Un scandale de fausse viande halal sur fond de corruption secoue la Malaisie

En Malaisie, les révélations portant sur une vaste escroqueries autour de la viande halal ont provoqué le scandale. Une enquête du quotidien national New Straits Times (NST) a révélé, en date du 21 décembre, qu’un cartel organisait l’importation de viandes non-halal pour faire entrer ces produits de contrebande en Malaisie en les étiquetant « halal ». Pour y parvenir, il soudoyait des agents gouvernementaux, chargé de garantir le respect des normes halal, avec de l’argent et/ou des faveurs sexuelles. La fraude, très bien structurée, aurait duré… plus de 40 ans !

La viande frauduleuse provenait de Chine, d’Europe (Espagne, Ukraine) ou encore d’Amérique du Nord (Canada, Mexique) et du Sud (Brésil, Colombie, Bolivie). À l’exception du Brésil, aucun des pays cités ne font pas partie de la liste des pays autorisés par la Malaisie pour l’importation de viande halal. Les seuls pays dont les autorités malaisiennes acceptent l’importation de viande halal sont, rappelle NST, l’Australie, l’Argentine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Pakistan, le Japon, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis.

L’enquête n’en étant qu’à ses prémices, certaines zones d’ombres subsistent. Toutefois, il semblerait que des viandes de cheval et de kangourou aient été estampillées « viande de bœuf halal ». Une source au NST a indiqué que le cartel avait agi ainsi car l’importation de viande halal de sources certifiées et leur approbation par les autorités était une entreprise coûteuse : « En éliminant le processus de certification halal, le cartel peut réaliser un bénéfice considérable. »

Des agents de quatre agences gouvernementales seraient impliqués dans ce trafic. D’importants moyens sont déployés par les autorités pour démanteler ce système tandis que le gouvernement a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête spéciale autour de ce scandale qui indigne le pays à majorité musulmane, pionnière dans l’industrie du halal.

 

Saphirnews