Le véritable axe du Mal

Alors qu’on nous avait vendu l’Occident comme étant l’avant-garde de la civilisation éclairée avec la démocratie, le monde découvre avec effroi la barbarie d’un Donald Trump à la santé mentale plutôt inquiétante, aux ordres d’un Benjamin Netanyahou dont la psychopathie ontologique doit exulter devant les événements actuels. Nous assistons à la finalisation de l’acharnement du bloc occidental contre la République islamique d’Iran depuis près de cinquante ans, qui révèle la cabale menée par Israël afin d’anéantir l’État iranien, lequel contrarierait le projet messianique juif du Grand Israël.

En plein scandale pédocriminel lié à l’affaire Epstein, D. Trump, qui serait impliqué dans des affaires d’agressions sexuelles sur mineures d’après des documents du FBI[1], a décidé, dans une fuite en avant folle afin d’éviter le scandale aux USA tout en étant endoctriné par B. Netanyahou, de précipiter la région du Proche-Orient dans le chaos en attaquant l’Iran et ce, malgré le désaccord d’éminents stratèges militaires américains. Alors que le monde musulman s’apprêtait à observer le mois de jeûne du Ramadan, le chef yankee, connu pour son arrogance doublée de perfidie, engageait une offensive militaire le 28 février alors qu’il était en pleines négociations avec les Iraniens, offensive qui non seulement tua sur leur sol le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs membres de sa famille, tout en causant un véritable carnage dans une école de filles, où plus de 170 enfants innocentes sont mortes.

Au lendemain de la mort d’Ali Khamenei, Trump, dans un déni total des règles internationales, se réjouissait de la disparition du leader religieux, qu’il qualifiait « d’incarnation du Mal ». À bien observer, D. Trump dans sa posture dominatrice dégoulinante d’orgueil doit se complaire dans la fange avec les propos orduriers qu’il tient en permanence vis-à-vis de l’Autre, et incarne le Mal d’une Amérique terroriste et meurtrière. Car, faut-il le rappeler, les États-Unis, en raison de guerres prédatrices menées depuis 2001, sont responsables de la mort de plus de 4 millions d’individus.  

Aux yeux du monde, la traîtrise a désormais deux visages :  celui de Trump et de Netanyahou. Le narratif scandaleux mais sans surprise des médias majoritairement occidentaux depuis le génocide des Palestiniens a présenté cette attaque sous l’angle préventif, c’est-à-dire celui d’une possible agression iranienne contre Israël. Cette sémantique irrationnelle pour un esprit censé semble tout droit venue d’une intelligence artificielle prédictive, à la Philip K. Dick et son fameux « The Minority Report ». D’ailleurs, en pleine communication de crise, Trump n’a-t-il pas évoqué « tout simplement » une possible erreur de l’IA au lendemain du drame de l’école des fillettes, pour dédouaner les États-Unis de leur monstruosité ? 

L’empire du Mal, incarné par les psychopathes Trump et Netanyahou, a plongé le monde dans le chaos depuis le 28 février. L’énergie du Mal inverse tout, les hommes, les choses, les valeurs, dans l’excès et le paradoxe, dans l’étrangeté et dans les enchaînements incompréhensibles. Le Diable est maître des divisions et du mensonge. Nous observons cette réalité au quotidien dans l’étonnement de voir un pays agressé se défendre ou encore avec la propagande fantaisiste de l’ex-candidat de téléréalité sur son réseau social ironiquement intitulé Truth Social, qui n’énonce de vérités que les siennes. Peut-être, d’ailleurs, que ce dernier croit que tout chef d’État qui ne trouve pas grâce à ses yeux peut être « fired! ».

Même si nous ne sommes pas directement impactés par les missiles que les civils gazaouis, iraniens et plus récemment libanais subissent, il faut avouer que ce Ramadan gardera une saveur amère. La faute au règne despotique des partisans d’une tendance qui ne croit qu’aux rapports de force. Ces adeptes de la « loi du plus fort » ont structuré la société humaine dans laquelle des milliards d’individus vivent dans la privation et dans la frustration pendant qu’une infime minorité concentre toutes les richesses mondiales et esclavagise le reste de la planète. Depuis des siècles, une minorité dominante de corrompus s’est perpétuée grâce au racket et à l’usure en favorisant les siens, dominant le monde de façon parasite et criminelle. Sous couvert d’une lutte interminable contre l’antisémitisme, Israël depuis sa création en 1948, aidée par la puissance militaire américaine, mène une politique criminelle, raciste et expansionniste à visée messianique en toute impunité au Proche-Orient.

Plus inquiétant, les images horribles du génocide à Gaza et le désordre actuel dans la région semblent devenus des événements sans conséquences. En dépit du droit et des instances internationales, nous assistons à la tentative de destruction d’un État souverain par deux agresseurs, sans que cela émeuve la majorité des peuples, plongés dans l’apathie et l’indifférence face à la gravité de la situation. Si jadis le privilège de l’Homme était fondé sur le monopole de la conscience, aujourd’hui, il l’est sur celui de l’inconscience. Les images s’anéantissent sur nos écrans TV ou sur les réseaux sociaux sans susciter la moindre réaction d’humanité attendue. Il y a une désaffection collective de la mobilisation émotionnelle parmi la population face à l’injustice globale et cela est plus que préoccupant pour l’avenir. Nous avons vu les images d’horreur à Gaza depuis le 7 octobre 2023 sur les réseaux sociaux, celles de l’Iran aujourd’hui et du Liban récemment, sans que cela suscite une levée de boucliers pour faire respecter la loi et le droit international.

En Europe, Espagne mise à part, nombreux ont été les Etats, en tête desquels la France, à s’être rangés du côté des agresseurs tout en condamnant la victime. Mais alors, face à cette ignominie humanitaire et à cette débandade juridique, que penser des instances internationales, comme l’ONU, dont l’impuissance doit urgemment interroger sur leur utilité face aux incessantes violations des États-Unis et d’Israël ? Malgré cela, l’Iran, menacée dans sa souveraineté territoriale, se défend vaille que vaille face à cette agression tout en respectant les conventions ad-hoc, comme celle de ne pas s’attaquer aux populations civiles, une attitude aux antipodes des États-Unis et d’Israël qui se comportent comme des bandits de grand chemin. La sauvagerie n’a-t-elle pas de tous temps été le privilège du colonisateur ? Malgré cette situation plus qu’intolérable, les médias continuent de nous asséner leur propagande mensongère en faisant porter à l’Iran l’entière responsabilité du chaos actuel. 

La guerre entre l’Iran et les « Isra-Unis » a ouvert la boîte de Pandore dans l’emploi irrationnel de la force d’un pays sur un autre en dépit du droit international et nul ne sait ce qu’il adviendra face à une telle escalade, dangereuse pour l’équilibre de notre monde. La mondialisation a instauré un système de domination capitaliste déterritorialisé, celui d’un empire incarné aujourd’hui par une Amérique à bout de souffle qui ne veut pas céder son terrain hégémonique au Sud global. 

Nous assistons à l’émergence d’un bloc nouveau dominé par le fondamentalisme technologique et religieux. La responsabilité actuelle du nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, est de se défendre dans une lutte impérieuse contre une agression arbitraire et despotique d’un D. Trump emporté par son hubris, et contre les partisans d’une tendance qui ne croit qu’à la loi du plus fort. Cette guerre sera-t-elle l’occasion pour les pays musulmans de se coaliser enfin en dépit des fractures idéologiques ? Force est de constater, en ces temps apocalyptiques, que la possible sénilité de Trump et la folie messianique de Netanyahou ne nous entraînent tout droit dans l’abîme et perturbent un ordre terrestre déjà fragilisé. Mais ce que nous ne voyons pas, c’est qu’en n’agissant pas, c’est notre propre humanité que l’on tue. 


[1] https://www.franceinfo.fr/monde/usa/affaire-jeffrey-epstein/affaire-epstein-des-rapports-du-fbi-concernant-des-accusations-d-agressions-sexuelles-contre-donald-trump-publiees-par-le-ministere-de-la-justice-americaine_7849955.html

F. Achouri

Sociologue et consultante en développement des ressources humaines.

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