Malgré le cessez-le-feu, Israël continue les démolitions à Gaza

D’après “The New York Times”, plus de 2 500 bâtiments ont été détruits par Tsahal dans la bande de Gaza depuis le 10 octobre, parfois au-delà de la ligne de retrait de l’armée israélienne.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hamas, Israël a démoli plus de 2 500 immeubles dans la bande de Gaza, a rapporté The New York Times le 12 janvier, s’appuyant sur l’analyse d’images satellite. L’État hébreu “affirme détruire des tunnels et des logements piégés”, relate le quotidien new-yorkais. Une justification contestée.

“Beaucoup de Palestiniens accusent Israël de raser des quartiers entiers, sans égard pour leurs anciens habitants ou leurs propriétaires.”

Selon le New York Times, “dans l’est de la bande de Gaza, au sein des territoires sous contrôle israélien, les images satellitaires révèlent que des pâtés de maisons entiers ont été effacés depuis le cessez-le-feu, ainsi que de vastes étendues agricoles et des serres”.

“La plupart des démolitions depuis le début du cessez-le-feu ont eu lieu dans [les] territoires sous contrôle israélien”, ceux où l’État hébreu a accepté de retirer ses troupes il y a trois mois, situés le long de la frontière et délimités par une ligne jaune. “Des dizaines d’immeubles ont toutefois été détruits au-delà de la ligne jaune, dans des territoires sous contrôle effectif du Hamas”, ajoute le New York Times, images satellitaires à l’appui.

Le Hamas “a dénoncé les démolitions de ce type, qui constituent à ses yeux une violation de l’accord de cessez-le-feu”, rapportait à la mi-décembre la chaîne qatarie Al-Jazeeraqui a aussi fait état de destructions au-delà de la ligne jaune, toujours selon des images satellitaires.

Des démolitions tous azimuts ?

Le plan en 20 points de Donald Trump, base de l’accord du 10 octobre, prévoyait la destruction de toutes les infrastructures militaires, notamment le vaste réseau de tunnels du Hamas, rappelle le New York Times. Mais il prévoyait aussi l’interruption de toutes les opérations militaires.

Un responsable militaire israélien, parlant au quotidien sous couvert d’anonymat, réfute l’idée de démolitions indiscriminées. “Il affirme que les immeubles s’effondrent parfois quand des soldats israéliens font exploser des bombes dans des tunnels situés en dessous.” Cette source assure que les forces terrestres n’ont pas franchi la ligne jaune pour des démolitions mais “que l’armée de l’air cible des bâtiments qui représentent une menace pour les soldats israéliens”.

“Il ne s’agit pas de destructions sélectives, tout est visé”, déclare en revanche Shaul Arieli, ancien commandant des forces israéliennes dans la bande de Gaza, dans les années 1990.

RFI

F. Achouri

Sociologue et consultante en développement des ressources humaines.

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