L’ex-imam de la mosquée de Torcy condamné à huit mois de prison avec sursis

Le tribunal correctionnel de Meaux a rendu son verdict, lundi 1er avril, sur l’affaire Abdelali Bouhnik, ancien imam de la mosquée de Torcy, en Seine-et-Marne. Poursuivi pour réception illégale d’argent et abus de confiance, cet ancien imam a écopé d’une peine de huit mois de prison avec sursis et une interdiction de diriger une association pour les cinq ans à venir.

Lors d’une perquisition à son domicile, environ 20 000 euros en cash avaient été saisis. Lors de son audience du 14 mars dernier, citée par Le Parisien, il a déclaré que 15 000 euros, émanant d’une opération financière depuis l’Algérie vers la France considérée comme délictueuse, était un prêt de l’un de ses amis algériens.

Quant aux 4 910 euros restant en sa possession, il a soutenu qu’il s’agissait de dons de fidèles, de locaux et de personnes anonymes. À l’accusation d’abus de confiance, il a soutenu ne pas avoir eu le temps de verser l’argent sur le compte de l’association à cause de la fermeture en avril 2017 de l’association Rahma, en charge de la gestion du lieu de culte où il officiait. Il a été relaxé pour blanchiment d’argent.

Abdelali Bouhnik a aussi fait l’objet d’une enquête pour abus de confiance sur une somme de 7 100 euros envers Rahma. Outre l’interdiction de diriger une association et la peine avec sursis, les sommes d’argent saisies sont confisquées et Abdelali Bouhnik doit également payer une amende de 5 000 euros. Il dispose de 10 jours pour faire appel à la décision.

 

Saphirnews

Au Maroc, le pape défend la « liberté de conscience »

Le pape François était en voyage officiel au Maroc jusqu’à dimanche pour une courte visite centrée sur le dialogue avec l’islam et la problématique des migrations, deux priorités de son pontificat. François a été accueilli samedi matin à sa descente de l’avion par Mohammed VI, roi du Maroc et « Commandeur des croyants ».

La religion catholique demeure une religion ultra-minoritaire dans le royaume (1% de la population). Après un tête-à-tête avec le roi, le pape s’est rendu à l’Institut de formation des imams qui accueille des Marocains et des étrangers d’une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1 300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus dans cet établissement, fer de lance de « l’islam modéré » prôné par le roi. Le pape François a d’abord défendu « la liberté de conscience » et « la liberté religieuse », permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse, dans un discours prononcé sur une immense esplanade de Rabat, devant des milliers de Marocains et le roi Mohammed VI.

« La liberté de conscience et la liberté religieuse – qui ne se limitent pas à la seule liberté de culte mais qui doivent permettre à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse – sont inséparablement liées à la dignité humaine », a souligné le souverain pontife, en appelant les croyants à « vivre en frères ». En février dernier, lors d’une visite historique aux Émirats arabes unis, le pape et le grand imam de l’institution de l’islam sunnite Al-Azhar au Caire, cheikh Ahmed al-Tayeb, ont co-signé un « document sur la fraternité humaine », appelant notamment à la liberté de croyance et d’expression et à la pleine citoyenneté pour les « minorités » discriminées. Au Maroc, où l’islam est la religion d’État, les autorités aiment souligner la « tolérance religieuse » qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d’exercer librement leur religion.

Reste que pour les Marocains considérés automatiquement comme musulmans quand ils n’appartiennent pas à la communauté juive, l’apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme en faveur d’une autre religion condamné par la loi. Si le renoncement à l’islam n’est pas explicitement mentionné dans le code pénal, ceux qui sont soupçonnés d' »ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion » peuvent être poursuivis. Longtemps dans l’ombre, la petite minorité des convertis plaide ouvertement depuis 2017 pour vivre sa foi « sans persécution » et « sans discrimination ». Le pape doit aussi rencontrer des migrants dans un local de l’ONG catholique Caritas, qui gère des centres d’accueil destinés à soulager la misère de ceux qui tentent de rallier le continent européen. Dimanche, le pape a consacré sa journée à la petite communauté catholique du pays, en clôturant sa visite par la plus grande messe catholique jamais célébrée au Maroc, avec quelque 10 000 personnes attendues dans un complexe sportif. A noter que l’arrivée du cortège papal a été marquée par un incident : un homme s’est subitement rué vers la voiture du roi du Maroc. Il a été immédiatement interpellé.

 

AFP

De la stupeur à la colère chez les catholiques de France

Après une série de scandales liés à la sexualité, les fidèles de l’Eglise se défient d’une hiérarchie qu’ils jugent de plus en plus coupée des réalités.

Trop, c’est trop. Les catholiques de France n’occupent pas les sacristies de leurs églises, mais la colère gronde dans la communauté. Une accumulation de scandales liés à la sexualité a fait déborder la coupe. Les affaires de pédophilie ont provoqué une déflagration au sein de toute l’Eglise, avec le défrocage d’un ancien cardinal américain et la condamnation à six ans de prison du numéro 3 australien du Vatican, tous les deux mis en cause pour agression sexuelle sur mineur.

La décision du pape François, le 19 mars, de refuser la démission du cardinal Barbarin, condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les actes pédophiles commis par un prêtre dans son diocèse, a donné l’image calamiteuse d’une institution qui cherche d’abord à se protéger, loin de la « tolérance zéro » affichée.

Autant de faits qui sont survenus au moment où le nonce apostolique en France – le représentant du pape – était mis en cause dans une affaire d’atteinte sexuelle et, plus grave encore, où un documentaire diffusé sur Arte révélait l’ampleur des viols de religieuses par des prêtres, certaines sœurs étant ensuite obligées d’avorter.

Ni débat ni dialogue

De l’accablement à l’écœurement, en passant par la honte, l’humiliation, la stupeur, les catholiques français ne se retrouvent plus dans leur Eglise et se défient d’une hiérarchie qu’ils jugent de plus en plus autiste.

Parmi les témoignages de catholiques pratiquants que Le Monde a recueillis, qui traduisent la tristesse, la révolte ou le sentiment d’avoir été trahi, un fidèle qui a participé à La Manif pour tous contre le mariage homosexuel ne se remet pas d’avoir découvert qu’un prêtre qui a accompagné son parcours spirituel a fait de la prison pour attouchements sexuels : « Les évêques sont perdus, confie-t-il, les prêtres sont perdus, les laïcs sont perdus et on ne se rencontre pas. » Il n’y a ni débat ni dialogue.

Ces maux frappent une Eglise de France déjà bien malade. Si 53 % des Français se déclarent catholiques, d’après les statistiques les plus récentes, la pratique religieuse est en baisse constante, avec seulement 4,5 % des fidèles qui se rendent à la messe au moins une fois par mois, ce chiffre n’étant que de 1,8 % pour ceux qui y vont chaque dimanche.

La question du célibat de prêtres

Le nombre de prêtres catholiques est passé, selon les chiffres officiels, de 28 694 en 1995 à 21 187 en 2005. Parmi eux, la majorité a plus de 65 ans. Les ordinations sont en chute libre : on en a recensé officieusement 114 en 2018, contre 133 en 2017, mais elles s’élevaient à 300 par an dans les années 1970. Un nouveau prêtre sur cinq serait issu d’une communauté traditionaliste. Avec la crise actuelle, on peut craindre que les catholiques les plus progressistes, ceux qui étaient attachés au concile de Vatican II, soient les premiers à s’éloigner de l’Eglise.

Pour beaucoup de catholiques, c’est tout le système ecclésial qu’il faut changer afin de créer une culture de la discussion et donner plus de place aux laïcs, et d’abord aux femmes, qui s’impliquent davantage, à tous les niveaux où se prennent les décisions.

La crise fait aussi resurgir la question du célibat de prêtres. C’est au XIe siècle que la réforme du pape Grégoire VII a décidé que l’Eglise n’ordonnerait plus les hommes mariés. L’archevêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer, vient d’évoquer favorablement l’idée de revenir sur cette règle. Le débat ne pourra pas être éternellement éludé.

 

Le Monde

Vers la dissolution d’organisations chiites prônant le djihad armé

Le ministère de l’intérieur a annoncé mercredi 20 mars avoir demandé en conseil des ministres la dissolution des associations proches du Hezbollah et du régime iranien. Elle doit être formellement décidée par le président de la République.

Le ministère de l’intérieur a annoncé mercredi 20 mars avoir demandé en conseil des ministres la dissolution de quatre associations chiites, proches du Hezbollah et du régime iranien, qui « légitiment de façon régulière le djihad armé ».

Ces quatre associations, liées entre elles et mises en cause tant par les prêches que par les écrits mis à disposition des fidèles et des internautes, sont le « Centre Zahra France », la « Fédération chiite de France », le « Parti Anti Sioniste » et « France Marianne Télé », précise le communiqué. « Ce sont des associations ouvertement antisémites et dangereuses », a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Leur siège à Grande-Synthe (Nord) avait été visé le 2 octobre 2018 par une opération antiterroriste. Les perquisitions administratives avaient permis la découverte d’armes à feu détenues illégalement. Dans la foulée, le trésorier du Centre Zahra France a été condamné à 18 mois de prison, dont six fermes, par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour détention illégale d’armes. Et son lieu de culte a été fermé le 15 octobre pour une durée de six mois par la préfecture du Nord.

Opération antiterroriste visant une association religieuse à Grande-Synthe

Formé par le Hezbollah au Liban

Le Centre Zahra France tire son nom de celui de Fatima Zahra, la fille du prophète de l’islam et de sa première femme, Khadija, épouse d’Ali, quatrième calife pour les sunnites et premier des imams pour les chiites.

Les quatre associations visées tournent autour d’une même personnalité : Yahia Gouasmi, un Franco-Algérien âgé de 70 ans. Boucher halal à son arrivée en France, il s’est converti au chiisme. Selon le spécialiste de l’extrémisme musulman Romain Caillet, il est parti se former dans les haouza (écoles religieuses) du Hezbollah au Liban. Des photos témoignent de ses rencontres régulières avec Mohamed Yazbek, fondateur du Hezbollah au Liban.

Le ministère de l’intérieur reproche aux associations logées par le Centre Zahra« un endoctrinement de la jeunesse (…) dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisations telles que le Hamas, le Djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah ».

Liste aux Européennes en 2009

« Au départ, son mouvement se contentait d’être pro-Hezbollah et pro-iranien, sans toutefois intervenir dans le champ politique français », précise le spécialiste. Pour Romain Caillet, deux éléments ont joué dans cette décision de fermeture.

D’abord l’activisme croissant du Centre Zahra France dans l’espace public, avec la rencontre de Kemi Seba, le fondateur de « Tribu Ka » et « Génération Kémi Séba » (toutes deux dissoutes pour incitation à la haine raciale), puis de Dieudonné. En 2009, le Parti Anti-sioniste de Yahia Gouasmi a été jusqu’à présenter une liste aux élections européenne avec le renfort de ce dernier.

De fait, le compte Twitter de cette organisation (officiellement « Centre de conciliation pour la mémoire de l’Homme ») est une litanie de vidéos apologétiques, mais aussi de diatribes contre le sionisme et l’État d’Israël et de déclarations de soutien aux gilets jaunes.

Durcissement américain

Second facteur déclencheur de la fermeture : le Hezbollah, créé en 1982 par les Gardiens de la révolution iraniens dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban, a été placé par l’Union européenne sur la liste des organisations terroristes en 2013 en raison de son implication dans une attaque kamikaze contre des touristes israéliens à l’aéroport de Bourgas en Bulgarie. Le 30 juin 2017, c’est sur le sol français, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), qu’un attentat a été déjoué contre un rassemblement des Moudjahidines du peuple, groupe d’opposition iranien.

« En raison du durcissement américain contre le régime iranien, les pays occidentaux alliés des États-Unis craignent que l’activisme iranien augmente sur leur sol », analyse Romain Caillet, pour qui le « timing paraît logique ».

« Nous prenons acte de votre aliénation au sionisme et de votre guerre ouverte aux antisionistes Français, a réagi le dirigeant du Centre Zahra France sur Twitter. Nous prenons acte de votre déclaration de guerre au Centre Zahra, à l’islam, au chiisme et à la liberté de culte. »

La dissolution doit désormais être formellement décidée par le président de la République.

 

La Croix

Après les attentats de Christchurch, les pays musulmans appellent à la lutte contre l’islamophobie

En marge d’une réunion en session ordinaire convoquée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, les pays membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI) ont publié, vendredi 22 mars, une déclaration commune, appelant à la prise « des mesures concrètes, exhaustives et systématiques » pour lutter contre l’islamophobie.

Cette réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OCI, à laquelle a été convié spécialement le ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande Winston Peters, intervient une semaine après les attentats de Christchurch qui ont coûté la vie à 50 fidèles musulmans. Le communiqué décrit ces derniers attentats, ainsi que les nombreux autres visant les musulmans dans le monde, comme les « conséquences brutales, inhumaines et horribles » de l’islamophobie.

C’est en ce sens que l’OCI a appelé les dirigeants du monde à « garantir la liberté de culte » des musulmans et à « ne pas imposer de restrictions sur leurs droits et libertés ». Parallèlement, cette organisation panislamique a exhorté tous les pays comptant des musulmans parmi leurs citoyens à « s’abstenir de toute politique, déclaration ou acte associant l’islam au terrorisme et à l’extrémisme ».

Les pays membres de l’OCI ont suggéré la création d’une « Journée mondiale de la solidarité contre l’islamophobie » qui serait célébrée tous les 15 mars, en mémoire des victimes des fusillades de Christchurch.

Le président turc a déclaré que, « de la même manière qu’elle a combattu l’antisémitisme après la catastrophe de l’Holocauste, l’humanité doit combattre avec détermination la haine de l’islam qui est en hausse ».

Après ses propos fortement controversés envers l’Australie et la Nouvelle-Zélande,Recep Tayyip Erdogan a rassuré personnellement Winston Peters que les Néo-Zélandais seraient toujours « les bienvenus » en Turquie. De son côté, ce ministre néo-zélandais s’est engagé à « faire en sorte que les communautés musulmanes se sentent en sécurité » en Nouvelle-Zélande.

 

Saphirnews

Le pape François refuse la démission du cardinal Barbarin

Philippe Barbarin a été reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, le 7 mars.

Le pape François a refusé, mardi 19 mars, la démission de Philippe Barbarin, plus haut dignitaire de l’Eglise de France condamné pour non-dénonciation d’atteintes sexuelles. Le pape a notamment invoqué « la présomption d’innocence » pour justifier sa décision, a précisé le prélat français dans un communiqué.

Selon Mgr Barbarin, qui reste donc archevêque de Lyon, le pape François « m’a laissé la liberté de prendre la décision qui me paraît la meilleure pour la vie du diocèse de Lyon, aujourd’hui ».

« A sa suggestion et parce que l’Eglise de Lyon souffre depuis trois ans, j’ai décidé de me mettre en retrait pour quelque temps et de laisser la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten ».

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l’archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin, 68 ans, a été reconnu coupable de non-dénonciation d’atteintes sexuelles et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, le 7 mars. Le cardinal Barbarin avait annoncé le jour même qu’il allait remettre sa démission au pape tout en faisant appel de sa condamnation.

Il a répété durant le procès n’avoir « jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles ». Mais le jugement considère qu’il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises « pour préserver l’institution » de l’Eglise, empêchant ainsi « la découverte de très nombreuses victimes d’abus sexuels par la justice ». Ses avocats ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

La conférence des évêques « s’étonne »

Le président de la conférence des évêques, Mgr Georges Pontier, s’est dit « étonné » de la situation « inédite » concernant le cardinal Barbarin, dont le pape a refusé la démission mais qui a annoncé mardi se mettre en retrait temporaire de son diocèse de Lyon.

« Je ne m’attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénario prévisibles », à savoir l’acceptation de sa démission par le pape ou son refus, a-t-il affirmé à l’Agence France-Presse, soulignant que cette situation « inédite » résultait du « conflit entre deux exigences », celle de « respecter le cheminement de la justice » et celle de « se préoccuper du bien du diocèce de Lyon ».

François Devaux, cofondateur de l’association La Parole libérée qui regroupe des victimes d’un prêtre pédophile, a jugé pour sa part que cette annonce du pape était « l’erreur de trop ». « Cela montre à quel point on a raison et que le problème est intrinsèque au dogme », a-t-il poursuivi, affirmant en outre que « cet homme-là (le pape) va réussir à tuer l’Eglise ».

Réputé proche de Mgr Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français. Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté la démission du prélat, jugeant qu’elle serait « un contresens, une imprudence », avant l’issue de son procès.

 

Le Monde

Etam : la responsable d’un magasin de Montpellier, accusée de discrimination à l’embauche, mise à pied

La ligne de prêt-à-porter Etam a décidé, mercredi 13 mars, une « mise à pied à titre conservatoire » pour la responsable du magasin situé dans le centre-ville de Montpellier après qu’une jeune femme voilée a raconté la veille sur Twitter la manière dont cette responsable a refusé sa candidature spontanée du fait qu’elle soit voilée.

Dans un communiqué officiel publié mercredi 13 mars, Etam a reconnu que « la manière dont elle (la femme voilée, ndlr) a été reçue par la responsable du magasin » ne reflétait pas les valeurs du groupe en rappelant qu’« Etam est une entreprise engagée en faveur de la diversité et de l’inclusion et s’oppose fermement à toute forme de discrimination ».

Outre la mise à pied, Etam a également annoncé le lancement d’un « processus d’enquête interne pour déterminer les faits avec précision ». Parallèlement, les équipes de recrutement seront à nouveau formées sur le processus à suivre selon les normes du groupe, indique-t-on.

La victime a rapporté, mardi 12 mars, comment les faits se seraient déroulés. « Non mais c’est une blague, j’espère que vous n’êtes pas sérieuse ? Vous êtes voilée et vous me demandez un travail, en plus ça fait même pas deux jours, c’était la (journée des droits des femmes) », se serait exclamée la responsable du magasin, selon les dires de celle qui se fait appeler Oumaima. « Je ne savais pas quoi dire. Tout le monde me regardait. Tout le monde était choqué, mais personne (n’a osé) parler », regrette la jeune femme.

Le groupe, qui déclare être entré en contact avec la jeune femme pour s’excuser, s’est engagé à ce que sa candidature « fasse l’objet d’un traitement équitable » selon les processus de recrutement habituels. Le groupe a tout de même rappelé qu’il demande aux employés en contact avec les clients « de respecter dans le cadre de leurs fonctions une totale neutralité dans leur expression comme dans leur apparence ».

Saphirnews

Suisse : le projet d’interdiction du recrutement d’aumôniers musulmans dans l’armée rejeté

Interdire le recrutement d’aumôniers musulmans dans le rang de l’armée suisse, telle fut la proposition de Jean-Luc Addor, député du parti de droite xénophobe Union démocratique du centre (UDC). Les députés ont rejeté cette initiative, mercredi 13 mars, à 102 voix contre 67 et 9 absentions.

Par cette décision, le Conseil national, la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse, s’accorde avec une résolution adoptée en 2018 par le Conseil fédéral d’autoriser les aumôniers musulmans dans l’armée dans la mesure où ils remplissent les critères exigés pour un tel poste.

Le conseiller national, fidèle à la ligne xénophobe et islamophobe du parti, a prétexté les « racines chrétiennes » de la Suisse et de supposés risques de prosélytisme « islamiste » au sein de l’armée pour fonder son initiative. Il a également remis en cause l’intégrité d’un aumônier musulman qui, selon lui, est « adepte d’une religion sans Église ni clergé ».

En votant contre cette proposition, la majorité reconnait le droit de tout militaire à un accompagnement spirituel, quelle que soit sa religion, rapporte le quotidien suisse La Liberté, qui indique que « les conditions à remplir pour accomplir un service en tant qu’imam aumônier constituent une barrière pour d’éventuels recruteurs islamistes ».

 

Saphirnews

 

Nouvelle-Zélande : les attentats contre deux mosquées de Christchurch ont fait au moins 40 morts et 20 blessés graves

Quatre personnes ont été arrêtées, trois hommes et une femme. La Première ministre du pays néo-zélandaise évoque une « attaque terroriste ».

Les attentats contre deux mosquées du centre-ville de Christchurch (Nouvelle-Zélande) ont fait au moins 40 morts et 48 blessés, a annoncé la Première ministre du pays, vendredi 15 mars. Trente des victimes ont été tuées dans l’un des lieux de culte. On compte aussi 20 blessés graves. Selon Jacinfa Arden, « cela ne peut être décrit que comme une attaque terroriste. » Quatre personnes ont été arrêtées. Suivez la situation sur franceinfo.fr.

Quatre arrestations. Il s’agit de trois hommes et d’une femme. Ils étaient inscrits sur aucun fichier de surveillance de la police, précise la Première ministre néo-zélandaise. Son homologue australien a annoncé qu’un tireur était identifié comme étant un Australien, « terroriste d’extrême droite et violent ». Des engins explosifs ont été retrouvés sur les véhicules des suspects.

Une ville en état de siège. En ce jour de prière, la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées partout en Nouvelle-Zélande. La municipalité a ouvert une ligne de téléphone d’urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à une marche contre le changement climatique non loin de là. Des bâtiments publics comme la bibliothèque centrale étaient aussi fermés.

Des « actes de violence sans précédent ». Pour la Première ministre Jacinda Ardern, la Nouvelle-Zélande connaît l’une de ses journées « les plus sombres » après ces fusillades « sans précédent ».

 

Franceinfo.fr

Liberté et laïcité, les religions en équilibre

Si les chrétiens montrent des réticences à afficher leur foi dans l’espace politique, juifs et musulmans revendiquent une plus grande liberté, tout en s’exposant aux mêmes critiques et aux mêmes soupçons.

Les élus qui affichent leur foi catholique ne sont pas les seuls à se retrouver au centre de polémiques, ou à se voir soupçonner de ne pas respecter les principes de la laïcité. Peu après les élections législatives de 2017, on se souvient par exemple du tollé suscité par la députée (LREM) de Mayotte Ramlati Ali, arrivée à l’Assemblée nationale un foulard sur la tête, qu’extrême droite et militants laïques avaient aussitôt dénoncé comme un voile islamique. Non seulement l’élue s’en était défendue en expliquant qu’il s’agissait d’un traditionnel « châle mahorais », mais encore avait-il fallu rappeler que les parlementaires, à la différence des fonctionnaires, ne sont nullement astreints à un devoir de neutralité, et ont tout à fait le droit de porter des signes religieux.

« La République est laïque mais assure la liberté de conscience »

À la même période, le député (UDI) Meyer Habib s’était lui aussi attiré les foudres de mouvements laïques. L’élu des Français de l’étranger, qui revendique sa foi juive, avait en effet remercié Dieu pour sa réélection par une bénédiction en hébreu. Un geste qu’il ne regrette absolument pas. « En tant que croyant, je considère que rien n’est hasard et qu’il y a toujours une part de divin », explique-t-il à La Croix. « J’assume mon judaïsme : la République est laïque mais assure la liberté de conscience, c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire », insiste Meyer Habib en se désolant que « de nos jours, croire en Dieu est de plus en plus perçu comme ringard. »

De même, et bien qu’il n’y ait pas de musulman revendiqué au Parlement, « les musulmans ont moins de crispation ou d’autocensure pour exprimer leur foi, car il n’y a pas le poids de l’histoire qui existe entre l’État et l’Église catholique », estime Anouar Kbibech, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Pourtant, l’islam se retrouve régulièrement au cœur de controverses sur la laïcité. « Il y a de plus en plus de réflexes laïcards, déplore sans ambages Anouar Kbibech. Cela alimente un sentiment de deux poids, deux mesures et une victimisation déjà répandue chez certains musulmans. » Ce qui ne les empêche pas de s’exprimer et de dire leur foi, ni les représentants des Français musulmans d’expliquer le regard de l’islam sur des débats de société, lorsqu’ils sont auditionnés dans le cadre institutionnel.

« Il existe toujours le soupçon du retour du religieux en politique »

Mais les personnalités politiques restent rares, notamment chrétiennes, qui affichent leurs convictions religieuses de façon décomplexée. « Il existe toujours en France, un fond de soupçon du retour du religieux en politique. Une crainte que la loi de 1905 n’a pas réussi à effacer », analyse le pasteur Thierry Le Gall, missionné par le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) pour être une présence évangélique auprès des parlementaires. « Il y a chez les parlementaires chrétiens une grande prudence, pour ne pas dire une crainte, car beaucoup se disent qu’à la moindre visibilité de leur foi, ils vont voir se dresser face à eux des associations, des partis, des médias… » Pour des raisons différentes, selon les convictions, estime-t-il : « pour les catholiques, il y a le poids de l’histoire, pour les évangéliques, c’est plutôt le soupçon du prosélytisme ».

Le pasteur regrette que beaucoup de parlementaires – dont, assure-t-il, des évangéliques – ne parlent de leur foi que dans l’intimité de leur bureau, même s’il reconnaît que certains séparent aussi les choses volontairement. « Un parlementaire avec une spiritualité porte des valeurs importantes, nécessaires même pour le service du bien commun », argumente-t-il, indiquant d’ailleurs qu’un François-Xavier Bellamy, avec sa foi assumée, ne manque pas d’intéresser chez les évangéliques. « Je crois que nous sommes à la croisée des chemins, poursuit Thierry Le Gall. Soit nous allons voir des élus de la jeune génération assumer ses convictions, soit nous allons voir notre foi se diluer dans de grands faisceaux de valeurs humanistes déconnectés de leurs racines. »

 

La Croix