuses s’en acquitter. »

Le président de l’Institut du monde arabe, qui vient de publier La Langue arabe, trésor de France (Le Cherche Midi, 128 p., 12,50 euros), tient à rappeler que, dans un pays qui compte trois millions d’arabophones (tous dialectes confondus), l’« arabe standard », comme on dit dans le jargon de l’école, n’est appris que par un élève sur 1 000 au primaire, et par deux sur 1 000 au collège. « Ces annonces sont certainement l’acte I d’un plan plus vaste et plus complet », conclut-il.

Dialogue avec Alger et Rabat

Le second volet de la lutte contre les « influences étrangères » porte sur deux aspects du fonctionnement du culte musulman, mais il demande à être détaillé. Le président de la République a d’abord annoncé la sortie progressive du système des imams détachés. Cela fait référence aux quelque 300 imams formés, choisis et payés par la Turquie (150), l’Algérie (120) et le Maroc (30) pour exercer en France, dans des mosquées affiliées aux fédérations musulmanes proches de ces pays d’origine, selon les termes d’accords bilatéraux négociés avec Paris.

Ces cadres religieux continueront d’officier, avec une fin, programmée en 2024, à l’expiration des visas, mais il n’en viendra plus d’autres. Ils sont l’un des symboles de ce que l’on appelle l’islam consulaire, c’est-à-dire un culte en partie régenté par les Etats d’origine des musulmans présents en France, avec la bénédiction des autorités françaises. A noter que, comme sur le sujet des ELCO, le chef de l’Etat s’est félicité du « dialogue » mené ces dernières semaines avec Alger et Rabat sur le sujet, mais il n’a pas inclus Ankara dans son satisfecit. La Turquie est pourtant la première pourvoyeuse d’imams détachés.

Renoncer aux imams détachés suppose de réfléchir d’autant plus activement à la manière de former en France des imams pour les quelque 2 500 lieux de culte musulmans. C’est pour l’Etat un sujet particulièrement épineux puisque le principe de la séparation lui interdit d’intervenir dans la formation (au moins dans sa partie religieuse) des ministres du culte. Aussi, l’exécutif a-t-il prié le Conseil français du culte musulman de lui faire, d’ici à fin mars, des « propositions concrètes » pour former et/ou certifier des imams « respectueux des lois de la République ».

Il a ajouté que « dans les prochaines semaines », un projet de loi devrait permettre de « mieux contrôler les financements étrangers des lieux de culte pour garantir leur pleine transparence ». Il pourra s’appuyer pour cela sur le travail effectué l’an passé par le ministère de l’intérieur avant que le projet de réforme de la loi de 1905 ne soit ajourné.

L’école hors contrat et « à la maison » dans le viseur de l’éducation nationale

Voilà des précisions bienvenues. Sur le contrôle des écoles privées hors contrat comme sur celui de l’instruction à domicile – deux sujets sensibles –, le ministre de l’éducation a livré, mercredi 19 février sur les ondes de Franceinfo, quelques chiffres attendus. « J’ai empêché l’an dernier 27 ouvertures d’écoles [hors contrat] sur la base de la loi Gatel » – une loi qui est venue renforcer, en 2018, l’encadrement de ce secteur minoritaire au sein l’enseignement privé –, a annoncé M. Blanquer, sans distinguer parmi ces établissements ceux qui sont confessionnels de ceux qui ne le sont pas.

Quelque 186 demandes d’ouvertures d’établissement ont été déposées et examinées en 2018-2019. Le ministre de l’éducation a aussi annoncé avoir procédé à la fermeture de quatre écoles (« et j’en fermerai d’autres », a-t-il dit), des structures localisées à Toulouse, à Echirolles (Isère), à Marseille et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), précise-t-on Rue de Grenelle. On y souligne aussi que les oppositions aux ouvertures d’école hors contrat sont quatre fois plus nombreuses que par le passé.

Concernant l’instruction à domicile, « de 2 000 à 3 000 situations de jeunes peuvent poser problèmes et sont suivis de près », a aussi annoncé le ministre à la radio. Sur les 30 000 enfants et adolescents instruits « à la maison » (ils étaient 25 000 en 2014-2015, 18 820 en 2010-2011), la moitié l’est pour des raisons médicales, a tenu à préciser M. Blanquer, nuançant son propos sur les « déscolarisations problématiques ».

Le Monde

L’Eglise d’Angleterre s’excuse d’être « institutionnellement raciste »

Réunie pour un synode général, l’Eglise d’Angleterre a voté « unanimement » une motion visant à « demander pardon pour le racisme conscient et inconscient subi par d’innombrables anglicans noirs ».

« Honteux » et « désolé », il a présenté ses excuses aux minorités discriminées. L’archevêque de Canterbury, Justin Welby, chef spirituel des anglicans, a affirmé lors d’un synode général de l’Eglise d’Angleterre que celle-ci était « profondément et institutionnellement raciste » :

« Nous avons porté atteinte à l’Eglise, nous avons porté atteinte à l’image de Dieu et, surtout, nous avons causé du tort à ceux que nous avons victimisés, souvent de façon inconsciente. »

Réunie pour un synode général, l’Eglise d’Angleterre a voté, mardi 11 février, « unanimement » une motion visant à « demander pardon pour le racisme conscient et inconscient subi par d’innombrables anglicans noirs, asiatiques et d’autres minorités ethniques en 1948 et dans les années qui ont suivi, alors qu’ils cherchaient un foyer spirituel » en son sein, détaille un communiqué.

En juin 1948, le paquebot Empire-Windrush avait conduit près de 500 citoyens du Commonwealth, principalement des Caraïbes, sur l’île de Grande-Bretagne, marquant le début de la génération « Windrush ». Près de 500 000 personnes issues des Antilles se sont rendues en métropole, pour aider en tant que citoyens britanniques à reconstruire le Royaume-Uni après la deuxième guerre mondiale.

« Un racisme horrible et humiliant »

Au cours du synode, le révérend Andrew Moughtin-Mumby a témoigné comment la famille d’une de ses paroissiennes, qui s’était vue interdire en 1961 l’accès d’une église dans le sud de Londres « en raison de la couleur noire de leur peau », « a souffert d’un racisme horrible et humiliant, qui affecte encore aujourd’hui sa relation » avec l’institution. Dénonçant un « scandale », le révérend a appelé de ses vœux à « un changement concret », soulignant qu’il « ne s’agit pas seulement du passé de l’Eglise ».

Le conseil des archevêques a officiellement demandé à ce que des recherches soient menées pour « évaluer l’impact de cette situation sur l’Eglise d’Angleterre, en termes de fidèles perdus, d’églises en voie de fermeture et de vocations manquées ».

Une personne extérieure à l’Eglise sera aussi nommée pour « évaluer la situation actuelle en matière de race et d’ethnicité dans l’Eglise », le but étant d’« augmenter la participation et la représentation des anglicans noirs, asiatiques et d’autres minorités ethniques », qu’ils soient laïcs ou membres de son clergé.

Le Monde / AFP