Les États-Unis envisagent d’intervenir en Iran pour soutenir les manifestants opposés au régime, tandis qu’Israël veut finir le travail en frappant une nouvelle fois le programme nucléaire du pays. Une nouvelle guerre semble imminente.
La contestation grandit en Iran. Menée au départ le 28 décembre à Téhéran par des commerçants sur le coût de la vie, elle a gagné 23 provinces sur les 31 que compte le pays avec des revendications désormais politiques. Elle touche ou a touché au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et surtout situées dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.
Ces manifestants doivent faire face à la réponse violente du régime islamique qui a déployé ses forces pour tenter de garder le contrôle. « Au moins 27 protestataires ont été tués par des tirs ou d’autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces », écrit mardi l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, sur son site internet, ajoutant que plus de 1000 personnes ont été arrêtées.
Mais Téhéran est scrutée de près par les États-Unis. Dimanche, Donald Trump a menacé de « frapper » l’Iran si ses autorités « commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait par le passé ». Vendredi, le président américain avait déjà prévenu que « si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts à intervenir. »
« Peu d’options viables »
« Ces deux pressions jumelles ont réduit la marge de manœuvre de Téhéran, laissant les dirigeants pris en étau entre la colère populaire dans les rues et le durcissement des exigences et des menaces de Washington, avec peu d’options viables et des risques élevés sur tous les chemins », a déclaré un responsable iranien à l’agence de presse Reuters.
Un autre responsable iranien a aussi déclaré qu’après l’intervention américaine au Venezuela pour capturer Nicolás Maduro, certains craignent que l’Iran ne soit « la prochaine victime de la politique étrangère agressive de Trump ».
Ces peurs et ces menaces surviennent alors que l’armée américaine a entrepris le week-end dernier un vaste redéploiement de ses forces au Moyen-Orient. Plusieurs avions de transports C-17A Globemaster III ont traversé l’Atlantique, avant de se poser au Royaume-Uni et en Allemagne avant de poursuivre jusqu’en Arabie saoudite ou l’Irak.
Israël menace
Plusieurs analystes en sources ouvertes ont avancé la piste d’un déploiement d’hélicoptères militaires. Certaines sources indiquent aussi que les États-Unis auraient déployé la Delta Force, qui vient d’intervenir au Venezuela, à la frontière entre l’Irak et l’Iran en vue d’une opération. Une affirmation pas confirmée ce mardi après-midi.
Ce regain de tension n’a pas échappé à Israël qui s’est promis d’anéantir le programme nucléaire iranien. Les autorités israéliennes ont longtemps espéré y être parvenues lors de la guerre de juin mais tout laisse croire aujourd’hui que l’Iran a tout juste été freiné dans sa course à l’atome. Téhéran semble aussi avoir, au moins en partie, reconstituer son stock de missiles.
Lundi 5 janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé devant le Parlement israélien qu’Israël « n’autorisera pas l’Iran à reconstituer son programme de missiles balistiques ». « Si nous sommes attaqués, les conséquences seront très graves », a ajouté le chef du gouvernement, quelques jours après son retour d’un voyage officiel aux États-Unis. Une nouvelle guerre régionale semble aujourd’hui inéluctable.
La Voix du Nord
