En Indonésie, le voile obligatoire désormais interdit dans les écoles publiques

L’obligation du port du voile dans les écoles publiques est désormais officiellement interdite en Indonésie. Dans un décret publié vendredi 5 février, le ministre indonésien de l’Education, Nadiem Makarim, a annoncé que les écoles publiques risquaient des sanctions financières si elles n’obéissaient pas à cette nouvelle règle. Les écoles « ne peuvent pas rendre obligatoires » les vêtements à connotation religieuse, a déclaré le ministre.

La mesure a été saluée par des défenseurs des droits fondamentaux dont Andreas Harsono, collaborateur de l’ONG Human Rights Watch à Jakarta, pour qui « le décret est un pas positif pour protéger les droits des femmes en Indonésie ». En forçant des filles, des femmes et des enseignantes à porter le voile en Indonésie, cela a provoqué « harcèlement, intimidations, et des pressions, allant dans certains cas jusqu’à des expulsions ou des démissions forcées en Indonésie », a-t-il estimé auprès de l’AFP.

Cette décision survient après qu’une élève chrétienne a été contrainte à porter le hijab dans son établissement situé dans la ville de Pan Panjang, à l’ouest de l’île de Sumatra. Dans une vidéo enregistrée par ses parents lors d’une réunion, l’un des responsables de l’établissement a affirmé que le port du voile était une obligation pour l’ensemble des élèves féminines, quelle que soit leur religion.

La vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, a provoqué l’indignation d’une grande partie de la population, poussant l’école à s’excuser. Face aux vives protestations, Yaqut Cholil Qoumas, le ministre des Affaires religieuses, a estimé que cette affaire n’était que « la pointe émergé de l’iceberg ». « La religion n’est pas censée être un sujet de conflit ou une justification pour agir de façon discriminante envers les autres croyances », a-t-il déclaré.

Le nouveau décret ne s’appliquera toutefois pas à Aceh, la seule province d’Indonésie régie par des lois islamiques très conservatrices et bénéficie d’une semi-autonomie.

 

Saphirnews