Canada : Justin Trudeau dénonce « un attentat terroriste » contre les musulmans à London

L’émotion est forte au Canada après l’attaque à la voiture-bélier qui a visé une famille musulmane de London, dans l’Ontario, dimanche 6 juin. Le Premier ministre a dénoncé « un attentat terroriste », estimant que ce terrible acte islamophobe n’est « malheureusement pas un cas isolé ».

Femmes, Marché, Voilée, Jordan, AkabaLa disparition, dans des circonstances tragiques, d’une famille musulmane* endeuille le Canada, au-delà des communautés musulmanes. Cinq membres de cette famille ont été fauchés par un pick-up dimanche 6 juin alors qu’elle faisait sa promenade du soir. Un acte clairement « prémédité » et « ciblé » en raison de l’appartenance religieuse des personnes pour la police, qui a arrêté le conducteur peu de temps après les faits.

Une veillée funèbre est organisée, mardi 8 juin, à la mosquée musulmane de London que la famille fréquentait. Un événement pour lequel le Premier ministre Justin Trudeau va faire le déplacement en signe de solidarité, de même que des dirigeants et des personnalités de divers partis politiques canadiens, unanimes pour condamner l’attaque islamophobe.

 

« Malheureusement pas un cas isolé »

Avant sa venue, le chef du gouvernement a qualifié l’attaque de « terroriste » à la Chambre des communes, où s’est tenue une minute de silence en hommage aux victimes. « Leurs vies ont été emportées dans un acte de violence brutal, lâche et éhonté. Ce meurtre n’était pas un accident. Il s’agissait d’un attentat terroriste, motivé par la haine, au cœur d’une de nos communautés », a-t-il signifié.

«​ Ce n’est malheureusement pas un cas isolé », a-t-il aussi déclaré, en évoquant l’attentat à la mosquée de Québec mais aussi le meurtre d’un fidèle devant une mosquée de Toronto en septembre 2020 et les attaques contre les musulmanes noires portant le voile à Edmonton en mars 2021. « On ne doit pas s’habituer à cette violence. On ne doit pas se laisser désensibiliser. On ne peut pas accepter que ça devienne normal. Chaque fois qu’on est témoin de cette haine, on doit la dénoncer. »

Selon des éléments communiqués par la famille, le père décédé, 46 ans, était physiothérapeute. Son épouse, 44 ans, préparait son doctorat en génie civil à l’Université Western. Leur fille de 15 ans était à l’école secondaire tandis que la grand-mère paternel, 74 ans, était considéré comme « un pilier » de la famille, peut-on lire sur une page de collecte de fond qui a recueilli plus de 330 000 dollars (225 000 €). Le seul survivant de l’attaque est le jeune enfant du couple, âgé de 9 ans, grièvement blessé.*

« Nous devons comprendre que la destruction d’une famille d’une manière aussi brutale et horrible est une chose contre laquelle nous devons tous nous dresser », a fait savoir la famille. « Nous devons nous opposer à la haine et à l’islamophobie et sensibiliser nos communautés et l’ensemble du spectre politique. »

*La famille a lancé un appel au grand public à ne pas diffuser les identités et les photos de famille sur les réseaux sociaux. Saphirnews respectera ce choix.

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